Louis de Bavière

Louis de Bavière

 

VIII, 67

 

2079-2080

 

PAR. CAR. NERSAF, à ruine grand discorde ;

Ne l'un ne l'autre n'aura election,

Nersaf, du peuple aura amour & concorde

Ferrare, Colonne gande protection.

 

PAR. CAR. NERSAF

 

On peut voir dans "NERSAF" l'anagramme de Farnèse ou de France.

 

Pour Louis Schlosser, NERSAF serait le pape Paul III (Louis Schlosser, La vie de Nostradamus, 1985 - books.google.fr).

 

Mais que devient l'"election" ?

 

Avant que d'√™tre le pape Paul III, Alessandro Farn√®se faillit √™tre √©lu lors du conclave de 1513, suite √† la mort de Jules II. Mais qui serait PAR. CAR. ? Le cardinal Caraffa est mort en 1511, et, en 1513, il y a Domenico del Carretto. Mais pas de "ruine" ou de "discorde" entre eux. En 1513, Alphonse Ier d'Este, duc de Ferrare, s'√©chappe des mains du pape Jules II, sous la protection des Colonna (fr.wikipedia.org - Conclave de 1513).

 

Avant que de jouer aux anagrammes ou de juger des erreurs typographiques, on regarde s'il n'existe pas un terme conforme à la graphie du quatrain (comme "Nonseggle" du quatrain VI, 46).

 

Le premier et le deuxième vers supposent que "PAR. CAR. NERSAF" constitue deux personnages ("Ne l'un ne l'autre").

 

"nersaf" de "nersaw" ou Nährsau : Nährschwein, le nom d'un porc domestique bavarois (Deutschen Rechtswörterbuchs (DRW), 1992-1996 - drw-www.adw.uni-heidelberg.de).

 

Louis de Bavière empereur : une élection non reconnue par le pape

 

Louis III de Bavi√®re (1282 ‚Äď 1347), √©lu roi des Romains en 1314 puis couronn√© empereur des Romains sous le nom de Louis IV, r√©gna de 1328 √† 1347. Il s'est fermement oppos√© √† la papaut√©, notamment √† Jean XXII. Il est le fils de Louis II (1229 ‚Äď 1294), duc de Bavi√®re, et de sa seconde √©pouse Mathilde de Habsbourg. N√© en f√©vrier/mars 1282 il est associ√© au gouvernement par son fr√®re a√ģn√© Rodolphe Ier du Palatinat en 1300/1304 comme duc conjoint de Haute-Bavi√®re et cor√©gent du palatinat du Rhin, la fonction de prince-√©lecteur √©tant exerc√©e conjointement. En 1310, le patrimoine bavarois est partag√© entre eux et √† partir de 1317 Louis IV devient le seul duc de Bavi√®re apr√®s l'abdication de Rodolphe. √Ä la suite de la mort de l'empereur Henri VII en ao√Ľt 1313 en Italie, de longues n√©gociations occupent le coll√®ge √©lectoral pendant l'ann√©e 1314, et les √©lecteurs convoqu√©s √† Francfort tiennent deux r√©unions diff√©rentes. Au cours de la premi√®re le 19 octobre Fr√©d√©ric le Bel, de la famille Habsbourg, est d√©sign√© par l'archev√™que de Cologne, le comte palatin Rodolphe, Henri de Goritz, roi titulaire de Boh√™me, et le duc de Saxe-Wittenberg assembl√©s dans un faubourg de la cit√©. Au cours de la seconde r√©union le 20 octobre, Louis de Bavi√®re est √©lu √† Saschshausen sur la rive gauche du Main par l'archev√™que de Tr√®ves Baudouin de Luxembourg, l'archev√™que de Mayence, et trois √©lecteurs la√Įcs ; Jean de Luxembourg, Valdemar de Brandebourg et le duc de Saxe-Lauenbourg. M√™me si la majorit√© des √©lecteurs s'√©tait prononc√©e pour Louis, l'√©lection est fauss√©e par les doubles votes en sens oppos√©s du royaume de Boh√™me et du duch√© de Saxe. Louis est le premier duc de Bavi√®re de la Maison de Wittelsbach √† obtenir ce titre. Le 25 novembre suivant, √† Aix-la-Chapelle, il re√ßoit la couronne de Pierre d'Aspelt, archev√™que de Mayence, tandis que Fr√©d√©ric est couronn√© √† Bonn par l'archev√™que de Cologne. Cette double √©lection entra√ģne la division de l'Empire entre partisans de Fr√©d√©ric et partisans de Louis : chacun des deux pr√©tendants devant offrir des contreparties au ralliement de chacun, le pouvoir de chacun des deux souverains se trouve consid√©rablement affaibli. La d√©cision a lieu sur le champ de bataille de M√ľhldorf en 1322 : c'est Louis qui en sort vainqueur ; son adversaire est fait prisonnier ; √† la Di√®te de Nuremberg en 1323 Louis est reconnu par la plupart des soutiens de son rival. Veuf de B√©atrice de Swidnica, il √©pouse en 1324 Marguerite II de Hainaut qui lui apporte en dot ses domaines des Pays-Bas. Entretemps Louis de Bavi√®re a √©t√© excommuni√© par le pape Jean XXII et en mars 1325 un accord amiable est trouv√© avec Fr√©d√©ric qui pour sa lib√©ration renonce √† ses droits, mais un partage est conclu √† Munich le 7 janvier 1326 qui pr√©voit que Fr√©d√©ric demeure une sorte de roi honoraire en conservant ses √Čtats patrimoniaux. Cette situation unique prend fin en 1330 avec la mort de Fr√©d√©ric (fr.wikipedia.org - Louis IV (empereur du Saint-Empire)).

 

Le fils de Tassilon III, duc de Bavi√®re, cousin et ennemi de Charlemagne, fut tu√© par un sanglier. Selon certains chroniqueurs, cet accident aurait √©t√© pr√©dit par saint Virgile, √©v√™que de Salzbourg, qui reprochait au duc de Bavi√®re son impi√©t√©, ses exactions, ses multiples trahisons et son alliance avec les Avars, peuple pa√Įen. Dans le monast√®re que le p√®re fonda √† Kremsm√ľnster, on voit le gisant de son fils et le sanglier qui ressemble plus √† un cochon (Michel Pastoureau, Le Roi tu√© par un cochon, Une mort inf√Ęme aux origines des embl√®mes de la France ?, 2015 - www.google.fr/books/edition).

 

Les races des cochons son tr√®s soign√©es en Bavi√®re o√Ļ l'on aime beaucoup leur chair ; elles ont m√™me une certaine renomm√©e en Allemagne. Comme les cochons de Hongrie, ceux de la Bavi√®re sont ais√©s √† reconna√ģtre √† la longueur de leurs poils, √† leur couleur fauve et enfin √† leurs oreilles longues et pendantes (Pierre-Marcel-Toussaint de Serres, Voyage dans le Tyrol, et une partie de la Bavi√®re, pendant l'ann√©e 1811, Tome 1, 1823 - www.google.fr/books/edition).

 

Dans le cochon, tout est bon ! Les Bavarois le savent et consomment √©norm√©ment de viande de porc. Aucune partie de la b√™te n'est n√©glig√©e : la langue ou Z√ľngerl, l'√©paule ou Schweinesch√§ufele, le r√īti ou Schweinebraten, le jarret ou Schweinshaxen... (Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Bavi√®re 2017/2018 Petit Fut√© - www.google.fr/books/edition).

 

Les Tyroliens de Hofer (d√©but du XIXe si√®cle), dans leur bonne humeur, ne cessaient de les railler sur leur figure, sur leur go√Ľt pour la bi√®re, les appelaient cochons de Bavarois, et les faisaient toujours servir de but √† leurs traits satiriques (Johann Christian von Pfister, Histoire d'Allemagne: depuis les temps les plus recul√©s jusqu'√† nos jours, d'apr√®s les sources, avec deux cartes ethnographiques, Volume 11, 1838 - books.google.fr).

 

Der Pabst Johannes von Ludwig dem Bayern ein wilde Konther genannt (selon des textes allemands anciens : "chundir"). Kunther, Kunder : Hausvieh (Schweine, G√§nse, H√ľbner, etc.) (Johann Andreas Schmeller, Bayerisches W√∂rterbuch, 2014 - books.google.fr).

 

PAR. CAR.

 

E. Kranzmayer a r√©fut√© les anciennes explications du nom de la province de Carinthie (K√§rnten) par un mot kar ¬ępierre¬Ľ. Il a plut√īt compris dans le toponyme le ¬ępays des amis¬Ľ (cf. en g√©n√©ral v. irl. cara ¬ęami¬Ľ, bret. kar ¬ęparent¬Ľ, karantek ¬ęaimable¬Ľ). Cette explication peut cependant √™tre am√©lior√©e : le nom de la province de Carinthie a pour point de d√©part, au centre du pays, un grand bourg du nom de Karnburg, que les documents d'√©poque carolingienne appellent c(ch)aranda et d√©riv√© d'une civitas c(h)arantana qui, par √©volution phonetique ult√©rieure, conduit √† la forme actuelle K√§rnten. De la constatation il ressort que nous devons poser une forme de base *karanta, mais c'√©tait un nom de pays et il faut, √† ce propos, retenir le fait que ce nom est phon√©tiquement √† peu pr√®s identique √† Rochefort). On ne peut sans doute, dans le dernier cas, souscrire √† la signification de ¬ęfleuve de l'amiti√©¬Ľ, mais il est tr√®s possible d'y voir la d√©signation d'une belle et agr√©able rivi√®re (√† c√īt√© du bret. karantek ¬ęaimable¬Ľ, cf. l'anthroponyme gaulois latinis√© Carantus, qui serait traduisible par ¬ęfavori¬Ľ ou par l'anglais darling). Il est donc beaucoup plus clair de traduire le nom de la Carinthie par ¬ęcontr√©e aimable et souriante¬Ľ, termes qui lui conviennent parfaitement car la r√©gion qui entoure le Karnburg est particuli√®rement agr√©able et attirante pour le peuplement (W. Brandenstein, Le r√īle et l'importance du vieux-celtique en carinthie, Ogam, Volume 12, 1960 - www.google.fr/books/edition).

 

Car, kar ou ker, dans la langue primitive des Gaulois, signifiait rocher √©lev√© et √† pic, d'o√Ļ nous est venu le mot d'escarp√©. Exemples : La Carinthie, la Carniole, les monts Carpathes, Carcassonne, Carpentras, etc. (J.-B. Lecl√®re, J. Caveau, Arch√©ologie celto-romaine de l'arrondissement de Ch√Ętillon-sur-Seine (C√īte-d'Or), 1√®re partie, 1843 - www.google.fr/books/edition).

 

Carinthia car ent, chemin de charrette ou de voiture (Jacques Le Brigant, Dissertation adressée aux académies sçavantes de l'Europe, sur une nation de Celtes nommés Brigantes ou Brigants, 1762 - www.google.fr/books/edition).

 

Albert Ier d'Autriche laissa de sa femme Elisabeth, fille de Mainhard III. Duc de Carinthie & Comte de Tyrol, dix enfans, qui réunirent le Duché de Carinthie à celui d'Autriche. Frédéric le bel deuxième fils d'Albert Ier fut élu Empereur des Romains après la mort de l'Empereur Henri VII (Ferdinand Ludwig von Bressler und Aschenburg, Les Souverains Du Monde, Tome 5, 1734 - books.google.fr).

 

Apr√®s l'extinction des Sponheim √† la mort du duc Ulrich III en 1269, le duch√© de Carinthie avec la marche de Carniole √©choit au roi Ottokar II de Boh√™me sur la base d'un accord de succession ‚Äď malgr√© les protestations du fr√®re cadet d'Ulrich, Philippe de Sponheim. Pendant le Grand Interr√®gne, Ottokar avait d√©j√† obtenu la supr√©matie sur les duch√©s d'Autriche et de Styrie et √©galement pos√© sa candidature pour l'√©lection en tant que roi des Romains. Toutefois, en 1273, le comte Rodolphe de Habsbourg est √©lu roi et il exige tout de suite le remboursement des fiefs imp√©riaux. En 1276, la Carinthie, l'Autriche et la Styrie sont confisqu√©es. Apr√®s avoir vaincu Ottokar √† la bataille de Marchfeld en 1278, Rodolphe de Habsbourg donne en 1286 le duch√© de Carinthie √† son alli√© Meinhard de Goritz, comte de Tyrol (fr.wikipedia.org - Duch√© de Carinthie).

 

En 1325, la reine √Člisabeth revint en Boh√™me o√Ļ elle √©tait appel√©e par les √Čtats; Jean l‚Äôy suivit parce qu'il avait besoin d'argent. Il s'√©tait brouill√© avec son ancien ami, le roi des Romains, par rapport √† la Marche de Brandebourg et √† la terre de la Pleisse ; mais il se r√©concilia avec lui, lorsque Louis de Bavi√®re se pr√™ta √† son projet d'acqu√©rir la Carinthie √† sa maison. Il commen√ßa par s'arranger avec Henri de Carinthie, qu'il avait priv√© du tr√īne de Boh√™me ; il racheta les pr√©tentions de ce rival pour 40,000 marcs d'argent, et fian√ßa Jean-Henri, son fils cadet, avec Marguerite, fille du duc de Carinthie, que Louis de Bavi√®re, en faveur de sa r√©conciliation avec Jean, venait de d√©clarer h√©riti√®re des √©tats paternels. Jean envoya son fils √† la cour de son futur beau-p√®re, et lui fit pr√™ter √©ventuellement le serment de fid√©lit√© en Carinthie. Cette d√©marche l'impliqua dans une guerre avec l'empereur Fr√©d√©ric-le-Beau, comme duc d'Autriche, et avec Otton, fr√®re de ce prince, √† cause des pr√©tentions que la maison d'Autriche formait sur la succession future du duc de Carinthie. Cette guerre fut termin√©e en 1328 par un trait√© de paix; nous la verrons recommencer peu d'ann√©es apr√®s (Friedrich Schoell, Cours d'histoire des Etats europeens, depuis le bouleversement de l'empire romain d'occident jusqu'en 1789, Tome 55, 1830 - books.google.fr).

 

Le r√®gne de la maison de Goritz a dur√© jusqu'en 1335, √† la mort du duc Henri de Carinthie, le dernier repr√©sentant m√Ęle de la lign√©e. Ensuite, l'empereur Louis IV donne la Carinthie en fief aux ducs Albert II et Othon d'Autriche de la maison de Habsbourg. Les Habsbourg h√©ritent des duch√©s de Carinthie, d'Autriche et de Styrie qu'ils conserveront jusqu'en 1918 (fr.wikipedia.org - Duch√© de Carinthie).

 

Le 4 avril 1335, Henri, duc de Carinthie, ci-devant roi de Boh√™me, mourut sans autre post√©rit√© qu‚Äôune fille, nomm√©e Marguerite et surnomm√©e √† la Grande Bouche (Maultasche) qui avait √©t√© reconnue par l'empereur h√©riti√®re du duch√© de Carinthie et du comt√© de Tirol, et mari√©e au second fils du roi de Boh√™me. Les ducs d'Autriche pr√©tendirent √† la succession comme neveux du dernier comte, et s'empar√®rent de la Carinthie; les Tiroliens se d√©clar√®rent pour Marguerite et pour Jean-Henri, son √©poux. L'empereur, traitant le duch√© de Carinthie et le comt√© de Tirol comme fiefs d√©volus √† la couronne, en donna, le 2 mai 1335, l'investiture aux ducs d‚ÄôAutriche : le d√©sir de se faire des amis, le m√©contentement qu'il ressentait contre le roi Jean dont le caract√®re inconstant rendait souvent la conduite √©quivoque, engag√®rent Louis de Bavi√®re √† cette d√©marche. Jean qui √©tait malade √† Paris des blessures qu'il avait re√ßues dans un tournoi, br√Ľlait d'impatience de se venger de ce qu'il appelait l'ingratitude de l'empereur. Aussit√īt qu'il put se mettre en route, il se rendit dans ses √©tats et devint l'instigateur d'une ligue formidable contre Louis de Bavi√®re et les ducs d'Autriche. Le roi d'Hongrie, celui de Pologne avec lequel Jean s'√©tait r√©concili√© par la paix de Trentschin, du 24 avril 1355, et Henri, duc de la Basse-Bavi√®re qui, par un motif que nous allons faire conna√ģtre, croyait avoir √† se plaindre de son cousin, y entr√®rent. Les comtes de Wittemberg et de Juliers s'alli√®rent avec Louis et les ducs d'Autriche. La guerre √©clata en 1336, mais fut de courte dur√©e : le roi Jean trouva moyen de d√©tacher les ducs d'Autriche de l'alliance avec l'empereur. Le 9 octobre, il conclut √† Ens la paix, par laquelle les deux parties renonc√®rent r√©ciproquement, savoir la princesse Marguerite ou Jean-Henri a la Carinthie, et les ducs d'Autriche au Tirol (Friedrich Schoell, Cours d'histoire des Etats europeens, depuis le bouleversement de l'empire romain d'occident jusqu'en 1789, Tome 55, 1830 - books.google.fr).

 

"PAR."

 

Agrippa, de aegre partus, né dans la douleur (Claude-Gilbert Dubois, La Poésie baroque, Tome 1 : Du maniérisme au baroque, 1500-1600, 1969 - www.google.fr/books/edition).

 

PAR. CAR. : né d'Elisabeth de Carinthie ?

 

Ambition de Louis de Bavière

 

La victoire de Muhldorf et la captivit√© de Fr√©d√©ric ne rendirent pas, comme on aurait pu le croire, Louis de Bavi√®re paisible possesseur de la couronne imp√©riale. Tromp√© par ses succ√®s, il s'empressa de travailler √† l'agrandissement de sa maison en donnant √† son fils l'investiture de l'√©lectorat du Brandebourg, et en contractant lui-m√™me un mariage qui fit entrer dans la maison de Bavi√®re les comt√©s de Hainaut, de Hollande, de Frise et de Z√©lande. Cet accroissement de puissance effraya ses alli√©s, surtout Jean de Boh√™me, et les rejeta dans les rangs de ses ennemis, qui trouv√®rent en m√™me temps de puissants auxiliaires dans le pape et le roi de France. Jean XXII, qui aspirait √† relever la puissance temporelle de la papaut√© de l'√©tat d'abaissement o√Ļ Cl√©ment V l'avait laiss√©e tomber, pr√©tendait r√©genter l'Empire et ressaisir la domination de l'Italie. Ce fut sur ce double th√©√Ętre qu'il attaqua √† la fois Louis de Bavi√®re. Entrain√© par son d√©vouement aux int√©r√™ts des Cap√©tiens, il refusa de reconnaitre les cons√©quences de la bataille de Muhldorf, et apr√®s avoir menac√© Louis de Bavi√®re d'excommunication, pour s'√™tre arrog√© le titre de roi des Romains sans l'autorisation du saint-si√©ge, il offrit aux princes allemands un nouveau comp√©titeur dans la personne du roi de France Charles IV (Henri Chevallier, Pr√©cis d'histoire de France du Moyen Age et des temps modernes: Du quatorzi√®me si√®cle au milieu du dix-septi√®me, 1858 - books.google.fr).

 

"Ne l'un... n'aura élection"

 

En m√™me temps qu'il d√©clarait l'empire vacant, Jean XXII nommait Robert de Naples vicaire imp√©rial en Italie, relevait partout dans la P√©ninsule le parti guelfe et employait contre les Gibelins les armes temporelles et spirituelles; excommuniant le chef des Gibelins de la Lombardie, Matteo Visconti, qui refusait de renoncer au titre de vicaire imp√©rial que lui avait donn√© Henri VII, ou bien envoyant son l√©gat Bertrand du Po√Įet avec des troupes pour assi√©ger Milan. Les luttes sanglantes des Guelfes et des Gibelins se rallum√®rent avec une nouvelle force; toute la P√©ninsule fut en feu; les Visconti √† Milan, les Castrucci √† Lucques, les Este √† Ferrare, les Scala √† V√©rone prirent les armes et appel√®rent Louis de Bavi√®re, dont les secours arriv√®rent √† temps pour forcer le l√©gat √† lever le si√©ge de Milan (1323) (Henri Chevallier, Pr√©cis d'histoire de France du Moyen Age et des temps modernes: Du quatorzi√®me si√®cle au milieu du dix-septi√®me, 1858 - books.google.fr).

 

Ferrare

 

Le pape Cl√©ment V, √©tant devenu par l√† ma√ģtre de Ferrare en 1309, en donna le vicariat √† Robert, roi de Naples, sans penser √† Fran√ßois d'Est, qui s'√©tait donn√© tant de peines pour rentrer en possession de cette ville. Les Ferrarais, exc√©d√©s par les mauvais traitements des officiers et des troupes que le roi de Naples leur envoyait, se soul√®vent contre eux, le 4 ao√Ľt 1317, et les ayant oblig√©s √† se retirer dans le Ch√Ęteau-Thedalde, il les y forcent, avec le secours des marquis d'Est et des Bolonais, les massacrent tous, et livrent aux flammes cette forteresse.L'an 1317, le 15 ao√Ľt, Renaud et Obizzon I, fils du marquis Aldovrandin et d'Alde Rangone, sont r√©tablis dans la seigneurie de Ferrare, et s'associent Nicolas, premier du nom, leur troisi√®me fr√®re. Le pape Jean XXII n'apprit pas ce r√©tablisssement avec indiff√©rence. Il somma les trois marquis d'abandonner Ferrare; et, sur leur refus aussi respectueux que raisonnable, il mit la ville en interdit, les excommunia, l'an 1320, et les fit poursuivre comme h√©r√©tiques par l'inquisition. Les trois marquis se rapprochent du pape, et abandonnent l'empereur Louis de Bavi√®re, son ennemi, dont ils avaient suivi le parti jusqu'alors ; mais la r√©conciliation ne fut consomm√©e que l'an 1332. Les marquis d'Est, s'√©tant soumis √† reconna√ģtre le pape pour souverain de Ferrare, obtinrent de lui une bulle qui leur conf√©rant le vicariat de cette ville et de son district, √† l'exception d'Argenta y que le pape se r√©servait, et qui fut remise √† son l√©gat (L'Art de Verifier les Dates des Faits Historiques, des Chartes, des Chroniques, et Autres Anciens Monuments, Tome 17, 1819 - books.google.fr).

 

Les Colonna

 

Le Dante, dans son livre de Monarchia, nie que l'autorit√© de l'√Čglise soit cause efficiente de l'autorit√© imp√©riale, et il le prouve ainsi : ¬ęCe sans quoi une chose a toute sa vertu n'est pas la cause de cette vertu. Or, l'√Čglise n‚Äôexistant pas, l'Empire eut toute sa vertu. Donc, l'√Čglise n'est pas la cause de la vertu de l'Empire.¬Ľ Et plus loin, l'auteur reproduit ce syllogisme en lui donnant la forme singuli√®re d'une d√©monstration math√©matique : soit l'√Čglise A, l'Empire B, l'autorit√© C. Si, A n'existant pas, C √©tait d√©j√† dans B, A n'√©tait pas la cause que C f√Ľt dans B. Le Dante expose la m√™me doctrine dans la Divine Com√©die, mais sous une forme moins barbare : ¬ęRome, qui a rendu le monde meilleur, avait deux soleils qui √©clairaient l'une et l'autre voie : celle du monde et celle de Dieu. L'un des deux soleils a obscurci l'autre. Le glaive a √©t√© uni au b√Ęton pastoral; ainsi joints de vive force, l'un et l'autre doivent mal s‚Äôaccorder; car, r√©unis ainsi, l'un ne craint pas l'autre.¬Ľ Cette th√®se, que le Dante et Marsile de Padoue avaient soutenue dans leurs √©crits, Louis de Bavi√®re vint la soutenir en Italie les armes √† la main. Les Gibelins √©taient partout √©cras√©s par leurs adversaires. Florence et le roi de Naples √©taient toujours √† la t√™te du parti guelfe. A Rome, depuis que les papes avaient abandonn√© cette ville, le gouvernement √©tait tomb√© dans l'oligarchie. Le cardinal-l√©gat, quand il pouvait y faire tol√©rer sa pr√©sence, s'effor√ßait d'y d√©fendre les droits du saint-si√©ge; le roi de Naples cherchait √† y faire pr√©valoir son influence; mais, au fond, c'√©taient les principaux seigneurs, les Colonna, les Savelli, les Orsini, qui exer√ßaient ou plut√īt qui se disputaient le pouvoir. Les Savelli √©taient Gibelins; les Orsini √©taient Guelfes; les Colonna √©taient divis√©s : √Čtienne s'√©tait d√©clar√© pour le pape, et Sciarra soutenait la cause de l'empereur. Lorsqu'on apprit √† Rome que Louis de Bavi√®re √©tait entr√© en Italie, les Gibelins excit√®rent un mouvement populaire, qui for√ßa √Čtienne Colonna et Napol√©on Orsini √† se retirer √† Avignon avec leurs familles. Sciarra Colonna et Jacques Savelli furent nomm√©s capitaines du peuple par le parti vainqueur (M. Filon, Des origines du pouvoir temporel des papes, Revue nationale et √©trang√®re, politique, scientifique et litt√©raire, Volume 9, 1860 - books.google.fr).

 

Le peuple de Rome

 

Tandis que Robert d'Anjou pr√©parait la d√©fense de la ville, le peuple √©lut un corps repr√©sentatif de 52 ¬ębuoni uomini¬Ľ, qui menaca d'accueillir solennellement l'Empereur, si le Pape n'√©tait pas revenu auparavant dans sa ville ; il exprimait ainsi l'id√©e que ce n'est pas le couronnement par le Pape qui fait l'Empereur, mais l'acclamation du Peuple qui lui d√©l√®gue son pouvoir souverain en vertu de la Lex Regia. Le Peuple se choisit comme capitaine Sciarra Colonna, ami de Louis de Bavi√®re par tradition d'hostilit√© au guelfisme depuis Anagni, qui arma les milices populaires et chassa de Rome les troupes angevines et le cardinal Orsini, repr√©sentant du Pape. Louis de Bavi√®re entra √† Rome sans coup f√©rir et fut acclam√© au Capitole (janvier 1328) (Yves Renouard, Philippe Braunstein, Les Villes d'Italie, de la fin du xe s√¨√®cle au d√©but du XIVe si√®cle, Tome 1, 1969 - www.google.fr/books/edition).

 

Acrostiche : PNNF, pennifer

 

"pennifer" : emplumé (Gaffiot).

 

La politique de Louis de Bavi√®re a deux faces qui regardent l'avenir et le pass√©. Elle a √©t√© √† coup s√Ľr tr√®s influenc√©e par les id√©es, d'ailleurs assez diff√©rentes, des deux grands publicistes qui ont mis leur plume au service de Louis, Occam et Marsile de Padoue, auxquels il faut ajouter Dante (De Monarchia). [...]

 

C'est cependant la Monarchie encore, plus encore que le Defensor pacis, qui fournissait les théories par lesquelles on pouvait justifier l'acte aussi hardi du couronnement romain. Seulement ici Dante est moins un novateur qu'il ne développe avec éclat une très ancienne conception (Bibliographie : "Staatskirchliche Anschauungen und Handlungen am Hofe Kaiser Ludwigs des Bayern" de Otto Bornhak, Revue critique d'histoire et de littérature, Volume 100, 1933 - www.google.fr/books/edition).

 

Occam, n√© en Angleterre, professa √† Paris sous Philippe le Bel. Il √©crivit pour Philippe contre les pr√©tentions du Saint-Si√®ge et de Boniface VIII. Il √©crivit aussi pour l'empereur Louis de Bavi√®re, auquel il disait ¬ęD√©fends-moi avec l'√©p√©e, je te d√©fendrai avec ma plume.¬Ľ Pers√©cut√©, il se refugia √† la cour de l'Empereur et mourut √† Munich, en 1345. On l'avait surnomm√© le docteur invincible, doctor invincibilis.

 

Le dialecticien par excellence fut le franciscain et scotiste Jean d'Okham. En m√©taphysique, il renouvelle avec √©clat la grande querelle des nominalistes et des r√©alistes qui changea les √©coles d'Europe en v√©ritables champs de bataille. Okham est nominaliste: il rejette les entit√©s imaginaires du r√©alisme, car les √™tres ne doivent pas √™tre multipli√©s sans n√©cessit√©, Entia non multiplicanda sunt pr√¶ter necessitatem ; frustra fit per plura quod fieri potest per pauciora. Les id√©es g√©n√©rales sont un produit de l'abstraction (Alfred Fouill√©e, Histoire de la philosophie, 1875 - books.google.fr).

 

Marsile de Padoue et Jean de Jandun, d√©fenseurs attitr√©s de Louis de Bavi√®re dans sa querelle avec Jean XXII, pr√©sentent, pour leur part, une eccl√©siologie tout √† fait r√©volutionnaire. Marsile d√©marque sa th√©ologie du pouvoir dans l'√Čglise √† partir de ses th√©ories politiques, favorables au r√©gime d√©mocratique. Pour lui, toute juridiction appartient en propre au peuple chr√©tien, qui fait les lois, les interpr√®te ou les modifie a le pouvoir d'en dispenser ou d'en punir l'infraction. C'est lui qui choisit ses chefs, car il n'existe aucune hi√©rarchie de droit divin : le Christ n'a institu√© que le pouvoir d'Ordre, il n'a cr√©√© qu'un sacerdoce, charg√© d'assurer la vie sacramentelle ; tous les pr√™tres, √† la suite des Ap√ītres, y participent √©galement et au m√™me degr√© que les √©v√™ques, celui de Rome y compris.

 

Le Pontife romain, en effet, n'a pas re√ßu du Christ un pouvoir des cl√©s sup√©rieur √† celui des autres pr√™tres, et toute hi√©rarchie est d'origine humaine, conf√©r√©e √† certains pour des raisons d'ordre social par le peuple chr√©tien, ainsi que des soldats √©lisent un chef. Le d√©sir de ne conserver dans l'√Čglise que le pouvoir d'Ordre, et d'√©liminer la Juridiction, va si loin chez Marsile qu'il subordonne en tout la communaut√© eccl√©siastique au pouvoir temporel, et notamment rejette le privil√®ge du for et l'exemption d'imp√īts. Il d√©nie d'ailleurs √† l'√Čglise le droit de poss√©der. Les dignitaires eccl√©siastiques seront nomm√©s (Olivier de La Brosse, Le Pape et le concile, la comparaison de leurs pouvoirs √† la veille de la R√©forme, 1965 - www.google.fr/books/edition).

 

N√© √† Jandun, dans les Ardennes, en 1285, Jean fait des √©tudes √† Paris au d√©but des ann√©es 1300, enseigne √† la Facult√© des arts, devient membre du coll√®ge de de Navarre en 1315, et est nomm√© l'ann√©e suivante chanoine √† Senlis. C'est un ma√ģtre universitaire fortement impliqu√© dans les affaires politico-religieuses de son temps. Li√© √† Marsile de Padoue, au point d'avoir √©t√© consid√©r√©, √† tort, comme le co-auteur du Defensor pacis (1324), il fuit Paris, en 1326, en compagnie de de Marsile, pour se r√©fugier aupr√®s de l'empereur Louis de Bavi√®re. Jean accompagne Louis en Italie en 1327-1328 pour le couronnement de l'empereur √† Rome. Il est excommuni√© avec Marsile de Padoue, en 1327, par le pape Jean XII pour six propositions du Defensor Pacis relatives aux pouvoirs politiques de l'√Čglise, le rapport de cette derni√®re aux biens temporels, et la sup√©riorit√© du concile sur le pape. Nomm√© par Louis de Bavi√®re √©v√™que de Ferrare, il meurt en 1328 sur le chemin de Rome √† Ferrare. Jean de Jandun est un intellectuel de haut vol qui commente la plus grande partie du corpus aristot√©licien, ainsi que le De substantia orbis d'Averro√®s, philosophe arabe, traducteur et commentateur d'Aristote ; on a ainsi pu le classer parmi les ¬ęaverro√Įstes latins¬Ľ au sens o√Ļ, avec Averro√®s, s√©parer la philosophie de la foi suivant la doctrine de la ¬ędouble v√©rit√©¬Ľ (Dominique Iogna-Prat, Cit√© de Dieu, cit√© des hommes, L'√Čglise et l'architecture de la soci√©t√©. 1200-1500, 2016 - www.google.fr/books/edition).

 

Rabelais et les relations franco-allemandes

 

Un des hommes de Langey (Guillaume du Bellay, 1491-1543), Saint Ay travaillait les princes allemands, comme l'allemand Sturm, pour les joindre à la France. Il n'obtient pas grand chose et rencontra Rabelais alors en exil à Metz en 1547 (Arthur Heulhard, Rabelais, ses voyages en Italie, son exil à Metz, 1891 - www.google.fr/books/edition, Rémy Scheurer, Loris Petris, David Amherdt, Correspondance du cardinal Jean Du Bellay: 1537-1547, 1969 - www.google.fr/books/edition).

 

Certains auteurs pensent que le personnage d'Epistemon dans Pantagruel est le cardinal de Tournon.

 

En 1541, un projet de ligne avec le Danemark, le duc de Cl√®ves et les Etats protestants, dont la Saxe, qui ont envoy√© leurs ambassadeurs √† Paris, √©choue √† cause de l'opposition des conseillers du roi, qui ne veulent pas y admettre les √Čtats protestants, comme le dit Marguerite de Navarre dans une lettre √† l'√Člecteur de Saxe. Fran√ßois Ier entre en guerre, malgr√© le duc de Cl√®ves, pour r√©unir territorialement Cl√®ves √† la France. Apr√®s la d√©faite du duc de Cl√®ves en 1543, le roi et son fils, le duc d'Orl√©ans, envoient des r√©form√©s fran√ßais, A. Maillet et G. Farel, en mission aupr√®s des princes, promettant d'introduire la R√©forme au Luxembourg. Mais les princes refusent d'aider le roi. En 1544, le Saint-Empire d√©clare la guerre au roi, comme alli√© du Turc; cependant Jean Sturm, recteur du gymnase de Strasbourg et pensionn√© du roi, d√©bauche des troupes imp√©riales et doit se retirer quelque temps en France. Le fils du duc de Wurtemberg offre ses services au roi, de m√™me que les ducs de Lunebourg, avec qui les ambassadeurs Frette et Bicher restent en relations pendant ¬ęl'invasion de 1544, gr√Ęce √† Bucer, le r√©formateur de Strasbourg. Les protestants allemands s'inqui√®tent des clauses secr√®tes du trait√© de Cr√©py, puis de voir le roi prendre √† son service le tr√®s catholique Henri de Brunswick, sous pr√©texte de lutter contre l'Angleterre. Le cardinal du Bellay, pour renouer des liens d'amiti√© avec les princes, leur sugg√®re d'√™tre m√©diateurs entre Fran√ßois Ier et Henri VIII, afin d'√©viter une ligue anglo-germanique contre la France; cette m√©diation est accept√©e par Fran√ßois Ier et le cardinal de Tournon, mais √©choue √† cause de l'Angleterre; cependant l'id√©e est lanc√©e d'une ligue regroupant la France, l'Angleterre et les princes protestants allemands contre Charles-Quint (Jean-Daniel Pariset, Les relations des rois de France et des princes protestants allemands (1541-1559), Positions des Th√®ses, 1972¬† - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2080 sur la date pivot 1326 donne 572.

 

Apr√®s trois ans de si√®ge, Pavie tombe entre les mains des Lombards qui ont envahi toute l'Italie du Nord. La prise de la capitale de Th√©odoric donne aux Lombards une nouvelle l√©gitimit√©. Albo√Įn se targue d‚Äôavoir avec lui des anc√™tres communs, les Amales, et appara√ģt comme l‚Äôh√©ritier naturel des Goths. L‚Äôassassinat d‚ÄôAlbo√Įn par son √©pouse d'origine G√©pide Rosemonde, puis celui de son successeur Cl√®fe, laisse les Lombards sans chef pendant dix ans. L‚ÄôItalie est en proie au d√©sordre. √Ä la t√™te des envahisseurs, sans que personne ne les contr√īle, se trouvent des ducs, chefs militaires de rang princier. Certains d‚Äôentre eux reconnaissent l‚Äôautorit√© de Byzance qui, trop faible pour reconqu√©rir le pays, emp√™che les Lombards de l‚Äôoccuper enti√®rement. Ils s‚Äôy √©tablissent par poches et l‚ÄôItalie se divise en diff√©rentes zones de pouvoir, situation qui durera treize si√®cles. De cette √©poque date l‚Äôopposition traditionnelle entre la Lombardie, domin√©e par Pavie et Milan, et la Romagne, pays des Romains, dont la principale ville est Ravenne (fr.wikipedia.org - Ann√©e 572).

 

Salonius d'Embrun et Sagittaire de Gap sont des pr√©lats soudards. Ils volent, tuent, passent des nuits √† boire et entreprennent m√™me d'envo√Ľter le pape Jean III. Ils sont condamn√©s par les conciles de Lyon et de Ch√Ęlons et Sagittaire de Gap va finir mis√©rablement ses jours en Gascogne vers 585 (Guide de la Provence myst√©rieuse, 1965 - www.google.fr/books/edition).

 

Vers 1326, le pape Jean XXII rédige la bulle Super Illius Specula, qui définit la sorcellerie comme une hérésie. Sorcellerie et hérésie, jusque-là perçues comme deux univers mentaux très éloignés, vont être assimilés pour les trois siècles suivants (fr.wikipedia.org - Chasse aux sorcières).

 

La bulle ¬ęSuper illius specula¬Ľ du pape Jean XXII d√©nonce les faux chr√©tiens qui sacrifient aux d√©mons et les adorent, ¬ęfabriquent ou se procurent des images, des anneaux, des fioles, des miroirs et autres choses encore o√Ļ ils attachent les d√©mons par leurs arts magiques, leur tirant des r√©ponses, leur demandant leur secours pour ex√©cuter leurs mauvais desseins, s'engageant √† la plus honteuse servitude pour la plus honteuse des choses¬Ľ (Revue des sciences religieuses, Volume 50, 1976 - www.google.fr/books/edition).

 

Si les Gascons vot√®rent pour Jacques d'Euse, ce fut moins par sympathie personnelle que par impuissance d'agir autrement; ils se r√©sign√®rent √† ce vote en d√©sespoir de cause. L'attitude plus qu'√©trange du chef du parti gascon au lendemain du conclave de Lyon le prouve surabondamment. Un damoiseau de Bertrand de Got, Gauthier de la Tour, ch√Ętelain de Pertuis (Apt), a d√©pos√© devant des commissaires pontificaux qu'Arnaud de P√©lagrue, Guillaume Teste, Bernard de Garves et B√©renger de Fr√©dol, le jeune, avaient tram√© un complot contre la vie du Saint-P√®re. En plein consistoire, les conjur√©s devaient tuer le pape, puis sortir ¬ęen criant : Gascogne, Gascogne ! Et l'on aurait bien vu qui devait l'emporter des Gascons ou des gens de Cahors. Pas un de ceux-ci n'aurait repass√© le Rh√īne.¬Ľ L'enqu√™te sur ce complot, peut-√™tre imaginaire, n'eut pas de suite; mais on sait que plus tard des Gascons et surtout le vicomte de Bruniquel, l'√©v√®que de Toulouse Gailhard de Pressac et Arnaud de P√©lagrue furent compromis, plus ou moins gravement, dans le c√©l√®bre proc√®s d'envo√Ľtement tent√© contre le pape et ses cardinaux les plus chers par Hugues G√©raud, √©v√™que de Cahors, et qui eut pour √©pilogue la d√©gradation du pr√©lat et son supplice. On voit par l√† combien parmi les cardinaux gascons et leur parti le d√©pit √©tait vif d'avoir √©chou√© dans leur dessein de porter l'un d'entre eux sur la chaire de saint Pierre (Guillaume Mollat, L'√©lection du pape Jean XXII (suite). In: Revue d'histoire de l'√Čglise de France, tome 1, n¬į2, 1910. pp. 147-166 - www.persee.fr).

 

Nous avons vu au pr√©c√©dent livre la lutte qui eut lieu entre les deux factions della Torre et de Visconti, pour la place de capitaine du peuple de Milan ; titre sous lequel chaque parti cachait ses vues ambitieuses. Guido, fils de Napol√©on della Torre, l'occupait depuis 1308. Mais Matteo Visconti se rendit √† la di√®te de Spire pour r√©clamer la protection de l'empereur dont il √©tait le vicaire; qualit√© qui donnait tous les pouvoirs du gouvernement. Il suivit Henri VII en Italie, et ce prince lui confirma, le 18 juillet 1311, le vicariat de la ville et du comt√© de Milan, pour lequel il paya une somme de 50,000 florins d'or, et promit un cens annuel de 5,000. Le vicaire joignit, en 1315 et 1316, par force ou par adresse √† sa domination Bergame, Pavie, Plaisance, Tortone, Alexandrie, Verceil, Cr√©mone et Come. Le pape ayant nomm√© le roi Robert, vicaire g√©n√©ral de l‚ÄôEmpire, Visconti d√©posa, en 1317, son titre, mais il se fit proclamer souverain sous le titre nouveau de capitaine et de d√©fenseur de la libert√© milanaise. Le pape l‚Äôexcommunia et frappa Milan d'un interdit. Matteo, capitaine habile, plus grand politique, mourut le 22 juin 1322. Son fils, Gal√©az Visconti, lui succ√©da. Chass√© un instant par un parti oppos√©, il rentra bient√īt dans Milan et s'en fit proclamer seigneur, le 12 d√©cembre 1322. Une arm√©e de Crois√©s guelfes, dirig√©e par le l√©gat Bertrand de Po√Įet et command√©e par un Aragonais, Raimond de Cardone, lui enleva Plaisance et assi√©gea ensuite Milan, mais elle fut oblig√©e de se retirer le 23 juillet 1323. Gal√©az Visconti se maintint jusqu'√† l'arriv√©e de Louis de Bavi√®re en Italie. Ce fut en 1327. Gal√©az re√ßut ce monarque √† Milan, lui pr√™ta serment de fid√©lit√©, et fut nomm√©, comme son p√®re l'avait √©t√©, vicaire de l'Empire, ou seigneur de Milan, Lodi, Pavie et Verceil. Cependant les intrigues de Marc, fr√®re de Gal√©az, et le refus de celui-ci de payer √† Louis de Bavi√®re l'argent dont il avait besoin pour continuer sa marche, persuad√®rent le roi des Romains de sa trahison : il donna ordre de l'arr√™ter avec Azzon, son fils, et deux de ses fr√®res. Tous ces prisonniers furent enferm√©s √† Monza. On √©tablit √† Milan un r√©gime municipal, et Guillaume de Montfort fut nomm√© gouverneur imp√©rial dans cette place. Cependant l'intervention de Castruccio Castracane avait obtenu, le 25 mars 1328, la libert√© de Gal√©az, sans sa restauration ; mais ce prince mourut au mois d'ao√Ľt de la m√™me ann√©e, au ch√Ęteau de Pescia, Azzon Visconti, son fils, profitant du besoin d'argent de l'empereur, s'engagea √† lui payer 125,000 florins d'or pour la solde de ses troupes r√©volt√©es ; √† ce prix il fut nomm√© vicaire imp√©rial √† Milan. Il ne tarda pas √† rompre la foi qu'il avait jur√©e en recevant ce titre, le d√©posa , et prit celui de vicaire de l'√Čglise des mains du pape, qui affectait de regarder la dignit√© imp√©riale comme vacante. Selon la politique perfide des Italiens de ces temps, dont ensuite Machiavel √©crivit la th√©orie, Azzon fit nommer, le 8 f√©vrier 1331, Jean de Luxembourg souverain de Milan et accepta la charge de soni vicaire. Les progr√®s que ce h√©ros aventurier avait faits en Lombardie, et la soumission de Bergame, Cr√™me, Cr√©mone, Pavie, Verceil et Novarre, toutes villes qui entouraient Milan, avaient trac√© la conduite d'Azzon. La perfidie dicta celle qu'il observa d√®s que Jean eut tourn√© le dos : il s'empara de Bergame et Verceil, et entra dans la ligue que les seigneurs Gibelins de la Lombardie, la r√©publique Guelfe de Florence et le roi de Naples conclurent au mois de septembre 1332 √• Orci, et par laquelle le partage de la d√©pouille du roi de Boh√™me fut r√©gl√© (Friedrich Schoell, Cours d'histoire des Etats europeens, depuis le bouleversement de l'empire romain d'occident jusqu'en 1789; par Max. Samson-Fred. Schoell, Volume 56, 1830 - books.google.fr).

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