Louis de Bavière

Louis de Bavière

 

VIII, 67

 

2079-2080

 

PAR. CAR. NERSAF, à ruine grand discorde ;

Ne l'un ne l'autre n'aura election,

Nersaf, du peuple aura amour & concorde

Ferrare, Colonne gande protection.

 

PAR. CAR. NERSAF

 

On peut voir dans "NERSAF" l'anagramme de Farnèse ou de France.

 

Pour Louis Schlosser, NERSAF serait le pape Paul III (Louis Schlosser, La vie de Nostradamus, 1985 - books.google.fr).

 

Mais que devient l'"election" ?

 

Avant que d'être le pape Paul III, Alessandro Farnèse faillit être élu lors du conclave de 1513, suite à la mort de Jules II. Mais qui serait PAR. CAR. ? Le cardinal Caraffa est mort en 1511, et, en 1513, il y a Domenico del Carretto. Mais pas de "ruine" ou de "discorde" entre eux. En 1513, Alphonse Ier d'Este, duc de Ferrare, s'échappe des mains du pape Jules II, sous la protection des Colonna (fr.wikipedia.org - Conclave de 1513).

 

Avant que de jouer aux anagrammes ou de juger des erreurs typographiques, on regarde s'il n'existe pas un terme conforme à la graphie du quatrain (comme "Nonseggle" du quatrain VI, 46).

 

Le premier et le deuxième vers supposent que "PAR. CAR. NERSAF" constitue deux personnages ("Ne l'un ne l'autre").

 

"nersaf" de "nersaw" ou Nährsau : Nährschwein, le nom d'un porc domestique bavarois (Deutschen Rechtswörterbuchs (DRW), 1992-1996 - drw-www.adw.uni-heidelberg.de).

 

Louis de Bavière empereur : une élection non reconnue par le pape

 

Louis III de Bavière (1282 – 1347), élu roi des Romains en 1314 puis couronné empereur des Romains sous le nom de Louis IV, régna de 1328 à 1347. Il s'est fermement opposé à la papauté, notamment à Jean XXII. Il est le fils de Louis II (1229 – 1294), duc de Bavière, et de sa seconde épouse Mathilde de Habsbourg. Né en février/mars 1282 il est associé au gouvernement par son frère aîné Rodolphe Ier du Palatinat en 1300/1304 comme duc conjoint de Haute-Bavière et corégent du palatinat du Rhin, la fonction de prince-électeur étant exercée conjointement. En 1310, le patrimoine bavarois est partagé entre eux et à partir de 1317 Louis IV devient le seul duc de Bavière après l'abdication de Rodolphe. À la suite de la mort de l'empereur Henri VII en août 1313 en Italie, de longues négociations occupent le collège électoral pendant l'année 1314, et les électeurs convoqués à Francfort tiennent deux réunions différentes. Au cours de la première le 19 octobre Frédéric le Bel, de la famille Habsbourg, est désigné par l'archevêque de Cologne, le comte palatin Rodolphe, Henri de Goritz, roi titulaire de Bohême, et le duc de Saxe-Wittenberg assemblés dans un faubourg de la cité. Au cours de la seconde réunion le 20 octobre, Louis de Bavière est élu à Saschshausen sur la rive gauche du Main par l'archevêque de Trèves Baudouin de Luxembourg, l'archevêque de Mayence, et trois électeurs laïcs ; Jean de Luxembourg, Valdemar de Brandebourg et le duc de Saxe-Lauenbourg. Même si la majorité des électeurs s'était prononcée pour Louis, l'élection est faussée par les doubles votes en sens opposés du royaume de Bohême et du duché de Saxe. Louis est le premier duc de Bavière de la Maison de Wittelsbach à obtenir ce titre. Le 25 novembre suivant, à Aix-la-Chapelle, il reçoit la couronne de Pierre d'Aspelt, archevêque de Mayence, tandis que Frédéric est couronné à Bonn par l'archevêque de Cologne. Cette double élection entraîne la division de l'Empire entre partisans de Frédéric et partisans de Louis : chacun des deux prétendants devant offrir des contreparties au ralliement de chacun, le pouvoir de chacun des deux souverains se trouve considérablement affaibli. La décision a lieu sur le champ de bataille de Mühldorf en 1322 : c'est Louis qui en sort vainqueur ; son adversaire est fait prisonnier ; à la Diète de Nuremberg en 1323 Louis est reconnu par la plupart des soutiens de son rival. Veuf de Béatrice de Swidnica, il épouse en 1324 Marguerite II de Hainaut qui lui apporte en dot ses domaines des Pays-Bas. Entretemps Louis de Bavière a été excommunié par le pape Jean XXII et en mars 1325 un accord amiable est trouvé avec Frédéric qui pour sa libération renonce à ses droits, mais un partage est conclu à Munich le 7 janvier 1326 qui prévoit que Frédéric demeure une sorte de roi honoraire en conservant ses États patrimoniaux. Cette situation unique prend fin en 1330 avec la mort de Frédéric (fr.wikipedia.org - Louis IV (empereur du Saint-Empire)).

 

Le fils de Tassilon III, duc de Bavière, cousin et ennemi de Charlemagne, fut tué par un sanglier. Selon certains chroniqueurs, cet accident aurait été prédit par saint Virgile, évêque de Salzbourg, qui reprochait au duc de Bavière son impiété, ses exactions, ses multiples trahisons et son alliance avec les Avars, peuple païen. Dans le monastère que le père fonda à Kremsmünster, on voit le gisant de son fils et le sanglier qui ressemble plus à un cochon (Michel Pastoureau, Le Roi tué par un cochon, Une mort infâme aux origines des emblèmes de la France ?, 2015 - www.google.fr/books/edition).

 

Les races des cochons son très soignées en Bavière où l'on aime beaucoup leur chair ; elles ont même une certaine renommée en Allemagne. Comme les cochons de Hongrie, ceux de la Bavière sont aisés à reconnaître à la longueur de leurs poils, à leur couleur fauve et enfin à leurs oreilles longues et pendantes (Pierre-Marcel-Toussaint de Serres, Voyage dans le Tyrol, et une partie de la Bavière, pendant l'année 1811, Tome 1, 1823 - www.google.fr/books/edition).

 

Dans le cochon, tout est bon ! Les Bavarois le savent et consomment énormément de viande de porc. Aucune partie de la bête n'est négligée : la langue ou Züngerl, l'épaule ou Schweineschäufele, le rôti ou Schweinebraten, le jarret ou Schweinshaxen... (Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Bavière 2017/2018 Petit Futé - www.google.fr/books/edition).

 

Les Tyroliens de Hofer (début du XIXe siècle), dans leur bonne humeur, ne cessaient de les railler sur leur figure, sur leur goût pour la bière, les appelaient cochons de Bavarois, et les faisaient toujours servir de but à leurs traits satiriques (Johann Christian von Pfister, Histoire d'Allemagne: depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, d'après les sources, avec deux cartes ethnographiques, Volume 11, 1838 - books.google.fr).

 

Der Pabst Johannes von Ludwig dem Bayern ein wilde Konther genannt (selon des textes allemands anciens : "chundir"). Kunther, Kunder : Hausvieh (Schweine, Gänse, Hübner, etc.) (Johann Andreas Schmeller, Bayerisches Wörterbuch, 2014 - books.google.fr).

 

PAR. CAR.

 

E. Kranzmayer a réfuté les anciennes explications du nom de la province de Carinthie (Kärnten) par un mot kar «pierre». Il a plutôt compris dans le toponyme le «pays des amis» (cf. en général v. irl. cara «ami», bret. kar «parent», karantek «aimable»). Cette explication peut cependant être améliorée : le nom de la province de Carinthie a pour point de départ, au centre du pays, un grand bourg du nom de Karnburg, que les documents d'époque carolingienne appellent c(ch)aranda et dérivé d'une civitas c(h)arantana qui, par évolution phonetique ultérieure, conduit à la forme actuelle Kärnten. De la constatation il ressort que nous devons poser une forme de base *karanta, mais c'était un nom de pays et il faut, à ce propos, retenir le fait que ce nom est phonétiquement à peu près identique à Rochefort). On ne peut sans doute, dans le dernier cas, souscrire à la signification de «fleuve de l'amitié», mais il est très possible d'y voir la désignation d'une belle et agréable rivière (à côté du bret. karantek «aimable», cf. l'anthroponyme gaulois latinisé Carantus, qui serait traduisible par «favori» ou par l'anglais darling). Il est donc beaucoup plus clair de traduire le nom de la Carinthie par «contrée aimable et souriante», termes qui lui conviennent parfaitement car la région qui entoure le Karnburg est particulièrement agréable et attirante pour le peuplement (W. Brandenstein, Le rôle et l'importance du vieux-celtique en carinthie, Ogam, Volume 12, 1960 - www.google.fr/books/edition).

 

Car, kar ou ker, dans la langue primitive des Gaulois, signifiait rocher élevé et à pic, d'où nous est venu le mot d'escarpé. Exemples : La Carinthie, la Carniole, les monts Carpathes, Carcassonne, Carpentras, etc. (J.-B. Leclère, J. Caveau, Archéologie celto-romaine de l'arrondissement de Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or), 1ère partie, 1843 - www.google.fr/books/edition).

 

Carinthia car ent, chemin de charrette ou de voiture (Jacques Le Brigant, Dissertation adressée aux académies sçavantes de l'Europe, sur une nation de Celtes nommés Brigantes ou Brigants, 1762 - www.google.fr/books/edition).

 

Albert Ier d'Autriche laissa de sa femme Elisabeth, fille de Mainhard III. Duc de Carinthie & Comte de Tyrol, dix enfans, qui réunirent le Duché de Carinthie à celui d'Autriche. Frédéric le bel deuxième fils d'Albert Ier fut élu Empereur des Romains après la mort de l'Empereur Henri VII (Ferdinand Ludwig von Bressler und Aschenburg, Les Souverains Du Monde, Tome 5, 1734 - books.google.fr).

 

Après l'extinction des Sponheim à la mort du duc Ulrich III en 1269, le duché de Carinthie avec la marche de Carniole échoit au roi Ottokar II de Bohême sur la base d'un accord de succession – malgré les protestations du frère cadet d'Ulrich, Philippe de Sponheim. Pendant le Grand Interrègne, Ottokar avait déjà obtenu la suprématie sur les duchés d'Autriche et de Styrie et également posé sa candidature pour l'élection en tant que roi des Romains. Toutefois, en 1273, le comte Rodolphe de Habsbourg est élu roi et il exige tout de suite le remboursement des fiefs impériaux. En 1276, la Carinthie, l'Autriche et la Styrie sont confisquées. Après avoir vaincu Ottokar à la bataille de Marchfeld en 1278, Rodolphe de Habsbourg donne en 1286 le duché de Carinthie à son allié Meinhard de Goritz, comte de Tyrol (fr.wikipedia.org - Duché de Carinthie).

 

En 1325, la reine Élisabeth revint en Bohême où elle était appelée par les États; Jean l’y suivit parce qu'il avait besoin d'argent. Il s'était brouillé avec son ancien ami, le roi des Romains, par rapport à la Marche de Brandebourg et à la terre de la Pleisse ; mais il se réconcilia avec lui, lorsque Louis de Bavière se prêta à son projet d'acquérir la Carinthie à sa maison. Il commença par s'arranger avec Henri de Carinthie, qu'il avait privé du trône de Bohême ; il racheta les prétentions de ce rival pour 40,000 marcs d'argent, et fiança Jean-Henri, son fils cadet, avec Marguerite, fille du duc de Carinthie, que Louis de Bavière, en faveur de sa réconciliation avec Jean, venait de déclarer héritière des états paternels. Jean envoya son fils à la cour de son futur beau-père, et lui fit prêter éventuellement le serment de fidélité en Carinthie. Cette démarche l'impliqua dans une guerre avec l'empereur Frédéric-le-Beau, comme duc d'Autriche, et avec Otton, frère de ce prince, à cause des prétentions que la maison d'Autriche formait sur la succession future du duc de Carinthie. Cette guerre fut terminée en 1328 par un traité de paix; nous la verrons recommencer peu d'années après (Friedrich Schoell, Cours d'histoire des Etats europeens, depuis le bouleversement de l'empire romain d'occident jusqu'en 1789, Tome 55, 1830 - books.google.fr).

 

Le règne de la maison de Goritz a duré jusqu'en 1335, à la mort du duc Henri de Carinthie, le dernier représentant mâle de la lignée. Ensuite, l'empereur Louis IV donne la Carinthie en fief aux ducs Albert II et Othon d'Autriche de la maison de Habsbourg. Les Habsbourg héritent des duchés de Carinthie, d'Autriche et de Styrie qu'ils conserveront jusqu'en 1918 (fr.wikipedia.org - Duché de Carinthie).

 

Le 4 avril 1335, Henri, duc de Carinthie, ci-devant roi de Bohême, mourut sans autre postérité qu’une fille, nommée Marguerite et surnommée à la Grande Bouche (Maultasche) qui avait été reconnue par l'empereur héritière du duché de Carinthie et du comté de Tirol, et mariée au second fils du roi de Bohême. Les ducs d'Autriche prétendirent à la succession comme neveux du dernier comte, et s'emparèrent de la Carinthie; les Tiroliens se déclarèrent pour Marguerite et pour Jean-Henri, son époux. L'empereur, traitant le duché de Carinthie et le comté de Tirol comme fiefs dévolus à la couronne, en donna, le 2 mai 1335, l'investiture aux ducs d’Autriche : le désir de se faire des amis, le mécontentement qu'il ressentait contre le roi Jean dont le caractère inconstant rendait souvent la conduite équivoque, engagèrent Louis de Bavière à cette démarche. Jean qui était malade à Paris des blessures qu'il avait reçues dans un tournoi, brûlait d'impatience de se venger de ce qu'il appelait l'ingratitude de l'empereur. Aussitôt qu'il put se mettre en route, il se rendit dans ses états et devint l'instigateur d'une ligue formidable contre Louis de Bavière et les ducs d'Autriche. Le roi d'Hongrie, celui de Pologne avec lequel Jean s'était réconcilié par la paix de Trentschin, du 24 avril 1355, et Henri, duc de la Basse-Bavière qui, par un motif que nous allons faire connaître, croyait avoir à se plaindre de son cousin, y entrèrent. Les comtes de Wittemberg et de Juliers s'allièrent avec Louis et les ducs d'Autriche. La guerre éclata en 1336, mais fut de courte durée : le roi Jean trouva moyen de détacher les ducs d'Autriche de l'alliance avec l'empereur. Le 9 octobre, il conclut à Ens la paix, par laquelle les deux parties renoncèrent réciproquement, savoir la princesse Marguerite ou Jean-Henri a la Carinthie, et les ducs d'Autriche au Tirol (Friedrich Schoell, Cours d'histoire des Etats europeens, depuis le bouleversement de l'empire romain d'occident jusqu'en 1789, Tome 55, 1830 - books.google.fr).

 

"PAR."

 

Agrippa, de aegre partus, né dans la douleur (Claude-Gilbert Dubois, La Poésie baroque, Tome 1 : Du maniérisme au baroque, 1500-1600, 1969 - www.google.fr/books/edition).

 

PAR. CAR. : né d'Elisabeth de Carinthie ?

 

Ambition de Louis de Bavière

 

La victoire de Muhldorf et la captivité de Frédéric ne rendirent pas, comme on aurait pu le croire, Louis de Bavière paisible possesseur de la couronne impériale. Trompé par ses succès, il s'empressa de travailler à l'agrandissement de sa maison en donnant à son fils l'investiture de l'électorat du Brandebourg, et en contractant lui-même un mariage qui fit entrer dans la maison de Bavière les comtés de Hainaut, de Hollande, de Frise et de Zélande. Cet accroissement de puissance effraya ses alliés, surtout Jean de Bohême, et les rejeta dans les rangs de ses ennemis, qui trouvèrent en même temps de puissants auxiliaires dans le pape et le roi de France. Jean XXII, qui aspirait à relever la puissance temporelle de la papauté de l'état d'abaissement où Clément V l'avait laissée tomber, prétendait régenter l'Empire et ressaisir la domination de l'Italie. Ce fut sur ce double théâtre qu'il attaqua à la fois Louis de Bavière. Entrainé par son dévouement aux intérêts des Capétiens, il refusa de reconnaitre les conséquences de la bataille de Muhldorf, et après avoir menacé Louis de Bavière d'excommunication, pour s'être arrogé le titre de roi des Romains sans l'autorisation du saint-siége, il offrit aux princes allemands un nouveau compétiteur dans la personne du roi de France Charles IV (Henri Chevallier, Précis d'histoire de France du Moyen Age et des temps modernes: Du quatorzième siècle au milieu du dix-septième, 1858 - books.google.fr).

 

"Ne l'un... n'aura élection"

 

En même temps qu'il déclarait l'empire vacant, Jean XXII nommait Robert de Naples vicaire impérial en Italie, relevait partout dans la Péninsule le parti guelfe et employait contre les Gibelins les armes temporelles et spirituelles; excommuniant le chef des Gibelins de la Lombardie, Matteo Visconti, qui refusait de renoncer au titre de vicaire impérial que lui avait donné Henri VII, ou bien envoyant son légat Bertrand du Poïet avec des troupes pour assiéger Milan. Les luttes sanglantes des Guelfes et des Gibelins se rallumèrent avec une nouvelle force; toute la Péninsule fut en feu; les Visconti à Milan, les Castrucci à Lucques, les Este à Ferrare, les Scala à Vérone prirent les armes et appelèrent Louis de Bavière, dont les secours arrivèrent à temps pour forcer le légat à lever le siége de Milan (1323) (Henri Chevallier, Précis d'histoire de France du Moyen Age et des temps modernes: Du quatorzième siècle au milieu du dix-septième, 1858 - books.google.fr).

 

Ferrare

 

Le pape Clément V, étant devenu par là maître de Ferrare en 1309, en donna le vicariat à Robert, roi de Naples, sans penser à François d'Est, qui s'était donné tant de peines pour rentrer en possession de cette ville. Les Ferrarais, excédés par les mauvais traitements des officiers et des troupes que le roi de Naples leur envoyait, se soulèvent contre eux, le 4 août 1317, et les ayant obligés à se retirer dans le Château-Thedalde, il les y forcent, avec le secours des marquis d'Est et des Bolonais, les massacrent tous, et livrent aux flammes cette forteresse.L'an 1317, le 15 août, Renaud et Obizzon I, fils du marquis Aldovrandin et d'Alde Rangone, sont rétablis dans la seigneurie de Ferrare, et s'associent Nicolas, premier du nom, leur troisième frère. Le pape Jean XXII n'apprit pas ce rétablisssement avec indifférence. Il somma les trois marquis d'abandonner Ferrare; et, sur leur refus aussi respectueux que raisonnable, il mit la ville en interdit, les excommunia, l'an 1320, et les fit poursuivre comme hérétiques par l'inquisition. Les trois marquis se rapprochent du pape, et abandonnent l'empereur Louis de Bavière, son ennemi, dont ils avaient suivi le parti jusqu'alors ; mais la réconciliation ne fut consommée que l'an 1332. Les marquis d'Est, s'étant soumis à reconnaître le pape pour souverain de Ferrare, obtinrent de lui une bulle qui leur conférant le vicariat de cette ville et de son district, à l'exception d'Argenta y que le pape se réservait, et qui fut remise à son légat (L'Art de Verifier les Dates des Faits Historiques, des Chartes, des Chroniques, et Autres Anciens Monuments, Tome 17, 1819 - books.google.fr).

 

Les Colonna

 

Le Dante, dans son livre de Monarchia, nie que l'autorité de l'Église soit cause efficiente de l'autorité impériale, et il le prouve ainsi : «Ce sans quoi une chose a toute sa vertu n'est pas la cause de cette vertu. Or, l'Église n’existant pas, l'Empire eut toute sa vertu. Donc, l'Église n'est pas la cause de la vertu de l'Empire.» Et plus loin, l'auteur reproduit ce syllogisme en lui donnant la forme singulière d'une démonstration mathématique : soit l'Église A, l'Empire B, l'autorité C. Si, A n'existant pas, C était déjà dans B, A n'était pas la cause que C fût dans B. Le Dante expose la même doctrine dans la Divine Comédie, mais sous une forme moins barbare : «Rome, qui a rendu le monde meilleur, avait deux soleils qui éclairaient l'une et l'autre voie : celle du monde et celle de Dieu. L'un des deux soleils a obscurci l'autre. Le glaive a été uni au bâton pastoral; ainsi joints de vive force, l'un et l'autre doivent mal s’accorder; car, réunis ainsi, l'un ne craint pas l'autre.» Cette thèse, que le Dante et Marsile de Padoue avaient soutenue dans leurs écrits, Louis de Bavière vint la soutenir en Italie les armes à la main. Les Gibelins étaient partout écrasés par leurs adversaires. Florence et le roi de Naples étaient toujours à la tête du parti guelfe. A Rome, depuis que les papes avaient abandonné cette ville, le gouvernement était tombé dans l'oligarchie. Le cardinal-légat, quand il pouvait y faire tolérer sa présence, s'efforçait d'y défendre les droits du saint-siége; le roi de Naples cherchait à y faire prévaloir son influence; mais, au fond, c'étaient les principaux seigneurs, les Colonna, les Savelli, les Orsini, qui exerçaient ou plutôt qui se disputaient le pouvoir. Les Savelli étaient Gibelins; les Orsini étaient Guelfes; les Colonna étaient divisés : Étienne s'était déclaré pour le pape, et Sciarra soutenait la cause de l'empereur. Lorsqu'on apprit à Rome que Louis de Bavière était entré en Italie, les Gibelins excitèrent un mouvement populaire, qui força Étienne Colonna et Napoléon Orsini à se retirer à Avignon avec leurs familles. Sciarra Colonna et Jacques Savelli furent nommés capitaines du peuple par le parti vainqueur (M. Filon, Des origines du pouvoir temporel des papes, Revue nationale et étrangère, politique, scientifique et littéraire, Volume 9, 1860 - books.google.fr).

 

Le peuple de Rome

 

Tandis que Robert d'Anjou préparait la défense de la ville, le peuple élut un corps représentatif de 52 «buoni uomini», qui menaca d'accueillir solennellement l'Empereur, si le Pape n'était pas revenu auparavant dans sa ville ; il exprimait ainsi l'idée que ce n'est pas le couronnement par le Pape qui fait l'Empereur, mais l'acclamation du Peuple qui lui délègue son pouvoir souverain en vertu de la Lex Regia. Le Peuple se choisit comme capitaine Sciarra Colonna, ami de Louis de Bavière par tradition d'hostilité au guelfisme depuis Anagni, qui arma les milices populaires et chassa de Rome les troupes angevines et le cardinal Orsini, représentant du Pape. Louis de Bavière entra à Rome sans coup férir et fut acclamé au Capitole (janvier 1328) (Yves Renouard, Philippe Braunstein, Les Villes d'Italie, de la fin du xe sìècle au début du XIVe siècle, Tome 1, 1969 - www.google.fr/books/edition).

 

Acrostiche : PNNF, pennifer

 

"pennifer" : emplumé (Gaffiot).

 

La politique de Louis de Bavière a deux faces qui regardent l'avenir et le passé. Elle a été à coup sûr très influencée par les idées, d'ailleurs assez différentes, des deux grands publicistes qui ont mis leur plume au service de Louis, Occam et Marsile de Padoue, auxquels il faut ajouter Dante (De Monarchia). [...]

 

C'est cependant la Monarchie encore, plus encore que le Defensor pacis, qui fournissait les théories par lesquelles on pouvait justifier l'acte aussi hardi du couronnement romain. Seulement ici Dante est moins un novateur qu'il ne développe avec éclat une très ancienne conception (Bibliographie : "Staatskirchliche Anschauungen und Handlungen am Hofe Kaiser Ludwigs des Bayern" de Otto Bornhak, Revue critique d'histoire et de littérature, Volume 100, 1933 - www.google.fr/books/edition).

 

Occam, né en Angleterre, professa à Paris sous Philippe le Bel. Il écrivit pour Philippe contre les prétentions du Saint-Siège et de Boniface VIII. Il écrivit aussi pour l'empereur Louis de Bavière, auquel il disait «Défends-moi avec l'épée, je te défendrai avec ma plume.» Persécuté, il se refugia à la cour de l'Empereur et mourut à Munich, en 1345. On l'avait surnommé le docteur invincible, doctor invincibilis.

 

Le dialecticien par excellence fut le franciscain et scotiste Jean d'Okham. En métaphysique, il renouvelle avec éclat la grande querelle des nominalistes et des réalistes qui changea les écoles d'Europe en véritables champs de bataille. Okham est nominaliste: il rejette les entités imaginaires du réalisme, car les êtres ne doivent pas être multipliés sans nécessité, Entia non multiplicanda sunt præter necessitatem ; frustra fit per plura quod fieri potest per pauciora. Les idées générales sont un produit de l'abstraction (Alfred Fouillée, Histoire de la philosophie, 1875 - books.google.fr).

 

Marsile de Padoue et Jean de Jandun, défenseurs attitrés de Louis de Bavière dans sa querelle avec Jean XXII, présentent, pour leur part, une ecclésiologie tout à fait révolutionnaire. Marsile démarque sa théologie du pouvoir dans l'Église à partir de ses théories politiques, favorables au régime démocratique. Pour lui, toute juridiction appartient en propre au peuple chrétien, qui fait les lois, les interprète ou les modifie a le pouvoir d'en dispenser ou d'en punir l'infraction. C'est lui qui choisit ses chefs, car il n'existe aucune hiérarchie de droit divin : le Christ n'a institué que le pouvoir d'Ordre, il n'a créé qu'un sacerdoce, chargé d'assurer la vie sacramentelle ; tous les prêtres, à la suite des Apôtres, y participent également et au même degré que les évêques, celui de Rome y compris.

 

Le Pontife romain, en effet, n'a pas reçu du Christ un pouvoir des clés supérieur à celui des autres prêtres, et toute hiérarchie est d'origine humaine, conférée à certains pour des raisons d'ordre social par le peuple chrétien, ainsi que des soldats élisent un chef. Le désir de ne conserver dans l'Église que le pouvoir d'Ordre, et d'éliminer la Juridiction, va si loin chez Marsile qu'il subordonne en tout la communauté ecclésiastique au pouvoir temporel, et notamment rejette le privilège du for et l'exemption d'impôts. Il dénie d'ailleurs à l'Église le droit de posséder. Les dignitaires ecclésiastiques seront nommés (Olivier de La Brosse, Le Pape et le concile, la comparaison de leurs pouvoirs à la veille de la Réforme, 1965 - www.google.fr/books/edition).

 

Né à Jandun, dans les Ardennes, en 1285, Jean fait des études à Paris au début des années 1300, enseigne à la Faculté des arts, devient membre du collège de de Navarre en 1315, et est nommé l'année suivante chanoine à Senlis. C'est un maître universitaire fortement impliqué dans les affaires politico-religieuses de son temps. Lié à Marsile de Padoue, au point d'avoir été considéré, à tort, comme le co-auteur du Defensor pacis (1324), il fuit Paris, en 1326, en compagnie de de Marsile, pour se réfugier auprès de l'empereur Louis de Bavière. Jean accompagne Louis en Italie en 1327-1328 pour le couronnement de l'empereur à Rome. Il est excommunié avec Marsile de Padoue, en 1327, par le pape Jean XII pour six propositions du Defensor Pacis relatives aux pouvoirs politiques de l'Église, le rapport de cette dernière aux biens temporels, et la supériorité du concile sur le pape. Nommé par Louis de Bavière évêque de Ferrare, il meurt en 1328 sur le chemin de Rome à Ferrare. Jean de Jandun est un intellectuel de haut vol qui commente la plus grande partie du corpus aristotélicien, ainsi que le De substantia orbis d'Averroès, philosophe arabe, traducteur et commentateur d'Aristote ; on a ainsi pu le classer parmi les «averroïstes latins» au sens où, avec Averroès, séparer la philosophie de la foi suivant la doctrine de la «double vérité» (Dominique Iogna-Prat, Cité de Dieu, cité des hommes, L'Église et l'architecture de la société. 1200-1500, 2016 - www.google.fr/books/edition).

 

Rabelais et les relations franco-allemandes

 

Un des hommes de Langey (Guillaume du Bellay, 1491-1543), Saint Ay travaillait les princes allemands, comme l'allemand Sturm, pour les joindre à la France. Il n'obtient pas grand chose et rencontra Rabelais alors en exil à Metz en 1547 (Arthur Heulhard, Rabelais, ses voyages en Italie, son exil à Metz, 1891 - www.google.fr/books/edition, Rémy Scheurer, Loris Petris, David Amherdt, Correspondance du cardinal Jean Du Bellay: 1537-1547, 1969 - www.google.fr/books/edition).

 

Certains auteurs pensent que le personnage d'Epistemon dans Pantagruel est le cardinal de Tournon.

 

En 1541, un projet de ligne avec le Danemark, le duc de Clèves et les Etats protestants, dont la Saxe, qui ont envoyé leurs ambassadeurs à Paris, échoue à cause de l'opposition des conseillers du roi, qui ne veulent pas y admettre les États protestants, comme le dit Marguerite de Navarre dans une lettre à l'Électeur de Saxe. François Ier entre en guerre, malgré le duc de Clèves, pour réunir territorialement Clèves à la France. Après la défaite du duc de Clèves en 1543, le roi et son fils, le duc d'Orléans, envoient des réformés français, A. Maillet et G. Farel, en mission auprès des princes, promettant d'introduire la Réforme au Luxembourg. Mais les princes refusent d'aider le roi. En 1544, le Saint-Empire déclare la guerre au roi, comme allié du Turc; cependant Jean Sturm, recteur du gymnase de Strasbourg et pensionné du roi, débauche des troupes impériales et doit se retirer quelque temps en France. Le fils du duc de Wurtemberg offre ses services au roi, de même que les ducs de Lunebourg, avec qui les ambassadeurs Frette et Bicher restent en relations pendant «l'invasion de 1544, grâce à Bucer, le réformateur de Strasbourg. Les protestants allemands s'inquiètent des clauses secrètes du traité de Crépy, puis de voir le roi prendre à son service le très catholique Henri de Brunswick, sous prétexte de lutter contre l'Angleterre. Le cardinal du Bellay, pour renouer des liens d'amitié avec les princes, leur suggère d'être médiateurs entre François Ier et Henri VIII, afin d'éviter une ligue anglo-germanique contre la France; cette médiation est acceptée par François Ier et le cardinal de Tournon, mais échoue à cause de l'Angleterre; cependant l'idée est lancée d'une ligue regroupant la France, l'Angleterre et les princes protestants allemands contre Charles-Quint (Jean-Daniel Pariset, Les relations des rois de France et des princes protestants allemands (1541-1559), Positions des Thèses, 1972  - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2080 sur la date pivot 1326 donne 572.

 

Après trois ans de siège, Pavie tombe entre les mains des Lombards qui ont envahi toute l'Italie du Nord. La prise de la capitale de Théodoric donne aux Lombards une nouvelle légitimité. Alboïn se targue d’avoir avec lui des ancêtres communs, les Amales, et apparaît comme l’héritier naturel des Goths. L’assassinat d’Alboïn par son épouse d'origine Gépide Rosemonde, puis celui de son successeur Clèfe, laisse les Lombards sans chef pendant dix ans. L’Italie est en proie au désordre. À la tête des envahisseurs, sans que personne ne les contrôle, se trouvent des ducs, chefs militaires de rang princier. Certains d’entre eux reconnaissent l’autorité de Byzance qui, trop faible pour reconquérir le pays, empêche les Lombards de l’occuper entièrement. Ils s’y établissent par poches et l’Italie se divise en différentes zones de pouvoir, situation qui durera treize siècles. De cette époque date l’opposition traditionnelle entre la Lombardie, dominée par Pavie et Milan, et la Romagne, pays des Romains, dont la principale ville est Ravenne (fr.wikipedia.org - Année 572).

 

Salonius d'Embrun et Sagittaire de Gap sont des prélats soudards. Ils volent, tuent, passent des nuits à boire et entreprennent même d'envoûter le pape Jean III. Ils sont condamnés par les conciles de Lyon et de Châlons et Sagittaire de Gap va finir misérablement ses jours en Gascogne vers 585 (Guide de la Provence mystérieuse, 1965 - www.google.fr/books/edition).

 

Vers 1326, le pape Jean XXII rédige la bulle Super Illius Specula, qui définit la sorcellerie comme une hérésie. Sorcellerie et hérésie, jusque-là perçues comme deux univers mentaux très éloignés, vont être assimilés pour les trois siècles suivants (fr.wikipedia.org - Chasse aux sorcières).

 

La bulle «Super illius specula» du pape Jean XXII dénonce les faux chrétiens qui sacrifient aux démons et les adorent, «fabriquent ou se procurent des images, des anneaux, des fioles, des miroirs et autres choses encore où ils attachent les démons par leurs arts magiques, leur tirant des réponses, leur demandant leur secours pour exécuter leurs mauvais desseins, s'engageant à la plus honteuse servitude pour la plus honteuse des choses» (Revue des sciences religieuses, Volume 50, 1976 - www.google.fr/books/edition).

 

Si les Gascons votèrent pour Jacques d'Euse, ce fut moins par sympathie personnelle que par impuissance d'agir autrement; ils se résignèrent à ce vote en désespoir de cause. L'attitude plus qu'étrange du chef du parti gascon au lendemain du conclave de Lyon le prouve surabondamment. Un damoiseau de Bertrand de Got, Gauthier de la Tour, châtelain de Pertuis (Apt), a déposé devant des commissaires pontificaux qu'Arnaud de Pélagrue, Guillaume Teste, Bernard de Garves et Bérenger de Frédol, le jeune, avaient tramé un complot contre la vie du Saint-Père. En plein consistoire, les conjurés devaient tuer le pape, puis sortir «en criant : Gascogne, Gascogne ! Et l'on aurait bien vu qui devait l'emporter des Gascons ou des gens de Cahors. Pas un de ceux-ci n'aurait repassé le Rhône.» L'enquête sur ce complot, peut-être imaginaire, n'eut pas de suite; mais on sait que plus tard des Gascons et surtout le vicomte de Bruniquel, l'évèque de Toulouse Gailhard de Pressac et Arnaud de Pélagrue furent compromis, plus ou moins gravement, dans le célèbre procès d'envoûtement tenté contre le pape et ses cardinaux les plus chers par Hugues Géraud, évêque de Cahors, et qui eut pour épilogue la dégradation du prélat et son supplice. On voit par là combien parmi les cardinaux gascons et leur parti le dépit était vif d'avoir échoué dans leur dessein de porter l'un d'entre eux sur la chaire de saint Pierre (Guillaume Mollat, L'élection du pape Jean XXII (suite). In: Revue d'histoire de l'Église de France, tome 1, n°2, 1910. pp. 147-166 - www.persee.fr).

 

Nous avons vu au précédent livre la lutte qui eut lieu entre les deux factions della Torre et de Visconti, pour la place de capitaine du peuple de Milan ; titre sous lequel chaque parti cachait ses vues ambitieuses. Guido, fils de Napoléon della Torre, l'occupait depuis 1308. Mais Matteo Visconti se rendit à la diète de Spire pour réclamer la protection de l'empereur dont il était le vicaire; qualité qui donnait tous les pouvoirs du gouvernement. Il suivit Henri VII en Italie, et ce prince lui confirma, le 18 juillet 1311, le vicariat de la ville et du comté de Milan, pour lequel il paya une somme de 50,000 florins d'or, et promit un cens annuel de 5,000. Le vicaire joignit, en 1315 et 1316, par force ou par adresse à sa domination Bergame, Pavie, Plaisance, Tortone, Alexandrie, Verceil, Crémone et Come. Le pape ayant nommé le roi Robert, vicaire général de l’Empire, Visconti déposa, en 1317, son titre, mais il se fit proclamer souverain sous le titre nouveau de capitaine et de défenseur de la liberté milanaise. Le pape l’excommunia et frappa Milan d'un interdit. Matteo, capitaine habile, plus grand politique, mourut le 22 juin 1322. Son fils, Galéaz Visconti, lui succéda. Chassé un instant par un parti opposé, il rentra bientôt dans Milan et s'en fit proclamer seigneur, le 12 décembre 1322. Une armée de Croisés guelfes, dirigée par le légat Bertrand de Poïet et commandée par un Aragonais, Raimond de Cardone, lui enleva Plaisance et assiégea ensuite Milan, mais elle fut obligée de se retirer le 23 juillet 1323. Galéaz Visconti se maintint jusqu'à l'arrivée de Louis de Bavière en Italie. Ce fut en 1327. Galéaz reçut ce monarque à Milan, lui prêta serment de fidélité, et fut nommé, comme son père l'avait été, vicaire de l'Empire, ou seigneur de Milan, Lodi, Pavie et Verceil. Cependant les intrigues de Marc, frère de Galéaz, et le refus de celui-ci de payer à Louis de Bavière l'argent dont il avait besoin pour continuer sa marche, persuadèrent le roi des Romains de sa trahison : il donna ordre de l'arrêter avec Azzon, son fils, et deux de ses frères. Tous ces prisonniers furent enfermés à Monza. On établit à Milan un régime municipal, et Guillaume de Montfort fut nommé gouverneur impérial dans cette place. Cependant l'intervention de Castruccio Castracane avait obtenu, le 25 mars 1328, la liberté de Galéaz, sans sa restauration ; mais ce prince mourut au mois d'août de la même année, au château de Pescia, Azzon Visconti, son fils, profitant du besoin d'argent de l'empereur, s'engagea à lui payer 125,000 florins d'or pour la solde de ses troupes révoltées ; à ce prix il fut nommé vicaire impérial à Milan. Il ne tarda pas à rompre la foi qu'il avait jurée en recevant ce titre, le déposa , et prit celui de vicaire de l'Église des mains du pape, qui affectait de regarder la dignité impériale comme vacante. Selon la politique perfide des Italiens de ces temps, dont ensuite Machiavel écrivit la théorie, Azzon fit nommer, le 8 février 1331, Jean de Luxembourg souverain de Milan et accepta la charge de soni vicaire. Les progrès que ce héros aventurier avait faits en Lombardie, et la soumission de Bergame, Crême, Crémone, Pavie, Verceil et Novarre, toutes villes qui entouraient Milan, avaient tracé la conduite d'Azzon. La perfidie dicta celle qu'il observa dès que Jean eut tourné le dos : il s'empara de Bergame et Verceil, et entra dans la ligue que les seigneurs Gibelins de la Lombardie, la république Guelfe de Florence et le roi de Naples conclurent au mois de septembre 1332 å Orci, et par laquelle le partage de la dépouille du roi de Bohême fut réglé (Friedrich Schoell, Cours d'histoire des Etats europeens, depuis le bouleversement de l'empire romain d'occident jusqu'en 1789; par Max. Samson-Fred. Schoell, Volume 56, 1830 - books.google.fr).

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