Cathares et mariages

Cathares et mariages

 

VIII, 39

 

2058-2059

 

Qu'aura esté par prince Bizantin,

Sera tollu par Prince de Tholouse,

La foy de Foyx par le chef Tolentin,

Luy faillira, ne refusant l'espouse.

 

"Bizantin" et "Tholouse" : une fille d'un prince byzantin mariĂ© Ă  un prince de Toulise

 

On entend "Qu'aura esté par Prince Bizantin" par celle qui doit son existence à un prince byzantin (non basileus).

 

Pierre de Vaulx-Cernay a tracĂ© le triste tableau des vices du comte de Toulouse, si terriblement châtiĂ©s par la croisade des Albigeois. Raymond VI, qui venait de rĂ©pudier BĂ©atrix de BĂ©ziers, invoqua une fois de plus le droit de la guerre et ceux que donnent la contrainte et la violence, pour imposer un hymen odieux Ă  la fille d'Isaac Comnène. Les victoires seules de Richard vinrent y mettre un terme, mais cette Ă©preuve avait Ă©tĂ© trop fĂ©conde en douleurs amères : la fille d'Isaac Comnène ne quitta le palais de Toulouse que pour se retirer Ă  Marseille et y pleurer, au fond d'un cloĂ®tre, sur ces pierres oĂą l'on croit reconnaĂ®tre la trace des larmes de sainte Marie-Madeleine (Joseph Marie Bruno Constantin Kervyn de Lettenhove, Analectes historiques: de la part que prit la Flandre aux Guerres Civiles de l'Angleterre, 1851 - books.google.fr).

 

Pierre des Vaux de Cernay est un religieux de l'abbaye des Vaux-de-Cernay. Il est le neveu de Guy, abbé de ce monastère et évêque de Carcassonne en 1214. Il suit son oncle lors de la quatrième croisade et revient en France en 1212. Il est mort après 1248. Chroniqueur des croisades albigeoises. Son Historia Albigensium ou Historia Albigensis (1218) est une des sources importantes pour en connaître la chronologie (fr.wikipedia.org - Pierre des Vaux de Cernay).

 

On peut faire confiance Ă  ceux de son parti qui ont massacrĂ© et brĂ»lĂ© les cathares. Ces derniers n'auraient pas existĂ© selon l'historiographie rĂ©cente (cacatholique ?) comme sans doute n'auraient pas existĂ© les persĂ©cutions.

 

On peut réfuter sans hésitation l'opinion exprimée, dans le Recueil des Historiens des Croisades, par l'annotateur de Nicétas, selon lequel la Damsel de Chypre » ne fut que l'amasiuncula de Raymond VI et qui prétend qu'elle n'était tenue qu'en pellicis conditione, sans apporter la moindre preuve à cette affirmation. Le texte du Continuateur de Guillaume de Tyr dit bel et bien esposa. Le mariage est en outre confirmé par un autre chroniqueur, Pierre de Vaux-Cernay, qui dit clairement que la Chypriote était «femme et épouse» du Comte de Toulouse. C'est l'opinion unanime des historiens des comtes de Toulouse. Par contre, la chronologie de Pierre de Vaux-Cernay semble fautive. Il considère la «Damsel de Chypre» comme la troisième femme de Raymond VI, après Béatrice de Béziers et avant Jeanne de Sicile, et fait durer le mariage de 1193 à 1196. Or nous savons que la «Damsel de Chypre» était en Normandie en 1195 et que la paix entre Raymond VI et Richard fut conclue en 1196. Le seul récit exact est celui du Continuateur de Guillaume de Tyr, et le mariage dut avoir lieu entre le 24 septembre 1199, date de la mort de Jeanne, et le 11 janvier 1204, jour où Raymond épouse Éléonore d'Aragon. Mais le mariage avait déjà pris fin en 1203, comme nous le verrons par la suite. Il serait superflu de faire état ici de la théorie de Dom Vaissète, selon laquelle l'épouse chypriote de Raymond VI serait Bourgogne, la fille d'Aimery de Lusignan, si cette erreur n'était pas constamment répétée. De même, lorsque Dom Vaissète considère que le mariage avec la princesse chypriote fut annulé pour cause de consanguinité au quatrième et cinquième degré, il fait une confusion évidente avec l'annulation du deuxième mariage du comte Raymond VI.

 

PARADIN : Alliances gĂ©nĂ©alogiques, Lyon, 1561, parle aussi de ce mariage, tandis que GUILLAUME DE PUY-LAURENS, Chronique, n. Ă©d. BĂ©ziers, 1864, et Bernard GUIDON l'ignorent.

 

Parmi les ascendants maternels de la «Damsel de Chypre», nous ne trouvons pas moins de trois «BĂ©atrice». Notre Ă©tude se termine donc par un point d'interrogation : la «Damsel de Chypre» s'appelait-elle BĂ©atrice ? Il ne nous paraĂ®t pas inutile de dresser finalement la chronologie de la vie d'Isaac et de sa fille :

 

1155/1160, naissance d'Isaac. 1174/1175 nomination comme gouverneur de la Cilicie. 1175/1176, mariage avec N., fille de Thoros II d'Arménie, princesse roupénienne. Naissance d'un fils et d'une fille. Isaac est prisonnier de Roupène III d'Arménie. 1180, mort de l'empereur Manuel; Alexis II, mineur, devient empereur. 1182, Isaac et ses enfants sont remis à Bohémond III d'Antioche. 1183, Isaac relâché se rend à Chypre; ses enfants sont gardés comme otages. 1183, mort d'Alexis II. Andronic devient empereur. 1184, Isaac se déclare empereur sous le nom de Doukas. Alliance entre Isaac et Guillaume II de Sicile. 1185, mort d'Andronic Ier. Isaac II Ange devient empereur. Isaac adopte le nom de Comnène au lieu de celui de Doukas. 1185/1186, mariage d'Isaac avec N., fille illégitime de Guillaume Ier de Sicile. 1186, défaite de la flotte grecque envoyée contre Isaac. Alliance entre Byzance et Saladin. Mort du fils d'Isaac. 1189, mort de Guillaume II de Sicile. 1190, Isabelle, épouse de Conrad de Montferrat, devient reine de Jérusalem. 1191, premier débarquement de Richard Ier à Chypre. Mariage de Richard Ier avec Bérengère de Navarre à Limassol. Tractations entre Isaac et Richard. Isaac prend la fuite. La fille d'Isaac est faite prisonnière à Ceryne. Isaac se rend à Richard Ier. Les prisonniers sont emmenés à Acre. Isaac est remis aux Hospitaliers; sa fille, aux deux reines, Bérengère et Jeanne. Un parent d'Isaac, proclamé empereur, est pris et pendu par les Anglais. Richard vend l'île aux Templiers. 1192, révolte à Chypre contre les Templiers. Les Templiers rendent l'île à Richard, qui la donne en fief à Guy de Lusignan. 1192, les reines, la femme d'Isaac et sa fille s'embarquent pour l'Occident. La femme d'Isaac reste dans le Sud de l'Italie. Richard Ier est fait prisonnier par Léopold d'Autriche. 1193, accord de Wurtzbourg entre Léopold et Henri VI. Richard Ier est livré à Henri VI et mis en accusation à Spire. Accord préliminaire entre Henri VI et Richard Ier. Conclusion de l'accord définitif. Les reines et la «Damsel» quittent Rome pour Pise, Gênes et le Poitou. Les reines et la «Damsel» arrivent à Poitiers. Richard Ier se déclare vassal de Henri VI, prête serment et est libéré. 1194, Isaac retrouve sa liberté et se rend en Asie Mineure. La «Damsel de Chypre» est fiancée au fils de Léopold d'Autriche, Léopold. La «Damsel de Chypre» se rend avec Éléonore de Bretagne en Normandie (Rouen, Chinon). Mort de Guy de Lusignan; son frère Aimery lui succède comme seigneur de Chypre. Premiers contacts entre Aimery et Henri VI qui se trouve dans les Pouilles. A l'été, Léopold d'Autriche réclame la remise de la «Damsel» et d'Éléonore. Baudouin de Béthune emmène les deux princesses en Autriche. Mort de Léopold d'Autriche. La «Damsel» et Éléonore retournent en Normandie. Isaac II Ange est détrôné; l'empereur Alexis III rappelle Isaac à Byzance. Conspiration d'Isaac contre Alexis III. Isaac meurt empoisonné à l'instigation d'Alexis III. Aimery de Chypre se déclare vassal de l'Empire. Aimery reçoit de l'empereur le titre de roi. 1196, mariage de la reine Jeanne avec Raymond VI, comte de Toulouse. 1199, mort de Richard Ier. 1200, mort de Jeanne, comtesse de Toulouse, à Rouen. Mariage de la «Damsel de Chypre» avec Raymond VI, comte de Toulouse. 1202/1203, dissolution du mariage de la «Damsel de Chypre» avec Raymond VI. 1203, mariage de la «Damsel de Chypre» avec Thierry de Flandre, à Marseille. 1204, Thierry et les chevaliers flamands réclament à Aimery l'île de Chypre. 1204/1205, Thierry et la «Damsel de Chypre» partent pour l'Arménie. 1207 Thierry va rejoindre à Constantinople son cousin, l'empereur Henry (Wipertus-Hugo Rudt de Collenberg, Familles de l'Orient latin, XIIe-XIVe siècles, 1983 - books.google.fr).

 

Cf. le quatrain V, 34 pour Richard Ier Ă  Chypre.

 

La princesse Alix de France, fille de Louis VII, avait Ă©tĂ© fiancĂ©e dès sa plus tendre jeunesse Ă  Richard, second fils du roi d'Angleterre. Suivant la coutume, elle fut envoyĂ©e Ă  la cour de Henri pour s'habituer aux mĹ“urs et Ă  la langue des barons d'Angleterre. Au milieu des fĂŞtes et des plaisirs de Woodstoock et de Windsor, elle avait paru si brillante, qu'Henri lui-mĂŞme s'en Ă©tait vivement Ă©pris. Sa vieillesse libertine avait employĂ© tous les moyens de sĂ©duction auprès d'une jeune princesse qui atteignait Ă  peine sa quatorzième annĂ©e. Il la visitait secrètement dans la forĂŞt Ă©paisse de Woodstoock et dans les tourelles du gothique château; et c'Ă©tait chose certaine, dit un naĂŻf chroniqueur, que dĂ©jĂ  en ce temps, le roi lui avait tollu le doux nom de pucelle (Jean-Baptiste HonorĂ© Raymond Capefigue, Histoire de Philippe-Auguste, Tome 1 : 1180-1191, 1841 - books.google.fr).

 

"tollu le doux nom de pucelle", expression tirĂ©e semble-t-il du roman de Perceforest : "vous m'avez tollu le nom de pucelle par mon grĂ© et par ma voulentĂ©" (La très Ă©lĂ©gante, dĂ©licieuse, melliflue et très plaisante hystoire du très noble, victorieux et excellentissime Roy Perceforest, Roy de la Grand Bretaigne, Tome 3, 1528 - books.google.fr).

 

Bien que "tollu" soit au masculin, en rapport avec l'indéterminé "Qu'", on l'applique à la fille d'Isaac Comnène.

 

Sebile, la demoiselle du lac qui garde Alexandre auprès d'elle pendant quinze jours par ses sorts alors qu'il croit ne rester qu'une nuit. Alexandre recevra une lettre de Sebille où elle avoue sa supercherie et où elle se dit enceinte (Alexandre devient ainsi l'aïeul du roi Artus) ("Ce est li fruis selonc la letre", mélanges offerts à Charles Méla, 2002 - books.google.fr, Jane H. M. Taylor, Gilles Roussineau, Le roman de Perceforest, Tomes 1 à 2, 1979 - books.google.fr).

 

La reine de Jérusalem Sibylle meurt en 1190. C'est la belle-soeur d'Amaury qui devint roi de Chypre en 1191 grâce à Richard Coeur de Lion qui conquiert l'île (Louis Mas Latrie, Les comtes de Jaffa et d'Ascalon du XIIe au XIXe siècle, 1879 - books.google.fr).

 

Le comte de Toulouse et le catharisme

 

Raymond VI de Toulouse (Saint-Gilles, 27 octobre 1156 - Toulouse, 2 août 1222) fut comte de Melgueil (Raymond IV) de 1173 à 1190 puis comte de Toulouse, de Saint-Gilles, de Rouergue en 1209, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1194 à 1222.

 

Raymond VI est soupçonné d'une coupable indulgence vis-à-vis de l'hérésie cathare. Innocent III lance un appel à la croisade des albigeois auprès de Philippe-Auguste, suzerain théorique du comte de Toulouse, mais le roi de France se dérobe. Une armée croisée, dirigée par Arnaud Amaury, abbé de Cîteaux et nouveau légat envoyé par le pape, avance néanmoins vers le comté; avant son arrivée, Raymond VI obtient d'être relevé de son excommunication en s'humiliant publiquement sur le parvis de l'église de Saint-Gilles (amende honorable en braies et chemise), le 18 juin 1209. Dès lors, Raymond VI accompagne la croisade, plus en observateur qu'en combattant, se compromettant ainsi aux yeux de son propre camp mais rendant par cette décision ses terres inviolables. En janvier 1210, il entreprend un long voyage pour défendre sa position auprès de Philippe-Auguste, d'Innocent III et l'empereur Otton IV, son suzerain pour le marquisat de Provence. De nouveau excommunié en 1211 par le concile de Montpellier, sentence confirmée en avril de la même année par le pape, il essaie d'organiser la résistance contre les croisés, alors que le concile a transféré sa suzeraineté à Simon IV de Montfort. Mais il ne peut déloger Montfort enfermé dans Castelnaudary. Le 27 janvier 1213, Raymond VI rend hommage à Pierre II d'Aragon. Les deux hommes et le comte de Foix investissent en septembre 1213 Muret. Le 12 septembre, les croisés de Simon de Montfort, plus disciplinés, écrasent les coalisés. En novembre 1215 Raymond est à Rome, où le IVe concile du Latran débat du sort de son comté. Il est déchu de ses droits au profit de Simon de Monfort, mais le pape préserve le marquisat de Provence au profit de son fils, le futur Raymond VII. En mai 1216 le père et le fils sont accueillis triomphalement à Marseille et à Avignon. Tandis que Raymond VI se rend en Aragon, le jeune Raymond, plus entreprenant que son père, met le siège devant Beaucaire qu'il prend le 24 août. Le 2 septembre 1217, il reprend Toulouse où Simon IV de Montfort met immédiatement le siège. Ce dernier y est tué mais son fils Amaury prend sa succession.

 

Une nouvelle croisade est prêchée; elle est dirigée par le fils de Philippe-Auguste (1219). Raymond VI et son fils se défendent avec vigueur; Revenu à Toulouse, Raymond VI y décède, toujours excommunié, des suites d'une brève maladie le 2 août 1222. La mort du père laisse au fils tout le fardeau; néanmoins, il contraint Amaury à un armistice et obtient même plein droit de plusieurs conciles. Ce qui n'empêche pas le pape d'entraîner Louis VIII, roi bigot, dans une autre expédition contre Amaury. Louis VIII trouve la mort dans cette campagne; mais son fils Louis IX poursuit son idée; la guerre traîne et se termine enfin, le 12 avril 1229, par le traité de Paris; dans l'une des clauses, le jeune Raymond jure fidélité au roi et à l'Eglise et s'engage à rechercher les hérétiques pour les punir (fr.wikipedia.org - Raymond VI de Toulouse, Camille Rabaud, Histoire du protestantisme dans l'Albigeois et le Lauragais: depuis son origine jusqu'à la révocation de l'Édit de Nantes (1685), 1873 - books.google.fr).

 

Raymond VII (IX) de Toulouse (né en 1197 à Beaucaire – mort le 27 septembre 1249 à Millau), est un comte de Toulouse, de Saint-Gilles, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1222 à 1249. Il était le fils de Raymond VI, comte de Toulouse, de Saint-Gilles, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne et de Jeanne d'Angleterre. Par sa mère, il était petit-fils du roi Henri II d'Angleterre, neveu des rois d'Angleterre Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre et par conséquent cousin du roi Henri III d'Angleterre (fr.wikipedia.org - Raymond VII de Toulouse).

 

"Foix" et "faillira" : foi cathare et rĂ©pudiation de BĂ©atrice de BĂ©ziers

 

Le comte de Foix Raymond-Roger, le frère de la cĂ©lèbre «parfaite» Esclarmonde, en prenant fait et cause pour les Cathares, s'attira les foudres de l'Eglise et des croisĂ©s. D'autant que Foix ne fut jamais vraiment menacĂ©e. Le danger cathare, pour l'Eglise, Ă©tait moins dans la doctrine et le nombre d'adeptes que dans la qualitĂ© du recrutement social de ces adeptes : seigneurs, bourgeois des villes, riches marchands... Certains adhèrent par conviction, d'autres par intĂ©rĂŞt, ou par esprit d'indĂ©pendance. Mais tous, en cessant de soutenir l'Eglise, lui font perdre son pouvoir temporel et son crĂ©dit auprès du peuple. D'oĂą la vindicte des papes, qui lancèrent l'Inquisition contre les hĂ©rĂ©tiques, et les châtiments exemplaires que les croisĂ©s, avec le plein soutien de l'Eglise et du roi de France, qui a saisi lĂ  l'occasion d'imposer sa loi Ă  des vassaux turbulents, font subir aux rĂ©voltĂ©s cathares. Pierre des Vaux-de-Cernay n'a pas de mots assez forts pour vilipender l'intrĂ©pide comte de Foix : «Ce chien très fĂ©roce a perpĂ©trĂ© contre l'Eglise et contre Dieu de si nombreux forfaits que si nous voulions en donner la liste nous n'y pourrions suffire et nos paroles n'obtiendraient pas facilement crĂ©ance, car sa mĂ©chancetĂ© dĂ©passe la mesure. Il a pillĂ© des monastères, il a ruinĂ© des Ă©glises, plus cruel que les plus cruels, humant le massacre des chrĂ©tiens, toujours altĂ©rĂ© de sang, il rejetait sa nature d'homme pour imiter la fureur des brutes, il cessait d'ĂŞtre un homme pour devenir une bĂŞte fĂ©roce.» (Éric Le Nabour, ItinĂ©raires cathares : histoire, religion, lieux sacrĂ©s et initiatiques, 1994 - books.google.fr).

 

The mention of 'the faith of Foix' in line three may be an oblique reference to the famous Cathar 'Perfect' Esclarmonde de Foix (Mario Reading, The Complete Prophecies of Nostradamus, 2009 - books.google.fr).

 

Pas si oblique, possiblement. "foy de Foix" reconnaîtrait les croyances cathares comme une foi à part entière.

 

L'Ă©glise cathare qui se met en place entre 1150 et 1180 s'implante dans les castra et les bourgs du comtĂ© de Toulouse, du vicomtĂ© de Trencavel et du comtĂ© de Foix. Des femmes nobles rejoignent alors les rangs du clergĂ© cathare : Philippa, Ă©pouse du comte Raymond-Roger de Foix, Escarmonde sa belle-sĹ“ur le fait Ă©galement (elle est la veuve du seigneur de l'Isle Jourdain). BĂ©atrice de BĂ©ziers, fille de Raimond Ier Trencavel, vicomte de BĂ©ziers, Ă©pouse rĂ©pudiĂ©e de Raimond VI (fr.wikipedia.org - Femmes cathares).

 

Ce n'est pas au titre d'Ă©pouse du comte de Toulouse que BĂ©atrice de BĂ©ziers reçut, lors de son inhumation, les honneurs des armes frappĂ©es de l'Agneau Pascal et de la Croix Ă  branches Ă©gales : rĂ©pudiĂ©e par Raymond VI, BĂ©atrice de BĂ©ziers, de retour sur les terres de son frère Roger II Trencavel, est reconnue comme membre Ă©minent de sa famille : ce sont bien les armes des possesseurs de cette terre qui la dĂ©signent Ă  Sainte-Juliane. Epouse rĂ©pudiĂ©e du Comte de Toulouse, elle est, ici, d'abord, la soeur du Vicomte de BĂ©ziers, Carcassonne et Albi. Cette position Ă©minente au sein de la famille seigneuriale, justifie pleinement le port des Armes des Vicomtes de BĂ©ziers dans son tombeau, mĂŞme si les conditions de son dĂ©cès ont dĂ» imposer une hâte inhabituelle.

 

Le récit fielleux de Pierre de Vaux-Cernai (P.V.C. 40) attribue cette retraite à une répudiation, mais rien ne prouve qu'elle ne fut pas volontaire, comme celle d'Esclarmonde de Foix, de la Dame de Penne.

 

Béatrice de Béziers serait devenue parfaite cathare lors de sa répudiation, selon Jacques de Vitry et l'Historia (Cahier des Fouilles de Sainte-Juliane, Cahiers d'études cathares, Volume 45, Numéros 141-144, 1994 - books.google.fr).

 

Dans une lettre qu'envoient, en 1209, les Ă©vĂŞques mĂ©ridionaux au pape Innocent III, il est question d'une princesse, hĂ©rĂ©tique, Ă  qui le comte de Toulouse aurait concĂ©dĂ© une prĂ©bende. Par ailleurs, les Ă©diteurs de Pierre des Vaux-de-Cernay citent Ă©galement un exemplum de Jacques de Vitry dans lequel BĂ©atrice de BĂ©ziers après sa mort apparaĂ®t en songe Ă  sa fille Constance restĂ©e catholique et lui dit ironiquement : «Vide, misera, que nunquam michi credere voluisti, quantam gloriam amisisti; et ego, bonis hominibus et eorum doctrine acquiescens, gloria et honore coronata sum in celis» (Pascal GuĂ©bin, Ernest Lyon, Petri Vallium Sarnaii monachi Hystoria albigensis, Tome 1, 1926 - books.google.fr).

 

Il paroît cependant que ce prince s'étoit déjà séparé de Béatrix dès le commencement de l'an 1193. Nous l'inférons d'un acte par lequel Roger, vicomte de «Béziers, donne à Beatrix sa sœur, au mois de janvier de l'an 1193 de la Nativité de J.-C., le château & la seigneurie de « Mèze, au diocèse d'Agde, pour en jouir tant qu'elle vivroit.» Car, outre que Roger ne donne aucun titre ni aucune qualité à sa sœur dans cet acte, elle doit être censée libre, puisqu'elle contracta sans l'autorité du comte de Toulouse, son mari [...]

 

Pierre-Bermond, seigneur de Sauve, époux de la fille Constance de Béatrice et de Raymond VI dans la lettre qu'il écrivit, en 1212, au pape, demandoit qu'on lui adjugeât, au nom de sa femme, fille de Raimond VI & de Béatrix de Béziers, comme plus proche héritière & seule légitime, les domaines confisqués sur ce prince. [...] Il est vrai que ce seigneur prétendoit que Raimond VII n'étoit pas légitime, parce qu'il étoit né du vivant de Béatrix de Béziers, femme du comte, son père, & parce que Jeanne d'Angleterre, mère du même Raimond VII, étoit parente au troisième degré de Raimond VI, son mari (Edouard Dulaurier, Histoire generale de Languedoc par Cl. Devic et J. Vaissete, Tome 7, 1879 - books.google.fr).

 

"Chef Tholentin" : Toulon

 

Tolentium : Toulon (Jean Baptiste Glaire, Dictionnaire universel des sciences ecclĂ©siastiques, 1868 - books.google.fr).

 

Didier II, chartreux, fut évêque de Toulon de 1183 à 1201 (Charles-Louis Richard, Dictionnaire universel, dogmatique, canonique, historique, géographique et chronologique, des sciences ecclésiastiques, 1762 - books.google.fr).

 

"Chef Tholentin" : Innocent III

 

Innocent III, l'un des Papes les plus hardis, fut le premier à revendiquer les droits que le Saint-Siége tenait des donationsantiques. Au commencement de son pontificat, l'an 1198, il réussit à s'emparer de la marche d'Ancône, dont l'empereur Henri avait investi peu auparavant le comte allemand Marcoald; bientôt après, il recouvra les contrées dépendantes du duché de Spolète et de la Comté d'Assises, dont Conrad de Souabe tenait l'investiture des empereurs. Le Pape acquit ainsi Ancône, Fermo, Osimo, Camerino, Fano, Sinigalia, Jesi, Rieti, Spolète, Assises, Foligno et Nocera, et plus tard Pérouse, Gubbio, Todi et Castello (Carlo Boncompagni di Mombello, Le pouvoir temporel du pape, 1864 - books.google.fr).

 

Nel 1199 Tolentino si sottrasse all'autoritĂ  marchionale e imperiale, sottomettendosi al papato, che subito ne riconobbe le libertĂ  comunali (www.treccani.it).

 

Tolentino est une commune d'environ 18 870 habitants de la province de Macerata, dans les Marches, en Italie. La ville est connue en France pour avoir donné son nom au traité de paix, signé le 19 février 1797 entre la première République française et les États pontificaux (fr.wikipedia.org - Tolentino).

 

Tebaldo da Petriolo était podestat de Tolentino en 1205 (Giornale araldico-genealogico-diplomatico, Volume 2, 1893 - books.google.fr).

 

Il y avait des cathares en Italie, certains venus du Languedoc comme Pierre Bauville d'Avignonet, réfugié à Plaisance, Crémone, Pavie après le massacre de 1242 (Paul Labal, L'Eglise de Rome face au catharisme, Robert Laffont, 1982, p. 190).

 

Armanno Pungilupo de Ferrare, mort en 1269 comme un saint, venait fréquemment dans la cité de Rimini, où les maisons des pata- rins étaient particulièrement nombreuses. Son procès par l'autorité catholique fut ouvert en 1270, ses restes déterrés et brûlés (Jacques Dalarun, Claire de Rimini, entre sainteté et hérésie, 1999 - books.google.fr).

 

"Chef Tholentin" : Otton IV

 

Fildesmido da Mogliano che il grande storico francese J.C. Vigueur definì « superstar della classe signorile del XII secolo » (Rita Monaldi, Francesco Sorti, Dante di Shakespeare III. Come è duro calle, 2024 - books.google.fr).

 

Fildesmido da Mogliano. Egli, morendo intorno al 1253 (in realtĂ  1251), divise i suoi beni tra il figlio Ruggero e il nipote Rinaldo (Virtute et labore, studi offerti a Giuseppe Avarucci per i suoi settant'anni, Tome 2, 2008 - books.google.fr, www.federicosecondomarche.it).

 

Raymond VI a de nombreux vassaux qui lui doivent fidélité mais à qui il doit protection. Il en est ainsi du seigneur de Gourdon, des seigneurs d'Alès, d'Anduze et de Sauve, du comte de Rodez, du comte de Vivarais, du comte de Valentinois et de Diois, du vicomte d'Agde, du vicomte de Narbonne. Pour ce qui est de la basse vallée de l'Ariège, le comte de Foix est également son vassal, tout comme le comte de Comminges l'est pour la plaine de Muret. Raymond VI possède également des droits sur les comtés d'Armagnac, de Fezensac et d'Astarac. De cet immense territoire, seule la ville de Montpellier est régie par le roi d'Aragon, de son mariage avec Marie. La vicomté des Trencavel (qui comprend les villes de Albi, Béziers, Carcassonne et Limoux) échappe à Raymond. Le vicomte Roger Trencavel est toutefois son neveu (il est le fils de la sœur de Raymond VI). Si il a autorité sur de nombreux territoires, Raymond VI est lui-même le vassal de trois rois. Il doit normalement répondre à son oncle Philippe II Auguste, roi de France, pour le comté de Toulouse; à Jean Sans Terre, le frère de Richard Cœur de Lion, pour le Quercy et l'Agenais; et à Othon (ou Otton) IV, empereur de Germanie, pour les territoires à l'est du Rhône (Laurent H. R. Ryder, Le pape, le roy & l'alchimiste, 2009 - books.google.fr).

 

Otton IV l'emporte dĂ©finitivement dans l'Empire en dĂ©pit des efforts de Philippe Auguste qui finance en Allemagne ses ennemis. Otton IV de Brunswick, toutefois, fait preuve d'une hardiesse dangereuse, en se brouillant très vite avec le pape Innocent III qui le soutenait initialement. Ă€ peine ce pape l'a-t-il couronnĂ© empereur Ă  Rome qu'Otton revendique et annexe les marches de Spolète et d'AncĂ´ne, vieilles pommes de discorde entre les empereurs et les papes. [...] Otton pâtit de son audace : pour avoir, presque littĂ©ralement, franchi le Rubicon, le voilĂ  dès 1210 excommuniĂ©, et dĂ©sormais stigmatisĂ©, au besoin calomniĂ© comme adversaire de l'Église romaine, qui lui oppose Ă  partir de 1211 le jeune FrĂ©dĂ©ric II de Hohenstaufen. Alors qu'en 1204 le roi de France tentait de dĂ©tacher le pape du parti d'Otton, c'est dĂ©sormais au tour d'Innocent III de dissuader Philippe Auguste de traiter avec Otton comme il semble y avoir songĂ© un moment (Dominique BarthĂ©lemy, La bataille des Bouvines, 2024 - books.google.fr).

 

Gervais de Tilbury, l'auteur des Otia imperialia dĂ©diĂ©s Ă  Otton IV, montre le plus parfaitement de quelle manière l'hĂ©rĂ©sie albigeoise aurait pu ĂŞtre intĂ©grĂ©e dans une histoire universelle. [...] L'ensemble des Otia imperialia a Ă©tĂ© transmis Ă  Otton IV peu après la chute de l'empereur, donc vers 1215. Les notices de Gervais sont donc probablement antĂ©rieures Ă  la diffusion de l'Hystoria albigensis de Pierre des Vaux-de-Cernay, qui commence Ă  Ă©crire en 1213. En 1215, il est le seul auteur d'une Ĺ“uvre historiographique commençant avec la CrĂ©ation Ă  tenir compte des dĂ©bats de son temps sur la doctrine albigeoise. Otton IV Ă©tait le destinataire des Otia imperialia de Gervais. Il Ă©tait aussi l'un des personnages centraux dans les Ĺ“uvres historiques de Cologne. Otton dut jurer en mars 1209 Ă  Spire, devant les envoyĂ©s d'Innocent III, de soutenir la papautĂ© avant d'accĂ©der Ă  l'Empire. La formule de ce serment de Spire Ă©tait : «Nous accorderons notre aide et notre soutien pour exterminer l'erreur et le mal hĂ©rĂ©tique». Gervais commence son Ĺ“uvre en affirmant qu'«il convient Ă  l'altesse impĂ©riale de travailler en faveur de l'enseignement de la foi, et qu'elle sache dans l'ensemble ce qu'elle doit approuver comme catholique, confirmer et implanter et ce qu'elle doit rĂ©prouver comme hĂ©rĂ©tique, combattre et dĂ©raciner». On pourrait s'imaginer que l'auteur des Otia imperialia se rĂ©fère avec ce passage au serment que l'empereur avait prĂŞtĂ© en 1209 et qu'il lui rappelle donc ses devoirs. En tant que marĂ©chal de la cour impĂ©riale Ă  Arles, il Ă©tait naturel qu'il mette en avant l'hĂ©rĂ©sie albigeoise. L'influence de l'empereur welf sur la croisade albigeoise reste cependant un chapitre fort obscur de l'histoire de cette entreprise. [...]

 

Otton IV, cela est sĂ»r, n'eut pas beaucoup de temps pour manifester son soutien Ă  la papautĂ© dans la lutte antihĂ©rĂ©tique, conformĂ©ment au serment qu'il avait prĂŞtĂ©. Dès 1210, il se trouva en Ă©tat d'excommunication, Ă  cause de sa politique italienne. Cette mesure l'empĂŞchait de s'allier Ă  la politique pontificale en Languedoc, mĂŞme s'il ne se souciait guère de la sentence. Celui qui ne respectait pas une excommunication pouvait ĂŞtre considĂ©rĂ© depuis le dĂ©but du XIIIe siècle comme un hĂ©rĂ©tique. Cette idĂ©e, issue des traitĂ©s juridiques, guidait sans doute Innocent III lorsqu'il s'attaqua en 1210/11 Ă  Otton IV. Puisque l'empereur continuait Ă  faire cĂ©lĂ©brer la messe en sa prĂ©sence, le pape le menaça d'une condamnation pour hĂ©rĂ©sie. Selon la Chronique de Saint-Pierre d'Erfurt, les Ă©lecteurs de FrĂ©dĂ©ric II l'avaient, eux aussi, qualifiĂ© d'hĂ©rĂ©tique pour justifier leur dĂ©fection. La question de l'excommunication de l'empereur montre qu'Otton IV ne pouvait guère apparaĂ®tre dans l'historiographie de Cologne comme un fervent combattant dans la lutte du pape contre l'hĂ©rĂ©sie. Jusqu'en 1210, l'apprĂ©ciation des chroniqueurs aurait pu ĂŞtre diffĂ©rente. Les chartes impĂ©riales nous renseignent en effet sur la bonne volontĂ© de l'empereur dans le domaine du combat antihĂ©rĂ©tique durant la première annĂ©e de son règne. En mars 1210, il condamne des Vaudois Ă  Turin et Ă©tablit un mandat contre les Patarenos sive Caçaros Ă  Ferrare. Plusieurs dignitaires rhĂ©nans Ă©taient probablement prĂ©sents lors de ces interventions en Italie. CĂ©saire de Heisterbach nous apprend que Jean de Cambrai, Henri, l'Ă©colâtre de Saint-GĂ©rĂ©on de Cologne et le maĂ®tre Hermann, chanoine de Bonn, avaient rencontrĂ© «à l'Ă©poque du couronnement impĂ©rial d'Otton IV» un hĂ©rĂ©siarque italien qui avait diffusĂ© un enseignement dualiste. Hermann de Bonn se trouve en 1214 dans l'entourage de l'Ă©colâtre Olivier, en campagne de prĂ©dication dans le diocèse de Liège. Si l'empereur pouvait passer encore pour un ennemi des hĂ©rĂ©tiques avant 1210, cette apprĂ©ciation devait ĂŞtre dĂ©finitivement abandonnĂ©e après. En effet, Otton IV est dĂ©signĂ© dĂ©sormais comme un partisan de la dissidence. Son implication dans les affaires albigeoises après son excommunication est mise en valeur très explicitement dans une lettre des prĂ©lats rĂ©unis au concile de Lavaur adressĂ©e au pape Innocent III. Dans cet Ă©crit, l'empereur figure parmi les alliĂ©s des hĂ©rĂ©tiques et tout particulièrement de Raimond VI dont les prĂ©lats disent : "Il [Raimond VI] a exagĂ©rĂ© brutalement les pĂ©ages auxquels il avait promis de renoncer et, comme s'il Ă©tait dĂ©cidĂ© Ă  renoncer au bĂ©nĂ©fice desdites bulles, il prit le parti de tous ceux qu'il reconnut comme vos ennemis et ceux de l'Église de Dieu. De plus, il a dĂ©cidĂ© avec le concours d'Otton, ennemi de Dieu et de l'Église, de rassembler des troupes pour combattre l'Église elle-mĂŞme et fort de cette complicitĂ© il menaçait nettement, Ă  ce qu'on affirme, d'Ă©liminer de façon radicale de ses terres l'Église et le clergĂ©." (Uwe BrĂĽnn, Des contestataires aux Cathares, discours de rĂ©forme et propagande antihĂ©rĂ©tique dans les pays du Rhin et de la Meuse avant l'Inquisition, 2006 - books.google.fr).

 

Béatrice de Souabe, née en avril/juin 1198 à Worms et morte le 11 août 1212 à Nordhausen, est une princesse de la maison de Hohenstaufen, fille de Philippe de Souabe (malheureux rival de son mari) et d'Irène Ange. Otton se fiance avec Béatrice, fille de onze ans. Par son grand-père Frédéric Barberousse et son arrière-grand-mère Judith de Bavière, elle était apparentée avec son futur mari, ce qui exige de demander une dispense papale. Le 24 mai 1209, le pape a donné son accord au mariage; néanmoins, en échange, il a demandé à l'époux de financer la construction de deux églises. Otton fait don à l’abbaye cistercienne de Walkenried et de Riddagshausen près de Brunswick. Ce n'est qu'en 1212 que Béatrice a l'âge nubile. Le mariage est important pour Otton afin de légitimer son règne, après que le neveu de Philippe de Souabe, Frédéric de Hohenstaufen, fils de l'empereur Henri VI, a été élu antiroi en septembre 1211 et était en route pour la Germanie. Les cérémonies nuptiales a eu lieu le 22 juillet 1212 à Nordhausen en Thuringe. Lorsque Frédéric arriva au nord des Alpes à Constance, sa cousine Béatrice était déjà décédée - 20 jours après son mariage. La jeune femme fut enterrée dans l'église Saint-Blaise de Brunswick, près de la tombe de Henri le Lion et de son épouse Mathilde. Otton s'est remarié avec Marie de Brabant, fille du duc Henri Ier. Six ans après la mort de Béatrice, son mari fut inhumé à son côté (fr.wikipedia.org - Béatrice de Souabe (1198-1212)).

 

Peu après le traité de paix signé avec le Bulgare Ivan Asen Ier, le père de Béatrice Isaac II Ange doit lutter contre le mouvement séparatiste d'Isaac Doukas Comnène, père de la "Damsel de Chypre". Celui-ci s'est emparé de l'île sous le règne d'Andronic et il a d'ailleurs été considéré comme l'une des personnes visées par la prophétie qui a mené au pouvoir d'Isaac II (fr.wikipedia.org - Isaac II Ange).

 

Mariages

 

Les Ă©vĂŞques rĂ©unis en Synode Ă  Compiègne dĂ©clarent la nullitĂ© du mariage du roi Philippe-Auguste avec Ingeburge Ă  cause de la lointaine parentĂ© existant entre cette dernière et Isabelle de Hainaut, première femme de Philippe-Auguste. CĂ©lestin III dĂ©clare «illĂ©gale, nulle et non avenue» la sentence de Compiègne. MalgrĂ© cela Philippe-Auguste Ă©pouse Agnès en 1199. Ingeburge en appelle au pape; Innocent III qui, un an plus tĂ´t, a succĂ©dĂ© Ă  CĂ©lestin III, excommunie le roi, casse le jugement des Ă©vĂŞques et lance l'Ă©dit sur le royaume de France (13 janvier 1200). Philippe-Auguste essaye d'abord de rĂ©sister, mais le peuple est indignĂ©; le roi, contraint par ses sujets, promet de reprendre son Ă©pouse lĂ©gitime : l'interdit est levĂ© (7 septembre 1200). Mais peu de temps après le Concile de Soissons, le roi fait de nouveau enfermer Ingeburge (en 1201). Agnès de MĂ©ranie meurt cette mĂŞme annĂ©e. Le roi tente de nouvelles unions, divorce et c'est uniquement Ă  cause de la fermetĂ© d'Innocent III qui ne dĂ©sarme pas, qu'il reprend enfin Ingeburge, et dĂ©finitivement cette fois, en 1213. Il lui laissera en mourant une rente de 10.000 livres Parisis «comme Ă  sa très chère Ă©pouse» (J. B. M. Mayaud, L'indissolubilitĂ© du mariage, Ă©tude historico-canonique, 1952 - books.google.fr).

 

Acrostiche : QSLL, QuaSiLLus

 

"quasillus" : latin pour corbeille (Gaffiot).

 

Le 11 mai 1258, le traité de Corbeil, conclu entre Saint Louis et Jaime Ier, roi d'Aragon, fils de Pierre II battu avec Raymond VI et tué à la bataille de Muret en 1213, sanctionne l'état de fait imposé par la France avec la prise de possession des forteresses du Fenouillèdes. Les églises cathares du Languedoc ont probablement subsisté quelque temps, après la chute de leurs derniers points d'appui. Peut-être un petit nombre de bons hommes ont trouvé asile dans certains lieux fortifiés, le château d'Usson ou les spulgas du Sabarthès, par exemple. Mais il s'agit de cas isolés et de plus en plus rares. Beaucoup se retireront dans les lieux déserts, grottes, forêts, haute montagne. D'autres se cacheront chez des amis dévoués, ou s'enfuirent en Italie. La plupart mourront peu à peu de misère et de privations, ou tomberont dans les griffes de l'Inquisition (www.cathares.org).

 

On appelle absolument la Corbeille, les bijoux que l’époux futur envoie dans une corbeille à la personne qu’il doit épouser (Dictionnaire de Trévoux, Tome 2, 1771 - fr.wikisource.org).

 

On appelle camillus celui qui, dans les noces, porte la corbeille de la mariée (cumerus), dont la plupart des autres serviteurs ignorent le contenu. De là le nom de Casmilus, donné dans la Samothrace à un ministre particulier des mystères des grands dieux. Je crois que ce mot est d'origine grecque, pour l'avoir rencontré dans les poëmes de Callimaque (VII, 34) (Varron, De la langue latine, 1845 - books.google.fr, Béatrice Charlet-Mesdjian, Le Gynécée, Pouvoir(s) des femmes. Femmes de pouvoir, 2022 - amu.hal.science).

 

Typologie

 

Le report de 2059 sur la date pivot 1191 (conquĂŞte de Chypre par Richard Ier) donne 323.

 

La sĂ©pulture de Catervius est situĂ©e Ă  Tolentino, loin des grands centres de pouvoir politique de cette Ă©poque. On peut supposer qu'il ait prĂ©fĂ©rer choisir le lieu de son repos Ă©ternel dans sa rĂ©gion d'origine ou sur son propre territoire. Quoiqu'il en soit, la prĂ©servation du mausolĂ©e, du sarcophage et des dĂ©pouilles mortelles Ă  l'intĂ©rieur de celui-ci fut principalement redevable au personnage lĂ©gendaire de Catervius, car au Moyen-Age il Ă©tait considĂ©rĂ© comme un saint martyr. Le Passio S. Catervi (H. DELEHAYE, Saints de Tolentino. La Vita Sancti Catervi, dans : Analecta Bollandiana 61 [1943] 5/28) raconte comment S. Catervo fut dĂ©capitĂ©, après quoi sa femme : «(...) disposuit cum eisdem fabricari locum in similitudinem sacri sepulchri Domini nostri Iesu Christi, quod cum beato Catervo visitaverat, ac aedificium more romano fabricandum rotunde, in oratorium tres circum habens minores, alta et maiori capella rotunda; et ibidem ubi decol(l)atus fuerat beatus Catervus, tumulum marmoreum ex duabus invicem iunctis sculptas historias a parte extrema anteriori magorum visitantium Dominum Iesum Christum sculptum sedentem in gremio matris; in ipso marmoreo lapide superposito quatuor figuris animalium leonum sculptis, uni videlicet in quolibet quatro 1 ipsius lapidis intus et foris cavi. Ab alia parte [de] suae longitudinis sculpturis repraesentantibus oblationem Abel et immolationem Abrahae, quam non de filio suo Isaac sed de ariete fecit; et iuxta imaginem iusti Abel esse videtur figura sancti Pauli, et super caput eius hae litterae sculptae sunt, videlicet : Pax, ingeminant rursus pridie praeconia Pauli. Et ab alia tertia parte ipsius tumuli extrema ut ipsa prima sculpturis repraesentatur, gressus pastorum Deum natum visitantium (...) [simul iunctis] stantibus etiam simul, iunctis manibus dextris, sculptis figuris duabus, scilicet beati Catervi et beatae Septimiae Severinae, in quarta (parte) ipsius tumuli vel archae. Et Domino concedente, prout disposuit ipsa sancta Septimia Severina ita et perfecit, attestantibus etiam scripturis in utroque lapide designatis tam versicis quam prosaicis. Versus enim supra caput ipsorum sanctorum sub altare hi sunt, videlicet : Quos paribus meritis iunxit matrimonio dulci Omnipotens Dominus, tumulus custodit animae Catervi Severina tibi coniuncta laetatur Surgatis pariter Christo praestante beati Quos Dei sacerdos Plobianus lavit et unxit. Et ab alio latere dicti tumuli in cacumine prosaice sic scriptum est : Catervus v. c. ex praefec. praetorio qui vixit cum Septimia Severina C. f. dulcissima coniuge annis XVI minus diebus XIII quievit in pace annorum LVI dierum XVIII, XVI kalen. novembris depositus IIII kalen. decembris Septimia Severina C. f. marito dulcissimo ac sibi sarcofagum et pantheum cum tricoro disposuit ac perfecit. Item sunt ab eadem parte versus sic sonantes, videlicet : Flende iaces in Basso iterum defuncte Catervi, Occidit ore genus nomine posteritas. Tu medius gemma germanis clausa metallis Morte tua fractum est, Basse, monile pium. Octavus decimus vix te susceperat annus Ocius eripitur quod placet esse Dei.

 

Il existe d'autres témoignages de la tradition littéraire (du XVe au XIXe s.).

 

En dépit de la réputation acquise de sainteté, l'édifice devait cependant en 1822 céder la place à un nouveau presbytère, relié à la cathédrale dédiée à SS. Maria Assunta in cielo e S. Catervo, construite à côté du mausolée. Les scientifiques des 19e et 20e s. avaient donc peu d'informations sur la construction d'origine (Jahrbuch für Antike und Christentum, Volume 41, 1998 - books.google.fr, Analecta bollandiana: revue critique d'hagiographie, Volumes 61-62, 1943 - books.google.fr).

 

Ainsi Catervius est mariĂ© depuis 16 ans Ă  une Septimia Severina; le nom de sa femme, et celui de leur fils, Bassus, suggère une parentĂ© de celle-ci avec les prĂ©fets de Rome Septimius Bassus (en 317) et L. Valerius Septimius Bassus (en 379/383). La PLRE pense qu'ex praefecto indique une charge de prĂ©fet honoraire : cela n'est pas sĂ»r, car en ce cas on trouve plutĂ´t ex praefectis et on doit s'attendre Ă  voir indiquĂ©e - outre le titre honoraire la fonction effective la plus Ă©levĂ©e exercĂ©e par le dĂ©funt. Catervius peut avoir Ă©tĂ© prĂ©fet des Gaules en 379-383 ou entre 390 et 396, Ă©poque pendant lesquelles on ne connaĂ®t pas les titulaires de cette charge. Il Ă©tait naturellement chrĂ©tien, comme l'indique l'inscription de son tombeau. Celle-ci a donnĂ© naissance Ă  une lĂ©gende hagiographique qui fit de Catervius un martyr.

 

Catervius est mentionnĂ© comme CSL (comes sacrarum largitionum) par CTh VI, 30, 3 (19 aoĂ»t 379) sur les primiciers de l'office palatin. La charge de CSL est alors occupĂ©e en Orient par Tatianus, et Catervius est Ă  placer en Occident : la localitĂ© d'oĂą est Ă©mise la loi, Bauxar, est inconnue, mais il s'agit sans doute d'une erreur pour Bauxanum, site de RhĂ©tie connu par Paul Diacre (Hist. Lang. 5, 36), ce qui correspond bien aux dĂ©placements de Gratien Ă  cette date. Ce Catervius est sans doute identique Ă  Flavius Iulius Catervius, bien connu par le sarcophage de Tolentinum (CIL IX, 5566 = D. 1289 = ILCV 98; Buecheler et Riese, Anthologia latina II, 1560) : a) Fl. Iul. Cateruius u. c. ex praef. praetorio, qui / uixit cum Septimia Seuerina c. f. dulcissima / coniuge annis XVI minus d. XIII, quieuit in pace / annorum LVI dierum XVIII, XVI kal. nob., depo / situs est IIII kl. d (e) c (em) b (res) (Roland Delmaire, Les responsables des finances impĂ©riales au Bas-Empire romain (IVe-VIe s.), Ă©tudes prosopographiques, Latomus, 1989 - books.google.fr).

 

Ferrarius (vers 1551 - 1626) avoue que les Actes que l'on a de lui ont besoin d'être purgés. Ughellus (1595 - 1670) dit qu'ils font douteux, mais Baronius (1538 - 1607) plus sage & plus habile les avoit rejettés avant eux comme pleins d'erreurs & de faussetés. Ceux, dit le Pere Mabillon (1632 - 1707) qui ont fait martyr ce Catervius n'ont point du tout compris l'inscription de son Tombeau; dans ces choses, ajoûte-t-il, on doit éviter de juger trop vite, mais par provision il faut loüer la religion de Baronius, qui pour cela n'a pas voulu mettre ce Catervius dans le Martyrologe Romain (Vie et ouvrages de M. Lazare André Bocquillot, prêtre, 1745 - books.google.fr, Louis Sébastien Le Nain de Tillemont, Histoire des empereurs et des autres princes qui ont regné durant les six premiers siécles de l'Eglise, de leurs guerres contre les Juifs, 1710 - books.google.fr).

 

On signalera aussi la curieuse invention d'un saint Catervus à Tolentino, attestée dès 1054, suite à la lecture erronée de l'inscription d'un sarcophage paléochrétien

 

A BĂ©ziers, une cuve Ă  scène de chasse, du dĂ©but du IVe siècle, fut longtemps considĂ©rĂ©e comme le tombeau de saint Aphrodise (Jean-Charles Balty, De l'art romain Ă  l'art roman : les spoliae "mĂ©moire de l'Antique", Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, NumĂ©ro 39, 2008 - books.google.fr).

 

Le sarcophage en marbre de saint Caterve, conservĂ© dans la cathĂ©drale Ă©ponyme de Tolentino (dans la province des Marches en Italie), est datĂ© des deux dernières dĂ©cennies du IVe siècle. Il prĂ©sente l’Adoration des mages est sur sa face latĂ©rale gauche. [...] Tandis que la figure de l’Adoration des mages prĂ©sente JĂ©sus dans sa royautĂ© temporelle, symbolisĂ©e par le siège curule sur lequel trĂ´ne Marie, le chrisme cruciforme entourĂ© des agneaux Ă©voque le sacrifice du Verbe incarnĂ©. Cette reprĂ©sentation affirme donc la double nature du Christ, Ă  la fois humaine et divine, tout en mettant en relation son incarnation avec son sacrifice ; la JĂ©rusalem cĂ©leste en est le lieu Ă  la fois rĂ©el et symbolique (Constance Diefenbacher, La figure de l'Adoration des mages sur les sarcophages palĂ©ochrĂ©tiens, 2025, pp. 55-56).

 

La dernière date connue de Catervius est 379. Si c'est sa date de décès, ayant vécu 56 ans, il est né vers 323, marié 16 ans depuis vers 363.

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