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Le roi de Blois VIII, 38 2058-2059 Le Roy de Bloys dans Avignon regner, Une autre fois le peuple en monopolle, Dedans le Rosne par mer fera baigner Iusques à cinq le dernier pres de Nolle. Louis II d’Anjou Louis II d'Anjou (Toulouse, 1377 - Angers, 1417) était le
fils de Louis Ier et de Marie de Blois-Châtillon dite aussi Marie de Guise.
Comte de Provence ("RhĂ´ne") et roi de Sicile depuis le 1er novembre
1389, il fait partie de la seconde Maison d'Anjou dont 5 membres tenteront leur
chance en Italie : Louis Ier, lui-même, son fils, Louis III, le frère de
celui-ci René Ier d'Anjou et le fils de ce dernier Jean II de Lorraine - dit
aussi Jean de Calabre. Jean de Calabre (Nancy, 1425 - Barcelone, 1470)
("le dernier") défit à la bataille de Nola en 1459
("Nolle") Ferdinand d'Aragon, fils d'Alphonse V le Magnanime roi
d'Aragon et de Sicile. Le 2 novembre, le lendemain du sacre du roi de Sicile,
le pape de Rome Boniface IX était élu ("Devant Boni..." : avant
Boniface).(Mémoires
pour l'histoire des sciences et des beaux-arts, 1715 -
www.google.fr/books/edition). "de Blois" est le nom de la mère, qui assure la, tutelle du jeune roi, de la même manière que "d'Angoulême" dans le quatrain X, 72 (avec le fameux 1999 de l'ère de Nabonassar) caractérise le roi Henri III d'Angleterre, fils d'Isabelle d'Angoulême. Couronnement de
Louis II d'Anjou Jean de Bueil et Pierre d'Avoir, conseillers du roi de
Sicile, devaient aussi jouir pendant leur vie, le premier de Mirebeau, le
second de la Roche-au-Duc. Ces deux personnages étaient désignés par Louis Ier
pour aider sa veuve dans le gouvernement de ses États pendant la minorité de
son fils, ainsi que l'évêque d'Angers, l'évêque du Mans et plusieurs
personnages notables. Marie se priva volontairement du secours de Pierre
d'Avoir, qui lui portait ombrage; mais elle utilisa fréquemment les lumières
des autres dans l'exécution de la tâche multiple qui lui incombait. En
Provence, elle sut pacifier les discordes civiles et affermir la domination de
la maison d'Anjou, qui allait bientĂ´t y devenir l'objet d'un religieux
attachement. Des intrigues, nées à la fois de l'animosité de ses adversaires et
de la jalousie des princes du sang, faillirent d'abord ébranler cette
domination. Un certain nombre de gens d'Église, de nobles et d'autres habitants
étaient venus supplier le Roi de prendre le pays sous sa protection pendant la
lutte des deux partis. Charles VI et ses conseillers eussent été bien aises
d'en prendre prétexte pour saisir le comté, et le duc de Berry s'y rendit
lui-même pour sonder le terrain. Mais l'affaire échoua par le refus des
Provençaux, et il résulta des informations prises que les suppliants étaient
des partisans de Charles de Duras, n'ayant aucune mission pour demander la
mainmise, mais seulement pour obtenir la médiation du Roi en faveur de la paix.
Clément VII, qu'on avait dit favorable à cette tentative, s'en défendit
vivement, et répondit aux ambassadeurs royaux qu'il soutenait les princes
d'Anjou parce qu'ils avaient un droit certain sur la Provence; que, s'il eût
pensé que le roi de France eût des titres supérieurs, il n'eût pas manqué de
prendre ses intérêts, et qu'on l'avait calomnié en l'accusant d'avoir brûlé le
testament du roi Robert, sur lequel on voulait appuyer les prétentions de la
couronne. L'habileté de la reine Marie, la mort de Charles de Duras, la
lassitude du pays, contribuèrent à apaiser tous les débats : la révolte de
Raymond de Turenne devait être la dernière manifestation d'opposition locale. Charles VI en personne et presque toute la
maison de France assistèrent au couronnement de Louis II, que le pape d'Avignon
(antipape Clément VII) célébra en grande pompe à Avignon, le 1er novembre 1389,
et consacrèrent par leur présence l'autorité de la dynastie angevine :
c'était toujours une dynastie française, et son affermissement pouvait être
considéré comme une demi-annexion. Louis II avait alors douze ans (Albert
Lecoy de la Marche, Le Roi René, sa vie, son administration ses travaux
artistiques et littéraires, Tome 1 1875 - books.google.fr). "monopolle" : Monopoli Un jeu de mot peu se cacher avec Monopoli ville de
Calabre dans le royaume de Naples, sur
fond de grand schisme, qui concerne plutôt Louis Ier d'Anjou, le père. Les historiens, en général, jugent avec sévérité
l'aventure qui prit fin dans le château de Bari, le 21 septembre 1384. Dans cette
folle équipée, tout leur parait blâmable, et le but poursuivi, et les fautes
commises, et l'inévitable catastrophe, et les conséquences fatales qui en
résultèrent pour l'Italie et pour la France. Au point de vue religieux, je
reconnais, en effet, que l'entreprise de Louis d'Anjou ne peut guère se
défendre. Clément VII eut-il eu cent fois le droit pour lui, la puissance de
son rival résidait surtout dans la conscience des peuples, et le pire moyen de
la combattre était l'emploi de la force armée. Quand bien même Louis d'Anjou
eût expulsé de Rome le pontife italien, quand il l'eût pris et livré
traitreusement au pape d'Avignon, je ne vois point que cette violence eût eu la
moindre chance de faire refleurir la paix dans les âmes. Tout au plus Louis
d'Anjou pouvait-il se flatter de replacer dans l'obédience avignonnaise un
royaume qui, sous le sceptre de Jeanne, avait officiellement reconnu Clément
VII : médiocre résultat, qu'on ne jugera sans doute pas suffisant pour justifier
de pareils efforts. A vrai dire, si le salut de l'Église était pour Louis
d'Anjou autre chose qu'un prétexte pieux, l'ambition politique avait encore
plus d'empire sur son âme, et j'ajouterai, contrairement à l'opinion commune,
qu'ici cette ambition ne me semble pas tout à fait déplacée. Qu'eut-il besoin,
dit-on, de se mĂŞler des affaires de l'Italie ? Qu'allait-il faire Ă Naples, si
loin de son pays ? - Ce qu'y avait fait, cent ans plus tĂ´t, Charles d'Anjou,
frère de saint Louis. D'ailleurs on oublie trop souvent qu'en se portant comme
vengeur de la reine Jeanne, en Italie, Louis acquérait son principal titre à la
possession de la Provence, et l'on ne peut lui savoir mauvais gré d'avoir
disputé à Charles de Durazzo une province qui, grâce à lui, grossit, cent ans
plus tard, le patrimoine des rois de France. Quant aux critiques adressées à la
tactique de Louis, les unes subsistent, les autres tombent dès qu'on étudie
d'un peu près les campagnes. Un Chandos ou un Duguesclin eût sans doute tiré
meilleur parti des ressources mises Ă sa disposition. EĂ»t-il mieux rĂ©ussi Ă
protéger ses troupes contre les dangers du climat et les ravages de l'épidémie
? En tout cas, Ă dĂ©faut de qualitĂ©s maitresses, il convient de reconnaĂ®tre Ă
Louis une patience à toute épreuve, une juste sévérité dans l'exercice du
commandement, une foi courageuse dans le succès final. Ajoutons que, durant ces
trois ans, il éprouva de vives déceptions, mais n'essuya aucun revers grave,
qu'il rangea sous son autorité des terres nombreuses, bien que disséminées, et
qu'enfin la mort seule vint inopinément interrompre une œuvre que ni lui, ni
aucun de ses partisans ou adversaires, ne considérait alors comme désespérée.
C'est en songeant aux frais ruineux de l'expédition qu'on est surtout tenté de
maudire l'ambition de Louis d'Anjou. De bons esprits s'associeraient
aujourd'hui volontiers aux critiques entendues, dès le 27 décembre 1384, dans
un cabaret d'Orléans : «Qu'est alez faire le duc d'Anjou là où il est alez ? Il
a pillée, robée et emportée la finance en Italie, conquérir autrui terre : il
est mort et dampné !» A part les sommes versées par les deux Visconti, la plus
grande partie des fonds utilisés pour la campagne provenait, en effet, des
coffres du duc d'Anjou, de Charles VI, de Clément VII, en d'autres termes, des
dépouilles du peuple et du clergé de France. L'appauvrissement du pays au
profit d'une conquête qui ne l'intéressait que fort indirectement a quelque
chose de révoltant. Mais ici encore, n'oublions pas de reconnaître dans la
situation anormale de l'Église la principale source du mal. Tant de trésors
amassés laborieusement en France n'auraient point pris le chemin de Naples, si
le roi, d'un cĂ´tĂ©, et le pape, de l'autre, n'avaient pensĂ©, en participant Ă
l'entreprise du duc d'Anjou, coopérer à la suppression du schisme, au
relèvement de l'Église, au triomphe de ce qu'ils croyaient être la vérité [...]
De nombreux actes d'autorité furent exercés par Clément
VII dans certaines parties du royaume de Sicile, postérieurement à la chute de
Jeanne. Considérant comme vacant le siège de Tropea, dont l'évêque Orlandino
avait adhéré à Urbain VI, Clément VII y
transféra, par bulle du 16 juin 1382, l'archevêque Jean d'Acerenza (ibid., fol.
53 r°), circonstance ignorée d'Ughelli (cf. t. IX, c. 466). Le 2 juillet 1382,
il nomma Jean de Pietramala au siège de Monopoli, vacant par la translation
de l'évêque Jean au siège de Tricarico (même reg, fol. 54 vo); Ughelli (t. I,
c. 969) se borne à mentionner, en 1382, la nomination par Urbain VI d'un évêque
de Monopoli. Durant la quatrième année de son pontificat, il pourvut de la
dignité d'archiprêtre de Castelvolturno un certain Antoine Pietro a de Sumpnio
de Cercacupa, désigné par les suffrages des clercs : il faut ajouter que l'abbé
de San-Vincenzo al Volturno avait refusé de ratifier cette élection et avait
pourvu, de son côté, un prélat urbaniste qui ne tarda pas à être assassiné par
des neveux d'Antoine Pietro; il en était résulté une série de troubles et de
violences, dont le prélat clémentin était venu demander justice en Avignon
(Arch. du Vatican, Liber supplicationum Clemenlis VII antip., anni IV pars II,
fol, 98 v°). Clément VII concéda encore,
le 7 juin 1383, diverses faveurs Ă Mathieu, archevĂŞque de Trani, et lui donna
tous pouvoirs pour destituer et priver de leurs biens deux prélats suspects
d'«urbanisme,» les archiprêtres de Monopoli et de Foggia, et d'une manière
générale, pour faire emprisonner tous les urbanistes de son diocèse (Arch.
du Vatican, Reg. 294, fol. 117 vo) (Nicolas
Valois, Expédition et mort de Louis Ier d'Anjou en Italie, Revue des questions
historiques, 1894 - books.google.fr). VIII, 52 2068-2069 Le Roy de Blois dans Avignon regner, D'Amboise & seme viendra le long de
Lyndre Ongle à Poytiers sainctes aisles ruiner, Devant Boni (vers incomplet) Obsèques de
Bertrand Duguesclin Les grands honneurs rendus Ă sire Bertrand Duguesclin par
la chevalerie de France et d'Ă€ngleterre, indiquent assez en quelle circonstance
notre petite figurine de plomb a dĂ» ĂŞtre accueillie avec enthousiasme par le
peuple parisien, qui la portait sans doute au chaperon, pour prendre part au
deuil général. Peut-être Charles VI la fit-il fabriquer et distribuer neuf ans
plus tard en 1389, lorsqu'il eut la singulière idée de refaire les funérailles
de Duguesclin ? Les historiens nous apprennent que cette fantaisie lugubre fut
sérieusement exécutée avec le plus grand succès, et que l'oraison funèbre,
prononcée par l'évêque d'Auxerre, fit même pleurer les assistants (M.
Grésy, Sur quelques enseignes de plomb, Mémoires de la Société Nationale des
Antiquaires de France, Volume 25, 1862 - books.google.fr). Retour au passé "Ongle" et "sainctes aisles" : un
aigle. "Ongle" peut se rapporter aux serres d'un aigle. Bertrand du
Guesclin occupe la première place dans les récits que nous allons
reproduire. Froissart ne le citera pas toutefois comme le type du parfait
chevalier. Il n'est pas issu d'une de ces illustres familles qui peuvent
prétendre à l'honneur de ceindre l'épée de connétable, et ce n'est que plus
tard que prendront cours les légendes qui saluent en lui le descendant des rois
maures vaincus par Charlemagne et soumis par le christianisme. Il ne s'est pas
élevé par le dévouement et le désintéressement, mais plutôt en s'associant aux
exploits des aventuriers bretons, chefs avides de compagnies trop portées au
pillage. Lui-même il aime l'or et le dépense vite ; il est rude et même cruel.
De plus il est superstitieux, car son enfance passée tout entière en courses vagabondes
sur les landes désertes, s'est éprise d'un culte mêlé de respect et de terreur
pour les druidesses ou les fées de l'Armorique. Là seulement est la poésie du
caractère du connétable, et telle sans doute fut l'inspiration de sa réponse
restée célèbre, qu'il n'y avait dame en France qui ne filât sa quenouille pour
payer sa rançon : parole toute chevaleresque, puisqu'elle associait la beauté
compatissante à la gloire malheureuse. Et néanmoins, il faut bien le dire, ce
qui manqua Ă Bertrand du Guesclin, ce qui peut expliquer comment, en certaines
circonstances, il se montra plutĂ´t homme d'armes que chevalier, c'est qu'il
apprit assez imparfaitement les lois de la chevalerie. Il ne les avait pas
étudiées dans les livres ; il ne les vit pas toujours respectées sur le champ
de bataille. Enfant, «il estoit rude et mal gracieux.» Sorti de l'enfance, il
continua Ă braver toutes les fatigues, mais il resta laid, petit et trapu. Pour
être surnommé le dixième preux, il faut ressembler à Hector, non à Paris. «Avisés,
dit son biographe, corsage d'omme et chière de sanglier, les poings gros et
carrés pour porter espée, et est bien a taillié d'endurer grant paine.» Un de ses contemporains achève le portrait
en le comparant à l'aigle éployé qui figure dans son écusson : «Le chevalier qui
les armes porte, peut bien estre appellé l’Aigle d'occident pour plusieurs
causes. La première si est : Est né d'occident, c'est de Bretaigne ; la
seconde si est qu'il porte l'aigle ; la tierce si est que sa nature, sa façon
ressemble à la façon de l'aigle. L'aigle de sa façon est gros et rude et pesant
et brun, et est (appellé roy des oyseaulx, car il est doubté de toutes manières
d'oyseaulx. Si le puys bien acomparagier Ă l'aigle d'occident, car il a est
gros et rude et de rude taille et pesant et brun, et peut bien & estre
appellé aigle et roy des bons chevaliers, car c'est le chevalier «du royaume
de France plus doubté des ennemis au roy de France» (Roman du roi Modus) (M.
Kervyn de Lettenhove, Oeuvres de Froissart: chroniques : publiées avec les
variantes des divers manuscrits, Tome 8, 1869 - books.google.fr). "Lyndre" L'Indre coule en particulier dans le Berry. Les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon et le
connétable du Guesclin conquirent presque tout le Poitou sur les Anglois, en
1372 ; ils revinrent à Paris le 11 décembre, et le lendemain le duc de Berry
fit hommage au roi son frère du comté de Poitiers (Le
Menagier de Paris; traite de morale et d'economie domestique compose vers 1393,
par un bourgeois Parisien, Tome 1, 1846 - books.google.fr). En 1372, le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, avait
levé à ses frais pour deux mois une compagnie de quelques centaines d'hommes
d'armes grâce à une indemnité de 6.000 francs qu'il avait reçue du roi, dans le
dessein de contribuer au «grignotement des positions anglaises de l'ouest et
notamment du Poitou. Diverses montres avaient eu lieu dans la seconde quinzaine
d'août à Nevers et à Selles-sur-Cher, où était venu le rejoindre Raoul de
Renneval. Le duc et ses troupes avaient
cheminé vers l'ouest, passant le 23 août à Montrichard, le 24 à Amboise et
s'arrĂŞtant le 25 Ă Chinon. Le lendemain, un chevaucheur du duc de Berry
apportait la nouvelle de la déconfiture, trois jours auparavant, au combat de
Soubise, du Captal de Buch et de Thomas de Percy, par les gens de Bertrand du
Guesclin (Henri
martin, Enguerrand d'Eudin, Bulletin trimestriel de la Société archéologique de
Touraine, Volume 32, 1957 - books.google.fr). Après avoir guerroyé quelque temps dans le Poitou,
Duguesclin vint donc rejoindre le duc de Berry devant Sainte-Sévère. Le siège de Sainte-Sévère eut lieu
certainement pendant la seconde quinzaine de juillet 1372. La reddition de
Poitiers peut être fixée, presque à coup sûr, au 6 août 1372, ou plutôt au
samedi 7, dès le matin. Sainte Sévère est au bord de l'Indre à l'état de ruisseau près de sa source (Just Veillat, Du Guesclin a Sainte-Sévère, chronique berrichonne du XIVe siècle (1372), 1853 - www.google.fr/books/edition). Louis Ier d'Anjou, frère de Charles V, est fait comte de
Poitiers en 1350. Un jeu de mot entre "ongle" et
"oncle" permettrait d'identifier l'oncle de Louis II, Jean duc de
Berry, autre frère de Charles V (fr.wikipedia.org -
Louis II d'Anjou). Vers 3 : Jeanne de Brienne et Gauthier de Brienne mort à la bataille de Poitiers Saintes Ailes ou Saintes Zelles est un écart de la commune de Cuzy en Saône-et-Loire
(P. Siraud, L. Lacomme,, Dictionnaire des lieux habités du département de Saône-et-Loire, 1892 - www.google.fr/books/edition). Cf. le quatrain IX, 53 - Robert de Bellême, pour les "trois cheminees" lieu dit de Mortagne dans l'Orne. Parmi les principaux fiefs mouvant du comté de Château-Chinon : Cervon(Cervon, Certaines, Cuzy, Le Pontot, Lantilly (en partie), Villemolin (en partie),
La Chaume, Marcilly, Montbaron, La Queuldre)
(fr.wikipedia.org - Comté de Château-Chinon). Jeanne de Brienne, fille de Jeanne de Mello et de Raoul de Brienne, dame de Château-Chinon et de Lormes partie, épouse 1° Gauthier VI, comte de Brienne, duc d'Athènes,
connétable de France (descendant au se degré de Gauthier, comte de Brienne, frère aîné de Jean), dont elle n'eut pas d'enfants. Il partagea en
1357 avec Jean de Chalon les biens de sa femme, restés indivis avec Jean de Chalon, et eut Château-Chinon, Ouroux, Lormes partie,
Brassy, Dun-les-Places, etc. Tué à la bataille de Poitiers en 1356. Elle se remaria à Louis d'Evreux, comte d'Etampes. Il donna en 1360
procuration à sa femme, dame de Château-Chinon, pour administrer ses terres ou les vendre si elle voulait. Elle était encore dame de
Château-Chinon en 1380 et 1381, époque où elle reçut nombre d'aveux et dénombrements pour sa comté de Château-Chinon, morte 1389. A sa mort,
Charles VI fit saisir ses biens, comme lui ayant été donnés avec clause de réversion en cas de décès sans hoir. D'où procès, ses héritiers
contestant la légalité de la confiscation des biens de son frère, décapité sans procès. En 1394, Charles VI échangea toute cette succession
du comté de Château-Chinon avec Louis II, duc de Bourbon, son oncle, qu'il fit mettre en possession de Château-Chinon et dépendances. Celui-ci
dut néanmoins transiger avec les héritiers en 1395 et leur payer 25,000 livres tournois.
(Adolphe de Villenaut, Henri Adam de Flamare, Nobiliaire de Nivernois : familles de gentilshommes fixées en Nivernois et y étant en possession de la noblesse avant 1560, 1900 - www.google.fr/books/edition,
fr.wikipedia.org - Codros). Gautier VI de Brienne (1302 – 19 septembre 1356), est un condottiere français et italien, qui est comte de Brienne, de Lecce et de Conversano, duc titulaire d'Athènes et connétable de France
Il est le fils du duc d'Athènes Gautier V de Brienne et de Jeanne de Châtillon. Son père ayant été tué à la bataille d'Halmyros en 1311 et son duché conquis en grande partie.
Sous prétexte d'une croisade, il dirige une armée angevine en août 1331 pour tenter de reprendre le duché d'Athènes aux Catalans. Il investit la dot de sa femme dans le
recrutement de 800 cavaliers français et 500 piétons à Brindisi, loue des navires aux Ragusains et attaque d'abord le despotat d'Épire pour le compte de Robert, roi de Naples,
Cette campagne victorieuse contre le despotat d'Épire lui offre Leucade et Vonitza. Il échoue cependant ensuite contre les Catalans en Attique et Béotie, ces derniers refusant de
l'affronter directement et les Vénitiens lui refusant leur aide
(fr.wikipedia.org - Gautier VI de Brienne). "onux", ongle; griffe, serre; corne ou sabot du pied d'un animal; "monuchos", solipède, qui n'a pas la corne du pied fendue (Munychie, Munychus, 135)
(Jules Fabre d'Envieu, Onomatologie de la géographie grecque ou l'art d'apprendre le dictionnaire grec en étudiant la géographie de la Grèce ancienne et de ses colonies, 1874 - www.google.fr/books/edition). Munychie était un des trois ports d'Athènes avec Phalère et Le Pirée
(fr.wikipedia.org - Munichie). Munychius, pour Athénien (Gaffiot) se trouve dans les Métamorphoses D'Ovide 2,709 au sujet des amours de Mercure, le dieu ailé faisant de grands cercles dans le ciel comme un rapace attiré par la beauté de Hersé (cf. quatrain V, 36). Sa sœur cupide et in discrète sera pétrifiée comme le vacher Battus, au chapitre précédent, et encore dans le chapitre juste avant encore, la fille de Chiron Ocyrhoé est transformée en jument, les cinq doigts de ses mains et pieds se réunissant en sabots. Dans la Chronique de Jean le Fèvre, seigneur de Saint Remy, pour l'année 1413, quand règne de Louis II d'Anjou, roi de Sicile : De la proposition et harengue que l'ambassadeur du roy de Scécille, des ducz d'Orléans et de Bourbon, feit à Pontoyse, aux ducz de Berry et de Bourgoingne, pour le bien et utilité, paix et union du royaulme; et des articles sur ce advisez... "Et semblablement fait à ce propos ce que récite Valère le Grant, en son viije livre de Marcelle, tirant; lequel, véant la désolacion de
sa cité par son ennemy, laquelle il avoit prins par force, ne se pot tenir de plourer de la douleur des menbres. Comme fist Codrus, duc d'Athènes, lequel,
pour gaignier la bataille contre ses adversaires, il se fist tuer de sa mesme voulenté. Et pour ce, tous nos seigneurs sont et doivent estre de pareille
condicion, et les ay équiparé à ieulx, disant : Oculi mei semper ad Dominum, en la personne des seigneurs qui nous ont envoyez, voire et en la personne de nous,
qui avons ceste charge reçeue. Non pas, pourtant, que aucuns de nous se équipare à l'oiel; mais comme trés humble serviteur de l'ueil, et assis entre les menus menbres
du corps des devant dis; comme l'ongle du petit doy, nommé le médecin, de la dextre main laquelle, par vraye disposicion de nature, a acoustumé de servir
et obéir à l'ueil, à l'exemple duquel nous sommes constrains de parler de tant haulte matière; laquelle chose nous est moult griefve. [...] Oculi mei semper ad Dominum. (Psaume 24(25), 15)
(Le Fèvre, Chronique, Tome 1, François Morand, 1876 - www.google.fr/books/edition). Dans la mythologie grecque, Codros, fils de Mélanthos, est le dix-septième et dernier roi d'Athènes qui commença à régner l'an 1116 av. J. C. La politique de Louis d'Anjou n'est pas incohérente pour autant. Il acquiert d'abord des territoires dispersés, mais qui consolident les acquis de l'apanage :
son mariage, en 1360, avec Marie de Blois-Penthièvre, lui apporte la terre de Guise, les châtellenies (situées dans le Maine) de Mayenne, Ernée, Villaine,
Pontmain, et les «appartenances entour Paris», Chailly et Longjumeau. En 1371, il obtient d'Amaury de Craon et de sa sœur Isabelle, dame de Sully et Craon,
les châtellenies de Sablé et de Précigné (Maine) et, de Guillaume de Craon, seigneur de La Ferté-Bernard, La Roche-aux-Moines (Anjou); de Guillaume de Mathefelon,
la châtellenie de Brulon (Maine), et, en 1376, de la dame de Baucay, femme de Charles d'Artois, Champigny, La Rayasse, Champvent, Le Coudray.
Il sollicite les grandes Maisons d'Occident, proches parentes ou non, et il profite aussi des circonstances, notamment de la contre-offensive menée,
à partir de 1369, par Charles V, où il s'illustre en tant que lieutenant-général, aux côtés de Duguesclin. Isabelle d'Avaugour, vicomtesse de Thouars,
tante de Marie de Blois, compromise par son choix du camp anglais, réfugiée en Guyenne se voit condamnée à la confiscation de ses biens. Louis Ier, dans ces circonstances,
met la main sur Talmont, les Sables d'Olonne, les îles de Ré et d'Oléron, en 1373. Isabelle d'Avaugour garde à vie les ressources de la châtellenie de Mayenne-la-Juhel,
qui faisait partie de la dot de sa nièce. À sa mort, la châtellenie en question doit revenir aux princes d'Anjou-Maine. Louis d'Anjou a bel et bien ébauché
une politique océane avant d'être attiré par de plus fascinants horizons : il a déjà entre les mains, en 1360, la châtellenie de La Roche-sur-Yon. Cession sans
doute concédée par Jean II, abandon théorique, puisque La Roche-sur-Yon est située dans les terres cédées aux Anglais par le traité de Calais. Terre revendiquée
par la Maison de Clisson, qui parvient sans doute momentanément à la récupérer : en 1394, c'est elle qui en reçoit les aveux. Louis Ier regarde aussi du côté de ce
qui fut la florissante Maison de Roucy aux XIIe et XIIIe siècles, à bout de souffle à la fin du XIVe siècle : à sa tête, Isabelle de Roucy, sans descendance,
vend au prince le comté de Roucy, comprenant les châtellenies de Roucy, Montaigu, Chateauneuf-sur-Aisne, Pierrepont, Nify. Cet abandon déclenche l'ire du comte de Breyne,
qui affirme avoir des droits sur le comté et engage un procès contre la deuxième Maison d'Anjou. Isabelle abandonne (vend ?) également à Louis Ier la châtellenie de Mirebeau,
véritable place fort, qui vient barricader l'Anjou sur son flanc méridional, aux côtés de la châtellenie de Loudun. Prestigieuse s'il en fut, la Maison d'Etampes a eu
affaire avec le prince d'Anjou : Louis d'Evreux, comte d'Étampes, petit fils de Louis d'Evreux, fils du deuxième mariage de Philippe III le Hardi et de Marie de Brabant,
reconnaît, en 1381, Louis d'Anjou comme héritier, au cas où il viendrait à mourir sans héritier (des quatre enfants qu'il a eus avec Jeanne de Brienne, le seul fils est
décédé en 1360), de ses seigneuries d'Étampes et de Gien-sur-Loire, et de ses châteaux et châtellenies de Dourdan et d'Aubigny-sur-Nère, ainsi que ses hoirs mâles.
Héritage convoité par d'autres, et non des moindres : le duc Jean de Berry, frère de Louis d'Anjou, qui a aussi traité avec le comte d'Étampes : en 1382, Berry renonce à Gien
et Anjou à Aubigny. En novembre 1381, Louis d'Étampes vend au prince d'Anjou la baronnies de Lunel et Massillargues, terres qui lui viennent de sa mère,
Marie d'Espagne, fille de Ferdinand de la Cerda, et que lui avait reconnues, en 1361, Jean II le Bon. L'attrait du Languedoc pour le prince,
qui en est lieutenant-général de 1365 à 1380, n'est plus à démontrer : face à la Provence, guettée avant d'être conquise, cette région a été pillée par Louis Ier,
qui en exprimera des remords dans son testament. Hors du royaume de France, Louis Ier a-t-il lancé une offensive en direction du Hainaut ? Oui, si l'on en croit
le journal du chancelier Jean Le Fèvre, qui mentionne les requêtes présentées par le duc sur les terres de Raismes et Aymeries au duc Albert de Bavière, régent, puis comte de Hainaut
(Marcelle-Renée Reynaud, Le temps des princes, Louis II et Louis III d'Anjou-Provence, 1384-1434, 2000 - www.google.fr/books/edition). Vers 2 : Ingelger d'Amboise prisonnier à la bataille de Poitiers 1333-1370 : Louis Ier. Fils de Jean Ier, marié à Jeanne de Dreux, fille de Jean de Dreux et de Peronnelle, fille d'Henri III de Sully. Puis en secondes
noces époux d'Isabeau d’Avaugour, veuve de Geoffroy VIII de Chateaubriand.
1370-1397 : Péronnelle de Thouars, comtesse de Dreux ; Fille aînée du précédent et sœur de Simon de Thouars, comte de Dreux (mort prédécédé le 12 juillet 1365 dans
le tournoi de son mariage avec Jeanne d'Artois); mariée à Amaury IV de Craon. À la mort de ce dernier en 1376, elle épousa Tristan Rouault de Boisménard (ou Boisménart;
arrière-grand-oncle du maréchal Joachim). Sans postérité : avec elle s'éteignit la branche aînée de la première famille de Thouars qui posséda la vicomté plus de cinq siècles.
À la mort de Peronnelle de Thouars, sa sœur Isabeau de Thouars, comtesse de Dreux (veuve de Guy de Nesle, seigneur de Mello et maréchal de France) était mariée avec Ingelger
Ier d'Amboise et de Berrie. Elle en eut deux filles et deux fils, Pierre et Ingelger II d'Amboise ; l'aîné de ceux-ci, Pierre II d'Amboise, prit la succession de la vicomté
(fr.wikipedia.org - Liste des vicomtes et ducs de Thouars). Le château de Verneuil-sur-Indre est un château français qui comprend d'une part les restes d'un château remontant au XVe siècle.
Dès la fin du IXe siècle ou la première moitié du Xe siècle, Verneuil relève des sires de Buzançais, notamment Sulpice Mille Boucliers. Sa
descendante Hersende dame de Buzançais et de Verneuil (les deux sur l'Indre), fille d'Archambaud Ier de Buzançais et de la fille de Roger le Diable de Montrésor, transmet ses fiefs
à son mari Lisois d'Amboise (vers 990-1065), un fidèle du comte Foulque Nerra. La maison d'Amboise, d'abord la branche aînée puis la première branche cadette dite de
Berrie, conserve Verneuil jusqu'Ă Ingelger Ier le Grand (vers 1300-1373)
(fr.wikipedia.org - Château de Verneuil-sur-Indre). Toute sa vie Ingelger Ier se battit contre les Anglais qui avaient envahi la partie ouest de la France. Il fit campagne aux côtés des rois de France
Philippe VI de France et Jean II le Bon pendant la guerre de Cent Ans. Le 19 septembre 1356, il est fait prisonnier en mĂŞme temps que le roi Jean II le Bon
à la Bataille de Poitiers (1356) et comme lui, il se retrouve prisonnier en Angleterre. Son épouse participe à la rançon de quatre millions d'écus demandés par Édouard III, roi
d'Angleterre, pour libérer le roi de France. Puis, pour payer la rançon de son mari, elle vend sa terre de Chevreuse, près de Paris. À peine rentré en France, Ingelger Ier
"Le grand" reçoit une lettre du régent et futur roi de France Charles V qui lui écrit de Vincennes, (le dix-sept mai 1357)
et lui donne l'ordre de se constituer prisonnier, une nouvelle fois, pour aller prendre la place de Guy II de Châtillon, comte de Blois, prisonnier, lui aussi,
d'Édouard III. Dans cette lettre, il menace Ingelger Ier d'Amboise de lui confisquer ses biens, s'il refuse de repartir. (Voir la revue intitulée
«Le cabinet historique» - Textes et pièces inédites, 1862. T.8 - p. 73 à 77). Malgré la menace Ingelger Ier refuse de repartir comme prisonnier en Angleterre.
Il adresse un courrier au roi pour lui donner les raisons de son refus. Le 11 novembre 1355, Ingelger Ier d'Amboise adressa une lettre de sa forteresse de Mondoubleau,
à Macé de Valaines, et à son cousin Hugues d'Amboise. Il les nomme ses procureurs et leur demande de réceptionner, et de porter le nouvel évêque, Michel de Brèche,
au cours de son entrée dans la ville du Mans. (Archives Départementales de Touraine, Ms 247 - folio 276)
(fr.wikipedia.org - Ingelger Ier d'Amboise). Les Comtes d'Anjou sont implantés depuis longtemps dans le sud de la Touraine (Loches) et le nord du Berry (Buzancais). Ainsi la Vallée de l'Indre de
Buzancais Ă Cormery en passant par Chatillon sur Indre, Loches et Courcay est sous leur influence depuis le mariage d'Ingelger (840-888) avec Adelaide de Buzancais et la
famille des Seigneurs de Buzancais, très présente dans cette région, leur est apparentée. L'Abbaye de Cormery bien qu'affiliée à l'Abbaye St Martin de Tours est sous controle Angevin
(francebalade.free.fr). En 1246, saint Louis donne l'Anjou en apanage à son frère Charles Ier qui fonde la deuxième dynastie des comtes. Sa petite-fille, Marguerite de Sicile,
l'apporte en dot en 1290 à Charles de Valois, père de Philippe VI, qui - à son avènement au trône de France en 1328 - ramène l'Anjou dans le domaine royal. Jean II le Bon
recrée l'apanage en faveur de son fils cadet Louis Ier en 1356. L'Anjou est érigé en duché en 1360. Comme les deux premières, cette troisième dynastie angevine joue un rôle
international qui l'amène à être souvent absente d'Angers. Quatre princes angevins se succèdent à la tête de l'Anjou : Louis Ier (1356-1384), Louis II (1384-1417), Louis III
(1417-1434), René Ier (1434-1480)
(archives.angers.fr). La famille d'Amboise a plusieurs branches dont celle de Chaumont. Louis d'Amboise seigneur de Chaumont était fils de Pierre d'Amboise et d'Anne de Bueil qui, orpheline après Azincourt, fut élevée par son oncle Hardouin de Bueil,
évêque d'Angers (du 16 juin 1374 à sa mort en 1439), chancelier du duc Louis II d'Anjou puis de sa veuve Yolande d'Aragon, mère du roi René. Tout au long du XIVe et du XVe siècle,
les Bueil se signalèrent par leurs services auprès de la maison d'Anjou
(Antoinette et Jacques Sangouard, Le carrelage du XVe siècle de la chapelle du château de Combefa en Albigeois, ,1977 - www.google.fr/books/edition,
fr.wikipedia.org - Louis Ier d'Amboise). Hardouin lui-même combina la charge épiscopale avec des fonctions séculières : il dirigea la chambre des comptes du duc d'Anjou à partir de 1382;
il fut également chancelier de la duchesse d'Anjou Marie de Blois-Bretagne, une charge dans laquelle Yolande d'Aragon le maintint en 1417. Partisan de la papauté
d'Avignon, il assista aux réunions du clergé de 1394 et 1398 à Paris. Il rédigea des statuts pour son diocèse en 1423
(fr.wikipedia.org - Hardouin de Bueil). SETME, sedme, sepme, sesme, seme, seime, sietme, siesme, sieme, sisme, sime, syme, adj., septième. Seme : septième, office des morts fait après le septième jour dans l'Anjou et le Poitou
(Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Tome 7, 1892 - www.google.fr/books/edition,
Jean Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye, Dictionnaire Historique de l'Ancien Langage François, Tome 8, 1875 - www.google.fr/books/edition). Jean-Charles de Fontbrune le notait dans son Nostradamus, historien et prophète, 1980, p. 497. La bataille de Poitiers a lieu le 19 septembre 1356. La marche des armées ennemies avant la bataille de Poitiers emprunte la vallée de l'Indre. Le dimanche 21 août, le prince franchit la Creuse à Argenton, fait 14 lieues et ne s'arrête qu'à Châteauroux, en ayant soin de s'emparer en avant
du pont sur l'Indre du Bourg-Dieu (Déols); le 22, il séjourne à Châteauroux. [...] Sur la carte on suit l'itinéraire à crochets du prince depuis Périgueux jusqu'à Châteauroux. [...]
En quittant Châteauroux, le prince se dirigea sur Issoudun et resta devant cette ville du 24 au 26 août. [...] Il faut lire dans Froissart le récit du siège du château de Romorantin,
qui fit, pour un mince résultat, perdre aux Anglais nombre d'hommes et un temps précieux. Les barons ne capitulèrent que le 3 septembre, devant l'incendie, et le Prince Noir ne put
reprendre sa marche que le lundi 5, après un jour de repos. [...] Après le siège de Romorantin, où il s'était attardé, le prince de Galles avait habilement mis et conservé le Cher
entre le roi Jean et lui. [...] Le prince fut aussi prévenu de l'arrivée de Jean, car, le dimanche 11 septembre, il fit retraite, partit de Grammont, et, après avoir passé de bon
matin (bene mane) l'Indre, que le moine de Malmesbury qualifie de très dangereuse rivière, il s'arrêta à Montbazon, à environ 4 lieues de Grammont. Derrière l'Indre il était plus en sûreté.
Il reçut, le lundi 12, à Montbazon, une importante visite, celle du cardinal de Périgord, venant de Tours et accompagné d'un archevêque, de plusieurs évêques et d'autres seigneurs.
Légat du pape, ce prélat voulait accomplir une mission de paix. Le prince eut, par le cardinal et sa suite, de précieux et positifs renseignements sur la marche des Français.
Le dauphin était à Tours avec 1,000 hommes d'armes. Le roi de France comptait attaquer les Anglais le surlendemain 14 septembre. La suite prouva l'exactitude de cette importante information.
Jean avait passé la Loire à Blois et était le 12 septembre à Amboise. Le mardi 13, le prince accélère sa retraite, craignant d'être débordé; il fait 8 lieues en traversant Sainte-Maure et
vient coucher à la Haye-sur-Creuse. Le même jour, Jean arrivait à Loches sur le flanc est de son ennemi, à 24 kilomètres seulement de la Haye à vol d'oiseau.
Le 14 au matin, le prince part de la Haye pour Châtellerault, et Jean de Loches pour la Haye, où il arrive le soir même du jour où les Anglais en étaient partis.
Le lendemain 15, le roi exécute une marche stratégique remarquable. Il sait que le prince veut lui échapper et peut le gagner de vitesse. C'est lui qui le devancera sur la Vienne
pour le rejeter à l'ouest, en l'empêchant de marcher sur Bordeaux par la rive gauche de cette rivière. Il ne cherche pas à couvrir Poitiers qu'il sait en état de défense.
Par une marche forcée de plus de 12 lieues (50 kilom.), il arrive au pont de Chauvigny avec toute son armée. [...] Dès le vendredi 16, les Français passent la Vienne et prennent
la route de Poitiers, le roi en tĂŞte
(Léon Babinet, Étude de la bataille de Poitiers-Maupertuis (19 septembre 1356), 1883 - www.google.fr/books/edition). "Boni" : Boniface Le 2 novembre, le lendemain du sacre du roi de Sicile, le pape de Rome Boniface IX était élu. Certaines éditions ont au vers 4 : "Devant Bonieux viebndra la guerre esteindre". Duguesclin descendant en Espagne avec des troupes avait été payé par le pape Urbain V pour épargner Avignon et le Comtat Venaissin : cf. le quatrain III, 93. La bataille de Navarrete, livrée le 3 avril 1367, fut on
ne peut plus dĂ©sastreusepour le premier, qui, complètement dĂ©fait, fut rĂ©dUit Ă
se sauver précipitamment du Guesclin, Arnoul d'Audrehem et les plus vaillants
capitaines français restèrent prisonniers entre les mains du vainqueur. Quant Ă
celles des Compagnies, pour la plupart Bretonnes, qui avaient pris part au
combat sous leur direction, elles quittèrent également en hâte le sol espagnol
et repassèrent les Pyrénées. Le pape Urbain V n'avait pas attendu leur retour
il avait profité de l'accalmie relative dont jouissaient la Provence et le Languedoc pour faire le voyage de
Montpellier, puis se diriger sur Marseille et prendre la mer pour retourner en
Italie (9 janvier - 19 mai). Mais, avant de s'embarquer, par sa bulle du 9 mai
1367 il avait renouvelé ses anathèmes contre les routiers et leurs fauteurs.
[...] Dès le mois de juin, le Comtat ne se sentait plus en sûreté : le 29 de ce
mois, Pons Bermond, le capitaine de Carpentras, mis en éveil par certaines
rumeurs inquiétantes, ordonnait de faire le recensement des personnes portant les
armes et du matériel de guerre qu'on pourrait au besoin se procurer dans la
ville. [...] Déjà même le 29 avril ou
disait à Carpentras que des gens d'armes se réunissaient du côté de Bonnieux.
(Arch. de Carpentras, DB 7 bis, compte, fol. 169). Il était encore trop tôt
pour ce fussent des troupes revenant d'Espagne (L.H.
Lalande, Bertand Duguesclin et les Etats pontificaux de France, 1904 -
bibnum.enc.sorbonne.fr). Acrostiches des deux quatrains : LUDI et LDOD LUDUS. Liber dictus “Declina malo," Hebraice ; de A
ludis agit, an liciti vel illiciti, per modum dialogi inter Eldad et Medad (Catalogus
Librorum Impressorum Bibliothecae Bodleianae in Academia Oxoniensi, Tome 2,
1843 - www.google.fr/books/edition). IEHVDAE (Ariae) vulgo Leonis Mutinensis, fil. R. Isaac,
Rabbini Veneti et Synagogae Rectoris, Poetae Ebraici et Itali egregii, Sûr Merâ
i.e. Declina Ă Malo, seu Dialogus de Lulu Alearum, et Talorum, inter Eldad et
Medad, quorum alter ludum defendit ; alter vero reprehendit et detestatur. Pragae
1615. 8. et Leidae, cura Io. Georg. Neselii, 1656. Hinc cum versione Lat. et
notis Aug. Pfeifferi, Wittenb. 1665 4. et Lips. cum Versione Germanica Frid. Alberti Christiani, Exiudaei,
sub titulo : Lusor doctus, sed conuersus Vid. WOLFFII Biblioth. Hebr. T. I. p . 415. et HYDE de Lud. Oriental. T. II. p. 122. vbi argumentum huius libri satis fuse recensetur (Heinrich
Jonathan Clodius, Clodii Primae lineae bibliothecae lvsoriae; sive, Notitia
scriptorvm de lvdis praecipve domesticis ac privatis ordine alphabetico
digesta, 1761 - www.google.fr/books/edition). Le Livre sur les jeux de hasard de Léon de Modène
(1571-1648), dans lequel figurent deux amis, Eldad, ennemi des jeux de hasard,
et Medad, ami de ces jeux (Revue
critique d'histoire et de littérature, Volumes 67 à 68, 1909 - books.google.fr). ELDAD : Le jour est encore dans son plein et il n'est pas encore temps de retourner à la maison. D'ailleurs j'ai vu ton père auprès de ses marins, il était occupé à faire charger de marchandises un navire, qui doit mettre à la voile pour l'Orient. Avant qu'il soit de retour de cet endroit là , le soleil sera sous l'horizon. Ne te hâte donc pas tant d'aller chez toi, car il ne songera pas à toi. Sois maintenant assez bon et ne refuse pas de me faire entendre ce que tu veux me répondre; car je ne comprends pas comment un homme peut marcher impunément dans une pareille voie, dans une voie aussi impie. MEDAD : Puisque les affaires de mon père ne nous en empêchent point, et que tu désires connaître mon opinion, nous allons chercher un siége quelque part sous une vigne ou sous un figuier pour nous trouver à la fraîcheur de l'ombre. Je veux donc t'expliquer et t'apprendre que le jeu est équitable et qu'il est aussi salutaire par ses cartes que le soleil par ses rayons. Il y a dans le texte un jeu de mots difficile à rendre. L'auteur, en faisant allusion à Malachie, III, 20, a changé le mot Bikhnafeha (ses rayons) en Bikalfeha (ses cartes),
pour dire que le jeu est aussi salutaire Ă l'homme, au moyen de ses cartes, que le soleil l'est au moyen de ses rayons
(Leone Modena, Eldad et Medad, ou, Le joueur converti, traduit par Eliakim Carmoly, 1842 - books.google.fr). Cf. la prophétie de Malachie pour la devise de Boniface IX. Au commencement du dix-huitième siècle, le P. Ménestrier découvrit, dans les registres de la Chambre des comptes, un compte de Charles Poupart,
argentier (trésorier) du roi Charles VI, pour un an, à commencer le 1er février 1392. On y trouve cette mention : "à Jacquemin Gringonneur, peintre,
pour trois jeux de cartes Ă or et diverses couleurs, de plusieurs devises, pour porter devers ledit seigneur pour son esbattement, LVI sols parisis."
Le compte de Poupart de 1392 est la seule des dates proposées de l'existence du jeu de cartes qui a résisté à l'épreuve de vérification historique.
M. Duchesne place la connaissance des cartes en Europe entre 1392 et 1369, pour la France, se fondant sur l'absence du nom des cartes dans la longue
énumération des jeux défendus par l'ordonnance de Charles V, en l'année 1369
(R. Merlin, Origine des cartes a jouer; recherches nouvelles sur les naibis, les tarots et sur les autres especes de cartes, 1869 - books.google.fr). La rébellion du veau d'or étant calmée, après avoir fait
construire l'arche et promulgué une grande partie de ses lois, Moïse résolut de
quitter le Sinaï pour s'approcher de la Palestine à travers le désert, et pour
essayer de commencer la guerre contre les Cananéens des frontières. [...] A
peine le camp fut-il levé que le peuple murmurait (Nombres, chap. XI, v. 1).
Moïse lui répondit par son feu de Jéhovah, qui dévora une partie des mécontents
près du camp. Le peuple suppliant Moïse de le ménager, le feu s'arrêta. On
nomma cet endroit Thabera, brûlement. Mais le feu ne donna pas de viande, et le
peuple fatigué de la manne demanda de la viande. J'ai déjà fait observer que
c'était la lie du peuple, mais cette lie était menaçante et son mot d'ordre
était toujours : «Qu'on nous ramène en Égypte, pays d'oignons et de concombres
en abondance». Moïse alors assembla de nouveau soixante-dix Anciens. Il faut
croire que les délégués n'étaient pas de force à calmer les plaintes de la
masse, ou qu'ils faisaient cause commune avec elle. C'est Ă ce sujet que la
Bible cite ce mot admirable de MoĂŻse qui devrait servir de devise Ă tous les
pouvoirs intelligents. Jéhovah dit à Moïse : «Assemble-moi soixante-dix
Anciens, je mettrai en eux un peu de ton esprit». Nombres, chap. XI, V. 17. Les
soixante-dix alors se réunirent autour de la tente, et la fameuse nuée
descendant, les Anciens, inspirĂ©s de l'esprit de MoĂŻse, se mirent Ă
prophétiser. En d'autres termes, Moïse les avait gagnés à la cause de Jéhovah,
en leur exposant son plan de conquète, qui devait être mis en exécution, et
demanda au peuple de prendre patience et de ne pas trop se plaindre des
privations matérielles. Deux de ces Anciens, Eldod et Médod, restèrent au camp et prophétisèrent à leur tour. Le fidèle Josué arriva en courant vers Moïse, et lui dit que deux séparatistes péroraient loin de la tente et le pria d'en finir avec eux du coup (v. 28). On le voit, Josué, connaissant les secrets du gouvernement de son maître, n'y allait pas de main morte. Mais Moïse lui répondit (v. 29) : «Trop de zèle ! Plút à Dieu que tout le peuple fût composé de prophètes, sur lesquels Jéhovah aurait mis son esprit !». Mot admirable! Moïse ne craignait pas l'instruction, il ne craignait que l'ignorance ! (Alexandre Weill, Vie, doctrine, et gouvernement authentiques de Moïse d'après des textes hébraiques de la Bible, 1886 - books.google.fr, parshapeople.blogspot.com). Au reste, je n'oserois assurer que Josué fut animé dans
cette occasion d'un mouvement de pure jalousie. Il y avoit certainement de
l'humain dans ses sentiments ; puisque Moise l'en reprend : mais je ne
sçai si c'étoit l'unique, ou même le principal motif qui le faisoit parler. Car
il n'est point blessé de ce que les 70 qui étoient assemblez, prophétisoient,
mais seulement de ce qu'Eldad & Médad le faisoient hors de cette assemblée,
& sans avoir l'aveu de MoĂŻse. Ainsi
il pouvoit craindre qu'ils ne s'attribuassent une autorité indépendante de lui,
& par conséquent schismatique (François-Philippe
Mésenguy, Abbrégé de l'histoire de l'Ancien Testament, Tome 2, 1738 -
www.google.fr/books/edition). Dès le septième siècle, nous voyons les Judéo-Berbères
alliés aux conquérants de l'Espagne, groupés autour de leur secte, pour
reconquérir l'Espagne sur les Musulmans. Dans ce même siècle, les Juifs
"Maghrabia" sont considérés par les Juifs asiatiques comme une
population juive hérétique et dissidente. Cet esprit réfractaire à l'orthodoxie
se manifeste maintes fois par les controverses religieuses, entre communautés
africaines et princes de la Synagogue, Ă partir du neuvième siècle. C'est Ă
cette époque que s'étend le schisme de Berghouta et que les Falacha eux-mêmes
commencent à jouer un rôle politique. Ce même siècle a vu une tentative de
schisme faite par le fameux Eldad, tentative singulièrement conforme à l'esprit
des Juifs autochtones du Maghreb. Le premier savant du Maghreb, Ibn Koreîch
(vers 760), tient peu de compte dans l’exégèse rabbinique des conceptions
religieuses et tient d'Eldad. Sa manière de citer le Talmud rappelle même
singulièrement celle des Caraîtes. Les Rodanites ou Danites sont des
commerçants mystérieux qui parlent l'hébreu et qui possèdent «un pays
juif» dans l’intérieur africain. Ils
entrent en scène en Espagne et en pays berbère, et c'est à eux qu'on doit
l'éclosion d'une littérature dont les fragments attribués à Eldad et à Elhanan
le marchand, servent d'exemple. Des inscriptions et des souvenirs d'influence
juive se multiplient depuis la Cyrénaîque jusqu'au Soudan ; ils dureront
jusqu'au douzième siècle (Nahum
Slouschz, Hébræo-Phéniciens et Judéo-Berbères: introduction à l'histoire des
Juifs et du judaisme en Afrique, 1908Â -
archive.org). L'hypothèse Boniface IX et les acrostiches forment une interprétation cohérente, en considérant les Centuries comme antidatées et tardives, au moins les dernières. 1389. 201. BONIFACE IX. Du 2. Novembre. XIV. ans 11 mois 2 jours. On peut dire qu'il mit les Romains à la raison. Ils n'ont jamais osé se révolter contre lui. Il fit fortifier le Château saint Ange, qui depuis a servi d'asyle aux souverains Pontifes. Cubus de Mixtione : un cube de mélange. Il y a des cubes dans les armoiries de sa famille. Il célebra le grand Jubilé, l'an 1400 (Pierre Le Lorrain de Vallemont, Les elemens de l'histoire ou ce qu'il faut savoir, 1745 - www.google.fr/books/edition). Cubus de Mixtione : devise de la prophétie de saint Malachie. "le dé de la mixtion". BONIFACE IX portait des dés dans ses armes (Auguste François Lecanu, Dictionnaire des prophéties et des miracles, Tome 2, 1855 - www.google.fr/books/edition). La première apparition de la prophétie des papes est due à Arnold Wion en 1590, il la publie dans son Lignum Vitæ en 1595. Aucun des contemporains de Malachie d'Armagh ne mentionne une telle prophétie. Le commentaire du Lignum Vitae dit : "De la famille Tomacelli, qui vient de Gênes en Ligurie, dont les armes étaient des cubes". Les armoiries de Boniface IX (Pietro Tomacelli) comportent une bande en damier (fr.wikipedia.org - Prophétie de saint Malachie). Born c. 1350 in Naples, Pietro (also Piero or Perino) Tomacelli Cybo was son of Baron Giacomo Tomacelli and Verdella Caracciolo, feudataries of Casarano and nearby Casaranello, from noble neapolitan families, and a descendant of Tamaso Cybo, who belonged to an influential noble family from Genoa and settled in Casarano in the Kingdom of Naples. (en.wikipedia.org - Pope Boniface IX, M.F. Cucherat, La prophétie de la succession des papes, Revue du monde catholique, 1871 - www.google.fr/books/edition). Les Thomacelli de Naples portent mesmes armes que les Cybo, & qui de tout temps se sont entretenus d'amitié avec eux; le pape Boniface IX se disoit Thomacellus Cybo Les armes de la maison des Cybo sont de gueulles à la bande eschiquettée d'argent & d'azur; dont chacun point represente la figure Mathematique d'vn cube, qui rend les armes en quelque façon parlantes (Jean Le Laboureur, Relation du voyage de la Royne de Pologne et du retour de Mme la mareschalle de Guébriant, 1647 - www.google.fr/books/edition). Laurent Cybo esleué à la cour de France, & qui porta au Roy la conclusion du mariage de Caterine sa niepce auec le Prince despuis Roy Henry second, portoit vne piramide auec le mot sine fine va autre prit l'éclume de Mareschal & pour l'ame d'vrabos mais la deuise la plus generale dans cette maison est la Sigoigne, Simbole de la gratitude, portant vn pied sur vn cube ou pierre quarrée, qui fait allusion au nom de Cybo & qui à du raport à la constante & Loyalle fidelité de ces Heros, que cet oyseau semble toujours renouueler en regardat les trois premiers signes du Zodiaque; les paroles qui accompagnent le corps de cette deuise font greques, KAY EXOMEN EN CVBO, qui signifient au cube reconnoissance. Le Prince Charles auiour-d'huy regnant, à ioint au mesme cube, ces mots latins ponderi resistet. Le Pape Boniface IX estoit de cette mesme famille, comme ie raporteré au liure de la partenope ou les Siciles Françoises, auquel païs cette branche à faict racine soubs le nom de Thomasselle & qui porte les mesmes armes (Jean-Baptiste L'Hermite de Soliers, La Ligurie françoise, 1660 - www.google.fr/books/edition). Le jeu de saint Pierre Il existe d'Abraham ibn Ezra (rabbin espagnol, 1098 - 1167) un opuscule intitulé «Tahboula» (stratagème), qui a précisément pour sujet le jeu de Saint-Pierre. Ibn Ezra, se trouvant sur mer avec 15 de ses disciples et 15 vauriens et une tempête obligeant le capitaine à jeter à la mer la moitié des passagers, imagina de sauver ses élèves par cette ruse d'arithmétique. Cet ouvrage a été traduit en allemand, par Schwenter, Deliciæ physico-mathem, Nuremberg, 1623, p. 79; en latin, par Pfeiffer, en 1665. Il s'agit d'un autre amusement arithmétique sur le chiffre 9. [...] Il serait intéressant de savoir si Ibn Ezra a eu des devanciers. S'il ena eu, ce que je crois, ils devront être cherchés chez les Arabes (Israël Lévi). La figure arithmétique que l'on voit ici se XXXXIIIIIXXIXXXIXIIXXIIIXIIXXI se trouve à la fin d'un calendrier runique. Elle représente un jeu qu'on appelle encore en suédois Sankt Peters Lek "le jeu de saint Pierre". On l'explique par l'historiette suivante, qui peut se rattacher aux enquêtes de MÉLUSINE sur la mer. Saint Pierre était en mer, et le navire courait si grand danger de faire naufrage qu'il parut nécessaire de jeter par dessus bord la moitié des passagers, pour alléger le navire et sauver les survivants. Il y avait trente personnes à bord, moitié de chrétiens et moitié de juifs. Saint Pierre, pour sauver les premiers, mit tout son monde sur une ligne, et avec tant d'habileté qu'en prenant chaque neuvième homme, tous les chrétiens (représentés ici par des croix) furent sauvés, et tous les Juifs (représentés par des traits) furent noyés (Henri Gaidoz) (Mélusine : recueil de mythologie, littérature populaire, traditions & usages, Tome III, 1887 - www.google.fr/books/edition). Les juifs du sud de l'Europe ont contribué à la circulation du jeu des croyants et des infidèles. Ils l'ont systématiquement associé au savant rabbin andalou Abraham Ibn'Ezra (1092-1167), connu des historiens des mathématiques pour son œuvre arithmétique et géométrique. [...] Une version dite «stratagème de rabbi Abraham Ibn'Ezra» fut imprimée en hébreu à Venise en 1546, en annexe à un abrégé grammatical (Ibn Habib 1546), et traduite en allemand par Daniel Schwenter, professeur de mathématiques et langues orientales (Schwenter 1636 : 79-80). On la retrouve dans le dialogue sur les jeux de hasard du rabbin Léon de Modène, publié en hébreu sans nom d'auteur à Venise en 1595, réimprimé et traduit en latin en 1665 (Modène 1665 : H3). Les manuscrits les plus anciens contenant ce jeu sont du IXe siècle et contiennent des mots irlandais dans le latin. D'autres manuscrits mentionnent son origine irlandaise. Au départ il s'agit de passer une bonne nuit pour 15 "blancs" et 15 "noirs" mais à partir de 1100 l'aspect anti-juif se fait jour (Mathématiques récréatives, Éclairages historiques et épistémologiques, 2025 - www.google.fr/books/edition). Cf; le jeu mathématique au quatrain VII, 40 - Les tonneaux de Blaise Pascal - 2028-2029. La doctrine astrologique des chronocratories enseigne la domination des astres sur le temps, périodes de 354 ans et un tiers, elle même issue des spéculations sur la grande année. Ainsi, selon Richard Roussat, la période de la Lune commence en 1533, celle du Soleil en 1887 et celle de Saturne en 2242 (Pierre Brind’Amour, «Nostradamus astrophile», Klincksieck, 1993, p. 187). Le livre de Roussat reprend les données d’Ibn Ezra (Liber rationum) avec un décalage de quelques années dans les dates par rapport à celles données par Trithème. La vingtième période, sous la direction de Gabriel, allait commencer selon Trithème le 4 juin 1525 et se terminer en octobre-novembre 1879. Roussat a un décalage de 8 ans (Yves Lenoble, Nostradamus et l’éclipse du 11 aout 1999, Astrological association, 1999 - ramkat.free.fr). Un des cas les plus remarquables est l'attribution à Abraham Ibn Ezra de deux textes différents du même nom, Le Liber Rationum - qui se présentent l'un et l'autre comme un complément ou un commentaire du Principium Sapientiae. Le Principium Sapientiae constitue un titre à double sens et a été également traduit par «Introduction» : Introductorium ou Principium Sapientiae. L'état de la question nous semble pouvoir être ainsi dépeint : il existe deux textes qui portent ce nom et qui sont tous deux attribués à Abraham Ibn Ezra. L'on distinguera les deux L.R. par la mention Impr. pour la version imprimée et par la mention Ms pour la version restée manuscrite. Celui qui a fait l'objet d'une traduction latine imprimée en 1485 (LR Impr.) se distingue de l'autre (L.R. Ms) par la présence notamment d'un système de cycles planétaires de 354 ans et par l'absence de division en chapitres (Jacques Halbronn, Le diptyque astrologique d'Abraham Ibn Ezra et les cycles planétaires du Liber rationum. In: Revue des études juives, tome 155, n°1-2, janvier-juin 1996 - www.persee.fr). Cf. I, 48 - Chronocratories - 1592-1593. Typologie Le report de 2058 (quatrain VIII, 38) sur la date pivot 1389 donne 720. Le report de 2068 (quatrain VIII, 52) sur la date pivot 1389 donne 710. Aix en Provence, où se trouvent la grotte de la Sainte Baume
et Saint Maximin, était déjà métropole en 684 du temps de la fondation de
Groseau, selon le chanoine Faillon. Le
corps de Madeleine aurait été recélé à Saint Maximin même pour mieux la cacher
aux Sarrasins qui faisaient leurs incursions à cette époque, en 710 ou en 716
selon les différentes lectures de l'inscription "découverte" en 1279
(Etienne-Michel
Faillon, Monuments inédits sur l'apostolat de Sainte Marie-Madeleine en
provence, Tome I, 1848 - www.google.fr/books/edition). «Les chroniques chrétiennes font commencer ces irruptions en 719, année de la prise de Narbonne; mais il y a tout lieu de croire qu'elles ne sont pas exactes sur ce point» (Fauriel)
(
Théodose Burette, Histoire de France depuis l'étabissement des Francs dans la Gaule jusqu'en 1830: continuée depuis la révolution de 1830 jusqu'en 1er juin 1848, Tome 1, 1848 - www.google.fr/books/edition). Le culte provençal de sainte Marie-Madeleine, fortement controversé par les bourguignons dès le quatrième quart du XIIIème siècle, bénéficie alors du soutien
constant des papes qui participent amplement à sa promotion. En effet, il faut préciser que Rome abandonne rapidement ses prétentions sur le sépulcre de la
sainte, allant jusqu’à offrir sa relique de la mâchoire au couvent de Saint-Maximin ; que le pape Boniface VIII (1294-1303) accrédite l’authenticité du corps provençal de la
Madeleine et tente de promouvoir son pèlerinage en accordant des indulgences ; que Benoît XI (1305-1314) confirme tous les privilèges de son prédécesseur à Saint-
Maximin et à la Sainte-Baume. La papauté, installée à Avignon au printemps de l’année 1309, manifeste également une dévotion croissante pour la Madeleine, effectuant de nombreux
pèlerinages en terre provençale. Sous Jean XXII (1316-1334) et Benoît XII (1334-1342), tous les privilèges du couvent de Saint-Maximin sont confirmés ; sous Clément VI
(1342-1352), de nouvelles faveurs sont accordées aux pèlerins qui visiteraient le tombeau et la grotte de la Madeleine, il fonde même une chapelle en l’honneur de
Saint-Pierre à l’église de Saint-Maximin. Sous Innocent VI (1352-1362) et Urbain V (1362-1370), la dévotion envers l’ermite de Provence est toujours aussi fervente, puis
connaît une nouvelle impulsion sous Grégoire XI (1370-1378), multipliant ses visites sur les terres de la Madeleine. Clément VII (1378-1394) et Benoît XIII (1394-1403)
s’illustrent également comme de pieux dévots. Les élites gravitant autour du pape sont également de fervents promoteurs du culte magdalénien et consacrent
abondamment la légende provençale dans leurs écrits. Ainsi, le grand historien de l’invention des reliques de sainte Marie-Madeleine, Bernard de la Guionie (1261-
1331) rapporte cette tradition dans ses Fleurs des chroniques, ouvrage composé pour le pape Jean XXII ; au cours de la seconde moitié du XVème siècle, Amauri Auger de
Béziers, chapelain du pape Urbain V, l’évoque également dans son ouvrage Actes des pontifes romains. Les papes d’Avignon, qui s’imposent comme de fidèles soutiens du culte provençal
de la Madeleine, délaissent considérablement celui de Vézelay qui, se repliant sur luimême, reste essentiellement soutenu et promu par un petit cercle d’ecclésiastiques
gravitant autour du lieu. Concernant le soutien de la royauté, ce constat est plus nuancé car malgré la prééminence des sanctuaires provençaux, de nombreux rois
restent fidèles à l’antique pèlerinage vézelien
(
Raphaëlle taccone, Marie-Madeleine en Occident : les dynamiques de la sainteté en Bourgogne des IXème-XVème siècles, 2012 - www.theses.fr). Cf. X, 88 - Maximien Hercule - 2242. |