Le roi de Blois

Le roi de Blois

 

VIII, 38

 

2058-2059

 

Le Roy de Bloys dans Avignon regner,

Une autre fois le peuple en monopolle,

Dedans le Rosne par mer fera baigner

Iusques Ă  cinq le dernier pres de Nolle.

 

Louis II d’Anjou

 

Louis II d'Anjou (Toulouse, 1377 - Angers, 1417) Ă©tait le fils de Louis Ier et de Marie de Blois-Châtillon dite aussi Marie de Guise. Comte de Provence ("RhĂ´ne") et roi de Sicile depuis le 1er novembre 1389, il fait partie de la seconde Maison d'Anjou dont 5 membres tenteront leur chance en Italie : Louis Ier, lui-mĂŞme, son fils, Louis III, le frère de celui-ci RenĂ© Ier d'Anjou et le fils de ce dernier Jean II de Lorraine - dit aussi Jean de Calabre. Jean de Calabre (Nancy, 1425 - Barcelone, 1470) ("le dernier") dĂ©fit Ă  la bataille de Nola en 1459 ("Nolle") Ferdinand d'Aragon, fils d'Alphonse V le Magnanime roi d'Aragon et de Sicile. Le 2 novembre, le lendemain du sacre du roi de Sicile, le pape de Rome Boniface IX Ă©tait Ă©lu ("Devant Boni..." : avant Boniface).(MĂ©moires pour l'histoire des sciences et des beaux-arts, 1715 - www.google.fr/books/edition).

 

"de Blois" est le nom de la mère, qui assure la, tutelle du jeune roi, de la même manière que "d'Angoulême" dans le quatrain X, 72 (avec le fameux 1999 de l'ère de Nabonassar) caractérise le roi Henri III d'Angleterre, fils d'Isabelle d'Angoulême.

 

Couronnement de Louis II d'Anjou

 

Jean de Bueil et Pierre d'Avoir, conseillers du roi de Sicile, devaient aussi jouir pendant leur vie, le premier de Mirebeau, le second de la Roche-au-Duc. Ces deux personnages Ă©taient dĂ©signĂ©s par Louis Ier pour aider sa veuve dans le gouvernement de ses États pendant la minoritĂ© de son fils, ainsi que l'Ă©vĂŞque d'Angers, l'Ă©vĂŞque du Mans et plusieurs personnages notables. Marie se priva volontairement du secours de Pierre d'Avoir, qui lui portait ombrage; mais elle utilisa frĂ©quemment les lumières des autres dans l'exĂ©cution de la tâche multiple qui lui incombait. En Provence, elle sut pacifier les discordes civiles et affermir la domination de la maison d'Anjou, qui allait bientĂ´t y devenir l'objet d'un religieux attachement. Des intrigues, nĂ©es Ă  la fois de l'animositĂ© de ses adversaires et de la jalousie des princes du sang, faillirent d'abord Ă©branler cette domination. Un certain nombre de gens d'Église, de nobles et d'autres habitants Ă©taient venus supplier le Roi de prendre le pays sous sa protection pendant la lutte des deux partis. Charles VI et ses conseillers eussent Ă©tĂ© bien aises d'en prendre prĂ©texte pour saisir le comtĂ©, et le duc de Berry s'y rendit lui-mĂŞme pour sonder le terrain. Mais l'affaire Ă©choua par le refus des Provençaux, et il rĂ©sulta des informations prises que les suppliants Ă©taient des partisans de Charles de Duras, n'ayant aucune mission pour demander la mainmise, mais seulement pour obtenir la mĂ©diation du Roi en faveur de la paix. ClĂ©ment VII, qu'on avait dit favorable Ă  cette tentative, s'en dĂ©fendit vivement, et rĂ©pondit aux ambassadeurs royaux qu'il soutenait les princes d'Anjou parce qu'ils avaient un droit certain sur la Provence; que, s'il eĂ»t pensĂ© que le roi de France eĂ»t des titres supĂ©rieurs, il n'eĂ»t pas manquĂ© de prendre ses intĂ©rĂŞts, et qu'on l'avait calomniĂ© en l'accusant d'avoir brĂ»lĂ© le testament du roi Robert, sur lequel on voulait appuyer les prĂ©tentions de la couronne. L'habiletĂ© de la reine Marie, la mort de Charles de Duras, la lassitude du pays, contribuèrent Ă  apaiser tous les dĂ©bats : la rĂ©volte de Raymond de Turenne devait ĂŞtre la dernière manifestation d'opposition locale. Charles VI en personne et presque toute la maison de France assistèrent au couronnement de Louis II, que le pape d'Avignon (antipape ClĂ©ment VII) cĂ©lĂ©bra en grande pompe Ă  Avignon, le 1er novembre 1389, et consacrèrent par leur prĂ©sence l'autoritĂ© de la dynastie angevine : c'Ă©tait toujours une dynastie française, et son affermissement pouvait ĂŞtre considĂ©rĂ© comme une demi-annexion. Louis II avait alors douze ans (Albert Lecoy de la Marche, Le Roi RenĂ©, sa vie, son administration ses travaux artistiques et littĂ©raires, Tome 1 1875 - books.google.fr).

 

"monopolle" : Monopoli

 

Un jeu de mot peu se cacher avec Monopoli ville de Calabre dans le royaume de Naples, sur fond de grand schisme, qui concerne plutôt Louis Ier d'Anjou, le père.

 

Les historiens, en gĂ©nĂ©ral, jugent avec sĂ©vĂ©ritĂ© l'aventure qui prit fin dans le château de Bari, le 21 septembre 1384. Dans cette folle Ă©quipĂ©e, tout leur parait blâmable, et le but poursuivi, et les fautes commises, et l'inĂ©vitable catastrophe, et les consĂ©quences fatales qui en rĂ©sultèrent pour l'Italie et pour la France. Au point de vue religieux, je reconnais, en effet, que l'entreprise de Louis d'Anjou ne peut guère se dĂ©fendre. ClĂ©ment VII eut-il eu cent fois le droit pour lui, la puissance de son rival rĂ©sidait surtout dans la conscience des peuples, et le pire moyen de la combattre Ă©tait l'emploi de la force armĂ©e. Quand bien mĂŞme Louis d'Anjou eĂ»t expulsĂ© de Rome le pontife italien, quand il l'eĂ»t pris et livrĂ© traitreusement au pape d'Avignon, je ne vois point que cette violence eĂ»t eu la moindre chance de faire refleurir la paix dans les âmes. Tout au plus Louis d'Anjou pouvait-il se flatter de replacer dans l'obĂ©dience avignonnaise un royaume qui, sous le sceptre de Jeanne, avait officiellement reconnu ClĂ©ment VII : mĂ©diocre rĂ©sultat, qu'on ne jugera sans doute pas suffisant pour justifier de pareils efforts. A vrai dire, si le salut de l'Église Ă©tait pour Louis d'Anjou autre chose qu'un prĂ©texte pieux, l'ambition politique avait encore plus d'empire sur son âme, et j'ajouterai, contrairement Ă  l'opinion commune, qu'ici cette ambition ne me semble pas tout Ă  fait dĂ©placĂ©e. Qu'eut-il besoin, dit-on, de se mĂŞler des affaires de l'Italie ? Qu'allait-il faire Ă  Naples, si loin de son pays ? - Ce qu'y avait fait, cent ans plus tĂ´t, Charles d'Anjou, frère de saint Louis. D'ailleurs on oublie trop souvent qu'en se portant comme vengeur de la reine Jeanne, en Italie, Louis acquĂ©rait son principal titre Ă  la possession de la Provence, et l'on ne peut lui savoir mauvais grĂ© d'avoir disputĂ© Ă  Charles de Durazzo une province qui, grâce Ă  lui, grossit, cent ans plus tard, le patrimoine des rois de France. Quant aux critiques adressĂ©es Ă  la tactique de Louis, les unes subsistent, les autres tombent dès qu'on Ă©tudie d'un peu près les campagnes. Un Chandos ou un Duguesclin eĂ»t sans doute tirĂ© meilleur parti des ressources mises Ă  sa disposition. EĂ»t-il mieux rĂ©ussi Ă  protĂ©ger ses troupes contre les dangers du climat et les ravages de l'Ă©pidĂ©mie ? En tout cas, Ă  dĂ©faut de qualitĂ©s maitresses, il convient de reconnaĂ®tre Ă  Louis une patience Ă  toute Ă©preuve, une juste sĂ©vĂ©ritĂ© dans l'exercice du commandement, une foi courageuse dans le succès final. Ajoutons que, durant ces trois ans, il Ă©prouva de vives dĂ©ceptions, mais n'essuya aucun revers grave, qu'il rangea sous son autoritĂ© des terres nombreuses, bien que dissĂ©minĂ©es, et qu'enfin la mort seule vint inopinĂ©ment interrompre une Ĺ“uvre que ni lui, ni aucun de ses partisans ou adversaires, ne considĂ©rait alors comme dĂ©sespĂ©rĂ©e. C'est en songeant aux frais ruineux de l'expĂ©dition qu'on est surtout tentĂ© de maudire l'ambition de Louis d'Anjou. De bons esprits s'associeraient aujourd'hui volontiers aux critiques entendues, dès le 27 dĂ©cembre 1384, dans un cabaret d'OrlĂ©ans : «Qu'est alez faire le duc d'Anjou lĂ  oĂą il est alez ? Il a pillĂ©e, robĂ©e et emportĂ©e la finance en Italie, conquĂ©rir autrui terre : il est mort et dampnĂ© !» A part les sommes versĂ©es par les deux Visconti, la plus grande partie des fonds utilisĂ©s pour la campagne provenait, en effet, des coffres du duc d'Anjou, de Charles VI, de ClĂ©ment VII, en d'autres termes, des dĂ©pouilles du peuple et du clergĂ© de France. L'appauvrissement du pays au profit d'une conquĂŞte qui ne l'intĂ©ressait que fort indirectement a quelque chose de rĂ©voltant. Mais ici encore, n'oublions pas de reconnaĂ®tre dans la situation anormale de l'Église la principale source du mal. Tant de trĂ©sors amassĂ©s laborieusement en France n'auraient point pris le chemin de Naples, si le roi, d'un cĂ´tĂ©, et le pape, de l'autre, n'avaient pensĂ©, en participant Ă  l'entreprise du duc d'Anjou, coopĂ©rer Ă  la suppression du schisme, au relèvement de l'Église, au triomphe de ce qu'ils croyaient ĂŞtre la vĂ©ritĂ© [...]

 

De nombreux actes d'autoritĂ© furent exercĂ©s par ClĂ©ment VII dans certaines parties du royaume de Sicile, postĂ©rieurement Ă  la chute de Jeanne. ConsidĂ©rant comme vacant le siège de Tropea, dont l'Ă©vĂŞque Orlandino avait adhĂ©rĂ© Ă  Urbain VI, ClĂ©ment VII y transfĂ©ra, par bulle du 16 juin 1382, l'archevĂŞque Jean d'Acerenza (ibid., fol. 53 r°), circonstance ignorĂ©e d'Ughelli (cf. t. IX, c. 466). Le 2 juillet 1382, il nomma Jean de Pietramala au siège de Monopoli, vacant par la translation de l'Ă©vĂŞque Jean au siège de Tricarico (mĂŞme reg, fol. 54 vo); Ughelli (t. I, c. 969) se borne Ă  mentionner, en 1382, la nomination par Urbain VI d'un Ă©vĂŞque de Monopoli. Durant la quatrième annĂ©e de son pontificat, il pourvut de la dignitĂ© d'archiprĂŞtre de Castelvolturno un certain Antoine Pietro a de Sumpnio de Cercacupa, dĂ©signĂ© par les suffrages des clercs : il faut ajouter que l'abbĂ© de San-Vincenzo al Volturno avait refusĂ© de ratifier cette Ă©lection et avait pourvu, de son cĂ´tĂ©, un prĂ©lat urbaniste qui ne tarda pas Ă  ĂŞtre assassinĂ© par des neveux d'Antoine Pietro; il en Ă©tait rĂ©sultĂ© une sĂ©rie de troubles et de violences, dont le prĂ©lat clĂ©mentin Ă©tait venu demander justice en Avignon (Arch. du Vatican, Liber supplicationum Clemenlis VII antip., anni IV pars II, fol, 98 v°). ClĂ©ment VII concĂ©da encore, le 7 juin 1383, diverses faveurs Ă  Mathieu, archevĂŞque de Trani, et lui donna tous pouvoirs pour destituer et priver de leurs biens deux prĂ©lats suspects d'«urbanisme,» les archiprĂŞtres de Monopoli et de Foggia, et d'une manière gĂ©nĂ©rale, pour faire emprisonner tous les urbanistes de son diocèse (Arch. du Vatican, Reg. 294, fol. 117 vo) (Nicolas Valois, ExpĂ©dition et mort de Louis Ier d'Anjou en Italie, Revue des questions historiques, 1894 - books.google.fr).

 

VIII, 52

 

2068-2069

 

Le Roy de Blois dans Avignon regner,

D'Amboise & seme viendra le long de Lyndre

Ongle Ă  Poytiers sainctes aisles ruiner,

Devant Boni (vers incomplet)

 

Obsèques de Bertrand Duguesclin

 

Les grands honneurs rendus Ă  sire Bertrand Duguesclin par la chevalerie de France et d'Ă€ngleterre, indiquent assez en quelle circonstance notre petite figurine de plomb a dĂ» ĂŞtre accueillie avec enthousiasme par le peuple parisien, qui la portait sans doute au chaperon, pour prendre part au deuil gĂ©nĂ©ral. Peut-ĂŞtre Charles VI la fit-il fabriquer et distribuer neuf ans plus tard en 1389, lorsqu'il eut la singulière idĂ©e de refaire les funĂ©railles de Duguesclin ? Les historiens nous apprennent que cette fantaisie lugubre fut sĂ©rieusement exĂ©cutĂ©e avec le plus grand succès, et que l'oraison funèbre, prononcĂ©e par l'Ă©vĂŞque d'Auxerre, fit mĂŞme pleurer les assistants (M. GrĂ©sy, Sur quelques enseignes de plomb, MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© Nationale des Antiquaires de France, Volume 25, 1862 - books.google.fr).

 

Retour au passé

 

"Ongle" et "sainctes aisles" : un aigle. "Ongle" peut se rapporter aux serres d'un aigle.

 

Bertrand du Guesclin occupe la première place dans les rĂ©cits que nous allons reproduire. Froissart ne le citera pas toutefois comme le type du parfait chevalier. Il n'est pas issu d'une de ces illustres familles qui peuvent prĂ©tendre Ă  l'honneur de ceindre l'Ă©pĂ©e de connĂ©table, et ce n'est que plus tard que prendront cours les lĂ©gendes qui saluent en lui le descendant des rois maures vaincus par Charlemagne et soumis par le christianisme. Il ne s'est pas Ă©levĂ© par le dĂ©vouement et le dĂ©sintĂ©ressement, mais plutĂ´t en s'associant aux exploits des aventuriers bretons, chefs avides de compagnies trop portĂ©es au pillage. Lui-mĂŞme il aime l'or et le dĂ©pense vite ; il est rude et mĂŞme cruel. De plus il est superstitieux, car son enfance passĂ©e tout entière en courses vagabondes sur les landes dĂ©sertes, s'est Ă©prise d'un culte mĂŞlĂ© de respect et de terreur pour les druidesses ou les fĂ©es de l'Armorique. LĂ  seulement est la poĂ©sie du caractère du connĂ©table, et telle sans doute fut l'inspiration de sa rĂ©ponse restĂ©e cĂ©lèbre, qu'il n'y avait dame en France qui ne filât sa quenouille pour payer sa rançon : parole toute chevaleresque, puisqu'elle associait la beautĂ© compatissante Ă  la gloire malheureuse. Et nĂ©anmoins, il faut bien le dire, ce qui manqua Ă  Bertrand du Guesclin, ce qui peut expliquer comment, en certaines circonstances, il se montra plutĂ´t homme d'armes que chevalier, c'est qu'il apprit assez imparfaitement les lois de la chevalerie. Il ne les avait pas Ă©tudiĂ©es dans les livres ; il ne les vit pas toujours respectĂ©es sur le champ de bataille. Enfant, «il estoit rude et mal gracieux.» Sorti de l'enfance, il continua Ă  braver toutes les fatigues, mais il resta laid, petit et trapu. Pour ĂŞtre surnommĂ© le dixième preux, il faut ressembler Ă  Hector, non Ă  Paris. «AvisĂ©s, dit son biographe, corsage d'omme et chière de sanglier, les poings gros et carrĂ©s pour porter espĂ©e, et est bien a tailliĂ© d'endurer grant paine.» Un de ses contemporains achève le portrait en le comparant Ă  l'aigle Ă©ployĂ© qui figure dans son Ă©cusson :

 

«Le chevalier qui les armes porte, peut bien estre appellĂ© l’Aigle d'occident pour plusieurs causes. La première si est : Est nĂ© d'occident, c'est de Bretaigne ; la seconde si est qu'il porte l'aigle ; la tierce si est que sa nature, sa façon ressemble Ă  la façon de l'aigle. L'aigle de sa façon est gros et rude et pesant et brun, et est (appellĂ© roy des oyseaulx, car il est doubtĂ© de toutes manières d'oyseaulx. Si le puys bien acomparagier Ă  l'aigle d'occident, car il a est gros et rude et de rude taille et pesant et brun, et peut bien & estre appellĂ© aigle et roy des bons chevaliers, car c'est le chevalier «du royaume de France plus doubtĂ© des ennemis au roy de France» (Roman du roi Modus) (M. Kervyn de Lettenhove, Oeuvres de Froissart: chroniques : publiĂ©es avec les variantes des divers manuscrits, Tome 8, 1869 - books.google.fr).

 

"Lyndre"

 

L'Indre coule en particulier dans le Berry.

 

Les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon et le connĂ©table du Guesclin conquirent presque tout le Poitou sur les Anglois, en 1372 ; ils revinrent Ă  Paris le 11 dĂ©cembre, et le lendemain le duc de Berry fit hommage au roi son frère du comtĂ© de Poitiers (Le Menagier de Paris; traite de morale et d'economie domestique compose vers 1393, par un bourgeois Parisien, Tome 1, 1846 - books.google.fr).

 

En 1372, le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, avait levé à ses frais pour deux mois une compagnie de quelques centaines d'hommes d'armes grâce à une indemnité de 6.000 francs qu'il avait reçue du roi, dans le dessein de contribuer au «grignotement des positions anglaises de l'ouest et notamment du Poitou. Diverses montres avaient eu lieu dans la seconde quinzaine d'août à Nevers et à Selles-sur-Cher, où était venu le rejoindre Raoul de Renneval. Le duc et ses troupes avaient cheminé vers l'ouest, passant le 23 août à Montrichard, le 24 à Amboise et s'arrêtant le 25 à Chinon. Le lendemain, un chevaucheur du duc de Berry apportait la nouvelle de la déconfiture, trois jours auparavant, au combat de Soubise, du Captal de Buch et de Thomas de Percy, par les gens de Bertrand du Guesclin (Henri martin, Enguerrand d'Eudin, Bulletin trimestriel de la Société archéologique de Touraine, Volume 32, 1957 - books.google.fr).

 

Après avoir guerroyé quelque temps dans le Poitou, Duguesclin vint donc rejoindre le duc de Berry devant Sainte-Sévère. Le siège de Sainte-Sévère eut lieu certainement pendant la seconde quinzaine de juillet 1372. La reddition de Poitiers peut être fixée, presque à coup sûr, au 6 août 1372, ou plutôt au samedi 7, dès le matin.

 

Sainte Sévère est au bord de l'Indre à l'état de ruisseau près de sa source (Just Veillat, Du Guesclin a Sainte-Sévère, chronique berrichonne du XIVe siècle (1372), 1853 - www.google.fr/books/edition).

 

Louis Ier d'Anjou, frère de Charles V, est fait comte de Poitiers en 1350.

 

Un jeu de mot entre "ongle" et "oncle" permettrait d'identifier l'oncle de Louis II, Jean duc de Berry, autre frère de Charles V (fr.wikipedia.org - Louis II d'Anjou).

 

Vers 3 : Jeanne de Brienne et Gauthier de Brienne mort Ă  la bataille de Poitiers

 

Saintes Ailes ou Saintes Zelles est un écart de la commune de Cuzy en Saône-et-Loire (P. Siraud, L. Lacomme,, Dictionnaire des lieux habités du département de Saône-et-Loire, 1892 - www.google.fr/books/edition).

Cf. le quatrain IX, 53 - Robert de BellĂŞme, pour les "trois cheminees" lieu dit de Mortagne dans l'Orne.

 

Parmi les principaux fiefs mouvant du comtĂ© de Château-Chinon : Cervon(Cervon, Certaines, Cuzy, Le Pontot, Lantilly (en partie), Villemolin (en partie), La Chaume, Marcilly, Montbaron, La Queuldre) (fr.wikipedia.org - ComtĂ© de Château-Chinon).

 

Jeanne de Brienne, fille de Jeanne de Mello et de Raoul de Brienne, dame de Château-Chinon et de Lormes partie, Ă©pouse 1° Gauthier VI, comte de Brienne, duc d'Athènes, connĂ©table de France (descendant au se degrĂ© de Gauthier, comte de Brienne, frère aĂ®nĂ© de Jean), dont elle n'eut pas d'enfants. Il partagea en 1357 avec Jean de Chalon les biens de sa femme, restĂ©s indivis avec Jean de Chalon, et eut Château-Chinon, Ouroux, Lormes partie, Brassy, Dun-les-Places, etc. TuĂ© Ă  la bataille de Poitiers en 1356. Elle se remaria Ă  Louis d'Evreux, comte d'Etampes. Il donna en 1360 procuration Ă  sa femme, dame de Château-Chinon, pour administrer ses terres ou les vendre si elle voulait. Elle Ă©tait encore dame de Château-Chinon en 1380 et 1381, Ă©poque oĂą elle reçut nombre d'aveux et dĂ©nombrements pour sa comtĂ© de Château-Chinon, morte 1389. A sa mort, Charles VI fit saisir ses biens, comme lui ayant Ă©tĂ© donnĂ©s avec clause de rĂ©version en cas de dĂ©cès sans hoir. D'oĂą procès, ses hĂ©ritiers contestant la lĂ©galitĂ© de la confiscation des biens de son frère, dĂ©capitĂ© sans procès. En 1394, Charles VI Ă©changea toute cette succession du comtĂ© de Château-Chinon avec Louis II, duc de Bourbon, son oncle, qu'il fit mettre en possession de Château-Chinon et dĂ©pendances. Celui-ci dut nĂ©anmoins transiger avec les hĂ©ritiers en 1395 et leur payer 25,000 livres tournois. (Adolphe de Villenaut, Henri Adam de Flamare, Nobiliaire de Nivernois : familles de gentilshommes fixĂ©es en Nivernois et y Ă©tant en possession de la noblesse avant 1560, 1900 - www.google.fr/books/edition, fr.wikipedia.org - Codros).

 

Gautier VI de Brienne (1302 – 19 septembre 1356), est un condottiere français et italien, qui est comte de Brienne, de Lecce et de Conversano, duc titulaire d'Athènes et connétable de France Il est le fils du duc d'Athènes Gautier V de Brienne et de Jeanne de Châtillon. Son père ayant été tué à la bataille d'Halmyros en 1311 et son duché conquis en grande partie. Sous prétexte d'une croisade, il dirige une armée angevine en août 1331 pour tenter de reprendre le duché d'Athènes aux Catalans. Il investit la dot de sa femme dans le recrutement de 800 cavaliers français et 500 piétons à Brindisi, loue des navires aux Ragusains et attaque d'abord le despotat d'Épire pour le compte de Robert, roi de Naples, Cette campagne victorieuse contre le despotat d'Épire lui offre Leucade et Vonitza. Il échoue cependant ensuite contre les Catalans en Attique et Béotie, ces derniers refusant de l'affronter directement et les Vénitiens lui refusant leur aide (fr.wikipedia.org - Gautier VI de Brienne).

 

"onux", ongle; griffe, serre; corne ou sabot du pied d'un animal; "monuchos", solipède, qui n'a pas la corne du pied fendue (Munychie, Munychus, 135) (Jules Fabre d'Envieu, Onomatologie de la géographie grecque ou l'art d'apprendre le dictionnaire grec en étudiant la géographie de la Grèce ancienne et de ses colonies, 1874 - www.google.fr/books/edition).

 

Munychie était un des trois ports d'Athènes avec Phalère et Le Pirée (fr.wikipedia.org - Munichie).

 

Munychius, pour Athénien (Gaffiot) se trouve dans les Métamorphoses D'Ovide 2,709 au sujet des amours de Mercure, le dieu ailé faisant de grands cercles dans le ciel comme un rapace attiré par la beauté de Hersé (cf. quatrain V, 36). Sa sœur cupide et in discrète sera pétrifiée comme le vacher Battus, au chapitre précédent, et encore dans le chapitre juste avant encore, la fille de Chiron Ocyrhoé est transformée en jument, les cinq doigts de ses mains et pieds se réunissant en sabots.

 

Dans la Chronique de Jean le Fèvre, seigneur de Saint Remy, pour l'annĂ©e 1413, quand règne de Louis II d'Anjou, roi de Sicile :

 

De la proposition et harengue que l'ambassadeur du roy de Scécille, des ducz d'Orléans et de Bourbon, feit à Pontoyse, aux ducz de Berry et de Bourgoingne, pour le bien et utilité, paix et union du royaulme; et des articles sur ce advisez...

 

"Et semblablement fait Ă  ce propos ce que rĂ©cite Valère le Grant, en son viije livre de Marcelle, tirant; lequel, vĂ©ant la dĂ©solacion de sa citĂ© par son ennemy, laquelle il avoit prins par force, ne se pot tenir de plourer de la douleur des menbres. Comme fist Codrus, duc d'Athènes, lequel, pour gaignier la bataille contre ses adversaires, il se fist tuer de sa mesme voulentĂ©. Et pour ce, tous nos seigneurs sont et doivent estre de pareille condicion, et les ay Ă©quiparĂ© Ă  ieulx, disant : Oculi mei semper ad Dominum, en la personne des seigneurs qui nous ont envoyez, voire et en la personne de nous, qui avons ceste charge reçeue. Non pas, pourtant, que aucuns de nous se Ă©quipare Ă  l'oiel; mais comme trĂ©s humble serviteur de l'ueil, et assis entre les menus menbres du corps des devant dis; comme l'ongle du petit doy, nommĂ© le mĂ©decin, de la dextre main laquelle, par vraye disposicion de nature, a acoustumĂ© de servir et obĂ©ir Ă  l'ueil, Ă  l'exemple duquel nous sommes constrains de parler de tant haulte matière; laquelle chose nous est moult griefve. [...] Oculi mei semper ad Dominum. (Psaume 24(25), 15) (Le Fèvre, Chronique, Tome 1, François Morand, 1876 - www.google.fr/books/edition).

 

Dans la mythologie grecque, Codros, fils de Mélanthos, est le dix-septième et dernier roi d'Athènes qui commença à régner l'an 1116 av. J. C.

 

La politique de Louis d'Anjou n'est pas incohĂ©rente pour autant. Il acquiert d'abord des territoires dispersĂ©s, mais qui consolident les acquis de l'apanage : son mariage, en 1360, avec Marie de Blois-Penthièvre, lui apporte la terre de Guise, les châtellenies (situĂ©es dans le Maine) de Mayenne, ErnĂ©e, Villaine, Pontmain, et les «appartenances entour Paris», Chailly et Longjumeau. En 1371, il obtient d'Amaury de Craon et de sa sĹ“ur Isabelle, dame de Sully et Craon, les châtellenies de SablĂ© et de PrĂ©cignĂ© (Maine) et, de Guillaume de Craon, seigneur de La FertĂ©-Bernard, La Roche-aux-Moines (Anjou); de Guillaume de Mathefelon, la châtellenie de Brulon (Maine), et, en 1376, de la dame de Baucay, femme de Charles d'Artois, Champigny, La Rayasse, Champvent, Le Coudray. Il sollicite les grandes Maisons d'Occident, proches parentes ou non, et il profite aussi des circonstances, notamment de la contre-offensive menĂ©e, Ă  partir de 1369, par Charles V, oĂą il s'illustre en tant que lieutenant-gĂ©nĂ©ral, aux cĂ´tĂ©s de Duguesclin. Isabelle d'Avaugour, vicomtesse de Thouars, tante de Marie de Blois, compromise par son choix du camp anglais, rĂ©fugiĂ©e en Guyenne se voit condamnĂ©e Ă  la confiscation de ses biens. Louis Ier, dans ces circonstances, met la main sur Talmont, les Sables d'Olonne, les Ă®les de RĂ© et d'OlĂ©ron, en 1373. Isabelle d'Avaugour garde Ă  vie les ressources de la châtellenie de Mayenne-la-Juhel, qui faisait partie de la dot de sa nièce. Ă€ sa mort, la châtellenie en question doit revenir aux princes d'Anjou-Maine. Louis d'Anjou a bel et bien Ă©bauchĂ© une politique ocĂ©ane avant d'ĂŞtre attirĂ© par de plus fascinants horizons : il a dĂ©jĂ  entre les mains, en 1360, la châtellenie de La Roche-sur-Yon. Cession sans doute concĂ©dĂ©e par Jean II, abandon thĂ©orique, puisque La Roche-sur-Yon est situĂ©e dans les terres cĂ©dĂ©es aux Anglais par le traitĂ© de Calais. Terre revendiquĂ©e par la Maison de Clisson, qui parvient sans doute momentanĂ©ment Ă  la rĂ©cupĂ©rer : en 1394, c'est elle qui en reçoit les aveux. Louis Ier regarde aussi du cĂ´tĂ© de ce qui fut la florissante Maison de Roucy aux XIIe et XIIIe siècles, Ă  bout de souffle Ă  la fin du XIVe siècle : Ă  sa tĂŞte, Isabelle de Roucy, sans descendance, vend au prince le comtĂ© de Roucy, comprenant les châtellenies de Roucy, Montaigu, Chateauneuf-sur-Aisne, Pierrepont, Nify. Cet abandon dĂ©clenche l'ire du comte de Breyne, qui affirme avoir des droits sur le comtĂ© et engage un procès contre la deuxième Maison d'Anjou. Isabelle abandonne (vend ?) Ă©galement Ă  Louis Ier la châtellenie de Mirebeau, vĂ©ritable place fort, qui vient barricader l'Anjou sur son flanc mĂ©ridional, aux cĂ´tĂ©s de la châtellenie de Loudun. Prestigieuse s'il en fut, la Maison d'Etampes a eu affaire avec le prince d'Anjou : Louis d'Evreux, comte d'Étampes, petit fils de Louis d'Evreux, fils du deuxième mariage de Philippe III le Hardi et de Marie de Brabant, reconnaĂ®t, en 1381, Louis d'Anjou comme hĂ©ritier, au cas oĂą il viendrait Ă  mourir sans hĂ©ritier (des quatre enfants qu'il a eus avec Jeanne de Brienne, le seul fils est dĂ©cĂ©dĂ© en 1360), de ses seigneuries d'Étampes et de Gien-sur-Loire, et de ses châteaux et châtellenies de Dourdan et d'Aubigny-sur-Nère, ainsi que ses hoirs mâles. HĂ©ritage convoitĂ© par d'autres, et non des moindres : le duc Jean de Berry, frère de Louis d'Anjou, qui a aussi traitĂ© avec le comte d'Étampes : en 1382, Berry renonce Ă  Gien et Anjou Ă  Aubigny. En novembre 1381, Louis d'Étampes vend au prince d'Anjou la baronnies de Lunel et Massillargues, terres qui lui viennent de sa mère, Marie d'Espagne, fille de Ferdinand de la Cerda, et que lui avait reconnues, en 1361, Jean II le Bon. L'attrait du Languedoc pour le prince, qui en est lieutenant-gĂ©nĂ©ral de 1365 Ă  1380, n'est plus Ă  dĂ©montrer : face Ă  la Provence, guettĂ©e avant d'ĂŞtre conquise, cette rĂ©gion a Ă©tĂ© pillĂ©e par Louis Ier, qui en exprimera des remords dans son testament. Hors du royaume de France, Louis Ier a-t-il lancĂ© une offensive en direction du Hainaut ? Oui, si l'on en croit le journal du chancelier Jean Le Fèvre, qui mentionne les requĂŞtes prĂ©sentĂ©es par le duc sur les terres de Raismes et Aymeries au duc Albert de Bavière, rĂ©gent, puis comte de Hainaut (Marcelle-RenĂ©e Reynaud, Le temps des princes, Louis II et Louis III d'Anjou-Provence, 1384-1434, 2000 - www.google.fr/books/edition).

 

Vers 2 : Ingelger d'Amboise prisonnier Ă  la bataille de Poitiers

 

1333-1370 : Louis Ier. Fils de Jean Ier, mariĂ© Ă  Jeanne de Dreux, fille de Jean de Dreux et de Peronnelle, fille d'Henri III de Sully. Puis en secondes noces Ă©poux d'Isabeau d’Avaugour, veuve de Geoffroy VIII de Chateaubriand. 1370-1397 : PĂ©ronnelle de Thouars, comtesse de Dreux ; Fille aĂ®nĂ©e du prĂ©cĂ©dent et sĹ“ur de Simon de Thouars, comte de Dreux (mort prĂ©dĂ©cĂ©dĂ© le 12 juillet 1365 dans le tournoi de son mariage avec Jeanne d'Artois); mariĂ©e Ă  Amaury IV de Craon. Ă€ la mort de ce dernier en 1376, elle Ă©pousa Tristan Rouault de BoismĂ©nard (ou BoismĂ©nart; arrière-grand-oncle du marĂ©chal Joachim). Sans postĂ©ritĂ© : avec elle s'Ă©teignit la branche aĂ®nĂ©e de la première famille de Thouars qui possĂ©da la vicomtĂ© plus de cinq siècles. Ă€ la mort de Peronnelle de Thouars, sa sĹ“ur Isabeau de Thouars, comtesse de Dreux (veuve de Guy de Nesle, seigneur de Mello et marĂ©chal de France) Ă©tait mariĂ©e avec Ingelger Ier d'Amboise et de Berrie. Elle en eut deux filles et deux fils, Pierre et Ingelger II d'Amboise ; l'aĂ®nĂ© de ceux-ci, Pierre II d'Amboise, prit la succession de la vicomtĂ© (fr.wikipedia.org - Liste des vicomtes et ducs de Thouars).

 

Le château de Verneuil-sur-Indre est un château français qui comprend d'une part les restes d'un château remontant au XVe siècle. Dès la fin du IXe siècle ou la première moitié du Xe siècle, Verneuil relève des sires de Buzançais, notamment Sulpice Mille Boucliers. Sa descendante Hersende dame de Buzançais et de Verneuil (les deux sur l'Indre), fille d'Archambaud Ier de Buzançais et de la fille de Roger le Diable de Montrésor, transmet ses fiefs à son mari Lisois d'Amboise (vers 990-1065), un fidèle du comte Foulque Nerra. La maison d'Amboise, d'abord la branche aînée puis la première branche cadette dite de Berrie, conserve Verneuil jusqu'à Ingelger Ier le Grand (vers 1300-1373) (fr.wikipedia.org - Château de Verneuil-sur-Indre).

 

Toute sa vie Ingelger Ier se battit contre les Anglais qui avaient envahi la partie ouest de la France. Il fit campagne aux côtés des rois de France Philippe VI de France et Jean II le Bon pendant la guerre de Cent Ans. Le 19 septembre 1356, il est fait prisonnier en même temps que le roi Jean II le Bon à la Bataille de Poitiers (1356) et comme lui, il se retrouve prisonnier en Angleterre. Son épouse participe à la rançon de quatre millions d'écus demandés par Édouard III, roi d'Angleterre, pour libérer le roi de France. Puis, pour payer la rançon de son mari, elle vend sa terre de Chevreuse, près de Paris. À peine rentré en France, Ingelger Ier "Le grand" reçoit une lettre du régent et futur roi de France Charles V qui lui écrit de Vincennes, (le dix-sept mai 1357) et lui donne l'ordre de se constituer prisonnier, une nouvelle fois, pour aller prendre la place de Guy II de Châtillon, comte de Blois, prisonnier, lui aussi, d'Édouard III. Dans cette lettre, il menace Ingelger Ier d'Amboise de lui confisquer ses biens, s'il refuse de repartir. (Voir la revue intitulée «Le cabinet historique» - Textes et pièces inédites, 1862. T.8 - p. 73 à 77). Malgré la menace Ingelger Ier refuse de repartir comme prisonnier en Angleterre. Il adresse un courrier au roi pour lui donner les raisons de son refus. Le 11 novembre 1355, Ingelger Ier d'Amboise adressa une lettre de sa forteresse de Mondoubleau, à Macé de Valaines, et à son cousin Hugues d'Amboise. Il les nomme ses procureurs et leur demande de réceptionner, et de porter le nouvel évêque, Michel de Brèche, au cours de son entrée dans la ville du Mans. (Archives Départementales de Touraine, Ms 247 - folio 276) (fr.wikipedia.org - Ingelger Ier d'Amboise).

 

Les Comtes d'Anjou sont implantés depuis longtemps dans le sud de la Touraine (Loches) et le nord du Berry (Buzancais). Ainsi la Vallée de l'Indre de Buzancais à Cormery en passant par Chatillon sur Indre, Loches et Courcay est sous leur influence depuis le mariage d'Ingelger (840-888) avec Adelaide de Buzancais et la famille des Seigneurs de Buzancais, très présente dans cette région, leur est apparentée. L'Abbaye de Cormery bien qu'affiliée à l'Abbaye St Martin de Tours est sous controle Angevin (francebalade.free.fr).

 

En 1246, saint Louis donne l'Anjou en apanage Ă  son frère Charles Ier qui fonde la deuxième dynastie des comtes. Sa petite-fille, Marguerite de Sicile, l'apporte en dot en 1290 Ă  Charles de Valois, père de Philippe VI, qui - Ă  son avènement au trĂ´ne de France en 1328 - ramène l'Anjou dans le domaine royal. Jean II le Bon recrĂ©e l'apanage en faveur de son fils cadet Louis Ier en 1356. L'Anjou est Ă©rigĂ© en duchĂ© en 1360. Comme les deux premières, cette troisième dynastie angevine joue un rĂ´le international qui l'amène Ă  ĂŞtre souvent absente d'Angers. Quatre princes angevins se succèdent Ă  la tĂŞte de l'Anjou : Louis Ier (1356-1384), Louis II (1384-1417), Louis III (1417-1434), RenĂ© Ier (1434-1480) (archives.angers.fr).

 

La famille d'Amboise a plusieurs branches dont celle de Chaumont.

 

Louis d'Amboise seigneur de Chaumont était fils de Pierre d'Amboise et d'Anne de Bueil qui, orpheline après Azincourt, fut élevée par son oncle Hardouin de Bueil, évêque d'Angers (du 16 juin 1374 à sa mort en 1439), chancelier du duc Louis II d'Anjou puis de sa veuve Yolande d'Aragon, mère du roi René. Tout au long du XIVe et du XVe siècle, les Bueil se signalèrent par leurs services auprès de la maison d'Anjou (Antoinette et Jacques Sangouard, Le carrelage du XVe siècle de la chapelle du château de Combefa en Albigeois, ,1977 - www.google.fr/books/edition, fr.wikipedia.org - Louis Ier d'Amboise).

 

Hardouin lui-mĂŞme combina la charge Ă©piscopale avec des fonctions sĂ©culières : il dirigea la chambre des comptes du duc d'Anjou Ă  partir de 1382; il fut Ă©galement chancelier de la duchesse d'Anjou Marie de Blois-Bretagne, une charge dans laquelle Yolande d'Aragon le maintint en 1417. Partisan de la papautĂ© d'Avignon, il assista aux rĂ©unions du clergĂ© de 1394 et 1398 Ă  Paris. Il rĂ©digea des statuts pour son diocèse en 1423 (fr.wikipedia.org - Hardouin de Bueil).

 

SETME, sedme, sepme, sesme, seme, seime, sietme, siesme, sieme, sisme, sime, syme, adj., septième.

Seme : septième, office des morts fait après le septième jour dans l'Anjou et le Poitou (FrĂ©dĂ©ric Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Tome 7, 1892 - www.google.fr/books/edition, Jean Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye, Dictionnaire Historique de l'Ancien Langage François, Tome 8, 1875 - www.google.fr/books/edition).

 

Jean-Charles de Fontbrune le notait dans son Nostradamus, historien et prophète, 1980, p. 497.

 

La bataille de Poitiers a lieu le 19 septembre 1356.

 

La marche des armées ennemies avant la bataille de Poitiers emprunte la vallée de l'Indre.

 

Le dimanche 21 août, le prince franchit la Creuse à Argenton, fait 14 lieues et ne s'arrête qu'à Châteauroux, en ayant soin de s'emparer en avant du pont sur l'Indre du Bourg-Dieu (Déols); le 22, il séjourne à Châteauroux. [...] Sur la carte on suit l'itinéraire à crochets du prince depuis Périgueux jusqu'à Châteauroux. [...] En quittant Châteauroux, le prince se dirigea sur Issoudun et resta devant cette ville du 24 au 26 août. [...] Il faut lire dans Froissart le récit du siège du château de Romorantin, qui fit, pour un mince résultat, perdre aux Anglais nombre d'hommes et un temps précieux. Les barons ne capitulèrent que le 3 septembre, devant l'incendie, et le Prince Noir ne put reprendre sa marche que le lundi 5, après un jour de repos. [...] Après le siège de Romorantin, où il s'était attardé, le prince de Galles avait habilement mis et conservé le Cher entre le roi Jean et lui. [...] Le prince fut aussi prévenu de l'arrivée de Jean, car, le dimanche 11 septembre, il fit retraite, partit de Grammont, et, après avoir passé de bon matin (bene mane) l'Indre, que le moine de Malmesbury qualifie de très dangereuse rivière, il s'arrêta à Montbazon, à environ 4 lieues de Grammont. Derrière l'Indre il était plus en sûreté. Il reçut, le lundi 12, à Montbazon, une importante visite, celle du cardinal de Périgord, venant de Tours et accompagné d'un archevêque, de plusieurs évêques et d'autres seigneurs. Légat du pape, ce prélat voulait accomplir une mission de paix. Le prince eut, par le cardinal et sa suite, de précieux et positifs renseignements sur la marche des Français. Le dauphin était à Tours avec 1,000 hommes d'armes. Le roi de France comptait attaquer les Anglais le surlendemain 14 septembre. La suite prouva l'exactitude de cette importante information. Jean avait passé la Loire à Blois et était le 12 septembre à Amboise. Le mardi 13, le prince accélère sa retraite, craignant d'être débordé; il fait 8 lieues en traversant Sainte-Maure et vient coucher à la Haye-sur-Creuse. Le même jour, Jean arrivait à Loches sur le flanc est de son ennemi, à 24 kilomètres seulement de la Haye à vol d'oiseau. Le 14 au matin, le prince part de la Haye pour Châtellerault, et Jean de Loches pour la Haye, où il arrive le soir même du jour où les Anglais en étaient partis. Le lendemain 15, le roi exécute une marche stratégique remarquable. Il sait que le prince veut lui échapper et peut le gagner de vitesse. C'est lui qui le devancera sur la Vienne pour le rejeter à l'ouest, en l'empêchant de marcher sur Bordeaux par la rive gauche de cette rivière. Il ne cherche pas à couvrir Poitiers qu'il sait en état de défense. Par une marche forcée de plus de 12 lieues (50 kilom.), il arrive au pont de Chauvigny avec toute son armée. [...] Dès le vendredi 16, les Français passent la Vienne et prennent la route de Poitiers, le roi en tête (Léon Babinet, Étude de la bataille de Poitiers-Maupertuis (19 septembre 1356), 1883 - www.google.fr/books/edition).

 

"Boni" : Boniface

 

Le 2 novembre, le lendemain du sacre du roi de Sicile, le pape de Rome Boniface IX était élu.

 

Certaines Ă©ditions ont au vers 4 : "Devant Bonieux viebndra la guerre esteindre".

 

Duguesclin descendant en Espagne avec des troupes avait Ă©tĂ© payĂ© par le pape Urbain V pour Ă©pargner Avignon et le Comtat Venaissin : cf. le quatrain III, 93.

 

La bataille de Navarrete, livrĂ©e le 3 avril 1367, fut on ne peut plus dĂ©sastreusepour le premier, qui, complètement dĂ©fait, fut rĂ©dUit Ă  se sauver prĂ©cipitamment du Guesclin, Arnoul d'Audrehem et les plus vaillants capitaines français restèrent prisonniers entre les mains du vainqueur. Quant Ă  celles des Compagnies, pour la plupart Bretonnes, qui avaient pris part au combat sous leur direction, elles quittèrent Ă©galement en hâte le sol espagnol et repassèrent les PyrĂ©nĂ©es. Le pape Urbain V n'avait pas attendu leur retour il avait profitĂ© de l'accalmie relative dont jouissaient la Provence et le Languedoc pour faire le voyage de Montpellier, puis se diriger sur Marseille et prendre la mer pour retourner en Italie (9 janvier - 19 mai). Mais, avant de s'embarquer, par sa bulle du 9 mai 1367 il avait renouvelĂ© ses anathèmes contre les routiers et leurs fauteurs. [...] Dès le mois de juin, le Comtat ne se sentait plus en sĂ»retĂ© : le 29 de ce mois, Pons Bermond, le capitaine de Carpentras, mis en Ă©veil par certaines rumeurs inquiĂ©tantes, ordonnait de faire le recensement des personnes portant les armes et du matĂ©riel de guerre qu'on pourrait au besoin se procurer dans la ville. [...] DĂ©jĂ  mĂŞme le 29 avril ou disait Ă  Carpentras que des gens d'armes se rĂ©unissaient du cĂ´tĂ© de Bonnieux. (Arch. de Carpentras, DB 7 bis, compte, fol. 169). Il Ă©tait encore trop tĂ´t pour ce fussent des troupes revenant d'Espagne (L.H. Lalande, Bertand Duguesclin et les Etats pontificaux de France, 1904 - bibnum.enc.sorbonne.fr).

 

Acrostiches des deux quatrains : LUDI et LDOD

 

LUDUS. Liber dictus “Declina malo," Hebraice ; de A ludis agit, an liciti vel illiciti, per modum dialogi inter Eldad et Medad (Catalogus Librorum Impressorum Bibliothecae Bodleianae in Academia Oxoniensi, Tome 2, 1843 - www.google.fr/books/edition).

 

IEHVDAE (Ariae) vulgo Leonis Mutinensis, fil. R. Isaac, Rabbini Veneti et Synagogae Rectoris, Poetae Ebraici et Itali egregii, SĂ»r Merâ i.e. Declina Ă  Malo, seu Dialogus de Lulu Alearum, et Talorum, inter Eldad et Medad, quorum alter ludum defendit ; alter vero reprehendit et detestatur. Pragae 1615. 8. et Leidae, cura Io. Georg. Neselii, 1656. Hinc cum versione Lat. et notis Aug. Pfeifferi, Wittenb. 1665 4. et Lips. cum Versione Germanica Frid. Alberti Christiani, Exiudaei, sub titulo : Lusor doctus, sed conuersus Vid. WOLFFII Biblioth. Hebr. T. I. p . 415. et HYDE de Lud. Oriental. T. II. p. 122. vbi argumentum huius libri satis fuse recensetur (Heinrich Jonathan Clodius, Clodii Primae lineae bibliothecae lvsoriae; sive, Notitia scriptorvm de lvdis praecipve domesticis ac privatis ordine alphabetico digesta, 1761 - www.google.fr/books/edition).

 

Le Livre sur les jeux de hasard de Léon de Modène (1571-1648), dans lequel figurent deux amis, Eldad, ennemi des jeux de hasard, et Medad, ami de ces jeux (Revue critique d'histoire et de littérature, Volumes 67 à 68, 1909 - books.google.fr).

 

ELDAD : Le jour est encore dans son plein et il n'est pas encore temps de retourner Ă  la maison. D'ailleurs j'ai vu ton père auprès de ses marins, il Ă©tait occupĂ© Ă  faire charger de marchandises un navire, qui doit mettre Ă  la voile pour l'Orient. Avant qu'il soit de retour de cet endroit lĂ , le soleil sera sous l'horizon. Ne te hâte donc pas tant d'aller chez toi, car il ne songera pas Ă  toi. Sois maintenant assez bon et ne refuse pas de me faire entendre ce que tu veux me rĂ©pondre; car je ne comprends pas comment un homme peut marcher impunĂ©ment dans une pareille voie, dans une voie aussi impie.

 

MEDAD : Puisque les affaires de mon père ne nous en empĂŞchent point, et que tu dĂ©sires connaĂ®tre mon opinion, nous allons chercher un siĂ©ge quelque part sous une vigne ou sous un figuier pour nous trouver Ă  la fraĂ®cheur de l'ombre. Je veux donc t'expliquer et t'apprendre que le jeu est Ă©quitable et qu'il est aussi salutaire par ses cartes que le soleil par ses rayons.

 

Il y a dans le texte un jeu de mots difficile à rendre. L'auteur, en faisant allusion à Malachie, III, 20, a changé le mot Bikhnafeha (ses rayons) en Bikalfeha (ses cartes), pour dire que le jeu est aussi salutaire à l'homme, au moyen de ses cartes, que le soleil l'est au moyen de ses rayons (Leone Modena, Eldad et Medad, ou, Le joueur converti, traduit par Eliakim Carmoly, 1842 - books.google.fr).

 

Cf. la prophétie de Malachie pour la devise de Boniface IX.

 

Au commencement du dix-huitième siècle, le P. MĂ©nestrier dĂ©couvrit, dans les registres de la Chambre des comptes, un compte de Charles Poupart, argentier (trĂ©sorier) du roi Charles VI, pour un an, Ă  commencer le 1er fĂ©vrier 1392. On y trouve cette mention : "Ă  Jacquemin Gringonneur, peintre, pour trois jeux de cartes Ă  or et diverses couleurs, de plusieurs devises, pour porter devers ledit seigneur pour son esbattement, LVI sols parisis." Le compte de Poupart de 1392 est la seule des dates proposĂ©es de l'existence du jeu de cartes qui a rĂ©sistĂ© Ă  l'Ă©preuve de vĂ©rification historique. M. Duchesne place la connaissance des cartes en Europe entre 1392 et 1369, pour la France, se fondant sur l'absence du nom des cartes dans la longue Ă©numĂ©ration des jeux dĂ©fendus par l'ordonnance de Charles V, en l'annĂ©e 1369 (R. Merlin, Origine des cartes a jouer; recherches nouvelles sur les naibis, les tarots et sur les autres especes de cartes, 1869 - books.google.fr).

 

La rĂ©bellion du veau d'or Ă©tant calmĂ©e, après avoir fait construire l'arche et promulguĂ© une grande partie de ses lois, MoĂŻse rĂ©solut de quitter le SinaĂŻ pour s'approcher de la Palestine Ă  travers le dĂ©sert, et pour essayer de commencer la guerre contre les CananĂ©ens des frontières. [...] A peine le camp fut-il levĂ© que le peuple murmurait (Nombres, chap. XI, v. 1). MoĂŻse lui rĂ©pondit par son feu de JĂ©hovah, qui dĂ©vora une partie des mĂ©contents près du camp. Le peuple suppliant MoĂŻse de le mĂ©nager, le feu s'arrĂŞta. On nomma cet endroit Thabera, brĂ»lement. Mais le feu ne donna pas de viande, et le peuple fatiguĂ© de la manne demanda de la viande. J'ai dĂ©jĂ  fait observer que c'Ă©tait la lie du peuple, mais cette lie Ă©tait menaçante et son mot d'ordre Ă©tait toujours : «Qu'on nous ramène en Égypte, pays d'oignons et de concombres en abondance». MoĂŻse alors assembla de nouveau soixante-dix Anciens. Il faut croire que les dĂ©lĂ©guĂ©s n'Ă©taient pas de force Ă  calmer les plaintes de la masse, ou qu'ils faisaient cause commune avec elle. C'est Ă  ce sujet que la Bible cite ce mot admirable de MoĂŻse qui devrait servir de devise Ă  tous les pouvoirs intelligents. JĂ©hovah dit Ă  MoĂŻse : «Assemble-moi soixante-dix Anciens, je mettrai en eux un peu de ton esprit». Nombres, chap. XI, V. 17. Les soixante-dix alors se rĂ©unirent autour de la tente, et la fameuse nuĂ©e descendant, les Anciens, inspirĂ©s de l'esprit de MoĂŻse, se mirent Ă  prophĂ©tiser. En d'autres termes, MoĂŻse les avait gagnĂ©s Ă  la cause de JĂ©hovah, en leur exposant son plan de conquète, qui devait ĂŞtre mis en exĂ©cution, et demanda au peuple de prendre patience et de ne pas trop se plaindre des privations matĂ©rielles.

 

Deux de ces Anciens, Eldod et MĂ©dod, restèrent au camp et prophĂ©tisèrent Ă  leur tour. Le fidèle JosuĂ© arriva en courant vers MoĂŻse, et lui dit que deux sĂ©paratistes pĂ©roraient loin de la tente et le pria d'en finir avec eux du coup (v. 28). On le voit, JosuĂ©, connaissant les secrets du gouvernement de son maĂ®tre, n'y allait pas de main morte. Mais MoĂŻse lui rĂ©pondit (v. 29) : «Trop de zèle ! PlĂşt Ă  Dieu que tout le peuple fĂ»t composĂ© de prophètes, sur lesquels JĂ©hovah aurait mis son esprit !». Mot admirable! MoĂŻse ne craignait pas l'instruction, il ne craignait que l'ignorance ! (Alexandre Weill, Vie, doctrine, et gouvernement authentiques de MoĂŻse d'après des textes hĂ©braiques de la Bible, 1886 - books.google.fr, parshapeople.blogspot.com).

 

Au reste, je n'oserois assurer que JosuĂ© fut animĂ© dans cette occasion d'un mouvement de pure jalousie. Il y avoit certainement de l'humain dans ses sentiments ; puisque Moise l'en reprend : mais je ne sçai si c'Ă©toit l'unique, ou mĂŞme le principal motif qui le faisoit parler. Car il n'est point blessĂ© de ce que les 70 qui Ă©toient assemblez, prophĂ©tisoient, mais seulement de ce qu'Eldad & MĂ©dad le faisoient hors de cette assemblĂ©e, & sans avoir l'aveu de MoĂŻse. Ainsi il pouvoit craindre qu'ils ne s'attribuassent une autoritĂ© indĂ©pendante de lui, & par consĂ©quent schismatique (François-Philippe MĂ©senguy, AbbrĂ©gĂ© de l'histoire de l'Ancien Testament, Tome 2, 1738 - www.google.fr/books/edition).

 

Dès le septième siècle, nous voyons les JudĂ©o-Berbères alliĂ©s aux conquĂ©rants de l'Espagne, groupĂ©s autour de leur secte, pour reconquĂ©rir l'Espagne sur les Musulmans. Dans ce mĂŞme siècle, les Juifs "Maghrabia" sont considĂ©rĂ©s par les Juifs asiatiques comme une population juive hĂ©rĂ©tique et dissidente. Cet esprit rĂ©fractaire Ă  l'orthodoxie se manifeste maintes fois par les controverses religieuses, entre communautĂ©s africaines et princes de la Synagogue, Ă  partir du neuvième siècle. C'est Ă  cette Ă©poque que s'Ă©tend le schisme de Berghouta et que les Falacha eux-mĂŞmes commencent Ă  jouer un rĂ´le politique. Ce mĂŞme siècle a vu une tentative de schisme faite par le fameux Eldad, tentative singulièrement conforme Ă  l'esprit des Juifs autochtones du Maghreb. Le premier savant du Maghreb, Ibn KoreĂ®ch (vers 760), tient peu de compte dans l’exĂ©gèse rabbinique des conceptions religieuses et tient d'Eldad. Sa manière de citer le Talmud rappelle mĂŞme singulièrement celle des CaraĂ®tes. Les Rodanites ou Danites sont des commerçants mystĂ©rieux qui parlent l'hĂ©breu et qui possèdent «un pays juif» dans l’intĂ©rieur africain. Ils entrent en scène en Espagne et en pays berbère, et c'est Ă  eux qu'on doit l'Ă©closion d'une littĂ©rature dont les fragments attribuĂ©s Ă  Eldad et Ă  Elhanan le marchand, servent d'exemple. Des inscriptions et des souvenirs d'influence juive se multiplient depuis la CyrĂ©naĂ®que jusqu'au Soudan ; ils dureront jusqu'au douzième siècle (Nahum Slouschz, HĂ©bræo-PhĂ©niciens et JudĂ©o-Berbères: introduction Ă  l'histoire des Juifs et du judaisme en Afrique, 1908  - archive.org).

 

L'hypothèse Boniface IX et les acrostiches forment une interprétation cohérente, en considérant les Centuries comme antidatées et tardives, au moins les dernières.

 

1389. 201. BONIFACE IX. Du 2. Novembre. XIV. ans 11 mois 2 jours. On peut dire qu'il mit les Romains Ă  la raison. Ils n'ont jamais osĂ© se rĂ©volter contre lui. Il fit fortifier le Château saint Ange, qui depuis a servi d'asyle aux souverains Pontifes. Cubus de Mixtione : un cube de mĂ©lange. Il y a des cubes dans les armoiries de sa famille. Il cĂ©lebra le grand JubilĂ©, l'an 1400 (Pierre Le Lorrain de Vallemont, Les elemens de l'histoire ou ce qu'il faut savoir, 1745 - www.google.fr/books/edition).

 

Cubus de Mixtione : devise de la prophĂ©tie de saint Malachie.

 

"le dé de la mixtion". BONIFACE IX portait des dés dans ses armes (Auguste François Lecanu, Dictionnaire des prophéties et des miracles, Tome 2, 1855 - www.google.fr/books/edition).

 

La première apparition de la prophĂ©tie des papes est due Ă  Arnold Wion en 1590, il la publie dans son Lignum Vitæ en 1595. Aucun des contemporains de Malachie d'Armagh ne mentionne une telle prophĂ©tie. Le commentaire du Lignum Vitae dit : "De la famille Tomacelli, qui vient de GĂŞnes en Ligurie, dont les armes Ă©taient des cubes". Les armoiries de Boniface IX (Pietro Tomacelli) comportent une bande en damier (fr.wikipedia.org - ProphĂ©tie de saint Malachie).

 

Born c. 1350 in Naples, Pietro (also Piero or Perino) Tomacelli Cybo was son of Baron Giacomo Tomacelli and Verdella Caracciolo, feudataries of Casarano and nearby Casaranello, from noble neapolitan families, and a descendant of Tamaso Cybo, who belonged to an influential noble family from Genoa and settled in Casarano in the Kingdom of Naples. (en.wikipedia.org - Pope Boniface IX, M.F. Cucherat, La prophétie de la succession des papes, Revue du monde catholique, 1871 - www.google.fr/books/edition).

 

Les Thomacelli de Naples portent mesmes armes que les Cybo, & qui de tout temps se sont entretenus d'amitié avec eux; le pape Boniface IX se disoit Thomacellus Cybo Les armes de la maison des Cybo sont de gueulles à la bande eschiquettée d'argent & d'azur; dont chacun point represente la figure Mathematique d'vn cube, qui rend les armes en quelque façon parlantes (Jean Le Laboureur, Relation du voyage de la Royne de Pologne et du retour de Mme la mareschalle de Guébriant, 1647 - www.google.fr/books/edition).

 

Laurent Cybo esleué à la cour de France, & qui porta au Roy la conclusion du mariage de Caterine sa niepce auec le Prince despuis Roy Henry second, portoit vne piramide auec le mot sine fine va autre prit l'éclume de Mareschal & pour l'ame d'vrabos mais la deuise la plus generale dans cette maison est la Sigoigne, Simbole de la gratitude, portant vn pied sur vn cube ou pierre quarrée, qui fait allusion au nom de Cybo & qui à du raport à la constante & Loyalle fidelité de ces Heros, que cet oyseau semble toujours renouueler en regardat les trois premiers signes du Zodiaque; les paroles qui accompagnent le corps de cette deuise font greques, KAY EXOMEN EN CVBO, qui signifient au cube reconnoissance. Le Prince Charles auiour-d'huy regnant, à ioint au mesme cube, ces mots latins ponderi resistet. Le Pape Boniface IX estoit de cette mesme famille, comme ie raporteré au liure de la partenope ou les Siciles Françoises, auquel païs cette branche à faict racine soubs le nom de Thomasselle & qui porte les mesmes armes (Jean-Baptiste L'Hermite de Soliers, La Ligurie françoise, 1660 - www.google.fr/books/edition).

 

Le jeu de saint Pierre

 

Il existe d'Abraham ibn Ezra (rabbin espagnol, 1098 - 1167) un opuscule intitulé «Tahboula» (stratagème), qui a précisément pour sujet le jeu de Saint-Pierre. Ibn Ezra, se trouvant sur mer avec 15 de ses disciples et 15 vauriens et une tempête obligeant le capitaine à jeter à la mer la moitié des passagers, imagina de sauver ses élèves par cette ruse d'arithmétique. Cet ouvrage a été traduit en allemand, par Schwenter, Deliciæ physico-mathem, Nuremberg, 1623, p. 79; en latin, par Pfeiffer, en 1665. Il s'agit d'un autre amusement arithmétique sur le chiffre 9. [...] Il serait intéressant de savoir si Ibn Ezra a eu des devanciers. S'il ena eu, ce que je crois, ils devront être cherchés chez les Arabes (Israël Lévi).

 

La figure arithmétique que l'on voit ici se XXXXIIIIIXXIXXXIXIIXXIIIXIIXXI se trouve à la fin d'un calendrier runique. Elle représente un jeu qu'on appelle encore en suédois Sankt Peters Lek "le jeu de saint Pierre". On l'explique par l'historiette suivante, qui peut se rattacher aux enquêtes de MÉLUSINE sur la mer.

 

Saint Pierre était en mer, et le navire courait si grand danger de faire naufrage qu'il parut nécessaire de jeter par dessus bord la moitié des passagers, pour alléger le navire et sauver les survivants. Il y avait trente personnes à bord, moitié de chrétiens et moitié de juifs. Saint Pierre, pour sauver les premiers, mit tout son monde sur une ligne, et avec tant d'habileté qu'en prenant chaque neuvième homme, tous les chrétiens (représentés ici par des croix) furent sauvés, et tous les Juifs (représentés par des traits) furent noyés (Henri Gaidoz) (Mélusine : recueil de mythologie, littérature populaire, traditions & usages, Tome III, 1887 - www.google.fr/books/edition).

 

Les juifs du sud de l'Europe ont contribuĂ© Ă  la circulation du jeu des croyants et des infidèles. Ils l'ont systĂ©matiquement associĂ© au savant rabbin andalou Abraham Ibn'Ezra (1092-1167), connu des historiens des mathĂ©matiques pour son Ĺ“uvre arithmĂ©tique et gĂ©omĂ©trique. [...] Une version dite «stratagème de rabbi Abraham Ibn'Ezra» fut imprimĂ©e en hĂ©breu Ă  Venise en 1546, en annexe Ă  un abrĂ©gĂ© grammatical (Ibn Habib 1546), et traduite en allemand par Daniel Schwenter, professeur de mathĂ©matiques et langues orientales (Schwenter 1636 : 79-80). On la retrouve dans le dialogue sur les jeux de hasard du rabbin LĂ©on de Modène, publiĂ© en hĂ©breu sans nom d'auteur Ă  Venise en 1595, rĂ©imprimĂ© et traduit en latin en 1665 (Modène 1665 : H3).

 

Les manuscrits les plus anciens contenant ce jeu sont du IXe siècle et contiennent des mots irlandais dans le latin. D'autres manuscrits mentionnent son origine irlandaise. Au départ il s'agit de passer une bonne nuit pour 15 "blancs" et 15 "noirs" mais à partir de 1100 l'aspect anti-juif se fait jour (Mathématiques récréatives, Éclairages historiques et épistémologiques, 2025 - www.google.fr/books/edition).

 

Cf; le jeu mathématique au quatrain VII, 40 - Les tonneaux de Blaise Pascal - 2028-2029.

 

La doctrine astrologique des chronocratories enseigne la domination des astres sur le temps, périodes de 354 ans et un tiers, elle même issue des spéculations sur la grande année. Ainsi, selon Richard Roussat, la période de la Lune commence en 1533, celle du Soleil en 1887 et celle de Saturne en 2242 (Pierre Brind’Amour, «Nostradamus astrophile», Klincksieck, 1993, p. 187). Le livre de Roussat reprend les données d’Ibn Ezra (Liber rationum) avec un décalage de quelques années dans les dates par rapport à celles données par Trithème. La vingtième période, sous la direction de Gabriel, allait commencer selon Trithème le 4 juin 1525 et se terminer en octobre-novembre 1879. Roussat a un décalage de 8 ans (Yves Lenoble, Nostradamus et l’éclipse du 11 aout 1999, Astrological association, 1999 - ramkat.free.fr).

 

Un des cas les plus remarquables est l'attribution Ă  Abraham Ibn Ezra de deux textes diffĂ©rents du mĂŞme nom, Le Liber Rationum - qui se prĂ©sentent l'un et l'autre comme un complĂ©ment ou un commentaire du Principium Sapientiae. Le Principium Sapientiae constitue un titre Ă  double sens et a Ă©tĂ© Ă©galement traduit par «Introduction» : Introductorium ou Principium Sapientiae. L'Ă©tat de la question nous semble pouvoir ĂŞtre ainsi dĂ©peint : il existe deux textes qui portent ce nom et qui sont tous deux attribuĂ©s Ă  Abraham Ibn Ezra. L'on distinguera les deux L.R. par la mention Impr. pour la version imprimĂ©e et par la mention Ms pour la version restĂ©e manuscrite. Celui qui a fait l'objet d'une traduction latine imprimĂ©e en 1485 (LR Impr.) se distingue de l'autre (L.R. Ms) par la prĂ©sence notamment d'un système de cycles planĂ©taires de 354 ans et par l'absence de division en chapitres (Jacques Halbronn, Le diptyque astrologique d'Abraham Ibn Ezra et les cycles planĂ©taires du Liber rationum. In: Revue des Ă©tudes juives, tome 155, n°1-2, janvier-juin 1996 - www.persee.fr).

 

Cf. I, 48 - Chronocratories - 1592-1593.

 

Typologie

 

Le report de 2058 (quatrain VIII, 38) sur la date pivot 1389 donne 720.

 

Le report de 2068 (quatrain VIII, 52) sur la date pivot 1389 donne 710.

 

Aix en Provence, où se trouvent la grotte de la Sainte Baume et Saint Maximin, était déjà métropole en 684 du temps de la fondation de Groseau, selon le chanoine Faillon. Le corps de Madeleine aurait été recélé à Saint Maximin même pour mieux la cacher aux Sarrasins qui faisaient leurs incursions à cette époque, en 710 ou en 716 selon les différentes lectures de l'inscription "découverte" en 1279 (Etienne-Michel Faillon, Monuments inédits sur l'apostolat de Sainte Marie-Madeleine en provence, Tome I, 1848 - www.google.fr/books/edition).

 

«Les chroniques chrétiennes font commencer ces irruptions en 719, année de la prise de Narbonne; mais il y a tout lieu de croire qu'elles ne sont pas exactes sur ce point» (Fauriel) ( Théodose Burette, Histoire de France depuis l'étabissement des Francs dans la Gaule jusqu'en 1830: continuée depuis la révolution de 1830 jusqu'en 1er juin 1848, Tome 1, 1848 - www.google.fr/books/edition).

 

Le culte provençal de sainte Marie-Madeleine, fortement controversĂ© par les bourguignons dès le quatrième quart du XIIIème siècle, bĂ©nĂ©ficie alors du soutien constant des papes qui participent amplement Ă  sa promotion. En effet, il faut prĂ©ciser que Rome abandonne rapidement ses prĂ©tentions sur le sĂ©pulcre de la sainte, allant jusqu’à offrir sa relique de la mâchoire au couvent de Saint-Maximin ; que le pape Boniface VIII (1294-1303) accrĂ©dite l’authenticitĂ© du corps provençal de la Madeleine et tente de promouvoir son pèlerinage en accordant des indulgences ; que BenoĂ®t XI (1305-1314) confirme tous les privilèges de son prĂ©dĂ©cesseur Ă  Saint- Maximin et Ă  la Sainte-Baume. La papautĂ©, installĂ©e Ă  Avignon au printemps de l’annĂ©e 1309, manifeste Ă©galement une dĂ©votion croissante pour la Madeleine, effectuant de nombreux pèlerinages en terre provençale. Sous Jean XXII (1316-1334) et BenoĂ®t XII (1334-1342), tous les privilèges du couvent de Saint-Maximin sont confirmĂ©s ; sous ClĂ©ment VI (1342-1352), de nouvelles faveurs sont accordĂ©es aux pèlerins qui visiteraient le tombeau et la grotte de la Madeleine, il fonde mĂŞme une chapelle en l’honneur de Saint-Pierre Ă  l’église de Saint-Maximin. Sous Innocent VI (1352-1362) et Urbain V (1362-1370), la dĂ©votion envers l’ermite de Provence est toujours aussi fervente, puis connaĂ®t une nouvelle impulsion sous GrĂ©goire XI (1370-1378), multipliant ses visites sur les terres de la Madeleine. ClĂ©ment VII (1378-1394) et BenoĂ®t XIII (1394-1403) s’illustrent Ă©galement comme de pieux dĂ©vots. Les Ă©lites gravitant autour du pape sont Ă©galement de fervents promoteurs du culte magdalĂ©nien et consacrent abondamment la lĂ©gende provençale dans leurs Ă©crits. Ainsi, le grand historien de l’invention des reliques de sainte Marie-Madeleine, Bernard de la Guionie (1261- 1331) rapporte cette tradition dans ses Fleurs des chroniques, ouvrage composĂ© pour le pape Jean XXII ; au cours de la seconde moitiĂ© du XVème siècle, Amauri Auger de BĂ©ziers, chapelain du pape Urbain V, l’évoque Ă©galement dans son ouvrage Actes des pontifes romains. Les papes d’Avignon, qui s’imposent comme de fidèles soutiens du culte provençal de la Madeleine, dĂ©laissent considĂ©rablement celui de VĂ©zelay qui, se repliant sur luimĂŞme, reste essentiellement soutenu et promu par un petit cercle d’ecclĂ©siastiques gravitant autour du lieu. Concernant le soutien de la royautĂ©, ce constat est plus nuancĂ© car malgrĂ© la prééminence des sanctuaires provençaux, de nombreux rois restent fidèles Ă  l’antique pèlerinage vĂ©zelien ( RaphaĂ«lle taccone, Marie-Madeleine en Occident : les dynamiques de la saintetĂ© en Bourgogne des IXème-XVème siècles, 2012 - www.theses.fr).

 

Cf. X, 88 - Maximien Hercule - 2242.

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