Pithécuse

Pithécuse

 

VIII, 16

 

2041-2042

 

Au lieu que Hiéron fait sa nef fabriquer,

Si grand déluge sera et si subite,

Qu'on n'aura lieu ne terres s'attaquer,

L'onde monter Fésulan Olympique.

 

Galère

 

En parlant aux jeunes gens des vaisseaux des anciens, on les avertit qu'il y a une grande difficulté entre les savants pour expliquer comment les rangs de rames étaient disposés. Il y en a, dit le P. de Montfaucon, qui veulent qu'ils fussent mis en long, et à peu près comme sont aujourd'hui les rangs de rames dans les galères. D'autres (et il est lui-même de ce nombre) soutiennent que les rangs des birèmes, des trirèmes, des quinquérèmes ou pentères, et d'autres, multipliés jusqu'au nombre de quarante en certains vaisseaux, étaient les uns sur les autres, non perpendiculairement, ce qui aurait été impossible, mais obliquement et comme par degrés; et ils le prouvent par une infinité de passages d'auteurs. Mais ce qu'il y a de plus fort pour ce sentiment, c'est que les anciens monuments, surtout la colonne Trajane, nous représentent ces rangs les uns sur les autres. Cependant, ajoute le P. de Montfaucon, nos plus habiles gens de marine prétendent que cela est impossible. Tous ceux, dit-il, à qui j'en ai parlé, dont quelques-uns sont de la première distinction et d'une habileté reconnue de tout le monde, parlent de même. Sans être fort habile dans la marine, on conçoit aisément qu'il devait y avoir une difficulté presque insurmontable dans la manœuvre des vaisseaux d'une grandeur extraordinaire, tels que ceux de Ptolémée Philopator, roi d'Égypte, et d'Hiéron, roi de Syracuse. Le vaisseau d'Hiéron, fabriqué sous la direction d’Archimède, avait vingt rangs de rames, et l'autre quarante. Celui-ci était long de deux cent quatre-vingts coudées, large de trente-huit, et en avait de hauteur environ cinquante. Les rames de ceux qui tenaient le plus haut rang avaient de longueur trente-huit coudées. Il paraît, par la colonne Trajane, que dans les birèmes et dans les trirèmes il n'y avait qu'un rameur à chaque rame: il n'est pas aisé de décider pour les autres. Aussi Plutarque remarque-t-il que le vaisseau de Ptolémée, plus semblable à un bâtiment immobile qu'à un navire, n'était que pour la pompe et le spectacle, et non pour l'usage. Tite-Live dit à peu près la même chose du navire de Philippe, roi de Macédoine, qui avait seize rangs de rames : Jussus Philippus naves omnes tectas tradere ; quin et regiam unam inhabilis prope magnitudinis, quam sexdecim versus remorum agebant. Végèce ne compte entre les vaisseaux de raisonnable grandeur et propres pour la guerre, que les quinquérèmes et ceux de moindres rangs ; et il n'est guère parlé que de ceux-là dans les auteurs. Il paraît même que, depuis Auguste, on n'a guère employé d'autres vaisseaux à plusieurs rangs de rames que les trirèmes et les birèmes (Charles Rollin, Letronne, Traité des études, Tome 3, 1872 - books.google.fr).

 

Raz de marée

 

La sismicité du monde méditerranéen est bien connue. Des Des tremblements de terre sont signalés d'un bout à l'autre de la Méditerranée. À la période préhistorique, on en a relevé dans le sud-ouest du Péloponnèse au Bronze Ancien ; en Crète centrale à Pisidia au XVe siècle et près de Cnossos où le séisme fut accompagné de tsunami au XIIIe siècle ; à Midea dans le Péloponnèse vers 1190 ; à Kyrnos en Grèce centrale au XIIe siècle ; à Thèbes ; à Mycènes et à Tirynthe au milieu du XIIIe siècle ; enfin, de façon presque ininterrompue, sur la côte pylienne. Il reste que, pas plus que pour l'éruption de Santorin, on ne peut établir de lien assuré entre les phénomènes naturels et les bouleversements historiques contemporains. La remarque a valeur aussi pour ceux de Phthiotide au IIIe siècle après J.-C., de Stobi vers 300 et de Corinthe vers 400. Pour se limiter à ceux que nous font connaître les textes, on signalera les mouvements sismiques de Sidon, qui fut en partie détruite par un tremblement de terre et un raz de marée, ou de Pithécuse, où des troubles telluriques (émanation de feu, d'eaux chaudes, éruption volcanique et raz de marée) se produisirent durant l'époque archaïque, ce qui entraîna le départ des premiers colons, puis à nouveau peu avant la naissance de Timée, dans la première moitié du IVe siècle, ce pour quoi les nouveaux colons envoyés par Hiéron de Syracuse abandonnèrent la forteresse et l'île (Jean-Nicolas Corvisier, Les Grecs et la mer, 2008 - books.google.fr).

 

Strabon raconte l'épisode au cours duquel les Syracusains, établis à Ischia, sont contraints d'abandonner l'île en raison d'une éruption volcanique. Plus ou moins longtemps après la catastrophe, les Napolitains y débarquent et en prennent possession. Une question se pose d'emblée : combien de temps les Syracusains occupèrent-ils Pithekoussai ? On admet généralement qu'ils s'y installent après la victoire de 474 av J.-C. sur les Étrusques, sans doute en compensation de leur alliance avec les Cumains. Ils décident alors d'y construire une forteresse, dont la construction a pu se prolonger pendant quelques années. D'autre part, il est dit qu'un contingent de colons fut envoyé par Hiéron de Syracuse peu avant que ne survienne l'éruption. Ce renseignement est déterminant dans la chronologie des événements, la mort de Hiéron en 467 av. J.-C. nous fournissant ainsi un repère absolu : l'éruption a nécessairement eu lieu avant cette date( terminus ante quem). Lorsqu'on relit le passage de Strabon en faisant abstraction des jugements historiques ou géologiques, il apparaît  clairement que l'auteur parle de trois éruptions différentes. En admettant avec F. Sbordone que tout ce passage sur Pithekoussai se trouvait déjà dans l'æuvre de Timée, celui-ci aurait par conséquent distingué : 1. une première éruption vers la fin du VIII - début du VIIe s. av. J.-C., au  moment où une diminution de l'activité eubéenne est confirmée par l'archéologie ; 2. une deuxième éruption située entre 474 et 467 av. J.-C., entre la bataille de Cumes et la mort de Hiéron ; 3. une troisième éruption entre 400 et 350 av. J.-C., peu avant la naissance de Timée lui-même. C'est probablement parce que le souvenir de cette dernière catastrophe était encore vivant dans la mémoire collective que ce récit est le plus long et riche en détails (Mick Willemsen, L'île d'Ischia et les vagues de Cumes, Revue des archéologues et historiens d'art de Louvain, Numéros 27 à 28, 1994 - books.google.fr).

 

Faesula est l'ancien nom de la cité de Fiesole en Toscane, autrefois Etrurie, pays des Etrusque.

 

Timée rapporte à son tour qu'il courait chez les anciens une foule de récits curieux sur l'île de Pithécusses. Peu de temps avant sa naissance, notamment, secouée par des tremblements de terre, la colline connue sous le nom d'Epomeus avait vomi du feu et rejeté vers le large tout le terrain qui la séparait de la mer. Simultanément, une partie des terres, réduites en cendres, avait été d'abord projetée en l'air, puis était retombée sur l'île à la manière d'un typhon, provoquant dans la mer un reflux de trois stades (555 m), bientôt suivi d'un retour en raz de marée qui avait submergé l'île et en avait éteint l'incendie, tandis que, sur le continent, le fracas faisait fuir à l'intérieur de la Campanie les habitants du littoral. Strabon, Géographie, V, 4, 9 (Françoise Létoublon, La ruche grecque et l'empire de Rome, 1995 - books.google.fr).

 

Timée

 

Timée de Tauroménion (né vers 350 av. J.-C. à Tauromenion et mort v. 260 av. J.-C. à Syracuse) est un historien grec, ayant passé la majeure partie de sa vie à Athènes bien qu'il soit né et mort en Sicile. Originaire de la ville de Tauroménion en Sicile, Timée de Tauroménion est le fils du tyran Andromaque, partisan de Timoléon, libérateur de Syracuse en 344. Pour cette raison, il est exilé à Athènes par Agathocle de Syracuse, et il y passe la majeure partie de sa vie. Il y devient l’élève du rhéteur Isocrate, et y vit pendant quarante ans (un peu moins de cinquante ans d'après Polybe). En raison de cet exil, il n'eut aucune expérience du maniement des affaires publiques. À la fin de sa vie, sous le règne de Hiéron II, il retourne en Sicile vers 280 av. J.-C. (probablement en vue de s'informer directement sur le conflit entre Rome et Pyrrhus) et y meurt à l'âge de 96 ans vers 260 av. J.-C.

 

Il est l’auteur d'une Histoire du roi Pyrrhus, et d'une volumineuse Histoire de Sicile et de Grande Grèce en 38 livres, des origines jusqu’au début de la première guerre punique. Classée par olympiades, elle contenait une vie d’Agathocle et de Pyrrhus. Œuvre d’érudit, elle contenait également nombre de descriptions ethnographiques et géographiques. Timée était tenu en grande estime par les Alexandrins. Son œuvre n’a survécu que par les citations qu’en font les auteurs postérieurs, tels Polybe, qui s’en prend à lui à de nombreuses reprises dans ses Histoires

 

L'ouvrage Olympionikai etoi kronika Praxidika, «vainqueurs olympiques ou chronique Praxidika» n'a survécu que par cinq courts fragments. Cette liste synchronisait quatre listes chronographiques : la liste des vainqueurs du stadion aux Jeux olympiques antiques, les archontes éponymes d'Athènes, les éphores et les rois de Sparte et les prêtresses (éponymes) d'Héra à Argos. Ces quatre listes étaient probablement organisées sous forme de tableau, en parallèle. L'ensemble devait servir de cadre chronologique préparatoire pour l’Histoire de Sicile et de Grande Grèce (Historiai). Cet Olympionikai, tout comme les autres œuvres de Timée, ne sont connus que par une référence dans la Souda et les critiques de Polybe. Timée aurait pu travailler en s'aidant de l'ouvrage Peri Heremon de Philochore, son contemporain à Athènes (à la fin du IVe siècle av. J.-C.) et inversement ce dernier aurait pu utiliser la liste chronographique de Timée pour rédiger son propre ouvrage Olympiades. La liste de Timée commençait certainement avec la victoire de Corèbe, lors des premiers jeux en 776 av. J.-C pour aller jusqu'à son époque, probablement au moment où il entama la rédaction de ses Historiai, peu de temps après son arrivée à Athènes. Dans ses Historiai, il aurait daté la refondation de Camarina avec la numérotation des olympiades, devenant donc ainsi le premier historien à utiliser ce système (fr.wikipedia.org - Timée de Tauroménion).

 

Il est parlé des prêtresses d'Argos dans la typologie de l'interprétation du quatrain VIII, 14 (Callithie, fille de Criasus, prêtresse d'Héra/Junon).

 

L'historien Timée convient que les anciens ont dit de Pithécuse beaucoup de choses qui passent toute croyance ; mais il assure que, peu avant sa naissance, le mont Épomée, situé pour lors au milieu de l'ile, ayant été secoué par un tremblement de terre, avait jeté des flammes; le terrain compris entre ce mont et le rivage avait été détaché de l'île et repoussé dans la mer; toute la poussière du sol, enlevée dans les airs, était ensuite retombée sur l'ile en forme de tourbillon; la mer s'était retirée à trois stades : mais, n'ayant demeuré à cette distance que peu de temps, elle était soudain revenue, et par ce retour subit, l'île ayant été inondée, le volcan s'était éteint. Tous ces accidents avaient été accompagnés d'un tel bruit, que les Campaniens de la côte voisine s'étaient enfuis dans l'intérieur des terres. (STRABON, liv. v.) (Lucius Annaeus Florus, L'Héracléade, ou Herculanum enseveli sous la lave du Vésuve, traduit par Joseph-François-Stanislas Maizony de Lauréal, 1837 - books.google.fr).

 

"Fesulan"

 

Dans une lettre d'Ange Politien à Pierre de Médicis (1494), on lit que Faesula (grec "Phaisulè") est une des Hyades, nourrice de Bacchus (Angelo Poliziano: Letters, Tome 1, traduit par Shane Butler, 2006 - books.google.fr).

 

Les Hyades pleurent la mort de leur frère Hyas tué par un sanglier ou un lion. Les Héliades filles d'Hélios pleurent des larmes d'ambre la mort de leur frère Phaéton et son tranformées en peupliers.

 

La tradition mythologique qui concerne les étoiles placées autour de la constellation du taureau, ou qui sont du nombre de celles qui la composent, se trouve dans un fragment de Mnaséas que nous a conservé Hygin. Mnaséas rapporte qu'Atlas avoit eu de Pleïone, fille de l'Océan, quinze filles et un fils nommé Hyas. Ce dernier ayant été tué à la chasse par un lion, cinq de ses soeurs moururent de douleur. […] Timée (Schol. Hom. in Sigma. v. 486.), et d'autres auteurs (Schol. Arat. in Phaen. V.c.) racontent que Hyas avoit été tué à la chasse, en Lybie, par un serpent. On les nomma les Hyades, lorsqu'elles furent placées parmi les astres. Des dix autres soeurs qui restoient, plusieurs se tuèrent de désespoir, après la mort de leur frère; ces dernières furent nommées Pleïades, du nom de leur mère, et placées à côté des Hyades.

 

D'après diverses traditions, les Hyades étoient filles de Cadmus. Selon Phérécyde, elles étoient ces mêmes nymphes de Dodone qui avoient été les nourrices de Bacchus. Ino le leur avoit confié, dans la crainte que Lycurgue n'attentat à la vie de cet enfant. Les nymphes de Dodone, pour se garantir des ennemis du jeune Bacchus, se refugièrent à Thèbes, et Jupiter les plaça entre les astres, afin de les soustraire au courroux de Junon. Une tradition différente rapporte que les Pleïades, avec leur mère Pleïone, furent persécutées par Orion pendant cinq ans de suite en Boeotie, et métamorphosées en colombes, ainsi qu'elles l'avoient demandé. Mais Jupiter touché de compassion les plaça parmi les astres. D'autres disent que les Hyades étoient filles de Hyas et de Boeotie, et que les Pleïades seules étoient filles d’Atlas et de Pleïone. Selon Asclepiade, les Hyades ne se refugièrent pas avec le jeune Bacchus à Thèbes, où ce Dieu seroit tombé entre les mains de Junon, mais elles cherchèrent un asyle dans la mer chez Thétys. Une autre tradition enfin rapporte que Bacchus, pour récompenser les Océanitides, ses nourrices, les rajeunit; qu'elles devinrent de jeunes filles, et qu'après leur mort elles furent placées parmi les constellations sous le nom des Hyades (Description d'un camée) (H.K.E. Köhler's gesammelte schriften, Volume 5, 1852 - books.google.fr).

 

Une des soeurs Héliades est Phaetusa.

 

Phaéton est pleuré de ses sœurs. Quelques Auteurs font monter le nombre de ses sœurs jusqu'à sept, & les appellent Héliades, & la premiere, Mérope, nom d'une des sept Pléiades qui sont ici désignées sous le nom d'Héliades. Mais plus communément on ne lui donne que trois sœurs, qui portent chacune un nom fort convenable à une étoile ; l'une est Lampetuse, l'autre Lampetie, & la troisieme Phaëtuse; peut-être trois étoiles les plus remarquables de la Constellation des Hyades. En effet, Euripides n'en comptoit que trois, & cela dans une Tragédie qu'il avoit intitulée Phaëton. Les Hyades avoient donc quelque rapport avec l'histoire de Phaëton.Au moins on les fait, comme les Hyades, Nymphes des eaux ; & l'on trouve un monument dans l'Antiquité expliquée de Montfaucon (tom. I, planch. 6), où les sœurs de Phaëton sont représentées versant de l'eau d'une urne, au moment de leur métamorphose : d'ailleurs le peuplier est un arbre aquatique, symbole assez naturel des pluies qui suivent le coucher de Phaëton en automne, au lever acronique des Pléiades & des Hyades, & au lever de l'Hercule céleste auquel le peuplier est également consacré. Nonnus, d'ailleurs (Liv. XXXVIII, v. 427) dit que Jupiter envoya aussi-tôt des torrens de pluies pour réparer les malheurs de la terre, & en détremper les cendres brûlantes. Nonnus, dans le Liv. 38 des Dionysiaques, décrit la chûte de Phaëton, & dit positivement qu'il a été placé au ciel dans la Constellation du Cocher, ou que Jupiter l'a mis dans les Constellations sous le nom & la forme d'un conducteur de char, ainsi que le fleuve Eridan dans lequel il avoit péri (Astronomie, par M. de La Lande, lecteur Royal en mathematiques, Tome 4, 1781 - books.google.fr).

 

Peut-être confusion entre Phaetusa et Phaesula.

 

«Timée dit que la Sicile se nomme Thrinacie, parce qu'elle a trois caps [("treis akras" ; voir la scolie au vers 291 (note au vers 289)]. Mais les historiens disent que Thrinacos a été roi de Sicile. C'est dans la presqu'île de Myles, en Sicile, que paissaient les génisses d'Hélios.» (Scol.) Je ne trouve nulle part aucun renseignement sur ce roi Thrinacos. On sait, au contraire, que les historiens et les géographes de l'antiquité s'accordent à dire que le nom de Trinacrie vient de la forme triangulaire de la Sicile. La tradition des troupeaux d'Hélios remonte à une haute antiquité. Il est déjà question dans l'Odyssée (XII, v. 127 et suiv.) des génisses et des brebis d'Hélios, des sept troupeaux de génisses et des sept troupeaux de brebis à la belle toison, qui comptent, chacun, cinquante têtes de bétail et n'augmentent et ne diminuent jamais. Les bergères de ces troupeaux sont deux déesses, nymphes aux beaux cheveux, que la divine Néaira a enfantées à Hélios, Phaéthousa (la brillante, de "phaitô" pour "phaô"; cf. Phaéthon) et Lampétia (l'éclatante, de "lampô"). Apollonios cite Phaéthousa (v. 971) et Lampétia (v. 973). Les noms de ces deux Héliades se retrouvent encore dans Ovide (Met., II, v. 346, 349) qui abandonne la tradition suivie par Apollonios : en effet, dans les Métamorphoses, Phaéthousa est l'aînée des trois sœurs de Phaéthon (Phaethusa sororum maxima); de plus, Phaethusa, Lampétia et la troisième sœur qu'Ovide ne nomme pas sont les Héliades qui se changent en arbres après la mort de Phaethon. A pollonios distingue nettement les Héliades qui ont été métamorphosées en peupliers noirs avant le voyage des Argonautes (Arg., IV, v. 603-626) et les Héliades Lampétia et Phaéthousa que les Argonautes aperçoivent, conduisant les troupeaux de leur père, alors que les héros passent devant la Sicile. Properce (édit. Müller, IV, XI, v. 29-30) cite aussi Lampétia : Lampeties Ithacis veribus mugisse iuvencos (Paverat hos Phoebo filia Lampetie). «Les boeufs et les brebis d'Hélios désignent évidemment, comme on s'accorde à le reconnaître, les trois cent cinquante jours et les trois cent cinquante nuits de l'année primitive. La succession des jours ou des soleils avait donc été comparée, sans doute, à la procession d'un brillant troupeau dont les animaux s'avancent l'un après l'autre dans les pâturages célestes.» (Decharme, Mythol., p. 241.) (Apollonios de Rhodes, Les argonautiques: Traduction française suivie de notes critiques, mythologiques, géographiques et historiques et de deux index des noms propres, Tome 2, 1892 - books.google.fr).

 

"Olympique" pointe sur Timée de Tauroménion auteur d'une Histoire de Sicile classée par olympiades.

 

Ambre

 

Nous savons par Pline, IV, 27 ; XXXVII, 12, 1, que Timée a écrit sur les régions productrices de l'ambre, situées aux bords de la Baltique (J. Felsenhart, Le Luxembourg belge, Messager des sciences et des arts, publ. par la Société royale des beaux-arts et des lettres, et par celle d'agriculture et de botanique de Gand, 1872 - books.google.fr).

 

Au quatrième siècle avant J.-C. c'est l'Étrurie qui était la dépositaire de l'ambre jaune. D'après le témoignage des auteurs grecs cités par Pline, 1. XXXVII, §§ 31-41 le commerce grec de l’ambre se faisait évidemment avec le pays des Étrusques. Les Grecs considéraient ce pays comme la source de l'ambre et ils croyaient même que l'ambre était le produit de ces contrées. Tous ces faits s'accordent aussi parfaitement avec le mythe de l'Eridane. On présumait en Grèce alternativement l'existence de ce fleuve dans divers pays et toujours dans celui d'entre eux, par l'entremise duquel on recevait l'ambre jaune dans une époque donnée. Or, aux temps de Philoxène d'Athènes (l'an 460 avant J.-C.) et d'Euripide (l'an 428 avant J.-C.) on soutenait en Grèce que l'embouchure de l’Eridane se trouvait sur les côtes de la Mer Adriatique (Pô) (J.N. Sadowski, Le commerce de l'ambre, Compte rendu de huitième session du congrès international d'anthropologie Volume 1, 1877 - books.google.fr).

 

Fiésole et Etrusques

 

Fiesole, l'ancienne Faesula des Romains, qui fut le berceau de Florence, n'a guère aujourd'hui d'intéressant que ses pierres étrusques, ses souvenirs littéraires, sa situation et les sculptures de sa cathédrale (Patrice Chauvierre, L'Italie: voyage religieux, historique, littéraire et artistique, 1878 - books.google.fr).

 

Faesulae, aujourd'hui Fiesole, était un ancien bourg étrusque, consacré aux observations météorologiques augurales, ou aux Nymphes Hyades (v. Silvius Italicus). Rome s'étant emparée de cette station, y établit un fort, avec des colons militaires (Cicero, Mur. 24). Des colons Fæsulans descendirent, dans la suite, des hauteurs, pour s'établir sur l’Arnus (Arno), nommé communément le fleuve (fluor, fluentum); aussi appela-t-on ces colons les Riverains ou les Fluviaux (Fluentini ou Fluorentini, Plin. III, 8; 3, Tacit. ann. 1, 79; Florus III, 21). Ces Riverains formerent plus tard le municipe romain Florentia (Fluviale, Riveraine). Comme le mot fluor (flux) fleur d'eau, se prononçait comme flôr (fleur), on croyait dans la suite que Florentia signifiait Florissante. On mit dans les armoiries de la ville les fleurs de lis; on consacra la cathédrale à Santa Maria del Fiore; et Dante appela il fiore, le florin florentin avec l'empreinté du lis (Dante Parad. 9, 130) (Frédéric Guillaume Bergmann, Dante, sa vie et ses oeuvres, 1881 - books.google.fr).

 

Les humanistes toscans s'efforçaient de détourner au bénéfice de Florence la grande idée «nationale» (c'est-à-dire romaine). D'où, dans l'épitre célèbre de Politien, De civitatis florentinae origine, par exemple, une certaine discrétion sur l'origine étrusque ; elle ne fait allusion qu'aux connaissances de la nymphe Faesula (Fiesole) en haruspicine. Tous les humanistes n'étaient pas sensibles au «mythe étrusque» ; il se développait pourtant vingt ans plus tard lors de l'invitation à Rome de Julien de Médicis par le pape Léon X (Médicis lui-même) en 1513 (André Chastel, Art et humanisme à Florence au temps de Laurent le Magnifique: études sur la Renaissance et l'humanisme platonicien, 1982 - books.google.fr).

 

Il a aimé la Florence souple et féline comme la panthère mouchetée du poète, la Florence spirituelle et enthousiaste, orgueilleuse et inconstante, fiévreuse et vindicative, la Florence où s'agite et s'affaire une race élégante et nerveuse de banquiers, de légistes et de tisseurs de laine, où les caractères se trempent, dans les épreuves, où le désordre engendre le génie ; la Florence où fermente l'avenir, où s'élabore la civilisation des nouveaux âges, où jaillissent les sources bienfaisantes qui bientôt se répandront sur l'Italie et de l'Italie sur le monde.  Il a aimé la Florence médicéenne avec ses tournois et ses cavalcades, avec ses rires, ses chants et ses pleurs, avec ses saturnales brusquement interrompues par le poignard des Pazzi ; avec ses diplomates, ses artistes, ses astronomes et ses clercs ; avec son académie platonicienne, ses banquets philosophiques, ses entretiens graves ou plaisants sous les sapins des Camaldules ; avec son Laurent qui, dans l'éclat des fêtes païennes et dans la gloire d'un principat magnifique, met en vers élégiaques la brièveté de la jeunesse et l'incertitude du lendemain, son Policien qui célèbre la belle Simonetta, son petit chanoine de Fiesole, Marsile Ficin, qui vénère Platon comme un prophète de Jésus et monte en chaire pour prêcher le Timée (aux fidèles assemblés dans l'église des Angeli) (Discours de réception à l'Académie française der Raymond Poincaré, éloge de son prédécesseur Emile Gebhart) (Larousse mensuel illustré, 1910 - books.google.fr).

 

Si la religion concerne les rapports qui existent entre les hommes et plus particulièrement ceux qui existent entre des prêtres et des laïcs – si l'on peut employer ce dernier terme pour d'autres cultures que la nôtre – si la religion est donc un lien horizontal, elle est dabord, essentiellement, étymologiquement peut-être, un lien vertical : la religion régit les rapports qui unissent les hommes et la divinité. Aussi est-il légitime de se demander maintenant quels dieux en Etrurie étaient plus spécialement honorés lors des jeux athlétiques et hippiques, quels dieux (ou déesses ?) étaient les patrons désignés de ces manifestations, de ces festivals sportifs. On sait bien qu'en Grèce comme à Rome tous les grands jeux officiels étaient célébrés en l'honneur de dieux particuliers que ces fêtes devaient réjouir ou simplement apaiser. Pour en venir au cas de l'Etrurie, on pourrait procéder en examinant, en passant en revue les différents documents - à vrai dire, limités en nombre - où apparaît, à côté d'athlètes ou de cavaliers, la figure, toujours plus ou moins énigmatique en Etrurie, d'une divinité. Quelques textes, latins ou grecs, pourront aussi, heureusement, laisser percer des indications. Mais nous partirons pour une fois sans hésiter de la situation en Grèce et du monde du stade et du gymnase : c'est ce à quoi nous invitent en effet un certain nombre d'auteurs modernes, qui ont cru retrouver en Etrurie diverses divinités grecques des jeux athlétiques, tout frappés qu'ils étaient à la fois par les influences des jeux grecs sur les jeux étrusques et par celles de la religion grecque sur la religion étrusque.

 

Malgré toutes les similitudes apparentes, et même lorsqu'on essaie de plaquer le modèle grec sur la réalité étrusque, on ne peut jamais trouver de correspondance profonde. Les divinités favorites du monde de l'athlétisme grec, Apollon, Héraklès ou Hermès, ne retrouvent pas ce rôle en Etrurie. Non seulement, il faut bien se garder de restituer leur figure, là où on veut seulement les imaginer - il est vrai qu'une telle attitude est maintenant heureusement dépassée - mais encore, partout où ces dieux apparaissent, il faut examiner leur fonction avec la plus grande circonspection. La conclusion rejoint ici celle que nous avons pu faire et que nous ferons encore dans d'autres chapitres : si, comme on devait l'attendre de la part d'un peuple adonné plus que tout autre aux superstitions, le caractère religieux des jeux étrusques est patent, il ne saurait être question, par là-même, de les confondre avec leurs homologues grecs. Malgré les rapprochements inévitables, tenant à la nature des exercices sportifs et aux types de société envisagés, nous nous trouvons en présence de deux univers différents (Jean-Paul Thuillier, Les jeux athlétiques dans la civilisation étrusque. Rome : Ecole française de Rome, 1985 - www.persee.fr).

 

C’est donc au tout début du VIIe siècle que des Etrusques ont découvert et repris pour leur propre compte l’alphabet grec ou plutôt un alphabet grec : c’est qu’a cette époque ils étaient régulièrement en contact avec les premiers colons grecs venus en Italie et qui s’étaient installés autour de 770 - c’est l’époque des premiers Jeux Olympiques, 776 étant la date traditionnelle de leur fondation - dans les îles Pithécousses, c’est-a-dire dans l'actuelle Ischia, au nord du golfe de Naples, avant de fonder Cumes juste en face sur le continent. Notons au passage, avant de revenir plus précisément a la question de |’écriture, que ces premiers colons grecs sont aussi ceux qui auront poussé leur tentative le plus loin possible vers le nord de |’Italie, et que par la suite, dans ce qui va devenir la Grande Grèce, dans la botte italienne et en Sicile, les diverses colonies qui s’installeront seront toutes fondées plus au sud (Syracuse, Tarente, Sybaris, Crotone...) (Jean-Paul Thuillier, Les étrusques: Histoire d'un peuple, 2003 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Histoire de l'Eubée).

 

Encore une île : Aristote

 

La vieille théorie d’Aristote sur les tremblements de terre présente à première vue une certaine apparence de vérité, elle a été soutenue par plusieurs géologues. En effet, rien n'est plus naturel que de se figurer de l'eau provenant des pluies ou de la mer pénétrant par infiltrations dans les cavités souterraines; une foule d'expériences nous apprennent qu'à une certaine profondeur, qui ne doit pas être très grande, l'eau passe rapidement à l'état de vapeur. Si la tension de la vapeur devient suffisante, la cavité pourra faire explosion, comme le ferait une chaudière de machine à vapeur (M. Cordenons, Etude sur les tremblements de terre, Bulletin hebdomadaire, Association scientifique de France, 1884 - books.google.fr).

 

Cataclysme

 

Les Pléiades sont confondues avec les Hespérides (les pommes d'or) par Diodore de Sicile. Elles sont encore appelées par lui Atlantides, comme fille d'Atlas. L'Atlantide serait du côté des îles fortunées ou Canaries (Eugène Pégot-Ogier, Les îles fortunées ou Archipel des Canaries, Tome 2, 1869 - books.google.fr).

 

Dans le Timée de Platon (du nom de Timée de Locres), Critias, devant traiter de la maniéré dont une communauté de type pythagoricien doit se défendre par les armes, commence par se référer a un récit étrange mais «vrai», narré autrefois par Solon qui l’aurait rapporté au grand-père de Critias. Ce récit racontait un exploit accompli par l’Athènes primitive, récit que Solon aurait reçu en Egypte de prêtres versés dans l’Antiquité. Alors que Solon affirmait aux prêtres égyptiens avoir entendu parler du déluge mythique de Deucalion et de Pyrrha, un de ces prêtres lui fit comprendre que ce déluge de la mythologie grecque ne fut pas le seul : «Bien des fois, en bien des façons, sont survenues ruines d’hommes, et il en surviendra d’autres ; le feu et l’eau ont fait les plus grandes». Et le prêtre égyptien de rappeler le mythe apocalyptique de Phaéton (qui constituait a travers la figure des Héliades l’un des fondements du poème ontologique de Parménide d’Elée, ville de Grande Grèce) tout en rappelant que lorsque le déluge s’abat chez les Grecs, il ne laisse «survivre que les illettrés et les gens incultes» (Timée 20 d - 22 a). Bien d’autres déluges eurent lieu avant celui de l’époque de Deucalion ; quant a l’Athènes primitive, Solon en ignore tout car «les survivants pendant plusieurs générations sont morts sans qu’a l’écriture ils aient confié leur voix» (Timée 23 b-c). Cette Athènes, qui était antérieure à «la plus grande ruine amenée par les eaux» (Timée 25 d nous apprendra que l’Athènes primitive fut emportée par un tremblement de terre pendant que l’Atlantide croulait sous les eaux), était alors «la plus vaillante a la guerre et a tous égards la mieux policée à un degré remarquable» (Timée 23 c). Datant de 9000 ans selon le prêtre égyptien, cette Athènes primitive était déjà protégée par la déesse Athéna qui par goût est «guerrière et philosophe» (Timée 23 d - 24 c). Et c’est cette Athènes primitive qui, d’après les écrits des Egyptiens, arrêta dans sa marche insolente l’énorme puissance qui envahissait alors |’Europe et l’Asie. Cette puissance se trouvait sur une île située de l’autre côté des colonnes d’Hercule dans la mer atlantique. Mais cette ile Atlantide se jeta sur l’Athènes primitive pour l’asservir. C’est alors qu’Athènes, qui avait le premier rang «pour le moral ainsi que pour les arts qui servent à la guerre» (référence implicite au programme pédagogique de type pythagoricien décrit dans la République) l’emporta finalement sur |’Atlantide ; récit rapporté par Critias en réponse a Socrate parce qu’il fournit a ce dernier un exemple historique de cité qui était 4 la fois de type pythagoricien et capable de se défendre par les armes (Timée 24 e- 25 c). Mais peu après, un tremblement de terre emporta Athènes cependant qu’un déluge détruisit l’Atlantide (Timée 25 c-d). Critias propose alors a Socrate de considérer qu’il existe une «concordance parfaite» entre d’un côté l’Athènes primitive victorieuse de l’Atlantide (récit trouvé par un prêtre égyptien dans des archives et transmis par lui 4 Solon qui le rapporta au grand-père de Critias), et d’autre part la cité idéale de philosophes guerriers décrite par Socrate «comme en une fable» (Timée 26 c-d). On devine d’ailleurs que le travail de mémoire opéré par Critias (Timée 26 a), joint au nombre des intermédiaires entre les archives des Egyptiens et Socrate (pas moins de quatre : le prêtre égyptien, Solon, le grand-père de Critias, et enfin Critias lui-même), laisse planer un doute massif sur l’exactitude littérale des faits rapportés ; de méme qu’a contrario nous savons bien que Critias se trompe lorsqu’il assimile la description socratique de la cité idéale a une «fable» puisque cette cité idéale reprenait le modèle historique des communautés pythagoriciennes qui avaient effectivement existé en Grande Grèce au siècle précédent. Socrate, maitre critique par excellence, ne pouvait être dupe de la prétendue historicité des événements rapportés par Critias : il signifie d’ailleurs son ironie a ce sujet en répondant a Critias : «Ce n’est pas une fable inventée, mais une histoire vraie, ce qui est énorme !» (Timée 26 e) (Patrick Négrier, Gurdjieff et la voie des maîtres, 2021 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2042 sur la date pivot -470 donne -2982, 62 ans après la déluge samaritain (-3044).

 

Epoque d'Arphaxad et de son fils Caïnan, le second Caînan dont l'existence n'est indiquée que dans les Septante (Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'hist. univers., sacrée et proph., ecclésiast. et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1762, 1763 - books.google.fr).

 

Le texte hébreu, le texte samaritain, le Targum d'Onkelos, celui de Jonathan, la Vulgate, les versions syriaque et arabe et autres travaux qui supposent un maniement considérable de manuscrits hébreux de la Bible, ne font pas la moindre allusion à ce Caïnan, fils d'Arphaxad. C'est sur la seule version des Septante que ce personnage postdiluvien aurait existé.

 

S. Luc, dans la généalogie de N. S. Jésus-Christ (III, 36), à l'exemple des Septante, cite Caïnan, comme fils d’Arphaxad. S. Luc, gentil de naissance, s'adressant en grec à des Gentils, s'est servi ici, comme dans tous les passages où il cite l'Ancien-Testament, de la version mise à la portée de ces peuples, de la version grecque dite des Septante.

 

La citation de S. Luc ne prouve donc ni pour ni contre l'existence du Caïnan postdiluvien. Même parmi les auteurs anciens qui suivent la chronologie des Septante, il n'est pas rare d'en trouver qui rejettent le second Caïnan. Citons entre autres deux historiens chrétiens des premiers siècles de l'Eglise, Jules Africain et Eusebe.

 

Outre qu'il est difficile d'expliquer un retranchement volontaire dans les nombreux manuscrits hébreux consultés par les traducteurs et commentateurs juifs et chrétiens, il semble d'ailleurs que l'addition de ce Caïnan dans les Septante se comprendrait assez facilement. Qu'on veuille bien se rappeler le Caïnan antédiluvien (Gen. V, 9, 10); il se trouve le 4° parmi les patriarches dits de la première humanité. D'après les Septante, le Caïnan postdiluvien, arriverait aussi 4° parmi les patriarches de la nouvelle humanité (Ch. Robert, Sur l'étude du R.P. Brucker, Controverse et le Contemporain, Facultés Catholiques de Lyon, 1886 - books.google.fr).

 

Selon l'Hébreu et la Vulgate, Arphaxad engendre Salé à 35 ans. Selon le Samaritain à 135 ans. Selon la chronologie des Septante et d'Asaph, Arphaxad engendre Caïnan à 135 ans, trop tard pour le -2982. Mais pour la Peshitta des Syriens à 35 ans (Chronique de Michel le Syrien  - www.odysseetheater.org).

 

Nous apprenons de R. Moyse, fils de Maimon ou Rambam, de plusieurs paslages du Thalmud, des Commentateurs Juifs, de la plûpart des Ecrivains Orientaux, soit Chrétiens, foit Mahometans, qu'Abraham avoit été élevé dans le Sabiisme. Le passage de Josué sur l'Idolatrie de Tharé, est un texte irrefragable: la ville de Charan où ce Patriarche, en quittant celle de Our, alla faire sa demeure, étoit dès lors, & a toujours été, même jusqu'aux derniers tems, la ville patriarchale du Sabiisme. Bâtie, dit Abulfaradge, par Caïnan, fils d'Arphaxad, (mettons Arphaxad lui-même puisque ce Caïnan eft intrus) & illustrée par les Observations astronomiques qu'il y fit ; ses habitans se portèrent d'eux-mêmes à lui dresser des simulacres, & de-là le culte des Astres & des Statues ;des Astres, comme d'Etres à la vérité subordonnez, mais médiateurs entre Dieu & les hommes : des Statues, comme représentans ces Astres en leur absence, par exemple, la Lune, lorsqu'elle ne paroît plus sur l’Horizon, les grands Hommes, lorsqu'ils ne sont plus, ou après leur mort. De ces remarques sur Charan, on pourroit soupçonner que les Sabiens ont dû aussi porter le nom de Charaniens; & c'est en effet ce que nous trouvons dans Abulféda & dans beaucoup d'autres Auteurs, Arabes & Persans. [...]

 

Simulacres, Arbres dévouez, Bois sacrez, Temples, Fêtes, Hierarchie réglée, adoration, priére, croyance, idée même de résurrection, les Sabiens avoient toutes ces marques de Religion intérieures & extérieures & Ibn Corra Astronome Sabien illustre soûtenoit encore par des Ecrits publics, il y a quelques siècles, que toutes ces pratiques leur venoient des anciens Chaldéens. D'un autre côté, les Mathématiciens qui les gouvernoient, se livroient à toutes les idées que leur imagination leur présentoit & chacun selon ses calculs & les systèmes ils se forgeoient des dogmes, ou rejettoient ceux des autres. Par exemple, selon quelques-uns, la résurrection devoit se faire au bout de 9000 ans. Pourquoi ? Ils fixoient à 9000 ans le tour entier de tous les Orbes célestes. D'autres plus subtils vouloient une résurrection parfaite & totale, c'est-à-dire, de tous les animaux, de toutes les plantes, de toute la nature. Cela étant, ils ne l'attendoient qu'au bout de 36426 ans. Enfin, plusieurs d'entr'eux soûtenoient dans le Monde, ou dans les Mondes, une espèce d'éternité, pendant laquelle tour à tour ces Mondes étoient détruits & refaits. [...] Cette Secte obligée par sa propre constitution à observer le cours des Astres, a produit plusieurs Philosophes, & surtout plusieurs Astronomes du premier ordre (Fourmont l'Aîné, Sur le sabiisme, Mémoires de littérature tirés des registres de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, 1743 - books.google.fr).

 

2042 : l'effondrement ?

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