Les premières opérations de la France dans la guerre de Trente ans

Les premières opérations de la France dans la guerre de Trente ans

 

VIII, 6

 

2034-2035

 

Clarté fulgure à Lyon apparante

Luisant, print Malte, subit sera esteinte, 

Sardon, Mauris traitera decevante,

Geneve à Londres à Coq trahison feinte.

 

Dans ce quatrain et les deux précédents, le "Coq" paraît être Lous XIII.

 

Malte et Sardaigne

 

On considère "Clarté... Luisant" et "print Malte... décevante" à cheval sur les vers 2 et 3 comme chacun une unité.

 

«Sardon, Mauris» ont été entendus de la Sardaigne dont le patron est saint Maurice (Henri Torné-Chavigny, Lettres du grand prophète d'après L'Histoire prédite et jugée par Nostradamus: et L'Apocalypse interprétée, 1870 - books.google.fr).

 

A sign of the Libyan-Berbers presence in Sardinia, as mentioned by Latin and Greek sources, is found in some of the names of the inhabitants of the Island such as Balari (Lybian mercenaries who came from the Balearic Islands) or Mauri, who came with the Vandals after their occupation of the Island in the 5th century establishing themselves in the mountains not so far from Karalis/Kalaris (Cagliari) the capital of the region: a trace of this event is the name of the inhabitants of the south-west area of Sardinia still called Maurreddinos (Little Mauris) (Giuseppe Contu, Sardinia in Arabic Sources, AnnalSS 3, 2003 (2005) - core.ac.uk).

 

Dans "print Malte", ce serait "Malte" le sujet comme dans "le (Romulus) print Mars et l'emporta" (Publius Ovidius Naso, Le grand Olympe des histoires poetiques, Ovide en sa métamorphose, Trad. de Latin en Francoys, Jehan Foucher, 1543 - books.google.fr).

 

M. de Lavoie, chevalier de Malte, fait prisonnier le marquis de Lermes, gouverneur de Sassari (Sardaigne); il conclut un traité avec lui pour obtenir la livraison des places fortes de son gouvernement aux armées du roi.

 

Le chevalier de Lavoie étant allé à la mer avec un brigantin, a trouvé dans une barque qui venait d'Espagne, chargée d'étoffes dudit lieu, le gouverneur de Sassari, ville principale de Sardaigne, lequel ayant pris prisonnier, a fait un traité avec lui sans nous le communiquer, qui est : Que le gouverneur de Sassari mettra entre les mains du roi, toutes fois et quantes il voudra, Larguier, Roze, Savoie et Castel-Arragonier, qui sont quatre villes dans l'étendue de son gouvernement, qui font la moitié de l'île, et aux conditions qui s'ensuivent, - A savoir : d'obtenir de sa majesté très-chrétienne le même gouvermement qu'il tient du roi d'Espagne pour lui et sa postérité; Que le roi lui donne l'ordre de commandeur du Saint-Esprit et à deux de ses frères ; Que sa majesté lui donne les récompenses des charges suivant les services qu'il rendra à sadite majesté; Que sa majesté fasse ordonner sur peine de vie, à quelque personne que ce soit et de quelque condition qu'ils puissent être, que, dans la conquête du règne, villes, cités, bourgs, villages, châteaux et sorteresses, il ne soit fait tort ni déplaisir aux maisons ni personnes avouées dudit seigneur gouverneur, et que toutes les maisons marquées du scel de ses armes et d'une croix blanche de Malte soient conservées; et tous les biens des chefs desdites maisons auront mêmes priviléges que les naturels Français. Les armes ont une tête de More avec cinq ou six gouttes de sang à la gorge ; - Que sa majesté délivre les patentes et commissions du sieur gouverneur pour lui envoyer premier que d'éclater le dessein, afin qu'il en sasse part à ses amis qui le doivent servir en cette entreprise (Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis, Tome 1 1839 - books.google.fr).

 

Le gouverneur de Sassari de 1613 à 1637 était en fait Don Enrico de Sena et dans l'année 1637 il y eut Francesco Sanatello comme Geronimo D'Homides (it.wikipedia.org - Sindaci di Sassari).

 

Nel 1637, l’attacco da parte di un contingente francese che sbarcò all’Asinara, occupò Trabuccato e poi puntò sul Castellaccio e verso l’Isola Piana (www.isola-asinara.it).

 

Nel XVII secolo il pericolo incombente non è più il Turco, ma la crescente pressione della potente monarchia di Francia. Già nel 1637 l'attacco e il saccheggio francese di Oristano avevano dimostrato la sostanziale vulnerabilità del sistema difensivo del Regno, fondato sulle piazzaforti di Cagliari, Alghero e Castellaragonese, sulle torri litoranee e sulla mobilitazione delle milizie locali. In caso di attacco nemico vengono mobilitate la cavalleria e la fanteria miliziana delle incontrade di Costavalle, del Meilogu e di Cabuabbas e dei villaggi di Ittiri, Padria, Mara, Pozzomaggiore, Monteleone e Thiesi: in tempo di guerra, scrive il viceré duca di Montalto nel 1646, «se suelen encerrar» ad Alghero dai 1.000 ai 2.000 fanti (Antonello Mattone and Piero Sanna, Per una storia economica e civile della citta di Alghero, Alghero, la Catalogna, il Mediterraneo: storia di una città e di una minoranza catalana in Italia (XIV-XX secolo), 1994 - books.google.fr).

 

La couronne d’Aragon, et donc la Sardaigne, passe au XVIe siècle, aux mains de Charles Quint, mais reste tout de même indépendante. La guerre de Succession d’Espagne fait passer en 1708 la Sardaigne sous la domination de la maison d’Autriche, mais est rapidement récupérée en 1717 par Philippe V d’Espagne (conquête espagnole de la Sardaigne). C’est à la signature du traité de Londres en 1718, que Victor-Amédée II de Savoie échange la Sicile à la Sardaigne. Cet accord prenant effet en 1720 ; le royaume de Sardaigne, à partir de cette date, comprend les États de Savoie, le Piémont, le comté de Nice et bien sûr l’île sarde. Plus tard, après l’annexion du Piémont par la France en 1802, il est récupéré en 1815 ainsi que Gênes (fr.wikipedia.org - Histoire de la Sardaigne).

 

Le contexte de la guerre de Trente ans

 

Au début de la guerre franco-espagnole qui commence en 1635, les officiers matelots qui vont partir à la reconquête des îles de Lérins (1637) tombées aux mains des Espagnols (1635) sont placés sous le commandement du comte d'Harcourt. D'Harcourt (1601-1666), dit “ Cadet la Perle ” n'est autre qu'Henri de Lorraine. Il a surtout combattu par terre, à Prague en 1620, au siège de Montauban, et son expérience maritime se limite au siège de La Rochelle en 1628 et à la défense de l'île de Ré à la même époque. Mais Richelieu apprécie en lui le chef et dans dans une marine où il n'y a pas de lieutenants généraux des armées navales, il lui donne le titre de “ lieutenant général pour commander l'armée navale ”. Ce n'est ni un grade, ni une commission viagère, seulement un emploi provisoire qui fait de lui l'officier qui “ tient lieu ” du Roi, en mer, au-dessus des chefs d'escadre. D'Harcourt, cependant, est à son tour conseillé par Sourdis. Henri d'Escoubleau, cardinal de Sourdis (1594-1645) est un personnage considérable. Quoiqu'issu de famille poitevine, ce n'est pas un petit gentilhomme provincial. Il fut filleul d'Henri IV. Il est devenu évêque de Maillezais à 25 ans en 1623. En 1629, à la mort de son frère François, cardinal dont il était coadjuteur, il lui a succédé en son archevêché de Bordeaux. Il n'a pas hésité à s'y opposer au vieux gouverneur de Guyenne, le duc d'Épernon, qui est allé jusqu'à le frapper à coups de canne. Sourdis a la confiance de Richelieu. Il a accompagné le Roi en 1628 au siège de La Rochelle où il avait eu la direction de l'artillerie et des vivres. Il a contribué en 1627 à la défense de Ré. Richelieu met donc l'archevêque à bord de l'escadre du Ponant avec le titre de “Chef des conseils du Roi en l'armée navale”. Ce n'est qu'un conseiller dit d'Harcourt lieutenant général. Mais Sourdis a 42 ans, d'Harcourt 35. Sourdis qui a réussi à faire agenouiller devant lui le terrible duc d'Épernon cherchant son pardon a une énorme personnalité. Il s'ensuivra des rapports conflictuels entre l'archevêque et le comte. En Levant, il en est de même : celui qui supervise la flotte, est un autre ami de Richelieu, Gabriel de Beauvau, évêque de Nantes. À la tête des escadres de Richelieu, il y aura sans cesse cette sorte de commandement collégial, source d'aigreurs et de difficultés. En 1638, en Ponant, Sourdis qui vient de publier un livre, Le prélat dans les armées (1638), s'impose. Il élimine d'Harcourt et devient à sa place “le 4 mars 1638 lieutenant génénal pour commander l'armée navale du Ponant". D'Harcourt est de trop bonne “naissance” pour rester sans emploi. Du reste, il n'a point démérité. La flotte du Levant est alors aux ordres de Maillé-Brézé (1619-1646). D'Harcourt, qui vient de perdre le commandement de la flotte au profit de Sourdis est alors nommé commander l'armée navale du Ponant “conseiller” de Brézé. Brézé a 20 ans, d'Harcourt 35. De nouvelles difficultés surgissent. Malgré leur manque initial de formation maritime, Sourdis, ecclésiastique de profession, d'Harcourt, Maillé-Brézé, officiers de terre, se distinguent sur mer. En juin 1636, l'escadre du Ponant sous d'Harcourt et Sourdis en mésintelligence, quitte Ré et arrive à Toulon et à Marseille en juillet. Le 24 février 1637, Sourdis débarque à Oristano en Sardaigne, mais doit se rembarquer le 26 devant l'énergie des Espagnols. Le 27 mars, il attaque les cinq forts de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat, créations espagnoles. Le 14 mai 1637, les îles de Lérins redeviennent françaises (Michel Vergé-Franceschi, Marine et éducation sous l'Ancien Régime, 1991 - books.google.fr).

 

"Lyon" : Golfe du Lion

 

Les Romains ont appelé le golfe du lion Sinus Gallicus, le golfe Gaulois. Mais ils l'ont appelé aussi Sinus Leonis. Ce lion est-il le crabe du même nom, la constellation (qui ne leur était pas inconnue) ? J'en doute. Y avait-il des lions marins disparus depuis : aucun signe. Il faudrait toutefois être sûr de la signification de lion avant d'éliminer totalement cette éventualité latine, notamment sur le plan de la navigation. Il se peut aussi que ce soit une mauvaise traduction du terme autochtone mais on ne peut aller pour l'instant au-delà en cette direction. Reste le cas d'un terme grec vraisemblablement leuco, écorché par les Latins. Les villes blanches (cf. Casablanca ou Alger) ont tou'ours été nombreuses sur le pourtour méditerranéen. Les villes en Leuco-grecques étaient nombreuses même sur nos rivages. Si les Grecs sont venus par l'est on peut penser que le Golfe du Lion était celui suivant la péninsule blanche (leuco) de la presqu'île sableuse (area) d'Hyères. Mais on peut tout aussi bien soutenir qu'ils sont venus par l'Espagne. Là on a Leucate, Leu- cata en grec, traduite en latin Quandi- dum promontorium (cap blanc). Leucate était alors une île au centre d'une vaste baie allant de Narbonne à la Salanque : c'était sûrement le relief maritime le plus caractéristique du golfe du Lion, tandis que déjà Agde et le Mont-Saint-Clair étaient réunis au sol par des lignes de sable. Le golfe du Lion est donc au moins dans cette perspective celui dont Leucate garde rentrée (à moins que ce ne soit Giens). Le golfe du pays blanc. Mais cette blancheur pourrait être attribuée aux plages... (L'Intermediaire des Chercheurs et Curieux, Volume 20, 1970 - books.google.fr).

 

"luysant"

 

Il existe aussi dans le golfe du Lion, à mi-chemin entre Agathe (Agde) et Emporion (Ampurias), un autre cap Leukatas dont le nom s'est perpétué depuis l'Antiquité, avec Pomponius Mela (II, 5, 82) sous la forme Leucata, jusqu'à nos jours. Cette coïncidence est frappante, même s'il faut bien reconnaître que la signification des «roches blanches» dans la géographie mythique des Grecs est d'une rare complexité; d'autres caps du même nom existaient, notamment sur la côte africaine (Pierre Moret, La formation d'une toponymie et d'une ethnonymie grecques de l'Ibérie, La invención de una geografía de la Península Ibérica, Volume 1, 2006 - books.google.fr).

 

Les auteurs latins emploient les deux noms, Leucade et Leucate : en principe, Leucade est employé pour désigner l'île où se trouvait le temple d'Apollon et Leucate pour le promontoire au sud de l'île de Leucade, aujourd'hui capo Ducato (Philippe Dain, François Kerlouégan, Mythographe du Vatican II, VTme 2, 2000 - books.google.fr).

 

Le promontoire de Leucade était dominé, aux dires de Strabon, par le temple d'Apollon Leucatas du grec leukos «blanc lumineux, blanc éclatant».

On peut se demander, et cette fois il ne s'agit plus d'humour et encore moins d'un canular, si Phaon, le lumineux, aimé de Sappho, ne serait pas ici un surnom d'Apollon (L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1988 - books.google.fr, Alain Rey, Dictionnaire Historique de la langue française, 2011 - books.google.fr).

 

Comme indiqué dans le quatrain, la capture du gouverneur de Sassari (Décembre 1637) de se produit après le commencement de la bataille de Leucate (Septembre 1637) (Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis, Tome 1, 1839 - books.google.fr).

 

Leucate : une victoire brillante ("luysant") sans lendemain immédiat ("subit sera estainte")

 

Dans le cadre de la guerre de Trente Ans entre la Monarchie Hispanique et la France qui avait commencé en 1635 avec la prise d'Oristano en Sardaigne1, la bataille des Avins et la bataille des îles de Lérins en 1635, le front péninsulaire n'avait été l'objet que de rencontres sans importance. Malgré un premier plan d'attaque au-delà des Pyrénées, préparé en 1636 pour faciliter l'offensive principale depuis les Flandres, l'offensive cependant n'a été possible qu'en 1637. Ainsi il a été considéré approprié d'entrer en France par le Roussillon et de réaliser une diversion en faveur des théâtres de guerre plus importants comme ceux des Pays-Bas ou d'Italie. Pendant ce temps les Français avaient réparé le château de Leucate et les passages frontières, y concentrant de l'infanterie et de la cavalerie de manière suffisante pour attaquer le Roussillon, de sorte que les Espagnols ont décidé de renforcer Perpignan et Salses avec des troupes. Le 27 août arrivent à la forteresse de Leucate 12 000 fantassins et 1 300 cavaliers avec un train d'artillerie composé d'au moins 37 canons (14 d'entre eux de 40 livres) et 4 mortiers. Le 29 août l'armée commence ses attaques sur le village de Leucate. La réaction française a été rapide: d'une part, le 11 septembre, on a convoqué les milices du Languedoc, d'autre part on a mobilisé les forces qui sous le commandement d'Henri de Lorraine-Harcourt venaient de reconquérir les îles de Lérins. Ces forces se sont ajoutées aux réguliers de Charles de Schomberg, le duc d'Hallwin formés par le régiment du Languedoc et ses gentilshommes de cavalerie. Le matin suivant la bataille, les troupes françaises se sont rendu compte que les Espagnols avaient abandonné la lutte en traversant le grau (entrée de la mer dans l'étang) et avaient fui par la langue de sable entre l'étang et la mer (fr.wikipedia.org - Bataille de Leucate).

 

Ainsi se termina en Languedoc, par une brillante riposte française, cette première phase de la campagne du Roussillon : temps curieux que celui où sur l'ordre d'un Cardinal, ministre français, et les encouragements qualifiés d'un Amiral, Archevêque de Guyenne, les Prélats, du Languedoc, fréquemment traités de Luthériens par l'ennemi, contribuaient brillamment à chasser de leur province, les troupes castillanes et catalanes renforcées d'Irlandais et de Napolitains, commandés par un général italien, combattant pour le Roi d'Espagne ! Victoire sans lendemains, Leucate, trop exaltée par ses contemporains, retrouve son relief si on la replace dans son ambiance et son temps. Les deux années qui ont suivi la déclaration de guerre ont vu s'effondrer tour à tour les projets de Richelieu. La mort de Ferdinand II, au début de 1637 a seule amené quelque répit. Par contre, la Valteline est retombée aux mains des Espagnols. La disparition d'Amédée de Savoie dissocie la coalition de l'Italie du Nord si péniblement forcée et dont se retirent les ducs de Parme et de Mantoue. Les Suédois reculent jusqu'à la Baltique. Des deux autres alliés protestants, l'un Bernard de Saxe Weimar est arrêté devant Rheinfelden, l'autre est mort. Leucate marque la première embellie dans un ciel jusqu'alors désespérément sombre et bouché. Donner à cette victoire l'éclat d'un triomphe assez grand pour retentir à la fois dans toute la France et au-delà des frontières, c'était satisfaire un double but : cimenter dans une gloire nouvelle, l'union du Languedoc compromise par la révolte de Montmorency; porter chez l'ennemi, l'impression éclatante que la Fortune volage s'apprêtait à changer de camp. La politique du Cardinal était trop subtile pour ne pas utiliser ces deux facteurs (Charles Vassal-Reig, La guerre en Roussillon sous Louis XIII: 1635-1639, 1934 - books.google.fr).

 

Sur la côte méditerranéenne, si les garnisons espagnoles avaient été chassées des îles de Lérins (mars 1637) et si Leucate avait été sauvé (septembre 1637), le prince de Condé avait subi un revers devant Fontarabie (septembre 1638). A ces trois fronts d'Allemagne, de Flandre et de Provence, déjà fort distants les uns des autres, s'en ajoutent deux autres encore plus éloignés, ceux de la Valteline et des abords du Milanais. Vaste programme, pour les forces d'un seul pays, et difficile à mener à bien en tous lieux. Longtemps installé à Tirano, après avoir attaqué et repoussé successivement les Impériaux vers le Tyrol et les Espagnols vers le Milanais, le duc de Rohan a dû abandonner la partie. Richelieu n'a pu verser à temps le million de subsides promis aux auxiliaires grisons par le traité de Thusis (mars 1636). En mars 1637, l'échec de l'expédition est consommé. Les Espagnols reprennent pied dans la vallée. L'affaire de la Valteline qui a tant secoué l'Europe dans les années vingt tourne court. Les liaisons se rétablissent normalement, de ce côté, entre Vienne et Madrid. Les mêmes problèmes d'effectifs et de subsides se posent en Italie du Nord, aggravés par une situation politique imprévisible. Pour agir avec efficacité contre le Milanais, bastion de l'Espagne, il eût fallu une armée puissante et faire de gros sacrifices d'argent. Jamais la France ne put fournir les renforts attendus ni les fonds indispensables. Toiras disparu (14 juin 1635), Victor-Amédée et le maréchal de Créquy, qui s'entendaient mal, s'accusèrent l'un l'autre d'inertie. Très vite, après l'attaque manquée de Valence, les Espagnols prirent le dessus. L'honneur fut sauvé par de brillants faits d'armes comme à Monbaldone (8 septembre 1637). Mais faute de moyens suffisants, toute victoire, si glorieuse qu'elle fût, restait sans lendemain, puisqu'on ne pouvait l'exploiter (Madeleine Laurain-Portemer, Études mazarines: Une tête à gouverner quatre empires, Tome 2, 1981 - books.google.fr).

 

Suisse dans la guerre de Trente ans

 

Jusqu'au XVIe siècle, les différents cantons suisses sont partie prenante des conflits diplomatiques et militaires qui secouent l'Europe occidentale : guerres contre les Habsbourgs,

guerres contre les ducs de Bourgogne, bataille de Marignan à l'issue de laquelle le traité de Fribourg stipule aux Suisses de s'abstenir de combattre contre la France. La Suisse évolue vers la neutralité au XVIIe siècle. La guerre de Trente Ans, qui ravage l'Europe centrale, a un grand écho en Suisse, où les diverses formes du christianisme coexistent. Mais les Suisses se tiennent à l'écart des opérations militaires, tout en fournissant des armes aux différents belligérants. En 1647, les cantons s'engagent à se défendre contre tout agresseur, grâce à la création d'un Conseil de guerre composé de chefs catholiques et protestants qui peuvent, à tout moment, réunir jusqu'à 36 000 hommes armés. À l'issue de la guerre, aux traités de Westphalie, l'empereur germanique et les différentes puissances européennes reconnaissent l'indépendance de la Confédération (fr.wikipedia.org - Neutralité perpétuelle de la Suisse).>

 

Jean-Louis d'Erlach-Castelen, de Berne, (1595-1650), quartier-maître général au service de Suède, rentré au pays entre deux campagnes, sénateur de Berne, rédigea le premier projet du Défensional, organisation de la défense nationale centralisée qui fait pressentir l'armée fédérale. C'est à lui qu'on confia le commandement des troupes chargées de faire respecter la neutralité de la Suisse (1633-36) pendant la guerre de Trente Ans. C'est lui que les Cantons envoyèrent en ambassade à Louis XIII pour s'assurer de l'appui de la France, en cas de conflit avec l'Empire. Puis il continua sa brillante carrière au service du duc Bernard de Saxe-Weimar ; général-major, puis lieutenant-général en France, il conquit la Haute Alsace, fut gouverneur de Breisach et décida de la victoire de Lens. Trois jours avant sa mort, il reçut le bâton de maréchal de France (Le service étranger, Revue Militaire Suisse, Volume 89, 1944 - books.google.fr).

 

La Suisse et l’Angleterre

 

Le gouvernement de Charles Ier avait longuement cherché dans l'entente avec la cour de Madrid une solution à la délicate question du Palatinat. Il avait vu de mauvais œil les Français prendre pied en Alsace (Gaston Zeller, Les temps modernes, Tome 2, 1953 - books.google.fr).

 

L'attaque de l'été 1635 et la conquête de Corbie par les Espagnols en août 1636 forcèrent les troupes françaises à se retirer de la Franche-Comté et de l'Alsace. A partir de 1637, les Français réussirent à consolider la situation en Alsace et à y rétablir, au fur et à mesure, leur contrôle militaire (Klaus Malettke, L'Alsace à l'époque de la guerre de Trente ans et de la paix de Westphalie, Guerres et paix en Europe centrale aux époques moderne et contemporaine: mélanges d'histoire des relations internationales offerts à Jean Bérenger, 2003 - books.google.fr).

 

Cette année 1637, qui semblait commencer assez mal, fut cependant plus favorable aux armes du roi que les précédentes. Le duc de Parme, pressé par les Espagnols, et menacé d'excommunication par le pape, renonce à la ligue avec la France. Les Grisons s'accommodent avec l'Espagne, et forcent le duc de Rohan à retirer ses troupes, et à abandonner la Valteline. Le duc de Rohan, qui craignait que l'injustice du cardinal de Richelieu ne lui imputât un événement où le cardinal avait le seul tort, faute par lui d'avoir envoyé les subsides promis, demeura en Suisse, et alla l'année d'après servir dans l'armée du duc de Saxe-Weimar. La vie ambulante et toute guerrière de Charles IV, duc de Lorraine, ne l'empêcha pas de devenir amoureux de Marguerite, princesse de Cantecroix ; il l'épousa à Besançon, prétendant que son mariage avec Nicole était nul, par la contrainte où il avait été de l'épouser. Le comte d'Harcourt prend la ville d'Oristan, dans l'île de Sardaigne : il reprend aussi en Provence les îles de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat, qu'occupaient les Espagnols depuis 1635. Il était de la maison de Lorraine, grand écuyer de France, a fait la branche d'Armagnac, et mourut en 1666. L'expérience nous apprend, disait ce grand général, que s'il y a des malheurs imprévus à la guerre, il y a aussi des bonheurs qu'on n'aurait osé se promettre. Le duc de Longueville prend le château de Saint-Amour, et Lons-le-Saunier en Franche-Comté. Les Lorrains sont défaits en deux rencontres par le duc de Weimar. Le cardinal de la Valette prend Landrecies et la Capelle; Yvoi et Damvilliers, dans le Luxembourg, se rendent au maréchal de Châtillon. Le duc de Savoie et le maréchal de Créqui taillent en pièces, en Italie, l'armée espagnole du duc de Modène. Le duc d'Halluin, connu depuis sous le nom de maréchal de Schomberg, et fils du maréchal de ce nom, fait lever le siège de Leucate à Serbellon, général des Espagnols. L'électeur de Trèves obtient le 25 d'août sa liberté de l'empereur, en renonçant à la ligue avec la France, et Bussi-Lameth avait remis Hermenstein à l'électeur de Cologne dès le 20 juillet , après l'avoir défendu pendant deux ans. Breda se rend au prince d'Orange. Charles Ier, suivant les traces de Jacques Ier, qui avait rétabli l'épiscopat en Ecosse, et excité par Guillaume Law, archevêque de Cantorbéry, veut introduire en Ecosse une liturgie semblable à celle de l'église anglicane. Ce fut la semence des malheurs de ce règne, et la première cause de la fin tragique de ce prince, où le cardinal de Richelieu, qui s'aperçut que ce prince penchait pour l'Espagne, put bien avoir contribué par les intrigues du marquis de Seneterre, ambassadeur du roi à Londres, et par les avis du comte d'Estrades, qui le remplaça (Henault, Abrégé chronologique de l'histoire de France depuis Clovis jusqu'a la mort de Louis XIV, 1842 - books.google.fr).

 

Une seconde fois, pendant la guerre de Trente ans, l'Angleterre protégea Genève contre les visées du duc. Au printemps 1627, lorsque Charles Ier, après sa rupture avec la France, se rapprocha de Charles-Emmanuel, celui-ci demanda comme prix de sa participation à la guerre, un appui financier  pour la construction du port franc de Nice-Villefranche et le consentement anglais à l’incorporation de Genève à la Savoie. Charles Ier repoussa les 9 conditions relatives ä Genève comme inopportunes et alla même jusqu'a rendre le duc attentif à la mauvaise impression faite par les persécutions contre les Vaudois du Piémont, en faveur desquels. Cromwell interviendra plus tard. La politique d'équilibre et la politique confessionnelle se rencontraient une fois de plus. Les nécessites de cette double politique incitèrent Charles Ier ä entretenir un représentant permanent auprès des Cantons, en 1629. Dans ses Instructions ä Oliver Fleming, nomme résident ä Zürich, le secrétaire d'Etat, sir John Coke, précisa le rôle des Cantons protestants dans la politique anglaise: ils devaient compenser, sur le continent, la perte du parti huguenot, et servir d'instrument efficace contre la France. La première manifestation de cette politique fut le curieux projet présenté, en 1633, par Fleming aux Cantons protestants en vue de centraliser le commandement de leurs troupes entre les mains du due de Rohan qui deviendrait une sorte de «capitaine-général» des quatre Cantons évangéliques, sur le modèle hollandais. Ce projet, qui avait trouvé des partisans ä Berne et ä Zürich, échoua devant l'opposition des autres cantons ä un dessein aussi aventureux. D'autre part, Rohan était rentre au service de son pays en assumant le commandement de l'armée française dans les Grisons

 

L'Angleterre, puissance protectrice de la religion, joua sous les premiers Stuarts, un rôle important dans la vie intellectuelle des Cantons reformés. Comme le remarque justement M. Schneewind, le point de vue confessionnel a déterminé, en grande partie, la Sympathie de l'élite et du clergé protestant suisse pour l'Angleterre et pour ses rois «protecteurs de la Chrétienté»; ainsi s'expliquent les tentatives, assez maladroites d'ailleurs, de médiation des Quatre Cantons évangéliques dans la guerre civile anglaise et dans le conflit entre le roi et le parlement. L'indignation de Jean Diodati, chef de la Vénérable Compagnie, à Genève, et de Wolfgang Meyer, archidiacre de l'église de Bâle, qui condamnèrent ouvertement l'exécution de Charles Ier, montre bien quelle dette le clergé réformé de la première moitié du 17e siècle avait contractée ä l'égard des deux Stuart. Les autorités genevoises, par raison d'Etat, durent blâmer Diodati et interdire toute propagande royaliste, la ville ayant toujours besoin de l'appui de l'Angleterre dont le Lord Protecteur, qui venait de renverser la monarchie, allait reprendre la politique traditionnelle des rois à l'égard de la Confédération et de Genève en particulier (S. Stelling-Michaud, sur "Die diplomatischen Beziehungen Englands mit der alten Eidgenossenschaft zur Zeit Elisabeths, Jakobs I. und Karls I. 1558-1649" de Wolfgang Schneewind, Revue suisse d'histoire, 1951 - books.google.fr).

 

L'alerte de l'Escalade (tentative de la prise de Genève par les Savoyards) ayant été chaude, les Suisses renouvelèrent en 1602 l'«alliance perpétuelle» avec la France et, en 1611, l'«union perpétuelle» avec la maison d'Autriche. La nuance entre alliance et union s'expliquait par le rattachement juridique à l'Empire ; la Suisse ne pouvait donc traiter de puissance à puissance avec l'Autriche, alors qu'elle pouvait le faire avec le royaume du Très-Chrétien (Henri Sacchi, La Guerre de Trente ans: L'ombre de Charles-Quint, Tome 1, 1991 - books.google.fr).

 

Pris entre l'Empire et la France, les Suisses pouvaient pencher vers l'Empire si le roi d'Angleterre Charles Ier avait initié le mouvement.

 

On a vu Jenatsch se convertir au catholicisme pour avoir le soutien de l'Espagne et de l'Autriche afin de chasser les Français envoyés par Richelieu qui s'éternisaient dans les Grisons, "trahissant" ainsi le duc de Rohan (Jules Magnenat, Abrégé de l'histoire de la Suisse, destiné à l'enseignement secondaire, 1878 - books.google.fr).

 

Typologie

 

On obtient la date de 1239 en reportant l'an 2035 sur la date pivot 1637.

 

La «croisade des barons» de 1239-1241 n'a pas de titulature officielle, menée par Thibaut IV de Champagne roi de Navarre, mais elle est très utile, car elle fortifie la côte et confirme ce libre pèlerinage de Jérusalem. Mais en 1239 les armées ont été terriblement débandées à Gaza, et en 1244 à «la Forbie» près de Gaza sur le littoral de même. De plus en 1244, les Mongols poussent les Khwarezmiens qui entrent à Jérusalem et pillent horriblement la ville (Béatrice Leroy, Le Monde méditerranéen du VIIe au XIIIe siècle, 2000 - books.google.fr).

 

Au cours d'une nouvelle croisade organisée par Thibaut de Champagne et Philippe de Nanteuil, le danger devint de plus en plus menaçant. Il n'y avait plus guère d'autorité centrale. Le royaume n'était plus qu'un chapelet de petits Etats féodaux, Tyr, Arsouf, Jaffa, etc., avec les trois Ordres retranchés dans leurs forteresses. Cette poussière de seigneuries ne pouvait tenir contre un assaut sarrasin toujours possible, et la nouvelle croisade s'imposait. Pour tout arranger, les templiers et les hospitaliers étaient une fois de plus en lutte ouverte et, en 1242, les templiers, mirent le siège devant la forteresse des hospitaliers, à Saint- Jean d'Acre. C'était un véritable suicide. La nouvelle croisade commandée par deux poètes, sans aucune connaissance du pays, débuta en 1239 (Claire Éliane Engel, Histoire de l'Ordre de Malte, 1968 - books.google.fr).

 

Le grand-maître de Saint-Jean-de-Jérusalem, ou de Rhodes, ou de Malte, depuis 1636, était Jean-Paul de Lascaris Castellar de la Langue de Provence (Lucien Campeau, Monumenta Novae Franciae: Fondation de la mission huronne (1635-1637), 1967 - books.google.fr).

 

Bailli de Manosque, il appartenait, par la naissance la plus illustre, aux comtes de Vintimille et aux anciens empereurs de Constantinople. Malte fut redevable a Lascaris d'une bibliothèque publique (Dictionnaire d'épigraphie chrétienne, Tome I, Nouvelle encyclopédie théologique, Tome XXX, 1852 - books.google.fr).

 

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