Projet de mariage du duc d'Alençon et de la reine Elisabeth

Projet de mariage du duc d'Alençon et de la reine Elisabeth

 

X, 56

 

2218-2219

 

Prélat royal son baissant trop tiré,

Grand flux de sang sortira par sa bouche,

Le rÚgne Anglicque par rÚgne respiré,

Longtemps mort vifs en Tunis comme souche.

"Anglicque"

 

Cf. X, 42 - John Dee et saint Dunstan - 2208 pour interpréter Anglicque-angélique sous l'identité d'Elisabeth IÚre d'Angleterre.

 

Tunis

 

La TempĂȘte est une comĂ©die-fĂ©erie en cinq actes, de William Shakespeare. La TempĂȘte paraĂźt avoir Ă©tĂ© composĂ©e, si l'on se rapporte Ă  Malone, vers 1611 ou 1612, et, par consĂ©quent, c'est un des derniers ouvrages de Shakespeare. Prospero, duc de Milan, a Ă©tĂ© chassĂ© de ses Etats par son frĂšre Antonio, aidĂ© d'Alonzo, roi de Naples. Il aborde avec sa fille Miranda dans une Ăźle dĂ©serte, oĂč les secrets magiques que de longues Ă©tudes lui ont fait acquĂ©rir soumettent Ă  sa volontĂ© tous les esprits. Ariel, gĂ©nie aĂ©rien, lĂ©ger, rapide et gracieux, jouit de toute la confiance de Prospero et exĂ©cute ses ordres avec la promptitude de l'Ă©clair; tandis que Caliban, sorte de gĂ©nie malfaisant, abject et difforme, produit d'une sorciĂšre et d'un dĂ©mon, livrĂ© aux travaux matĂ©riels et grossiers, n'ouvre la bouche que pour accabler son maĂźtre des plus noires malĂ©dictions. Depuis douze ans Prospero est dans cette Ăźle, lorsqu'il apprend que tous ses ennemis sont sur mer, revenant de Tunis, dont le roi a Ă©pousĂ© la fille d'Alonzo. Prospero ordonne alors Ă  Ariel de soulever une violente tempĂȘte, qui amĂšne le naufrage du navire sur lequel voyageait Alonzo et sa suite et qui les jette dans l'Ăźle. Mais lorsqu'il a ses ennemis en son pouvoir il se borne, pour toute vengeance, Ă  les faire passer par divers enchantements; puis il se fait reconnaĂźtre, pardonne Ă  son frĂšre Antonio et au roi de Naples, dont le fils Ferdinand Ă©pouse Miranda, et quitte enfin l'Ăźle pour aller reprendre possession de ses Etats (www.cosmovisions.com).

 

La TempĂȘte est un poĂšme sur les sciences occultes dĂ©tenues par Prospero. Mais la magie de. Prospero est la magie blanche, la magie bienfaisante. Il n'y a guĂšre de piĂšce de "Shakespeare" sans surnaturel, sans prĂ©sages et prĂ©dictions Ă  la maniĂšre de l'antiquitĂ©. Le don de prophĂ©tie attribuĂ© aux hommes supĂ©rieurs quand ils sont sur le point de mourir, est dĂ©volu Ă  Jean de Gand, dans Richard II. Or Ă  l'Ă©poque d'Elisabeth vivait en Angleterre (1574-1641) un personnage historique trĂšs Ă©trange astronome et astrologue, alchimiste et magicien, trĂšs considĂ©rĂ© par la haute sociĂ©tĂ©, trĂšs bien vu par la reine. Il voyagea, surtout en Allemagne et en Hongrie. Il vĂ©cut longtemps dans l'opulence et mourut dans la pauvretĂ©, persĂ©cutĂ© par le roi Jacques Ier, l'ennemi fanatique desdites sciences et le brĂ»leur de sorciĂšres. Il fut le pĂšre de onze enfants et d'un plus grand nombre d'ouvrages. On a de lui des MĂ©moires. Nous sommes renseignĂ©s sur ses Ă©vocations par des procĂšs-verbaux publiĂ©s en 1659 par le Français MĂ©ric Casaubon. Il fait penser Ă  CornĂ©lius Agrippa, Ă  Paracelse, au Docteur Faust, mĂȘme Ă  Svedenborg. Ce personnage, c'est John Dee. Il est un personnage-clef. Il a Ă©tĂ© en relations suivies avec William Stanley, qu'il nomme Ă  maintes reprises dans ses MĂ©moires. Stanley l'a vĂ©nĂ©rĂ© et aimĂ© comme un ami et comme un maĂźtre. Le miroir magique oĂč Macbeth contemple la lignĂ©e des futurs rois d'Ecosse Stanley l'a vu fonctionner au laboratoire de John Dee (Etienne Burnet, Don Quichotte: Cervantes et le XVI e siĂšcle, essai, 1954 - books.google.fr).

 

Cf. le miroir magique de Nostradamus qui y fait défiler les portraits des rois qui se succéderont, devant Catherine de Médicis.

 

La critique a vu d'abord en ProspĂ©ro un personnage inspirĂ© du mathĂ©maticien, astronome et astrologue John Dee (1527-1609 ?), conseiller de la reine Élisabeth IĂšre et dĂ©tenteur de l'une des plus vastes bibliothĂšques du temps dans sa maison de Mortlake, prĂšs de Richmond, au sud-ouest de Londres. John Dee prĂ©tendait converser avec les anges, dont Uriel, Ă  l'aide Ă  l'aide de mĂ©diums comme John Kelly, en rĂ©alitĂ© un vĂ©ritable escroc qui allait finir ses jours en prison Ă  Prague. La relation que ProspĂ©ro entretient avec Ariel, esprit paĂŻen mais aussi proche de l'archange biblique Uriel dont le nom signifie «feu de Dieu», renvoie peut-ĂȘtre Ă  un type de communication invisible effectuĂ© par tĂ©lĂ©pathie (ProspĂ©ro convoque en effet Ariel par ces simples mots : «Arrive avec ma pensĂ©e !».

 

ProspĂ©ro rappelle Ă©galement la figure du mĂ©decin astrologue et cabaliste Cornelius Agrippa von Nettesheim (1486-1535), de Roger Bacon (1214-1294), du chancelier Francis Bacon (1561 - 1626) avec ses Magnalia Naturae Ă©voquant le pouvoir des mages de dĂ©clencher des tempĂȘtes, de l'empereur Rodolphe II (1552-1612) fĂ©ru de sciences occultes (William Shakespeare, La TempĂȘte, 2011 - books.google.fr).

 

David Scott Kastan (A Companion to Shakespeare, 1999) links the marriage of Ferdinand and Miranda with that of Princess Elizabeth and Frederick, the Elector Palatine, and with James I's "fantasy of European peace and coherence" (John S. Mebane, Cymbeline, The Winter's Tale, and The Tempest: An Annotated Bibliography of Shakespeare Studies, 1864-2000, 2002 - books.google.fr).

 

Le projet de mariage d'Elisabeth IĂšre avec un mort-vivant

 

Dee of course knew all about Elizabeth's long flirtation with the King of France's brother, Duc d'Alençon, and her diplomatic holding off from the match. He notes Mr. Stafford's arrival as an emissary from "Monsieur" on February 16, 1580, and his return in June. On August 16, "Monsieur cam secretly to the Court from Calais." In ten days he mentions the departure of "Monsieur." The Queen kept a very tender spot in her heart for this ugly little deformed suitor, and Dee has a remarkable note of a call from her at Mortlake as she returned from Walsinghams on February 11, 1583: "Her Majesty axed me obscurely of Monsieur's state I said he was "biothanatos" (dead-alive) (Charlotte Fell-Smith, John Dee (1527-1608), 1909 - books.google.fr).

 

Par le biais de ce mariage nĂ©faste entre Henri de Navarre et Marguerite de Valois, Marlowe fait allusion dans sa piĂšce Massacre at Paris au projet de mariage entre Élisabeth et le duc François d'Alençon, futur duc d'Anjou. Les nĂ©gociations matrimoniales remontaient en fait Ă  juin 1572 , deux mois avant la Saint-BarthĂ©lemy, mais le duc ne figure pas parmi les personnages et Marlowe se contente d'une Ă©vocation vaguement Ă©logieuse Ă  la fin de la piĂšce (XIX, 1035) (Laurent Berec, Un plaidoyer en faveur des Huguenots, Bulletin de la SociĂ©tĂ© de l'histoire du protestantisme français, Volume 153,NumĂ©ro 3, 2007 - books.google.fr).

 

Ce projet avait été précédé de celui de la reine avec le futur Henri III, frÚre du duc d'Alençon, alors duc d'Anjou qui avait participé au massacre. Elisabeth négociait encore avec Don Juan d'Autriche (Hector de La FerriÚre, Les projets de mariage d'une reine d'Angleterre III, Revue des deux mondes, 1881 - books.google.fr).

 

John Stubbes

 

Dans le pamphlet de John Stubbes Ă©crit en 1579, la figure du monstre est utilisĂ©e dans le titre mĂȘme pour dĂ©crire l’intrusion Ă©trangĂšre sur le territoire: The Discoverie of a Gaping Gulf whereinto England is like to be swallowed by another French Mariage, if the Lord forbid not the banes, by letting her Maiestie see the sin and punishment thereof. Stubbes dĂ©peint le mariage d’Élisabeth IĂšre avec le Duc d’Alençon comme un acte de dĂ©voration oĂč un monstre marin français viendrait engloutir l’Angleterre. Dans l’utilisation de cette figure monstrueuse, Stubbes s’inscrit dans la lignĂ©e des autres pamphlĂ©taires de son Ă©poque, qui utilisaient le monstre afin de persuader leur auditoire. Mais cette image lui permet Ă©galement de convoquer les peurs que les contemporains ont de voir leur identitĂ© absorbĂ©e par la prĂ©sence Ă©trangĂšre. (Manon Turban, «O monstrous ! O strange !» : Le monstrueux dans le thĂ©Ăątre de Shakespeare, 2017 - journals.openedition.org).

 

Cf. quatrain I, 29 - Le duc d’Alençon, frùre de Henri III, roi de France - 1578-1579.

 

The “Puritan commoner,” John Stubbs, had the audacity to write a pamphlet urging the queen not to marry the “syphilitic” French Catholic duc d'Alençon, Elizabeth had his right hand struck off. The Gaping Gulf argued against the union with jealous fervor and referred to Elizabeth's frog as a "venemous toad" (Robyn Arianrhod, Thomas Harriot: A Life in Science, 2019 - books.google.fr).

 

Notons que l'angalis "stub" signifie "souche" comme stump.

 

From Middle English stubbe (“tree stump”), from Old English stybb, stubb (“tree stump”), from Proto-Germanic *stubbaz (compare Middle Dutch stubbe, Old Norse stubbr), from Proto-Indo-European *(s)tew-; compare steep (“sharp slope”) (en.wiktionary.org - stub).

 

Et suédois "stubb".

 

François d'Alençon

 

Jusqu'Ă  ce moment, nous avons laissĂ© le duc d'Alençon dans l'ombre : il convient de l'introduire sur la scĂšne oĂč dĂ©sormais il se mĂȘlera Ă  tous les dĂ©sordres et Ă  toutes les intrigues. François de France, le plus jeune des fils de Henri II et de Catherine de MĂ©dicis, Ă©tait nĂ© le 18 mars 1554 ; il Ă©tait donc en 1572 ĂągĂ© de dix-huit ans. Sa mĂšre, pensant, dit BrantĂŽme, «lui baptiser la fortune meilleure», lui avait donnĂ© d'abord le prĂ©nom d'Hercule, qui fut mal justifiĂ©. Jamais prince ne fut plus chĂ©tif. Il Ă©tait si petit qu'Élisabeth comparait sa taille Ă  celle d'un enfant, et la petite vĂ©role l'avait dĂ©figurĂ© Ă  ce point que La Mothe-FĂ©nelon se vantait prĂšs d'Élisabeth d'avoir dĂ©couvert un mĂ©decin qui en effacerait les traces. Le duc de Bouillon Ă©crit Ă  ce sujet : «Monsieur eut la petite vĂ©role en telle malignitĂ© qu'elle le changea du tout, l'ayant rendu mesconnoissable, le visage lui estant demeurĂ© tout creusĂ©, le nez grossi avec difformitĂ©, les yeux appetissĂ©s et rouges de sorte qu'il devint un des plus laids hommes qu'on voyoit».

 

Le moral valait encore moins. Perdu de meurs, licencieux dans ses discours, lĂąche, perfide, il Ă©tait plus dangereux pour ses amis que pour ses adversaires. «Ce prince, disait Henri de Navarre Ă  Sully, me trompera bien s'il ne trompe tous ceux qui se fieront en luy... Il a le a cƓur si double et si malin, a le courage si lasche, est tant inhabile Ă  toutes sortes de vertueux exercices que je ne me saurois persuader qu'il fasse jamais rien de gĂ©nĂ©reux.» Il n'avait que neuf ans quand sa mĂšre Ă©crivait : «Je suis ce matin revenue d'Amboise oĂč j'ay veu un petit moricau qui n'a que guerre et que tempeste en son cerveau.» Quand il eut grandi, elle continua Ă  dire  qu'il faisoit tousjours le fol.» Sa sƓur Marguerite qui l'aimait beaucoup, parodie un mot cĂ©lĂšbre du roi Jean en assurant que si la fraude avait disparu du monde, on la retrouverait dans le cƓur de ce prince. «C'est, disait Louis de Nassau, un vase vide, oĂč manquent Ă  la fois la tĂȘte et le cƓur.» Son plus fidĂšle serviteur le vicomte de Turenne qui fut depuis duc de Bouillon, cherche Ă  l'excuser en allĂ©guant «combien les mauvais exemples et l'approchement des personnes vicieuses ont de pouvoir Ă  corrompre un bon naturel.» BrantĂŽme qui vĂ©cut Ă  la mĂȘme cour, flĂ©trit son ambition, sa lĂ©gĂšretĂ© et toutes ces hautes menĂ©es qui prenaient terriblement feu ; mais ce n'Ă©tait qu'un feu de paille. Il faut aussi citer ce tĂ©moignage des relations vĂ©nitiennes que ce prince qui visait Ă  de si Ă©clatants exploits, n'eut jamais que des aventures. Cavalli le dĂ©peint taciturne, portĂ© Ă  la duplicitĂ© et Ă  la dissimulation, prĂȘt Ă  tout entreprendre pour dominer, n'ayant pas plus de prudence qu'un enfant, sans amis et ambitieux outre mesure. «Je ne sais « qui pourrait ĂȘtre pire que lui», Ă©crit le cardinal de Granvelle, rĂ©sumant ces jugements divers.

 

On avait voulu faire du duc d'Alençon un roi d'Alger, au moment oĂč l'on disait que don Juan deviendrait roi de Tunis ; mais la nĂ©gociation la plus sĂ©rieuse Ă©tait celle qui, Ă  une Ă©poque rĂ©cente, avait paru l'appeler Ă  partager avec Élisabeth la couronne d'Angleterre. Le duc d'Alençon, bien plus que le duc d'Anjou, Ă©tait portĂ© par son caractĂšre remuant et inquiet Ă  ĂȘtre un instrument aux mains de tous les factieux. DĂ©jĂ , en 1570, le vidame de Chartres, dans une lettre au marĂ©chal de Montmorency oĂč il se prononçait en faveur du mariage du duc d'Anjou avec Élisabeth, ajoutait qu'on pourrait placer le duc d'Alençon Ă  Milan ou Ă  Naples afin que lĂ  aussi on secouĂ„t le joug de Rome, Coligny avait, peu de jours avant sa mort, dĂ©signĂ© le duc d'Alençon aux Huguenots comme le chef qu'ils devaient se choisir, au lieu du duc d'Anjou, dans la grande entreprise des Pays-Bas : legs funeste qui pĂšsera sur toute sa vie et qui jusqu'Ă  la fin de ces rĂ©cits laissera presqu'Ă  chaque page une trace de honteuses et stĂ©riles intrigues. Depuis longtemps, le duc d'Alençon entretenait des relations intimes avec les Huguenots : «Quelle trahison !» s'Ă©tait-il Ă©criĂ© en apprenant l'attentat de Maurevel. «Il regrettoit la mort de l'admiral qui l'avoit pris en affection pour le servir et avoit en horreur la Saint-BarthĂ©lemy ?» C'Ă©tait aux yeux des Huguenots un grand mĂ©rite que d'avoir Ă©tĂ© l'ami de Coligny. Le prince d'Orange, aprĂšs la capitulation de Mons, s'Ă©tait dĂ©clarĂ© en sa faveur. «Le roi de France, Ă©crit Walsingham le 25 septembre 1572, a Ă©tĂ© informĂ© de divers cĂŽtĂ©s que le prince d'Orange et le duc d'Alençon vont vraisemblablement s'entendre. Cependant, quand on renonça au projet d'employer contre les Huguenots le produit des confiscations prononcĂ©es lors de la Saint-BarthĂ©lemy, le duc d'Alençon en accepta une large part. Sa mĂšre avait cru peut-ĂȘtre se l'attacher par cette libĂ©ralitĂ© ; elle s'Ă©tait trompĂ©e, et le duc d'Alençon, dĂ©vouĂ© aux Huguenots, servira leur cause en portant leurs dĂ©pouilles. La politique du duc d'Alençon est en ce moment aisĂ©e Ă  rĂ©sumer. Tandis que Catherine de MĂ©dicis exige, s'il obtient la main d'Élisabeth, qu'il ne le doive qu'Ă  sa mĂšre, il cherche au contraire Ă  y parvenir sans son appui; car il le juge trop compromettant le lendemain de la Saint-BarthĂ©lemy. Pour atteindre ce but, il est prĂȘt Ă  se mĂȘler Ă  toutes les intrigues. Il sera, si cela lui parait utile, contre le roi avec les Huguenots, contre la France avec Élisabeth.

 

DĂšs le 21 septembre 1572, le duc d'Alençon rĂ©clame de Walsingham une entrevue secrĂšte oĂč il proteste de son indignation au sujet de tout ce qui s'est fait. Il lui rĂ©pĂšte combien il est affligĂ© des rigueurs de la Saint-BarthĂ©lemy, combien il est disposĂ© Ă  offrir aux Anglais son assistance et son amitiĂ©. Il l'entretient de son vif dĂ©sir d'obtenir la main d'Élisabeth ; il sera toute sa vie le serviteur de la reine d'Angleterre et le dĂ©fenseur des intĂ©rĂȘts de son peuple (Joseph Bruno Marie Constantin Kervyn de Lettenhove, Les Hugenots et les Gueux: Ă©tudes historiques sur vingt-cinq annĂ©es du XVIe siĂšcle (1560-1585), Tome 3, 1884 - books.google.fr).

 

Flux de sang

 

Peut-ĂȘtre faut-il faire intervenir un autre personnage : le prĂ©lat royal ne serait pas la victime du flux de sang.

 

Charles IX commença à cracher du sang pendant l'été 1573, mais son état se dégrada soudainement en novembre. La période est caractérisée par la naissance du «tiers parti», celui des Malcontents, fait de protestants et de catholiques modérés (dont François d'Alençon, Henri de Navarre, les Montmorency), qui tenta à plusieurs reprises entre janvier et avril 1574 d'imposer par la force le duc Alençon comme successeur de son frÚre Charles. L'objectif des conjurés était d'évincer Henri, pourtant premier dans l'ordre de succession, mais dont l'implication dans le massacre de la Saint-Barthélemy laissait craindre la reprise des guerres (Eliane Viennot, Mémoires et discours, 2004 - books.google.fr).

 

Le duc d'Alençon était déjà atteint d'un flux de sang qui devait terminer ses jours comme ceux de son frÚre Charles IX, et le 10 juin 1584, il rendit le dernier soupir à Chùteau-Thierry (Joseph Marie Bruno Constantin Kervyn de Lettenhove, La Flandre pendant les trois derniers siÚcles, 1875 - books.google.fr).

 

D'abord il lui vint une difformitĂ© sur le visage qui le dĂ©figurait tellement, qu'il paraissait avoir deux nez; il fut ensuite attaquĂ© d'un flux de sang qui lui coulait par la bouche et par le nez. A ces maux se joignit une toux violente qui lui rompit une veine dans la poitrine, et lui fit cracher le sang; il tomba enfin dans un Ă©tat de langueur, d'Ă©tisie qui ne lui laissait plus attendre que la mort. Il disait que depuis qu'il avait Ă©tĂ© voir le roi Ă  carĂȘme-prenant, il n'avait pas portĂ© de santĂ©, et que cette vue, avec la bonne chair qu'on lui avait faite Ă  Paris, lui coĂ»tait bien cher : ce qui fit entrer beaucoup de gens en nouveaux discours et apprĂ©hensions. Au premier bruit de sa maladie, la reine-mĂšre Ă©tait partie en diligence de Paris pour se rendre Ă  ChĂąteau-Thierry. Dans un de ses derniers voyages, voyant son fils abandonnĂ© des mĂ©decins, elle fit dĂ©meubler le chĂąteau et transporter Ă  Paris, par eau, les meubles les plus prĂ©cieux. Le roi avait dĂ©jĂ  envoyĂ© de son cĂŽtĂ© le duc d'Epernon au roi de Navarre pour le prier de la part de sa majestĂ© pour "ce que la vie du duc a d'Alençon Ă©tait dĂ©plorĂ©e, de venir Ă  la cour, d'aller Ă  la messe, parce qu'il voulait le faire a reconnaĂźtre pour son vrai hĂ©ritier. Le dimanche 10 juin, sur le midi, Monsieur, frĂšre du roi, mourut au chĂąteau de ChĂąteau-Thierry" (Alexandre EusĂšbe Poquet, Histoire de ChĂąteau Thierry, 1839 - books.google.fr).

 

"Prélat royal" et "baissant"

 

Charles Ier de Bourbon (22 septembre 1523 - 9 mai 1590), Charles X selon la Ligue, cardinal de VendĂŽme, Ă©tait un prince de sang de la maison de Bourbon. Au cours de sa carriĂšre ecclĂ©siastique, il devient abbĂ© commendataire de plus de vingt abbayes. L'accumulation de ces bĂ©nĂ©fices fait de lui un des plus riches princes d'Europe. Bien que dĂ©nuĂ© de caractĂšre et d'intelligence, il fut un personnage important des guerres de religion. En 1585, la Ligue catholique l'imposa au roi Henri III comme hĂ©ritier de la couronne de France Ă  la place de son neveu protestant le futur Henri IV. Lors des États gĂ©nĂ©raux de 1588 Ă  Blois, il est mis en arrestation sur l'ordre du roi. En 1584, Ă  la mort du duc François d'Anjou, les ligueurs considĂšrent le cardinal comme l'hĂ©ritier du trĂŽne de France, excluant de la succession tous les protestants. À la mort de Henri III, alors qu'il est toujours sĂ©questrĂ©, il est reconnu par les ligueurs comme le seul roi de France lĂ©gitime. Il est proclamĂ© par le Parlement de Paris sous le nom de «Charles X» en 1589. Il meurt l'annĂ©e suivante Ă  l'Ăąge de soixante-six ans.

 

NĂ© le 22 septembre 1523 Ă  La FertĂ©-sous-Jouarre, il est le fils de Charles IV, duc de VendĂŽme, et de son Ă©pouse Françoise d'Alençon, duchesse de Beaumont. Il est le frĂšre puĂźnĂ© d'Antoine de Bourbon, pĂšre d'Henri IV. Grand-neveu du cardinal Charles II de Bourbon, il est le neveu du cardinal Louis de Bourbon-VendĂŽme et l'oncle du cardinal Charles II de Bourbon (fr.wikipedia.org - Charles Ier de Bourbon (archevĂȘque de Rouen)).

 

Sur le tombeau de Charles de Bourbon, Ă  l'Ă©cu de Bourbon-VendĂŽme est adjoint celui de Françoise d'Alençon : «De France Ă  la bordure de gueules chargĂ©e de huit besants d'argent» (Achille Lacroix de Vimeur de Rochambeau, Le Vendemois: Épigraphie and iconographie, Tome 1, 1889 - books.google.fr).

 

besant, bessant, besent, beseno, bezant, baxant = eine GoldmĂŒnze, welche ihren Namen von der Stadt Byzanz hat, wo sie zuerst geprĂ€gt wurde (Adolf Stoeriko, Ueber das VerhĂ€ltnis der beiden Romane Durmart und Garin de Monglane, 1888 - books.google.fr).

 

Deux lignes de comtes d’Alençon se sont Ă©teintes avant que le titre d’Alençon ne soit rattachĂ© Ă  la maison rĂ©gnante de Valois. En 1268, Alençon fut donnĂ©e en apanage Ă  Pierre, fils de Louis IX puis en 1293, Ă  Charles, comte de Valois, frĂšre de Philippe le Bel. En 1524, le duchĂ© d’Alençon revint Ă  la couronne Ă  la suite de la mort sans hĂ©ritier du duc Charles IV, mariĂ© Ă  la sƓur de François Ier, Marguerite de Navarre, qui en garda l'usufruit jusqu'Ă  sa mort. En 1559, le titre fut donnĂ© Ă  Catherine de MĂ©dicis en douaire et, en 1566, en apanage Ă  son fils cadet, François (fr.wikipedia.org - Liste des comtes puis ducs d'Allençon).

 

A cĂŽtĂ© des gros revenus (ArchevĂȘchĂ© de Rouen depuis 1550), les petits ne firent point faute. De 1564 Ă  1571 le cardinal vit presque chaque annĂ©e ses bĂ©nĂ©fices s'accroĂźtre. Successivement il reçut les abbayes de Saint-Jean des Vignes (1565), Saint-Honorat de LĂ©rins et MontiĂ©ramey (1567), Fontenelle (1569), Pontlevoy (1571). Il prit encore possession des quatre principales abbayes du cardinal de ChĂątillon : SorĂšze, Saint-Germer, Froidmont, Saint-Lucien de Beauvais, qui, au dire de l'ambassadeur espagnol, valaient autant que les quatorze restantes. Ce cumul vraiment exagĂ©rĂ© n'alla pas sans soulever de nombreuses protestations, et il est curieux de voirie pape chercher Ă  l'expliquer par la nĂ©cessitĂ© de procurer Ă  Charles de Bourbon un rang et des ressources proportionnĂ©s Ă  sa dignitĂ© cardinalice . Quand, en juillet 1576, une grave maladie fit craindre pour sa vie, on estima que. s'il venait Ă  mourir, vaqueraient plus de quatre cent mille livres de rente des biens d'Ă©glise. Cette richesse colossale, cet appĂ©tit insatiable firent mĂȘme dire Ă  un ambassadeur du roi d'Espagne qu'on serait toujours maĂźtre du cardinal en lui donnant Ă©vĂȘchĂ©s et abbayes. L'ambassadeur le connaissait mal. Il n'y eut jamais que deux choses qui prĂ©occupĂšrent sĂ©rieusement Charles de Bourbon et qui, lune aprĂšs l'autre, furent les causes dĂ©terminantes de sa conduite : la fortune de sa maison et la dĂ©fense de la religion catholique.

 

Avec l'influence considĂ©rable que lui donnaient ses litres de prince du sang, d'archevĂȘque de Rouen et de cardinal, avec les  immenses richesses qu'il tirait de ses nombreux bĂ©nĂ©fices, il eĂ»t fait un parfait homme de cour. Le malheur voulut qu'il fĂ»t jetĂ© dans la tourmente des guerres de religion (EugĂšne Saulnier, Le rĂŽle politique du cardinal de Bourbon (Charles X) 1523-1590, 1912 - books.google.fr).

 

En 1550, il est nommĂ© abbĂ© commendataire de Saint-Ouen de Rouen. De 1556 Ă  1558, il est l'abbĂ© commendataire de l'abbaye Notre-Dame du Tronchet, de Corbie Ă  partir de 1557 et de l'abbaye de Saint-Wandrille de 1569 Ă  1578 ainsi que de l'abbaye de Bourgueil. En 1574, il devient abbĂ© commendataire de JumiĂšges. Il ne participe pas au conclave de 1559 qui Ă©lit Pie IV. Le 15 janvier 1561, il devient cardinal de San Crisogono (fr.wikipedia.org - Charles Ier de Bourbon (archevĂȘque de Rouen)).

 

Tunis, Carthage, Enéide

 

In contrast to Marlowe's diplomatic rendering of the Medicis a decade later, John Stubbs had published a vitriolic attack on the French royal family in 1579, the year Elizabeth was engaged to marry Alençon. In The Discovery of a Gaping Gulf Stubbs dissuades the queen from that alliance by interpreting the massacre as a divine signal warning against trusting the French in any way:

 

A king falsifled his sworn word; the marnage of a king's sister imbrued with blood; a king murdered his subjects; many noble and honorable gentlemen shamefully used; valant men surprised by cowards in their beds; innocents put to death; women and children without pity tossed upon halberds and thrown down windows and loto avers; learned men killed by barbarous soldiers.

 

Stubbs's language recollects Virgil's descriptions of Troy in defeat, anticipating the tale of bloody chaos that Marlowe's Aeneas will narrate in Dido. The lesson of Troy is embedded in Stubbs's imagination, for he quotes a salient bit of wisdom from the Aeneid: 'Timeo Danaos vel dona ferentes (I fear the Greeks, even when they offer gifts)' (40, citing Aeneid 2:49). In Stubbs's text, the maxim becomes even more haunting when we remember how the English traced their ancestry to Aeneas. Building on fantasies of horror in his treatise, Stubbs concludes that the union of Queen Elizabeth and a French prince - even a Protestant one bearing dynastic gifts - would lead to disaster for England. [...]

 

In efforts to abort the engagement of Elizabeth and Alençon, then, Stubbs and others inflamed nationalism by claiming that under Alençon's projected command as king of England, English soldiers might become as `barbarous' as the French troops who had carried out the massacre. Worse, English soldiers might be sacrificed in foreign campaigns led by inept or malignant commanders. Again, John Stubbs: if the marriage comes to pass, 'our soldiers of necessity must be sent out under some Joab for some more desperate service than Saint-Quentin, one way or other to be dispatched and cut in pieces'. As it is, he says, those French soldiers who effected the bloodletting in 1572 had won only a 'barbarous, unmanlike, and treasonous' victory (Alan Shepard, Marlowe's Soldiers: Rhetorics of Masculinity in the Age of the Armada: Rhetorics of Masculinity in the Age of the Armada, 2018 - books.google.fr).

 

Dido, Queen of Carthage and The Massacre at Paris may seem an odd couple to discuss in tandem. In many ways the plays represent polarities within the Marlowe canon. Despite the many questions surrounding the dating of Dido, Queen of Carthage, most scholars agree that it is Marlowe's first dramatic effort, perhaps scripted white he was still a student at Cambridge, and The Massacre at Paris one of his last, probably written sometime in 1592. Moreover, Dido finds its provenance in classical epic, dramatizing Books 1, 2, and 4 of Virgil's Aeneid with a veneer of Ovidian shading from the Heroides, whereas The Massacre is Marlowe's only play based on topical events, a rehearsal of recent upheavals in France. Additionally, whereas Dido was first performed by boy actors for a private theatre, The Massacre was apparently acted by a professional company. Finally, although many aspects of Dido have been interrogated - authorship, date, genre - the text of the play has not been questioned; converscly, The Massacre is generally accepted as Marlowe's most corrupt tent, most likely the truncated product of memorial reconstruction by a troop of actors. However, despite these many antitheses, similarities between the two plays abound, a number of which will be examined in this chapter. Although both plays share a traditional scholarly neglect, both have recently evoked con-siderable critical ineerest. Moreover, each play presents tragic protagoniste - Dido and the Guise - who struggle for national leadership within a complex web of political and amatory events that determine their downfalls, even though in Dido the web is woven by the gods, in The Massacre by combating political forces. In addition, in typical Marlovian fashion, both plays dramatise multiple inversions of accepted rubrics of politics, gender, and sexuality, and in both plays the accepted audience response to these subversive behaviours has been debated by commentators. Some land Dido as an apotheosis of love over honour; others read it as an affirmation of duty over passion. Similarly, some expositors censure The Massacre as a blutant piece of Protestant propaganda, while others praise it as a penetrating appraisal of realpolitik (Patrick Cheney, The Cambridge Companion to Christopher Marlowe, 2004 - books.google.fr).

 

Dido, Queen of Carthage, begins with a comic vignette that shows Jupiter toying erotically with the young Ganymede. In the fragmentary drama The Massacre at Paris, there are strong intimations that Henry III is sexually obsessed with bis male minions (Gregory W. Bredbeck) (Encyclopedia of Gay Histories and Cultures, 2013 - books.google.fr).

 

"respiré" : "breath"

 

The Gaping Gulf strikes hardest at the bordering peoples, at the Scots and the Irish. By the time the book was published Fitzmaurice was dead, yet he lived on in Stubbs's imagination, linked to Alençon and a widespread Catholic conspiracy: "Yea, unless we ourselves close our own eyes, we may see that it is a very French Popish wooing to send hither smooth-tongued Simiers to gloss and glaver and hold talk of marriage, and yet, in the meanwhile Fitzmaurice, who kath been in France... even now came immediately thence into Ireland invade our Qoeen's dominion... Is it possible for the breath of marriage well meant to England and war performed in Ireland to come out of one mouth?" With a complete disregard for life and wealth, Stubbs concludes that England does not need help in liberating the Netherlands or protecting its own borders: "English money and Englishmen must do this enterprise. le may be much better achieved now while we have the law in our own hands and may command than when we shall have put our sword into another hand; we have not so much need of him for a captain as he bath of our strength to serve him." (Richard Berleth, The Twilight Lords: Elizabeth I and the First Irish Holocaust, 2002 - books.google.fr).

 

Bourbon - Tunis - Besants : plus tĂŽt dans le temps

 

Louis II, duc de Bourbon, surnommĂ© le Bon, comte de Forez, fut chargĂ© du commandement de l'armĂ©e chrĂ©tienne que Charles VI envoya, en 1390, contre les Sarrasins de Tunis, sur les instances du doge de GĂȘnes. Cette armĂ©e comptait dans ses rangs les plus grands seigneurs de France. Cinq cents chevaliers du Bourbonnais et du Forez suivirent aussi ce prince dans cette expĂ©dition. Carthage, assiĂ©gĂ©e pendant neuf mois, ne put ĂȘtre prise par l'armĂ©e chrĂ©tienne ; mais une victoire remportĂ©e dans une bataille rangĂ©e et divers succĂšs obtenus dans plusieurs rencontres avec les Sarrasins permirent d'obtenir un traitĂ© avantageux, qui rendit Ă  la libertĂ© tous les captifs chrĂ©tiens qui Ă©taient retenus en esclavage Ă  Tunis. Louis II de Bourbon revint dans ses Etats au commencement de l'annĂ©e suivante ; car, le 27 mars 1391, il fut cĂ©lĂ©brĂ©, dans l'Ă©glise de Notre-Dame de Montbrison, deux messes en actions de grĂące de l'heureux retour de ce prince (A. Vachez, Les familles chevaleresques du Lyonnais, Forez et Beaujolais aux croisades, MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© littĂ©raire, historique et archĂ©ologique de Lyon, 1876 - books.google.fr).

 

Le prince français dicta lui-mĂȘme au bey de Tunis les conditions du traitĂ© de paix ; il consentit Ă  quitter l'Afrique pourvu que les Barbaresques prissent l'engagement de ne plus exercer leurs ravages sur les cĂŽtes de la Provence, de Naples et de toute l'Italie; qu'ils mettraient en libertĂ© les esclaves chrĂ©tiens; qu'ils payeraient sur-le-champ 10,000 besants d'or pour les frais de la guerre, et pendant quinze ans un tribut annuel Ă  la rĂ©publique de GĂȘnes, en rĂ©paration des dommages causĂ©s par eux au commerce ligurien. Le duc soumit le projet de ce traitĂ© Ă  la sanction des principaux officiers de l'armĂ©e, aux sires de Couci, de Rieux, d'Eu, de Saint-Priest, de Graville, de ChĂątillon, de Lestrade, de Chastellux, de Cliffort, au comte de Derbi : tous ces barons l'approuvĂšrent, en dĂ©clarant que, suivant eux, cette expĂ©dition devait ĂȘtre regardĂ©e comme trĂšs-glorieuse, et qu'ils n'auraient jamais cru qu'elle pĂ»t avoir une issue aussi satisfaisante. Le duc de Bourbon avait exigĂ© que les 10,000 besants d'or fussent livrĂ©s avant son dĂ©part. Le bey de Tunis s'adressa, pour former cette somme en numĂ©raire, Ă  des nĂ©gociants catalans, napolitains et sardes, lesquels, Ă©tablis dans la ville d'Africa, profitaient des prises faites sur les chrĂ©tiens par les pirates. Ces marchands rĂ©sistĂšrent plusieurs jours aux sommations des beys; il fallut en venir aux menaces pour les engager Ă  fournir cet argent. Les 10,000 besants furent enfin apportĂ©s dans la tente de Louis de Bourbon, qui les employa Ă  payer la solde des troupes salariĂ©es marchant sous ses ordres : il distribua le reste aux chevaliers ou Ă©cuyers les moins riches. Trois jours aprĂšs, la flotte se remit en ligne devant le rivage; on disposa les navires pour recevoir les croisĂ©s. Tandis que ces prĂ©paratifs se poussaient avec ardeur, on vit approcher une division assez nombreuse de cavalerie maure, qui s'avançait lentement, Ă  mesure que les chrĂ©tiens montaient sur les vaisseaux. Le duc de Bourbon connaissait le caractĂšre perfide de ces peuples, et, voulant se mettre en garde contre quelque surprise, il fit cacher six cents hommes derriĂšre une vieille muraille, reste d'une ancienne jetĂ©e qui s'Ă©tendait jusqu'Ă  la mer; il se mit Ă  la tĂȘte de cette division pour attendre l'ennemi. En vain le sire de Couci lui reprĂ©senta que ses fonctions de gĂ©nĂ©ral en chef imposaient d'autres obligations au duc de Bourbon, et qu'il devait laisser Ă  un de ses officiers le soin de repousser cette cavalerie; mais le duc persista Ă  quitter le dernier le sol africain. Il ne tarda point Ă  s'applaudir d'avoir pris d'aussi sages mesures : car les Arabes, ne voyant plus sur le rivage que quart des troupes europĂ©ennes, fondirent dessus bride abattue, en poussant des cris horribles, voulant, au mĂ©pris de tous les traitĂ©s, venger par une perfidie la honte de leur dĂ©faite passĂ©e; mais au moment oĂč ils se prĂ©cipitaient sur les chrĂ©tiens rangĂ©s le long de la plage, le duc de Bourbon, jusqu'alors cachĂ© Ă  tous les yeux, sortit de son embuscade et s'Ă©lança au milieu de cet essaim de cavaliers. Le courage et la discipline des Français triomphĂšrent de cette multitude de barbares; les chevaliers coupaient les jarrets des chevaux Ă  coups de hache d'armes. L'Ă©pouvante s'empara des Kabiles : ils regagnĂšrent le dĂ©sert, en laissant sur le rivage un millier de morts; on leur prit quelques chevaux magnifiques de pure race, que les Français emmenĂšrent comme trophĂ©e (Alexandre Mazas, Vies des grand capitaines français du moyen Ăąge, Tome 4 : Louis II de Clermont et Jean le Meingre de Boucicaut, 1845 - books.google.fr).

 

Le lourd stipes est un mot injurieux, pour qualifier une personne lourde, stupide , en français une bûche, une souche : «Caudex, stipes, asinus, plumbeus,» bûche, souche, ùne, Jourdaud. (Ter., Heaut. V, 1, 4.). Outre caudex et stipes, les Latins employaient encore frutex dans ce sens (E. Barrault, Traité des synonymes de la langue latin, 1853 - books.google.fr).

 

Acriostiche : PGLL

 

pgl : pugillus (poignée, contenu de la main) (Wilhelm Fr. Wilibald Artus, Receptirkunst oder Anleitung, die verschiedenen Formen der Arzneien nach den Regeln der Wissenschaft und Kunst zu verschreiben, 1857 - books.google.fr).

 

A great number of pamphlets on the succession issue were published during the years from 1580-1600, debating the issue in increasingly hysterical ways. Shakespeare’s bastard characters are important in relation to this anxiety not simply because they are connected with inheritance issues, but because the central issue of these pamphlets is the concept of validity, linear descent and legality. The idea of validity or truth is connected to the bastards in several ways; ‘true’ and ‘legal’ were both meanings of ‘legitimate’ in early modern English. John Stubbes uses these various connotations of legitimacy in The Discovery of A Gaping Gulf. Stubbes feared that the nation would suffer if Elizabeth married the French Catholic Duke of Alençon, and made reference to her being too old to bear an heir. Stubbes argued that a pregnancy for a woman Elizabeth’s age would mean death, and leave England with more of a succession crisis than it already faced. Another concern was that if the Duke’s brother, Henry III, were to die childless, Elizabeth would be forced to follow him to France, leaving England. These fears about losing Elizabeth feed into a wider anxiety about the future of England. The severity of Stubbes’ punishment (losing his right hand) indicates the serious level of his pamphlet; it drew attention to the instability at the heart of the English government. The fact that Elizabeth reportedly wished Stubbes, otherwise her prominent supporter, to suffer the death penalty reveals how dangerous his opinion was considered to be

 

Catholic and Protestant subjects used legitimacy language to challenge her authority. The Jesuit Robert Persons also published his Conference about the Next Succession in 1594, arguing that the Spanish, Catholic descendants of the house of Lancaster were the true heirs to England. Illegitimacy was a particularly important metaphor for vulnerability in these cases, with Stubbes and Wentworth shading their writing with reminders of Elizabeth’s legal illegitimacy to remind her that the source of her sovereignty was her subjects, to whom she owed a parental duty. Though Pius V’s Bull Regnans in Excelsis bastardised Elizabeth in quite simple terms as illegitimate and hence unable to inherit, Persons uses models of conceptual illegitimacy and legitimacy to make the Spanish Infanta’s claim, suggesting that birth legitimacy may be far less important than personal. [
]

 

A Gaping Gulf is a text that may well have influenced Shakespeare in King John. [
]

 

In a soliloquy that is, in terms of language if not in sentiment, strikingly similar to Faulconbridge’s ‘we are all bastards to the time’ (King John 1.1.207), Posthumus tells the audience :

 

...We are bastards all,

And that venerable man which I

Did call my father was I know not where

When I was stamped. Some coiner with his tools

Made me a counterfeit...

 

The ‘we’ aligns an audience with the illegitimate speaker, much as Faulconbridge manages to do in King John, and the image of the ‘counterfeit’ was a popular one associated with illegitimacy: a bastard is a ‘false coin’ with ‘no name’ (The Devil’s Law Case, 4.2.129-130). Posthumus further elaborates the image with the ‘coiner’ (father) who ‘stamped’ him. Illegitimacy is again figured as being of female origin, which, despite the paternal emphasis of illegitimate inheritance in Shakespeare, continues a theme throughout the British plays (Katie Pritchard, Legitimacy, Illegitimacy and Sovereignty in Shakespeare’s British Plays, 2011 - www.escholar.manchester.ac.uk).

 

Typologie

 

Le report de 2219 sur la date pivot 1572 donne 925.

 

Comme pour le quatrain X, 42 - John Dee et saint Dunstan - 2208, on retrouve Dunstan.

 

Dunstan is said to have “sprung to light” in the reign Date of Athelstan. We may question whether the word birth. “oritur”? refers to his birth or to his coming before the eye of history, in what year of Athelstan's reign the event took place, and in what year Athelstan began to reign. All our authorities agree in referring the word to Dunstan's birth. The Anglo-Saxon Chronicles, which Osbern follows, fix the first year of Athelstan as the date, and for that first year we have to choose between 924 and 925, the former date being given in four MSS. of the Chronicle, and by Florence of Worcester, the latter by two MSS. of the Chronicle. Unfortunately the exact date of the death of Edward the Elder is unknown, but, as Athelstan in his charters speaks of 929 as his sixth year, his first must at all events have begun in 924. Alford [jĂ©suite, 1587 – 1652] places Dunstan's birth in the spring of 925, arguing that if his mother were pregnant in February, as must be supposed to have been the case if Adelard's miracle of the candles has any semblance of truth, and if Athelstan's accession took place about the middle of the year 924, the child must have been born in 925. And this computation is borne out by an entry in an ancient Anglo-Saxon Paschal Table, preserved in the Cotton MS., Caligula A. 15, under the year 925, “on thison geare was sce Dunstan geboren.” The matter is not in itself of great importance, but it is complicated with questions touching the date of archbishop (William Stubbs, Memorials of Saint Dunstan Archbishop of Canterbury. Ed. from Varions Manuscripts, 1874 - books.google.fr).

 

Au commencement du XIe siĂšcle, nous trouvons encore la plus ancienne Vie de saint Dunstan, ami d'Aethelwold : elle fut composĂ©e par un de ses contemporains qui, dans un prologue que le manque de simplicitĂ© rend presque inintelligible, la dĂ©dia Ă  Aelfric, archevĂȘque de CantorbĂ©ry (996-1006). Il y dit que son rĂ©cit se base sur ce qu'il a vu et sur ce qu'il a entendu de la bouche de Dunstan lui-mĂȘme, ou bien encore de la bouche de ses Ă©lĂšves, que ce prĂ©lat instruisit et Ă©leva depuis leur jeunesse jusqu'Ă  l'Ăąge mĂ»r. AprĂšs un prĂ©lude sur la christianisation de l'Angleterre, l'auteur passe au gouvernement glorieux d'Aethelstan, sous lequel naquit Dunstan (925), dans la Saxe de l'ouest (Wessex) : son pĂšre s'appelait Heorstan et sa mĂšre Cynedryth. Il reçut les premiers Ă©lĂ©ments de l'enseignement dans le monastĂšre de Glastonbury, oĂč se trouvait une Ă©glise trĂšs ancienne, au sujet de laquelle circulaient un grand nombre de lĂ©gendes. DestinĂ© Ă  l'Ă©tat ecclĂ©siastique, il y Ă©tudia avec ardeur des ouvrages de thĂ©ologie, notamment ceux des Irlandais ; le monastĂšre Ă©tait, en effet, frĂ©quemment visitĂ© par des pĂšlerins irlandais, vu que Patrice le jeune, le neveu de leur apĂŽtre, y Ă©tait enseveli. Dunstan se distingua tellement par son talent et son application, que l'influence de son oncle, l'archevĂȘque de CantorbĂ©ry, s'ajoutant Ă  cette premiĂšre recommandation, il fut appelĂ© Ă  la cour royale. Toutefois, il n'y resta pas trop longtemps ; la jalousie de ses jeunes compagnons, Ă©levĂ©s au palais comme lui (Palatini) le força Ă  se retirer. Ils l'accusaient, entre autres choses, d'avoir appris les poĂšmes pleins de vanitĂ© des ancĂȘtres paĂŻens et de faire son Ă©dification de contes frivoles de magie. Cette accusation n'Ă©tait peut ĂȘtre pas sans fondement. A cette Ă©poque, il s'Ă©tait Ă©pris d'une jeune personne qu'il voulait Ă©pouser : voilĂ  pourquoi il refusait d'embrasser la vie religieuse, ainsi que le lui conseillait son parent Elfegus, Ă©vĂȘque de Winchester. Il fallut une maladie dangereuse pour l'y dĂ©terminer. Il revint donc Ă  Glastonbury, oĂč il s'adonna Ă  la vie ascĂ©tique ; mais il s'occupa aussi, en dehors de ses Ă©tudes thĂ©ologiques, d'Ă©crire, de jouer de la harpe et de peindre, arts dans lesquels il acquit une grande habiletĂ©. LĂ , il entretenait de pieuses relations avec une veuve alliĂ©e Ă  la famille royale et retirĂ©e Ă  Glastonbury. A sa mort, elle le fit hĂ©ritier de toute sa fortune, laquelle Ă©tait considĂ©rable, et Dunstan en disposa dans l'intĂ©rĂȘt de l'Église. Lorsque, aprĂšs la mort d'Aethelstan (941), Eadmund eut pris les rĂȘnes du gouvernement, Dunstan fut appelĂ© Ă  la cour pour y ĂȘtre le conseiller du roi : cette faveur lui vint de «sa vie vertueuse et de son Ă©loquente Ă©rudition». Mais, cette fois encore, il trouva Ă  la cour des ennemis qui le noircirent aux yeux du roi, en sorte qu'il tomba dans la plus grande disgrĂące. Toutefois, Ă  l'occasion d'un grave danger qui menaçait ses jours, le roi rĂ©flĂ©chit et reconnut le tort qu'on avait fait Ă  Dunstan. Comme dĂ©dommagement, il lui donna le monastĂšre de Glastonbury, oĂč il l'introduisit lui-mĂȘme avec le titre d'abbĂ©. C'est lĂ  que Dunstan put dĂ©ployer, pour la premiĂšre fois, une grande activitĂ© en y introduisant la rĂšgle sĂ©vĂšre de saint BenoĂźt. Comme, Ă  cette Ă©poque, on ne regardait pas les anciens monastĂšres comme de vrais couvents, on le dĂ©signa sous le nom de « premier abbĂ© du peuple anglais. » Il se dĂ©voua, par le fait, avec un zĂšle extraordinaire, aux devoirs de sa vocation. Il fit entourer le monastĂšre de murailles et le fortifia, pour protĂ©ger ainsi son troupeau contre le monde extĂ©rieur; il instruisit ses moines qui affluaient de toutes parts, et ce fut de ce monastĂšre que sortirent les Ă©vĂȘques et abbĂ©s cĂ©lĂšbres de l'Angleterre. Quant Ă  lui, il eut Ă  vaincre plus d'une attaque de sa vive imagination. L'auteur, qui nous a dĂ©jĂ  relatĂ© des visions et des rĂȘves de Dunstan, nous raconte ici (8 16) qu'il se croyait poursuivi par le dĂ©mon, qui lui apparut sous la forme de divers animaux, d'un chien, d'un renard, d'un ours. A ce sujet, une foule de lĂ©gendes eurent cours parmi le peuple (1). Dunstan fut particuliĂšrement favorisĂ© par Eadred, successeur d'Eadmund : ce monarque confia Ă  son monastĂšre la garde du trĂ©sor royal et des archives ; il voulait mĂȘme Ă©lever Dunstan Ă  la dignitĂ© Ă©piscopale, mais le cĂ©lĂšbre abbĂ© refusa le petit Ă©vĂȘchĂ© de Kirlon. AprĂšs la mort prĂ©maturĂ©e d'Eadred et avec la prise de possession du gouvernement par Eadwig (955) eut lieu un revirement subit dans la vie de Dunstan : sa chute ne se fit pas attendre; mais elle fut suivie d'un relĂšvement encore plus grand. Pendant le festin du couronnement, le roi se retira auprĂšs de son Ă©pouse : ce procĂ©dĂ© blessa les grands du royaume ; les ecclĂ©siastiques avaient aussi d'autant plus lieu de s'en trouver froissĂ©s, que son mariage n'Ă©tait point lĂ©gitime d'aprĂšs le droit canon. Odon, archevĂȘque de CantorbĂ©ry, exigea le retour du roi, et Dunstan, chargĂ© de le lui annoncer, eut le courage d'accomplir son message avec une Ă©nergie exempte de tout mĂ©nagement. Par lĂ , il s'attira la haine d'Eadwig, et encore plus celle de la reine. Notre auteur nous dĂ©peint, avec des couleurs dramatiques, cette scĂšne si pleine de consĂ©quences pour son hĂ©ros : Dunstan entra dans l'appartement des femmes oĂč le roi, ayant posĂ© le diadĂšme sur le parquet, Ă©tait occupĂ© Ă  passer son temps avec son Ă©pouse et sa fille ; l'abbĂ© saisit la couronne, la mit sur la tĂȘte du monarque et le força Ă  quitter l'appartement. Le biographe exhale toute sa colĂšre contre cette nouvelle JĂ©sabel. Son rĂ©cit, toutefois, semble n'en ĂȘtre que moins impartial en cet endroit. L'autoritĂ© de la couronne Ă©tait si grande, chez les Anglo-Saxons, que Dunstan trouva des adversaires, mĂȘme parmi ses Ă©lĂšves. Il se vit donc forcĂ© de quitter son monastĂšre et mĂȘme sa patrie. La Flandre lui offrit un asile. Cependant, Eadwig se rendit si odieux, notamment par son avarice, qu'il cherchait Ă  satisfaire en s'emparant des nouveaux monastĂšres des BĂ©nĂ©dictins, que, deux ans aprĂšs, tout le pays au nord de la Tamise se dĂ©tacha de son autoritĂ© et Ă©lut pour roi Eadgar, son frĂšre. Celui-ci rappela Dunstan. Dans un synode, tenu Ă  Bradford, l'abbĂ© fut nommĂ© Ă©vĂȘque, afin d'ĂȘtre toujours Ă  mĂȘme de soutenir le jeune roi de ses bons conseils. Il reçut le diocĂšse de Worcester, et, peu de temps aprĂšs, celui de Londres; mais, aprĂšs la mort d'Eadwig et Ă  la vacance de l'archevĂȘchĂ© de CantorbĂ©ry, ce siĂšge, le premier de l'Angleterre, fut donnĂ© Ă  Dunstan (959). Il se rendit ensuite lui-mĂȘme Ă  Rome pour y recevoir le pallium. L'auteur nous donne fort peu de renseignements sur l'activitĂ© de Dunstan, pendant les trente annĂ©es qu'il resta en possession de la haute puissance ecclĂ©siastique ; il se contente de nous raconter, d'une maniĂšre toute gĂ©nĂ©rale, ses occupations journaliĂšres, telles que les exigeaient en gĂ©nĂ©ral ses fonction d'archevĂȘque. Par contre, il nous relate tout au long plusieurs visions du saint, dont l'une nous tĂ©moigne bien du grand sentiment de sa dignitĂ©. La biographie s'arrĂšte tout Ă  coup, dans la relation que l'auteur nous fait de sa fin. Dunstan mourut en 988, en cĂ©lĂ©brant le saint sacrifice de la messe. Dans la derniĂšre partie de cette vie, on voit bien que l'auteur n'avait point le talent qu'il fallait pour comprendre la vraie signification de son cĂ©lĂšbre contemporain : c'est plutĂŽt le visionnaire et le saint que le prince de l'Église, que le biographe admira dans son hĂ©ros. Et malgrĂ© cela, son livre nous offre, en grande quantitĂ©, des nouvelles importantes et dignes de foi. De plus, il est Ă©crit avec une intention Ă©vidente d'arriver Ă  une diction artistique ; malheureusement l'auteur la trouve dans un style fleuri, et, en deux endroits mĂȘme, il quitte la prose pour recourir au vers hexamĂštre. Cette biographie a Ă©tĂ©, sans motif suffisant, attribuĂ©e d'abord par Mabillon et ensuite par d'autres, Ă  un moine lettrĂ© de Ramsey, BRIDFERTH qui se fait connaĂźtre, comme un excellent mathĂ©maticien pour cette Ă©poque, par ses gloses latines des ouvrages de BĂšde : De natura rerum et De temporum ratione (Adolf Ebert, Histoire gĂ©nĂ©rale de la littĂ©rature du Moyen Age en Occident, Tome 3, 1889 - books.google.fr).

 

Le plus ancien document Ă©crit qui fasse mention des moneiarii est un passage des lois d'Aethelstan (925-940), oĂč il est ordonnĂ© que le monnoyer coupable d'avoir falsifiĂ© la monnaie doit avoir la main coupĂ©e et que la main sera placĂ©e sur l'enclume. D'oĂč l'on serait en droit de conclure que le monnoyer forgeait lui-mĂȘme la monnaie; car si on lui coupait la main, c'est parce que celle-ci avait commis le crime. Conclusion que corroboreraient certaines lĂ©gendes monĂ©taires telle» que Elda me fec(it) Adelbert me fec{it). D'autre part, si le monetarius gravait le coin et frappait la monnaie, comment rendre compte et des diffĂ©rences de style entre les diverses piĂšces d'un mĂȘme monĂ©taire, et des variĂ©tĂ©s nombreuses dans la graphie de son nom. L'amputation de la main n'Ă©tait peut-ĂȘtre qu'une fiction juridique. Et quant au mot fecit il convient sans doute de ne lui attribuer qu'un sens gĂ©nĂ©ral; il est vraisemblable qu'il indique la responsabilitĂ© du monetarius, qui garantissait les espĂšces forgĂ©es par lui ou ses ouvriers, tout comme s'il les avait lui-mĂȘme toutes fabriquĂ©es.

 

Un passage de la vie de saint Dunstan nous montre qu'au Xe siĂšcle certains monĂ©taires, sinon tous, Ă©taient des gens d'une condition plus ou moins servile; car il y est question de trois monetarii qui Ă©taient dans la dĂ©pendance du saint «qui in potestate viri erant». Les monĂ©taires, pour ne pas ĂȘtre des hommes libres, n'en Ă©taient pas moins des gens possĂ©dant quelque fortune. M. Keary ajoute que vers la fin de la pĂ©riode anglo-saxonne l'exploitation des ateliers Ă©tait affermĂ©e aux monnoyers; ce qui ressort d'aprĂšs lui du Domesday Book. On y lit, Ă  propos de Worcester : «In civitate Wirecestre habebat rex Edwardus hanc consuetudinem. Quando moneta vertebatur, quisque monetarius dabat XX solidos ad Lundoniam pro cuneis monetae accipiendis.» (M. Prou, A catalogue of english coins in the Brilish MusĂ©um. Anglo-Saxon sĂ©ries, vol. II (Wessex and England to the norman conquest) by Herbert A. Ghueber and Ch. Francis Keary. Londres, 1893, Revue numismatique, 1894 - books.google.fr).

 

Dunstan, patron des orfĂšvres et des forgerons (Louis Du Broc de Segange, Les saints patrons des corporations et protecteurs, 1887 - books.google.fr).

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