La sixième guerre de Religions

La sixième guerre de Religions

 

VIII, 43

 

2061-2062

 

Par le decide de deux choses bastars,

Nepveu du sang occupera le regne,

Dedans lectoyre seront les coups de dars,

Nepveu par peur plaire l'enseigne.

 

Les Bastard

 

Pierre de BASTARD, IIe du nom, appel√© le seigneur du Bosq, chevalier, seigneur du Bosq, de S√®ve, coseigneur des Oliviers, seigneur patron de Saint-Jean d'Abasse et (du chef de sa femme) seigneur de La Barthe, n√© au ch√Ęteau du Bosq en 1556. Il fut archer dans la compagnie du conn√©table Anne de Montmorency (1552), homme d'armes dans la compagnie de Jean d'Estouville, sieur de Villebon (1562), et guidon dans celle de Monluc (1564-75), lors des guerres de religion (Revues et certificat du mar√©chal de Monluc du 30 mai 1568). Il avait succ√©d√© √† son p√®re, en 1538, √† la charge de capitaine gouverneur du comt√© de Gaure et de la ville de Fleurance, pour laquelle il obtint ordonnance de sauvegarde du roi de Navarre, en date du 25 novembre 1578. Il s'√©tait attach√© √† la fortune de ce prince (depuis Henri IV) et l'avait suivi aux si√®ges de Marmande, de Lectoure, d'√Čauze et de Fleurance. ¬ęDe toutes les exp√©ditions qu'Henri IV entreprit dans le cours de l'ann√©e 1580, il ne r√©ussit qu'√† l'attaque de Montaigne, en Poitou, et √† celle de Cahors, le 29 mai 1580. Pierre de Bastard se trouva √† ce dernier si√®ge, qui fut des plus meurtriers. Il fallut assi√©ger chaque maison. Le Roi courut les plus grands dangers. Pierre fut gri√®vement bless√© √† son c√īt√©, et c'est en souvenir de cette circonstance que Nicolas, son fils, homme de guerre √† cheval, fut envoy√© deux fois √† Douvres, en 1601, comme porteur de sp√©cial message, par Henri IV, √† la reine √Člisabeth¬Ľ (Biographie universelle). Il avait √©t√© au nombre des gentilshommes choisis pour la garde de la cornette blanche, appel√© comme guidon dans la compagnie des gardes du Roi, et fut tu√© √† ses c√īt√©s le 14 mars 1590, √† la bataille d'Yvry. Plusieurs lettres du roi de Navarre, adress√©es "√† son cher et bien am√© le sieur de Bastard (et sign√©es), votre bon ami HENRY,‚ÄĚ t√©moignent de l'estime et de la consid√©ration que ce prince avait pour Pierre de Bastard (Henri Gabriel Ogilvy, Nobiliaire de Guienne et de Gascogne: revue des familles d'ancienne chevalerie ou anoblies de ces provinces, ant√©rieures √† 1789, Tome 3, 1860 - books.google.fr).

 

Pierre avait un frère Dominique. Le "decide" peut être son choix de soutenir Henri de Navarre après avoir servi Monluc et Montmorency.

 

"choses" : Cosa, Montauban

 

"chose" de cosa (Serments de Strasbourg, 842) du latin "causa" qui a remplacé "res" (Dictionnaire étymologique Larousse, 1969).

 

"L'étendue exacte du vicus de Cosa reste à définir précisément mais une grande partie de ses vestiges ont été identifiés sur les communes d'Albias, de Cayrac, de Lamothe-Capdeville (quartier de Cos bien évidemment), et de Montauban (quartier de Tenans) dans le Tarn-et-Garonne. F. Hautefeuille a parfaitement mis en valeur le fait que le vicus de Cosa est doté d'un système de parcellaire dont l'axe directeur est la voie antique Toulouse-Cahors. De toute évidence, une agglomération protohistorique a existé sur le site de ce qui allait devenir le vicus de Cosa à la période gallo-romaine. Avant le XIXe siècle, les informations liées au vicus de Cosa se limitent essentiellement à la mention de la présence de la voie antique Toulouse-Cahors et à des découvertes mobilières. Le musée Ingres à Montauban conserve une part importante du mobilier découvert à cette époque (Collection Devals notamment) (encyclopedie.arbre-celtique.com).

 

Montauban, l'héritière de Cosa, relie ses deux rives par un pont de briques de 18 mètres de haut, de 205 de long, qui plonge dans les eaux rouges du Tarn ; il date des premières années du quatorzième siècle (Onésime Reclus, La France: à vol d'oiseau, Tome 2, 1908 - books.google.fr).

 

On peut peut-être retrouver Cosa au quatrain suivant VIII, 44 avec "de sept à neuf" car Cosa est associé à la distance de "VII" (milles) sur la Table Théodosienne (Ve siècle) (Monsieur d'Anville, Notice de la l'ancienne Gaule, 1760 - www.google.fr/books/edition).

 

En 1576, ayant enfin r√©ussi √† quitter le Louvre, Henri de Navarre abandonne le catholicisme. Il peut donc devenir le chef des Huguenots √† la place de son cousin Cond√©. Il se fixe momentan√©ment √† Agen d'o√Ļ il adresse un appel √©mouvant : "Estant tous Fran√ßois et concitoyens d'une mesme patrie, nous devons nous accorder amiablement, et par douceur, et non par rigueur et cruaut√© qui ne servent qu'√† irriter les hommes."

 

Il reste dans sa province dont il a √©t√© nomm√© gouverneur, bien que Bordeaux lui ait ferm√© ses portes. Souverain h√©r√©ditaire du B√©arn, il peut tirer parti des ressources de sa vicomt√©. Ma√ģtre des passages de la Garonne, il se trouve en mesure d'envoyer des ordres et de recevoir des secours de Sainte-Foy, de Bergerac, du Poitou, de Saintonge ou de La Rochelle. Pareillement, il peut tendre la main √† Montauban (Charles Dartigue-Peyrou, Histoire de la Guyenne, Num√©ro 424 de Que sais-je ?, 1950 - books.google.fr).

 

Dès 1576, Henri de Navarre qui séjourna à plusieurs reprises dans la cité de Montauban fait inclure dans les nouvelles murailles les faubourgs de la ville qui s’affirme comme place forte protestante jusqu’à l’édit de Nantes. Bourgeoisies catholique et protestante cohabitent désormais dans une ville devenue capitale régionale (www.vpah.culture.fr).

 

"Lectoyre…dards"

 

Le mot Lectoyre se trouve dans quatre quatrains pour Lectoure, ville du Midi de la France.

 

Ces guerres civiles sont conduites avec plus de cruaut√© et de fourberie que les guerres ext√©rieures. Monluc qui dit qu'¬ęune guerre entre princes est plus un √©bat qu‚Äôune inimiti√©,¬Ľ donne pendant les troubles le signal des massacres, des violations de la foi jur√©e; un seul jour il respecte son serment. En 1572, il venait de prendre Lectoure, qu'il tient jusqu'en 1576, par une composition √©quitable accord√©e aux habitants. ¬ęJe leur tins parole,¬Ľ dit-il dans ses Commentaires. Il l'a not√© comme un fait incroyable. Des tableaux plus riants toutefois s'offrent √† nos regards, tels ces Suisses, fr√®res ennemis, qui partagent la soupe √† la veille de la bataille de Cappel, tels ces seigneurs papistes et huguenots qui, dans une entrevue supr√™me aux d√©buts de la premi√®re guerre civile, s'embrassent avant de s'√©gorger. La lutte, une fois engag√©e, est sans merci. Ce n'est que pillage, viol, tuerie : la guerre est une f√™te pour les criminels comme pour les braves (Francis Decrue de Stoutz, La cour de France et la soci√©t√© au XVIe si√®cle, 1888 - books.google.fr).

 

C'est un fait que la petite Tignonville, fille de la baronne de Tignonville, gouvernante de Catherine de Bourbon, sŇďur d'Henri, qui devint la ma√ģtresse du roi de Navarre en 1576, ne revit le roi qu'√† Lectoure en 1577, dans les derni√®res semaines de l'ann√©e, et que leurs amours alors n'√©taient qu'une flamme √©teinte (Maurice Rat, Dames et bourgeoises: amoureuses ou galantes du XVIe si√®cle, 1955 - books.google.fr).

 

"peur" : l'affaire d'Eauze

 

Plier l'enseigne, se dit d'une armée qui ne doit plus combattre (L'Initiation: revue philosophique indépendante des hautes études, Volumes 41 à 42, 1898 - books.google.fr, Les Epistres Dorees, Et Discovrs Salvtaires de Don Anthoine De Gvevare, Evesque de Mondonedo, Prescheur & Croniqueur de l'Empereur Charles cinquiesme, traduit par Jean de Guterry, 1585 - www.google.fr/books/edition).

 

Henri de Navarre veut s'assurer des places de Guyenne et de Gascogne. En particulier Eauze, clef de l'Armagnac. Il est accueilli par la municipalit√© d'une mani√®re am√®ne. Aussi il ne se m√©fie pas. C'est un guet-apens. Aussit√īt qu'il est entr√© dans la ville avec sa petite escorte dont le baron Manaud de Batz, le pont-levis se referme. Ils arrivent √† se retrancher dans une tour, pendant que la troupe rompt le pont levis et les sauve. Reconnaissant √† Batz de l'avoir grandement secouru, Navarre le surnomme le "Faucheur".

 

La même affaire faillit se reproduire à Mirande. Mais averti à temps, il n'entre pas dans la cité (Charles de Batz-Trenquelléon, Henri IV en Gascogne (1553-1589), Tome 1, 1885 - books.google.fr).

 

La sixième guerre (décembre 1576 - septembre 1577), relancée par les huguenots après le retournement royal au sein des Etats généraux, ne leur est guère favorable car la fragile coalition ayant permis de vaincre dans la guerre précédente ne peut être reconduite (Guy Saupin, Nantes au temps de l'Edit, 1998 - books.google.fr).

 

Les huguenots avaient repris la guerre des coups de main et s'empar√®rent de nombreuses villes. Le succ√®s √©tait pourtant dans le camp catholique. Finalement Henri de Navarre n√©gocia avec l'envoy√© de Catherine Villeroy. La paix fut sign√©e √† Bergerac le 17 septembre 1577. L'√©dit de Poitiers vint la compl√©ter et cette fois ce fut la ¬ępaix du roi¬Ľ et non plus celle de Monsieur (Lucien B√©ly, La France moderne: 1498-1789, 2003 - books.google.fr).

 

"Neveu"

 

La Ligue se fait un fant√īme contre le droit d'h√©ritier pr√©somptif du roi de Navarre, du cardinal de Bourbon son oncle paternel qu'ils avaient s√©duit par ce leurre de la Couronne, quoique pr√™tre (Yves Coirault, Grimoires de Saint-Simon: nouveaux in√©dits, Num√©ros 52 √† 53, 1975 - books.google.fr).

 

En 1585, la Ligue catholique l'imposa au roi Henri III comme héritier de la couronne de France à la place de son neveu protestant le futur Henri IV.

 

Cette qualité de "neveu" est un peu anticipée.

 

Mais, un programme g√©n√©ral de la Ligue, issue des ligues catholiques r√©gionales, avait √©t√© √©tabli en novembre 1576, comprenant douze articles, dans lesquels les ligueurs se veulent de bons et loyaux sujets du roi de France Henri III, du moment que ce dernier d√©fend avec opini√Ętret√© l‚Äô√Čglise catholique romaine (fr.wikipedia.org - Ligue catholique (France)).

 

Typologie

 

Le report de sur la date pivot 1576 donne 1090.

 

Cf. le duc d'Aquitaine Guillaume IX de la typologie du quatrain suivant.

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