Angleterre et Maroc

Angleterre et Maroc

 

VIII, 69

 

2080-2081

 

Aupres du jeune le vieux Ange baisser,

Et le viendra surmonter à la fin :

Dix ans esgaux aux plus vieux rabaisser,

De trois deux l'un huictiesme Seraphin.

 

Jeu de mots

 

Shakespeare pratiquait, comme Beaumont et Fletcher, les jeux de mots entre les noms angéliques et ceux des monnaies.

 

Falstaff (2 Henry IV, Act I. Sc. 2), referring to his great weight, says, in effect, 'I am not his ill. angel, because your ill angel is light; but he that looks upon me, will take me without weighing.' Although in ‚ÄėKing John' (Acte II Sc. 1) the word ‚Äúrail' is used immediately after the words salute and angel, it may be considered very doubtful whether Shakespeare there plays upon that word, although he often uses, in a double sense, words which do not differ more from each other in sound and meaning than the words rail' and 'rial.' (William Lowes Rushton, Shakespeare Illustrated by Old Authors, First part, 1867 - www.google.fr/books/edition).

 

The angel was an English gold coin introduced by Edward IV in 1465. It was patterned after the French angelot or ange, which had been issued since 1340. The name derived from its representation of the archangel Michael slaying a dragon. As it was considered a new issue of the noble, it was also called the angel-noble. In 1472, the half-angel was introduced with a similar design weighing 40 grains (2.6 grams) with a diameter of 20 to 21 millimeters.

 

The angel varied in value from 6 shillings 8 pence to 11 shillings between Edward's reign and the time of James I. Under Charles I, it was last coined in 1642. In 1526 during the reign of Henry VIII, it increased to seven shillings and six pence (7/6) or 90 pence. In 1544, it increased again to eight shillings (8/-) or 96 pence. In 1550 during the reign of Edward VI it increased to ten shillings (10/-) or 120 pence or £1/2. In 1612 during the reign of James I it increased to eleven shillings (11/-) or 132 pence. In 1619 it decreased to ten shillings (10/-) and at that point in time it weighed 70 grains (4.5 g). In 1663, Charles II replaced the existing coinage with entirely new designs struck by machine ("milled"). The standard gold coin then became the Guinea (en.wikipedia.org - Angel (coin)).

 

La couronne appara√ģt lors de la reforme mon√©taire de Henri VIII en 1526 et valait cinq shillings. √Ä l‚Äôorigine la monnaie est √©mise en or (22 carats) et sous Edouard VI d√®s 1551 des couronnes d‚Äôargent sont produites. Sous le r√®gne d‚ÄôElizabeth I, on trouve des couronnes d‚Äôargent et d‚Äôor (Agostino Sferrazza, Michelangelo Florio et le monnayage de son √©poque, Bulletin Numismatique, avril 2021 - www.bulletin-numismatique.fr).

 

Les monnaies furent alt√©r√©es davantage encore sous le r√®gne d'√Čdouard VI. Ainsi on fit 72 shillings avec une livre d'argent, qui dans le r√®gne pr√©c√©dent n'en produisait que 48. Les inconv√©nients et la confusion qui exist√®rent par suite de cette d√©pr√©ciation extraordinaire furent si vivement sentis qu'√† la fin du r√®gne d'√Čdouard des mesures vigoureuses furent prises pour arr√™ter le d√©sordre. En 1552 on ne fit plus que 60 shillings au lieu de 72 avec une livre d'argent, et la monnaie d'or qui avait √©prouv√© les m√™mes alt√©rations que la monnaie d'argent, fut remise √† un titre plus √©lev√© et dans la m√™me proportion (L√©on Galibert, Cl√©ment Pell√©, Angleterre, Tome 2, 1842 - books.google.fr, en.wikipedia.org - The Great Debasement).

 

En Angleterre, la livre d'argent n'√©prouve aucune alt√©ration jusqu'√† l'entr√©e du quatorzi√®me si√®cle; ensuite, pendant une p√©riode de pr√®s de trois cents ans qui se termine sous √Člisabeth, elle tombe, par degr√©s, au tiers de ce qu'elle avait √©t√©, et elle est demeur√©e √† ce point jusqu'√† ce que, apr√®s la paix de 1815, le parlement ait d√©mon√©tis√© l'argent. Quoiqu'elle ait √©t√© fauss√©e des deux tiers, la monnaie anglaise est, de toutes les monnaies des anciennes monarchies de l'Europe, celle qui l'a √©t√© le moins. [...]

 

Il y a eu un intervalle de huit ans, de 1543 à 1551, qui comprend les trois dernières années du règne de Henri VIII et les cinq premières de son fils Edouard VI, pendant lesquelles la dépréciation a été beaucoup plus grande. Le titre des pièces d'argent, qui était d'abord de 925 millièmes (11 onces 2 deniers de fin contre 18 deniers d'alliage), fut alors réduit successivement à 250 millièmes. Mais Edouard VI, la sixième année de son règne, revint å un système plus juste; il en posa le principe, et ses soeurs Marie et Elisabeth, qui lui succédèrent, achevèrent de le mettre à exécution (Michel Chevalier, Cours d'économie politique fait au Collége de France : la monnaie, Tome 3, 1866 - books.google.fr).

 

Sir Thomas Gresham (env. 1519 - 21 novembre 1579) √©tait un marchand anglais et surtout un financier qui travailla pour le roi √Čdouard VI, puis sa demi-sŇďur, la reine √Člisabeth I√®re. Son savoir-faire dans le domaine de la gestion des devises et des √©quilibres financiers en fait l'un des premiers praticiens des questions mon√©taires. √Ä ce titre, il est connu pour avoir formul√©, en reprenant √©galement les constatations ant√©rieures de Nicolas Copernic, la ¬ęloi dite de Gresham¬Ľ selon laquelle ¬ęla mauvaise monnaie chasse la bonne¬Ľ.

 

La loi de Gresham, ¬ęla mauvaise monnaie chasse la bonne¬Ľ (¬ęBad money drives out good¬Ľ), fut baptis√©e de son nom (bien que d'autres, y compris l'astronome Nicolas Copernicus, eussent reconnu ce concept depuis des ann√©es) parce qu'il pressa la reine √Člisabeth de restaurer la devise d√©pr√©ci√©e de l'Angleterre. Selon cette ¬ęloi¬Ľ, lorsque deux monnaies circulent concurremment, l'une en or et l'autre en argent, celle qui inspire le moins confiance est utilis√©e pour effectuer les paiements alors que la meilleure est th√©sauris√©e. La bonne monnaie finit donc par dispara√ģtre de la circulation (les acteurs √©conomiques la conservent parce qu'ils pensent qu'elle ne sera pas d√©valoris√©e) et se trouve de fait remplac√©e dans les √©changes courants par la mauvaise (les acteurs √©conomiques qui en poss√®dent cherchent √† s'en dessaisir le plus vite possible car sa valeur est r√©put√©e √™tre moins fiable ou √™tre appel√©e √† diminuer √† terme plus ou moins rapproch√©) (fr.wikipedia.org - Thomas Gresham).

 

In the country, the older coin was hoarded. Stowe saw an old angel, issued for 6s. 8d. or 7s. 6d., bought for 21s. for use in gilding. As for the new money, when reform came under consideration in 1551 the Clerk of the Council said that the people 'esteem it so little that they will employ it to great disadvantage rather than keep it' (John Craig, The Mint, A History of the London Mint from A.D. 287 to 1948, 2011 - www.google.fr/books/edition).

 

Suivant la loi dite de Gresham, la multiplication de cette petite monnaie ¬ęau rabais¬Ľ tendait √† faire rench√©rir et dispara√ģtre les bonnes pi√®ces. [...] En somme le vrai moyen d'agir sur la hausse des prix √©tait de faire cesser le d√©sordre dans le secteur de la petite monnaie : ce que semble avoir compris Cl√©ment VIII. On s'explique, en tout cas, que les banques du XVIe si√®cle aient v√©cu le plus souvent dans une atmosph√®re d'air rar√©fi√© pr√©cis√©ment parce que leurs transactions se situaient uniquement dans le secteur de la bonne monnaie. Elles √©taient (Jean Delumeau, Vie √©conomique et sociale de Rome dans la seconde moiti√© du XVIe si√®cle, Tome 2, 1959 - www.google.fr/books/edition).

 

Rabaisser signifie encore déprécier, estimer au-dessous de la valeur (Dictionnaire de l'Académie Française, Tome 2, 1879 - www.google.fr/books/edition).

 

"Séraphin"

 

Le sarifi est le nom d'une monnaie √©gyptienne pass√©e en Perse et en Turquie (cherifi : ducat d'or de l'empire ottoman). En italien seraffo 1461-1483 (Pulci, Morgante) est pass√© en fran√ßais avec Saraphe, saraphi. [‚Ķ] Le "cherif" marocain a pour signification "noble" (qui est aussi le nom d'une monnaie), pass√© en anglais "sherif" (pr√©pos√© √† la justice) (Raymond Arveiller, Addenda au FEW XIX (Orientalia), 2012 - books.google.fr).

 

Une ¬†rivalit√© opposait les deux fr√®res saadiens Ahmad al-ACraj et Muhammad ash-Shaykh. Ahmad √©tait proclam√© √† Marrakech et Muhammad gouvernait le Sous, avec Taroudant comme capitale. Celle-ci √©tait d'ailleurs baptis√©e al-Muhammadiya. Mais cette rivalit√© ne nous para√ģt pas un argument tr√®s convaincant. Muhammad ash-Shaykh n'avait d'ailleurs pas tard√© √† √©vincer son fr√®re de Marrakech pour y r√©gner en ma√ģtre (951 H./1545) et pourtant il ne battra pas monnaie, alors que le stock mon√©taire dans tout le Maroc s'√©tait consid√©rablement amenuis√© jusqu'√† devenir inexistant ; alors que Muhammad ash-Shaykh ne manquait pas de num√©raires si l'on en croit un texte portugais dat√© d'avril 1541 (948 H.). "Ces Ch√©rifs (les Saadiens) gr√Ęce √† l'or qu'ils re√ßoivent de Tombouctou ont pu en 27 ans devenir tr√®s forts. C'est la faute des Chr√©tiens qui leur fournissent des armes et qui se mettent √† leur service.¬† Ils ont de la poudre en grande quantit√©, au point qu'elle vaut chez eus 500 reis le quintal, car le pays contient tout ce qu'il faut pour en faire. Ils sont donc puissants et le deviendront encore davantage par la suite". Mais ce texte est trop laconique pour √™tre cr√©dible √† nos yeux. Il nous faut le mettre en parall√®le avec un autre texte, √©crit huit ans plus tard, au lendemain de la prise de F√®s en 955 H./1548. Il s'agit d'un rapport de Gibraltar, dat√© le 14 mars 1549, et adress√© √† Maximilien et √† Marie d'Autriche. L'auteur de ce rapport √©crit : "Lorsque Muhammad ash-Shaykh fit son entr√©e √† F√®s, il fit battre monnaie et interdit l'exportation de l'or en pays chr√©tiens". Muhammad ash-Shaykh inaugura en effet la frappe d'argent √† F√®s en 955 H./1548. Ce monnayage est repr√©sent√© par des dirhams carr√©s de m√™me style que ceux de la dynastie pr√©c√©dente mais d'un poids sup√©rieur, celui du demi-dirham l√©gal (de 25 1/5 de grains d'orge soit 1,47 g.). A ce dirham il adjoignit le demi-dirham, le quart de dirham et le huiti√®me de dirham. Nous n'avons trouv√© nulle trace de ce dernier, mais il y a tout lieu de croire qu'il s'agit d'une unit√© de compte dite dirham sharifi identifi√© par plusieurs auteurs qui ont √©crit sur la monnaie. Ce monnayage d'argent est issu exclusivement des ateliers de F√®s et de Mekn√®s dont les √©missions s'√©talent de 955 H. √† la fin du r√®gne de Muhammad ash-Shaykh (951-964 H./1556-1574). Des ateliers du Sud, nous n'avons nulle trace de frappe. C'est du moins ce qui ressort √† ce jour de notre catalogue des monnaies sacdiennes. Quant au monnayage d'or, il est plus tardif. Le premier dinar de Muhammad ash-Shaykh est (Mohammed Laallaoui, Regards sur le monnayage Sacdien, Le Maroc et l'Afrique subsaharienne aux d√©buts des temps modernes: les Sacdiens et l'empire Songhay, 1995 - www.google.fr/books/edition).

 

L'or du Soudan

 

Le Mali a, tr√®s curieusement, fait son entr√©e dans la litt√©rature fran√ßaise il y a quatre si√®cles. En 1532, paraissait en effet √† Lyon, sous la signature de Ma√ģtre Alcofrybas Nasier, alias Fran√ßois Rabelais, Les horribles et √©pouvantables faits et prouesses du tr√®s renomm√© Pantagruel, roi des Dipsodes, fils du grand g√©ant Gargantua ; le Mali y est cit√© √† plusieurs reprises. Le terroir malien originel se trouve dans le Samanko, non loin de la ville actuelle de Bamako, √† quelques lieues en amont du confluent du Sankarani et du Niger. C'est √† partir de cette zone que, par conqu√™tes successives, il devait s √©tendre progressivement. A son apog√©e, situ√©e au XIV√®me si√®cle, le Mali allait de l'Adrar des Iforas √† l'estuaire de la Gambie. Nombreuses sont les traditions orales concernant l'histoire malienne, mais ce sont surtout les grands voyageurs arabes qui ont contribu√© √† sa connaissance : El Bekri, Ibn Khaldoun Idrisi, L√©on l'Africain, Ibn Batouta et les auteurs du Tarikh el Fettach et du Tarikh es Soudan. Il est en tout cas difficile de savoir si les chroniques de ces historiens sont plus valables que les chants et dits des griots.

 

Certains rapports établis avec les Almoravides du Maroc, intéressés par l'or du Boure, allèrent en se renforçant et une alliance de principe s'établit pour abattre la puissance du Ghana qui gênait Maliens et Marocains. Une des provinces du Ghana, le Sosso, entendait restaurer à son profit l'unité ancienne et c'est en fait  avec les souverains de cette province que la dynastie malienne entra en lutte (Philippe Decraene, Le Mali, Que sais-je, 1980 - books.google.fr).

 

Au cours du XVe si√®cle, le Songha√Į devint un empire, qui s'√©tendait au Niger, au Mali et sur une partie de la Guin√©e et du S√©n√©gal actuels. L'Empire s'√©teignit vers la fin du XVIe si√®cle. Son apog√©e eut lieu sous les r√®gnes de Soni Ali de 1464 √† 1492 et d'Askia Mohamed de 1493 √† 1528. L'Empire songha√Į s'effondra √† la suite de la bataille de Tondibi contre les Marocains en 1591 (fr.wikipedia.org - Songha√Į (peuple)).

 

En Orient¬† la monnaie d'or fin portait le nom de seraph, s√©raphin. Rabelais, qui s'en sert fr√©quemment pour donner √† son r√©cit une couleur exotique en avait lu le nom dans les relations de voyages en Orient, par exemple dans la Peregrinatio de (1506) de Baumgarten, chez lequel on trouve la forme latinis√©e du nom (p. 22) : ¬ęQuinquaginta aurei quos illi [les Orientaux] seraphos vocant¬Ľ. C'est l√† une transcription de l'arabo-persan achrafi, monnaie qui avait cours au XVIe si√®cle en Asie et dans l'Afrique du Nord, en Egypte et en Perse, d'o√Ļ elle fut import√©e en Turquie. Mais, c'est surtout dans le Voyage d'oultre mer (1530) du cordelier Jean Thenaud qu'il est question des seraphes d'or, qui avaient cours au Caire. Rabelais en fait un fr√©quent usage. II le met dans la bouche d'un Bascha s'adressant √† Panurge (l. II, ch. XIV) : ¬ęJe te donne une bougette, tiens voy la l√†, il y a six cent seraphz dedans...¬Ľ Et ailleurs, il √©value en cette monnaie orientale le revenu de la ch√Ętelenie de Salmigondin (l. III, ch. 11) : ¬ęQuelquefois revenoit √† 1.234.554.321 seraphz¬Ľ (Lazare Sain√©an, La langue de Rabelais, Tome 1, 1923 - www.google.fr/books/edition, Les Oeuvres de M. Fran√ßois Rabelais, Docteur en M√©decine, 1593 - books.google.fr).

 

Le recul de l'Islam avait √©t√© particuli√®rement ressenti au Maroc o√Ļ la vie religieuse √©tait intense. [...] La haine des soufis contre les chr√©tiens se tournait contre la dynastie wattaside, impuissante √† emp√™cher les progr√®s des infid√®les, impuissante √† calmer l'esprit des Marocains par l'interm√©diaire du corps officiel des oul√©mas. Les cheikhs soutinrent contre les Wattasides toutes les r√©voltes de pr√©tendants qui eurent, d'autre part, l'appui des montagnards berb√®res insoumis. Le Sud joua le r√īle essentiel. Les nomades se lanc√®rent sur le Maroc pour y mener la guerre sainte. Le chef des Beni Sad du Sous, se pr√©tendant descendant du Proph√®te, prit la direction de la guerre sainte contre les Portugais. Recevant de l'or du Soudan, il peut se procurer de l'artillerie et des arquebuses. D√®s 1509, il est souverain ind√©pendant du Sous. En 1537, il s'empare du Tafilelt par o√Ļ vient tout l'or de Tombouctou. Alors il enl√®ve une √† une les forteresses portugaises de la fa√ßade atlantique du Maroc, en 1541, cap de Gu√©, en 1542, Safi et Azemmour, en 1549 et 1550, El-Ksar-Es-Sghir et Arzila. Les Portugais n'ont plus les moyens de contenir les corsaires de Larache et de Sal√© et la course reprend. Les Portugais perdent leurs bases sur les ¬ęoc√©ans de c√©r√©ales¬Ľ. L'Empire ch√©rifien redevient une force maritime, une menace et un concurrent ; l'or du Soudan, le sucre du Sous, vont directement du Maroc en Angleterre et en France. En 1553, la dynastie wattaside √©tait remplac√©e par la dynastie saadienne. La dynastie atteignit son apog√©e lorsque Ahmed el Man√ßour (le Victorieux) eut √©cras√© la croisade portugaise √† El-Ksar-el-Kebir (1578) (Roland Mousnier, Les XVIe et XVIIe si√®cles: la grande mutation intellectuelle, 1961 - www.google.fr/books/edition).

 

Thomas Stukely, gentilhomme catholique du comt√© de Devon, n√© en 1525, passait pour un b√Ętard d'Henri VIII et demi-fr√®re d'Edouard VI. Instruit dans l'art militaire, il fut attach√© au duc de Suffolk puis au duc de Somerset. Il prit part aux campagnes contre la France et contre l'√Čcosse de 1544 √† 1550. Apr√®s la disgr√Ęce de Somerset (1551), il se r√©fugia en France. Rentr√© momentan√©ment en Angleterre, √† la fin du r√®gne d'√Čdouard VI, il fut accus√© de trahison envers le roi d'Angleterre et enferm√© √† la tour de Londres jusqu'en 1553. Il passa ensuite au service de l'Empereur d'Allemagne et prit part aux campagnes de Flandre, √† la prise de Saint-Quentin (1557), et √©quipa m√™me des vaisseaux pour faire la guerre de course. Sous le r√®gne de Marie Tudor, il √©tait revenu en Angleterre et s'√©tait mari√© (1551). En 1563, il organisa une exp√©dition en Floride, pendant laquelle la reine Elisabeth le fit accuser de piraterie (1565). Il devint ensuite mar√©chal d'Irlande (1566), mais √Člisabeth le disgracia, sous pr√©texte de haute trahison et en l'accusant de connivence avec l'Espagne (1569). Stukely passa alors en Espagne, o√Ļ Philippe II, auquel il pr√™ta hommage, le fit duc d'Irlande et facilita son projet de conqu√™te de cette √ģle. On le retrouve ensuite √† la bataille de L√©pante, puis √† Paris, dans les Pays-Bas et √† Rome o√Ļ il fut charg√© de plusieurs missions. En 1578, le pape Gr√©goire XIII, voulant secourir les Irlandais, soulev√©s contre √Člisabeth pour la d√©fense de¬† leur foi, fit choix de Thomas Stukely pour commander un d√©tachement de 600 Italiens qu'il envoyait en Irlande et lui conf√©ra √† cette le titre d'Archiduc d'Irlande (comte d'Irlande, marquis d'Irlande, marquis de Leinster, etc.). Stukely rel√Ęcha √† Lisbonne le 18 avril 1578, au moment o√Ļ s'organisait l'exp√©dition contre le Maroc. Le roi D. S√©bastien autorisa les Italiens du Pape √† d√©barquer, bien r√©solu √† ne pas leur fournir de navires pour continuer leur voyage et √† les incorporer dans son arm√©e. Stukely c√©da facilement aux sollicitations du roi de Portugal et mit sa troupe √† sa disposition. Les soldats du Pape, √† l'encontre des mercenaires allemands d'humeur disciplin√©e et tranquille, caus√®rent mille ennuis, avant leur d√©part pour l'exp√©dition. Stukely p√©rit avec la plus grande partie de sa troupe √† la bataille de El-Ksar el-Kebir. Cet aventurier fut tr√®s populaire au XVIe si√®cle et des ballades furent compos√©es sur ses aventures. Peele en fit un des principaux h√©ros de sa com√©die intitul√©e : ¬ęLa bataille d'Alcazar¬Ľ, imprim√©e en 1594 (Henry de Castries, Les sources in√©dites de l'histoire du Maroc, Tome 1, 1905 - www.google.fr/books/edition, en.wikipedia.org - Thomas Stukley).

 

En 1578, le Maroc était allié de l'Angleterre face aux espagnols.

 

Il est possible, il est m√™me certain que les Anglais ont eu des relations avec le Maroc bien avant le XVIe si√®cle. Entre autres documents, on trouve trace, dans les vieilles chroniques, d'une ambassade envoy√©e par le roi John en 1213 aupr√®s de l'empereur du Maroc pour essayer de conclure une alliance, qui ressemble plut√īt √† une demande de secours de la part du roi d'Angleterre. Au d√©but du XVe si√®cle, il appara√ģt, suivant une Note publi√©e par Hakluyt, et dat√©e de 1415, que les marchands anglais donn√®rent aide et assistance au roi de Portugal dans son exp√©dition contre Ceuta de Barbarie. Mais il semble bien que ce soient l√† seulement des rapports occasionnels, et ce n'est gu√®re que du milieu du XVIe si√®cle, vers 1550, que datent vraiment les premi√®res relations suivies entre les Anglais et le Maroc. Ce sont d'abord des relations commerciales qui se lient entre les marchands londoniens et les sultans saadiens ; et il est vraisemblable que le premier voyage commercial au Maroc est celui qui fut accompli par le capitaine Windham, en 1551, quoiqu'un certain Aldaie ¬ęprofesseth himself to have been the first inventor of this trade¬Ľ. On poss√®de la relation de ce First voyage for traffigue into the Kingdom of Morocco in Barbary, begun in the year 1551, with a tall ship called ¬ęThe lion¬Ľ, of London, whereof went as captain Master Thomas Windham. [...] Il dut faire de bonnes affaires car, l'ann√©e suivante, il entreprit une deuxi√®me exp√©dition dans les m√™mes parages, malgr√© les difficult√©s que repr√©sentait la navigation. Un premier r√©cit se trouve chez Hakluyt: The second voyage to Barbary, in the yeere 1552; set forth by the right worshipfull sir John Yorke, sir William Gerard, sir Thomas Wroth, master Francis Lambert, master Cole, and others; written by the relation of master James Thomas, then page to master Thomas Windham, chiefe captaine of this voyage. Ce r√©cit est reproduit dans les Voyages de Kerr, et dans la Nouvelle collection de voyages, d'Astley. La relation de Windham, ainsi qu'on l'appelle commun√©ment, est √©crite d'apr√®s la relation de James Thomas, qui faisait partie du voyage, ainsi que ceux dont les noms sont cit√©s dans le titre. L'exp√©dition comprenait trois navires, sous les ordres de Windham. Ils arrivent √† Safi apr√®s quinze jours de travers√©e et d√©barquent une partie de leurs marchandises √† destination de Marrakech ; mais, cette fois, aux marchandises ordinaires se m√™laient des piques et des armures, c'est-√†-dire des armes offensives et d√©fensives. [...] Des relations politiques devaient normalement suivre ces premiers rapports commerciaux. Et, si l'on excepte la demande de secours adress√©e par le roi John au sultan Abdallah en-Naceur en 1213, il appara√ģt que les premi√®res relations politiques anglo-marocaines ne datent v√©ritablement que de 1577, ann√©e o√Ļ Edmund Hogan est envoy√© en ambassade par la reine Elizabeth aupr√®s de l'empereur Moulay Abd el-Malek. [...] Le Maroc n'est pas une puissance qu'on n√©glige ou qu'on d√©daigne √† l'√©poque. La politique europ√©enne se trouve souvent orient√©e de ce c√īt√© ; et la place qu'occupe l'empire ch√©rifien est tr√®s grande dans les pr√©occupations anglaises, non seulement chez les marchands de la Cit√©, mais aussi au conseil des ministres. La bataille d'El-Ksar, en 1578, eut un retentissement consid√©rable. Le nombre de relations qui parurent en Europe √† ce sujet montre l'int√©r√™t avec lequel √©taient suivies les affaires marocaines (Roland Lebel, Le Maroc dans les relations des voyageurs anglais aux XVIe, XVIIe et XVIIIe si√®cles, Hesp√©ris, 1929 - books.google.fr).

 

Acrostiche : AEDD

 

√Āed est bas√© sur la racine ga√ęlique aedu signifiant ¬ęfeu¬Ľ. Selon Christian-J. Guyonvarc'h et Fran√ßoise Le Roux, le patronyme est √©tymologiquement apparent√© au gaulois Aedui qui a donn√© son nom aux √Čduens. Formes galloises : Aedd - Aeddan (fr.wikipedia.org - Aed (pr√©nom)).

 

√Čdouard VI (n√© Edward, 12 octobre 1537 - 6 juillet 1553) est roi d'Angleterre et d'Irlande de 1547 √† sa mort. Il est couronn√© le 20 f√©vrier 1547 √† l'√Ęge de neuf ans, ce qui en fait l'un des plus jeunes souverains anglais. Il est le fils d'Henri VIII et de Jeanne Seymour, et peint par Holbein en prince de Galles. Il devient le troisi√®me souverain de la dynastie des Tudor ainsi que le premier souverain anglais calviniste √† monter sur le tr√īne. Pendant tout son r√®gne, le pouvoir est exerc√© par un conseil de r√©gence, car il meurt avant d'avoir atteint sa majorit√©. Le Conseil est d'abord pr√©sid√© par son oncle maternel √Čdouard Seymour, 1er duc de Somerset (de 1547 √† 1549), puis par John Dudley, 1er comte de Warwick (de 1550 √† 1553), qui devient plus tard duc de Northumberland (fr.wikipedia.org - Edouard VI, Paul Rapin de Thoyras, Histoire d'Angleterre, Tome 14, 1749 - books.google.fr).

 

√Čdouard VI, fils de Jeanne Seymour, √Ęg√© de dix ans, succ√®de √† son p√®re sous la r√©gence du duc de Sommerset, son a√Įeul maternel, qui, avec Cranmer, √©tablit le protestantisme en Angleterre (1548) (H. Briand, Tableaux synoptiques: histoire de l'Europe, 1888 - books.google.fr).

 

Suivant une triade (Myv. arch., p. 400, 1), l'√ģle britannique a port√© trois noms : celui de Clas Merddin avant d'√™tre habit√©e; celui de Y vel ynys, ¬ęl'√ģle de miel,¬Ľ apr√®s, et enfin, le nom de Ynys Prydein, apr√®s sa conqu√™te par Prydain ab Aedd mawr. D'apr√®s une autre triade (Myv. arch., p. 388, 1), on lui donna, apr√®s sa colonisation par Bryt (Brutus), le nom d‚ÄôYnys Bryt (Joseph Loth, Henry Arbois de Jubainville, Les Mabinogion, Tome 1, 1889 - books.google.fr).

 

Arthur envoya alors un messager √† Odgar, fils d'Aedd, roi d'Iwerddon (Irlande en gallois), pour lui demander le chaudron de Diwrnach le Gwyddel, son intendant. Odgar pria Diwrnach de le donner : ¬ęDieu sait, r√©pondit Diwrnach, que quand m√™me il se trouverait bien de jeter un seul regard sur le chaudron, il ne l'obtiendrait pas.¬Ľ Le messager d'Arthur revint d'Iwerddon avec ce refus. Arthur partit avec une troupe l√©g√®re sur Prytwen son navire. Aussit√īt arriv√©s en Iwerddon, ils se rendirent chez Diwrnach le Gwyddel. Les gens d'Odgar purent se rendre compte de leur nombre. Quand ils eurent suffisamment bu et mang√©, Arthur demanda le chaudron. Diwrnach r√©pondit que s'il l'avait donn√© √† quelqu'un, c'e√Ľt √©t√© sur l'invitation d'Odgar, roi d'Iwerddon : sur ce refus, Bedwyr se leva, saisit le chaudron et le mit sur les √©paules de Hygwydd, serviteur d'Arthur, fr√®re par sa m√®re de Kachamwri, serviteur d'Arthur √©galement : sa fonction en tout temps √©tait de porter le chaudron d'Arthur et d'allumer le feu dessous. Llenlleawc Gwyddel saisit Kaledvwlch la fit tournoyer et tua Diwrnach et tous ses gens. Les arm√©es d'Iwerddon accoururent pour leur livrer bataille. Apr√®s les avoir mises en compl√®te d√©route, Arthur et ses gens partirent aussit√īt sur leur navire, emportant le chaudron plein de monnaie d'Iwerddon. Ils descendirent chez Llwyddeu, fils de Kelcoet a Porth Kerddin en Dyvet. C'est l√† qu'est la mesure du chaudron (Joseph Marie Loth, Le Mabinogi de Kulhwch et Olwen, XXVII, Revue de Bretagne, de Vend√©e & d'Anjou, Partie 1, 1888 - books.google.fr).

 

Le Pays de Galles est intégré au royaume d'Angleterre en 1536 sous Henri VIII

 

L'Acte d'Union de f√©vrier 1536, pr√©par√© par Thomas Cromwell, r√©vis√© en 1543, fut impos√© au pays, sans la moindre consultation - ce ne fut le cas ni pour l'√Čcosse en 1707, ni pour l'Irlande en 1800 -, car le pays de Galles n'√©tait pas repr√©sent√© au Parlement (sous √Čdouard II, des Gallois avaient toutefois √©t√© appel√©s √† si√©ger au Parlement, √† deux reprises). Cet acte r√©pondait au souci du roi de renforcer son pouvoir sur l'ensemble du territoire, et √† son d√©sir d'introduire la R√©forme dans le pays. Il conf√®re au pays de Galles des traits distinctifs dont certains subsistent de nos jours. L'Acte d'Union¬† garantit aux Gallois qui deviennent des sujets de la Couronne d'Angleterre les m√™mes ¬ęlibert√©s, droits et privil√®ges¬Ľ qu'aux Anglais. Ainsi sont abolies les lois p√©nales discriminatoires prises par Henri IV, et le droit anglais. [...] Les fonctions des lords-lieutenants datent du r√®gne d'√Čdouard VI (1547-53) : ils repr√©sentent le Souverain dans les comt√©s o√Ļ ils doivent maintenir l'ordre public et recruter les milices locales. [...] La R√©forme s'accentua vers le protestantisme sous √Čdouard VI, mais le pays de Galles s'en aper√ßut √† peine. Sous Marie Tudor, le pays redevint officiellement catholique mais, contrairement √† l'Angleterre, le nombre de martyrs protestants y fut minime (Herv√© Abalain, Le Pays de Galles, identit√©, modernit√©, 2000 - www.google.fr).

 

Vers 3

 

Somerset’s most pressing need was for money. In 1547 he shut down the chantries. These were small religious houses endowed with land to support a priest whose duty it was to sing masses for the soul of the founder. The 1547 Chantries Act shut them down and commissioners were sent out to confiscate their land and to collect any gold and silver plate they had. These were immediately melted down and made into coins. However, the more coins that were in circulation the more inflationary the economy became, which led to price increases especially in grain. This in itself had the potential to create public disorder. Somerset met this problem head on and showed little care for the poor. In 1547 he introduced the Vagrancy Act (www.historylearningsite.co.uk).

 

Dans le statut de Henri VIII, pass√© en 1530, il est dit que les mendians et les vagabonds se multiplient de jour en jour par un effet de leur paresse; et en cons√©quence, la permission de mendier n'est accord√©e aux vieillards et aux pauvres non-valides que dans l'enceinte de leurs paroisses. Un statut subs√©quent du r√®gne de ce m√™me prince ordonne que les mendians soient entretenus par les aum√īnes de leurs paroisses, et contient divers r√©glemens relatifs √† la mani√®re de recevoir et de distribuer ces aum√īnes. Les plaintes sur l'augmentation du nombre des mendians et des vagabonds sont r√©p√©t√©es dans les lois d'Edouard VI et de Marie; il y est prononc√© des peines contre les vagabonds oisifs, et des mesures y sont prises pour pourvoir efficacement √† l'entretien des pauvres non-valides , par la charit√© volontaire (Giovanni L. Ferri di San Constante, Londres et les anglais, Tome 1, 1804 - www.google.fr/books/edition).

 

Bablake, or more commonly, Bond's Hospital, at Coventry, although not of such architectural importance as the magnificent range of buildings in the same town known as Ford's Hospital, has many points of interest. It is twenty years earlier than the Charity founded by William Ford, and, like that example, is composed largely of strong timber work filled in with lath and plaster. The gables are richly carved and perforated, the finials having deep mouldings. The windows are muUioned and diamond paned, while many of them have headings of tracery, and project oriel fashion. This institution was founded by Thomas Bond, in 1509, for the support and residence of old men of the Trinity and Corpus Christi Guilds, and it is connected through a later benefaction with the Bablake School for Boys, founded in the reign of Elizabeth. Fifty years after its first establishment the hospital had another benefactor in Thomas Wheatley, a wealthy ironmonger of Coventry, about whose acquisition of wealth a curious legend has been preserved, to the effect that, in the course of trade, he sent a representative to Spain to purchase some steel gads, which he did at open auction, and despatched them to his employer at Coventry. When the cases were opened, they were found to contain, instead of the articles ordered, a large quantity of cochineal and ingots of silver. The agent not knowing from whom he had made the purchase, they were kept by Wheatley for a considerable time, in the hope that a claimant would appear; but this not happening, he sold them, the proceeds going to swell his already large donations to charitable institutions. The hospital seems to have enjoyed an uneventful existence, down to the year 1619, when one of the pensioners, John Johnson, poisoned no less than eight of his co-brothers with rats-bane, in the hope of becoming senior brother of the house, to which position additional privileges were attached. On the death of his eighth victim he was suspected and questioned, whereupon he promptly poisoned himself. He was buried in the church, but his guilt being clearly proved, the body was dug up and buried at the cross roads in Leicester highway, "with a stake through it, according to law," as we are told by Dugdale, the Warwickshire historian. The foundation was dedicated, like the Guild that supported it, to the Holy Trinity, the symbol of which was borne on their gowns by the almsmen (Sidney Heath, Old English houses of alms : a pictorial record with architectural and historical notes, 1910 - archive.org).

 

This institution was dissolved as a chauntry in 1547; but the corporation of the city shortly afterwards procured its restoration from the young king, Edward VI. and it has ever since continued to exist under their patronage, and has been considerably increased. About fifty years subsequent to Mr. Bond's foundation, a free-school for the instruction and support of poor boys was established by the city in some adjoining buildings, which school has since been enlarged by the benefactions of different persons. The whole of this institution is usually called Bablake Hospital from the name of a more antient religious foundation, to which the church of St. John was attached (Augustus Pugin, A Series of Ornamental Timber Gables: From Existing Examples in England and France, of the Sixteenth Century, 1839 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2081 sur la date pivot 1552 donne 1023.

 

Le royaume de Ghana dispose des mines d'or du Galam (Fal√©m√© Inf√©rieure) et du Bambouk qui fourniront pendant des si√®cles l' e or du Soudan ¬Ľ aux Arabes apr√®s l'avoir, vraisemblablement, d√©j√† vendu aux Ph√©niciens. Depuis les ann√©es 870 √† 880 la route de Sijilmassa est m√™me la seule ¬ęroute de l'or¬Ľ depuis qu'Ibn Touloun, d√©l√©gu√© du calife d'Orient en Egypte, a interdit la route du Sahara oriental en raison des temp√™tes de sable et des pillards qui la rendaient peu s√Ľre. Or le royaume de Ghana arrache en 990 Aoudaghost au roi berb√®re qui en est le ma√ģtre et le tue, affermissant du m√™me coup son contr√īle sur les Berb√®res Lemtouna et Goddala du Tagant Mauritanien. D√©s 1020 les tribus Sanhaja essaient de s'affranchir de la tutelle du roi de Ghana ; leur chef, l'√©mir Tarsina, meurt en 1023 apr√®s un p√®lerinage √† la Mecque mais son gendre, Yahia Ibn Ibrahim, reprend le flambeau ; au retour eu 1035 de son propre p√®lerinage √† la Mecque il veut s'assurer les services d'un savant musulman pour enseigner l'Islam aux Berb√®res du Sahara occidental il le trouve pr√®s de Sijilmassa en la personne d'Abdallah Ibn Yasin, un mal√©kite, qui pr√™che une religion rigoriste parmi les Goddala. Peu heureux tout d'abord dans ses efforts de pros√©lytisme, il se r√©fugie avec Yahia et sept compagnons dans une √ģle de la c√īte mauritanienne et y fonde un couvent fortifi√© (ribat) qui attire rapidement un millier de fid√®les, qu'on appelle ¬ęceux du ribat¬Ľ ¬ęal Morabethin¬Ľ, d'o√Ļ la langue espagnole a tir√©s ¬ęalmoravides¬Ľ. [...] Les Almoravides progressent rapidement au Maroc. [...] Youssef Ibn Tachifin devient chef militaire et religieux des Almoravides en 1061. Il rompt avec ses origines nomades en installant sa capitale it Marrakech. Il s'assure progressivement le contr√īle du nord du Maroc et prend F√®s en 1069. De 1079 √† 1082 il parach√®ve sa conqu√™te et l'√©tend m√™me jusqu'√† l'ouest alg√©rien. C'est depuis Youssef Ibn Tachfin que les souverains du Maroc portent le titre d'¬ęAmir al Moumenin¬Ľ (prince des croyants). Pendant ce temps son parent Abou Bekr poursuit la conqu√™te du royaume de Ghana et soumet en 1076 les r√©gions du S√©n√©gal et du Niger occidental, dont les ressources aurif√®res permettront aux Almoravides de frapper leurs ¬ęmarabotins¬Ľ, pi√®ces qui feront prime sur tous les march√©s de l'Occident, y compris en Europe (Robert R√©zette, Le Sahara occidental et les fronti√®res marocaines, 1975 - books.google.fr).

 

Après les Almohades (1147-1248), Mérinides (1248-1465), les Wattassides (1465-1555), dominent les Saadiens.

 

Apr√®s Agadir les Saadiens s'installent dans le Sous, font de Taroudant leur capitale, prennent Safl et Axern-mour, r√©gnent finalement √† Marrakech en attendant de chasser les Ouattassides de F√®s en 1549. Ils doivent aussit√īt affronter le p√©ril turc qui arr√™tera sa progression aux fronti√®res actuelles du Maroc, gr√Ęce √† l'alliance des sultans saadiens et des chr√©tiens espagnols d'Oran. [...] Le r√®gne d'Aboul Abbas Ahmed proclam√© sultan et surnomm√© El Mansour apr√®s sa victoire de 1578 sur les Portugais √† El Ksar el Kebir, marque la reprise des liaisons transsahariennes avec le royaume noir Sonrhay de Gao, qui couvrait alors presque tous les territoires actuels du S√©n√©gal, du Mali, du Niger, et de la Nigeria du Nord. [...] Pendant un temps Ahmed el Mansour retirera de la r√©ouverture de la route du Sahara occidental assez d'or et d'esclaves noirs pour m√©riter le nouveau sur nom d'¬ęEd Dehbi¬Ľ (le Dor√©). [...]

 

C'est encore du sud que viendra une autre dynastie de rassembleurs du Maroc celle des Alaouites, qui r√®gne toujours aujourd'hui. [...] Moulay Rachid, qui fonde r√©ellement la dynastie en 1664, na√ģt au Taillaient d'une famille arriv√©e d'Arabie √† la fin du XIIIe si√®cle, et qui descend d'Hassan, fils d'Ali, le gendre du Proph√®te (d'o√Ļ le nom d'alaouites). A sa mort en 1672 Moulay Rachid a presque enti√®rement reconstitu√© l'unit√© du Maroc, r√©tabli l'axe Sijilmassa-F√®s, et renou√© avec le sud saharien en envoyant une exp√©dition en 1665 dans la r√©gion de Chiadane et de Tichit (Robert R√©zette, Le Sahara occidental et les fronti√®res marocaines, 1975 - books.google.fr).

 

En 1034, alors que le roi Canut r√©gnait sur l'Angleterre, le Danemark et la Norv√®ge, un certain Harald Hardrada commandait la flotte byzantine contre les pirates arabes. En 1066, Hardrada, qui √©tait devenu roi de Norv√®ge, √©tait battu √† Stamford Bridge par le roi Harold d'Angleterre. Ce dernier devait plus tard p√©rir sous les coups d'un Viking normand, Guillaume le Conqu√©rant. Les Vikings s'√©taient r√©pandus de l'Islande √† l'Afrique du Nord, de la Russie √† l'Am√©rique ; marins d'√©lite, ils avaient commenc√© comme pirates, pillant et incendiant pour la gloire, l'aventure et la fortune. Ils avaient envahi l'Irlande et ran√ßonnaient l'Angleterre, ils remontaient les grands fleuves d'Europe, mettaient √† sac Nantes et Rouen, assi√©geaient Paris lui-m√™me, s'emparaient de Lisbonne et de S√©ville, harcelaient les c√ītes d'Italie (Courtlandt Canby, Histoire de la marine, traduit par Charles-Albert Reichen, 1962 - books.google.fr).

 

Pi√®ce de monnaie √† l'effigie du roi Knut le Grand, frapp√©e vers 1023 dans un atelier de Londres : cf. Lucien Musset, Quelques traits de l'histoire anecdotique et l√©gendaire de Knut le Grand, dans M√©moires de l'Acad√©mie des sciences, arts et belles-lettres de Caen, t. XXXVI, 1998, p. 3-14 (Proxima thul√©, Volume 4, Soci√©t√© des √©tudes nordiques, 2000 - books.google.fr).

 

La frappe des monnaies fut introduite en Scandinavie au temps de Knut le Grand à l'exemple de l'Angleterre, apportant des ressources nouvelles, surtout lorsqu'elle devint un monopole, au Xe siècle (Lucien Musset, Les peuples scandinaves au Moyen Age, 1951 - books.google.fr).

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