Polaire

Polaire

 

VIII, 96

 

2100-2101

 

La synagogue sterile sans nul fruit

Sera receue entre les infideles,

De Babylon la fille du porsuit :

Misere & triste luy trenchera les aisles.

 

Stérilité : Eglise et Synagogue

 

Saint Augustin (Cité de Dieu), & après lui saint Grégoire (Commentaire sur 1 Rois) considèrent la Synagogue dans Phenenna, l'Eglise dans Anne, les deux femmes d'Elcana, père du prophète Samuel (Guillaume Desprez, Les trois premiers livres des rois, 1783 - books.google.fr).

 

Tel que l'expose saint Grégoire le Grand, Elcana est une figure du Christ. C'est pourquoi il est appelé : Vir unus. Il est l'homme pleinement viril, chez lequel la raison domine toutes les autres puissances. Et il est l'homme unique, unus, celui qui n'a point de second ; le plus beau des enfants des hommes, le Fils bien-aimé en qui le Père a mis toutes ses complaisances, et dont le Nom est au-dessus de tous les noms.  Il est originaire de Ramatha Saphim, deux mots hébreux qui veulent dire vision consommée et contemplation : parce qu'il descendait du lieu où la vie n'est autre chose que contempler la divinité, dans la vision béatifique ; et il vient en même temps de la montagne d'Ephraïm, c'est-à-dire de la « montagne d'abondance » ; de cette montagne qui domine toutes les autres et où se trouve la surabondance de toutes les de toutes les vertus : la Très Sainte Vierge Marie. Et il était lui-même Ephratéen, parce qu'il portait assez de fruits pour nourrir le monde entier. Il montait à Silo aux jours fixés, pour adorer et offrir un sacrifice au Dieu des armées : parce qu'il suivait rigoureusement les étapes fixées par les Prophètes pour son voyage ici-bas ; montant toujours vers les choses célestes, n'aspirant qu'à adorer Dieu, et à lui offrir le sacrifice de son propre corps pour le salut du genre humain ; à Silo, mot qui veut dire Missus, parce que toute sa vie n'était qu'un acte d'obéissance à la mission que lui avait confiée son Père. Il eut ici-bas deux épouses : la Synagogue (Phénenna) et l'Eglise (Anne). [...] Phénenna avait des enfants, car la Synagogue était en pleine prospérité. Anne au contraire était stérile, parce que l'Eglise naissante, malgré la prédication du Christ, malgré l'amour qu'il avait pour elle, ne comptait qu'un nombre insignifiant d'adeptes. C'est d'elle aussi que parle mystiquement, dans le même sens, l'Epoux du Cantique, quand il dit : Notre sœur est petite, et elle n'a point de mamelles. Les outrages dont Phénenna accable la pauvre Anne représentent le mépris des Juifs pour l'Eglise, et les persécutions qu'ils lui ont fait subir. (Jean de Monléon, Histoire sainte: Le Roi David, 1971 - books.google.fr).

 

C'est une belle méditation que fait S. Grégoire, au sujet de la tristesse que conçût Elcana, à cause d'Anne sa bonne femme qui estoit stérile. Il est rapporté au commencement du premier livre des Rois, qu'aprés avoir offert à Dieu son sacrifice en Silo, s'estant mis à table avec toute sa famille, il distribua les viandes qui avoient esté immolées, & aprés en avoir donné à Phenenna & à ses enfans leurs portions, quand il vint à Anne qui estoit sterile, il fut saisi de douleur en luy donnant celle qu'il luy avoit réservée comme la meilleure, parce qu'il l'aimoit. Ce saint Pape s'étonne de la remarque que fait l'Ecriture de cette circonstance particulière, que cet homme estoit triste, lors qu'il donna à Anne sa portion ; & donnant à cette Histoire un sens allégorique, il dit que cette portion singulière qui fut réservée à Anne représente l'affliction temporelle de la sainte Eglise, que Jésus-Christ luy a léguée & réservée comme à sa chere Epouse au jour de son sacrifice & de son immolation sur la Croix. [...] Cela nous apprend que si nous sommes vrais enfans de l'Eglise nous devons aimer les souffrances, comme le don précieux que Jésus Christ mourant sur le Calvaire nous a fait. Et c'est par là qu'il nous éprouve tous, & qu'il reconnoist si nous sommes ses chers enfans & ses vrais disciples. Car ce n'est point dans le bonheur & la prospérité, mais dans l'affliction que se connoist le pur & véritable amour. C'est la raison que rend le même S. Grégoire (Moralia in Job), pourquoy Dieu permit au demon d'affliger le saint homme Job : Il avoit, dit-il, accompli tous les préceptes de la vertu, & il ne luy manquoit plus que de rendre grâces à son Créateur, lors même qu'il l'affligeroait, on n'ignoroit pas qu'il servoit bien Dieu durant qu'il le combloit de ses faveurs. Mais il savoit qu'un rigoureux traittement apprist a toute la terre, qu'il étoit assez parfait pour demeurer inséparablement attaché à son service, lors même qu'il en recevroit des afflictions & des châtiment. Car la peine est une épreuve certaine, qui fait juger si on aimait véritablement dans le temps de la prospérité (Sed libera nos a malo) (Pierre Floriot, Morale chrétienne, rapportée aux instructions que Jésus-Christ nous a données dans l'oraison dominicale, 1672 - books.google.fr).

 

Où sont les filles ?

 

Bath-Kol (c'est-à-dire fille de la voix), c'est, selon les Juifs, le dernier degré de la Révélation. Ils divisaient en effet celle-ci, suivant la forme sous laquelle elle se communique, en quatre degres descendants : 1° Le don de prophétie ; 2° Le don du Saint-Esprit ; 3° Urim et Thummim ; 4° Bath-kol. Dans la Gémara (Sanhédrin), il est dit : "Nos maîtres nous apprennent que, lorsque les derniers prophètes, Aggée, Zacharie et Malachie, furent morts, le Saint-Esprit se retira d'Israël". Toutefois ils se servaient de la Bath Kol", et Bechai, ad 5 Mos., 33, 1, dit : « Les hommes pieux qui vivaient du temps du second temple se servaient de la Bath-Kol, le don de prophétie par les Urim et Thummim ayant cessé. » Enfin dans le livre de Cosri, il est dit : « Jamais le don de prophétie, ou, ce qui en tenait lieu, la Bath-Kol, n'a été retiré aux gens pieux. » Voici comment s'exprime Thasiphtha sur la nature de cette voix du Ciel : « Quelques-uns disent que ce n'est pas la voix même du Ciel qui a été entendue, mais une autre qui en provient, comme, lorsque quelqu'un frappe fortement sur un objet, on entend un retentissement au loin, et c'est pourquoi cette espèce de révélation est nommée Fille de la voix, bp n2. » On a faussement conclu de ce texte que les Juifs prenaient l'écho pour la Bath-Kol; ils exprimaient simplement par-là que c'était une voix moyenne, intermédiaire. L'opinion que les Juifs entendaient par ces mots le tonnerre ou l'écho du tonnerre est tout aussi fausse, car il n'en est nullement question dans les passages qui parlent de cette voix, laquelle, d'après Maimonides, était perçue au dedans, et non au dehors.

 

La discussion entre l'école de Schammaï et celle de Hillel fut décidée par la Bath-Kol en faveur de ce dernier et de la manière singulière que voici : « Les principes qu'enseignent Schammaï et Hillel sont des paroles de Dieu ; mais il faut suivre les paroles de Hillel en cas de divergence, même sous peine de mort. » Ce qui ne contenta pas tout à fait les Schammaïtes.

 

Certains exégètes ont voulu expliquer par une Bath-Kol rabbinique ce qui est dit dans S. Matth., 3, 17; 17, 5, et S. Jean, 12, 28, où il est question d'une voix directe de Dieu (Heinrich Joseph Wetzer) (Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique: rédigé par les plus savants professeurs et docteurs en théologie de l'Allemagne catholique moderne, Tome 2, 1858 - books.google.fr).

 

La vie spirituelle n'était sans doute pas à la portée de chacun mais Hillel s'efforça ainsi, dit-on, toute sa vie de « faire entrer les hommes sous les ailes du ciel » (Abot de Rabbi Nathan 26, version B, p. 54) (Mireille Hadas-Lebel, Hillel, un sage au temps de Jésus, 2013 - books.google.fr).

 

Hillel l’Ancien, ou Hillel le Sage (hébreu : Hillel Hazaken), surnommé le Babylonien, est le dernier président du Sanhédrin de l’époque des Zougot. Natif de Babylone, il se rend à Jérusalem, et y devient la figure intellectuelle dominante sous le règne d’Hérode, fondant une école d’interprétation pragmatique de la loi juive ainsi qu’une dynastie de patriarches qui assurera l’autorité spirituelle sur la Judée jusqu’au IVe siècle. La tradition rabbinique le compare à plusieurs reprises à Ezra et Moïse, et c’est selon l’opinion de son école, Beit Hillel (Maison de Hillel), qu’a été fixée la loi dans la plupart des cas.

 

Il fonda une école de pensée partisane d'un courant d'interprétation souple de la halakha, ensemble des règles de la vie ordinaire, religieuses et juridiques, en opposition à Shammaï, partisan d'une pratique plus rigoureuse. Il fut aussi président du Sanhédrin pendant une vingtaine d'années, et fonda la dynastie des Nessi'im (qui fut la seule véritable autorité reconnue par le peuple après le déclin de la royauté et avant la dissolution du Sanhédrin par Rome, vers le Ve siècle EC. Hillel renouvela l'interprétation de la Loi en publiant sept règles herméneutiques reprises plus tard par Rabban Yohanan ben Zakkaï lorsqu'il transféra le Sanhédrin à Yavné après la destruction du temple en 70 (fr.wikipedia.org - Hillel Hazaken).

 

LXV. C'est aussi ce que confessent unanimement les Juifs, que, depuis l'autheur du 1er livre des Machabées jusqu'aux modernes, l'inspiration divine ou l'esprit prophétique a cessé alors : car il est dict, dans le Ier livre des Machabées (IX, 27), qu'il n'y a jamais eu une telle tribulation depuis qu'on n'a plus vu de prophète en Israël. Le Sepher olam, ou la Chronique des Juifs, avoue que la prophétie a cessé depuis l'an 52 des Mèdes et des Perses; et Aben-Ezra, sur Malachie, dit que, dans la mort de ce prophète, la prophétie a quitté le peuple d'Israël. Cela a passé jusqu'à sainct Augustin, qui dit « qu'il n'y a point eu de prophète depuis Malachie jusqu'à l'avènement de Nostre-Seigneur. » En conférant ces tesmoignages avec celuy de Josèphe et d'Eusèbe, on voit bien que ces autheurs entendent toute inspiration divine, dont aussi l'esprit prophétique est la plus évidente preuve.

 

LXVI. On a remarqué que ce nombre de vingt-deux livres canoniques du Vieux Testament, que nous avons tous dans la langue originale des Hébreux, se rapportoit au nombre des lettres de la langue hébraïque. L'allusion est de peu de considération; mais elle prouve pourtant que les chrestiens qui s'en sont servis estoient entièrement dans le sentiment des protestans sur le canon; comme Origène, sainct Cyrille de Jérusalem et sainct Grégoire de Nazianze, dont il y a des vers, où le sens d'un des distiques est : Foederis antiqui duo sunt librique viginti, Hebraeae  quoi habent nomina litterulae. (Lettre à Bossuet, Wolfenbuttel, ce 24 may 1700) (Oeuvres de Leibniz: publiées pour la première fois d'après les manuscripts originaux, Tome 2, traduit par Louis Alexandre Foucher de Careil, 1860 - books.google.fr).

 

L'année 2101 est la première du XXIIème siècle.

 

Les Rabins disent que la même année qu'Alexandre le Grand entra dans Jerusalem (331 avant J.C.), Esdras, Zacharie, Aggée, & Malachie qui furent les derniers des Prophetes moururent. La Monarchie des Grecs fut établie sur la ruine de celle des Perses par Alexandre le Grand, suivant les prédictions de Daniel à la mort de Darius Codomanus. Alexandre lui-même

étant à Jerusalem l'année précedente, s'étoit appliqué ces prophéties lorsque le grand-prêtre Jaddus lui en eut fait la lecture (Adrien Baillet, Les Vies des Saints, Tome 4, 1724 - books.google.fr).

 

Fréquemment rencontrée dans la littérature rabbinique sous les appellations variables de minian ye'vanz', «temps des grecs », malhhut yavan, « royauté grecque», malhhut parass, « royauté perse», ou encore minian shetarot, c'est-à-dire «ère des contrats», l'ère séleucide est celle qui fut la plus couramment utilisée pendant la période post-biblique, seule ou en combinaison avec d'autres constructions temporelles. Introduire après la bataille de Gaza, qui vit la la victoire de Séleucos Ier Nikatôr, général d'Alexandre le Grand et fondateur de la dynastie, sur Démétrios Poliorcète, au cours du printemps ou de l'été de 312 av. è. c., l'ère séleucide, progressivement adoptée par divers pays et villes, devint l'une des normes de décompte utilisée dans les pays d'Asie Mineure et d'Orient. Débutant à l'automne de l'année macédonienne, le 1er Dios 312 av. e. c., cette date fut repoussée en Babylonie et en en Chaldée, où l'année démarrait au printemps, au 1er Nisan 311. Les juifs de Syrie et d'Asie Mineure l'adoptèrent à partir d'octobre 312 av. è. c., tandis que ceux de Babylonie le firent en avril 311 av. è. c., et transportèrent ensuite cet usage en Palestine — ce qui expliquerait, en partie, la divergence de date que l'on retrouve dans les livres des Maccabées. Bien que le règne de la dynastie séleucide n'ait pas duré plus de deux cent cinquante ans, les juifs d'Orient utilisèrent cette ère jusque tardivement dans les documents rabbiniques], même après que son abolition eut été prononcée par David ibn Zimra, en Égypte, en 1527. Le Talmud décrit le passage à ce mode de datation, qui serait, selon cette source, la date alexandrine, fondée sur le règne d'Alexandre et non sur celui de Séleucos. La période que les Sages ont appelée «royauté perse», aurait ainsi duré à l'époque du Temple pendant trente-quatre ans. La «royauté grecque» se serait constituée en Élam (ancien Iran) pendant six années, à partir de la victoire d'Alexandre sur Darius, avant de se répandre dans le monde entier, introduisant le comput surnommé «ère des contrats», éponyme juif de l'ère séleucide. Le Talmud localise l'événement quarante ans après la construction du Second Temple et mille ans après la sortie d'Égypte ou en 3448 de la création du monde. Le Séder olam zutta s'étend un peu plus à propos de ce processus, au sujet duquel il ajoute un commentaire qui n'est pas dénué d'intérêt: «À  son époque [il s'agit de Meshulam], régna la dynastie grecque et du jour où le règne grec s'installa, la prophétie cessa en Israël en l'année 3448 [de la création du monde ], alors moururent Aggée, Zacharie et Malachie. Et Alexandre Moqdon [le Macédonien] régna 12 ans et quatre rois vinrent après lui... » (Sylvie-Anne Goldberg, La Clepsydre, 2000 - books.google.fr).

 

Les Centuries abordent quelques fois l'année 69, celle des quatre empereurs à Rome, Galba, Othon, Vitellius et Vespasien. L'année 70 où s'inscrit la destruction du Temple de Jérusalem commence à Rosh ha-shana 69.

 

Ailes

 

Les deux Kéroubim étendaient leurs ailes au-dessus du couvercle de l'Arche Sainte.

 

A Prague, dans la Synagogue Haute, bâtie en 1568 par l'architecte juif Meisl, l'arôn haqqôdesh est surmonté d'une draperie en bois sculpté. Le symbole des ailes y domine, c'est-à-dire l'annonciation par l'arche de la Loi de l'arche de l'Alliance (Ernest Naményi, L'esprit de l'art juif, 1957 - books.google.fr).

 

"Couper les ailes", si les ailes symbolisent la prophétisation de la loi de la Synagogue, signifierait que cette annonciation cessera.

 

La «demeure» de Dieu, sa shekinah au sens littéral, signifie bien sa présence, le fait qu'il soit là en un endroit, selon un mode visible ou même occulte. Cette présence peut se manifester par un éclat lumineux. Elle peut être décrite par des images, par exemple lorsqu'il est question des «ailes de la shekinah» sous lesquelles les dévots vont s'abriter... Elle peut aussi, sans manifestation expresse, n'être rien d'autre que la pure présence de Dieu ou la conscience qu'il est présent (Gershom Scholem, La mystique juive) (Pierre Miquel, Agnès Egron, Paula Picard, Les mots-clés de la Bible: révélation à Israël, 1996 - books.google.fr).

 

Possesseur et maître : la voix de Baal

 

Les verbes "porsuit" pour "posseoit" signifient "posséder" dans le langage du domaine des successions (héritage) au moyen âge. La "fille du" implique une succession au moins générationnelle (Pierre de Fontaines, Le conseil ou traite de l'ancienne jurisprudence francaise nouv. ed. publ. d'apres un manuscrit du XIIIe siecle (etc.), 1846 - books.google.fr).

 

Bêl (sumér. : En-lil) a pour étymologie seigneur, maître (à peu près au sens du seigneur féodal, possesseur du sol) (Charles François Jean, La littérature des Babyloniens et des Assyriens, 1924 - books.google.fr).

 

Au psaume 136, en parlant de Babylone : « Malheur à toi, fille de Babylone ! Heureux celui qui te rendra les maux que tu nous as faits ; heureux celui qui saisira tes enfants et les écrasera contre la pierre ! »

 

In the ritual contest of 1 Kings 18:20-39, whereas Baal worshipers try to stimulate their god and the forces of nature through bloodletting rituals and chants, the God of Israel triumphs supernaturally Victory is achieved through a fire that "descended" from the Lord (like the consecration of the Tabernacle in Lev. 9:24) — and even "licked up the water that was in the trench" (1 Kings 18: 38). In pouring water on the altar, Elijah heightens the challenge of the contest and makes a mockery of the pagan practice of pouring water on the altar, Elijah heightens the challenge of the contest and makes a mockery of the pagan practice of pouring water upon the ground to bring rain. Thus a magical ritual is transformed into a divine miracle, highlighting the power of God over nature and His response to the prayer of the prophet. There is an ironical use of the term kol (voice) in the text. Elijah mockingly tells his foes to "shout louder" (kire'u be-kolgadol [1 Kings 18:27]), for perhaps Baal is asleep or otherwise occupied. But there is no answer, no sound (kol) from Baal. This word usage puns on the fact that kol also means "thunderclap" — the very signature in sound of Baal, the god of rain, who rides the clouds as his chariot. The phrase 'em kol ("there was no sound" [v. 29]) is thus a polemical trope, an anti-liturgy ("there is no god of thunder") reversed by the positive credal declaration "THWH lm' ha-'elolmn" ("The Lord alone is God" [v.39]) (Michael Fishbane, Haftarot, 2002 - books.google.fr).

 

La voix du ciel

 

Notre glorieux Apôtre eut part à toutes les actions de la vie de son Maître et même à celles qu'il ne voulait faire qu'en présence d'un petit nombre de personnes. Ainsi, lorsqu'il voulut rendre la vie à la fille de Jaïre, un des chefs de la Synagogue, il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et laissa dehors les autres Disciples; et, dans le choix qu'il fit de douze d'entre eux pour être ses Apôtres, il mit saint Jacques le troisième et l'appela avec son frère, par un grand privilège, Boanerges, c'est-à-dire Enfants du tonnerre; de sorte qu'il est encore un des trois à qui il a donné de nouveaux noms, pour marquer leur prééminence et leur mérite particulier. Au reste, il les nomma Enfants du tonnerre, c'est-à-dire, selon la manière de parler des saintes lettres, de véritables tonnerres, parce que saint Jacques devait être un tonnerre par la force, l'éclat et la promptitude de sa prédication, et saint Jean par la vigueur et la lumière de son Evangile et de son Apocalypse, qu'il n'a composés qu'au milieu des foudres et des éclairs.

 

De plus, quand le Fils de Dieu voulut opérer le miracle de la transfiguration, il choisit saint Jacques pour un des des trois témoins de ce prodige; et, l'ayant mené avec saint Pierre et saint Jean sur le Thabor, il se transfigura en sa présence. Il vit le visage de son Maître éclatant comme le Soleil, & ses habits blancs comme de la neige, & entendit la voix du Pere Eternel qui disoit : c'est là mon Fils bien-aimé : écoutez-le. S. Jacques eut encore la consolation de voir Moyse & Elie, ces deux grands Prophètes de la Loi ancienne qui s'entretenoient avec le Sauveur des peines qu'il devait endurer à Jérusalem. Cette merveille arriva à la fin de septembre de l'an 33 du salut (François Giry, Les vies des saints, Tome 2, 1719 - books.google.fr).

 

Saint Paul reconnoît outre le sens littéral de la Loi & des Prophéties, un sens figuré dont J. C. & son Eglise sont le principal, ou plutôt l'unique Objet. La Loi ancienne n'étoit faite que pour annoncer & prophétiser la Loi nouvelle (François de Salignac de la Mothe Fénelon, Sermons choisis, 1734 - books.google.fr).

 

Cet état physique de la transfiguration, considéré comme miraculeux, est rapporté dans les trois Évangiles synoptiques : (Mt 17,1-9, Mc 9,2-9, Lc 9,28-36). C'est, selon le christianisme, la préfiguration de l'état corporel annoncé aux chrétiens pour leur propre résurrection (fr.wikipedia.org - Transfiguration (christianisme)).

 

Le psaume 28

 

Or, Jacob, voyant les Anges de Dieu, s'écria : « C'est le Camp du Seigneur », et il appela ce lieu Mahanaïm, c'est-à-dire Castra (Genèse, 32 : 2-3). Ce fracas des « eaux abondantes » est donc celui « que font les ailes des Chérubins, lorsque se fait entendre la Voix du Dieu tout-puissant » (Ezéch., 10 : 5), cette Bath-Kol célèbre dans la tradition rabbinique, clameur commune des plus hautes hiérarchies spirituelles, et qui proclame la gloire d'Yahweh. Or, la gloire ad extra du Très-Haut, dans son resplendissement le plus immédiat - s'il en faut croire quelques kabbalistes chrétiens, comme Trithème, Reuchlin, Postel, Kircher et Sabathier - se manifeste dans (et s'exprime par) les chœurs dont l'essentielle fonction, dit le Pseudo-Denys, consiste à « se tenir devant la Trinité bienheureuse » : Séraphins, Chérubins et Trônes. C'est par eux que, jusqu'à l'Incarnation, parle Yahweh ; ils sont sa voix jusqu'à l'avènement du Fils, du Verbe Lui-même, incarné (Gen., ch. 18 et 19; Deut., 33 : 2; Psaume 67 : 17; Actes, 7 : 53; Gal., 3 : 19; Hébr., 1 : 1-2; 2 : 2; cf. Josèphe, Ant. Jud. XV, 5 : 3). A propos de l'angélophanie dans la plaine de Mambré - qui met d'ailleurs en cause la notion d'« Anges de la Présence » - les Targoumîm précisent que Yahweh « adressa  sa Parole (la Memra quasi-hypostasiée, qui se distingue de la Pitgama ou parole « ordinaire », anthropomorphiquement proférée) à notre Père Abraham, par des Anges ». De même, lorsque l'Apôtre nous montre la Loi révélée à Moïse, en Sinaï, « par les Anges ». Aussi, quand l'Eternel, « siégeant sur les Chérubins », fait son entrée - dans le Temple, « sa gloire vient de l'Orient, sa Voix est - comme celle des eaux abondantes, et la terre resplendit de sa gloire » (Ezéch., 43 : 2). Le moindre mot de ces textes appelle un abondant commentaire angélologique, mais ce n'est pas ici le lieu d'en parler ex professo; autre est notre sujet. Mais ces « eaux » célestes, cette « mer cristalline » où se réfléchit, « face au trône » de Dieu, la splendeur de Yahweh elles comportent aussi les Sept que déjà Zacharie voyait debout devant la Face adorable. C'est pourquoi le Psaume 28 nous représente cette Voix comme septuple : elle gronde « à la surface des eaux », comme l'Esprit créateur manifesté par un « septuple don » ; elle proclame sa gloire, « car Yahweh siège sur les eaux abondantes ». Elle « brise les cèdres », fait « bondir les montagnes », « jaillit en flammes de feu » (comme à la Pentecôte), « ébranle le désert » (par Elie et Jean-Baptiste, entre autres), fait « enfanter la biche » du Cantique des Cantiques, « dénude les forêts » et les taillis sacrés des mystères païens. Et, « dans son temple » - dans ce temple cosmique, comme dit le P. Daniélou dans son admirable Signe du Temple - « TOUT crie : Gloire! »... l'existence même de toutes choses est un péan de  gloire (Psaume 28 : 3-9). Et le Verbe incarné, principe et modèle (même en tant qu'homme) de la création tout entière (ici Soloviev se rencontre avec l'honnête Crampon, qui en fait la remarque en note d'Apoc, 3 : 14), parle, Lui aussi, par la Voix de ces « eaux abondantes », première réalité créaturelle qu'ait fécondée l'Esprit. Mais tous ceux encore, qui ne font avec Jésus qu'un seul Christ, « pareils aux Anges après la Résurrection » (Matt, 22:30), chantent le Hallelou-Yah d'une voix pareille, elle aussi, au « son venant du ciel, rumeur des eaux abondantes » (Apoc, 1 : 15; 14 : 2; 19 : 5). 5 et 6. Qu'ils (les cieux et les « cieux des cieux») louent le Nom de Yahweh; car Il a commandé, et ils ont été créés. Il les a établis pour toujours et à jamais; Il a posé une loi qu'ils ne transgresseront pas. C'est leur existence même, leur constance et leur fidélité envers la loi même de leur être - à l'inverse des démons, voir Jude, 6 et Jean, 8 : 44 - qui constitue, chez les créatures angéliques restées conformes à leur archétype et à leur essence, la louange de Dieu. Cette action de grâces ontologique, cette identification de l'être à la louange, elle est commune aux Anges et aux créatures subhumaines : consciente et fruit d'un choix délibéré chez ceux-là, inconsciente et caligineuse  chez celles-ci. Mais l'homme transgresse, du premier au dernier souffle, son dharma, sa loi immanente, le « sens » que Dieu a imprimé en lui : et sui eum non receperunt. Loin d'être « établi pour toujours et à jamais », il ne cesse de se pencher avec vertige sur son non-être originel. Par contre, « cieux », « cieux des cieux », « eaux transcendant les cieux », sont immuablement fixés dans le service d'amour et l'extatique adoration. Car « à jamais, Yahweh, ton Verbe S'est établi dans les cieux » (Psaume 118 : 89). il y demeure comme Loi, comme Permanence, à la fois transcendante et immanente; il S'y est fixé comme décret divin, comme Parole créatrice et conservatrice, qui pose et maintient dans l'être, et dans tel être. Et. puisque les Targoumîm voient dans tes bénédictions génésiaques les quasi-théophanies de la Parole ou Memra, ne peut-on dire que ces bénédictions-bénéfactions sont équivalentes aux sept émissions de la Bath-Kol, de la Voix divine, au Psaume 28, qu'elles sont comme une septuple manifestation du Verbe per quem omnia facta sunt, « à travers qui » ou « en qui » toutes choses ont été faites, énonciation subsistante et vivante de la Volonté divine, Son d'En-Haut, Note fondamentale, La céleste dont les hiérarchies spirituelles constituent les harmoniques ? (Albert Frank-Duquesne, Cosmos et gloire: dans quelle mesure l'univers physique a-t-il part à la Chute, à la Rédemption et à la Gloire finale ?, 1947 - books.google.fr).

 

On lit dans le psaume 28 (29),5 :

 

La voix de l’Éternel brise les cèdres ; l’Éternel brise les cèdres du Liban (Vox Domini confringentis cedros et confringet Dominus cedros Libani) (fr.wikipedia.org - Psaume 29 (28)).

 

Dans le traité Joma les Talmudistes comparent ce degré d'inspiration qu'est la Bath Kol à un cèdre atteint par les vers, parce que seule, comme l'explique la glose, elle leur est restée de tous les genres de révélations, comme la faible partie d'un grand cèdre. Azarias, écrivain plus récent, assure que les livres de Judith et de Tobie, etc., ont été écrits sous l'influence de ce degré d'inspiration (Jean-Baptiste Malou, La lecture de la Sainte Bible en langue vulgaire jugée d'après l'écriture, la tradition et la saine raison, 1846 - books.google.fr).

 

Synagogue et autruche

 

Grégoire le Grand, dans ses Moralia in Job, renversa complètement les premières explications de saint Jérôme.

 

Saint Grégoire dit que l'autruche est l'emblème de la synagogue, parce que ses ailes ne lui servent qu'à se traîner sur la terre, et qu'elle ne peut s'en servir pour s'élever vers le ciel: la synagogue a un cœur rampant et tout terrestre ; elle a les ailes de la loi , mais ces ailes sont impuissantes. L'autruche dépose ses œufs dans la poussière et les abandonne ; ainsi fait la qui ne sait inspirer de désirs célestes à un cœur qu'elle a engendré

 

Qu'entendrons-nous donc par ces œufs de l'autruche, sinon les Apôtres qui ont esté engendrez de la Synagogue. Mais qu'il a fallu le soleil de Dieu pour les réchauffer et leur donner toute leur envergure (Augustin-Joseph Crosnier, Iconographie chretienne: ou, étude des sculptures, peintures, etc., qu'on rencontre sur les monuments religieux du moyen-âge, 1848 - books.google.fr).

 

L'autruche est Bat yaana, fille du cri, banot ya'anah, filles du cri (cf Bath Kol, fille de la voix).

 

Michée 1,8 : Je ferai éclater ma douleur comme le dragon, ou le crocodile, et je jetterai des cris de douleur comme la fille de la haïana. Jérémie 50,39, parlant de la ruine de Babylone et de l'état auquel elle devait être réduite, disent qu'elle servira de retraite aux animaux sauvages, aux dragons, et aux filles de la haïana. Isaïe répète la même chose (Augustin Calmet, Dictionnaire de la Bible, Tome 2, revue par A.F. James, 1859 - books.google.fr).

 

Dans cet oracle du livre d'Esaïe 13,19-22 contre Babylone : "Babylone, la perle des royaumes, la fière parure des Chaldéens, Plus jamais elle ne sera peuplée, d'âge en âge elle restera inhabitée. Même l'homme des steppes (l'Arabe) n'y dressera pas sa tente et les bergers ne s'y arrêteront pas. Les chats sauvages s'y arrêteront, les hiboux rempliront les maisons, les autruches y habiteront et les satyres (les sécirîm) y danseront, les hyènes se répandront dans ses châteaux et les chacals dans ses palais d'agrément (Albert de Pury, Homme et animal Dieu les créa: l'Ancien Testament et les animaux, 1993 - books.google.fr).

 

Au chapitre 39 du livre de Job, Dieu montre l'écart entre le créateur et les créatures, alors Job s'humilie et se condamne au silence.

 

Job en 39,13-18 dit : "L'aile de l'autruche s'étend joyeusement. Lorsqu’elle confie ses œufs à la terre, et les échauffe Sur la poussière (brûlante), oubliant que le pied les écrase et que la bête des champs les broie. Cruelle envers ses petits comme s’ils n’étaient point à elle, elle est sans crainte que son enfantement soit inutile. Car Dieu l’a privée de sagesse, et ne lui a pas donné en partage l’intelligence. Au moment où elle s’excite pour s’élever, elle se rit du cheval et de son cavalier" (Samuel Cahen, La Bible: traduction nouvelle avec L'Hébreu en regard, Tome 15, 1848 - books.google.fr).

 

Dans l'Ecclesiaste X,20 : Même dans ton intimité ne médis pas du roi, et dans ta chambre ä coucher ne médis pas du riche, car l'oiseau du ciel peut répandre la voix, et ce qui a des ailes peut divulguer la parole.

 

Ce qui a des ailes est en hébreu le possesseur des ailes, le maître des ailes (Baal Kanafaïm) (Samuel Cahen, La Bible, traduction nouvelle, avec l'hébreu en regard, Tome 16, 1848 - books.google.fr, La sainte Bible, qui contient l'Ancien et le Nouveau Testament, c'est à dire l'ancienne et la nouvelle Alliance: avec les indices necessaires pour l'instruction du lecteur, Tome 1, 1684 - books.google.fr).

 

On retrouve le propriétaire ou possesseur rendu par "porsuit".

 

Que nous apprennent les textes cunéiformes qui mentionnent l'œuf d'autruche ? À l'époque de Nabonide, ils sont signalés comme offrande alimentaire pour le temple Eanna d'Uruk: il est question deux fois de sept œufs et deux fois de huit. À l'époque séleucide, toujours à Uruk, ils figurent aux menus divins d'après le rituel du temple d'Anu. Trois œufs d'autruche sont à offrir régulièrement au petit repas du matin pour Anu, Antu et les dieux de leurs temples; ils accompagnent divers moutons, un bœuf, des agneaux, des canards, des poulets, des sangliers, divers oiseaux, et aussi trois œufs de cane (A. Finet, L'oeuf d'autruche, Studia Paulo Naster Oblata: Orientalia antiqua, 198 - books.google.fr).

 

Pléiades

 

C'est au lever héliaque de l'étoile Virgile vers le mois de juin que l'autruche pond ses oeufs, jusqu'à 80, selon les vieux naturalistes (Louis Charbonneau-Lassay, Le bestiaire du Christ: la mystérieuse emblématique de Jésus-Christ, 1940 - books.google.fr).

 

Virgilae, arum sont le nom des Pléiades chez Horace (Pierre Danet, Grand dictionnaire françois et latin enrichi des meilleures façons de parler en l'une et l'autre langue: avec des notes de critique et de grammaire, 1735 - books.google.fr).

 

Selon le Physiologus III, 19, l'autruche est l'image du père « spirituel » et du Père céleste. Le rapport avec la constellation des Pléiades est peut-être occasionné par le fait que, dans le Livre de Job 38,31-33, les Pléiades sont mentionnées quelques versets avant le discours sur l'autruche (Mercedès Ferrero Viale, Quelques nouvelles données sur les tapisseries d'Isola Bella, Bulletin des Musées royaux d'art et d'histoire, Volumes 45 à 46, 1973 - books.google.fr).

 

Au Moyen-âge on prétendait tenir de tradition très ancienne qu'un jour le roi Salomon, ayant trouvé un poussin d'autruche, le fit mettre dans une épaisse cage de verre d'une seule pièce et semblable à une cloche. Mais l'autruche vint et vit son petit ainsi captif sans qu'elle puisse rien faire pour le délivrer. Elle partit donc vers le désert et peu après en revint avec un vermisseau qu'elle tua sur le verre de la cloche. Et sous le sang du ver, celle-ci se partagea subitement en deux parts et laissa ainsi le jeune oiseau s'évader. C'est ce que raconta, vers 1160, Pierre Comestor, de Troyes, dans son livre Scholastica historia (Louis Charbonneau-Lassay, Le bestiaire du Christ: la mystérieuse emblématique de Jésus-Christ, 1940 - books.google.fr).

 

Le sang du ver symbolise le sang du Christ et par là le ver le Christ.

 

La fête des tabernacles (chaumières) des juifs, se célèbre à l'époque où avait lieu à Babylone la fête de l'impudique Mylitta. La fète juive doit son nom aux chaumières des courtisanes de Babel, Succoth-Benoth. Les commentateurs juifs disent que Succoth-Benoth symbolise la constellation des pléiades. A cause des sept étoiles de cette constellation, ont lieu les sept processions dans le temple pendant sept jours, et qui au septième se réitèrent même sept fois (Dr Coremans, La Belgique et la Bohême sous le rapport des traditions, Revue d'histoire et d'archéologie, Volume 4, 1864 - books.google.fr).

 

C'est le plus souvent dans le cadre d'une fête des Tabernacles que nous est décrite l'épiphanie eschatologique du Seigneur. Zach., XIV nous présente le jour de Yahvé comme une grande fête des Tabernacles, au cours de laquelle le Seigneur viendra et tous ses anges avec lui. On rencontre une conception eschatologique de la fête des Tabernacles en Apoc, VII, 9-17. L'attestation des tentes dans le récit de la transfiguration s'entend dès lors d'une référence à la signification eschatologique de la théophanie qui a eu lieu (Maurits Sabbe, La rédaction du récit de la Transfiguration, Sylloge excerptorum e dissertationibus ad gradum doctoris in sacra theologia vel in iure canonico consequendum conscriptis, Volumes 37 à 38, 1963 - books.google.fr).

 

L'un des caractères des temps messianiques était l'habitation des justes dans les cabanes qui figuraient les huttes de la fête des Tabernacles. Le trait s'explique encore mieux si effectivement la Transfiguration a eu lieu au temps de la fête des Tabernacles. Elle manifestait alors que les réalités préfigurées par les rites de la fête étaient accomplies. La Transfiguration représente la vraie fête des Tabernacles. Cette signification eschatologique est encore plus accusée, si l'on admet avec Riesenfeld que l'expression de Pierre : « Il nous est bon d'être ici », est l'expression du repos, de l'"anapausis" eschatologique. La fête des Tabernacles préfigurait ainsi le repos de la vie future (J. Daniélou, Bible et Liturgie, Paris 1951, p.449-469) (Benoît Standaert, Évangile selon Marc: ptie. Marc 6, 14 à 10, 52, 2010 - books.google.fr).

 

Le rapprochement établi par l'exégèse moderne entre la mention des Tentes par Pierre et la fête des Tabernacles ne semble pas avoir été retenu par les anciens (Nicée II: 787-1987, douze siècles d'images religieuses, actes, 1987 - books.google.fr).

 

Bien que la proposition de Pierre de dresser trois Tentes semble un repère chronologique important.

 

D'après S. Marc, la dernière présence du Christ dans Capharnaüm fut précédée d'un voyage partant du lieu de la transfiguration, passant par la Galilée, et qu'il voulait qu'on ignorât. S. Jean parle de ce voyage (VII, 1) en ces termes : « Le Christ alla à la fête des tabernacles, non publiquement, mais en secret. » (VII, 10.) Ce voyage mystérieux vers Jérusalem est décrit en détail par S. Luc d'accord avec S. Jean. Il en parle immédiatement après la transfiguration (Dr Hanneberg, Histoire de la révélation biblique, traduit par I. Goschler, 1856 - books.google.fr, Jules Alfred Pierre Rouch, Pour comprendre le ciel et l'atmosphère, 192 - books.google.fr).

 

Job (misère et tristesse, cf. le vers 4 du quatrain) parle astronomie, d'étoile polaire et des Pléiades au chapitre 38, précédent celui de l'autruche (Sainte Bible contenant l'Ancien et le Nouveau Testament, 1759 - books.google.fr).

 

Dans le pays messin, le char est conduit par trois chevaux mal attelés que le conducteur (Alcor) essaie de remettre en ligne : quand il y sera parvenu la fin du monde arrivera.

 

Une scolie à Aratos dit qu'Electra, mère de Dardanos, désespérée de la chute de Troie, avait quitté dans les Pléiades pour se retirer précisément en Alcor (Christian David, Les souris de Paris ou les Lutece du dieu au rat, Mythologie française: bulletin de la Société de mythologie française, Numéros 176 à 180, 1995 - books.google.fr).

 

La fête des Tabernacles, Lévit. XXIII. 34. venoit après la fin de l'année ; c'est-à-dire, de l'année civile, laquelle commençoit au mois de tysri, ou de septembre, au septième mois de l'année sacrée. Lévit. XXIII. 39. Alors la récolte, non seulement des grains, mais de tous les fruits de la terre, étoit achevée (La sainte Bible ou Le Vieux et le Nouveau Testament, Tome 2, 1743 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Vers l'an 2100, l'étoile Polaire sera à sa plus courte distance du Pôle.

 

Un des effets de l'attraction universelle, dont la considération est de première importance dans toute l'astronomie et en particulier dans la détermination des positions des étoiles, c'est la précession des équinoxes, découverte par Hipparque et qui tient une place non moins grande dans toutes les recherches historiques où intervient l'astronomie. Or la plus grande partie de ce recul progressif du point équinoxial parmi les étoiles dépend de l'attraction exercée par la lune sur le renflement équatorial de notre globe. La précession bien connue nous met seule à même de déterminer l'état du ciel à des époques fort éloignées de nous dans le passé et dans l'avenir; seule elle nous permet de dire, par exemple, qu'il y a quatre mille ans le point céleste appelé équinoxe du printemps avait pour longitude, non comme de nos jours celle des deux étoiles orientales du carré de Pégase, mais à peu près celle des Pléiades; c'est à cause de la précession que l'étoile principale de la Petite Ourse mérite, mais pour un temps seulement, le nom d'étoile Polaire, et que nous pouvons prévoir un temps où, après s'être rapprochée du pôle nord encore plus qu'elle ne l'est maintenant, elle s'en éloignera et cédera à d'autres étoiles le rôle qu'elle aura longtemps rempli de désigner la direction et la hauteur du pôle (Le Chrétien évangélique, Volume 20, 1877 - books.google.fr).

 

Saint Grégoire le Grand voyait, dans la constellation de la Grande Ourse tournant autour de la Polaire sans jamais s'en éloigner, le symbole de l'Église diversifiant « la manifestation de la Vérité » sans se laisser jamais abattre ni même écarter de Dieu. « La constellation de l'Ourse ne se couche jamais; elle luit dans l'obscurité de la nuit, et par ses continuelles révolutions autour du pôle, elle est la figure de l'Église qui souffre de grandes peines, sans se laisser abattre... Ainsi que la constellation de l'Ourse qui tourne sans cesse, elle sait diversifier la prédication de la Vérité » (Morales sur Job XXIX, 19) (Gérard de Champeaux, Introductions à La Nuit des temps, 1966 - books.google.fr).

 

Grégoire répète souvent que la prédication est un moyen de conversion qui exclut l'emploi de la force. C'est de façon pacifique qu'elle agit sur les hommes. Il se montre d'autant plus ferme sur ce point que certains évêques devaient parfois employer des procédés violents pour contraindre les récalcitrants. Lorsque quelqu'un, écrit-il à Virgile et à Théodore, évêques d'Arles et de Marseille, est venu à la fontaine baptismale non par la douceur de la prédication, mais sous la contrainte, quand il revient à son ancienne superstition, il meurt dans un état pire que celui où il semblait être en renaissant. Que votre fraternité exhorte les hommes de ce genre [il s'agit des Juifs] par une prédication fréquente, afin qu'ils aient le désir de changer leur ancienne façon de vivre grâce à la douceur de l'enseignement : il faut user à leur égard de la parole qui doit brûler en eux les épines de l'erreur et illuminer par la prédication ce qui est obscurci dans leur esprit (Claude Dagens, Saint Grégoire le Grand: Culture et expérience chrétienne, 2016 - books.google.fr).

 

Selon Grégoire de Tours, ce sont ceux des juifs de Clermont qui avaient refusé le baptême à Clermont après que la foule eut détruit leur synagogue (Grégoire de Tours, Histoire ecclésiastique des Francs: en dix livres, traduit par MM. Gadet et Taranne, Volume 2, 1837 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Histoire des Juifs à Marseille).

 

Saint Grégoire ordonna qu'on ôtat de la Synagogue la Croix & l'Image, avec toute la vénération qui leur étoit due, afin de rendre ensuite ce lieu aux Juifs, qui étoient d'autant plus jaloux de conserver leurs anciennes Synagogues, qu'il ne leur étoit pas permis d'en bâtir de nouvelles (Denis de Sainte-Marthe, Histoire de saint Grégoire-le-Grand, 1697 - books.google.fr).

 

Bath-Kol se serait fait entendre au baptême du Christ, ce qui est dit dans S. Matth., 3, 17.

 

Les Pères fournissaient un contingent important de manuscrits à la bibliothèque de Saint Victor de Marseille. On trouvait de Cassien les Conférences, l'Institution monastique et le Contre Nestorius. Saint Augustin, avec vingt à vingt-cinq traités divers, apparaît, dès 1188, comme l'auteur le plus cité ; quelquefois ses œuvres figurent en deux ou trois exemplaires comme l'Enchiridion ou le De doctrina christiana. Saint Grégoire suit avec le Pastoral, les Moralia in Job, les Homélies sur les Evangiles et celles sur Ezéchiel. Les Pères ne sont pas absents. On retrouve de saint Jean Chrysostome, le De reparatione lapsi et le traité intitulé Nemo laeditur nisi a se ipso, des œuvres de saint Grégoire de Nazianze et de saint Athanase, le Contra Arium. Les deux catalogues énumèrent d'Isidore de Séville les Etymologiae, le De viris illustribus ; de Bède le Vénérable les Commentaires sur l'Ecriture, spécialement sur les Evangiles (J. Chelini, La bibliothèque de Saint Victor de Marseille, Provence historique: revue trimestrielle, Numéros 63 à 66, 1966 - books.google.fr).

 

Pythéas, astronome, géographe et navigateur, né à Marseille, vivait au commencement du IVe siècle avant J. C., et passe pour le plus ancien écrivain qu'aient produit les Gaules. Par goût pour les sciences, et s'appliquant surtout à la physique et à l'astronomie, il y fit des progrès qui fixèrent sur lui l'attention de ses compatriotes. On conjecture que les magistrats, dans la vue d'étendre le commerce de la république, envoyèrent Pythéas faire, par mer, des découvertes dans le Nord, en même temps qu'Euthymènes allait explorer le Midi. Après avoir passé les colonnes d'Hercule, prolongé les côtes de l'Espagne, de la Lusitanie, de l'Aquitaine, de l'Armorique, traversé le canal qu'on nomme aujourd'hui la Manche, Pythéas aborda l'ile de Thulé, que l'on a cru être l'Islande, et que le savant Danville a jugé, peut-être avec plus de raison, devoir être une des iles Schetland, désignées aussi sous le nom de Thulé par les anciens. Dans un second voyage, que le même Danville et Gosselin n'admettent point, le navigateur marseillais aurait pénétré par le Sund dans la mer Baltique, et poussé jusqu'à l'embouchure d'un fleuve qu'il nomme le Tanais, et qui serait, selon quelques-uns, ou la Vistule, ou la Radaune, ou la Dwina. Il consigna ses découvertes dans deux ouvrages : le premier, intitulé Description de l'Océan, contenait la relation de son voyage de Gadès (Cadix) à l'île de Thulé; et le second, ayant pour titrc le Période ou le Périple, renfermait le récit de sa navigation dans la Baltique. Il ne reste de l'un et de l'autre que de courts fragments dans la Géographie de Strabon, et dans l'IIistoire naturelle de Pline. Selon Hipparque, Pythéas apprit aux Grecs que l'étoile polaire n'était pas au pôle même, mais qu'elle formait avec trois autres étoiles voisines un quadrilatère dont le pôle était le centre. Il paraît aussi que ce savant navigateur fut le premier qui . soupçonna la liaison du phénomène des marées avec le mouvement de la lune (Biographie universelle, Tome 16, Michaud, 1846 - books.google.fr).

 

Pythéas était un savant du temps d'Alexandre le Grand, et personne ne lui dispute la connaissance de l'astronomie. Cherchant avec soin la hauteur du pôle, il s'assura, qu'en cet endroit du ciel, on ne voyait de son temps aucune étoile, mais que le pôle formait avec trois étoiles voisines un quadrilatère. Il paraît que ces trois étoiles sont beta de la Petite-Ourse, alpha et kappa du Dragon. A deux ou trois degrés du pôle, était alors l'étoile du nez de la Giraffe, elle pouvait passer pour étoile polaire : mais Pythéas ne s'en rapporte guère comme l'ont fait ses prédécesseurs qui croyaient voir un astre polaire toujours immuable aux yeux de l'observateur. Pythéas plus habile et plus scrupuleux, montra sous ce rapport plus d'exactitude (Joachim Lelewel, Pytheas de Marseille et la geographie de son temps, 1836 - books.google.fr).

 

La fondation de Marseille et le début de l'exil de 70 ans des juifs sont contemporains.

 

718. Salmanazar, roi d'Assyrie, prend et détruit Samarie, capitale du royaume d'Israël, et emmène ses habitants en captivité. Le royaume ne se releva pas de la ruine; il resta seulement quelques Israélites qui se mêlèrent depuis avec les Juifs et firent une petite partie du royaume de Juda. 610. Une colonie de Phocéens, partie de l'Asie-Mineure, vient s'établir en Gaule et y fonder Marseille. 606. Joachim, roi de Juda, est, avec les principaux Juifs, emmené captif à Babylone par Nabuchodonosor : c'est de là qu'il faut compter les 70 ans de la captivité des Juifs. 597. Jérusalem est détruite de fond en comble, le temple réduit en cendres, et le roi Sédécias emmené captif à Babylone avec son peuple. La Judée devient une province de l'empire d'Assyrie jusqu'au temps de Cyrus. 593. Dans le même temps, Solon, un des sept sages de la Grèce, donne des lois à Athènes. 561. Pisistrate, Athénien, s'empare du pouvoir, et gouverne Athènes pendant 33 ans. Il maintient les lois de Solon, favorise l'industrie et le commerce, embellit Athènes, et fait recueillir les œuvres d'Homère. 551. Naissance de Confucius, philosophe chinois. 538. Cyrus, roi de Perse, assiège et prend Babylone. Ce prince est le fondateur de la grande monarchie persane, qui reproduit l'ancien empire d'Assyrie, et dure jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand. 536. Cyrus rend le fameux édit qui permet aux Juifs de retourner dans leur pays et de rebâtir le temple de Jérusalem (Encyclopédie théorique et pratique des connaissances utiles composée de traités sur les connaissances les plus indispensables, Tome 1, 1875 - books.google.fr).

 

De manière inattendue, surgit toute une doctrine ésotérique en Provence et en Languedoc, dans les villes telles que Lunel, Narbonne, Posquières, Arles, Marseille, Toulouse, avant d'être transplantée en Aragon et en Castille où, un siècle plus tard, elle allait connaître avec le Zohar sa grande période de maturité. Nous avons donc ici ce que Scholem appelle « la jeunesse de la Kabbale ». Par quel miracle la Kabbale naissait précisément ici ? Quels en étaient les éléments essentiels ? D'où venaient les matériaux ? Quelles étaient les circonstances historiques qui avaient favorisé un tel jaillissement ?  Gershom Scholem note tout d'abord que cette doctrine apparaissait à une époque fortement travaillée par de nombreuses tensions culturelles et religieuses, dans un milieu fertile en luttes intérieures, et sur une terre où l'orthodoxie chrétienne avait à lutter contre l'hérésie cathare. Enfin, il est certain que les Croisades ont dû développer un tel courant (L'Arche, Numéros 110 à 122, 1966 - books.google.fr).

 

Les spéculations anthropologico-cosmologiques constituent une partie importante du Sefer Yesira (Livre de la Formation) et sont développées dans le Sefer ha-Bahir, ces deux «Bibles» des kabbalistes antérieurs au Sefer ha-Zohar (M. Chaze, De la signification des fêtes dans la Bible et le Talmud selon quelques kabbalistes du XIIIe et XIVe siècle, La commémoration, 1988 - books.google.fr).

 

Le Sefer ha-Bahir (Livre de la Clarté, d'après Job XXXVII, 21) est le premier document que nous possédions de la Kabbale théosophique. Dans la version qui nous est parvenue, il a été compilé en Provence entre 1150 et 1200 à partir de sources orientales telles que le Sefer Raza Rabba mentionné chez les gaonim et dont des fragments importants ont été conservés chez certains piétistes allemands. Ce qu'il y a de nouveau dans le Bahir, c'est la résurgence, en pleine littérature médiévale, de thèmes et d'images empruntés au gnosticisme mais d'un gnosticisme rendu compatible avec le monthéisme juif. Les sefirot du Sefer Yetsira se métamorphosent en éons, lumières, puissances, hypostases ou formes saintes dont chacun remplit une fonction particulière dans la création. L'ensemble des puissances divines constitue l'image de l'arbre sacré, de même que la totalité des formes saintes s'unit dans l'image de l'homme supérieur. Les éons sont désignés le plus fréquemment dans le Bahir par ma'amarot, « paroles », au sens de logoï ou bien middot entendues non pas comme des attributs, mais comme des modalités particulières du divin. En langage métaphorique, il est question de six beaux vases, kelim na'im (§ 56) ou des six jours primordiaux (§ 135), des voix entendues au Sinaï, des dix rois (§ 27) ou encore des « couronnes que porte le roi ». Il faut ajouter ici que le Bahir ne fait guère de distinction nette entre ces sefirot et le Dieu qu'elles manifestent. La distinction entre les trois sefirot supérieures et les sept inférieures est déjà présente en dépit d'une certaine fluidité pour ce qui est de chacune des sefirot particulières. [...] Les sept logoï inférieurs sont identifiés avec les sept voix par lesquelles s'est opérée la révélation (§ 45) ou bien encore avec les sept jours de la semaine primordiale (§ 81). C'est aussi à propos de ces sept formes que se trouve introduite la correspondance entre les membres de l'homme d'en bas et ceux de l'homme primordial (§ 82, 168, 172) (Roland Goetschel, La Kabbale, PUF, 1985).

 

Le terme Bahir (resplendissant) provient d'un passage du livre de Job (37 ; 21) ; le livre Bahir, qui commence justement par une exégèse de ce terme, a pris ce nom, comme il a d'ailleurs reçu le nom générique de Midrash de Rabbi Nehunya ben ha-Qana, du fait que cette personnalité talmudique est citée dès les premières lignes de l'ouvrage (Maurice R. Hayoun, Gershom Scholem: un juif allemand à Jérusalem, 2002 - books.google.fr).

 

Mon cœur a été saisi d'effroi, et s'est élancé hors de sa place, dit Eliu dans le livre de Job XXXVII. Ecoutez avec attention le son terrible de sa voix, et le rugissement qui sort de sa bouche. Il en fait retentir le bruit sous toute l'étendue du ciel, et il en fait briller la lumière jusqu'aux extrémités de la terre. Après la lumière vient le rugissement de sa voix; il tonne d'une voix majestueuse, et sa voix ne tarde pas à se faire entendre. Il tonne d'une voix qui remplit d'admiration; il fait de grandes choses que nous ne pouvons comprendre. On peut voir tout le psaume XXVIII, qui est dans le sens littéral une description de la force et des effets du tonnerre. La voix du Seigneur se fait entendre sur les eaux ; le Dieu de gloire a tonné : le Seigneur tonne sur les grandes eaux, c'est à-dire sur les nuées. La voix du Seigneur se fait entendre avec force ; la voix du Seigneur se fait entendre avec majesté. La voix du Seigneur brise les cèdres; le Seigneur brise les cèdres du Liban; il les fait sauter comme de jeunes taureaux ; il fait sauter les montagnes du Liban et de Sirion comme les petits des licornes. La voix du Seigneur partage les flammes de feu; la voix du Seigneur fait trembler le désert; le Seigneur fait trembler le désert de Cadès. La voix du Seigneur fait avorter les biches, et elle dépouille les forêts (Sainte Bible en latin et en français: ouvrage enrichi de cartes géographiques et de figures, Volume 23, Méquignon, 1823 - books.google.fr).

 

Le serpent qui fuit en Job 26,13, qui, d'après la majorité des commentateurs, est ou Satan, ou un monstre de terre ou de mer; mais, comme l'autre membre du verset parle des ornements du ciel, il est probable que l'étoile dont il s'agit est le Dragon, entre la Grande et la Petite Ourse (Dr Wetzer, Dr Welte, Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique, traduit par I. Goschler, Tome II, 1858 - books.google.fr).

 

Plus haut en 26,7 "il étend le septentrion sur le vide, il suspend la terre sur le néant".

 

Déjà en 1547, François Tittelmans supposait ce serpent fuyard de Job 26,13 comme la constellation du Dragon céleste près du pôle septentrional (Franciscus Tittelmans, Paraphrastica elucidatio in librum D. Job: adiectis annotationibus in loca difficiliora, 1547 - books.google.fr).

 

All this would suggest an ancient date for this Bahir paragraph. 48. Teli, considered in the early Middle Ages as the constellation of the dragon (Syriac: 'athalia ), “stella quae solem tegens eclipsim efficit,” according to the dictionary of Payne-Smith 1:423. In this sense the term already occurs in the Manichaean Book of Psalms, ed. Allberry, fasc. 2, p. 196. This terminology corresponds exactly to that of the Baraitha of Samuel, an astronomical treatise of incontestable antiquity, and goes back to the Assyrian atalii, as has been shown by A. E. Harkavy in Ben 'Ammi, vol. 1 (1887), 27—35. The teli, “celestial serpent” or dragon, causes eclipses by moving its head and tail (Gershom Gerhard Scholem, Origins of the Kabbalah, traduit par Allan Arkush, 1991 - books.google.fr).

 

Selon O.Y. et le Gaon de Vilna, il faut le rattacher au Teli (ou dragon céleste) du Sefer Yetsira (6:3) et du Bahir (95, 101, 106,112). Cette figure à la fois astrologique et mythique dirige les constellations, elle trône dans le domaine de « l'autre côté ». Le serpent céleste est en quelque sorte le roi astral des idoles auxquelles les forces impures sont rattachées. « De nombreuses forces impures président au secret des constellations, issues du serpent spirituel impur, qui agissent et dirigent  la nature » (O.Y. p. 77). Selon Tishby, « les représentants du serpent primordial parmi les armées du ciel sont le serpent céleste  (nakach haraqia) et les étoiles qui lui sont liées » (Michnat ha Zohar I p. 307) (Le Zohar: Vayera, Hayé Sarah, Toldot, Vayetsé, Vayichlah, traduit par Israël Salzer, Charles Mopsik, 1984 - books.google.fr).

 

Il ne faut pas confondre la constellation du Dragon et les nœuds lunaires appelés tête et queue du dragon qui président aux éclipses de soleil. Encore qu’un glissement de l’un à l’autre est possible.

 

Le 14e chapitre du livre de Daniel, d'après la Vulgate et les Septante, renferme, sur ce que Daniel fit à la cour de Babylone et sur sa destinée, deux récits qui ne se trouvent pas dans le Daniel hébraïco-chaldéen, et qui appartiennent à la partie deutérocanonique du livre. Le premier récit se rapporte à l'idole babylonienne de Bel et à son temple. Daniel confond les prêtres qui consommaient à la place du dieu les offrandes qui lui étaient apportées. Le second de ces récits se rapporte au dragon honoré à Babylone. Daniel démontre que ce n'est pas un dieu (Dr Wetzer, Dr Welte, Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique, traduit par I. Goschler, Tome III, 1858 - books.google.fr).

 

On retrouve la chute de Babylone et le dragon rouge céleste dans l'Apocalypse de saint Jean.

 

Le prophète Michée gémit sur le sort de Samarie, capitale du royaume du Nord ou royaume d'Israël comme les autruches et les dragons. Le roi Osée était assiégé dans Samarie par le roi Salmanasar, roi d'Assyrie mais aussi de Babylone (Auguste François Lecanu, Dictionnaire des prophéties et des miracles, Tome 2, 1855 - books.google.fr).

 

Isaïe (XIII,21) et Jérémie (L,39), parlant de la ruine de Babylone et de l'état auquel elle devait être réduite, disent qu'elle servira de retraite aux animaux sauvages, aux dragons, et aux autruches (Dictionnaire historique, archéologique, philologique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, Tome 2, 1859 - books.google.fr).

 

Dans le Bahir, la dernière sefira est le symbole du féminin par excellence. Elle résulte de l'identification de notions existant auparavant d'une manière distincte dans l'ancienne aggada : l'épouse, la fille du roi, la Shekhina et l'Ecclesia d'Israël, Knesset Israël. La Shehkina est ici hypostasiée, conçue comme un éon féminin, la reine ou la fille de la lumière. Le Bahir parle d'une princesse venue de loin et prise du côté de la lumière (§ 132), ce qui correspond à la fille de la lumière des vieux hymnes gnostiques (Roland Goetschel, La Kabbale, PUF, 1985).

 

Un passage du Zohar mentionne un usage qui consiste à héberger dans la sukkha durant les sept jours de la fête des Tabernacles sept personnages bibliques : Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David. « Quand une personne est assise dans la sukkah, à l'ombre de la fidelité, la Shekinah étend ses ailes sur cette personne et Abraham, cinq autres justes et le roi David viennent habiter avec elle » Zohar, Parashat Emor, 103b, op. cit., p. 135 (Laurence Brugger, Le sein d'Abraham et la fête des Tabernacles, Cahiers archéologiques, Volume 45, 1997 - books.google.fr).

 

Le yod figure dans le Nom tétragramme (YHWH) ; par une audacieuse symbolique le Bahir dit que le monde du langage naît des ailes du yod (Maurice R. Hayoun, Les lumières de Cordoue à Berlin: une histoire intellectuelle du judaïsme, Tome 1, 1996 - books.google.fr).

 

Si par malheur, tout Israël, d'une extrémité du monde à l'autre, s'abstenait de la récitation de la Qedusha, les anges seraient nécessairement réduits au silence et ne pourraient pas énoncer leur Trisagion. « Lorsqu'ils s'arrêtaient, ils laissaient retomber leurs ailes » (Ezéchiel 1, 24) : lorsque Israël s'arrêtait et se taisait En-Bas, les anges, la communauté d'En-Haut, baissaient leurs ailes. Les ailes interviennent en effet dans la récitation de la Trisagion, comme le confirme un enseignement de nos maîtres : Un verset dit : « Chacun avait six ailes » (Isaïe 6, 2), tandis qu'un autre verset déclare : «... et chacun avait quatre ailes » (Ezéchiel 1, 6). Il n'y a pas contradiction. Le premier verset fut rédigé alors que le Temple existait, tandis que le second se rapporte à une période où il était détruit, et les ailes des anges étaient réduites, si on peut s'exprimer ainsi. — De quels anges est-il question ? R. Hananel dit au nom de Rab : « Il s'agit des anges qui voulaient entonner des hymnes de gloire74. » Le Zohar s'exprime dans le même sens : « ... Voix d'une multitude comme la voix d'un camp » (Ezéchiel 1, 24) « Quand les anges glorifient le Saint béni soit-Il, les mots qu'ils emploient sont absolument identiques à ceux par lesquels le camp d'Israël le glorifie En-Bas, comme le dit le verset : "La voix de la multitude" - des anges - "est identique à la voix du camp d'Israël". [D'où la suite du texte cité] : "Lorsqu'ils s'arrêtaient, ils laissaient retomber leurs ailes." "Lorsqu'ils s'arrêtaient", et n'élevaient plus la voix: lorsque le camp d'Israël ne glorifie plus le Saint béni soit-Il, En-Bas, [les anges] laissent immédiatement retomber leurs ailes, En-Haut, car la force du saint groupe des anges se trouve affaiblie et ils n'ont plus la force de chanter leur chant de gloire avec la même intensité. Mais dans ce texte l'expression kanféhem (leurs ailes) est comprise comme kenufya (le groupe) [d'anges] » (Hayyim de Volozhyn, L'âme de la vie, traduit par Benjamin Gross, 2006 - books.google.fr).

 

Si cette nation ne sert pas Son Maître, il est écrit : « Il fermerait les cieux et il n'y aurait plus de pluie, la terre ne donnerait plus ses produits » (Deut.l 1:17). Si elle est infidèle, le monde entier est perdu par sa faute. [Le rabbi] répondit : C'est vous [les nations étrangères] qui l'entraînez à l'infidélité, la détournant du bon chemin. Il lui répliqua : Ce sont vos fautes qui nous y incitent ! Rabbi Juda s'écria : Tu as bien parlé général ! (Le Zohar: Vayera, Hayé Sarah, Toldot, Vayetsé, Vayichlah, traduit par Israël Salzer, Charles Mopsik, 1984 - books.google.fr).

 

Du Sefer Ha Bahir au Sefer Ha Zohar, on assiste à une maturation de certains thèmes gnostiques et le problème du mal apparaît en termes plus positifs. Le problème de la Kabbale comme celui de la gnose est toujours de concilier la créature et ses imperfections, avec la perfection du Créateur (Éliane Amado Lévy-Valensi, Les niveaux de l'être: la connaisance et le mal, 1962 - books.google.fr).

 

Selon Le Livre Bahir, « Nous en déduisons que le Saint, béni soit-Il, a une mesure appelée "Mal". Elle se trouve vers la direction septentrionale du Saint, béni soit-Il ; puisqu'il est écrit (Jer 1 , 14) : Le mal se répandra sur tous les habitants de la terre à partir du Septentrion. Autrement dit: Pour tous les habitants de la terre tout mal qui arrive vient du Septentrion » (Nicolas Sed, L'alchimie et la science sacrée des lettres : notes sur l'alchimie juive à propos de l'Ésh mesareph, Alchimie: art, histoire et mythes : actes du 1er colloque international de la Société d'Étude de l'Histoire de l'Alchimie, (Paris, Collège de France, 14-15-16 mars 1991), 1995 - books.google.fr).

 

Devant la présence du mal, les prophètes, pourrait-on dire, ont réagi comme les amis de Job plutôt que comme Job. Leur certitude première reste que le châtiment d'Israël résulte de sa faute : Israël est infidèle à Iahvé, rejette la justice, et la main de Dieu est sur lui ; les justes eux- mêmes sont pris dans la culpabilité générale. Depuis Amos, et longtemps après lui, cette conviction ne s'est pas démentie. Le problème n'est donc plus celui de Job, objectera-t-on, puisque Job est fidèle et reconnu pour tel par Dieu lui-même ; mais le poème de Job est une sorte de parabole (selon toute une tradition représentée en particulier par Maïmonide). Il exprime sous sa forme la plus extrême et la plus dépouillée le problème insoluble et permanent : celui de la justice de Dieu face au mal. Si Renan fait du Livre de Job le plus beau des livres bibliques, c'est parce qu'il formule cette question et, surtout, n'y apporte pas de véritable réponse : « Le trait de génie de ce poème, c'est l'indécision de c'est l'indécision de l'auteur, en un sujet où l'indécision est le vrai. Toutes les solutions sont essayées par les interlocuteurs, aucune n'est définitivement retenue. [...] Job [...] enseigne « que l'homme n'a qu'à se voiler la face devant le problème infini que le gouvernement du monde livre à ses méditations ». Si de plus le Dieu de Job se révèle vraiment comme Dieu, ce n'est ni par sa voix tonnante ni par ses prouesses tératologiques (Béhémoth, Léviathan) ; c'est, suggère Renan, parce qu'il admet, ne serait-ce qu'un moment, sa propre mise en cause. [...] Renan fait de Job l'Iduméen non pas un juif, mais un sémite au sens large, un arabe du désert, et soutient pour cela l'hypothèse d'une grande antiquité du poème (Laudyce Rétat, L'Israel de Renan, 2005 - books.google.fr).

 

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