La guerre des Cimbres

La guerre des Cimbres

 

VIII, 18

 

2043

 

De Flora issue de la mort sera cause,

Un temps devant par ieusne & vieille bueyre

Par les trois lys luy feront telle pause,

Par ton fruit fauve comme chair crue mueyre..

 

Guerre des Cimbres (113-101)

 

Pour s'assurer une route d'Italie en Espagne, les Romains avaient fait la conquête de la Narbonnaise (125), dix ans plus tard, ils commencèrent, par la soumission des Carnes, l'asservissement des montagnards des Alpes. Mais ils furent tout à coup arrêtés dans cette œuvre par une formidable invasion. 300000 Cimbres et Teutons, reculant devant un débordement de la Baltique, franchirent le Danube, battirent un consul (113), et dévastèrent, durant trois années, le Norique, la Pannonie et l'Illyrie ; quand il n'y resta plus rien à prendre, la horde traversa le pays des Helvètes, dont une partie consentit à les suivre, et tous ensemble ils pénétrèrent en Gaule (110). Arrivés sur les bords du Rhône, ils écrasèrent une seconde armée romaine. En 107, deux autres furent encore exterminées. Heureusement les barbares passèrent une année à jouir de leurs victoires; ils laissèrent même le consul Cépion saccager Toulouse.

 

L'année suivante, le sénat envoya une nouvelle armée et un autre consul, Manlius, qui dut partager avec Cépion le commandement. Cette mesure mauvaise amena un épouvantable désastre : les deux camps, attaqués l'un après l'autre, furent forcés; 80 000 légionnaires, 4000 esclaves ou valets d'armée tombèrent sous le glaive; tout le reste fut pris. C'était la sixième armée romaine détruite par les barbares (6 octobre 105) (Victor Duruy, Abrégé d'histoire Romaine avec des cartes géographiques: rédigé conformément aux derniers programmes officiels pour la classe de quatrième, 1865 - books.google.fr).

 

"trois peuples"

 

D'après Plutarque, l'an de Rome 652 vit arriver trois peuples nouveaux, que l'historiographe appelle Teutons, Cimbres et Ambrons. Il confesse que les Cimbres sont des Cimériens sortis des abords du Palus-Méotides, répandus ensuite vers le nord jusque dans les sombres profondeurs de la forêt Hercynienne, et qui enfin venaient de se rejeter vers le sud. Mais Plutarque n'est pas aussi bien renseigné sur l'origine des Ambrons et des Teutons. Tout ce qu'il en sait est même un peu diffus, et a porté certains écrivains à les confondre avec les Ligures : ils viennent par la Ligurie (Italie), côtoient le rivage de la mer, et marchent contre Marius qui les rejoint sur les bords du Conus (le Bourbeux) ou Arc, petit fleuve de Provence qui est tributaire de l'étang de Berre, le Stomalimné de Strabon : «C'était un nombre infini de Barbares hideux à voir, raconte l'écrivain ingénu, et dont la voix et les cris ne ressemblaient pas à ceux des autres hommes.» Quant aux Cimbres, ils ne se trouvaient pas avec ces deux peuples alliés. Comment auraient-ils pu s'entendre ? Descendus des Alpes, ils regagnent la Haute-Germanie pour aller surprendre Catule aux passages des montagnes, en tombant sur lui par la Norique (Styrie). Ces marches et contremarches de géants semblent des jeux d'enfants pour l'historien. Marius défait les Ambrons et les Teutons, l'an 102 A. D. à Aix ; puis, se repliant à son tour vers l'Italie, il y rejoint les Cimbres, l'année suivante, 101 A. D., et les taille en pièces à Verceil (Emile Fortuné Stanislas Joseph Petitot, Origines et migrations des peuples de la Gaule jusqu'à l'avènement des Francs, 1894 - books.google.fr).

 

Cicéron, parlant de la grande invasion des Kimbri que nous nommons Cimbres, dit à plusieurs reprises et de la manière la plus formelle que Marius a vaincu des Gaulois ; Salluste énonce que le consul Q. Cæpion défait par les Cimbres, le fut par des Gaulois ; Diodore de Sicile attribue à des Gaulois les triomphes et les dévastations des Cimbres ; Plutarque appelle Gaulois le Cimbre qui voulut tuer Marius ; il dit que Sertorius faisait l'office d'espion dans le camp des Cimbres à l'aide d'un vêtement gaulois et de la langue gauloise qu'il parlait bien. La plupart des écrivains postérieurs, entre autres Appien et Dion Cassius, dont le témoignage est si grave, tiennent un langage pareil ; enfin le bouclier cimbrique de Marius portait la figure d'un Gaulois. Il faut ajouter que Ceso-rix et Boïo-rix, noms des chefs de l'armée cimbrique, ont toute l'apparence de noms gaulois (Amédée Simon Dominique Thierry, Histoire des Gaulois: depuis les temps les plus reculés jusqu'a l'entière soumission de la Gaule a la domination romaine, Tome 1, 1866 - books.google.fr).

 

"pause" : trois ans

 

Au lieu de franchir les Alpes, ils tournèrent vers l'Espagne, où ils restèrent trois ans. Ce retard fut le salut de Rome. Elle eut le temps de rappeler Marius d'Afrique et de l'envoyer garder les portes de l'Italie : trois années de suite elle le continua dans le commandement. Quand les barbares revinrent, ils se séparèrent : les Cimbres prirent à gauche par l'Helvétie, pour descendre par le Tyrol et la vallée de l'Adige, tandis que les Teutons marchaient droit à Marius. Pour aguerrir ses soldats en attendant les barbares, il les avait soumis aux plus pénibles ouvrages; et pour les habituer à les voir de près, quand ils furent arrivés, il leur refusa longtemps de combattre. L'action s'engagea près d'Aix (102) (Victor Duruy, Abrégé d'histoire Romaine avec des cartes géographiques: rédigé conformément aux derniers programmes officiels pour la classe de quatrième, 1865 - books.google.fr).

 

"lys"

 

Bullet a observé qu'on trouve des fleurs de lys sur des monumens du haut et du moyen âge, sur les sceptres et les couronnes de divers empereurs d'Occident, de divers rois de Castille et de la Grande Bretagne, avant que les Normands en eussent fait la conquête. [...] STRUVE, dans son Corpus hist. germ., Ien. 1730, t. I, a reproduit les sceaux des Empereurs et l'on voit des fleurs de lis à la couronne d'Othon III qui commença à régner en 983; au sceptre de Henri II qui fut élu en 1002; à la couronne de Conrad II, élu en 1024; au sceptre d'Othon IV, élu en 1198. [...] B. DE MONTFAUCON, dans ses Monuments de la monarchie franç., t. iv, préf., a donné la gravure de la couronne de cuivre d'Eudes duc d'Aquitaine, inhumé en 735, qu'on a trouvée dans son tombeau et dont les quatre parties sont séparées par des fleurs de lis. [...] Des monuments bien plus anciens que ceux cités par Bullet portaient cet ornement. En effet, on le voit incrusté, au Musée de Ninive à Paris, sur plusieurs briques provenant des ruines de cette ville. [...]

 

Mais quel était le sens de ce symbole ? C'est ici que les systèmes s'entrecroisent. Les uns y voient l'iris ou lis des marais d'où les premiers Francs sont sortis; les autres la fleur des couronnes que les soldats de Clovis tressèrent après la bataille de Tolbiac; ceux-ci, avec le P. HENSCHENIUS, Acta Sanct., mart., t. III, l'union des trois sceptres d’Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne dans la main de Dagobert; ceux-là, une arme offensive, variété du sharm-sax des Saxons, composée des trois fers, l'un droit et deux en demi-croissant, reliés par une clavette. AUDIGIER, dans le Journal des Savans, 1677, trouvait que “la forme répond assez à celle d'un javelot et d'une espèce d'instrument de guerre appelé lys, que César employa au siège d'Olive, disant qu'elle porte ce nom à cause de sa ressemblance avec la fleur de lis" (Inventaire des archives de la ville de Bruges: Treizième au seizième siècle, Volume 1, 1878 - books.google.fr).

 

Les Sicambres, de qui nous descendons, adoroient trois lances plantées au milieu de leur armée : les fleurs de lys nous viennent de là, et nous retracent la trinité guerrière de nos aïeux (Joseph Antoine Joachim Cérutti, Bréviaire philosophique ou Histoire du judaisme, du christianisme et du déisme, en trente-trois vers; par le feu roi de Prusse, 1791 - books.google.fr).

 

Chaque tribu se ralliait sous un symbole : la plus noble d'entre elles se distinguait par des abeilles ou trois fers de lance (Les Martyrs).

 

Chateaubriand suit l'opinion de certains héraldistes qui voient dans la fleur de lis , emblème de la royauté en France depuis le XIIe siècle , une figure artificielle formée de trois fers de lance (Ludwig Herrig, La France littéraire: édition abrégée : morceaux choisis des grands écrivains français du XVII au XX siècle par Eugéne Pariselle, 1910 - books.google.fr).

 

«La France fut faite à coups d'épée. La fleur de lys, symbole d'unité nationale, n'est que l'image d'un javelot à trois lances» (De Gaulle, La France et son armée, 1938) (Florent Vandepitte, Le Petit Livre des grandes citations de Charles de Gaulle, 2020 - books.google.fr).

 

Les Cimbres, au temps de Strabon, de Pline et de Tacite, existaient encore au nord de la Germanie, et ne paraissaient nullement différer des autres peuples germains. Au nombre des cinq races germaniques, Pline indique des Cimbres d'une part parmi celle des Ingevons, dont font également partie les Teutons et les Chauques ; d'autre part, parmi les Istævons, voisins du Rhin. C'est au nord de la Germanie, sur les bords de la mer que Tacite place les Cimbres, peu nombreux alors, mais grands par la renommée. Strabon indique également les Cimbres à côté des Sicambres, parmi les Germains septentrionaux s'étendant le long de la mer, du Rhin à l'Elbe. D'ailleurs, non-seulement longtemps le nom de Chersonèse cimbrique donné au Jutland, mais actuellement encore le nom de Kimbrishamm porté par une petite ville de la Skanie, au sud de la Suède, indiquent les régions maritimes septentrionales occupées par les Cimbres (voy. Malte-Brun, Abrégé de géographie, 5e éd. 1842, p. 403). On peut même remarquer que les auteurs anciens semblent admettre la parenté ethnique des Cimbres avec les autres Germains. Tacite ne les distingue pas des peuples Germains, lui, qui regarde les Germains comme des peuples de race pure, et qui a si grand soin de signaler les Helvètes, les Boies, les Gothins et quelques autres peuplades comme étant des Gaulois, ou ayant quelqu'autre origine étrangère IDe mor. Germ., XXXVIII, XLIII, etc.). Pline regarde les Cimbres comme de la même famille que les Teutons et les Chauques. César parle d'un chef des Suèves appelé Cimbérius (1. I, cap. XXXVII). Enfin, Strabon rapproche les Cimbres des Sicambres. Or ces Sicambres, Sicambri, Sigambri, Sugambri, que leur nom signifie Cimbres des bords de la mer SEE-CIMBER, ou des bords de la Siega, la Sieg, rivière qui astlue au Rhin auprès de Bonn, Bonna ; ces Sicambres, que César (De Bello.g., 1. VI, cap. xxxv), Tacite (Annales, I. XII, cap. XXXIX), Suétone (Auqustus, XXVI) nous montrent parmi les Germains établis auprès du Rhin, furent une des principales tribus germaniques qui, plus tard, au commencement du cinquième siècle après Jésus-Christ, sous la dénomination de Francks, prirent part à l'invasion des Gaules. Le chef de guerre des Francks, der Herzog, puis koning, était un Merowig, un Sicambre (Amédée Dechambre, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Volume 13, 1873 - books.google.fr).

 

Lilium

 

Je touche par cet endroit à ce qu'on appelle défenses accessoires. Voici les principales en usage chez les Romains. César, qui accumula dans ses lignes d'Alesia tous les moyens de défense, y employa les cippus, les lilium et les stimulus. Les cippus ou ceps consistaient en cinq lignes continues de tranchées profondes de cinq pieds, au fond desquelles étaient solidement plantés des troncs d'arbres dont les branches, aiguisées en pointe, sortaient du sol pour former cinq rangs d'abattis, entrelacés et liés ensemble. On a trouvé devant Alaise, au Conat, comme vestiges bien caractérisés de ces cippus, une file de cinq troncs d'arbres en partie brûlés, distants entre eux de huit pieds (2m,369) d'axe en axe. Il résulte de celte dernière mesure que chaque tranchée des cippus avait une largeur de trois pieds (0m,888). Les lilium, ainsi nommés pour leur ressemblance avec la fleur du lis, étaient ce que nous appelons des trous de loup, sorte de puits tronconiques, disposés en quinconce, sur huit rangées, à huit pieds (2m,369) de distance de centre à centre, avec des intervalles de trois pieds (0m,888): diamètre supérieur, cinq pieds (1m,481); inférieur, deux pieds (0m,592); profondeur, trois pieds (0m,888). Un piquet aigu était planté au centre et ne dépassait le sol que de quatre doigts. Des ronces et des broussailles recouvraient et cachaient le piège. Les stimulus ou aiguillons, petits piquets analogues à nos piquets à l'allemande, étaient longs d'un pied (0m,296) et leur bout supérieur était armé d'un clou pointu en fer. On les fichait en terre irrégulièrement à un pied de distance les uns des autres. L'ajustement du clou sur la tête du piquet était celui de l'aiguillon sur sa hampe, de l'aiguillon qui sert encore aujourd'hui pour appeler les bœufs : de là le nom de stimulus donné à ce genre de défense (Mémoires de la Société d'émulation du Doubs, Volume 1862., 1864 - books.google.fr).

 

"bueyre"

 

bueyre : querelle en langue d'oc (Balthazar Guynaud, La Concordance des prophéties de Nostradamus avec l'histoire depuis Henry II. jusqu'à Louis le Grand: La vie et l'apologie de cet auteur, 1712 - books.google.fr).

 

femme qui fait bouillir la lessive, bugadière, et lavandière (= mégère dans le folklore) (Jean-Paul Clébert, Nostradamus, mode d'emploi: la clé des prophéties, 1981 - books.google.fr).

 

Les communes comprises dans le Val de Bueyre, qui s'étendait de Montélimar à Sorgues et de Pont-Saint-Esprit à Malaucène, était exemptes de tout péage et pulvérage dans toute la principauté d'Orange, dont le marché se trouvait traditionnellement en vive concurrence avec celui de Carpentras (A. Allègre, Monographie de Beaumes-de-Venise (Vaucluse), 1967 - books.google.fr).

 

Val de Bueyre, qui signifie val de beurre, vallée ainsi nommée parce qu'elle était très grasse, c'est-à-dire très fertile. Elle comprenait une grande partie des arrondissements d'Orange et de Carpentras (Annales d'Avignon et du Comtat Venaissin, Volumes 1 à 2, 1912 - books.google.fr).

 

PELLISSIER-SAINT-FERRÉOL, au Comté Venaissin & en Dauphiné. Il est parlé de cette Famille noble dans le Dictionnaire des Gaules, fous les noms de différentes Terres qu'elle possède; dans l'Histoire héroïque de la Noblesse de Provence, Tom. II, & nous en avons déjà fait mention au Tome VII de notre première Edition, p. 352 & suiv. Cette Famille, une des plus anciennes du Comté Venaissin, connue sous le nom de Saint-Ferréol, dont elle a long-tems possédé la Terre, a formé plusieurs branches, dont la plupart font éteintes. Il en reste deux au Comté Venaissin ; l'une, des co-seigneurs de la Garde-Paréol, de laquelle est l'Evêque actuel de Vaison ; l'autre, des Seigneurs de la Corte. Il y a encore une troisième branche des PELLISSIER, Seigneurs de Chavigny en Bretagne. Nous donnerons ci-après le précis de la filiation de ces trois branches. L'ainée étoit celle des Seigneurs de Chavigny, établie à Grenoble, & fondue, par une fille, dans la Famille de Quenneville, dont il ne reste qu'une fille, vivante à Paris, qui est la Marquise de Thorigny. La filiation de la Famille de Pellissier remonte à des tems reculés, où elle possédoit le Château de Pellissier, dans le Val de Bueire, in Boria. Il fut totalement détruit après 1330, sur la fin du XIVe siècle, par les Vaudois, ou par les gens d'armes du Comte de Turenne. On ne sçait s'il avoit donné le nom à la Famille, ou s'il l'en avoit reçu. Le territoire porte encore le nom du Quartier de Pellisier, ainsi qu'il conste par un acte solemnel de division de territoire, entre les Communautés de la ville de Vaison & de Seguret, reçu par Esprit Balbi, Notaire de Carpentras, le 4 Juin 1585, où on désigne deux grandes pierres posées pour bornes dans le quartier de Pellissier. Ce Château étoit possédé en franc-aleu & en toute Justice ; car dans les anciens titres du XIIe siècle on l'appelle Alodus de Pelliseriis ou Pelliseriorum, cum Turre, furno & tenemento in Boriâ. On sçait qu'alors les aleux étoient des Terres données en toute justice & en pleine propriété par les Princes, pour récompense des services militaires (François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, Tome 11, 1776 - books.google.fr).

 

Flora de Saint Hippolyte

 

SAINT-HIPPOLYTE, près du Barroux. Autel à Mars Albarinus  Au Musée de Carpentras : C. Jullian, dans B. A., 1922, p. XXXVII et CXCIII, et R. E. A., 1923, p. 174 (d'après E. Lépaule) ; Année épigr. (in R. A., 1923, p. 30, n° 99) ; Espérandieu, Inscr. Narb., p. 54, no 173. Au quartier des «Cotes», sur l'ancienne route conduisant aux eaux de Montmirail et de Beaumes. Autel aux Nymphes Carinnae. Chez M. Sage, à Caromb : J. Sautel, Découvertes gallo-romaines de Marius Sage, dans Rhodania, 1937, no 1747, p. 5-6. A la ferme Marron, quartier de «La Bariane». Autel anépigraphe à Silvain, avec maillet-hache en relief. Chez M. Sage, à Caromb : J. Sautel, Ibid., p. 6. «Dans le bourg de Saint-Hippolyte.» Épitaphe de Vinatius, mort à 22 ans, d. par ses parents Antonalius et Flora Aujourd'hui perdue :  C.I.L., XII, 1194 (d'après Joseph de Bimard (1703 - 1742)) (Adrien Blanchet, Carte archéologique de la Gaule romaine, Volumes 5 à 7, 1931 - books.google.fr).

 

"fruit... comme chair crüe"

 

Orose rapporte, sans doute sur la base d'une partie perdue de l'Histoire romaine de Tite-Live, qu'après la défaite de l'armée romaine à la bataille d'Arausio (Orange) en octobre 105 av. J.-C., "les ennemis, maîtres des deux camps et d'un énorme butin, anéantirent tout ce dont ils s'étaient emparés dans un sacrifice expiatoire nouveau et insolite : les vêtements furent déchirés et abandonnés, l'or et l'argent jetés dans le fleuve, les cuirasses des combattants mises en pièces, les phalères des chevaux détruites, les chevaux eux-mêmes noyés dans des tourbillons, les hommes pendus aux arbres par des lacets passés à leur cou, si bien que le vainqueur ne réalisait aucun butin, et que le vaincu ne connaissait aucune miséricorde" (Marc-André Wagner, Le sacrifice du cheval chez les Germains : éléments de comparaison avec les pratiques des Celtes, Fauna and Flora in the Middle Ages: Studies of the Medieval Environment and Its Impact on the Human Mind ; Papers Delivered at the International Medieval Congress, Leeds, in 2000, 2001 and 2002, 2007 - books.google.fr).

 

Orose emploie le terme "loricae" traduit par cuirasses ou cottes de maille (Orose, Histoire contre les païens, Livre V - www.thelatinlibrary.com, F. Beauvois, Bulletin critique de la mythologie scandinave, Revue de l'histoire des religions, 1881 - books.google.fr).

 

Lorile correspond à un latin loricula, diminutif de lorica, qui signifiait tant «cotte de maille» que «parapet, redoute». Lorica survit en v. prov. loriga «cotte de maille» (G. Tilander, Lexique du Roman de Renart, Romania: recueil trimestriel consacré à l'étude des langues et des littératures romanes, Volume 52, 1926 - books.google.fr).

 

Les soldats romains vaincus pendaient aux arbres comme des fruits.

 

Les Germains ne s'appliquant que faiblement à l'agriculture, leur nourriture consistait principalement en fruits sauvages, en laitage et viandes, sans apprêt ni assaisonnement, dit Tacite (M. G., 23.). S'il faut en croire P. Méla, ils mangeaient même de la chair crue (III, 3), ce qui cependant n'eut lieu, probablement, que dans des cas exceptionnels. Ils paraissent avoir aimé beaucoup la viande de cheval, mais leur mets de prédilection était le porc et le sanglier (A.G.B. Schayes, La Belgique et les Pays-Bas, avant et pendant la domination Romaine tableau historique, geographique, physique, Volume 1, 1858 - books.google.fr).

 

"trois lys" : treslis

 

Autres textes, non moins clairs : Dou dos li traient le bon hausberc treslis ; - Saingles remest eu bliaut de samis (Amis et Amiles, v. 1739, 1740) (Léon Gautier, La chevalerie, 1891 - books.google.fr).

 

Une cotte de mailles annulaire est un équipement défensif constitué d'un assemblage d'anneaux métalliques (fer, acier, bronze, cuivre...). Cet équipement a pour but de protéger son porteur des coups tranchants. Par contre, une cotte de mailles est inefficace face à des coups contondants ou perforants. Pour pallier ce défaut, il convient de porter sous la cotte une protection supplémentaire. Cette protection supplémentaire consiste en un vêtement rembourré qui aide à résister aux coups contondants et perforants (comme le gambison ou la jaque légère). Toujours dans cette optique, on peut également rajouter sur la cotte d'autres éléments de protection tels que des macles (mailles plates) ou des plates (grandes macles) voire des éléments d'une armure de plates comme une pansière, des spalières... Avant le XIIe et jusqu'au milieu du XIIIe siècle, les objets en maille annulaire étaient également désignés sous le terme de «jaseran» (jazeran). L'armement évoluant, ce terme a progressivement changé de sens pour désigner des objets faits en mailles plates reliées par des mailles annulaires. Les qualificatifs de «tresli» (tressé, entremêlé) et d'«haubergerie» (constituant les hauberts), en opposition aux mailles plates des broignes, ont fini par désigner les mailles annulaires. Le terme «annulaire» est en fait un qualificatif «moderne»

 

D'origine celte, les loricae hamatae furent adoptées par les armées de la Ligue latine (qui devinrent les armées romaines) après la prise de Rome par des troupes celtes (environ en 350 av. J.-C.). Ce sera le harnois le plus utilisé par les armées de la Ligue latine, puis par celles de la République et de l'Empire romain. Elles commenceront à disparaître au VIe siècle dans l'Empire romain d'Occident au profit de la broigne, à la suite des réformes des fabricae. Ces réformes, menées lors d'une grave crise monétaire, prescrivaient que la fabrication de l'armement devait se faire en fabrique et non plus par les légions, afin de réduire les couts de production. L’Empire romain d'Orient, lui, continuera normalement à en faire usage (fr.wikipedia.org - Cotte de mailles annulaire).

 

Le Cupidon reproché à Verrès par Cicéron, celui même qui attirait les curieux à Thespies, est aussi de Praxitèle. On le voit aujourd'hui sous les portiques d'Octavie. Les ouvrages de cet artiste que nous avons à Rome sont Flore, Triptolème, Cérés dans les jardins de Servilius : le bon Succès, la bonne Fortune dans le Capitole, les Ménades et des statues qu'on appelle Thyades et Caryatides : et dans les édifices d’Asinius Pollion plusieurs Silènes, Apollon et Neptune (Morceaux extraits de Pline, traduit par Pierre-Claude-Bernard Guéroult, Pierre Claude Bernard Gueroult, 1845 - books.google.fr).

 

Flore et les Servilii

 

Flore est une des plus anciennes divinités de l'Italie centrale, une de celles aussi dont le culte se localisa le plus là où il avait pris naissance, sans pouvoir se répandre au dehors. Elle présidait à la floraison printanière, à celle des céréales d'abord puis à celle des arbres fruitiers et de la vigne finalement à l'épanouissement des fleurs de pur agrément. [...] Le culte de Flora faisait partie de tout un ensemble de cérémonies, qui, dans le mois d'avril, si important pour la prospérité des récoltes, mettaient les biens de la terre sous la protection des dieux; il succédait, à quelques jours d'intervalle, aux FORDICIDIA, aux CEREALIA, aux VINALIA priora et aux ROBIGALIA. Jusqu'aux guerres Puniques il ne semble avoir eu d'autre centre qu'un temple fort ancien, sur le Quirinal, un peu au sud de la porte Sanqualis. Un flamine spécial y présidait, institué par le roi Numa"; ce flamen Floralis à qui, sur la liste des petits flamines, correspondait le flamen Pomonalis, le dernier dans l'ordre des préséances, est encore en fonctions sous l'Empire. [...] Le culte de Flora est un de ceux qui furent modifiés par l'intervention des oracles Sibyllins. La transformation date de l'an 240 ou 238 av. J.-C.; elle eut pour raison d'être des années de récoltes mauvaises et les cérémonies nouvelles furent instituées ad placandum. [...] A l'occasion de la dédicace du temple que les deux frères Publicius, édiles plébéiens, avaient élevé à la déesse auprès du Grand Cirque, des jeux furent institués ; célébrés d'abord à intervalles variables, ils devinrent annuels à partir de 173 av. J.-C. C'est à cette transformation que fait allusion le denier de la gens Servilia, qui porte en légende, autour de la tête de Flora : FLORA(LIA) PRIMUS, etc. Ils commençaient le 28 avril, jour solennel de la déesse (natalis Florae 8) et en vinrent, par des accroissements successifs, à durer six jours, jusqu'au 3 mai. [...] Ces fêtes furent de tout temps très bruyantes et licencieuses ; déjà au dernier siècle de la République des courtisanes y figuraient, n'attendant que les réclamations de la foule pour se montrer toutes nues (Dictionnaire Daremberg et Saglio - dagr.univ-tlse2.fr).

 

Sur une monnaie consulaire appartenant à la famille ou gens Servillia, on voit la tête d'une femme couronnée de fleurs avec cette légende : FLORA. PRIMUS, c'est-à-dire : Floralia primus instituit. R. SERVILI. Deux guerriers vis-à-vis l'un de l'autre, se présentent chacun leur épée. Cette monnaie a été frappée en Asie par le préteur de Lucius et de Cassius, vers 711, et rappelle qu'un de leurs ancêtres institua, le premier, les floralia ou jeux floraux, en l'honneur de Flore suivant les uns, et d'une courtisane suivant Lactance. On suppose que le revers indique le pacte des deux Servilius, meurtriers de César (Tristan-Martin, Monnaies de l'arrondissement de Cholet, Répertoire historique et archéologique de l'Anjou, 1864 - books.google.fr).

 

Quintus Servilius Caepio (ou encore, en français, Cépion) est un homme politique de la République romaine, consul pour l'an 106 av. J.-C. puis proconsul, il est un des responsables du désastre romain à Orange en 105 av. J.-C. Il est condamné plusieurs fois, pour son comportement précédant le désastre mais aussi pour avoir détourné l'« or de Toulouse», et il finit sa vie en exil. Il est membre de la famille patricienne des Servilii, qui occupent de hautes magistratures tout au long de la République romaine (fr.wikipedia.org - Servilius Caepio).

 

Teutobochus

 

Les historiens latins disent que le roi cimbre et le roi teuton , vaincus par Marius, s'appelaient  l'un Boïorix et l'autre Teutobochus (Alexandre Moreau de Jonnès, La France avant ses premiers habitants et origines nationales de ses populations, 1856 - books.google.fr).

 

Le 11 janvier 1613, des ossements furent retrouvés (dans une sablonnière à environ six mètres de profondeur) non loin de Romans dans le bas Dauphiné. Ils lui furent attribués, car ils auraient été accompagnés de médailles portant le nom de Marius (en fait deux lettres M et A). Le squelette aurait été couché dans un tombeau de briques, avec un chapiteau de pierre grise sur laquelle était gravé : Theutobocus rex. Enfin, les os auraient prouvé une taille de plus de 10 mètres (taille supérieure à celle de l'arc de triomphe d'Orange, alors considéré, à tort, comme le trophée de Marius). Les os furent portés le 20 juillet à Paris, où l’intendant des médailles et antiques du roi fit un récépissé, puis à la Cour où le jeune Louis XIII à Fontainebleau, s'étonna que de tels hommes aient vécu. La supercherie aurait été organisée par Mazuyer, chirurgien à Beaurepaire, et par David Bertrand ou Chenevier, notaire, les auteurs de la prétendue découverte. une dent conservée dans les collections de paléontologie du Muséum et portant la mention «Theutobochus» était en fait celle d'un mastodonte préhistorique, le Dinothère ou Deinotherium, un proboscidien disparu (fr.wikipedia.org - Theutobocus).

 

"sauve"

 

"salvia", sauge (Gaffiot).

 

Le nom latin de la Sauge (Salvia, de salvare) reste pour témoigner de la réputation prodigieuse dont elle a joui. On l'appelait aussi herbe sacrée, au rapport d’Agrippa et d'après Aetius. L'école de Salerne a été le dernier écho de cette renommée inconcevable; elle a consacré dans la Sauge un breuvage capable d'assurer à l'homme l'immortalité, ce qui, en raison de la forme poétique de l'adage, peut bien passer pour de la longévité : Cur moriatur homo cui Salvia crescit in horto ? Si nous pouvions, comme l'école de Salerne, proclamer que la Sauge est le meilleur médicament contre la mort, nous n'aurions rien à ajouter. Ce qu'on a raconté des deux espèces de Teucrium que nous rassemblons ici n'est guère moins merveilleux. Pline rapporte ce qui suit au sujet du Marum ; De ce temps même Teucer inventa le Teucrium. Le moyen comme cette herbe fut inventée est tel : Il arriva qu'une fois ayant jeté sur cette herbe le dedans d'une bête, on trouva que cette herbe s'était attachée à la rate et l'avait consumée : pour cette cause plusieurs l'appellent splenion. On dit qu'on ne trouve point de rate aux pourceaux qui auraient mangé la racine de cette herbe, etc.

 

Il faut avouer que si les propriétés résolutives et désobstruantes si exaltées du Teucrium Marum sont nées de ce conte, on peut se dispenser de les relever. Nous aimerions mieux croire que le conte a été bâti pour donner plus de crédit à ces propriétés déjà reconnues directement ou par analogie; car bien que nous ne puissions pas ajouter le témoignage de notre propre expérience à ceux qui depuis le temps des premiers empiriques se sont soutenus jusqu'à nous, ces témoignages sont trop nombreux et trop respectables pour qu'on doive les rejeter absolument. Les propriétés physiques et chimiques du Marum sont du reste très-marquées, et il n'y a rien d'étonnant que ses propriétés médicales puissent aussi être utilisées dans les cas où nous parlerons de l'emploi de la Sauge. Cullen, qui s'est appliqué à nier les vertus, spéciales au moins, de la plupart de ces plantes, accorde au Marum qu'il est le plus puissant céphalique et antispasmodique des verticillées. Ce que dit Galien (Antid., VI, 12) pour attester les vertus alexitères du Teucrium scordium est toutefois moins incroyable que la fable précédente; il raconte (d'après des auteurs dignes de foi) qu'après une bataille, les morts qui étaient tombés sur des plantes de Scordium étaient moins corrompus que les autres, surtout du côté par lequel ces corps touchaient au Scordium (Armand Trousseau, Traité de thérapeutique et de matière médicale, Tome 2, 1862 - books.google.fr).

 

Il existe un Teucrium fruiticans (Auguste Joxe, Sur l'ouverture des fruits indéhiscents, à la germination, 1912 - books.google.fr).

 

"mueyre"

 

"mueyre" : morir en occitan mourir (Peter Wunderli, Les quatre évangiles occitans dans le Ms. BN fr. 6261: Vol. 1: Introduction et édition critique / Vol. 2: Analyse de la langue, Lexique et Index des noms, 2017 - books.google.fr).

 

ou "mueyre" : saumure (cura.free.fr).

 

ou muevre : mouvoir (se balancer) (Eduard Adolf Ferdinand Maetzner, Englische Grammatik: Die Lehre vom Worte, Tome 1, 1880 - books.google.fr).

 

Acrostiche : DUPP

 

Duppe ou dupe est un jeu de cartes, sorte de lansquenet inversé, appelé aussi florentini

 

Du blason, cet insigne passa jusque sur les cartes à jouer. M. G. PEIGNOT, Dict. raisonné de bibliologie, suppl., 1, 16, dit : “Le jeu de piquet ayant été inventé sous Charles VII, les cartes où certaines figures étaient ornées de fleurs de lys passèrent chez les autres nations, qui d'abord n'y firent point de changement" (Inventaire des archives de la ville de Bruges: Treizième au seizième siècle, Volume 1, 1878 - books.google.fr).

 

"florear el naipe" : préparer les cartes pour tricher au jeu (Melchor Núñez de Taboada, Veritable dictionnaire français-espagnol et espagnol-français, 1857 - books.google.fr).

 

Blanc

 

Lys : du grec "leiron" blanc ; farine : blanc.

 

Je lis dans Kilhwch et Olwen «leurs boucliers étaient les trois Blancs-blancs...» Du reste, selon l'héraldique médiévale la couleur blanche est de toutes la plus noble ; le Liber armorum (en gallois Llyfr Arfrau) de J. Trevor, explique qu'«aucune autre couleur ne peut être vue d'aussi loin ni aussi clairement que le blanc. Et cette couleur évoque la lumière». D'après Plutarque (Marius, 25) les cavaliers Cimbres «avaient des casques en forme de gueules béantes et de mufles monstrueux, exhaussés par des panaches semblables à des ailes [...] et leurs boucliers de blancheur» (Pierre Sauzeau, Les boucliers blancs, Philomythia: mélanges offerts à Alain Moreau, 2008 - books.google.fr).

 

Arc d'Orange

 

La plus ancienne opinion, autrefois populaire dans le pays, attribue l'arc d'Orange à Marius, qui aurait éternisé de celle manière le souvenir de sa victoire sur les Cimbres et les Teutons. L'opinion la plus récemment émise le considere comme l'un des monuments élevés, sous Tibère, par les habitants de la partie la plus romaine de la Gaule, pour célébrer la soumission des Gaulois du nord, un instant soulevés par le Trévire Julius Florus et l'Éduen Julius Sacrovir. Ces deux systèmes reposent l'un et l'autre sur la lecture des noms Vario et Sacrovir, qui se trouvent sur deux boucliers; mais voir le nom d'un triomphaleur à la place où se trouve écrit Mario est inadmissible; et quant à Sacrovir, ce nom gravé parmi dix autres, et qui peut avoir appartenu à une foule de personnages divers, est également un indice trop insuffisant pour appuyer aucune considération solide. Suivant l'opinion la mieux démontrée et la plus en crédit, l'arc d'Orange et les autres arcs de triomphe de la même contrée, qui portent le cachet de la même époque et du même style, c'est-à-dire ceux de Carpentras, Cavaillon, Saint-Remi, et d'autres dont on n'a que des débris (à Marseille et à Arles), auraient été bâtis par Domitius Ænobarbus, en mémoire de la bataille célèbre dans laquelle vainquit Bituit, roi des Arvernes, et ses confedérés. Cette bataille fut livrée au confluent de l'Ouvèze et de la Sorgue, près d'un bourg qui s'appelait alors l'indalium, et qui prit depuis le nom de Bedarrides (Biturrita), de deux tours ou colonnes que le vainqueur y fit ériger. Mais Domitius, jaloux d'autres succès de son collègue Fabius, et voulant laisser des monuments plus somptueux de sa gloire, fit aplanir et restaurer, nous disent les historiens romains, le grand chemin qui longeait le bord de la Méditerranée, et qu'on appela depuis la voie Domitienne; puis, monté sur un éléphant, comme un prince asiatique, et suivi de la foule de ses soldats, il traversa la province dans l'appareil du triomphe. Les arcs d'Orange, de Carpentras et de Cavaillon sont placés tous les trois sur la voie qu'il avait réparée, et l'on comprend que des artistes grecs de Marseille aient été appelés pour les décorer des attributs maritimes figures sur leurs façades, lorsqu'il s'agissait de célébrer le succès d'une guerre entreprise à la prière des Marseillais, et pour les protéger (Henri-Léonard Bordier, Histoire de France: depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours d'après les documents originaux et les monuments de l'art de chaque époque, Tome 1, 1859 - books.google.fr).

 

Bédarrides se trouve près de Sorgues et du Val de Bueyre sinon dedans.

 

On retrouve à l'arc d'Orange de grands boucliers hexagones, carrés par les extrémités et formant sur les côtés un angle très ouvert. Ces boucliers sont décorés d'objets de diverse nature, enroulements, annelets, colliers, patères, fleurs radiées, fleurs de lys, etc. (Ch. Lenormant, Sur l'arc de triomphe d'Orange, L'institut journal general des societes et travaux scientifiques de la France et de l'etranger. Section 2. Sciences historiques et philosophiques, 1857 - books.google.fr).

 

Marius et Marthe

 

Si le nom de Marthe est cher aux Tarasconnais, c'est que, depuis XXI siècles eux et leurs pères ont été bercés au chant de ce doux nom, et qu'ils sont, depuis cette époque reculée, habitués à l'avoir pour patronne et pour protectrice. Marthe est en effet le nom que portait la prophétesse de Marius pendant que ce consul attendait sur les rives du Rhône les Teutons Ambrons qui menaçaient Rome et l'Italie, après avoir détruit quatre armées romaines et ravagé tous les pays qu'ils avaient parcourus. D'où venait cette prophétesse ? que faisait-elle au camp de Marius ? Plutarque, qui a écrit dans la première moitié du IIe siècle, va nous le dire : «Marius faisoit mener quant et lui dedans une litière, en grande révérence, une femme de Syrie, nommée Marthe, que l'on disoit avoir l'esprit de prophétie ; et sacrifioit Marius aux dieux par son ordonnance, au temps et en la manière qu'elle lui commandoit.» (Isidore Gilles, Tarascon de Provence: son existence historique dans l'antiquité et aux premiers siècles du christianisme, 1885 - books.google.fr).

 

Sainte Marthe de Tarascon serait un souvenir de la propéthesse de Marius.

 

Typologie

 

Le report de 2043 sur la date pivot -105 donne -2253.

 

Epoque du roi arabe de babylone Nadius ou Nabius.

 

NABIUS OU NABO, successeur de Sisymordac, finit ses jours après un règne de trente-sept ans. Sa mémoire fut chère à ses peuples, qui lui décernèrent les honneurs divins. C'est lui dont le prophète Isaïe parle en ces termes (XLVI, 1): Nabo a été brisé, les idoles des Chaldéens ont été emmenées sur des bêtes de charge (L'Art de vérifier les dates avant Jésus-Christ: Suite de l'Histoire Sainte. Tome Deuxième, 1819 - books.google.fr).

 

Une des histoires favorites du Midrash raconte qu'Abraham détruisit les idoles que son père Terah, païen, fabriquait. Et comment Abraham s'y prit pour mettre celui-ci à l'épreuve d'une vérité inavouable. «Un jour vint une femme portant dans sa main un plat à base de fleur de farine. Elle dit à Abraham : "Tiens, dépose-le comme offrande devant les idoles”. Abraham se leva, prit un bâton dans sa main et brisa toutes les idoles. Il mit ensuite le bâton dans la main de celle qui était la plus grande d'entre elles. Quand son père revint, il lui demanda : “Qui les a réduites ainsi ?" Abraham répondit : "Nous ne te le cacherons pas. Une femme est venue portant un plat à base de fleur de farine et m'a dit : - Tiens, dépose-le comme offrande devant les idoles. Je le déposai devant elles. Alors l'une se mit à dire : "J'en goûterai en premier" et l'autre disait : "J'en goûterai en premier !" Celle-ci se leva, qui était la plus grande d'entre elles, prit un bâton et les brisa.» Évidemment Terah n'en crut pas un mot, et, lui assenant qu'une idole, aussi puissante soit-elle, n'avait pas ce pouvoir, il l'accusa d'être le profanateur. Sur quoi, il le présenta devant le roi qui le condamna au brasier d'où il sortit vivant (Enjeux d'histoire, jeux de mémoire: les usages du passé juif, 2006 - books.google.fr).

 

A Rome, sur la liste des Indigitamenta, Flora est associée à Robigus; celui-ci devant détourner la rouille des blés, au moment de la formation de l'épi, sa compagne leur assure une heureuse déflorescence (Dictionnaire Daremberg et saglio - dagr.univ-tlse2.fr).

 

Tout l'avenir des récoltes dépend de la période cruciale à laquelle elle préside (entre floraison et déflorescence des céréales : Varro, R. R., I, 1, 6 ; Plin., H.N., XVIII, 286), comme, en janvier, du moment critique que cherchent à conjurer les Feriae Sementiuae (Revue belge de philologie et d'histoire, Volume 29, Parties 1 à 3, 1951 - books.google.fr).

 

Le groupe sculpté de Praxitèle composé de Flore, Triptolème et Cérés dans les jardins de Servilius illustre la proximité du blé et de Flore : la fleur de farine (flour de farino).

 

En latin fleur de farine se dit simila. De l’indo-européen commun *sei- («tamiser») qui donne le grec siníon («tamis»), sêthô («tamiser»), le breton sil («filtre»), l’allemand Sieb («passoire»). Alternativement, il relève de molo («moudre»), molinus («mouli ») avec le préfixe s-, de là la variante italienne semolino (fr.wiktionary.org -  simila).

 

Cf. quatrains II, 17 ; V, 66 et IX, 9.

 

Dans le quatrain IX, 9, il est question d’un crible tel celui utilisé par la vestale Tucia qui transporta de l'eau avec pour prouver miraculeusement son innocence, ayant été accusée d'inceste (an de Rome 519 où l'on ferma pour la première fois depuis le roi Numa le temple de Janus) (Encyclopédie méthodique. Antiquités, mythologie, diplomatique des chartres et chronologie, 1793 - books.google.fr).

 

Dans le quatrain II, 17, le "Trian d'or" pourrait avoir un rapport avec la monnaie miraculeuse de la gens Servilii appelée "Triens", qui se nourrissait d'or et d'argent.

 

La gens Servilia, originaire d'Albe, vint s'établir à Rome sous le règne de Tullus Hostilius qui l'enrôla dans les rangs des patriciens; elle figura aussi parmi les minores gentes. Une légende rapportée par Pline raconte que les Servilii consacrèrent primitivement à leurs lares domestiques un triens qui fut gardé religieusement dans la famille ; et l'on voyait, dans le cours des âges, cette pièce de monnaie alternativement augmenter ou diminuer de volume, selon que l'illustration de la gens Servilia grandissait ou décroissait. Peu de familles eurent une célébrité d'une aussi longue durée que celle-ci, depuis P. Servilius Priscus Structus, consul avec Ap. Claudius Sabinus Regillensis, en 259 (495 av. J.-C.), l'année même de la mort de Tarquin le Superbe, jusqu'à Q. Servilius Silanus qui fut consul en l'an 189 de notre ère. Voici, dans l'ordre chronologique, les noms que nous fournissent les médailles : 1. C. Serveilius M. f. Augur; 2. C. Serveilius; 3. Q. Serveilius Caepio; 4. M. Serveilius C. f.; 3. P. Servilius Rullus; 6. C. Serveilius C. f.; 7. Q. Servilius Caepio Brutus; 8. Servilius Casca Longus; 9. M. Servilius. Borghesi s'est particulièrement occupé du classement des monnaies de la famille Servilia; malgré ses savantes recherches et celles de Mommsené, bien des points restent encore obscurs et plusieurs des attributions sont douteuses (Ernest Babelon, Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine: vulgairement appelées monnaies consulaires, Tome 2, 1886 - books.google.fr).

 

La monnaie de bronze et le census étaient les deux inventions de Servius Tullius qui paraissaient les plus caractéristiques de Servius Tullius, et il existait entre elles une étroite relation de cause à effet. Aux yeux des modernes cette corrélation n'est évidemment pas valable. Les descriptions classiques que nous fournissent les historiens grecs et latins (principalement Cicéron, Tite-Live et Denys d'Halicarnasse) du système censitaire romain traduisent un état de l'institution qui ne remonte pas plus haut que la fin du IIIe ou même le début du IIe siècle. Les as qui y servent à l'évaluation des fortunes sont des as sextantaires, dont l'introduction est contemporaine de la création du denier vers 214 – 211 av. J.-C. Il est facile d'en conclure que les seuils censitaires ont été relevés en fonction des réalités économiques nouvelles telles qu'elles résultaient de la guerre contre Hannibal et peut-être déjà des guerres impérialistes du IIe siècle. Mais il est hors de doute aussi que la structure en tant que telle est beaucoup plus ancienne .Les rédacteurs de la constitution servienne que nous connaissons se sont bornés à actualiser les chiffres en tenant compte des bouleversements monétaires et sociaux intervenus depuis 218. Mais, dans la fidélité au mos maiorum, ils ont certainement respecté les grandes lignes d'un système préexistant. D'autres modifications sont intervenues au cours du IIe siècle, et toujours les retouches ont été aussi légères que possible (Hubert Zehnacker, Le triens des Servilii et le bronze patrimonial, Studi per Laura Breglia: Numismatica romana, medioevale e moderna, 1987 - books.google.fr).

 

Le système du cens était fondamental pour l'existence et le fonctionnement de la cité antique. Rome ne fait pas exception à la règle. Nous pouvons même dire que, mieux que pour d'autres cités, nous saisissons à Rome les principes qui, dans la théorie comme dans la pratique, justifient et expliquent son organisation timocratique. Le cens, en aboutissant à la distribution des citoyens en une hiérarchie d'ordres et de « classes », permet d'obtenir une répartition aussi équitable que possible des droits et des devoirs de chacun pour le plus grand profit de tous1. Reconnaissant au départ, et systématisant, les inégalités inévitables de toute organisation sociale, il en fait la base même d'une sorte d'égalité transcendante, que la philosophie politique grecque justifiait, depuis Platon au moins, sous le nom d'égalité proportionnelle ou «géométrique». Cette organisation, telle que les Romains la décrivent en se flattant de la faire remonter à l'époque royale, forme un «système» cohérent, notion qu'ils expriment par les mots grecs diakosmèsis (DH IV, 18,1), katastasis (DH IV, 21,1) ou kosmos (IV, 21,3). Dans ce système, le montant de la fortune, c'est-à-dire du capital possédé par le père de famille, joue un rôle essentiel, mais non pas unique. Pour classer les citoyens, d'autres éléments ont toujours été pris en considération, qui, à côté des capacités économiques, font entrer en ligne de compte une série d'appréciations qu'on peut grouper sous le terme de dignitas : intégrité du statut civique (naissance libre ou servile), ancienneté et renom de la famille, capacités individuelles, physiques et morales. Le census est en fin de compte une élaboration très complexe, qui aboutit à une véritable appréciation des individus et qui leur "assigne" non seulement une place dans une hiérarchie, mais une série de rôles, et en fin de compte les appelle à leur véritable existence civique. [...]

 

Les citoyens sont donc répartis, comme on sait, en groupes qui déterminent de façon précise leurs droits et leurs devoirs. Ces groupes, dans la mesure où ils constituent les réserves ou listes d'aptitude pour certaines fonctions, s'appellent des ordines. Dans la mesure où ce sont seulement des tranches censitaires, déterminées par le census, c'est-à- dire le chiffre total de la fortune du père de famille, ils se nomment classes. Des capacités financières étaient d'ailleurs aussi exigées pour l'inscription dans les ordines, mais les ordres portaient le nom d'une fonction (senatodus, equester, tribunorum aerariorum, etc.) et n'étaient pas exprimés par un chiffre. Les classes, en revanche, désignées par un numéro d'ordre (prima, secunda, etc.) étaient définies globalement par deux limites chiffrées, une supérieure et une inférieure (Claude Nicolet, Mutations monétaires et organisation censitaire sous la République. In: Les «dévaluations» à Rome. Epoque républicaine et impériale. Volume 1. Actes du Colloque de Rome (13-15 novembre 1975) Rome : École Française de Rome, 1978 - www.persee.fr).

 

On attribue au roi Servius Tullius une triple réforme d'ordre social, militaire et politique. Sur le plan social, Servius Tullius a intégré au populus de nouveaux citoyens, en prenant en compte des critères d'ordre économique. À l'organisation curiate fondée sur la naissance il substitue une nouvelle hiérarchie de citoyens liée à la richesse, au census (le cens, dénombrement des personnes libres résidant en terre romaine, accompagné d'une déclaration de revenus). Dans cette nouvelle hiérarchie d'ordre censitaire, apparaissent cinq classes réparties selon leur fortune ; et cette nouvelle donne aura des conséquences sur le plan militaire et politique.

 

Ce système, décrit par Tite-Live (Histoire romaine I, 42-44), s'applique peut-être à une époque postérieure. Il n'en reste pas moins que, selon toute vraisemblance, les rois étrusques avaient déjà créé un système censitaire, de nature à affaiblir la puissance des grandes familles patriciennes au profit des plus riches parmi les non gentiles ; ce genre de réforme pourrait, au demeurant, expliquer l'hostilité durable de la nobilitas envers le régime monarchique (Les réformes serviennes - uoh.univ-montp3.fr).

 

XLI. 4. Il se lança alors dans la réforme pacifique de loin la plus importante. On sait que Numa fut l'initiateur du droit religieux. De même, la postérité a fait de Servius celui qui officialisa dans l'État toutes les différences entre classes sociales en codifiant les distinctions entre les degrés de dignité et de fortune. 5. En effet, il institua le cens, une mesure très propice pour un si vaste empire à venir. Grâce à cette initiative, les charges de la guerre et de la paix n'étaient plus réparties par tête comme auparavant, mais évaluées en fonction de la fortune. En créant à partir du cens les classes et les centuries, Servius établit une hiérarchie aussi bien adaptée à la paix qu'à la guerre (Tite Live, Histoire de Rome depuis sa fondation, Livre I, traduit par Danielle De Clercq, 2001 - bcs.fltr.ucl.ac.be).

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