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Mithra et Commode X, 76 2233 Le grand Senat décernera la pompe, A l'un qu'après sera vaincu, chassé, Ses adherans
seront à son de trompe, Biens publiez, ennemy
dechassé. X, 77 2233-2234 Trente adhérans de
l'ordre des quirites, Bannis, leurs biens donnez ses adversaires, Tous leurs bienfaits seront pour démérites, Classe espargie
délivrez aux corsaires. X, 78 2234-2235 Subite joye en
subite tristesse, Sera à Rome aux graces
embrassees : Dueil, cris, pleurs. larm. sang, excellent liesse
Contraires bandes surprinses
& troussees. Les trois quatrains semblent porter sur la fin de la Rome païenne, avec l'interdiction des cultes et les confiscations des biens des temples. Le quatrain X, 76 se placerait lors du règne de Théodose, avec ses concurrents Maxime et Eugène. Le quatrain X, 77 mettrait en parallèle comme le fit l'auteur chrétien Sulpice Sévère du IV-Ve siècles Catilina combattu par Cicéron en but avec Clodius, et l'hétérodoxe Priscillien auquel s'opposait Hydace et qui fut conduit au supplice par Maxime. Les termes "bannis" et "leurs biens" ne concordent pas avec la proscription de Cicéron qui est le seul visé par Clodius d'où l'idée du parallèle. Enfin le X, 78 décrirait selon un poème de la fin du IVe siècle les manifestations très expressives des cultes orientaux qui cesseront avec lers lois théodosiennes. X, 76 et X, 78 Le parti païen dominait dans le sénat, et obligeait le christianisme, même sur le trône, à compter avec lui. En 382, cependant, Gratien put se faire obéir. A partir de cette époque, les rentes des temples païens furent supprimées, leurs biens confisqués; le culte public des faux dieux demeura interrompu, bien qu'il fût permis aux particuliers de continuer à leur rendre un culte privé. Non-seulement tous les sanctuaires de Mithra ne furent pas fermés après l'acte de Gracchus, mais il paraît avoir attaqué seulement le spelaeum situé près de l'église actuelle de Saint-Sylvestre : et cette violence isolée demeura sans imitateurs. Le sanctuaire mithriaque détruit par Gracchus fut rétabli, aux frais d'un particulier, après 382 et avant 390. Le culte de Mithra se maintint dans Rome, comme celui de tous les autres dieux, jusqu'en 394. A cette époque, l'idolatrie, que le triomphe momentané de l'usurpateur Eugène avait un instant ranimée, et qui, pendant deux ans et trois mois, avait rempli Rome de ses cérémonies renaissantes, passant en revue, pour ainsi dire, toutes les fêtes du calendrier païen, et se préparant, par un amburbium solennel, à la lutte décisive contre Théodose, reçut, en même temps que la faction eugénienne, dont la cause s'était confondue avec la sienne, le coup de mort : le culte public et privé des dieux fut alors supprimé par Théodose, qui tint au sénat cette sorte de lit de justice que racontent Zosime, Théodoret et Prudence, et où le paganisme condamné par le prince, accablé sous les acclamations de la majorité des sénateurs, eut à peine la force de faire entendre, par la bouche de ses derniers partisans, cette faible protestation, ce trepidum murmur dont parle le poëte. [...] Pour l'amburbium : Voir le poëme anonyme du IVe siècle De carmine Christiano contra fautores paganæ superstitionis ultimos, découvert par M. Léopold Delisle à la Bibliothèque nationale de Paris, et commenté par M. de Rossi, Bull. di arch. crist., 1868, p. 49-58, 61-75 (Rome souterraine: résumé des decouvertes de M. de Rossi dans les catacombes romaines, et en particulier dans le cimetière de Calliste, 1877 - books.google.fr). Aux vers 28, 29 de ce poème, De Rossi a indiqué qu'il s'agit ici d'un lustrum ou amburbale sacrum. En effet, le mot lustrare est l'expression consacrée pour ces sortes de cérémonies, et bien que les historiens ne fassent pas mention de cet amburbium, ils reprochent à Flavien le renouvellement des cérémonies publiques du culte païen. Cette procession expiatoire, à laquelle on recourait dans les circonstances exceptionnelles, pour apaiser la colère céleste, est d'ailleurs en relation intime avec justitium et saga des vers suivants. Le manuscrit porte totum urbem. Il faut évidemment lire avec Ellis et de Rossi totam urbem, ou bien avec Mommsen, mais dans le sens indiqué, totum orbem. Cette dernière leçon paraît préférable, à cause de metas qui continue l'image. Remarquons encore au sujet de ces vers le détail tribus mensibus; Flavien est mort au mois d'août 394 : il aurait donc célébré l'amburbium vers le mois de mai, époque à laquelle Théodose quittait Constantinople et marchait contre l'Italie. Toute l'année 393 se passe en préparatifs; au mois d'août 394, Théodose, à la tête de son armée, se porte au pied des Alpes. Il force le passage gardé par le consul Flavien dont s'occupe notre poème, les troupes rebelles commandées par l'autre consul Arbogast, et par Eugène, sont taillées en pièces près d'Aquilée (6 septembre 394), ce dernier est mis à mort et l'assassin de Valentinien se fait justice à lui-même. Peu après cette victoire (17 janvier 395), Théodose meurt à Milan. Sa dernière guerre avait pris surtout le caractère d'une guerre religieuse. Comme les trois derniers feuillets du Codex 8084 avaient été négligés par les auteurs du Catalogus Codicum manuscriptorum Bibliothecæ regiæ, les vers qu'ils contenaient, n'ont pas été publiés en entier avant 1867. En 1620, Saumaise le premier, dans son commentaire de Lampride, donna deux extraits, (vers 57-62 et 106-109), qui passèrent de là dans les Anthologies de Burmann et de Meyer et dont le dernier fut reproduit dans l'interprétation d'une inscription taurobolique par Philippus a Turre. Ce poème n'avait pas échappé non plus aux Bénédictins de Saint-Maur qui en donnèrent les vers 1-4 en 1757 (Gregorius Dobbelstein, De carmine Christiano codicis Parisini 8084 contra fautores paganæ superstitionis ultimos, 1879 - books.google.fr). Le quatrain X, 78 reprend un vocabulaire comparable à celui du poème. Lustratio. Cérémonie de purification. Elle consistait: 1° dans une procession (pompa) qui faisait trois fois le tour de la ville ou du pagus qu'il s'agissait de purifier : les victimes à sacrifier étaient conduites dans cette pompa; 2° dans une prière; 3o dans un sacrifice: c'était en général un suovetaurile. A Rome, la lustratio urbis ou amburbium se faisait en cas de danger pressant. Pour avoir de belles récoltes, on célébrait chaque année la lustratio pagi (René Cagnat, Georges Goyau, Lexique des antiquités romaines, 1896 - books.google.fr). Julius Firmicus Maternus emploie l'expression "scelerum pompa". "pompa" évoque précisément le cortège bacchique. Mais F. M. songeait peut-être aussi au serment du baptisé qui renonce solennellement «à Satan et à ses pompes» (Robert Turcan,L'erreur des religions païennes de Julius Firmicus Maternus, 1982 - books.google.fr). Le culte d'Atys, qui envahit peu à peu tout le monde ancien, semble avoir eu pour berceau Pessinonte. ou même en sanglantes orgies. De l'Asie le culte d'Atys passa en Grèce avec celui de Cybèle. Ils avaient des temples à Dyme et à Patras, où Boettiger a supposé qu'on adorait dans leur double nature le dualisme des sexes ramené à
l'unité primordiale. Enfin, de la Grèce, ce culte pénétra jusqu'à Rome. C'est là que la fête d'Atys perdu et retrouvé se célébrait tous les ans à l'équinoxe
du printemps, c'est-à-dire le 21 mars. On enlevait ce jour-là le pin auquel se trouvait suspendue l'image d'Atys, et on le transplantait dans le temple de la
déesse. Le lendemain c'était une harmonie sauvage produite par des cornes en forme de trompes, et destinée par ses sons graves et sourds à marquer la
tristesse. Mais le troisième jour Atys était retrouvé, et la joie éclatait en transports sauvages Dans le culte d'Atys, la joie succède à la tristesse et non l'inverse, mais les quatrains semblent se situer dans la fin des cultes des dieux à Rome. Le 24 mars, «jour du sang», les galles, surexcitées par des jours de macérations, se mettaient à tournoyer aux accents des trompes et au
rythme obsédant des crotales et des tambours. Parvenus à la transe, ils se flagellaient, s'entaillaient les bras et les épaules, éclaboussant les autels
de leur sang, avant de s'émasculer avec un tesson de poterie. La musique - une musique dionysiaque - et la danse jouaient dans ces cérémonies un rôle
considérable. Selon Firmicus Maternus, l'initié - car il s'agissait d'une initiation - devait proclamer : « J'ai mangé au tambourin, j'ai bu à la
cymbale, je suis devenu un myste d'Attis. » Le culte de la Déesse syrienne, auquel Néron adhéra pour un temps, qui fut associé à celui de Jupiter Héliopolitain, présentait des
cérémonies semblables. A Hiérapolis, décrit Lucien, « lorsqu'on joue de la flûte et qu'on célèbre les orgies, la fureur se
communique à un grand nombre d'assistants et beaucoup d'hommes, qui étaient venus pour voir, se livrent aux actes que je vais dire. Le jeune homme qui a
décidé d'être Galle jette bas ses vêtements, s'avance au milieu de l'Assemblée en poussant de grands cris et saisit un couteau parmi ceux qui sont, je pense,
réservés pour cet usage depuis de nombreuses années. Avec ce coutelas il se châtre brusquement et court par la ville en tenant dans ses mains ce qu'il s'est
retranché. La maison quelle qu'elle soit où il va le jeter lui fournira une robe de femme et tout ce qui sert à la parure du sexe ». Les cultes
d'Isis et de Sérapis étaient répandus sur tout le territoire de l'empire. En 69, à Alexandrie, Vespasien opérera des miracles au nom de Sérapis et Hadrien
fera construire un Sérapeum dans sa villa de Tibur. Un culte moins impur et sans doute plus viril fut celui de Mithra, d'origine
iranienne, qui fut répandu par les légions romaines. Le long du Rhône, du Rhin, du Danube, et, bien entendu en Italie comme en Asie, on construisit des mitraeus. Dans Ostie seule on en comptait plus de quinze. Leur plan était simple et toujours identique : un couloir, ou, si l'on veut,
une nef, aboutissait à l'image de Mithra généralement placée dans une niche. La voûte était souvent décorée d'étoiles, à la mode asiatique, et les plus riches
de ces temples étaient ornés de peintures et de mosaïques. L'essentiel du culte, dont les femmes étaient exclues, consistait en un repas qui commémorait
le banquet de Mithra et du soleil après le sacrifice du taureau dont le sang devait sauver les adeptes à la fin des temps. Dans l'empire, et tout spécialement en Égypte, le Christ
fut d'abord considéré, à l'instar de Dionysos, d'Attis, de Mithra, d'Osiris, comme un nouveau dieu sauveur L'expression "biens publiés" répond au latin "boni publicati" employée par Cicéron : biens confisqués (Lettre XIX, à Brutus) Quand le paganisme fut proscrit, les biens des temples furent attribués au fisc; Gratien décréta la confiscation, Théodose l'exécuta. Nous savons, par les lois des empereurs, qu'une partie de ces biens furent donnés à l'Église chrétienne, et les auteurs de l'Histoire ecclésiastique disent la même chose (L. 20 C. Theod., XVI, 10) (François Laurent, L'Église et L'état, Tomes 1 à 2, 1865 - books.google.fr). La loi de Théodose Ier du 18 juillet 392 menaçait de la déportation quiconque «troublerait la foi catholique et le peuple», se disait «loi générale». Une simple «loi» du 16 juin 388 avait antérieurement interdit toute manifestation «en public pour débattre de religion», mais elle n'avait guère intimidé, manifestement, ceux auxquels elle était destinée (Capucine Nemo-Pekelman, Rome et ses citoyens juifs, IVe-Ve siècles, 2010 - books.google.fr). X, 77 "Corsaires" : pirates de Cilicie Empr., prob. par l'intermédiaire de l'a. prov. corsari (au sens 1 dep. début XIVe s., Vie de St Honorat ds Rayn.), à l'ital. corsaro (dep. ca 1315, Dante, Purg. ds Batt.), du b. lat. cursarius (cf. domaine ital., R. de S. Germano, ca 1243 ds Du Cange), dér. de cursus (cours) (www.cnrtl.fr). Honorat d'Arles (mort en 430), également surnommé Honorat de Lérins, est le fondateur de l'abbaye de Lérins (vers 400-410) (fr.wikipedia.org - Honorat d'Arles). Non fu Pompeo a par di costui degno, Se ben vinse e cacciò tutti i corsari (Jamais Pompée n'acquit tant d'honneurs et tant de gloire; il chassa autrefois, il est vrai, tous les corsaires) (Lodovico Ariosto, Orlando furioso: Canti I-XXIII, Gioacchino Paparelli, 1991 - books.google.fr, C. Hippeau, Roland furieux de L'Arioste, Tome 1, 1876 - books.google.fr). On pense aux corsaires d'Afrique du Nord, région d'origine de Térence et Augustin. La puissance monstrueuse des pirates "dominait à peu près entièrement notre mer, désormais fermée à la navigation et au trafic. C’est là surtout ce qui poussa les Romains, gênés dans leur ravitaillement et menacés d’une grande disette, à charger Pompée de reprendre la mer aux pirates. Gabinius, un des familiers de Pompée, proposa une loi qui ne lui conférait pas un simple commandement naval, mais, en propres termes, le pouvoir absolu et une autorité sans contrôle sur tous les hommes. Il était en effet investi du commandement sur mer jusqu’aux colonnes d’Hercule et sur terre, en tous lieux, jusqu’à quatre cents stades de la côte. Bien peu de régions du monde romain échappaient donc à l’empire de Pompée. Pompée divisa l'étendue de la Méditerranée et les diverses mers en treize secteurs, à chacun desquels il assigna une escadre d'une force déterminée et un chef. Puis, grâce à cette flotte dispersée partout en même temps ["Classe espargie"], il encerclait ceux des pirates qu'il rencontrait groupés, les prenait aussitôt en chasse et les poussait vers la terre. Ceux qui avaient réussi à échapper en se séparant des autres à temps se portaient de toutes parts vers la Cilicie, où ils se réfugiaient comme les abeilles retournent à la ruche. Il s'apprêta à les y poursuivre avec ses soixante meilleurs navires. Mais il ne voulut pas partir contre eux avant d'avoir entièrement purgé des brigands qui les infestaient les mers d'Etrurie, de Libye, de Sardaigne, de Corse et de Sicile, ce qu'il fit en quarante jours en tout, en payant inlassablement de sa personne et grâce au zèle de ses légats consul Piso, inspiré par la colère et l'envie, cherchait à détruire ses préparatifs et à licencier ses équipages, Pompée envoya sa flotte à Brindes et remonta lui-même vers Rome à travers l'Etrurie. A cette nouvelle, une grande foule de gens se répandit sur sa route, comme s'ils ne lui avaient pas déjà fait cortège peu de jours auparavant; ce qui causait leur joie, c'était la rapidité inespérée du changement qui avait apporté une extraordinaire abondance de vivres. Aussi Piso risqua-t-il d'être dépouillé du consulat, Gabinius ayant déjà rédigé une motion en ce sens. Mais Pompée s'y opposa, régla tout avec modération et, ayant obtenu ce dont il avait besoin, il descendit à Brindes pour s'y rembarquer. Pressé par le temps, il passa devant la plupart des villes sans s'y arrêter, mais il fit pourtant escale à Athènes. Là, il monta offrir un sacrifice aux dieux et harangua le peuple. Repartant aussitôt après, il put lire des inscriptions en son honneur, formées chacune d'un seul vers, l'une à l'intérieur de la porte de la ville : «Plus tu sais être un homme, et plus tu deviens dieu», et l'autre à l'extérieur : «Nous t'attendions, nous t'adorions, nous t'avons vu, nous t'escortons». Quelques pirates qui restaient encore groupés et qui erraient en dehors de leurs repaires vinrent le supplier; il les traita avec indulgence, accepta la reddition de leurs vaisseaux et de leurs personnes et ne leur fit aucun mal. Les bandits qui restaient, en ayant conçu un bon espoir, évitèrent les autres généraux et vinrent se rendre à Pompée avec femmes et enfants. Il les épargna tous, et c'est surtout grâce à eux qu'il dépista ceux qui se cachaient encore ; ceux - là , il les prit et les punit comme des gens qui avaient sur la conscience des crimes impardonnables. 28. 1 Mais la plupart des pirates les plus puissants avaient mis en sûreté leurs familles , leurs richesses et la foule inutile dans des châteaux et des villes fortes de la région du Taurus, et ils montèrent eux-mêmes sur leurs vaisseaux, pour résister à l'attaque imminente de Pompée, près de Coracesium en Cilicie. Le combat s'étant engagé, ils furent vaincus, puis assiégés. Finalement ils envoyèrent demander grâce, et livrèrent leurs personnes en même temps que les villes et les îles qu'ils occupaient et qu'ils avaient si bien fortifiées qu'elles taient difficiles à prendre et même à approcher. La guerre était ainsi terminée , et les pirates avaient été partout chassés de la mer en trois mois au plus. Pompée avait capturé une quantité de navires dont quatre-vingt-dix armés d'éperons de bronze. Il détenait aussi plus de vingt mille prisonniers; il ne songea pas un instant à les faire périr, mais il pensa qu'il n'était pas prudent de relâcher, pour les laisser se disperser ou se grouper à nouveau, des gens dont la plupart étaient pauvres et belliqueux. Faisant réflexion que l'homme n'est pas par nature, et dès sa naissance, un être sauvage et insociable, mais que, si la pratique du vice le fait dégénérer contre son naturel, il peut aussi être adouci par des mœurs nouvelles et un changement de lieu et d'existence, puisque les bêtes elles-mêmes, soumises à un régime plus doux, s'apprivoisent en dépouillant leur férocité et leur humeur farouche, il résolut de transférer ces hommes de la mer sur le continent et de leur faire goûter une vie normale, en les habituant à vivre dans des villes et à cultiver la terre. Les bourgades à demi désertes de la Cilicie en accueillirent un certain nombre et se les assimilèrent après avoir reçu un territoire plus grand. Soles venait d'être dépeuplée par Tigrane, roi d'Arménie; Pompée la releva et y établit beaucoup de pirates. Le plus grand nombre reçut comme résidence une ville d'Achaïe, Dymé, qui était alors vide d'habitants et qui avait une campagne vaste et fertile. Ces mesures furent blâmées par ses ennemis, mais sa conduite à l'égard de Metellus en Crète ne plut pas même à ses meilleurs amis. Ce Metellus, parent de celui qui avait été son collègue en Espagne, avait été envoyé en Crète avant la désignation de Pompée . La Crète en effet , comme nid de pirates , venait tout de suite après la Cilicie. Tous les brigands que Metellus avait pris en grand nombre avaient été exterminés par lui sans pitié. Les survivants, que Metellus assiégeait, envoyèrent demander grâce et appelèrent Pompée dans leur île, qui était soumise à son autorité puisque aucun point n'en était éloigné de la mer au-delà de la distance fixée. Pompée accepte et écrit à Metellus de cesser la guerre. Il écrit de même aux villes de ne plus obéir à Metellus, et il envoie en Crète un de ses lieutenants, Lucius Octavius. Celui-ci pénétra dans les murs des pirates qui étaient assiégés et combattit à leur côté. De la sorte, il rendit Pompée non seulement insupportable et odieux, mais ridicule aussi, quand on le voyait prêter son nom à des impies, à des athées et les entourer de sa gloire comme d'un talisman protecteur, tout cela par jalousie et haine envers Metellus. Car, pensait-on, Achille lui-même n'agit pas comme un homme, mais à la façon d'un jeune sot follement épris de renommée, lorsqu'il fit signe aux autres guerriers qu'il leur interdisait de frapper Hector, «Craignant que, de l'atteindre, un autre n'eût la gloire En ne lui laissant rien qu'un rôle de comparse 34 Pompée , lui , alla jusqu'à vouloir sauver les ennemis publics en combattant pour eux, afin de priver des honneurs du triomphe un général qui s'était donné tant de peine. Cependant Metellus ne céda pas : il s'empara ara des pirates et les châtia; quant à Octavius, il l'accabla dans son camp d'insultes et d'outrages, puis il le congédia. Quand on eut annoncé à Rome que la guerre des pirates avait pris fin et que Pompée, n'ayant plus rien à faire, passait son temps à visiter les villes, un des tribuns de la plèbe, Manilius, rédigea un projet de loi qui attribuait à Pompée tous les pays et toutes les forces armées que Lucullus commandait, en y joignant la Bithynie qui était aux mains de Glabrio, ainsi que la conduite de la guerre contre les rois Mithridate et Tigrane, avec la disposition de la flotte et la domination de la mer dans les conditions auxquelles il les avait initialement reçues. C'était en somme remettre l'Empire romain entre les mains d'un homme unique, car les seules provinces qui semblaient lui avoir échappé aux termes de la première loi : Phrygie, Lycaonie, Galatie, Cappadoce, Haute-Cilicie, Colchide, Arménie, lui étaient toutes affectées avec les camps et les troupes dont Lucullus avait disposé pour vaincre Mithridate et Tigrane. Que Lucullus fût ainsi dépouillé de la gloire de ses hauts faits et qu'on lui donnât un successeur pour célébrer le triomphe plutôt que pour faire la guerre, cette considération n'était que secondaire aux yeux des nobles, en dépit de leur conviction que Lucullus était victime d'une injustice et de l'ingratitude du peuple, mais ce qu'ils avaient peine à supporter, c'était la puissance de Pompée qui se constituait en tyrannie. Aussi s'encourageaient-ils et s'exhortaient-ils entre eux à faire opposition au projet de loi et à ne pas sacrifier la liberté. Cependant, le moment venu, la peur du peuple les fit renoncer à leur dessein, et la plupart gardèrent un silence complet. Catulus, lui, après avoir vivement combattu le projet de loi et le tribun, voyant qu'il ne persuadait personne, se mit à crier plusieurs fois du haut de la tribune en engageant les sénateurs à chercher, comme leurs ancêtres, un mont, une roche escarpée où ils se réfugieraient pour sauver la liberté . La loi fut pourtant votée par les tribus unanimes, dit-on, et Pompée absent fut investi de presque tous les pouvoirs que Sylla avait conquis par la guerre et les armes en s'emparant de la ville Quand il reçut la lettre et prit connaissance de ce qui avait été décidé, on raconte qu'en présence de ses amis qui le félicitaient, il fronça les sourcils, se frappa la cuisse et s'écria, comme si le pouvoir désormais lui pesait et l'accablait : «Ah ! ces luttes interminables ! Combien je préférerais être un homme obscur, si je ne dois jamais cesser de faire la guerre et si je ne puis me dérober à cette envie qui m'entoure en vivant à la campagne avec ma femme !» Ces paroles feintes déplurent même à ses intimes, car ils savaient qu'il ressentait une joie d'autant plus vive que son inimitié à l'égard de Lucullus attisait son ambition et son amour inné du pouvoir (Robert Flacelière, Émile Chambry, Marcel Juneaux, Vie de Pompée de Plutarque, 1957 - books.google.fr). Pompée venait d'achever sa guerre des Pirates, et se trouvait avec des forces considérables dans la Cilicie. Depuis longtemps ses amis de Rome lui destinaient la conduite de cette guerre. Le tribun Manilius proposa formellement de l'envoyer contre Tigrane et Mithridate, avec des pouvoirs illimités sur l'armée, la flotte et les provinces d'Asie. Le sénat repoussait cette loi, qui continuait la royauté d'un transfuge du parti des nobles. Mais l'aveuglement du peuple et des chevaliers était tel qu'il n'eut pas même la peine d'y résister. Ce n'est qu'en lisant le discours de Cicéron pro lege Manilia qu'on peut se faire une idée de cet engouement du peuple. Ces éloges pompeux, démesurés, intarissables, ces longs et magnifiques développements sur chacune des vertus de Pompée comme sur autant de points d'une thèse, pour que la multitude les supportât sans murmures, il fallait que l'orateur fût bien éloquent et le héros bien populaire. C'était la première fois, du reste, que Cicéron, encouragé sans doute par son titre nouveau de préteur, parlait à l'assemblée du peuple, et le Forum dut être ébloui de cet éclat merveilleux de style et de pensée, de cette richesse de figures et de cette inépuisable abondance (Italie ancienne, Tome 1, L'univers : histoire et description de tous les peuples, 1880 - books.google.fr). Mitra ou Mithra, le nom persan du soleil, et de la racine Da, donner, et signifie donné par le soleil. Beaucoup de composés analogues se trouvent dans les langues de la famille indo-germanique. Ainsi en sanscrit on a Devadatta, Haradatta, Indradatta, Somudatta, etc., donné par Dieu, par Hara, par Indra, par Soma, etc.; en grec : Theodotos, Diodotos, Zenodotos, Herodotos, etc.; en persan : Hormisdates, Pherendates, donné par Ormuzd, donné par Behram; en français : Dieudonné. Le nom de Mithridate s'écrit de plusieurs manières. Mithridates est la forme la plus usitée chez les historiens grecs ; mais sur les médailles et quelquefois dans les écrivains on trouve Mithradates, qui est probablement la forme la plus correcte. Herodote donne Mitradate, et Tacite, Meherdates, qui paraît une corruption du même mot (Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à 1850-60, Volumes 35-36, 1968 - books.google.fr). Mithra et Rome Plutarque assure que ce furent les pirates vaincus et dissipés par Pompée qui firent connaître aux Romains le culte de Mithra. Ces
pirates étaient un amas de bandits et d'aventuriers de différentes nations, que l'espoir de s'enrichir par le brigandage avait réunis; assez semblables à ces
boucaniers et à ces forbans, qui ont fait du temps de nos pères tant de désordres dans l'une et l'autre Inde. Mais on aurait peine à imaginer qu'il y est
parmi eux des Persans, des Parthes ou des Assyriens. Ces pirates étaient des Pisidiens, des Ciliciens, des Cypriens,
et peut-être des Syriens, nations chez qui le culte de Mithra n'était point reçu: mais ce que dit Plutarque ne doit être pris que pour
une conjecture avancée au hasard. Le plus ancien exemple du culte de Mithra chez les Romains se trouve, je crois, sur une inscription datée du troisième
consulat de Trajan, ou de l'an 101 de l'ère chrétienne. C'est la dédicace d'un autel au Soleil, sous le nom de Mithra : DEO SOLI MITRAE. Sur une autre
inscription qui ne porte point de date, Mithra est l'assesseur ou le compagnon du Soleil: DEO MITRAE ET SOLI SOCIO. Il fallait cependant que ce culte ne se
fut pas établi en Syrie et dans les pays voisins de l'Egypte. C'est ce qui résulte de l'ouvrage d'Origène contre Celse. Le culte de Mithra était cependant commun à Rome, où l'on célébrait méme ses mystères. On voit
dans les collections de Gruter et de Reynésius plusieurs dédicaces faites à cette divinité; et Lampride,
dans la vie de Commode, fait mention des mystères de Mithra, sacra Mithriaca. Commode a régné depuis l'an 180 jusqu'à l'an
192. Porphyre, qui vint à Rome en 265 prendre les leçons de Plotin, parle beaucoup de Mithra dans les ouvrages qui nous restent de lui. C'est Zoroastre
qui fut le premier auteur de l'antre mystique où Mithra était, dit-il, représenté assis sur le taureau, et tenant à la main le glaive d'Ariès, signe
consacré à Vénus et aux générations, dont Mithra est le principe. J'avoue qu'en examinant de près les circonstances du culte de Mithra chez les Romains, je n'y
ai trouvé nulle ressemblance avec la doctrine et les pratiques de la religion persane, contenues dans les livres de Zoroastre, ou du moins dans ce que les
critiques mahométans nous apprennent de ces livres Sol Invictus, expression latine signifiant «Soleil invaincu», est une divinité solaire romaine dont le culte apparaît dans l'Empire romain au cours du IIIe siècle. Reprenant des aspects de la mythologie d'Apollon et du culte de Mithra, elle connaît d'abord une grande popularité dans l'armée romaine. Officialisé en 274 par l'empereur Aurélien, qui place sa fête de naissance au 25 décembre, puis par Constantin, qui fait du jour du Soleil un jour de repos, son culte va être assimilé par le christianisme devenu religion de l'Empire au IVe siècle, le jour du Soleil devenant le jour du Seigneur et le jour de la naissance du Soleil celui de la naissance de Jésus (fr.wikipedia.org - Sol Invictus (religion)). Pour l'empereur Julien, l'excision du pin sacré symbolise «l'hommage à la Déesse de ce qu'il y a de plus beau, en l'occurrence la vertu accompagnée de la piété». Et son compagnon Saloustios écrira : «La Mère des dieux est la créatrice de vie, d'où son nom de Mère ; Attis, l'artisan de ce qui se fait et se détruit, d'où le récit de sa découverte au bord du fleuve Gallos, car le Gallos fait allusion au cercle lacté, d'où procède le corps soumis aux passions.» (Saloustios, de Diis, IV, p. 8, 1. 6-7 et Or. V, 165 C). L'évolution, sous Commode, est déjà assez avancée, pour que, dans les possessions des fêtes de la Déesse, «dans ces mutilations volontaires, dans ces souffrances recherchées avec emportement, se manifeste une aspiration ardente à s'affranchir de la sujétion des instincts charnels, à délivrer les âmes des liens de la matière». C'est de la sorte un espace propre à la metanoïa, à la transformation spirituelle, qui se crée, où vient s'inscrire tout naturellement la très antique croyance des adorateurs de la Déesse syrienne, selon laquelle, «après leur mort, un aigle transportait leur âme vers le soleil, source divine de toute vie terrestre». Comment Mithra, néanmoins, s'insère dans cet ensemble — puisque Commode, non seulement fut initié à ses mystères, mais accéda, semble-t-il, au plus haut grade de l'initiation, au titre de Pater ? Quand Aelius Lampridius l'accuse d'avoir souillé les mystères par un meurtre, «on présume que, en effectuant l'initiation d'un miles (soldat) en qualité de Père, Commode aurait tué le candidat, alors qu'il ne devait que simuler sa mise à mort». Accusation fausse ou vraie, on ne peut trancher, une fois de plus. Il n'en reste pas moins que la religion de Mithra n'est pas encore à l'époque totalement militaire et d'essence masculine. Ce n'est pas un hasard, en effet, si le grand prêtre d'Isis, dans l'Ane d'or d'Apulée, s'appelle aussi Mithra — et que Lucius, le héros, lui est spirituellement uni par «une divine conjonction d'étoiles». Or, que fait découvrir ce Mithra à Lucius, à la fin de l'initiation aux mystères de la Mère ? «Je tenais de la main droite une torche allumée, et ma tête était ceinte d'une noble couronne de palmes dont les feuilles brillantes se projetaient en avant comme des rayons. Ainsi paré à l'image du soleil, on m'expose comme une statue et, des rideaux s'écartent brusquement, c'est un défilé de passants désireux de me voir. Je célébrai ensuite l'heureux jour de ma naissance à la vie religieuse par un repas de fête et de joyeux banquets». Selon le commentaire pertinent de Marie-Louise von Franz, «cela semble indiquer que l'initiation de Lucius ne lui fait pas seulement suivre le même chemin que le Dieu-soleil, mais qu'il est assimilé au principe lumineux et devient lui-même, au matin, le Dieu-soleil... Cela se pratiquait aussi dans les mystères mithriaques; c'est à rapprocher de la fameuse solificatio à laquelle, de leur côté, les textes alchimiques font allusion. Dans ces derniers, le moment de la réalisation de l'œuvre est souvent décrit comme l'apparition d'un nouveau soleil qui monte au-dessus de l'horizon, ce qui signifie qu'une nouvelle forme de conscience naît à la suite d'une descente dans l'inconscient». En termes psychologiques, c'est ce qu'on dénomme aussi aussi l'apparition du Soi, c'est-à-dire de cet archétype recteur du processus d'individuation, comme le centre de l'âme qu'il ordonne dans le vide, ce qui fonde notre être et le mène sur les chemins de sa totalité intérieure, dans le même temps qu'il représente ce qu'il y a de plus impersonnel en nous, puisque ce n'est rien d'autre, en fin de compte, que l'image de la divinité qui nous meut et nous guide. Nous voyons comment nous sommes ici renvoyés à Néron et à sa naissance prodigieuse sous les rayons du soleil levant (et dix-huit jours avant les calendes de janvier, c'est- à-dire aux alentours de cette date du 25 décembre qui préside à la naissance d'Attis, tout autant que d'Horus, de Mithra ou du Christ) (Michel Cazenave, Roland Auguet, Les empereurs fous: essai de mythanalyse historique, 1981 - books.google.fr). Le Soleil des Perses (Mithra, dont le nom n'est pas cité) ne fait dans l'Histoire Auguste qu'une apparition occasionnelle, presque honteuse, à propos d'une parodie sadique inventée par Commode (Jean Marcadé, Comptes rendus des séances de l'année - Académie des inscriptions & belles-lettres (France), 1993 - books.google.fr). Il est possible que celui qui est vaincu et qui a été honoré par le Sénat est ce dieu concurrent au dieu des juifs et des chrétiens, intégré au panthéon romain. Le mithraïsme était un culte monothéiste antérieur de plus de 1500 ans au christianisme primitif, mais qui
connut son apogée à Rome au moment de la naissance de ce dernier. Il a fait l'objet de persécutions systématiques dans l'Empire romain à la fin du IVe
siècle parce qu'il concurrençait le christianisme, avec lequel il présente certaines similitudes (le monothéisme, et certains rites comme l'eucharistie) La Cilicie au IVe siècle En 368, sous le règne de Valence et à l'occasion des guerres incessantes de l'Empire, en particulier contre les Goths, les raids isauriens reprennent. Zosime les mentionne de manière assez vague et dans un contexte chronologique apparemment erroné. Ammien Marcellin est plus précis, décrivant les premiers succès des «pillards» et leur reddition obtenue à l'instigation des habitants de Germanicopolis. Jean de Nikiou, dont la chronique est écrite à la fin du VIIe siècle, rapporte sous le règne de Théodose (379-395) des expéditions isauriennes outre-Amanus, jusqu'en Palestine : toujours du pur pillage. C'est l'époque du pèlerinage d'Égérie à Jérusalem. Elle visite en Cilicie, près de Séleucie, le martyrium de sainte Thècle, et signale un mur de protection contre «les Isauriens, de très mauvaises gens, souvent adonnés au brigandage». D'ailleurs une nouvelle flambée se produit en 404, sous le règne d'Arcadius. Zosime parle à ce sujet d'une intéressante affaire de corruption de la part d'un général d'origine arménienne, Arbasace : Arbasace avait été envoyé pour secourir la Pamphylie dans la mesure du possible. Il poursuivit ces brigands jusque dans les montagnes, prit leurs bourgs, tua un grand nombre de leurs gens et les aurait entièrement défaits, rendant ainsi la liberté aux villes, s'il n'avait trop aimé son plaisir et préféré son intérêt particulier au bien commun de l'État. Ayant été mandé pour rendre compte de cette trahison, il s'attendait à son procès. Mais il se tira d'affaire en donnant à l'Impératrice une partie de ce qu'il avait pris sur les Isauriens , et employa le reste à ses débauches. Les lettres de Jean Chrysostome, exilé à cette époque dans l'Antitaurus au sud-est de Césarée, nous renseignent sur la panique que provoquait la simple évocation des Isauriens; et ceci jusqu'en Cappadoce ! (Claude Mutafian, La Cilicie au carrefour des empires: Texte, 1988 - books.google.fr). Clodius en Cilicie Sa carrière militaire fut confuse. En 68 et 67 av. J.-C., il prit part à la troisième guerre de Mithridate sous les ordres de son beau-frère Lucius Licinius Lucullus. Cependant, s’estimant traité avec insuffisamment de considération, il fomenta une révolte des soldats à Nisibe. Ce comportement fait de Lucullus un de ses adversaires politiques. Brouillé avec Lucullus, Clodius rejoint un autre beau-frère, Quintus Marcius Rex, proconsul envoyé en Cilicie, qui lui confia le commandement de sa flotte. Capturé par des pirates, Clodius est libéré ["delivrez"] grâce à l'intervention de Pompée, puis il reparait en Syrie alors sous domination des Séleucides, où il manque de perdre la vie lors d’une mutinerie, qu'il aurait lui-même suscitée selon Dion Cassius. Revenu à Rome en 65 av. J.-C., Clodius entama une carrière politique. (fr.wikipedia.org - Publius Clodius Pulcher). "trente... quirettes" : les curies Des éditions ont "quirites" ce qui permet de
rimer normalement avec "démérites" Quirites (pluriel du latin Quiris, Quiritis) est le collectif des individualités qui forment le populus Romanus, le corps civique, dirions-nous aujourd'hui (fr.wikipedia.org - Quirites). Dans le préambule du commentaire à Térence, Donat écrit : Causa scribendarum comediarum olim fuit, quippe Romani prisca institutione per tres ordines sive status divisi sunt. Primus ordo senatorum, qui rem publicam auctoritate et consiliis regerent; secundus ordo Quiritum, qui rebus bellicis insistentes armis dominia rerum urbi quærerent et quæsita pariter tuerentur; erat et tertius ordo populi, qui laboriosis generibus operarum ab elementis eliceret omnia vitæ et usui animantium opportuna (Jeno Ábel, Ag o-es kozepkori Terentius-biographiak, 1887 - books.google.fr). Térence (P. Terentius Afer), d'origine carthaginoise, esclave, puis affranchi du sénateur Terentius Lucanus ami des Lælius et de Scipion Émilien, poëte comique du deuxième siècle avant notre ère (Victor Duruy, Histoire des Romains, Tome VII, 1885 - books.google.fr). Donat est un grammairien (grammaticus) latin du IVe siècle, auteur d’un traité de grammaire à l'origine des donats. Ælius Donatus a vécu au IVe siècle à Rome. La seule chose que l'on sache de sa vie est qu'il a été le précepteur de saint Jérôme qui a lui-même laissé des indications sur sa vie. Restent les propres écrits de Donat, qui fournissent aussi quelques informations. Un certain Flacus Rebius le présente dans son livre Incipit vita Donati grammatici. Ce nom semble un pseudonyme, peut-être même de Donat. D'origine africaine, il naquit entre 310 et 320, peut-être à Tipasa en Numidie (aujourd’hui en Algérie) et mourut vers 380 (fr.wikipedia.org - Donat (grammairien)). Il existait trente curies qui étaient des subdivisions des trois tribus primitives dont la création était attribuée à Romulus, et qui formaient la population de Rome : Tities, Ramnes, Luceres. Leur réunion formait les comices curiates. Chaque curie était présidée par un patricien, le curio, elle disposait d'un flamine qui honorait une divinité propre à la curie, et d'un licteur, et au début de la monarchie devait fournir cent fantassins à l'armée. Chaque curie pratiquait des sacrifices et des repas en commun. L'ensemble des trente curies, présidées par un curio maximus, célèbrent un culte à Junon Curitis ou Quirites. Les curies participent à deux fêtes publiques. Au mois de février, les Fornacalia, fête mobile placée sous le patronage de Quitinus, sont annoncées par le curio maximus et célébrée par chaque curie sur le forum; au cours des célébrations, on grille du blé. Lors des Fordicidia du 15 avril, chaque curie sacrifie une vache pleine à Tellus. Jules César bâtit un nouveau forum sur l’emplacement des ruines de la Curia Hostilia, et reconstruisit une nouvelle Curie, la Curia Iulia, alignée sur ce forum et la via Argilète. Le bâtiment actuel est la restauration de Dioclétien (fr.wikipedia.org - Curie (Rome antique)). Quirinus-Quirites-curiae : reprenant les travaux de Planta, Pott, Schwegler, Lange, Mayer, Stolz, P. Kretschmer a établi avec vigueur une communauté de sens entre Quirinus, Quirites et curiae, qui ferait dériver les trois mots d’un *co-uirium désignant l’ensemble des citoyens. Les Quirites seraient dans ce cas les citoyens inscrits dans les curies, ou assemblés dans les curies, ou « bénéficiant pleinement des droits du citoyens » ; et Quirinus serait le dieu de la citoyenneté (Bernadette Liou, Cultes "héroïques" romains, Les Belles Lettres, 1980 - books.openedition.org). À la fin de l'Empire, la lutte entre le christianisme et la religion romaine traditionnelle se fait ressentir dans l'aménagement de la Curie où se trouve un autel à la Victoire. L'empereur Constance II le fait enlever en 357 avant que Julien ne le rétablisse en 361. Finalement, Gratien le fait de nouveau enlever en 382, en même temps qu'il supprime toutes les immunités et revenus des Vestales et des sacerdoces romains. Une pétition des sénateurs demande l'abolition de ces mesures, mais l'évêque de Rome Damase Ier la neutralise par une contre-pétition de sénateurs chrétiens. En 384, Quintus Aurelius Symmaque plaide de nouveau auprès de l'empereur Valentinien II pour la levée de ces mesures, en vain car Ambroise de Milan, qui a une grande influence sur l'empereur, réfute ses arguments. Le poète Prudence rédige aussi un Contra Symmachum. En 393, Eugène, chrétien mais modéré fait réinstaller l'autel de la Victoire, pour la dernière fois (fr.wikipedia.org - Curie Julia). Symmaque est connu par une collection de lettres, divisée en dix livres, qui est parvenue jusqu'à nous. Il y parle plusieurs fois contre les chrétiens. Son père avait été sénateur sous Valentinien. Lui-même il remplit, du temps de cet empereur, la charge de correcteur de la Lucanie et du pays des Brutiens, en 365 ou 368. Il fut proconsul d'Afrique en 370 ou 373. C'est lui-même qui nous l'apprend. Il paraît, d'après plusieurs de ses lettres, que l'Afrique était sa patrie, et qu'il conservait pour elle le plus tendre attachement. Il fut préfet de Rome sous Valentinien le Jeune, en 384, Richomer et Cléarque étant consuls. Enfin, il fut consul avec Tatien en 391. Son fils, qui fut proconsul d'Afrique sous Honorius, lui consacra une inscription trouvée à Rome sur le mont Cælius, et publiée pour la première fois par Pontanus, dans ses notes sur Macrobe (Notice sur Macrobe, Collection des auteurs latins, avec la traduction en français, Volume 15, 1875 - books.google.fr). "adhaerere Deo" est une expression biblique que saint Augustin, contemporain de Théodose Ier, reprend et commente souvent (adhaereo, adhaesio, inhaereo) (Albert Blaise, Manuel du latin chrétien, 1986 - books.google.fr). Cloldius et les trente licteurs Au retour de sa questure en Sicile durant l’année 61 av. J.-C., Clodius décide se faire élire tribun de la plèbe, ce qui lui donnerait un pouvoir d'action considérable. Pour cela il lui faut renoncer à son rang de patricien, car cette magistrature est réservée aux plébéiens. Mais le Sénat rejette la demande de faire voter par l'assemblée populaire (les comices tributes) son rattachement à la branche plébéienne (transitio ad plebem en latin) de sa famille. En mars 59 av. J.-C., Clodius recourt au rituel archaïque d'adoption par le plébéien P. Fonteius, âgé d'à peine vingt ans, avec l'assentiment d'un augure, Pompée, et la validation du pontifex maximus, qui n'est autre que le consul Jules César. Ainsi, il peut être candidat au tribunat en décembre de la même année, et être élu pour l'année 58 av. J.-C. (fr.wikipedia.org - Publius Clodius Pulcher). D'assez bonne heure les curies cessèrent de se réunir et qu'on appela curiata comitia une réunion de trente licteurs sous la présidence du magistrat. Ce changement était certainement consacré au temps de Cicéron, et c'est ce qui nous permet de comprendre que trois heures eussent suffi à réaliser l'adrogation précipitée de Clodius (Cic., pro Dmo, 16). Il est évident que dans ces comices simulés, les trente licteurs n'étaient que d'inutiles figurants, et que l'autorité des pontifes fut désormais souveraine et seule réelle en matière d'adrogation. Que si les jurisconsultes et les auteurs classiques nous présentent encore cet acte comme se faisant per populum (Gaius, I, § 98. - Ulp., VIII § 2), c'est qu'ils se réfèrent au vieux droit toujours vivant en théorie, et non pas à la forme nouvelle dans laquelle il s'applique. Et lorsqu'on trouve chez eux la mention de la lex curiata (Suét., Oct. Aug., 65. Tacit., Hist., I, 15), il ne faut pas être dupe des mots : ce qu'ils appellent ainsi, conformément à la langue du temps, c'est la décision des trente licteurs. Tacite résume donc très-fidèlement l'état du droit à son époque, quand il présente l'adrogation de Pison par Galba comme faite lege curiata apud pontifices. La loi curiate n'est plus qu'une forme; c'est vraiment devant les pontifes que l'adrogation se fait. Aussi faut-il s'étonner que Gaius laisse à peine soupçonner leur intervention par une allusion accidentelle (I, § 102) (Calixte Accarias, Précis de droit romain, Tome 1, 1879 - books.google.fr). En 357, le Sénat compte 2.000 membres mais l'absentéisme sévit et les affaires sont réglées par l'élite de la Curie, les illustres qu'une lettre du préfet a spécialement convoqués (A. Chastagnol, op. cit., p. 38 et 69). Néanmoins lorsque le débat intéresse les finances sénatoriales, la participation du plus grand nombre devenant indispensable, cette sorte de commission permanente s'efforce d'obtenir au moins l'aval de tous les clarissimes de la région romaine, quitte à venir s'entretenir sur place avec ceux que l'âge ou la maladie empêchent de sortir de chez eux. Le jour (Jean Pierre Callu, Lettres, livres I-II de Quintus Aurelius Symmachus, 1972 - books.google.fr). Le culte de Mithra est encore attesté en 394, à Rome (Rufin, II, 33; Carmen Paris, (cod. 8084); Rev. Arch., 1868, 451) (Albert Dufourcq, L'avenir du christianisme, Tome 4, 1910 - books.google.fr). Catilina et Priscillien Cicéron va prononcer quatre discours (les Catilinaires), au cours desquels il va dénoncer les agissements de Catilina pour précipiter sa chute. Obtenant les pleins pouvoirs du Sénat (par senatus consultum ultimum), il arrête plusieurs conjurés dans l'intention de les condamner à mort et de les exécuter, sans leur laisser le droit d'appel (la prouocatio). Par précaution, Cicéron veut s'abriter derrière le Sénat en lui faisant assumer la responsabilité de l'exécution. Mais le Sénat, donnant son avis, refuse de porter la responsabilité d'une exécution sans prouocatio des Catiliniens, mesure contraire aux exigences de la morale politique romaine. Les rapprochements entre l'affaire romaine et l'intrigue religieuse sont tentants. Priscillien et Catilina ont la faveur du peuple, mais se heurtent à des adversaires religieux et politiques qui les empêchent d'accomplir leurs missions respectives. Aux yeux de Sulpice Sévère, Priscillien conspire : pour obtenir l'épiscopat en se passant du consentement du métropolitain, pour casser le décret de Gratien par le rescrit de Macedonius, pour retirer le dossier au préfet des Gaules et le confier au Vicaire des Espagnes, pour acheter le proconsul de Lusitanie, pour poursuivre leur ennemi Ithace. Hydace, comme Cicéron, usent de leurs fonctions, pour salir la réputation et la popularité de leurs adversaires, en montrant le danger que ces derniers constituent pour la communauté tout entière. Ils veulent donner du poids à leur dénonciation en recourant aux instances politiques, pour s'abriter derrière le pouvoir : l'empereur et l'épiscopat pour Hydace et le Sénat pour Cicéron. Mais la responsabilité de l'exécution finit par leur retomber dessus et ils sont exilés. En effet, le recours au senatus consultum ultimum est une mesure impopulaire sous la République, et elle n'est pas approuvée par une partie de l'opinion, tout comme la résolution séculière d'une affaire ecclésiastique, pour Hydace, est décriée par une partie de l'épiscopat. Cicéron, comme Hydace, ont été dénoncés respectivement par le tribun Clodius et par le pape Sirice, pour les excès perpétrés dans la résolution du conflit : par la violation du droit de prouocatio auquel les romains sont attachés et par l'irruption du pouvoir séculier dans les affaires de l'Église. Le climat d'intrigue, de corruption idéologique et de conspiration convient bien aux deux épisodes qui apparaissent comme un puissant ferment de contestation impliquant le désordre dans la Cité. Le pape Sirice (384-399) écrit aussi à Maxime (Sylvain Jean Gabriel Sanchez, Priscillien et le priscillianisme en Hispanie, Bulletin de littérature ecclésiastique, Tome 108, 2007 - books.google.fr). En réponse, Maxime écrit au pape Sirice, il justifie l'exécution de l'hérétique pour des raisons où abondent les métaphores médicales : s'il n'avait appliqué sa médecine à temps, dit-il, l'hérésie se serait répandue et aurait rendu très difficile un traitement ultérieur. Ce lieu commun sera promis à une grande fortune : on le trouve chez Jérôme comme chez Thomas d'Aquin, on le trouve chez Raban Maur comme chez Louis IX. Partout, l'interprétation de l'hérésie comme maladie qu'il faut éradiquer, qu'elle soit peste, rage, lèpre ou cancer, constitue le cadre mental dans lequel est justifiée l'exécution de l'hérétique (M. Grandjean, L'ère de Priscillien ou la grande faute du christianisme, Théologie et philosophie, Compte-rendu des principales publications scientifiques à l'etranger, 2000 - books.google.fr). Un autre historien romain a beaucoup influencé Sulpice Sévère, c'est Salluste. La composition du récit martinien doit beaucoup au style concis et ramassé de la Conjuration de Catilina. Dans les Dialogues (III, 11-13), l'affaire Priscillien est décrite comme une nouvelle conjuration de Catilina, ce qui montre que l'imitation de Salluste marque de son empreinte aussi bien la forme que la réinterprétation des faits. C'est en 396-397, peu avant la mort de Martin, que Sulpice Sévère compose la Vita Martini. Les grands écrivains latins chrétiens contemporains sont alors occupé à rédiger les Confessions, Jérôme, installé à Bethléem, Ambroise qui meurt à Milan la même année que Martin, et Prudence qui probablement alors à écrire ses poèmes. [...] Sulpice Sévère est un aristocrate aquitain, un avocat converti au christianisme et à l'ascétisme. Il possède toute la culture d'un lettré de son époque, à la fois antique, biblique et chrétienne. Il compose, outre la Vita Martini, des Lettres, des Dialogues, et une Chronique, dans un laps de temps qui va de 396 à 405. La Vita, les Lettres et les Dialogues sont consacrés à saint Martin, tandis que la Chronique retrace l'histoire du peuple juif, puis du peuple chrétien, depuis la création du monde jusqu'en l'an 400 de notre ère, et élabore une théologie de l'histoire par le sentiment que la fin des temps est proche (Sylvie Labarre, La composition de la Vita Martini de Sulpice Sévère. In: Vita Latina, N°171, 2004 - www.persee.fr). "Bannis" et "biens" L’affaire des mystères de la Bona Dea, provoqua la rupture entre Clodius et Cicéron. Le 4 décembre 62 av. J.-C., Clodius, habillé en femme (les hommes étaient exclus de ces mystères), pénétra dans la maison de Jules César, alors pontifex maximus, durant la célébration de ces mystères. Selon Plutarque, Clodius avait revêtu un déguisement de musicienne pour rencontrer l’épouse de César, Pompeia Sulla. Au mois de mai 61 av. J.-C. et malgré l'agitation des partisans de Clodius, l'affaire fut déférée devant un tribunal composé de juges tirés au sort. Le témoignage de Cicéron ruina son alibi lorsqu'il affirma que l'accusé était venu dans sa maison du Palatin au cours de l'après-midi du 4 décembre. Clodius échappa néanmoins à une condamnation en corrompant les jurés. Après le procès, il conçut à l'égard de Cicéron une animosité durable. Clodius passe ensuite à l'offensive contre Cicéron. Dès février 58 av. J.-C., Clodius publie un projet de loi visant à condamner automatiquement tout magistrat ayant fait exécuter un citoyen sans jugement (Lex Clodia de capite civis Romani). Clodius vise implicitement Cicéron, responsable de l'exécution des complices de Catilina sans leur avoir permis d’exercer leur droit d’appel à l’assemblée des citoyens. Sur le conseil de ses amis, Cicéron préfère quitter Rome pour la veille du vote de la loi, le 12 mars 58 av. J.-C. Clodius n'en reste pas à ce premier succès, il dépose un nouveau projet de loi, condamnant nommément Cicéron à l'exil hors d'Italie, tandis que sa maison du Palatin est pillée et incendiée. Les propriétés de Cicéron sont confisquées sur ordre de Clodius, sa maison du Palatin est détruite et son terrain mis aux enchères (fr.wikipedia.org - Publius Clodius Pulcher). Dumézil relie fête des Matralia, en établissant entre le rite mythique des matrones et la légende étiologique des tibicines : les mères figurent des “aurores consciencieuses”, en face des musiciens qui représentent des “aurores rétives”; les matrones obligent une esclave (incarnant la mauvaise obscurité) à entrer dans le temple de l’Aurore pour mieux l’en expulser par la violence, tandis que les flûtistes sont contraints de sortir de Tibur de nuit et ramenés à Rome par un stratagème; elles accomplissent enfin le devoir de choyer leurs neveux, qui représentent le soleil, alors que les musiciens doivent reprendre leur service moyennant compensation. À quelques jours du solstice d’été (dies natalis du 20 juin), où va s’amorcer le recul des jours, les matrones ont rempli leur office salutaire, en accomplissant les actions correctes (chasser les ténèbres, choyer le soleil), qui sont censées fortifier les aurores ; puis les tibicines travestis figurent des aurores rétives à leur devoir et qui n’y sont ramenées que par ruse – ces aurores qui pendant les six mois à venir, vont répugner à leur office. Un autre rituel romain, lié aux cultes orientaux, comportant mascarade et déguisements était le Navigium Isidis (Navire d’Isis), en l’honneur de la grande déesse égyptienne, dont le culte à mystères avait gagné Rome au début du Ier siècle avant notre ère, puis fut favorisé au siècle suivant par les empereurs, Caligula notamment (Élisabeth Gavoille, Travestissements rituels dans le monde romain, 2020 - hal.science). Bienfaits et démérites Cicéron, qui a sauvé la république – et les viviers des nobles - en faisant exécuter les complices de Catilina, et qui est pour cela attaqué par Clodius, se sent lâché par le parti sénatorial : ita sum ab omnibus destitutus; (Yves Peurière, La pêche et les poissons dans la littérature latine, Tome 1, 2003 - books.google.fr). Dans le De Officiis, Cicéron aborde le sujet de la bienfaisance sous l’angle de l’utilité politique. Est-il préférable, si l’on souhaite diriger l’État, de se faire aimer ou de se faire craindre ? Cicéron souhaite par ce questionnement prouver que la vertu et l’utilité se confondent, et que nous sommes toujours gagnants à faire le bien. S’il s’agit d’un noble objectif, la lecture du De Officiis ne peut manquer de soulever une question éthique importante : cette instrumentalisation de la bienfaisance au service du pouvoir peut-elle être moralement valable, et risque-t-elle de mener à des dérives ? D’ailleurs, que penser du fait qu’un philosophe et lecteur de l’Arpinate – Machiavel – est devenu célèbre en s’opposant à Cicéron et en affirmant que, la bonté et le pouvoir ne pouvant aller de pair, il fallait préférer le pouvoir ? (Julie Mostert, La bienfaisance dans le De Officiis, de Cicéron, Revue Phares, 2019 - revuephares.com). L'ascétisme, chez Priscillien, se lie étroitement au mysticisme. Il faut prendre ici ce mot d'ascétisme dans son acception primitive. Beaucoup de religieux orientaux du même temps se proposaient comme un but de parvenir aux abstinences extrêmes, et cherchaient à se faire un mérite éminent aux yeux de Dieu de leur martyre volontaire. La vie ascétique n'est pour Priscillien qu'un ensemble d'exercices : ce n'est qu'une préparation à la sainteté, dont il fait la condition nécessaire de l'union avec Dieu. Les observances rigoureuses, comme le jeûne, comme la suspension de la vie conjugale, qu'il recommande même aux simples fidèles en temps de carême2 , seraient pour lui sans valeur si elles n'étaient accompagnées d'œuvres de bienfaisance et d'amour, si elles n'avaient pour effet de rendre l'âme meilleure et plus pure, et de la disposer à recevoir en elle-même son Dieu (Ernest Ch. Babut, Priscillien et le priscillianisme, 1909 - books.google.fr). Âmes La position de Priscillien par rapport au corps et à la matière n'est pas forcément le fait d'une influence gnostique ou encratite, mais plutôt classique. L'Énéide mentionne l'aspect négatif de la matière : C'est de là (de ce souffle cosmique) que naissent la race des hommes et celle des bêtes, les vies des oiseaux et les monstres que porte la mer sous sa surface de marbre. Il y a dans ces semences de vie une vigueur de feu de feu, une origine céleste, pour autant qu'elles ne sont pas appesanties par l'impureté de la matière, émoussées par des organes faits de terre et des membres voués à la mort (Verg., Aen. , VI, 728-732). Virgile explique que les hommes, entre autres, sont porteurs d'une empreinte céleste et que leur vigueur est atténuée par la matière des corps. Les éléments de l'âme contractent des souillures par l'impureté de la matière. Priscillien cite Sagesse 9, 1553 à trois reprises (Tract., V, 63, 23; VI, 73, 9; VII, 83, 24), et ce verset présente quelque analogie avec le passage virgilien cité ci-dessus, qui a été très commenté par les néoplatoniciens; ceux-ci concluent que le corps est seule cause de tous les péchés. Peut-être Priscillien est-il aussi influencé par ces commentaires de Virgile qu'il connaissait bien. Les néoplatoniciens entendaient la page de Virgile comme si la prison qu'elle mentionne était le corps humain. G. Madec a montré qu'Ambroise était influencé par la même littérature quand il utilise des formules comme le corps-tombeau, le corps-prison, l'âme en cage, etc. Dans le De bono mortis, l'évêque de Milan insiste par des formules néoplatoniciennes sur la nécessité pour l'âme de se libérer des liens du corps. Nous pensons que Priscillien se réfère aux apocryphes, mais les rapprochements avec ses connaissances classiques antérieures l'ont conforté dans cette conception de la matière. Cette négativité de la matière qui imprègne le IVe siècle s'oppose à une conception positive de l'âme (Sylvain Jean Gabriel Sanchez, Le destin d'un homme cultivé du IVe siècle : Priscillien d'Avila, Le païen, le chrétien, le profane, recherches sur l'antiquité tardive, 2009 - books.google.fr). On connaît un Songe de Scipion, poëme héroïque, imitation par Cesar Nostradamus, Tolose, Colomiez, in-12, 1606. (Bibliographie italico-française 1475-1885, Tome 2, 1886 - books.google.fr). Par une autre singularité, l'épicurien César, qui pour essayer de sauver à Catilina la peine de mort fit, lors de la fameuse délibération du sénat, une profession de foi niant expressément l'immortalité de l'âme et la survie humaine, allait être déifié, au cours de l'année même qui vit la publication du D. N. D.; peu de temps après sa fin tragique ses partisans et les fanatiques de son parti inaugurèrent, sur l'emplacement de son bûcher, un culte qui allait bientôt devenir un culte officiel, ouvrant la série des cultes des empereurs divinisés. Mais les raisons de ce fait important sont à chercher dans les courants d'idées et dans la fermentation religieuse des milieux populaires et des masses de Rome et de l'Empire. Il y a là un réservoir de religiosité et de mysticisme qui finira par submerger même la haute société romaine, mais qui, pour le moment, commence seulement à en effleurer certains éléments (par exemple dans le petit cercle adonné au pythagorisme dont le représentant le plus autorisé Nigidius Figulus meurt l'année même où Cicéron compose le De natura deorum). Mais le Cicéron du D. N. D. (ce ne serait du reste pas aussi vrai du Cicéron de la République et du Songe de Scipion) observe à l'égard de ces aspects de la vie religieuse de son époque un mutisme très significatif. Un mutisme qui signale peut-être encore l'opposant au parti de César, lequel, ainsi qu'il y parut quand Antoine eut relevé son héritage, n'était que trop enclin à donner dans les nouveautés de l'orientalisme religieux. D'ailleurs, au moment où il écrit le D. N. D., Cicéron est aussi un dignitaire de l'organisation religieuse romaine. Il a été coopté membre du collège des augures. C'est un très vénérable collège, de 16 membres à cette époque, chargé de tout ce qui concerne les auspices, c'est-à-dire les rites qui ont trait à la consultation des signes célestes et des volatiles au moment de chaque acte officiel. Pour un homo novus, pour un fils de chevalier, entré le premier de sa race dans la carrière des fonctions publiques, c'était un très honorifique couronnement de carrière que la réception dans ce cénacle où avaient siégé des hommes éminents et érudits, quelque chose comme l'entrée à l'Académie française pour un politicien d'aujourd'hui. L'augure Cicéron se serait bien gardé de rien dire qui pût être contraire à la gravité de ce corps, aussi antique que l'Etat lui-même. Il se serait bien gardé de dire, par exemple, que deux augures ne pouvaient se regarder sans rire; il a eu une plaisanterie de ce genre - ou plutôt il l'a répétée, car le mot était attribué à Caton, deux haruspices, c'est-à-dire de personnages non officiels, qui pratiquaient la divination à la mode orientale, par l'inspection des entrailles, et précisément parce que les augures considéraient les haruspices comme des collègues de rang inférieur (H. Jeanmaire, Introduction à l'étude du livre II du De natura deorum , Revue d'histoire de la philosophie et d'histoire générale de la civilisation, 1933 - books.google.fr). Licteurs/"délivrez" Varuna est le «Lieur» : quiconque respecte le salyam et la çraddha, c'est-à-dire les diverses formes de l'exactitude, est protégé par Mitra, mais quiconque pèche contre le satyam et la çraddha est aussitôt lié, au sens le plus matériel du mot, par Varuna. Nous avons fait remarquer ailleurs que l'Ouranos grec, lui aussi, est «un lieur», simplement sans valeur morale : pas plus que Varuna il ne combat; comme lui il saisit qui il veut, sans résistance possible, par prise immédiate, et il le «lie» (v. ci-dessous, p. 139). Le rituel et la fable historique des Romains gardent la trace des mêmes représentations. Le flamen dialis est un «délieur»; tout homme enchaîné qui se réfugie près de lui est aussitôt délivré et ses fers jetés hors de la maison, non par la porte, mais par le toit (Aulu-gelle, X, 15 : uinctum, si ædes eius introierit, solui necessum est et uincula per impluuium in tegulas subduci atque inde foras in uiam demitti; cf. Plutarque, Questions Romaines, 111). De plus, si un homme condamné à être battu de verges tombe en suppliant à ses pieds, il est interdit de le battre ce jour-là (ibid. : si quis ad uerberandum ducatur, si ad pedes eius supplex procubuerit, eo die uerberari piaculum est). Ces deux privilèges solidaires font du flamen dialis l'exact opposé d'un rouage de la «royauté terrible», et de Romulus (ou d'autres rois de son type, Tullus Hostilius, ou Tarquin, à qui est parfois attribuée l'institution des lictores) : en avant de Romulus, dit Plutarque (Romulus, 26), marchaient toujours «des hommes armés de baguettes, qui écartaient la foule, et ceints de courroies afin de lier aussitôt ceux qu'il commanderait de lier»; c'est , dit Plutarque, l'origine des lictores, dont le nom dérive de ligare (cf. Questions Romaines, 67; il n'y a aucune raison de rejeter ce rapport que sentaient les anciens entre lictor et ligare : lictor peut être formé sur un verbe radical *ligere, non attesté, qui serait à ligare ce que dicere est à dicare; cf. Ernout-Meillet, s. v.). On voit ainsi que Romulus, à l'opposé du flamen dialis, est un lieur, et aussi un fouetteur puisque son escorte porte les deux sortes d'armes et puisque les licteurs de l'époque historique, outre les fasces, sont munis de la uirga; ce groupe de représentations mériterait d'être examiné de plus près : il semble bien, dans la légende de Romulus et dans les rituels qu'elle justifie, que lictores, Celeres et Luperci soient des notions équivalentes; en particulier l'accoutrement des premiers licteurs est celui des Luperques historiques, eux aussi ceints de courroies et flagellants. L'essence du flamen dialis étant, au maximum, réfractaire au lien, on comprendra que, tandis que les Luperques sont des hommes nus mais «ceints» de lanières, le flamen dialis soit un homme extrêmement vêtu mais qui ne doit porter aucun nœud ni dans sa coiffure, ni dans sa ceinture, ni nulle part (nodum in apice neque in cinctu neque in alia parte ullum habet, Aulu-Gelle, l. c.); et que les Luperques, en tant qu'equites, portent nécessairement un anneau tandis que le flamen dialis n'a droit qu'aux «faux anneaux», rompus et creux (annulo uti, nisi peruio cassoque, fas non est, Aulu-Gelle, l. c.). L'Inde a utilisé autrement, plus subtilement, un jeu analogue de représentations. Par exemple, Çatapatha Brahmana, III, 2, 4, 18, on lit que si, au moment où l'on attache la vache du sacrifice, on dit la formule «Que Mitra t'attache par le pied», c'est pour la raison suivante : «La corde, assurément, est à Varuna; si la vache était liée (sans formule spéciale) avec une corde, elle deviendrait la chose de Varuna. D'autre part, si elle n'était pas liée du tout, elle serait sans surveillance. Mais ce qui est à Mitra n'est pas à Varuna...» L'astuce est claire : il suffisait de faire passer à la vache le lien nécessaire par un dieu qui ne fût pas le spécialiste du lien pour que ce liage n'entraînât aucune confiscation automatique; et il suffisait de confier cet office à Mitra, opposé régulier de Varuna, pour ne pas risquer de contre-offensive, de tentative de partage, de la part de Varuna. L'Inde est coutumière de telles ruses (cf. Flamen-brahman, pp. 62-63, la ruse brahmanique en regard de la règle romaine qui veut que la flaminica soit une femme uniuira, n'ait pas eu de mari avant le flamen) (Georges Dumézil, Mitra-Varuna, essai sur deux représentations indo-européennes de la souveraineté, 1940 - books.google.fr). Acrostiche : LASB, LASiBus "Lasibus" ablatif de Lases ancienne forme de Lares (rhotacisme) (Gaffiot). A l'époque de Cicéron, les Romains instruits se rendaient bien compte que le son r du latin classique avait, en beaucoup de cas, remplacé un s plus ancien. Ils conservaient encore le souvenir de la graphie archaïque qui demandait un s là où à l'époque classique il y avait un r. Cicéron parle incidemment de ce fait dans une lettre, epist. 9, 21, 2 : fuerunt enim patricii minorum gentium, quorum princeps L. Papirius Mugillanus, qui censor cum L. Sempronio Atratino fuit, cum ante consul cum eodem fuisset, annis post R. c . CCCXII (442 av.J.-C.); sed tum Papisii dicebamini. Post hunc XIII fuerunt sella curuli ante L. Papirium Crassum, qui primum Papisius est uocari desitus. Is dictator cum L. Papirio Cursore magistro equitum factus est annis post R. c . CCCCXV (339 av. J.-C.) et quadriennio post consul cum K. Duilio. Ce témoignage même de Cicéron montre que la tradition savante de son temps plaçait la fin du processus phonétique du rhotacisme dans la moitié du IVe s. av. J.-C. D'autres auteurs, contemporains de Cicéron, mentionnent ce même fait, sans indiquer cependant avec autant de précision la date de ce changement (Jan Safarewicz, Le rhotacisme latin, 1932 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Lucius Papirius Cursor (consul en -326)). À Rome, les attributs du Genius et du Lar s'appliquent à l'escorte des personnes, à l'appréciation de leurs actes, à la protection des membres de la famille et des espaces de vie, à la divination. La survie de la notion est liée au glissement du concept de principe vital chez Plaute vers celui de compagnon (comes) à tendance spiritualisante et moralisante chez Horace et au dédoublement des entités soit réprobatrices soit approbatrices chez Servius et Apulée. L'édit de Théodose de 392 interdisant le culte du Genius, du Lar Familiaris et des entités qui leur furent assimilées ne mit pas un terme à leur carrière. Le Lar Familiaris en est l'entité la plus ancienne. Chez les Étrusques, le prénom Lar, appliqué à Énée ou à Porsenna, est l'appellation révérencieuse de «Seigneur». Dans les périodes les plus reculées, Lar, sous la forme étrusque de Lases, antérieure au rhotacisme, exprime «la vénération devant certaines manifestations de la puissance divine». Pline illustre cette réalité de l'enfance de Servius Tullius : «Il dormait dans la maison royale, sa tête s'embrasa et l'on pensa qu'il était le fils du Lar Familiaris.» Le Lar Familiaris des origines est l'incarnation du père unique, mais idéal d'une famille, signifiant qu'il est la raison divine de la famille, son principe vital. Cicéron et Varron ont vu dans le Lar unique de chaque foyer et dans les Lares en général, les ancêtre déifiés devenus les protecteurs du peuple de Rome. [...] Le culte des Lares est le centre des expressions de l'ancienne religion. Avant la fondation de Rome, Romulus et Remus rendent un culte à Faunus, le Lar agrestis qui préside au genre de vie lupercal. Leurs lieux de culte sont les seuls édifices religieux de la plus grande partie de la période royale. Dans le laraire où sont offerts les fruits des cultures, le père est représenté entre deux Lares. Chaque famille se place sous la protection des Lares, de préférence à celle d'un dieu, car ce dernier est à tout le monde alors que les Lares se plient au cas particulier (comme le feront les anges dans le christianisme, selon les premiers docteurs de l'Eglise) (Bernard Vilain, Lares et lares familiares, De Socrate à Tintin, Anges gardiens et démons familiers de l'Antiquité à nos jours, 2019 - books.google.fr). Un bas-relief [H. 1 5/6 pied, L. 2 1/2 pieds] de verre coulé, d'origine romaine, est conservé au musée Olivieri à Pesaro, et mentionné par Maffei, Osservazioni letterarie, 1737 sqq., t. V, p. 189, vu dans la maison de G.B. Passeri Alofaici di Pesaro (Pesaro dalla devoluzione all'illuminismo, Volume 2, 2009 - books.google.fr). L'inscription gravée sur ce monument a un caractère apocryphe qui ne ressort pas moins clairement des représentations qui y sont figurées, que du texte qu'il porte. Le faussaire a pris pour modèle le célèbre bas-relief du palais Zeni, et a conservé sa disposition toute particulière des deux dadophores. Il les a seulement séparés de la scène principale par un pilastre auquel un second fait pendant à droite de la plaque, et il a réuni ceux-ci par un toit en pignon richement orné. L'immolation du taureau aurait donc lieu dans une maison, non dans une grotte. Dans la représentation de cette scène, le contrefacteur a aussi suivi son modèle sauf quelques suppressions (serpent, torche de gauche, etc.) et altérations qui prouvent combien il connaissait peu le sens des figures qu'il reproduisait. Ainsi il a pris le scorpion, fixé à l'arbre fruitier, pour un oiseau, et l'a remplacé par une colombe. Comme il ne pouvait ranger les sept autels entre son toit pointu et le bord de la plaque, il les a transportés des deux côtés du taureau, en réduisant toutefois leur nombre à six, quantité qu'on ne rencontre jamais. Trois des couteaux plantés entre ces autels sur le bas-relief du palais Zeni, ont trouvé place ici sur le chapitau du pilastre de droite. Le fût de celui-ci a été décoré de sept couronnes, suggérées sans doute par le surnom d'Invictus donné à Mithra. En outre, une torche, un corps (humain ?) renversé, et deux génies ailés empruntés à quelque abraxas, ont rempli l'espace resté vide au-dessus des autels. La matière de ce bas-relief suffirait presque à faire rejeter son authenticité. Son exécution est extrêmement grossière, et après le coulage, la plaque de verre en se refroidissant s'est fendue, ce qui prouve l'inexpérience du faussaire (Sur l'authenticité, cf. CIL, VI, 736, et Lebègue, Revue archéol., 1889, I, p. 64 sqq.) (Franz Cumont, Textes et monuments figurés relatifs aux mystères de Mithra, Tome 2, 1896 - books.google.fr). Ligne 3. Les dii consentes appartiennent an cycle de Jupiter; Mithra, par conséquent, n'y figure pas. Pollenti, à côté de consenti, est une épithète inusitée. Ligne 4. Si Mithra a été érigé à la dignité de dieu lare, c'est la première fois que cela lui est arrivé. Les lares sancti sont encore à découvrir. L'épithète, il est vrai, est banale. L'inscription est datée sur le corps du taureau par les noms des deux consuls: Fa écrit pour Ta (Tatianus) et Simma... (Symmachus) qui exercèrent leur charge en 391 époque de l'interdiction des cultes païens par Théodose Ier (Albert Lebègue, Le bas-relief de Pesaro, Revue archéologique, 1889 - books.google.fr, leg8.fr). Le sexe du Taureau de Pesaro ressemble à un Scorpion. Le Grand Chien et l'Avant Chien (Procyon) sont les paranatellonta du Cancer (Gilles Sauron, Un conflit qui s'éternise : la "guerre de Sperlonga", Revue archéologique, 1997 - books.google.fr). Le Cancer correspond à la poitrine, le Lion à l'estomac et le Scorpion au sexe (Hyacinthe Brabant, Médecins, malades et maladies de la Renaissance, Le soleil dans la médecin à la Renaissance, 1966 - books.google.fr). Ou le Lion au cœur. C'est dans les textes de Marcus Manilius, Astronomica et de Julius Firmicus Maternus, le Mathesis que la correspondance est faite pour la première fois entre le corps et les constellations du zodiaque, mais sans que l'on en ait conservé une représentation graphique. Il faut attendre le XIe siècle pour en voir le premier dessin isolé dans un manuscrit compilant des textes de Galien, Celse et Hippocrate. Le schéma se développe véritablement dans l'iconographie médiévale à partir du XIVe siècle (fr.wikipedia.org - Homme zodiacal). De même que la personne humaine est répartie entre les signes et, même si la tutelle commune vaut pour l'ensemble du corps, l'action s'exerce aussi en particulier sur les membres séparément (en effet, le Bélier est attaché à la tête, le Taureau au cou, les bras sont du ressort des Gémeaux, la poitrine du Cancer, le dos fait appel à toi, Lion de Némée et le ventre, à toi, Vierge, la Balance veille sur les fesses, le Scorpion règne sur l'aine, le Sagittaire affectionne les cuisses et le Capricorne les genoux, le Verseau protège les jambes et les Poissons, les pieds), ainsi les constellations revendiquent-elles chacune telle ou telle partie de la terre (Josèphe-Henriette Abry, Appendice : Manilius, Astronomiques IV, 585-817. In: L’Espace et ses représentations. Lyon : Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, 2000 - www.persee.fr). MATERNUS dans son ouvrage d'astrologie intitulé Mathésis ou «Instruction», datant du IVe siècle de notre ère, reste fidèle à la mélothésie zodiacale : «Explicare debemus signa XII quas partes humani corporis teneant; hoc enim et ad apotelesmata vehementissime proficit, praesertim cum locum valitudinis vel vitii volueris invenire. Caput hominis in signo Arietis est, cervix in Tauro, umeri in Geminis, cor in Cancro, pectus et stomachus in Leone, venter in Virgine, renes (et) vertebrae in Libra, natura in Scorpione, femora in Sagittario, genucula in Capricorno, tibiae in Aquario, pedes in Piscibus. Sic per haec signa tota membra hominis dividuntur (Wilhelm Kroll, F. Skutsch, Iulii Firmici Materni Matheseos libri VIII: Libros IV priores et quinti prooemium continens, 1897 - books.google.fr). Avec Zarathoustra le mazdéisme devient une religion monothéiste où le Bien et le Mal s’affrontent, la vie éternelle existant après la mort et les âmes y sont jugées. Les zoroastriens croient également en la résurrection après la fin des temps. Mithra va peu à peu faire l’objet d’un culte à part entière et particulièrement au sein de l’empire achéménide (en Perse, l’Iran actuel) ainsi qu’en Cilicie (Turquie actuelle). En effet, les rois de Perse juraient par Mithra en invoquant sa lumière (Plutarque, Vies parallèles, Alexandre, XXX, 8). Acrostiche : CTBT à l'envers, CaTaBaTès The origins of the Roman age cult of Persian Mithras have already been in the centre of investigations for a long time1 , but we can not say also now that all important questions are answered. Recently more and more scholars point out the differences between the Persian and Roman cult of Mithras and decline to say that this mystery religion is Persian only in its roots, like S. Wikander, P. Beskow or I. Tóth. Though the solutions of these scholars are in method and localization quite different they agree in one respect . They all attach main importance to the Danubian provinces instead of Asia Minor in the development of the Roman age cult of Mithras . I think they are quite right although the final solution is in the future . Here I should like to do a little step in this line meditating about the figure of the two torchbearers. It is obvious that one of the differences between the Persian and Roman cult is the figure of the two torchbearers forming with Mithras a god-trinity. More scholars have dealt with the ethymology of their names, but most of them accepted the opinion of Fr. Cumont that it were in darkness. Recently L. Campbell proposed that Cautes might be connected with the Middle Persian xvar coming from the indoeuropean root k'va - t- and meaning solar fire. He gave the Greek and Latin dérivatives, too, but emphasized that the word Cautes like the whole cult had an Eastern origin . In the case of Cautes he tried to prove this hypothesis after sparse Persian examples by analogies from Asia Minor. Truely enough the problem is quite complicated and to see clearer we must devide it to two parts : the problem of the twins - the ethymology of their names The sun cult was common at the indoeuropean peoples, but we can say it about the twins, too. Only a few examples : the Açvins from India, the Greek Kastor and Polydeukes, Lynkeus and Idas, Herakles and Iphikles, the Roman Romulus and Remus, the Thracian cavaliers and - as a further analogy Kain and Abel. Examining the mythological role as a further analogy of the twins we can state that although the twins of the Mithras cult can not be deduced from one or another mythological system directly even as a common peculiarity of the religious idea of the indoeuropean peoples they are related to almost all of them. Still it seems according to the considerations of I. Tóth that Cautes and Cautopates are with the Dioskouroi and with the Thracian cavaliers in the nearest connection. By all means it is sure that in the Persian cult of Mithras the twins did not get any role. We know them three together only from the Imperial age beginning from the end of the first century AD. It is It is obvious that mythological ideas, living isolated until that time , could unite only the place where the cult of Dioskouroi i.e. the twins was an existing tradition. I think this place is to be searched in the Greek region. 2 Now the ethymology of the names. L. Campbell is quite right finding out that the word Cautes can be derived from the indoeuropean root k'va-t-. But there are some other roots related to this like kad - 10 and kuek- , kuok - .11 It comes a great number of words from this roots in the different languages. However, I think it is important to search for other analogies as gathered by L. Campbell. Such examples are the Thracian "kasmilos", "kadmilos" and the names "kos", "kosôn", Cotys, Costoboci from Dacia and the Bosporan kingdom. These are mostly theophoric names like Mithridates. This fact indirectly proves also the sun cult of these tribes, peoples. However, in spite of the different analogous forms the word Cautes comes from the Greek verb "kaiô" directly. According to J. Pokorny the root of this verb, kêu occurs only in the Greek and Litvanian language. The regularly formed word means the active person bringing or lighting fire. A little more precisely : "o kauter, -èros" – Brenner, Brenneisen zum Brandmarken (Gemoll - Vretska) "o kautès- èros o kaustes", - further : "o kausôn, ônos" Verbrenner, Brenneisen (Menge - Güthling) burner (Sophocles) Hitze, hitziges Fieber, der heiße Ostwind (Gemoll - Vretska) Hitze, Sonnenbrand, heißer Ostwind (Menge - Güthling) burning heat, hot wind (Sophocles). It is remarkable that the word survived in three different forms. Another main point is that Ptolemaios used it as "kaustès", which proves its existence in the Roman period. However, it is more important to survey the meanings of this word group. Beyond the above mentioned they are heat, burn of the sun, hot Eastern wind. We can see that they contain not only the ideas connected with heat and fire but also the one of East, and now we are to think of the altar CIL VI 55620 where Orienti can be read instead of Cauti. We can add that Eusebius (II 1176. C) mentions the torchbearers as Phosphorus and Hesperus where obviously Phosphorus is Cautes and Hesperus is Cautopates. These meanings are the exact equivalents of the mythological role of Cautes and Cautopates. A very close analogy is Kastor and Polydeukes. It is to be pointed out that the word Kastor means exactly the same as Cautes and that Cautes and Kastor symbolize the rising sun or the reviving nature at Spring whereas Cautopates and Polydeukes do the sunset or the winter period beginning with the Autumn bringing crop. Summing up the name Cautes comes from the verb "kaiô" directly and wholly according to the grammatical rules. The meanings of the derivatives of this verb are the exact equivalents of the mythological role of this torchbearer. So we do not have any reason for supposing a Persian or other Eastern origin of this name. Further it can be seen as proved that the twins came into the Mithras cult from the Greek or some other, closely related language and mythological system However , the Greek mythology is not probable from two reasons : 1. The names Cautes and Cautopates do not occur in the classical mythology; 2. according to the finds known until this time the Mithras cult spread in Greek territories and in Asia Minor only to a little degree. It would be unthinkable in the case of such a religious interweaving. We must think of a people and religious community closely related to the Greeks where, although without names, we know about the belief in the twins. From this point of view, remembering the Kabirs and the Thracian cavaliers, the only area is the Balkans. This conclusion corresponds to the fact pointed out by more scholars that the finds of the cult originating from the Danubian region have a particular significance among the relics of the cult.21 Recently I. Tóth made another step showing that the abundance of the relics meant not only a quantitative but also a qualitative difference and proved that they, especially the ones from Poetovio documented the cult partly the earliest time and partly in the most original completeness. In a newer paper of his he proves that the Thracian sun cult is in close connection with the Mithras cult. Our results can be fitted in a harmonious relation with those of I. Tóth. However, we may not leave out of consideration the -pates from the name Cautopates. We know that this word is related to Avestan paiti-, Persian pata, Greek "potès" and Latin potior and means lord. In the same form we know it in the name of Tigrapates (Lukianos, Toxaris 44. ), who was a Lazian king in the Caucasus. According to J. Harmatta it is the equivalent of the old Persian tigra-patay meaning the lord of the arrow. But it is not necessary to go so far. There are a great number of names with -pates from the first centuries AD from Thracia as it comes out from the book of D. Detschew . 26 So we can state the same about Cautopates like about Cautes . We can see that in searching of the development of the Roman age cult of Mithras the Roman age cult of Mithras the role of Cautes and Cautopates is of great importance and through a finer analysis we got a new item proving that this mystery cult developed in a common sphere of the oriental and Greek culture. This event could take place either in the Balkans or in Asia Minor. Our considerations still make the former place more probable, and so do the results of other scholars (Zsolt Visy, The name of Cautes and Cautopates, Acta classica Universitatis scientiarum debreceniensis, 1978 - books.google.fr). On peut faire est d'indiquer parallèlement les rapports du chaman avec le feu. Non seulement le chaman est un «maître du feu» (cf. le mot turc otcigin : «seigneur du feu») mais il est un double du feu comme le montre ce bref synoptique que nous tirons de l'article de J. P. Roux («Fonctions chamaniques et valeur du feu chez les peuples altaïques in RHR», Janvier 1976) : chaman au cours du voyage cosmique / feu pouvoir ascensionnel ascension céleste / le feu monte et en redescend sous forme de foudre guérit / purifie pouvoir de divination / fonction divinatoire (omoplate mise au feu pour interprétation des craquelures) pouvoir sur les animaux / éloigne les animaux transe extatique / transe de la flamme On parle volontiers d'épreuve à propos du feu sans insister généralement assez sur le fait que l'eau et l'air donnent également lieu à des épreuves plus relatives sans doute mais tout aussi réelles. L'ensemble constitue les épreuves élémentaires de certains rituels initiatiques et notamment maçonniques. Si l'œuvre au cuit se rapporte à l'épreuve du feu, l'œuvre au cru se rapporte aux épreuves de l'eau et de l'air. On le voit, le travail du potier a le privilège de comprendre au moins virtuellement l'ensemble du processus initiatique. Ces remarques nous conduisent tout naturellement à rappeler que dans certaines traditions la métallurgie a servi de base à des organisations initiatiques fort importantes comme l'attestent les mystères cabiriques. Or dans l'opération de purification des métaux les quatre éléments sont mis à contribution : l'eau, qui sert au lavage des minerais et à l'élimination des impuretés les plus grossières; la terre (argileuse) qui agit comme «fondant» en transformant sous l'action du feu les oxydes de la gangue en silicates fusibles et permet de séparer le pur de l'impur; l'air qui active le feu (Jean Canteins, Sauver le mythe: Le potier démiurge, 1986 - books.google.fr). Un commentateur d'Homère, Eustathius, interprète d'une manière analogue la légende de Salmonée, qui voulut, dit-on, imiter le tonnerre en faisant rouler un char sur un pont d'airain et en lançant autour de lui des torches enflammées, et que Jupiter punit ce sacrilége en le foudroyant; ce qu'Eustathius explique en faisant de Salmonée un expérimentateur hardi frappé de mort au milieu de ses essais pour imiter ou reproduire le terrible météore. [...] En Élide, où régne Salmonée, il y avait un autel consacré à Jupiter, "Katabatès", et qu'on a retrouvé en Syrie des médailles représentant ce dieu armé de la foudre, et portant pour exergue son nom avec la même épithète. Or il est bien vrai que "kaanaès" est dérivé de "katabainô", qui signifie littéralement descendre Le terme dont les Grecs se servaient pour indiquer la faculté ou la propriété de descendre du ciel, comme la foudre notamment, est "katabasios" (Arthur Mangin, Le feu du ciel : Histoire de l'éléctricité et de ses principales applications, Tome 1, 1877 - books.google.fr). katabatès, «qui descend (dans l'Hadès)» ou «qui fait descendre, tomber» (la foudre, par exemple, quand il s'agit de Zeus). Damascius désigne comme kataibatès celui qui «possédé par la divinité était porté jusqu'au fond» d'une crevasse ouverte sous le temple d'Apollon à Hiérapolis en Phrygie (Photius, Bibl., 242, 131; VI, p. 35 de l'éd. - trad. R. Henry, Paris, 1971). Seuls les «initiés» ("tetelesmenois") pouvaient y pénétrer sans dommage (ibid., p. 34). À Magnésie, où le contexte est bien dionysiaque, ce titre doit concerner des hommes accomplissant un rite de «catabase» : mystes ayant acquis le droit de descendre dans une crypte pour en ramener chaque année une idole du dieu sorti des Enfers et vainqueur de la mort en délivrant sa mère ? Nous savons qu'on fêtait à Priène et à Milet un Dionysos Katagôgios par des Katagógi (Robert Turcan, Liturgies de l'initiation bacchique à l'époque romaine (liber), 2003 - books.google.fr). Le moine byzantin Nonnus, à propos des épreuves mithriaques, parle d'une "hypobase", et d'une "anabase" (Nonnus, fr, a, 1. 5 (t. II, p, 27). Il est à noter que la catabase mithriaque, sur laquelle Lajard a longuement disserté, n'est mentionnée nulle part). Mais Porphyre ajoute que le ciel a deux portes, celle du Cancer et celle du Capricorne, et que les âmes descendent par la première et remontent par la seconde. Il fait entendre, quoiqu'il ne le dise pas expressément, que ces doctrines étaient celles des sectateurs de Mithra, et on ne peut supposer qu'il leur attribue gratuitement ici des théories platoniciennes. [...] Les Acta Archelaï nous montrent des prêtres de Mithra discutant la question de savoir : quo et quomodo animae discedant et qualiter revertantur in corpora. On conciliait sans doute, comme le faisaient les manichéens, la métempsycose avec le dogme de l'ascension des âmes vers le ciel (Franz Cumont, Textes et monuments figurés relatifs aux mystères de Mithra, Tome 1, 1899 - books.google.fr). Quant à la route passant par les étoiles fixes, elle est symbolisée par la scène de la Tauroctonie. Pour Beck, la Tauroctonie est donc une carte, comme pour Speidel et Ulansey, mais pas seulement une carte stellaire et pas une carte fonctionnant d'après les règles modernes de la signification unique d'un symbole. Selon Beck, chez les anciens, un symbole peut avoir plusieurs référents, et vice-versa. Ainsi, le chien de la Tauroctonie peut référer à la fois au Canis Maior et au Canis Minor, Cautès et le taureau peuvent tous les deux désigner le Taureau, Cautopatès et le scorpion peuvent tous deux référer au Scorpius. Ceci contredit la conception de Speidel pour qui l'interprétation céleste de la Tauroctonie, c'est-à-dire les correspondances entre un participant mithriaque et une constellation, doivent se faire selon un principe rigoureux. En cela je partage la critique de Beck, car dans un relief mithriaque tout ne peut pas être rigoureux, mathématique (A. Blomart, Mithra quoi de neuf en 1990 ?, Journal of Roman Archaeology, Volume 9, 1996 - books.google.fr). Acrostiche du X, 78 : CDSS à l'envers, CyDoSSa Cydossa, Cydossus est Qadesh ville du territoire de Tyr au Liban et près de la Galilée, et de Panéas selon Eusèbe (Paul Guérin, Dictionnaire des dictionnaires, Tome 3, 1884 - books.google.fr). Cydossa se trouve près de Giscala (Flavius Josèphe, Histoire de la guerre des juifs contre les romains, Tome 2, 1879 - books.google.fr). Nous ne savons depuis quand et à quelle occasion la famille de Paul s'était établie dans cette ville. Jérôme a prétendu qu'elle était originaire du bourg de Giscala en Judée (pour Galilée) et que ce fut après la naissance de Paul qu'elle émigra en Cilicie à la suite de la ruine de cette cité par les Romains. Mais Giscala ne fut prise qu'en 67, soixante ans au moins après la naissance de l'apôtre et probablement l'année de sa mort. Il y a là une erreur si colossale qu'on ne sait comment se l'expliquer (Frédéric Godet, Introduction au Nouveau Testament, Tome 1, 1893 - books.google.fr). Juges 1,31 : Neither did Asher drive out the inhabitants of Accho, nor the inhabitants of Zidon, nor of Ahlab, nor of Achzib, nor of Helbah, nor of Aphik, nor of Rehob: but the Asherites dwelt among the Canaanites, the inhabitants of the land: for they did not drive them out. Aphik : Most probably the Aphek of Joshuah XIII. 4, XIX. 30. If so, it was the place where the Syrian Aphrodite was worshipped, and where Thammuz, the Syrian Adonis, was yearly lamented. See Ezek. VIII. 14. The ruins of the temple, so famed for its licentious worship, may still be seen at Afka, on the north-west slopes of Lebanon (John James Lias, Book of Judges, 1889 - books.google.fr). Ahlab serait la Giscala de Flavius Josèphe et le Gouch-Halab du Talmud. Josèphe l'avait fortifiée; ce fut la dernière forteresse de la Galilée qui tint tête aux Romains (Palestine et Syrie, Guides Baedeker, 1893 - books.google.fr). Le grand dieu s'appelle Baal (le maître) à Sidon; Melquart, Moloch ou Melek (le roi) à Tyr; Adonis (le Seigneur) à Byblos (Edmond de Pressensé, Histoire des trois premiers siècles de l'Église chrétienne, Tome 1, 1887 - books.google.fr). Le poème De carmine Christiano mentionne dans sa description de l'amburbium les lamentations du dieu Adonis : Plangitur in templis juvenis formonsus Adonis (vv. 17-23) : Adonis, l'amant de Vénus, est une divinité Syrienne venue à Rome par la Grèce. A l'époque de notre poème, il est identifié avec une foule d'autres dieux. Une fête solennelle, appelée les Adonies, se célébrait annuellement en mémoire de sa fin tragique causée par Mars. La première partie de cette fête était toute consacrée au deuil et aux larmes. C'est la cérémonie à laquelle ces vers font allusion. Si Jupiter est soumis au destin, dit le poète, pourquoi ces lamentations ? Ce qui provoque les pleurs de Vénus, réjouit Mars, et Jupiter est impuissant à les accorder; bien plus, Bellone les excite. Celle-ci est l'ancienne Bellone Sabine, et non la déesse asiatique du même nom, fort en honneur aux derniers siècles (Gregorius Dobbelstein, De carmine Christiano codicis Parisini 8084 contra fautores paganæ superstitionis ultimos, 1879 - books.google.fr). Typologie Le report de 2033 sur la date pivot 394 (fin du règne d'Eugène) donne -1445. Epoque du roi de Phrygie Erichtoné, fils de Dardanus, et père de Tros fondateur de Troie (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr). Les villes et les peuples de l'Anatolie s'efforcèrent de prouver et d'exploiter leur parenté avec les Romains à travers les mythes des origines des peuples et les cérémonies secrètes communes aux Romains et à leurs parents et protégés dans les provinces. Troie et Aphrodisias bénéficièrent au maximum de la bienveillance des Romains. Les Aphrodisiens, chez lesquels la déesse mère d'Énée était vénérée, virent fleurir de merveilleux monuments, grâce aux exemptions fiscales et à la munificence des Romains. Sur ces monuments étaient souvent représentés des héros au bonnet phrygien, qui faisait allusion à la parenté troyenne. Les avantages procurés par la syngeneia/parenté avec les Romains, étaient évidents (Attilio Mastrocinque, Des mystères de Mithra aux mystères de Jésus, 2009 - books.google.fr). C'est avec le bonnet phrygien des prêtres de Mithra que sont représentés les Mages dès la plus haute antiquité chrétienne car on faisait venir de Perse les mystérieux voyageurs (Paul Deschamps, Peintures du choeur de Saint Pierre les Eglises, Comptes rendus des séances - Académie des inscriptions & belles-lettres, 1950 - books.google.fr). Prosphuôs : les passions Les mots latins "aptus", "adhaerens"
(cf. "adhérans") et "commodus" traduisent le terme
grec "prosphuôs" qui peut s'insérer dans un contexte animique Les Basilidiens considéraient les passions comme des éléments étrangers à l'âme, des pièces rapportées (prosartêmata), des sortes de poids qui s'accrochent à l'âme et en recouvrent la nature proprement humaine sous des apparences animales,
végétales et même minérales (Cyrille d'Alexandrie, Strom. II, 112,1-113,1). Isidore, fils ou principal disciple de Basilide, exprimait la même idée en
parlant d'une âme «adventice» ou «parasite» (ibid., 113,3), qui serait comme une seconde âme (114, 2). Langerbeck fait remarquer
que cette expression, «parasite» (prosphuês), vient de Platon. L'âme, pour Platon, est
complexe, elle est un mélange. On le voit dans le Phédon, dans la République et encore dans le Timée. Le corps n'est pas extérieur à l'âme, il est en elle. Il
en est l'un des éléments, un élément qui peut dominer les autres ou être dominé par eux. L'esclavage de l'âme, quoiqu'il vienne du corps, n'est pas analogue à
l'effet d'une contrainte extérieure; car ce que veut le corps, l'âme dominée par lui croit le vouloir. Les passions accrochées à
l'âme, dont parlent les Basilidiens, rappellent la comparaison platonicienne de l'âme avec Glaucus le Marin,
ce dieu marin rongé par les eaux et tellement recouvert d'algues et de coquillages qu'il en a perdu la forme humaine (République, 611c-d). Mais cette
conception platonicienne ne signifie pas que l'homme ne soit pas responsable de ce qu'il fait. Isidore enseignait que l'homme a le devoir de maîtriser ses passions et par conséquent est responsable de
ses actes (Strom. II, 1 14, 1) Basilide est un gnostique paléochrétien qui enseignait à Alexandrie au début du IIe siècle. Élève à Antioche de Ménandre, un disciple de
Simon le Magicien, il aurait écrit sa propre version des Évangiles, des commentaires sur ceux-ci en vingt-quatre volumes, l'Exegetica,
et aurait enseigné un syncrétisme reprenant entre autres l'enseignement de saint Pierre et saint Matthias ainsi qu'un dualisme influencé par le zoroastrisme. Il
eut un grand nombre d'adeptes, les Basilidiens, jusqu'au IVe siècle. Il eut pour fils et disciple Isidore, Isidore le
Gnostique. Historiquement, on ne le connait que par les écrits de ses détracteurs chrétiens, Agrippa Castor, Irénée, Clément d'Alexandrie et
Hippolyte de Rome, aux témoignages desquels on ne sait précisément quel crédit accorder Pallas [époque des Antoniens], dans son ouvrage sur Mithra, dit qu'il pense que l'élan commun tend comme vers celui du cercle du
zodiaque. Mais c'est une véritable et exacte opinion sur les âmes humaines qui est ainsi exprimée obscurément, car ces âmes, dit-on, sont entourées par toute
sorte de corps. «Dans les Mystères de Cybèle, l'initié, couché dans une fosse, recevait sur le corps le sang d'un taureau ou d'un bélier; dès ce moment, il
devenait taurobolio criobolioque in aeternum renatus». Les Gnostiques, héritiers des antiques Mystères, représentent l'âme comme descendant et remontant, comme passant de la de la simplicité à la multiplicité
et revenant de la multiplicité à la simplicité. Ils ont des initiations assimilées à la mort et à la réascension. Philon, l'un des préparateurs du gnosticisme, professe la division de l'âme en trois : Nous, thumos, épithumia; il enseigne que l'homme doit se dégager du corps; il croit que les âmes purifiées s'élèvent vers les régions supérieures.
La théorie antique de l'âme demeure celle des Gnostiques et de divers hérétiques : Basilide admet deux âmes, comme les Pythagoriciens (Clément
d'Alexandrie, Stromates, II, 20, dans la Patr. gr. t. 8, p. 1057). Apollinarius
a pris chez les philosophes étrangers la distinction du Nous et de la Psyché, c'est-à-dire de l'Intellect et de l'Ame (Théodoret,
Épitre 145, Patr. gr., t. 83, p. 1380). Valentin admet «la trinité de l'homme : il avait été platonicien» (Tertullien, Livre
sur les Prescriptions, 6). Isidore, fils de Basilide le Gnostique, admet deux espèces d'âmes (Clément d'Alex., Stromates, dans la Patr. gr., t. 8, p. 1057). Les Gnostiques comprennent comme les anciens Grecs la destinée de l'âme, préexistante à la vie qu'elle a dans le
corps humain, et devant lui survivre : Suivant Bardesane, « l'âme a transgressé la loi de
Dieu, et elle a été reléguée pour l'expiation de ses fautes dans un corps, emprunté à ce monde matériel qui est la source du mal, et qui la tient captive
dans une prison, dans un sépulcre » (Matter, op. cit., I, p. 381). Les Bardesanites
croient que l'âme revêtira un jour une sorte de corps, mais un corps pneumatique - C'est-à-dire un corps de souffle - (ibid., p. 391). Les
Carpocratiens croient à la préexistence des âmes, et considèrent les idées comme une réminiscence d'une primitive et céleste condition » (ibid., 11, p.
190). Pour Marcion, l'âme du véritable chrétien « se dégagera un jour de son enveloppe matérielle, comme le grain mûr se détache de la paille, comme le
poussin s'échappe de sa cage. Semblable aux anges, elle prendra sa part aux félicités du père bon et parfait, revêtue d'un corps ou d'un organe aérien, et devenue semblable aux génies des cieux. » (ibid., II, p. 283). Les Naasséniens
parlent de la « réascension de l'homme, c'est-à-dire de sa renaissance, afin qu'il devienne pneumatique, non charnel ». Les
Ophites admettent les sept portes, comme les sectateurs de Mithra... Dans une ode gnostique en copte, conservée sous le nom de Salomon, nous lisons : « Ô toi qui m'as fait sortir du lieu supérieur, qui m'as conduit au lieu de la vallée inférieure, et qui as amené ici ceux qui
se trouvaient au milieu. » Les Cathares, dont la doctrine est issue de la théorie manichéenne, croient que les anges tombés sur la terre sont revêtus
de tuniques qui sont les corps, ou bien ils disent que les âmes sont enfermées dans des corps comme dans une prison Commode Antonin que son pere avoit associé à l'empire, & qu'il laissa en mourant pour son successeur, souilla par ses désordres le sang, qu'il avoit reçu de ses ancêtres, & la gloire de leur nom. Il porta le surnom d'Auguste, mais il fut en effet l'esclave des passions les plus brutales, & il se livra à tous les vices les plus abominables (Jean de Mariana (1536 - 1624), Histoire generale d'Espagne (1592 - 1605), traduit par Joseph-Nicolas Charenton, 1725 - books.google.fr). Mithra, Hermès et Ismaélisme : lien avec le quatrain X, 79 Le quatrain X, 79 aborderait, sous un vocabulaire latin (Mercure, Hercule), l'Egypte fatimide et son calife Al Hakim, inspirateur de la religion des
Druzes, possiblement ceux qui fêtent le jeudi. Les liens entre Mithra et Hermès-Mercure sont attestés un peu partout dans le monde romain. Le culte de Mercure était associé à celui de
Mithra, perpétuant ainsi une très ancienne tradition hellénistique qui identifiait Mithra à Apollon, à Hélios et à Hermès-Mercure. Cette assimilation
s'était faite d'autant plus facilement que ces trois dernières entités partageaient un caractère solaire marqué. L'assimilation Hermès-Mercure et Mithra fut
reprise ensuite par Plutarque; l'Hermès-Logos, l'Hermès des Stoïciens, incarnait la raison et la génération et était, comme Mithra, le dieu bon et juste Telle que la présente Porphyre, la citation donnerait à penser que, selon Eubule, la liturgie mithriaque
illustrait la doctrine de Platon. On aurait expliqué au candidat sous une forme mystérique les conditions dans lesquelles l'âme déchoit dans le monde terrestre
pour s'y incarner, avant de regagner le ciel au terme de ses épreuves expiatoires. Qu'est-ce à dire ? Ou bien on commentait au myste des
représentations symboliques (comme l'échelle dont parle Celse), ou bien on lui faisait accomplir fictivement les étapes correspondant aux tribulations de
l'âme à travers les sphères et les «zones» du monde. On songe au récit allusif que Lucius fait de son initiation aux mystères d'Isis au livre XI des
Métamorphoses: per omnia vectus elementa remeavi. Les «éléments célestes» du texte porphyrien représentent probablement les astres.
Les deux noms "kathodon" et "exodon" nous réfèrent plus précisément aux deux portes
du ciel que l'âme franchit pour descendre dans la génération (Cancer) ou pour remonter dans l'Empyrée (Capricorne). Cette doctrine des deux portes zodiacales
ne se lit dans aucun texte de Platon. Typiquement platonicienne en revanche est celle de l'âme déchue, emprisonnée dans un corps, et du par la désincarnation
posthume. L'identification du monde avec la caverne l'est aussi et, comme la doctrine de l'âme, d'origine pythagoricienne. Quant à Mithra, il est explicitement assimilé au démiurge du Timée Plutarque appelle Mithra Mesitès, épithète qui n'apparaît pas dans la littérature mazdéenne. Mésitès
peut traduire le sens fonctionnel du nom même de Mithra, le «lien» qui engage réciproquement les contractants, qui les «médiatise» en quelque sorte. Pour E. Benvéniste, Mithra est le garant-médiateur du traité qui règle les règnes alternés d'Oromazès et d'Areimanios, dans une perspective zervaniste. Dans la mesure où le sacrifice du taureau force les âmes à s'incarner, à animer
le monde, Mithra médiatise la relation du monde supérieur au monde inférieur Plutarque, mentionnant le rite inouï de Mages, fait intervenir parmi les dramatis personae une nouvelle figure,
celle de Mithra le médiateur. Une nouvelle tétrade zervânite est présupposée ici : Zervân, Ohrmazd,
Ahriman, Mithra. C'est précisément cette idée de médiateur que met en relief l'exposé du zervânisme, tel que nous le devons à cet honnête
historien persan des religions que fut Shahrastânî (XIIe siècle). C'est elle qui altère radicalement le schéma du zervânisme intégral, et fait cesser toute ambiguïté dans l'anthropologie et l'éthique qui lui correspondent. Ténèbres et Lumière ne
s'affrontent pas dès l'origine en un dualisme irréductible, mais naissent d'un même être, qui fait se « temporaliser » le Temps, et cette idée est certes zervânite. Seulement cet être qui est l'Unité supérieure et médiatrice donnant origine aux contraires, n'est plus la divinité absolue
originelle. Zervân est l'un des des êtres de Lumière, le plus grand des Anges : il se produit donc un décalage, une
régression du niveau auquel éclate la dualité, et avec elle le Temps cyclique. L'objet du doute de Zervân est formulé en termes plus
métaphysiques que dans le mythe d'Eznik : « Peut-être cet univers n'est-il rien ? », ou comme chez ceux que Shahrastânî appelle les Gayômartiens (du nom de Gayômart, l'Anthrôpos
primordial) : « Si j'avais un Adversaire, comment serait-il ? » Vertige de néant, pensée de l'Autre qui, comme telle, engendre cet Autre et
déchaîne un combat dans le Ciel, un combat de trois millénaires. Ce sont les Anges dans leur ensemble qui assument alors ici le rôle de Mithra ou de
l'Archange Michel, dans ce rôle médiateur qui a permis aussi bien de reconnaître les traits de l'une et l'autre figure dans ceux de l'Ange Métatron, dominant une si grande partie de la littérature mystique juive. Dans le récit de Shahrastânî, les
Anges imposent à Ahriman un temps de sept millénaires pendant lesquels le monde lui sera livré, mais au terme
desquels il devra le restituer à la Lumière. [...] Dans le schéma ismaélien de la mytho-histoire, l'Ange qui correspond à l'Ange Zervân
est non seulement le médiateur donnant origine à la Lumière et aux Ténèbres ainsi qu'à leurs Cycles respectifs, mais qu'il est aussi le médiateur de la
victoire sur les Ténèbres, le médiateur de sa propre victoire sur lui-même. A cette victoire doivent ensuite contribuer tous les siens, faits à son image,
ceux dont il est l'archétype, en assumant à tour de rôle un Combat que rythment les heptades de millénaires. Shahrastânî, en
conclusion de la médiation angélique, rappelle l'épisode fondamental du choix et de la descente des Fravartis sur terre. Au combat
de l'archange Michel répond ici non pas l'idée d'une «chute des Anges» (jamais en termes mazdéens, un Ange, Izad, Fereshta, ne peut être «mauvais»), mais une descente volontaire, un renoncement volontaire à la Demeure de Lumière pour assumer le
périlleux combat sur terre. C'est une semblable structure angélologique qu'affirmera l'anthropologie ismaélienne Dans leurs forteresses, en Asie, en Perse, dans l'Irak, en Syrie, les chevaliers ismaëliens, vêtus d'une robe blanche, portaient une ceinture rouge. Ils étaient coiffés du bonnet rouge, dit «phrygien», qui désignait dans l'Antiquité les sectateurs de Mithra. On peut remarquer, à ce propos, que cette coiffure singulière orne la tête de la statue de l'«Alchimiste» qui figure sur l'une des tours de Notre-Dame de Paris et qu'elle orne le chef d'un personnage sculpté au-dessus de la toiture du palais de Jacques Cœur à Bourges (René Alleau, Les sociétés secrètes: leurs origines et leur destin, L'Encyclopédie Planète, 1963 - books.google.fr). |