Henri IV de Castille

Henri IV de Castille

 

X, 14

 

2187-2188

 

Urnel Vaucile sans conseil de soy-mesme,

Hardy timide par crainte prins vaincu,

Accompagnez de plusieurs putains blesmes,

A Barcelonne aux Chartreux convaincu.

 

Satire

 

Une composition qui se rapproche plus intimement de l'esprit du drame et en particulier de la forme que prit d'abord le drame profane en Espagne, c'est le curieux dialogue intitul√© Coplas de Mingo Revulgo, Couplets de Mingo Revulgo. C'est une satire, sous la forme d'une √©glogue, et dans le langage libre et anim√© des basses classes du peuple, sur la condition d√©plorable des affaires publiques, durant la derni√®re partie du r√®gne impuissant de Henri IV. Cette satire semble avoir √©t√© √©crite vers l'ann√©e 1472. Les interlocuteurs sont deux bergers : l'un s'appelle Mingo Revulgo, par corruption du nom Domingo Vulgus, et il repr√©sente le peuple; l'autre s'appelle Gil Arribato, ou Gil l'Elev√©, et il repr√©sente les hautes classes. Gil parle avec l'autorit√© d'un proph√®te qui, tout en d√©plorant la ruineuse condition de l'√Čtat, ne laisse pas de d√©verser une grande partie du blame sur la multitude qui l'a, comme il dit, par sa faiblesse et ses fautes, laiss√© tomber sous la conduite d'un pasteur aussi dissolu, aussi indolent. Le po√ęme commence par les exclamations d'Arribato, voyant, un dimanche matin, de loin, Revulgo mal v√™tu et l'air morne. [...] Revulgo r√©pond que l'√©tat du troupeau gouvern√© par un berger si incapable est la cause de sa mis√©rable condition. Alors, sous l'all√©gorie, il entreprend une satire mordante, mais vraie, contre les mesures du gouvernement, la bassesse et la l√Ęchet√© du caract√®re du roi, sa scandaleuse passion pour sa favorite portugaise, et contre l'indolence et l'indiff√©rence ruineuse du peuple, et il finit par l'√©loge du contentement que l'on trouve dans une honn√™te m√©diocrit√©. Le dialogue entier ne se compose que de trente-deux stances de neuf vers chacune, mais il produisit une grande impression dans son temps. Il a √©t√© souvent imprim√©, dans le si√®cle suivant, et il a √©t√© deux fois √©clairci par de savants commentaires. Velasquez (Origines, pag. 52) suppose que Mingo Revulgo est une satire contre D. Juan II et sa cour; mais elle s'applique plus naturellement et plus v√©ritablement √† l'√©poque de Henri IV, et on l'a toujours regard√©e comme dirig√©e contre cet infortun√© monarque. La sixieme strophe semble √©videmment faire allusion √† sa passion pour Do√Īa Guiomar de Castro (George Ticknor, Histoire de la litt√©rature espagnole: depuis les origines jusqu'√† Charles-Quint, Tome 1, traduit par Joseph Germain Magnabal, 1864 - books.google.fr).

 

Henri IV de Castille était livré à la débauche avec sa Cour.

 

En Espagne, les princes chr√©tiens avaient toujours √©t√© divis√©s. La race de Henri Transtamare, b√Ętard usurpateur (puisqu'il faut appeler les choses par leur nom), r√©gnait toujours en Castille; et une usurpation d'un genre plus singulier fut la source de la grandeur espagnole. Henri IV, un des descendans de Transtamare, qui commen√ßa son malheureux r√®gne en 1454, √©tait √©nerv√© par les volupt√©s. Il n'y a jamais eu de cour enti√®rement livr√©e √† la d√©bauche, sans qu'il y ait eu des r√©volutions, ou du moins des s√©ditions. Sa femme, dona Juana , que j'appelle ainsi pour la distinguer de sa fille Jeanne et des autres princesses de ce nom, fille d'un roi de Portugal, ne couvrait ses galanteries d'aucun voile. Peu de femmes dans leurs amours eurent moins de respect pour les biens√©ances. Le roi don Henri IV passait ses jours avec les amants de sa femme, ceux-ci avec les maitresses du roi. Tous ensemble donnaient aux Espagnols l'exemple de la plus grande mollesse et de la plus effr√©n√©e d√©bauche. Le gouvernement √©tant si faible, les m√©contens , qui sont toujours le plus grand nombre en tout tems et devinrent tr√®s forts en Castille. Ce royaume √©tait gouvern√© comme la France, l'Angleterre, l'Allemagne et tous les √©tats monarchiques de l'Europe l'avaient √©t√© si long-temps. Les vassaux partageaient l'autorit√©. Les √©v√™ques n'√©taient point princes souverains comme en Allemagne; mais ils √©taient scigneurs et grands vassaux ainsi qu'en France. Un archev√™que de Tol√®de, nomm√© Carillo, et plusieurs autres √©v√™ques, se mirent √† la t√™te de la faction contre le roi. On vit renaitre en Espagne les m√™mes d√©sordres qui afflig√®rent la France sous Louis-le-D√©bonnaire, qui sous tant d'empereurs tronll√®rent l'Allemagne, que nous verrons reparaitre en tout pays, encore en France sous Henri III, et d√©soler l'Angleterre sous Charles Ier. (1465) Les rebelles, devenus puissans, d√©poserent leur roi en effigie. Jamais on ne s'√©tait avis√© jusque l√† d'une pareille c√©r√©monie. On dressa un vaste th√©√Ętre dans la plaine d'Avila. Une mauvaise statue de bois repr√©sentant don Henri, couverte des habits et des ornemens royaux, fut √©lev√©e sur ce th√©√Ętre. La sentence de d√©position fut prononc√©e √† la statue. L'archev√™que de Tol√®de lui √īta la couronne, un antre l'√©p√©e, un autre le sceptre, et un jeune fr√®re de Henri, nomm√© Alfonse, fut d√©clar√© roi sur ce m√™me √©chafaud. Cette com√©die fut accompagn√©e de toutes les horreurs tragiques des guerres civiles. La mort du jeune prince, √† qui les conjur√©s avaient donn√© le royaume, ne mit pas fin √† ces troubles. L'archev√™que et son parti d√©clar√®rent le roi impuissant dans le tems qu'il √©tait entour√© de ma√ģtresses ; et, par une proc√©dure inou√Įe dans tous les √©tats, ils prononc√®rent que sa fille Jeanne √©tait b√Ętarde, n√©e d'adult√®re, incapable de r√©gner. On avait auparavant reconnu roi le b√Ętard Transtamare, rebelle envers son roi l√©gitime; c'est √† pr√©sent un roi legitime qu'on d√©tr√īne, et dont on d√©clare la fille b√Ętarde et suppos√©e, quoique n√©e publiquement de la reine, quoique avou√©e par son p√®re. Plusieurs grands pr√©tendaient √† la royaut√©; mais les rebelles se r√©solurent √† reconnaitre Isabelle, soeur du roi, √Ęg√©e de dix-sept ans, plut√īt que de se soumettre √† un de leurs √©gaux ; aimant mieux d√©chirer l'√©tat au nom d'une jeune princesse encore sans cr√©dit, que de se donner un ma√ģtre. L'archev√™que, ayant donc fait la guerre √† son roi au nom de l'infant, la continua au nom de l'infante : et le roi ne put enfin sortir de tant de troubles et demeurer sur le tr√īne, que par un des plus honteux trait√©s que jamais souverain ait sign√©s. Il reconnut sa soeur Isabelle pour sa seule h√©riti√®re l√©gitime (1468), au m√©pris des droits de sa propre fille Jeanne; et les r√©volt√©s lui laiss√®rent le nom de roi √† ce prix. Ainsi le malheureux Charles VI, en France, avait sign√© l'exh√©r√©dation de son propre fils. Il fallait pour consommer ce scandaleux ouvrage, donner √† la jeune Isabelle un mari qui f√Ľt en √©tat de soutenir son parti. Ils jet√®rent les yeux sur Ferdinand, h√©ritier d'Aragon, prince √† peu pr√®s de l'√Ęge d'Isabelle. L'archev√™que les maria en secret; et ce mariage, fait sous des auspices si funestes, fut pourtant la source de la grandeur de l'Espagne. Il renouvela d'abord les dissensions, les guerres civiles, les trait√©s frauduleux, les fausses r√©unions qui augmentent les haines. Henri, apr√®s un de ces raccommodemens, fut attaqu√© d'un mal violent dans un repas que lui donnaient quelques uns de ses ennemis r√©concili√©s, et mourut bient√īt apr√®s (1474). En vain il laissa son royaume en mourant √† Jeanne, sa fille , en vain il jura qu'elle √©tait l√©gitime; ni ses sermens au lit de la mort, ni ceux de sa femme, ne purent pr√©valoir contre le parti d'Isabelle et de Ferdinand , surnomm√© depuis le Catholique, roi d'Aragon et de Sicile. Ils vivaient ensemble, non comme deux √©poux dont les biens sont communs sous les ordres du mari, mais comme deux monarques √©troitement alli√©s. Ils ne s'aimaient, ni ne se haissaient, se voyant rarement, ayant chacun leur conseil, souvent jaloux l'un de l'autre dans l'administration, la reine encore plus jalouse des infid√©lit√©s de son mari, qui remplissait de ses h√Ętards tous les grands postes ; mais unis tous deux ins√©parablement pour leurs communs int√©r√™ts, agissant sur les m√™mes principes, ayant toujours les mots de religion et de pi√©t√© √† la bouche, et uniquement occup√©s de leur ambition. La v√©ritable h√©riti√®re de Castille, Jeanne, ne put r√©sister √† leurs forces r√©unies. Le roi de Portugal, don Alfonse, son oncle, qui voulait l'√©pouser, arma en sa faveur (1479); mais la conclusion de tant d'efforts et de tant de troubles fut que la malheureuse princesse passa dans un clo√ģtre une vie destin√©e au tr√īne (Essai sur les moeurs et l'esprit des nations, Oeuvres compl√©tes de Voltaire: Vie de Voltaire, Tome 29, 1828 - books.google.fr).

 

Le prince Alphonse, frère d'Henri IV, traite la reine de prostituée en apprenant qu'elle avait invité sa soeur Isabelle à une de ses bacchanales (Janine Bouissounouse, Isabelle la Catholique: Comment se fit l'Espagne, 1949 - books.google.fr).

 

"chartreux"

 

Au cours du Moyen √āge, les destructions de monast√®res furent nombreuses dans la Couronne de Castille. Certaines d‚Äôentre elles ob√©irent √† des facteurs naturels produits par l‚Äôeau, le feu, les tremblements de terre ou l‚Äôusure du temps. Dans d‚Äôautres cas, les destructions des complexes monastiques furent le fait des nombreux conflits arm√©s, ext√©rieurs ou int√©rieurs, qui eurent lieu au cours des deux derniers si√®cles du Moyen √āge. Enfin, la derni√®re cause des destructions des infrastructures monastiques fut celle des processus violents li√©s aux r√©formes tardo-m√©di√©vales effectu√©es au sein des diff√©rents ordres face √† la r√©sistance des communaut√©s elles-m√™mes.

 

Les agents charg√©s de r√©parer les dommages subis par les monast√®res furent vari√©s. Certaines maisons religieuses ruin√©es par le feu furent reconstruites par le monarque ou par des membres de la famille royale. [...] Dans la r√©cente fondation de la chartreuse de Miraflores, un Incendie se produisit en 1452. Apr√®s le sinistre, la communaut√© s‚Äôinstalla dans la partie qui n‚Äôavait pas br√Ľl√© et l‚Äôon reconstruisit les parties endommag√©es. Lorsque son fondateur, Jean II, d√©c√©da, le chantier n‚Äôavait gu√®re avanc√©, et Il en alla de m√™me durant le r√®gne de son successeur. Le projet de reconstruction fut confi√© √† Jean de Cologne, qui s‚Äôen tint aux Instructions donn√©es par les chartreux. Nous connaissons le plan du chantier qui signalait qu‚Äôil fallait commencer par ¬ę le plus digne ¬Ľ, √† savoir l‚Äô√©glise, laquelle devrait suivre le mod√®le de la chartreuse de Las Cuevas de S√©ville. Dans un deuxi√®me temps, Il faudrait proc√©der √† la reconstruction de la sacristie, de la salle capitulaire, du r√©fectoire et du clo√ģtre ; post√©rieurement, on ach√®verait les vingt-quatre cellules et la ¬ęconrer√≠a¬Ľ avec ses huit pi√®ces et son clo√ģtre. [...] Dans d‚Äôautres cas, les reconstructions des monast√®res furent √† la charge des membres de la noblesse. [...] Le troisi√®me pouvoir qui Intervint dans la reconstruction de monast√®res fut celui des concejos, aussi bien √† titre collectif qu‚Äô√† titre particulier √† travers l‚Äôun de ses membres. Durant la nuit du 30 d√©cembre 1462, un icendie d√©truisit enti√®rement l‚Äô√©glise de Saint-Dominique le Royal de Murcie et une partie des d√©pendances monastiques. Le concejo de la ville contribua √† la r√©cup√©ration du b√Ętiment en accordant 10.000 marav√©dis √† rembourser en deux annuit√©s. La reconstruction fut tr√®s lente et, en 1466, les ¬ęr√©gisseurs¬Ľ d√©cid√®rent de verser leurs traitements pour aider le chantier, un geste qu‚Äôils renouvel√®rent les ann√©es suivantes (Juan Antonio Prieto Sayagu√©s, Les destructions mat√©rielles des complexes monastiques en Castille et le contexte europ√©en au bas Moyen √āge, e-Spania 27, juin 2017 - journals.openedition.org).

 

Les comtes puis les souverains des royaumes chr√©tiens de l'Espagne m√©di√©vale ont pris une part capitale √† la diffusion des ordres cistercien et clunysien du XIe s. au XIIIes., hi√©ronymite et chartreux aux XIVe et XVe s., par fondation ar fondation de monast√®res, par donation de terres et de juridictions, par concession de privil√®ges, par dotation du service religieux de s√©pultures royales. [...] De nombreux monast√®res chartreux, et de l'ordre de Saint J√©r√īme, rel√®vent nominalement au moins du patronage royal (Christian Hermann, L'√Čglise d'Espagne sous le Patronage Royal (1476-1834), Essai d'eccl√©siologie politique, 2017 - www.google.fr/books/edition).

 

En Castille, chez les chartreux, au Paular, pr√®s de S√©govie, la demeure royale avait √©t√© b√Ętie au Sud de l'√©glise, sous Henri II (1369-1379) ou Jean Ier (1379-1390) (Yves Bottineau, L'Art de cour dans l'Espagne des lumi√®res, 1746-1808, 1986 - www.google.fr/books/edition).

 

Jean II voulut √™tre enterr√© dans le monastere de Burgos, que son pere avoit fait b√Ętir, & qu'il avoit donn√© lui-m√™me aux Chartreux. Il eut pour successeur son fils Henri IV, qui √©pousa Jeanne soeur du roi de Portugal (Bonaventure Racine, Abr√©g√© de l'histoire eccl√©siastique, contenant les √©v√©nements consid√©rables de chaque si√®cle, avec des r√©flexions, Tome septi√®me, qui renferme le quinzi√®me si√®cle, 1765 - www.google.fr/books/edition).

 

Pour l'√©poque 1459-1468, les hi√©ronymites de Castille se pr√©occupent d'√©crire des chroniques g√©n√©rales, le projet ayant √©t√© d√©velopp√© par le fr√®re Alonso de Oropesa, conseiller du roi Henri IV , G√©n√©ral et √©crivain spirituel de l'Ordre (Acta Noyon ‚Äď Tricentenaire de la mort de Dom Innocent Le Masson, Analecta Cartusiana, 1970 - www.google.fr/books/edition).

 

Barcelone

 

Le prince de Viane √©tait tourment√© du remords d'avoir port√© les armes contre son p√®re; il sollicita sa gr√Ęce. Le roi Jean II d‚ÄôAragon le rappela, le combla de caresses, le fit proclamer, par les cort√®s aragonaises, prince de Gironne, c'est-√†-dire prince h√©ritier, et n√©gocia son mariage avec Catherine, infante de Portugal, soeur du roi Alphonse. Charles, par sa soumission et sa tendresse, croyait avoir reconquis le cŇďur paternel. Le roi Jean, dont la puissance s'√©tait accrue √† la mort de son fr√®re, avait besoin de r√©concilier les Beaumont et les Gramont; il avait aussi le d√©sir d'obtenir le concours du Portugal pour attaquer, avec des forces consid√©rables, le roi de Castille et lui reprendre toutes les villes usurp√©es sur l'ancienne Navarre. Lorsque le roi de Portugal et tous les partis parurent d√©cid√©s √† entrer dans cette ligue, le roi de Castille comprit le danger qui le mena√ßait et eut recours √† tous les artifices pour le conjurer. Il √©tait de ceux qui, selon l'expression d'un vieil auteur, font banqueroute √† leur honneur. Il envoya en Aragon deux ambassadeurs, l'√©v√™que de Ciudad Rodrigo et Diego de Ribera, pour complimenter le p√®re et le fils sur leur r√©conciliation. Leurs instructions secr√®tes √©taient perfides : ils devaient √† tout prix gagner le prince de Viane. On lui offrit la main de l'infante Isabelle de Castille, et pour dot la restitution de la Vieille-Castille, de l'Alava, de la Biscaye, du Guipuscoa et d'autres terres de l'ancien domaine de Navarre. On lui offrait enfin de le mettre sur le tr√īne de sa m√®re. Ces propositions √©taient de nature √† s√©duire Charles. Il avait peut-√™tre des motifs de pr√©f√©rence pour Isabelle; il commen√ßa par rompre avec l'infante du Portugal. Cette princesse s'√©tait d√©j√† attach√©e √† son fianc√©, et sa douleur fut grande. Elle alla cacher ses larmes dans le couvent de Sainte-Claire de Lisbonne, o√Ļ elle passa le reste de sa vie dans la pri√®re. Les beaumontistes ne manqu√®rent pas d'exciter leur prince; les Catalans lui promirent leur concours. On le voulait roi de Navarre, m√™me malgr√© lui. Jeanne avait une haine trop perspicace pour ne pas pressentir les projets du prince de Viane, auquel elle voulait substituer son propre fils Ferdinand. C'est √† Ferdinand qu'elle destinait, et c'est lui qui les obtint un jour, la couronne et la main d'Isabelle que l'infortun√© Charles croyait d√©j√† tenir. La marătre irrita tellement le p√®re contre le fils, que le roi ordonna de saisir le prince de Viane et le fit enfermer dans une prison. Il fallut toutes les protestations de la cour pour que la d√©tention du prince f√Ľt adoucie. Il fut transf√©r√© dans le palais de l‚ÄôAljaseria de Saragosse et gard√© √† vue. Les plus vives sympathies √©clat√®rent en faveur du noble captif. Les √Čtats d'Aragon, comme ceux de Navarre, s'√©taient plusieurs fois prononc√©s pour lui. Les Catalans envoy√®rent quinze ambassadeurs au roi pour r√©clamer la libert√© de son fils. Ils ne furent pas √©cout√©s. On en d√©puta soixante autres. Le roi resta inflexible. Les Catalans prirent alors les armes. Ce soul√®vement de la Catalogne, une conspiration ourdie contre le roi, et l'√©loquence d'un chartreux catalan finirent par vaincre la r√©sistance de Jean, qui permit au prince de Viane de se retirer √† Barcelone. Mais l'implacable mar√Ętre ne voulut pas laisser √©chapper sa proie. Aussi perfide que cruelle, cachant sa haine sous des apparences de bont√©, elle voulut aller elle-m√™me ouvrir √† Charles les portes de sa prison. A dater de ce jour, le prince infortun√© commen√ßa √† d√©p√©rir. Atteint dans les sources de la vie, il s'achemina lentement vers le tombeau. Ses amis le suppli√®rent en vain d'√©pouser Brianda Vaca pour l√©gitimer le fils qu'il avait eu d'elle, don Philippe de Beaufort, et lui laisser ses droits √† la couronne. En pr√©sence de la mort, Charles n'avait que des sentiments de repentir pour ses r√©voltes contre son p√®re, et son unique d√©sir √©tait d'obtenir son pardon. Il mourut √† Barcelone le mercredi 23 septembre 1461, √Ęg√© de quarante ans (Gustave Bascle de Lagr√®ze, La Navarre fran√ßaise, Tomes 1 √† 2, 1881 - books.google.fr).

 

En 1462, les Catalans, révoltés contre leur roi Jean II, font appel à lui, mais, Henri IV renonça à soutenir la cause catalane (Fuenterrabia, 1463), après avoir un temps accepté d'être comte de Barcelone (fr.wikipedia.org - Henri IV (roi de Castille)).

 

Acrostiche : UHAA, rouge en mongol

 

En 1260, en effet, Hubilaj nommait les ¬ęAffranchis rouge√Ętres¬Ľ (Uhaa darhad) au poste de ¬ęgardien du tombeau et des reliques de de ingis han¬Ľ. S'appuyant sur les th√©ories de certains scientifiques, certains Darhad ¬ęnoirs¬Ľ du H√∂vsg√∂l se reconnaissent des origines gengiskhanides et imp√©riales en revendiquant une parent√© avec les Uhaa darhad de l'Ordos (Ga√ęlle Lacaze, Le corps mongol: techniques et conceptions nomades du corps, 2012 - books.google.fr).

 

Lorsque Tamerlan, ma√ģtre de l'Asie occidentale, tournait ses armes victorieuses contre les Turks othomans, Henri III de Castille lui envoya en ambassade Payo Gomez de Sotomayor et Hernan Sanchez Palazuelos, qui assist√®rent √† la d√©faite de Bajazet en 1393, et revinrent avec un envoy√© du grand q√Ę√Ęn, porteur de riches pr√©sents parmi lesquels √©taient deux captives chr√©tiennes d'une rare beaut√©. Pour entretenir des relations commenc√©es sous de si favorables auspices, Henri III d√©p√™cha en 1403 une nouvelle ambassade, compos√©e du fr√®re Alonzo Paez de Santa-Maria, de Ruy Gonzalez de Clavijo, et de Gomez de Salazar, qui se rendirent √† Samarcande, et revinrent en Castille au mois de mars 1406. Clavijo √©crivit la relation de son voyage, qui fut imprim√©e en 1582 √† S√©ville. Sa narration est pr√©c√©d√©e d'un discours de Gonzalo Argote de Molina sur l'itin√©raire, et de deux notices biographiques sur Tamerlan, l'une de Pero Mexia, l'autre de Paul Jove. Il en a √©t√© fait √† Madrid, en 1782, une seconde √©dition, conforme √† celle de S√©ville en tout ce que contient celle-ci, avec addition des Noticias del gran Tamurlan tir√©es des m√©moires de Garcia de Silva y Figueroa sur son ambassade de Perse en 1618. Cette nouvelle √©dition, ayant une pagination et un frontispice particuliers, ne se trouve cependant que rarement s√©par√©e de quelques autres pi√®ces avec lesquelles elle forme le tome troisi√®me des Cronicas de los reyes de Castilla, ainsi que l'indique Meusel (Armand d'Avezac, Relation des Mongols ou Tartares de Giovanni da Pian del Carpine, 1838 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain X, 10 avec Tamerlan.

 

"Urnel Vaucile"

 

"urna" "urne" ; REW , 9086 ; FEW XIV , 63a ; cf. DCEC ¬ęduerna¬Ľ. Les gascons dourno , dourn√® "cruche, √©vier" expliquent la Dourne ari√©geoise, affluent de l'Arize. Quant √† l'√©tymologie, Coromines juge le croisement dolium + urna propos√© par Meyer-L√ľbke ¬ęcomparable a la uni√≥n de una perra con un toro para engendrar una cabra¬Ľ et il pr√©f√®re recourir au celtique durno "poing" ( FEW III 192) (Nouvelle revue d'onomastique, Num√©ros 39 √† 40, 2002 - books.google.fr).

 

La langue des trouvères présente, pour petite vallée, le diminutif "vauciel", d'un type vallicellus (Auguste Scheler, Dictionnaire d'étymologie française d'après les résultats de la science moderne, 1862 - books.google.fr).

 

La Duerna est une petite rivi√®re du nord-ouest de l'Espagne, dont la source se trouve dans la r√©gion de Cabezadas del R√≠o, √† Pobladura de la Sierra. La Duerna est un affluent de la rivi√®re √ďrbigo qui traverse la province de Le√≥n, affluent droit de l'Esla, donc un sous-affluent du fleuve le Douro.

 

Il se jette dans la rivi√®re Tuerto, qui se jette √† quelques m√®tres dans la rivi√®re √ďrbigo, sur les terres de La Ba√Īeza. Sa plaine √©tait habit√©e dans l'Antiquit√© par les Celtes, plus pr√©cis√©ment un peuple asturien appel√© les Orniacs. La rivi√®re s'appelait Ornia, et au Moyen √āge sa r√©gion a commenc√© √† s'appeler La Val d'Ornia, et par syncope a donn√© le nom √† l'actuelle Valduerna, r√©gion de Le√≥n, et le nom actuel de la rivi√®re. Parmi ses affluents se trouvent le Cabrito, le Valleprado, la Devesa, la rivi√®re Espino et la rivi√®re Llamas, cette derni√®re √©tant la plus grande (www.loquis.com).

 

Alvarez de Bazan, marquis de Santa-Cruz. De tous les Bazan, le seul que la plupart des Fran√ßais probablement connaissent, c'est le don C√©sar de Bazan de Victor Hugo. Les Bazan de l'histoire, famille originaire de la Navarre, furent pourtant une forte et noble race. On peut les suivre sans interruption depuis l'ann√©e 1127. I√Īigo Ximen√®s, Fortu√Īo I√Īigo, √† qui sa femme Marie Ochoaz apporte en dot la seigneurie de Bazan, Pierre Fortu√Īo, Sanche, Juan Perez, grand porte-√©tendard de Navarre, Ximen√®s, un autre Juan Perez, compt√© parmi les Ricos-Hombres du royaume, Gonzalve Jean, Jean Gonzalve et Garcia Gonzalez nous conduisent √† l'ann√©e 1329 et au dixi√®me seigneur de Bazan, Juan Gonzalez, mort en 1379. De Juan Gonzalez gous passons √† Pierre Gonzalez, onzi√®me seigneur de Bazan, premier seigneur de Palacios de Valduerna, San Pedro de la Tarce, La Ba√Īeza, Ceynos, Villa-Major et Bo√Īal, mort en 1421 ; puis √† Pierre de Bazan, mort en 1429; √† un autre Pierre, treizi√®me seigneur de Bazan, cr√©√© vicomte de Valduerna, en 1456, par le roi de Castille Henri IV (Jean Pierre Edmond Jurien de la Gravi√®re, La guerre de Chypre et la bataille de L√©pante, par le vice-amiral Jurien de la Gravi√®re, 1888 - www.google.fr/books/edition).

 

En 1470, il y avoit aussi des troubles dans le Ro√Įaume de L√©on, o√Ļ Roiaume de les Comtes de Benavent√© & de Lemos √©toient en armes √† l'occasion de quelques Places. Le Comte de Lune & le Vicomte de Valduerna voulant accorder ces deux Seigneurs, s'assemblerent avec eux √† Villalpand; mais dans le tems que l'on traitoit d'accommodement, il s'√©leva une nouvelle querelle, & le Comte de Benavent√© a√Įant arr√™t√© le Vicomte de Valduerna, l'envo√Įa √† la Forteresse de cette Ville, & se saisit ensuite avec ses Troupes de la Ville de Matilla. Comme ce Comte avoit enlev√© auparavant √† l'Eglise d‚ÄôAstorga les quartiers de Salas, il fut forc√© par les censures du Pape de les rendre √† Don Garcie de Tol√©de, son Ev√™que (Juan de Ferreras, Histoire g√©n√©rale de l'Espagne, Tome 7, 1751 - books.google.fr).

 

Comme ceux de duc, comte ou marquis, les titres de vicomte ou vidame ont pour origine une juridiction fonci√®re. Le premier d√©signe initialement le rempla√ßant du comte exer√ßant ses pouvoirs en cas d'absence ; le second est port√© par le la√Įc auquel l'√©v√™que d√©l√®gue son autorit√© de seigneur temporel et confie la d√©fense de son fief. Ces titres f√©odaux suivent g√©n√©ralement l'√©volution de ceux de comte, de duc ou de marquis. En r√©mun√©ration de leurs fonctions, les vicomtes et vidames re√ßoivent habituellement le b√©n√©fice d'un fief relevant du comte ou de l'√©v√™que. Titre f√©odal et fief √©tant h√©r√©ditaires, l'habitude vient de lier l'un √† 'autre et, fr√©quemment, vidam√© et vicomt√© se transmettent avec le fief m√™me par l'ali√©nation. C'est, par exemple, du chef de la terre de la Fert√©-Arnauld que Saint-Simon, du vivant de son p√®re, s'intitule vidame de Chartres. Le titre de vidame s'applique parfois au fief donn√© en b√©n√©fice (vidame de Gerberoy pour l'√©v√™ch√© de Beauvais) mais plus g√©n√©ralement au nom de la seigneurie eccl√©siastique : Laon, Amiens (aux d'Albert d'Ailly), le Mans, Reims, par exemple. D'un usage peu courant, il dispara√ģt au d√©but du XIXe si√®cle. Par contre, celui de vicomte est souvent appliqu√© au fief attach√© √† l'office f√©odal, au lieu de l'√™tre √† la d√©nomination du comt√©. Devenu en France un titre nobiliaire r√©el d√®s le XIVe si√®cle, illustr√© par la vicomt√© de Turenne qui rel√®ve directement du roi, il s'introduit comme tel par la suite dans les autres pays chr√©tiens, sauf en Russie et en Scandinavie. Dans le Saint-Empire, il est comparable √† celui de burgrave (Burggraf) qui est tr√®s peu r√©pandu. Les burgraves sont des ch√Ętelains pr√©pos√©s par l'empereur √† la garde d'un bourg mais certains tels ceux de Magdebourg et de Nuremberg, respectivement dans les maisons de Saxe et de Hohenzollern-Sigmaringen, sont devenus nobiliaires. En Angleterre, Henri VI conf√®re pour la premi√®re fois le titre nobiliaire de vicomte en 1440 ; il donne √† l'imp√©trant, Jean Beaumont, la pr√©s√©ance sur les barons.En Espagne, le titre de vicomte est utilis√© en Catalogne depuis le haut moyen √Ęge ; il est introduit en Castille par Henri II qui, en 1368, √©rige en vicomt√© la terre de Medinaceli en faveur de Gaston de Foix, b√Ętard de B√©arn. Mais durant la m√™me ann√©e, la vicomt√© est transform√©e en comt√© ; il faut attendre 1456 pour qu'une nouvelle concession du titre de vicomte soit faite en Castille (vicomte de los Palacios de la Valduerna) (Eric Hamoir, Qualit√© princi√®re et dignit√©s nobiliaires: essai comparatif sur les distinctions de dignit√©s au sein du second ordre dans divers pays, 1974 - books.google.fr).

 

Henri IV, un souverain faible qui a besoin de l'appui des grands, notamment du soutien de la famille Pacheco : le fr√®re a√ģn√© de cette famille. Juan Pacheco, est marquis de Villena ; le cadet, D. Pedro Giron, est grand ma√ģtre de Calatrava depuis 1445. Les deux fr√®res ont une grosse influence sur le roi qui songeait m√™me √† marier D. Pedro Giron √† la princesse Isabelle, la future reine de Castille ; le projet √©tait sur le point d'aboutir lorsque Giron meurt subitement, en 1466, alors qu'il se rendait au mariage... Le r√™ve de Giron, c'√©tait de constituer, autour de sa ville d'Osuna, un fief comparable au marquisat de Villena de son fr√®re. Pour y arriver, il con√ßoit, en 1460, un plan pour regrouper en un seul tenant des territoires dispers√©s : il ¬ęvend¬Ľ Fuente Obejuna √† Henri IV ; celui-ci c√®de la commune au marquis de Villena, lequel, √† son tour, √©change Fuente Obejuna contra la ville d'Osuna, qui, jusque-l√†, relevait de l'ordre de Calatrava. C'est un peu compliqu√©, mais il s'agit de masquer le v√©ritable but de la manceuvre : Giron, qui est √† la fois grand ma√ģtre de Calatrava et seigneur de Fuente Obejuna, ne veut pas donner l'impression qu'il √©change des propri√©t√©s de l'ordre contre des domaines particuliers ; il emprunte donc des moyens d√©tourn√©s avec la complicit√© de son fr√®re et du roi. En 1464, Giron touche au but Osuna devient la capitale de son fief ; telle est l'origine du duch√© d'Osuna qui ne sort plus de la famille. En guise de compensation pour la perte d'Osuna, l'ordre de Calatrava re√ßoit Fuente Obejuna qui devient le si√®ge d'une encomienda mayor, la deuxi√®me dignit√© apr√®s la grande ma√ģtrise ; son titulaire s'appelle alors Fern√†n Grimez de Guzman. La transaction s'est faite malgr√© les protestations de la ville de Cordoue qui n'entend pas renoncer facilement √† ses droits sur Fuente Obejuna qui lui avait √©t√© soustrait en 1450 pour prix de sa r√©volte contre le roi Jean II (Jean-Paul Duviols, Annie Molini√©-Bertrand, La violence en Espagne et en Am√©rique (XVe-XIXe si√®cles), 1997 - www.google.fr/books/edition).

 

"conseil" : concejo

 

Concejo : conseil de la ville, regroupant les délégués des quartiers Consejo : conseil du roi, ayant le pouvoir exécutif et législatif (Béatrice Leroy, En Espagne chrétienne, XIe-XVe siècle: la Reconquista, 2006 - books.google.fr).

 

Apr√®s la bataille des Navas de Tolosa (1212), la Reconqu√™te, en Castille, avait fait des progr√®s rapides : en moins de cinquante ans, la plus grande partie de l'Andalousie √©tait entr√©e au pouvoir des chr√©tiens. L'immensit√© des territoires recouvr√©s, presque enti√®rement vid√©s de leur population qui avait fui ou qui avait √©t√© expuls√©e, posait de s√©rieux probl√®mes. On s'en tire de deux fa√ßons :

 

- d'une part, en encourageant une forme d'exploitation du sol, l'√©levage extensif des moutons, pour compenser le manque de main-d'Ňďuvre ;

 

- d'autre part, en transférant à des particuliers l'administration de certains des territoires reconquis. C'est ainsi que se fondent les grands domaines seigneuriaux d'Estrémadure et d'Andalousie.

 

On se trouve devant trois cas de figure tant√īt, on attribue d'immenses alfores aux grandes municipalit√©s, Cordoue, S√©ville, etc. ; tant√īt, on attribue de grands domaines √† des seigneurs la√Įcs ou eccl√©siastiques c'est une fa√ßon de r√©compenser des nobles, des √©glises, des monast√®res... ; tant√īt, enfin, on c√®de une partie du territoire aux ordres militaires cr√©√©s au d√©but du XIIe - Santiago, Calatrava et Alcantara. Dans les trois cas - concejos, nobles, Ordres -, il s'agit bien de d√©l√©guer √† l'initiative priv√©e une partie des responsabilit√©s de la couronne, directement ou indirectement. En th√©orie, les concejos rel√®vent du patrimoine royal - le realengo - ; en fait, les conrejos se conduisent comme des seigneurs collectifs et exercent une juridiction de caract√®re seigneurial sur les villes et les localit√©s de leur alfa=. Ce processus se poursuit √† la faveur des guerres civiles et de la rivalit√© qui oppose la noblesse et le pouvoir royal. Y contribuent par exemple, les fameuses mercedes enriquetios qui, √† la fin du XIIIe si√®cle, r√©compensent ceux qui ont aid√© les Trastamares √† renverser Pierre le Cruel ; c'est alors que se fondent quelques-unes des grandes maisons nobiliaires de Castille. Le m√™me ph√©nom√®ne a des r√©sultats identiques sous les r√®gnes de Jean II et d'Henri IV : pour s'attacher des partisans, les souverains sont amen√©s √† ali√©ner une partie du patrimoine royal ; ils c√®dent des villes et des domaines qui viennent renforcer les fiefs d√©j√† existants ou qui constituent de nouveaux fiefs. Naturellement, on ne consulte jamais les populations concern√©es, ce qui entra√ģne des rancoeurs, des m√©contentements, parfois des √©meutes. Les Cort√©s √©l√®vent des protestations qui ne sont pas toujours inspir√©es par le souci de d√©fendre le patrimoine royal : en effet, les concessions de fiefs √† des nobles se font la plupart du temps aux d√©pens des grandes municipalit√©s qui se voient ainsi d√©poss√©d√©es de sujets - vasallos - et de domaines qui constituent une source de rentr√©es importantes. C'est ainsi qu'il faut comprendre la col√®re de Cordoue, par exemple, quand elle doit renoncer √† Fuente Obejuna (Jean-Paul Duviols, Annie Molini√©-Bertrand, La violence en Espagne et en Am√©rique (XVe-XIXe si√®cles), 1997 - www.google.fr/books/edition).

 

Les communaut√©s urbaines (concejos) jou√®rent le m√™me r√īle que la ch√Ętellenie en France du Nord : ¬ęElles constituaient des centres autonomes de gouvernement, leurs magistrats l√©gif√©raient, rendaient la justice, organisaient la vie √©conomique, mettaient sur pied des exp√©ditions militaires.¬Ľ Ces concejos, fruit de l'initiative et de la volont√© royales, d√©tenaient le pouvoir ou du moins les moyens du pouvoir (Denis Menjot, Murcie castillane, une ville au temps de la fronti√®re (1243 - milieu du XVe s.), 2002 - www.google.fr/books/edition).

 

La intervenci√≥n de Enrique IV en los concejos representa otro de los asuntos tratados en el conjunto de demandas de los cuadernos de Cortes y actas capitulares de las ciudades. Desde 1445 -en que gran parte de la regi√≥n (Ecija y obispado de Ja√©n: Ja√©n, Baeza, Ubeda y And√ļjar) qued√≥ comprendida en el principado- Enrique IV continu√≥ la l√≠nea pol√≠tica seguida por Juan II y la afianz√≥ al establecer de forma m√°s directa el control sobre las ciudades a trav√©s del nombramiento de oficiales regios. En toda la regi√≥n, la generalizaci√≥n del corregimiento respondi√≥ a la necesidad de un arbitraje externo para resolver diversos problemas locales, por ejemplo, pleitos por adehesamientos, p√©rdidas de bienes comunales y usurpaciones efectuadas por antiguos linajes en perjuicio de los concejos, corregir la gesti√≥n administrativa de regidores y someterlos a pesquisa y poner t√©rmino a las contiendas y esc√°ndalos de bando-linajes. En consecuencia, los ejemplos de desgobierno y los des√≥rdenes ocasionados por la influencia desmedida de grupos dirigentes, fueron razones¬† determinantes para que los reyes justificaran el env√≠o de estos funcionarios utilizando la f√≥rmula: "por ser cumplidero a nuestro servicio e la execuci√≥n de nuestra justicia e la pas e sosiego de la cibdad y su tierra".Sin embargo, no siempre los corregidores se presentaban como agentes responsables de garantizar la observancia de las leyes y la justicia. Tanto las cr√≥nicas como las actas capitulares muestran diversos testimonios en que estos prop√≥sitos no se cumpl√≠an. En varias ciudades, esta figura era impopular; algunas quejas se basaban en que no contribu√≠an a resolver los des√≥rdenes sino que los fomentaban. Por ejemplo, Alfonso de Palencia expuso algunas cr√≠ticas sobre su actuaci√≥n :

 

No sería empresa fácil la narración de otros abusos semejantes, cometidos así en provisión del gobierno de las ciudades, como en la seguridad de los pueblos y en la observancia de las leyes. Resuelto D. Enrique a romper con toda honradez, con tal de agenciar riquezas para sus favoritos, repartió por las ciudades ciertas autoridades con título de corregidores, y que mejor debieron llamarse mercaderes de corrupción.

 

Tambi√©n Mos√©n Diego de Valera, en una carta dirigida al rey en 1462, realiza valoraciones negativas acerca de los corregidores y las oposiciones que gener√≥ su designaci√≥n :

 

...y dizen, como los corregidores son hordenados para fazer justicia y dar a cada uno lo que es suyo, que los m√°s de los que oy tales oficios ejercen son hombres imprudentes, escandalosos, robadores y cohechadores, y tales que vuestra justicia p√ļblicamente venden por dinero, sin temor de Dios ni vuestro. Y a√ļn lo que m√°s blasfeman es que en algunas ciudades e villas de vuestros reynos, vos los manda√≠s poner no los aviendo menester ni seyendo por ellos demandados, lo qual es contra las leyes de vuestros regnos.

 

Las cr√≥nicas presentan opiniones generalizadas contra los corregidores y vinculan las tensiones que se produc√≠an con situaciones concretas (Andrea Mariana Navarro, Crisis pol√≠tica y formas de conflictividad en Andaluc√≠a durante el reinado de Enrique IV, EJE TEM√ĀTICO: Poder y Sociedad en la Edad Media, Temas Medievales. v.13 n.1, 2005 - www.scielo.org.ar).

 

Typologie

 

Le report de 2187 sur la date pivot 1462 donne 737.

 

Le royaume des Asturies fut au début du VIIIe siècle le point de départ de la Reconquista. Pélage (en latin Pelagius, en espagnol Don Pelayo), né à la fin du VIIe siècle probablement en Cantabrie, mort en 737 à Cangas de Onís (Asturies), est le premier roi des Asturies. Il règne de 718 à 737.

 

Le titre de prince des Asturies appara√ģt au XIVe si√®cle dans le cadre du r√®glement de la crise de succession apparue entre Jean de Gand et Henri puis Jean Ier de Trastamare √† la mort du roi Pierre le Cruel. L'usage se perp√©tua par la suite. En cas de d√©faut d'h√©ritier direct, le roi pouvait conc√©der le titre √† un h√©ritier pr√©somptif. Dans tous les cas, l'h√©ritier devait recevoir le serment de fid√©lit√© des Cortes de Castille afin de l√©gitimer la succession. Les princes des Asturies, comme ceux de Galles, poss√©daient au XVe si√®cle une v√©ritable juridiction sur ce territoire : les revenus de la province leur appartenaient, ils pouvaient nommer les officiers royaux et agissaient en fait comme de v√©ritables vice-rois. Les Rois catholiques r√©duisirent cette autonomie. Le premier prince des Asturies est Henri III. Son petit-fils Henri IV, le trois√®me (fr.wikipedia.org - Prince des Asturies, fr.wikipedia.org - P√©lage le Conqu√©rant).

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