La chasse au cerf

La chasse au cerf

 

VIII, 82

 

2090-2091

 

Ronge long secs faisant du bon valet,

A la parfin n'aura que son congie :

Poignant poyson, & lettres au collet,

Sera saisi eschappe en dangie.

 

"ronge" : le cerf

 

Le Cerf fait le Ronge, c'est à dire qu'il rumine (François-Antoine Pomey, Le Dictionnaire royal, augmenté. Seconde édition, enrichie... d'un petit traité de la Venerie et de la Fauconerie, 1671 - www.google.fr/books/edition).

 

"lettres au collet"

 

Car ainsi que porte l'histoire ancienne des Roys de France, comme une fois iceluy Roy Charles sixieme s'occupoit au plaisir de la chasse prez Senlis fut trouu√© prins au milieu des laz un cerf qui auoit au col une chesne ou collier de cuiure dor√© ou estoit escrit en caracteres anciens C√¶sar hoc mihi donauit. Et de l√† en auant le Roy de son propre mouuement volut porter en sa deuise un cerf vollant ayant une couronne au col, & partout o√Ļ on mettoit ses armes y auoit deux cerfs vollans qui les soustenoicnt d'vn cost√© & d'autre en ceste sorte (Claude Malingre, Traict√© de la loy salique, armes, blasons et deuises des Fran√ßois, 1614 - www.google.fr/books/edition).

 

Cela se passait vers juillet 1382 (Anne Lombard-Jourdan, Aux origines de carnaval, 2005 - www.google.fr/books/edition).

 

"poison" et contre poison

 

A mi-chemin entre la fontaine biblique √† laquelle l'√Ęme aspire et la fontaine de Jouvence, on voit la lutte du cerf et de serpent splendidement exalt√©e √† la fin du XIIIe chez Brunetto Latini et vers 1320 chez Nicole Bozon : "Quand le cerf veut d√©poser vieillesse ou maladie, il lutte contre le serpent, le mange et court √† la fontaine". En cette mani√®re, il mue son poil et ses cornes et les jette loin de lui... et pour cela Alexandre faisait mettre des cercles d'or autour de son cou". La victoire sur le mal et la victoire sur la mort sont donc li√©es et le cerf est consid√©r√© comme ayant triomph√© de l'un comme de l'autre. Un nouveau style de litt√©rature technique d√©riv√©e de l'histoire naturelle appara√ģt avec les livres de la chasse dans la deuxi√®me moiti√© du XIIIe. Ceuxci ne se consacrent gu√®re √† la chasse √† courre du cerf que dans la deuxi√®me moiti√© du XIVe, car jusque l√† la chasse nobiliaire est plut√īt la chasse au faucon, et le cerf se chasse longtemps aux rets et aux fl√®ches. Si Gace de la Buigne ne nous est gu√®re utile, Gaston Phoebus donne une classique description du combat du cerf et de sa r√©g√©n√©ration dans la fontaine. Il est le premier √† affirmer qu'il s'agit d'une chasse nobiliaire par excellence : "Est b√™te de droite noblesse et gentillesse... Chasser le cerf est noble chose... les veneurs vont au paradis quand ils meurent". Les lois de la chasse pour le temps de paix font pendant aux lois de la guerre et permettent √† la noblesse d'√©viter oisivet√© et vice. Hardouin de Fontaine Gu√©rin, dont le Tr√©sor de V√©nerie est post√©rieur de peu √† l'oeuvre de Phoebus, partage ses vues sur le caract√®re strictement nobiliaire d'une chasse au cerf qu'il ritualise encore plus :

 

On vit du temps passé un cerf prendre

Qui avait à son col un collier doré

Bien lettré et bien labouré

Et avait dessus écrit

"Des cerfs Jules Cesar suis"

 

Ce cerf captur√© par Charles VI aurait eu sept cent ans (!). Or ce texte fut √©crit vers 1394 dans l'entourage des ducs d'Anjou et refl√®te assez bien les opinions de l'entourage royal. Au XVIe si√®cle encore, ‚Äúvivre des ann√©es de cerf‚ÄĚ signifiait vivre longtemps ou m√™me √©ternellement. On en d√©duisit tr√®s logiquement, chez Pline comme chez Gaston Phoebus, l'efficacit√© des cornes ou du poil ou de l'os de coeur de cerf contre le poison ou ses cons√©quences (fr√©n√©sie, folie). L'os du coeur de cerf, d'apr√®s le Tr√©sor de V√©nerie, prend la forme d'une croix le 3 mai et le 15 septembre, f√™tes de l'Exaltation de la Croix qui marquent le d√©but et la fin de la cervaison, c'est-√†-dire de la p√©riode normale de chasse aux cerfs. Il y a donc de ces cartilages dans les inventaires royaux, dans la pharmacop√©e de l'Antidotaire Nicolas √† la fin du XIVe ou dans le Miroir des Apothicaires de Symphorien Champier. Ils servent comme talismans ou comme rem√®de contre le poison, les douleurs de chef, la folie. On peut supposer que la moindre utilisation apr√®s 1392-94 par Charles VI de la devise au cerf volant est due, entre autres, √† des doutes sur l'efficacit√© th√©rapeutique de celle-ci ! Les litt√©ratures techniques am√®nent donc √† des conclusions un peu diff√©rentes des sources religieuses. Si le cerf est dans les deux cas li√© √† la vie √©ternelle et √† la lutte contre le mal, il est tout autant un symbole nobiliaire qu'un symbole christologique. Les textes proprement litt√©raires refl√®tent aussi cette ambivalence. Le cerf y est un messager c√©leste fr√©quent, destin√© souvent √† des membres de la dynastie royale, prot√©g√©s de Dieu en situation difficile. Parmi les pr√©d√©cesseurs de Charles VI qui furent b√©n√©ficiaires d'une telle r√©v√©lation, citons Clovis, Dagobert et Charlemagne. Pour Gr√©goire de Tours, Clovis arr√™t√© devant la Vienne en crue, pria le Seigneur et vit alors appara√ģtre une biche qui montra le gu√© √† l'arm√©e et lui permit ainsi de vaincre l'h√©r√©tique wisigoth. Les Grandes Chroniques reprennent et amplifient le passage. N√©anmoins, ce pr√©c√©dent n'est jamais √©voqu√© avant la deuxi√®me moiti√© du XVe si√®cle (Colette Beaune, Costume et pouvoir en France √† la fin du Moyen √āge : les devises royales vers 1400, in Moyen √āge flamboyant : XIVe-XVe si√®cles, Revue des Sciences Humaines 183, 181 - www.google.fr/books/edition).

 

Rappelons que, selon les auteurs classiques et médiévaux, le cerf, après avoir dévoré le serpent dont le venin l'échauffe et le dessèche, éprouve la nécessité incoercible de boire, puis, sa soif assouvie, le besoin de s'agiter pour combattre et évacuer à tout prix le poison qu'il vient d'ingérer et qui menace de circuler jusque dans ses veines (Anne Lombard-Jourdan, Aux origines de carnaval, 2005 - www.google.fr/books/edition).

 

"bon valet"

 

"Et puisqu'il est valet (varlet) de chiens, je le veux promouvoir et faire aide et lui enseigner comment il sera bon aide comme il est bon valet de chiens. Toutefois je conseille qu'il ait pour cela l'√Ęge de vingt ans, de sorte que toute sa vie il ait hant√©, comme j'ai dit, les chiens, sauf les sept ans qu'il avait, quand je le fis page.[...]

 

Je veux maintenant, puisque cet enfant a √©t√© bon page et bon valet de chiens et que le voici bon aide, qu'il devienne bon veneur. Et je lui veux apprendre comment il doit chasser et rechasser, requ√©rir et prendre le cerf √† force et par ma√ģtrise.[...]

 

C'est pourquoi le veneur en chassant le chevreuil apprend à bien chasser toutes les autres bêtes. Car il demeure et tournoie plus en son pays que nulle autre bête.[...]

 

Et c'est belle ma√ģtrise et belle chose que de bien savoir tuer un sanglier de l'√©p√©e.[...]

 

Apr√®s avoir dit comment on doit chasser les b√™tes sauvages √† force, ,je veux dire comment on les prend par ma√ģtrise et au moyen de quels engins car il me semble que nul n'est parfait veneur s'il ne sait prendre les b√™tes √† force et par engin. Mais je n'en parlerai pas volontiers car je ne devrais enseigner √† prendre les b√™tes que par noblesse et gentillesse et pour y prendre agr√©ment. Il y aurait ainsi plus de b√™tes si on ne les tuait pas faussement et on en trouverait toujours √† chasser.[...]

 

Comme j'ai dit au début de mon livre que les bons veneurs vivent longtemps et joyeusement et à leur mort vont au paradis. Je veux enseigner à tout homme à être veneur de façon ou d'autre. J'affirme que s'il n'est bon veneur il n'entrera jamais en paradis.[...]

 

C'est pourquoi je voudrais, puisque je suis veneur, que chacun fut aussi simple que je suis.[...]" (Gaston Phébus, Livre de chasse - classes.bnf.fr).

 

C'est de vénerie seulement que Gaston s'est occupé. Il a commencé son livre le 1er mai 1387 (Joseph Lavallée, La Chasse de Gaston Phoebus, 1854 - www.google.fr/books/edition).

 

"que son congie" et "eschappé en dangie"

 

Le valet de vénerie ne sera pas d'utilité dans la chasse à laquelle fait allusion le quatrain.

 

Le cerf de Senlis sera remis en liberté par Charles VI.

 

Une autre version de l'hommage du cerf √† Charles VI est le songe du roi en 1382 dans lequel, pr√®s Arras o√Ļ il n'√©tait jamais all√©, il enfourche un cerf ail√©, lors d'une chasse au faucon (Anne Lombard-Jourdan, Aux origines de carnaval, 2005 - www.google.fr/books/edition).

 

La curée : "sec"

 

Le Gentil-homme de la Venerie qui aura est√© chercher vne charrette, & le valet de limier qui aura gard√© le Cerf, le doiuent faire charger, & tous les deux le doiuent accompagner, puisque ce sont eux qui en doiuent r√©pondre, iusques √† ce qu'il soit conduit au quartier de la Venerie, & d√©charg√© dans le chenil, en la garde des valets de chiens; & quant au lieu destin√© pour y faire la cur√©e, ce doit estrevne belle & grande place herbu√ę, afin que la venaison ne se gaste pas dans la poudre; & si tost que le Cerf eft entre leurs mains, ils doivent prendre leurs couteaux pour ofter la nape du Cerf, & le preparer pour en faire la cur√©e √† leurs chiens qui sont dans le chenil, o√Ļ il doit auoir deux valets de chiens aupres d'eux pour les empescher de crier & se battre, √† cause du vent qu'ils auront du Cerf. Les valets de chiens le mettront sur le dos, fo√Ľtenu de son bois; & si c'est dans le temps de la Cerfuaison, il faut qu'ils ayent fait prouision d'un crochet de bois pour y mettre & accrocher les menus droits qui appartiennent au Roy, & commencer par la coupe des bouts de la teste qui en sont mols, & iusques au dur : car le reste doit seruir √† faire de l'eau, & mettre ces bouts de teste dans vne seruiette blanche; puis ils leueront les dintiers, le bout du mufe, & les aureilles qu'ils mettront au crochet par une fente qu'ils auront faite √† la peau: cela estant, ils commenceront √† luy oster la nappe, la fendant sous la gorge, & iusques o√Ļ ont est√© les dintiers. Apres ils prendront le pied droit dont ils couperont la peau alentour de la iambe, & la fendront iusques au noyau de la poitrine, & les autres valets de chiens, ou pour le moins deux, en peuuent faire de mesme √† ceux de derriere, cependant que deux tiennent les deux autres pieds, & pour l'ouuerture de la peau des iambes de derriere, elle doit aller le long du dedans des cuisses iusques aux dintiers, & apres ils d√©po√ľilleront les iambes, & en suite le corps. Ce qu'estant fait, on luy doit laisser la nappe sous le corps pour leuer la langue, & le reste des menus droits, coupans les quatre noeuds qui sont au defaut des √©paules & des cuisses qu'ils mettront pareillement au crochet. L'on doit fendre le Cerftout le long du ventre, & en oster la panse, sans le rompre ny couper, afin de ne pas gaster la venaison de ce qui sortiroit de ce sac, que l'on doit donner aux petits ou grands valets de chiens ordinaires, & en leur absence, √† ceux qui sont en quartier, pour l'aller vuider & lauer o√Ļ est la franc boyau, qui est encores des menus droicts, qui se doit mettre au crochet, & pour le membre du Cerf, il doit estre leu√©, dont les valets de chiens doiuent auoir soin de se lauer, nettoyer & le mettre tremper vingt-quatre heures dans du fort vinaigre, & apres l'en tirer, pour le faire secher au four, ou au Soleil, selon la saison; pour quand il sera sec, le remettre au maistre valet de chiens, qui le doit donner au Lieutenant, ou au grand Veneur, s'il le veut, dont la vertu est de guarir le flux de sang. Comme l'os que l'on doit tirer du coeur du Cerf, que l'on appelle vulgairement, Croix de Cerf, qui doit estre seulement nettoy√© de sa chair & feich√©. Il faut donner le cŇďur, vne partie du foye & de la ratte aux valets de limiers, pour le droict de leurs limiers,qui leur doiuent faire manger par petits morceaux, apres les auoir mis deuant la teste du Cerf, que l'on aura leu√© du Maf sacre o√Ļ ils les tiendront quelque temps , les vns deuant les autres pour les animer. Alors on leuera les √©paules, dont la droicte appartient √† celuy qui a laiss√© courre le Cerf : & l'autre aux Gentils-hommes de la Venerie. Les petits filers doiuent estre encore au Roy, & lecimier au grand Veneur. Les grands filets aux Lieuten√°t & sous-Lieutenant de la Venerie. Les foccilets & les nombres, aux valets de limiers, & le col aux valets de chiens. Et quant au bois duCerf, il doit estre port√© au Roy. On doit avoir conseru√© le sang dans vn sceau. ou chauderon, aussi-tost que l'on a ouuert le Cerf. Il faut aussi auoir fait prouision de deux ou trois sceaux de laict venant du py de la vache, ou au moins qu'il ne soit pas √©cr√©m√©, ny aigre; ce qui feroit mal aux chiens. Les valets de chiens ayant apport√© le fac & les boyaux, bien lauez & nettoyez, ils les couperont par petits morceaux,auec le reste de la ratte & du foye, & force pain aussi, par petits morceaux, & m√©leront le tout dans le sang & le laict, qui sera dans vn grand banquet, ou deux (s'il ne suffit d'vn) bro√ľillant le tout auec les mains, & le laisseront vn peu de temps, pour faire imbiber le pain : & apres, vous mettrez sur la nape du Cerf (qui est la peau) que vous aurez √©tendu√ę sur le drap de cur√©e, qui doit estre de toille forte, assez grand & carr√© : & peu de temps apres que vous aurez mis la mou√©e fur la nappe, vn des valets de chiens la doit oster : & les autres doiuent prendre le drap de cur√©e par les coings, pour remuer & r√©ler la mo√ľ√©e, iusques √† ce que le pain soit imbu du sang & du laict : & dans l'Hyuer que l'on ne trouue pas du lai&t facilement, l'on doit prendre huict ou dix liures de sein doux, selon la quantit√© de chiens que l'on a, pour faire la mo√ľ√©e grosse ou petite, lequel l'on fait fond:e & m√©ler auec de l'eau & bo√ľillir dans vne chaudiere, que l'on met tout chaud dans un grand bacquet, o√Ļ est le pain en petits morceaux, & le dedans du Cerf, que l'on remu√ę auec des baftons. Le Maistre-valet de chiens doit auoir fait couper force houslines par ses compagnons, qui soient de bois de bouleau, ou de coudre, & non de bois puant & de rouynette, qui donne le flux de sang. Cette preparation estant faite, il doit aller dire au Lieutenant de la Venerie, ou √† celuy qui commandera dans le quartier, que la cur√©e est preste : & apres, il doit reuenir donner le reste de ses ordres, comme de faire mettre le coffre du Cerf dans vne belle place herbu√ę, √† cinquante pas de la mo√ľ√©e, & le forthu √† mesme diftance (si c'en et la saison) qui est le temps de la Cerfuaison. Ce forchu, sont les petits boyaux du Cerf, que l'on doit mettre au bout d'vne fourche de bois, dont on aura √©mouss√© les bouts, de peur qu'elle ne picque les chiens, & donner ordre aux valets de chiens de se tenir partie dans le chenil, & l'autre dehors, aux ailes, pour conduire & faire aller les chiens √† la mou√©e, & que ceux qui seront dans le chenil, se tiennent √† la porte,pour l'ouurir tout d'vn temps, & la tenir ouuerte, afin que les chiens ne s'y heurtent pas de la hanche en passant, o√Ļ ils se pourroient √©treufler, & que l'on couple & tienne les chiens qui sont trop gras, pour ne les decoupler qu'apres que les autres auront est√™ quelque temps √† la mo√ľ√©e (Robert de Salnove, La venerie royale: divis√©e en IV parties, qui contiennent les Chasses du Cerf, du Lievre, du Chevreuil, du Sanglier, du Loup, & du Renard, 1665 - www.google.fr/books/edition).

 

Charles VI et Gaston

 

Le voyage que le roi Charles VI fit en 1390, dans le midi de la France, donna encore lieu √† Gaston de d√©ployer sa magnificence. A Toulouse, Le roi eut en particulier de longues conf√©rences avec le comte de Foix. Celui-ci n'avait plus d'h√©ritier en ligne directe. Ses Etats devaient passer √† un collat√©ral, Matthieu de Castelbon, son cousin, dont il croyait avoir √† se plaindre. Il pr√©f√©ra laisser, apr√®s sa mort, ses domaines au roi. Il lui en fit donation. Charles VI quitta Toulouse le 7 janvier 1390. D√®s qu'il eut mis le pied sur les terres du comte, Gaston ne n√©gligea rien pour recevoir dignement son h√īte.

 

Olhagaray rapporte aussi qu'un des premiers comtes de Foix, Rogier II, ¬ęestant all√© √† la chasse du cerf avec Madame Exim√®ne, fort content et joyeux ce jour-l√†, ayant couru longtemps, lass√© d'une si longue corv√©e, l'heure du diner passant, il se voulut refreschir; et comme on lui donnoit √† boire, ayant prins quelque morceau d'un past√© de sanglier, il tomba de son si√©ge et, roulant les yeux en la teste, mourut sans mot dire.¬Ľ Ce fut aussi √† la suite d'une partie de chasse que Gaston Phoebus rendit l'√Ęme (Joseph Lavall√©e, La Chasse de Gaston Phoebus, 1854 - www.google.fr/books/edition).

 

"Ronge long" : Le Rongelon

 

Près de Saint Hubert en Belgique (Province de Luxembourg) se trouve le lieu-dit Le Rongelon (Vesqueville). Saint Hubert est le patron des chasseurs (Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, 2005 - www.google.fr/books/edition).

 

Tandis que dans les plus anciennes statues saint Hubert est figur√© en √©v√™que sans le cerf, le cerf para√ģt toujours dans les anciennes images de saint Eustache. M. Demarleau pense qu'une co√Įncidence de dates a aid√© √† la confusion des deux l√©gendes. Ce qui ach√®ve d'expliquer la confusion de la conversion de l'officier pa√Įen avec celle que l'on pr√™te √† saint Hubert, c'est que dans notre pays - les vieux calendriers de Stavelot et de Tournai en font foi, comme ceux d'Angleterre, les martyrologes d'Usuard, d‚ÄôAdon, et nos plus anciens br√©viaires, - la f√™te de saint Eustache se c√©l√©bra longtemps le 1er, le 2, le 4 ou le 3 novembre, √† la m√™me date que celle de saint Hubert. Dans l'iconographie chr√©tienne, le cerf crucif√®re est l'attribut de quatre saints, saint Eustache, saint Jean de Matha, saint F√©lix de Valois, et saint Hubert d'Ardenne (Henri Gaidoz, La rage & St. Hubert, 1887 - www.google.fr/books/edition).

 

Acrostriche : RAPS

 

Noms signifiant "graine de navet" - L'allemand standard oppose Raps, colza √† R√ľbsen, navette. Ces deux noms d'origine diff√©rente avaient au d√©part le m√™me sens de "graine de navet". Le plus ancien semble √™tre R√ľbsen, contraction de R√ľbsamen du m.h.all. ruobesame. Il a √©t√© emprunt√© en dan., norv. su√©d. rybs, fin. rypsi. Raps n'apparait qu'au 18√®me si√®cle, et vient du b.all. rapsad, qui correspond au n√©erl. raapzaad et √† l'ang. rape seed (Kluge). Mais alors que ces derniers noms d√©signent la navette, Raps a pris le sens de colza. L'allemand du sud connait aussi une forme Reps, que Metzger (1833) utilise dans un sens plus g√©n√©ral, opposant R√ľbenreps, navette, √† Kohlreps colza. D'apr√®s Kluge, l'ang. rape serait plus ancien que rape seed. Il a pu se sp√©cialiser au sens de colza parce que le navet se disait turnip. Pour d√©signer la navette, l'anglais ajoute un d√©terminant : turnip rape ou bird rape, ce qui indique sa faible importance en Grande-Bretagne (Michel Chauvet, Les noms des crucif√®res alimentaires √† travers les langues europ√©ennes, Tome 1, 1985 - www.google.fr/books/edition).

 

L'os du coeur de cerf et les graines de navet sont des anti-poisons selon l'ancienne pharmacopée (Les commentaires de M. P. André Matthiole, medecin sienois, svr les six livres de la matiere medecinale de Pedacivs Dioscoride, Anazarbéen, traduit par Antoine Du Pinet, 1680 - www.google.fr/books/edition).

 

Typologie

 

Le report de 2091 sur la date pivot 1382 donne 673.

 

Le consolateur des enrag√©s parut enfin. Vers l'an 670, St.-Hubert naquit de Bertrand, duc d'Aquitaine. Les Chroniques du temps nous apprennent qu'il embrassa le sacerdoce, se rendit √† Rome et s'y distingua par ses bonnes-Ňďuvres et sa pi√©t√©. Une belle nuit, un ange appara√ģt au pape S. Sergius, lui annonce que St. Lambert, √©v√™que de Ma√ęstricht, vient d'√™tre assassin√©, et lui donne ordre, de la part de Dieu, de sacrer Hubert √† la place du d√©funt. Le pape h√©site. Pour lui prouver qu'il ne lui en impose point, l'ange transporte √† l'instant, de Maestricht √† Rome, le b√Ęton pastoral de St, Lambert, et le d√©pose sur le chevet du lit de S. S.

 

Mais, lorsqu'il s'agit de donner l'onction √©piscopale √† Hubert, celui-ci la refuse avec humilit√©, quoique des anges lui offrent des v√™temens pontificaux. Voyant qu'on ne peut vaincre sa r√©sistance, un jeune s√©raphin s'empresse de revoler vers le Paradis, et en rapporte une √©tole destin√©e par la vierge au saint √©v√™que. Hubert se r√©signe, accepte l'√©tole et se laisse docilement sacrer. Bient√īt un autre miracle s'op√©re pendant la c√©r√©monie, St. Pierre lui-m√™me arrive, remet une clef d'or au nouvel √©v√™que, et le pr√©vient que, par la vertu de cette clef, il chassera les d√©mons des corps dont ils auront fait leur g√ģte, gu√©rira les enrag√©s, et m√™me qu'avec des parcelles de l'√©tole, il pr√©viendra la possession et la rage. On sait quelle c√©l√©brit√© cette √©tole et cette clef ont acquis depuis. ¬ęLes parcelles qu'on a d√©tach√©es de l'√©tole, dit l'auteur de la vie de St.-Hubert, suffiraient, si elles √©taient r√©unies, pour former plus de cent mille √©toles, et cependant la premi√®re a toujours conserv√© la m√™me ampleur.¬Ľ (L'Esprit des journaux, fran√ßois et √©trangers, Num√©ros 10 √† 11, 1817 - www.google.fr/books/edition).

 

On le fait na√ģtre aussi en 656 ou 658 (Joseph √Čpiphane Darras, Histoire g√©n√©rale de l'√Čglise depuis la Cr√©ation jusqu'√† nos jours, 1872 - www.google.fr/books/edition).

 

Lorsqu'il fut en √•ge de para√ģtre √† la cour, ses parents l'envoy√®rent aupr√®s de Thierry III (ou Th√©odoric), qui commen√ßa √† r√©gner en 670 (M. Barraud, Vitraux de la cath√©drale de Beauvais, M√©moires, Volume 3, Soci√©t√© Acad√©mique d'Arch√©ologie, Sciences et Arts de l'Oise, Beauvais, 1856 - www.google.fr/books/edition).

 

Vers la fin de l'ann√©e 673, Thierry III, petit-fils de Dagobert, resta seul h√©ritier des trois couronnes, malgr√© les maneuvres s√©ditieuses tent√©es par Ebro√Įn (Fran√ßois Can√©to, Saint Hubert sa l√©gende, son si√®cle et les monuments relatifs √† son culte, 1865 - www.google.fr/books/edition).

 

Ce fut vers l'an 670 que saint Lambert ou Lantbert fut promu à la dignité épiscopale à Maastricht (Mathieu Lambert Polain, Esquisses ou récits historiques sur l'ancien pays de Liège, 1842 - www.google.fr/books/edition).

 

nostradamus-centuries@laposte.net