La barbe et le diamant

La barbe et le diamant

 

VIII, 45

 

2063

 

La main écharpe et la jambe bandée,

Longs puisné de Calais portera,

Au mot du guet la mort sera tardée,

Puis dans le temple à Pâque saignera.

 

Tournay 1581 et la "main escharpe"

 

Cependant le Tournaisis continuait à tenir pour la Réforme et les Hurlus ne cessaient de venir piller nos environs. Les villages de Bondues, de Marcq-en-Barœul, d'Hellemmes, de Lomme, de Lompret, de Wambrechies, de Lambersart et de Fives eurent à souffrir successivement de leurs incursions. Ils portèrent même l'incendie jusque dans les faubourgs de La Madeleine et de Saint-Pierre. Aussi Lille s'empressa-t-il d'offrir un précieux secours en hommes, en munitions et en argent au prince de Parme, lorsqu'en 1581, celui-ci résolut de mettre le siège devant Tournai. Les confrères de Sainte-Barbe, qui déjà avaient contribué, du 13 au 20 juillet 1579, à la prise du château de Mouscron, furent appelés à faire partie de l'expédition et s'y firent particulièrement remarquer. La place fut investie, comme on sait, dans les premiers jours d'octobre et ne capitula que le 29 novembre, après une héroïque défense dirigée par la princesse d'Espinoy, femme du Gouverneur, à qui son mari avait laissé le commandement pour aller rejoindre le prince d'Orange, dont il avait embrassé la cause avec passion. La garnison obtint les honneurs de la guerre et sortit de la ville avec armes et bagages, ayant à sa tête la vaillante princesse, le bras en écharpe, à cause d'une blessure reçue pendant un assaut (Auguste Fromont, Auguste de Meunynck, Histoire des Canonniers de Lille, Tome 1, 1892 - books.google.fr).

 

"jambe bandée"

 

Pontus de Noyelle, Seigneur de Bours &c., Colonel d'un Régiment d'Infanterie Walonne, Gooverneur & Capitaine de la Ville de Malines, le 1er Févr. 1578 par commission de l'Archiduc Mathias & des Etats ; à laquelle occasion le Magistrat donna le lendemain (2 dudit mois) un repas à l'Hôtel de Ville. Il étoit encore Gouverneur le 6 Nov. 1579, mais peu après ceux de Malines le déporterent de son état, & le chasserent hors de la Ville. Ensuite il devint Gouverneur & Bailli de Courtrai, & se trouva devant Tournai (dont le Siége commença au commencement d'Octobre 1581, & finit le 30. Novembre suivant par la prise de la Ville), où il reçut une blessure à la jambe, & en mourut le 6 Déc. de la même année. Il git aux Religieuses de l'Annonciade à Bethone. Sa femme, Anne de Rubempré, décéda en 1606. Voïez Strada tom. 3- pag. 285. in pr., 287. fig., & 298. in med (Josephus Felix Azevedo Coutinho y Bernal, Généalogie de la famille de Coloma, 1777 - books.google.fr).

 

"mot du guet"

 

Le mercredy ceulx du camp ont tiré cent coups de canons afin de deffendre que ceulx de la ville ne puissent remparer la bresche. Plusieurs ouvriers qui ouvroient à la bresche furent tués et des enfants blessez. Le jeudy à trois ou quatre heures du matin le secour qui estoit tant désiré entra en Tournay par la porte Sept-Fontaines venant de Menin. Sont passés tout au travers du camp du Roy qui estoit devant Tournay, par le moyen qu'ils ont advisé de prendre une sentinelle de cheval du camp qui avoit le mot du guet qui estoit Sainte-Barbe dont le colonelle de Menin accompagné d'ung cent quarante soldats à cheval sont entré dans Tournay sans avoir fortunne (embarras), en donnant partout où ils passèrent le mot du guet. Ceulx de Tournay en faisoient bien grande feste pensant que c'estoit bien tout autre chose. Les femmes crioient : Bien soyez venus que nous avons longuement attendu après vous. Le Seigneur soit loué, puisque vous estes arrivez en bonne prospérité. Ceulx du bon costé qui estoient catholiques disoient qu'ils estoient tout perdus et qu'il n'estoit possible d'ainsy passer par un camp sans y avoir de la trahison. Les aultres ont peur que ces nouveaux soldats n'émeuvent les aultres de piller les églises. Ceulx du camp ont commencé de tirer leur canon pour la bienvenue des soldats englois qu'ils sont entrés en Tournay. Ce jour ceulx de Tournay ont esté mettre de nouveaux guidons et enseignes sur les remparts de la bresche. Ceulx du camp aussitôt qu'ils eurent mis ces enseignes, il y eut un canon qui en at emporté une toute en pièce et sy eut un nouveau soldat de tué pour sa bienvenue, sans avoir encore beu ou mangé en Tournay. Encore quatre de la ville et plusieurs qui ouvroient au remparement de la bresche (Philippe Warny, Mémoires sur le siège de Tournay, 1581, 1860 - books.google.fr).

 

"Calais"

 

The situation in Portugual, which since 1580 was part of Philip's empire, also required careful observation as a result of the persistent efforts of Don Antonio, prior of Crato, to place the Portuguese crown on his own head. The pretender resided alternately in England, France, and the Netherlands, but his movements were carefully observed and reported by Mendoza's agents. The principal factotum in this affair was Antonio de Escobar, a Portuguese subject living sometimes in Paris, sometimes in London. “Sanson,” as Escobar is cryptographically known in all of Mendoza's correspondence, was ostensibly a partisan of Don Antonio and as such received frequent and intimate news about him from those attached to his household. Sanson was also in a position to acquire valuable  information on English affairs. In addition to this efficient channel of communication, Mendoza also received irregular reports from Antonio de Viegas, a Portuguese confident sent to London by Philip to help keep an eye on Don Antonio. Viegas wrote to Mendoza under the pseudonym Luis Fernandez Marchone , although in Mendoza's letters to Philip he is sometimes referred to simply as Viexas. Also working on the Portuguese matter in Spain were Diego Borello and even the youngest son of Don Antonio himself. Supplying valuable information on the activities of rebel leaders in the Netherlands was Godfrey Foljambe, hired by he duke of Parma at thirty escudos a month, and two of Mendoza's employees: M. d'Estrelles, a former rebel but since his distinguished service at the defense of Tournai in 1581 a loyal subject of the Spanish king, and a certain Hugo Frion (De Lamar Jensen, Diplomacy and Dogmatism, Bernardino de Mendoza and the French Catholic League, 1964 - books.google.fr).

 

Dona Catarina, Infante de Portugal, dite Catherine de Portugal, duchesse de Bragance par son mariage, est née le 18 janvier 1540, et est morte le 15 novembre 1614. Elle elle la grand-mère du roi Jean IV de Bragance, d'une dynastie portugaise rétablie après la révoltution anti-espagnole de 1640. Elle était la deuxième fille de Dom Duarte, Infant de Portugal, dit aussi Édouard de Portugal, frère puiné du roi Jean III et fils du roi Manuel Ier, duc de Guimarães, et de l'Infante Isabelle de Bragance. Après la mort de son frère le Connétable Dom Duarte, Infant de Portugal, duc de Guimarães, elle hérita de ses droits à la couronne portugaise, puisque sa sœur Dona Maria, Infante de Portugal, mariée au duc de Parme, Alexandre Farnèse, perdait ses droits en ne les réclamant pas et en maintenant sa descendance étrangère au royaume de Portugal. Pour cette raison, à la réunion des États à Lisbonne, en 1641, il fut décidé que la couronne portugaise ne pourrait plus se transmettre qu'aux princes naturels c'est-à-dire portugais. Les droits de la princesse Catherine à la succession de Portugal, droits qu'elle réclama en 1580, étaient ceux d'être la seule princesse portugaise alors vivante avec descendance, la petite-fille par les mâles d'Emmanuel le Fortuné, tandis que Philipe Ier (Philippe II d'Espagne), qui occupa militairement le Portugal en 1581, forçant son accession à la couronne, n'était que son petit-fils par les femmes, sa mère, l'impératrice Isabelle de Portugal, femme de Charles Quint, venant après tous ses frères dans la succession royale (fr.wikipedia.org - Catherine de Portugal).

 

La seconde inquiétude du monarque espagnol concerne Dom Antonio, prieur de Crato. Fils de l'infant Dom Luis, frère puiné du cardinal Henri, et d'une juive convertie, nommée Yolande Gómez, dite la Pelicana, il avait été légitimé par son père, mais l'acte était resté secret. […] Il est pour sa part soutenu par le bas clergé et le petit peuple, mais déplaît au roi Henri et présente le handicap de descendre par sa mère d'une famille de nouveaux chrétiens. Les autres prétendants, secondaires il est vrai, sont Ranuccio, fils d'Alexandre Farnèse, Emmanuel-Philibert, duc de Savoie et Catherine de Médicis ! Les deux premiers sont les fils de princesses portugaises, mais leurs liens de parenté avec la lignée régnante sont plus éloignés que ceux de Philippe II. Quant à la reine mère, elle prétend détenir des droits anciens sur le Portugal. Elle serait en effet la descendante de la fille née du mariage d'Alphonse III, mort en 1279, et de sa première femme, Mathilde de Boulogne, épousée en 1235 et répudiée en 1248. Cette candidature ne semble pas très sérieuse et paraît n'avoir été avancée que pour freiner ou contrecarrer la montée sur le trône de Philippe II. À moins que cette course à la succession ne soit stoppée par les projets matrimoniaux du cardinal Henri. Celui-ci envisage un temps de se faire relever de ses veux par le pape et de fonder sa propre dynastie. Cette nouvelle inquiète suffisamment Philippe II pour l'amener à intervenir à Rome, par l'intermédiaire de son ambassadeur, Juan de Zuñiga, afin d'empêcher l'octroi de la bulle autorisant Henri à se marier. Le roi Catholique qui connaît le patriotisme portugais et l'hostilité à l'égard de la Castille, craint même que l'on place aux côtés du cardinal une femme déjà enceinte. Les théologiens de Philippe II, Diego de Chaves et Hernando de Castillo, se lancent dans une guerre de propagande visant à démontrer l'incapacité du cardinal à renoncer à ses vœux. Le roi est néanmoins rassuré par les rapports qu'il reçoit de Moura, décrivant la lassitude du cardinal : «Il est vieux et cassé. Il entend avec difficulté...» (Jean-Michel Ribera, Diplomatie et espionnage: les ambassadeurs du roi de France auprès de Philippe II : du Traité du Cateau-Cambrésis (1559) à la mort de Henri III (1589), 2007 - books.google.fr).

 

Dom Antonio n’est pas puiné mais issu de puiné, Dom Luis, son père.

 

En mars 1583, à Rueil, dom António (1531-1595) manque d'être assassiné par quatre spadassins espagnols, agents de Philippe II, roi d'Espagne et désormais du Portugal. Il n'est autre que le prieur de Crato, qu'un long chemin d'exil a mené vers la capitale française. Sa vie est un véritable roman. Dernier membre de la dynastie d'Aviz – à laquelle succédera celle des Bragances en 1640 –, dom António est le fils est le fils bâtard de l'infant dom Luís (second fils de dom Manuel Ier). Il accompagne en août 1578 son cousin, le roi dom Sébastien dans le désastre d'El-ksar-el-Kebir au Maroc. Le roi y perd la vie, parmi plus de 6000 autres chrétiens, tandis qu'António est fait prisonnier. Mais son habit déchiré de l'ordre de Malte le fait prendre pour un prêtre et il est remis en liberté. Il rentre au Portugal et cherche à se faire reconnaître héritier du trône. En 1580, à Santarém, un mouvement populaire le proclame roi, mais en août, à la bataille d'Alcantara remportée par les Espagnols, sa tête est mise à prix par Philippe II, marié à la tante de dom Sébastien, qui revendique la couronne portugaise et sera proclamé roi le 22 septembre. Dom António quitte alors le pays et, après plusieurs mois d'errance, débarque au port de Calais. Quand il arrive à Paris fin 1581, il est logé au Louvre où il s'entretient avec Catherine de Médicis au sujet de ses prétentions. Le royaume de France le soutient contre la promesse d'obtenir une implantation au Brésil (Agnès Pellerin, Les Portugais à Paris: au fil des siècles & des arrondissements, 2009 - books.google.fr).

 

De Thou raconte que dom Antonio était encore en Angleterre au commencement d’octobre 1581 (date du début du siège de Tournai), d'où il repassa en France (Alphonse de Ruble,  Histoire Universelle d'Agrippa d'Aubigné, Société de l'histoire de France, Volume 258, Partie 6, 1892 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain I, 35.

 

Après un échec aux Açores, et un désastre de la marine française qui l'épaulait, dom António s'installe en 1582 à Rueil. Traqué, craignant de plus en plus pour sa vie, il court se réfugier en Bretagne avec ses deux fils. Poursuivi par les sbires du roi d'Espagne, il parvient néanmoins à s'enfuir de château en château. Il trouve enfin protection chez les huguenots de La Rochelle et tente d'organiser plusieurs expéditions militaires pour revenir au Portugal. Après de nouveaux échecs, il doit se replier en Angleterre. Il donne en gage à la reine Elisabeth Ière le plus gros des diamants qu'il avait apportés du Portugal. Début 1594, il se rend à Chartres où Henri IV doit être sacré le 27 février. Ce dernier le convie à la cérémonie, promet de lui fournir de riches vêtements et une place d'honneur. Dom António n'assiste cependant pas au sacre en raison «d'une courte haleine qui ne lui donne pas un moment de repos», mais accepte la protection du roi et une pension qui lui permettra de vivre, tant sa misère est grande. Il rejoint Paris peu après l'entrée du roi dans la capitale, qui a lieu le 23 mars. À la veille du Noël 1594, il est avec son fils Manuel au «Logis du Cygne» du 43 de la rue Saint-Honoré (1er), où il reçoit quelques amis, dont Agrippa d'Aubigné. Dom António trouve la mort le 26 août 1595 dans un minuscule logis du Marais, à deux pas du couvent des Célestins, assisté de ses fils et de son confesseur Francisco Teixeira. Sa mort est ainsi mentionnée dans le Journal de Pierre l'Estoile : «En ce mois, mourut à Paris dom António, roy de Portugal, au moins qui l'avait été ; car son train était réduit à celui d'un bien simple gentilhomme.» (Agnès Pellerin, Les Portugais à Paris: au fil des siècles & des arrondissements, 2009 - books.google.fr).

 

Dom Antoine a été enterré au couvent des Cordeliers (Ecole de médecine) à paris dans le Ve arrondissement où se trouve aussi le collège Sainte Barbe, toujours existant, qui a été dirigé par Diogo Gouveia (1471 – 1557), à partir de 1520, qui y a attiré de nombreux compatriotes étudiants portugais.

 

Vers 4

 

Le 16 mars 1582 (Pâques est le 26), Jean Jauréguy essaie de tuer le prince d'Orange ; il le blesse seulement, mais le bruit de sa mort se répand (5ko.free.fr).

 

Échappé à ce danger, Guillaume de Nassau se vit bientôt après exposé à un autre. Un riche marchand de Flessingue, nommé Janssen, forma le projet de faire sauter, au moyen d'une mine, le palais que le prince d'Orange occupait avec toute sa famille. Ce forcené, chez lequel on trouva des lettres de l'ambassadeur d'Espagne en France, fut arrêté, condamné et exécuté vers le milieu d'avril 1584. Quinze jours après environ, le prince d'Orange laissait s'introduire auprès de lui, et s'insinuer dans sa confiance, l'homme à qui l'enfer avait réservé la sanglante auréole qu'avaient ambitionnée Jaureguy, Salseda et Janssen, sans pouvoir en couronner leur front. Dans les premiers jours de mai 1583, Guillaume de Nassau reçut à son service un Franc-Comtois qui s'était présenté à lui comme un réformé fervent, et comme fils d'un martyr de la religion nouvelle. Geraerts affectait un grand zèle religieux ; il fréquentait fort les temples, et on ne le trouvait jamais sans une Bible à la main (Adolphe Boucher, Histoire dramatique et pittoresque des Jésuites depuis la fondation de l'ordre jusqu'à nos jours, 1864 - books.google.fr).

 

Né à Vuillafans en Franche-Comté, alors sous autorité du roi d'Espagne (en tant que comte de Bourgogne), Balthazar Gérard est issu d’une famille bourgeoise très attachée à la religion catholique de leur souverain Philippe II. Fils de Jean Gérard, châtelain et juge de Vuillafans, et de Barbe d'Emskerque, d’origine hollandaise, il est le neuvième d’une fratrie de 11 enfants. Lorsqu'en juin 1580 Philippe II signe un édit qui promet à quiconque tuerait Guillaume d’Orange, l'anoblissement et 25000 écus, Balthazar Gérard décide de se rendre à Delft aux Pays-Bas et de s'y faire passer pour un protestant en fuite, afin d'approcher Guillaume de Nassau et de réaliser son projet de l'assassiner4. Il avait exposé à Tournai son projet d'assassinat au gouverneur Alexandre Farnèse, mais le conseiller Assonleville avait mis en garde Gérard contre les dangers de son entreprise (fr.wikipedia.org - Balthazar Gérard).

 

Dans une déclaration écrite le 2 avril 1584 (Pâques le 1er), Gérard raconte son projet. Il en remet des copies au Gardien du couvent des Cordeliers de Tournai. La déclaration est transmise à M. d'Assonville pour qu'elle soit communiquée au prince de Parme (Correspondance, publ. pour la premiere fois; suivie de pieces inedites sur l'assassinat de ce prince et sur les recompenses accordees par Philippe II. a la famille de Balthazar Gerard par Gachard, Tome 6, 1857 - www.google.fr/books/edition).

 

Les maximes régicides des Jésuites trouvèrent leur sinistre application à Delft, le 10 juillet 1584, lors du meurtre de Guillaume d'Orange (Encyclopédie des sciences religieuses, Tome 7, 1877 - www.google.fr/books/edition).

 

Juan Jaureguy, auteur de l'attentat de 1582, était commis chez le banquier espagnol en banqueroute Anastro. Si Jaureguy fut "massacré", Anastro se réfugia à Calais (Daniel Stern, Histoire des commencements de la république aux Pays-Bas 1581-1625, traduit par Marie Catherine Sophie d'Agoult - 1872 - books.google.fr).

 

Acrostiche : LLAP

 

"Llap" du catalan "llamp" (tilde sur le a), foudre ou "llapa" assiette.

 

On invoque principalement sainte Barbe contre la foudre et la mort subite (par allusion à celle de son père) ; par suite elle est la patronne naturelle de tous les artisans dont le métier expose à la mort subite : artificiers, artilleurs, fondeurs, armuriers, couvreurs, charpentiers, maçons, mineurs (Paul Guérin, Les petits bollandistes vies des saints de l'Ancien et du Nouveau Testament, Tome 14, 1882 - www.google.fr/books/edition).

 

"long puis nay" : né d'un puits profond

 

"puits" est une graphie latinisante postérieure à "puis", attesté dès 1120 et issu du lat. puteum, probablement influencé par le mot francique *putti (Agnès Baril, Guillaume de Machaut, le livre du voir dit: Commentaire grammatical et philologique des lignes 1 à 4153, pages 41 à 366, 2001 - books.google.fr).

 

On pense au puits de mine (sainte Barbe) et à la mine de diamant.

 

Beauvoir, la clef de l'ile de Noirmoutier grâce au passage du Gois, servit de refuge à un roi détrôné, dom Antonio, fils du roi Louis de Portugal et petit-fils d’Emmanuel le Grand. Obligé de quitter le Portugal, le prince s'embarqua sur un navire marchand, qui le déposa à Beauvoir, où il demeura cinq années entières. Dom Antonio était porteur de l'admirable diamant plus tard appelé le Sancy, du nom du ministre des finances, Nicolas de Sancy, son possesseur après le prince (Valentine Vattier d'Ambroyse, Le Littoral de la France, Tome 3, 1886 - books.google.fr).

 

Ce fut dans ce temps de détresse que Dom Antonio engagea pour quarante mille livres seulement à M. de Sancy un diamant d'un prix inestimable. Ce diamant pesoit 106 carats. Après un voyage que Dom Antonio fit en Angleterre, il couroit risque de se trouver sans argent, si le même Sancy ne lui eût envoyé vingt mille écus. C'est-à-dire que Sancy acheta en tout cent mille livres un diamant qui valoit alors, plusieurs millions. Sancy céda depuis ce diamant à la Couronne ; on l'appelle le grand Sancy (Mémoires Anecdotes pour servir à l'histoire de la maison de Bourbon, Tome 6, 1792 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Sancy (diamant)).

 

Cf. I, 61 - Le contrat de Sancy et l'Escalade de Genève - 1602-1603.

 

Retaillés, débaptisés, subissant parfois des «éclipses» de plusieurs décennies, les diamants célèbres, en fait, ne disparaissent jamais totalement, même lorsqu'ils sont réputés maléfiques. D'où viennent ces pierres qu'une vieille inscription hollandaise qualifie de «gouttes du puits de l'éternité» ? La presque totalité (97 %) est aujourd'hui fournie par le seul continent africain (Afrique du Sud, Congo ex-belge, Angola, Kenya, Tanganyika, Sierra-Leone), le reste provenant du Brésil (dont les diamants blanc bleuté sont réputés), d'Arkansas, de la Guinée britannique, de l'U.R.S.S., du Venezuela, des Etats-Unis, enfin d'Australie et de Bornéo, dont les pierres sont encore plus dures qu'ailleurs (René Brest, Diamants, La revue française de l'élite européenne, 1961 - books.google.fr).

 

Ik breng u't loodt van ziynen diamant, Zijn heerlijk dicht in mynen vorm gegoten. Een straal van dat doorluchtige verstandt. Een druppel uit zyn rijke bron gevloten. Hier rymt Bartas, daar Vrankryk roem op draagt. Ik doe hem op myn wyze Hollandtsch spreken. Ik volg't Latyn en Fransch, daar Beza klaagt. Men hoor'hem om een zaalig ende smeken. De grootste Dagh der grootste vreught of rouw Kan hier zyn schets uit Baarles woorden malen , Myn Vader door den bandt der huwlykstrouw ; Dit Nederduitsch wou zyn Latyn vertalen (Aan den zelven Heer) (Geeraert Brandt, Poëzy, 1688 - books.google.fr, Thierry Allain, Geeraert Brandt, Dictionnaire des Pays-Bas au Siècle d'or, 2018 - www.google.fr, A. Beekman, Influence de Du Bartas sur la littérature néerlandaise, 1912 - books.google.fr).

 

Barbara, Vajra (Bajra)

 

Le mot composé français «foudre-diamant» ne rend qu'imparfaitement la signification complexe du terme sanskrit «vajra». Aux deux sens primordiaux de foudre et de diamant, le mot indien ajoute l'idée de lumière, de chaleur purificatrice, d'imputrescibilité et de membre viril. Ces diverses notions jouent des rôles si importants dans le bouddhisme ésotérique indien que les textes autochtones dénomment souvent cette école «Vajrayâna», «Véhicule du diamant». Le vajra constitue l'un des instruments rituels fondamentaux du bouddhisme tantrique. Il est présent dans la plupart des liturgies. Il est de même attesté dans toutes les branches du bouddhisme ésotérique, quelles que soient les aires ulturelles envisagées. Sa forme évoque celle d'un petit haltère aux extrémités ajourées. Lorsqu'il est associé à la clochette (ghantâ, dril-bu), il symbolise le «moyen» utilisé pour atteindre l'Eveil, et la clochette la «sagesse» propre à cette illumination. Leur utilisation conjointe , lors de certains gestes canoniques ( mudra ) , représente l ' union de ces deux principes complémentaires. Les vajra et le manche des clochettes comptent cinq ou neuf branches l'axe central. Cette particularité ne paraît liée ni à l'orientation sectaire, ni à la divinité concernée. Une tradition tibétaine voudrait que le métal utilisé pour la fabrication de certains objets rituels, particulièrement le fer, provienne de météorites, en effet nombreux sur le plateau tibétain (Gilles Béguin, Art ésotérique de l'Himâlaya: catalogue de la donation Lionel Fournier, 1990 - books.google.fr).

 

De cette fameuse troisième fenêtre de la tour où elle fut enfermée, sainte Barbe voulait en faire le signe de la Sainte Trinité où l'avait plongée son baptême. [...] Une fenêtre permet aussi de voir à l'extérieur. [...] Je ferais volontiers un rapprochement avec un rite symbolique pratiqué par les moines tibétains qui, parvenus à un haut degré de connaissance de Dieu, célèbrent ce qu'ils appellent «l'ouverture du troisième œil», celui qui voit l'invisible

 

L'incendie de la tour où était enfermée Barbe et dont elle a réchappé grâce à ses amies l'a fait choisir comme patronne par les pompiers et par de nombreuses professions en lien avec le feu. Cet épisode mouvementé de la vie de Barbe est porteur de significations intéressantes. Quels qu'aient pu être les motivations du père de Barbe et les effets dévastateurs du feu qu'il avait allumé, dépassons les aspects légendaires de l'événement pour rechercher ce qu'il suggère. Dans l'Évangile, Jean-Baptiste, parlant de Jésus, disait : «Il vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu.» Ce feu dont parle Jean, symbolise l'action de Dieu qui purifie, comme l'or est purifié au creuset. Barbe, échappant au feu, manifesterait sa sainteté et sa pureté (Joseph Proux, Fêtes en Église, Tome 2, 2017 - www.google.fr/books/edition).

 

Si les artilleurs invoquent saint Barbe comme patronne, c'est aussi pour qu'ils soient protégés de l'explosion malencontreuse de leurs engins à leurs dépens (Joseph Proux, Fêtes en Église, Tome 2, 2017 - www.google.fr/books/edition).

 

Cf. quatrain suivant VIII, 46 sur la mort du Chevalier de Guise tué par l'explosion d'un canon.

 

Vajravarahi (littéralement truie de diamant), traduit en tibétain par Dorjé Naljorma, et en chinois pinyin : Jingang haimu (le 12e rameau correspondant au signe du cochon en astrologie chinoise et tibétaine), est une forme de Vajrayogini. Elle est la consœur de Chakrasamvara. Elle représente la sagesse, considérée comme l'impératrice de la danse ou une représentation bouddhiste de Shakti. Vajravarahi représente la passion et la compassion, l'ignorance autant que la sagesse de la matrice compatissante génératrice de tous les phénomènes (fr.wikipedia.org - Vajra Varahi).

 

Va, c'est la compassion. Ja, c'est la vacuité. Ra, c'est l'un des deux morphèmes du dehors ou du passé qui n'ont pas la lettre ra. Le son hi, c'est la non-perception des causes (h-etvanypalabdh-i). Ainsi Varahi précédée de Vajra (Vajra Varahi), c'est la purification au Sens Ultime. Le triangle, c'est la purification du corps, de la parole, de la pensée. Comme la cause et l'effet sont indivisibles, le triangle (exprime) l'égalité dharmodaya (Indian Studies: Volume in Honour of Edward James Rapson, 1985 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2063 sur la date pivot 1581 donne 1099, date de la prise d’Al Qods par les croisés.

 

Dans la version du chanoine Albert d'Aix (Aix-la-Chapelle), dont on considère généralement le Liber christianae expeditionis pro ereptione... Hierosolymitanae ecclesiae comme une des meilleures sources de renseignements, de la prise de Jérusalem, ce seraient deux chevaliers tournaisiens, deux frères, Ludolfe et Engelbert, qui après avoir participé à toute la manœuvre de la tour roulante dans laquelle se trouvaient également Godefroid de Bouillon et son frère Eustache, s'élancèrent les premiers sur les murs de la ville assiégée (Paul Rolland, Les croisades et le Tournaisis. In: Revue du Nord, tome 24, n°95, août 1938 - www.persee.fr).

 

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