Sapor Ier

Sapor Ier

 

X, 86

 

2240-2241

 

Comme un gryphon viendra le Roy d'Europe

Accompagné de ceux d'Aquilon,

De rouges et blancs conduira grande troupe

Et iront contre le Roy de Babylon.

 

Griffon

 

Le griffon apparaît en Élam à la fin du IVe millénaire av. J.-C. et en Égypte vers -3000, avec un corps de lion, une tête et des ailes d'aigle. Tout au long de l'histoire antique, cette forme première ne cesse d'être nuancée par divers apports iconographiques, notamment dans les cultures mésopotamienne, scythe, perse (griffons achéménides de Persépolis), grecque puis romaine.

 

En Grèce, Hérodote mentionne plusieurs fois brièvement les griffons dans son Enquête, sans les décrire. Au livre III, il rapporte une tradition selon laquelle des griffons vivent près des gisements d'or importants situés au nord de l'Europe ; le peuple des Arimaspes, des hommes qui n'ont qu'un œil, doit combattre ces griffons pour leur arracher l'or. Hérodote, dans ce passage, refuse de croire que les Arimaspes n'ont qu'un œil et ne se prononce pas explicitement sur les griffons. Au livre IV, il mentionne les griffons dans le même rôle lorsqu'il rapporte le voyage qu'Aristéas de Proconnèse affirme avoir fait dans le Nord et qu'il rapporte dans son poème épique, les Arimaspées (fr.wikipedia.org - Griffon (mythologie)).

 

À l'époque sassanide, le griffon était considéré comme une créature bénéfique associée à la fertilité de la nature. Cet aspect est souligné par les motifs de palmettes s'ouvrant sur un fruit qui ornent la queue et les organes génitaux des griffons. Le faible relief du modele du corps et du plumage sont les indices d'une fabrication sassanide tardive. La pièce a été trouvée dans le trésor de Novo Bajazet en Arménie (Les Perses sassanides: fastes d'un empire oublié, 224-642 : Musée Cernuschi, Musée des arts de l'Asie de la ville de Paris, 15 septembre-30 décembre 2006, 2006 - books.google.fr).

 

Roi d'Europe : Doura Europos

 

La paix entre Philippe l’Arabe et les Parthes achetée chère par le Romain ne pouvait pas durer... Khosrov II, roi arsacide d'Arménie, s'était déclaré ennemi des Sassanides et ami de Rome; il disparut, sans doute assassiné, vers 252. Son successeur, Tiridate, annonça qu'il entendait suivre la même politique. Il fut contraint à la fuite et se réfugia chez ses protecteurs. Cette politique entraîna une nouvelle guerre, à l'initiative de Sapor Ier, d'abord vers Doura-Europos et Antioche, qui furent prises. On débat encore de savoir s'il mena une ou deux offensives, et quand (253 plutôt que 252, ou 256, ou 253 puis 256). Quoi qu'il en soit, l'armée romaine subit un échec dès 253 à Barbalissos. D'après les Res Gesta Divi Saporis (inscription de Nagsh-i Rustam à 6 km au nord de Persdépolis), Rome y aurait perdu 60 000 hommes, chiffre qui paraît tout à fait excessif. La Syrie, qui n'était plus protégée, fut ravagée par les Iraniens qui s'emparèrent d'Antioche et de Doura-Europos ; l'Arménie et la Mésopotamie passèrent sous le contrôle du roi. L'inscription de Nagsh-i Rustam dit qu'ils prirent trente-sept villes en Syrie, en Cilicie et en Cappadoce. Valérien leur reprit Antioche et Doura-Europos l'année suivante. Mais, en 256, les Perses s'installèrent de nouveau dans Doura-Europos et ce ne fut pas pour eux «une victoire sans lendemain» puisque ce poste, certes petit mais bien placé, fut définitivement perdu pour les Romains (Yann Le Bohec, L'armée romaine dans la tourmente. Une nouvelle approche de la crise du IIIe siècle, 2017 - books.google.fr).

 

Le site archéologique de Doura Europos, appelé maintenant Europos-Doura, proche du village de Salhieh, est situé à l'extrême est de la Syrie sur le moyen Euphrate.

 

Europos est une colonie macédonienne fondée vers 300 av. J.-C. par Séleucos Ier, roi (basileus) de l'Asie, depuis l'Anatolie jusqu'à l'Inde, et qui fut un des généraux d'Alexandre le Grand. Cette colonie militaire était à l'origine située sur un emplacement stratégique précédemment occupé par les Assyriens, comme le prouve la découverte d'une tablette dans le temple d'Atargatis. Europos était le nom du village natal de Séleucos Ier en Macédoine. Le terme Doura qui lui a été accolé par la suite signifie forteresse dans les anciennes langues sémitiques.

 

Vers 256, la ville est prise par les Sassanides dirigés par Shapour Ier qui déporte toute la population. Le site ne sera pas réoccupé par la suite et la ville tombe alors définitivement dans l'oubli.

 

Le site renferme de nombreux édifices religieux liés à différentes religions, ce qui laisse entrevoir une multiplicité ethnique : Gréco-Macédoniens, Syro-Babyloniens, Palmyréniens, Araméens, Romains. On dénombre quinze temples polythéistes, un mithraeum, une maison chrétienne (Domus ecclesiae de Doura-Europos) et la synagogue de Doura Europos comportant d'importantes peintures murales datant de 243 et conservées au musée de Damas (fr.wikipedia.org - Doura Europos).

 

"Roi de Babylon"

 

Entre 114 et 116, l’empereur Trajan occupe une première fois Doura Europos : la IIIe légion Cyrenaica érige un arc triomphal à l'ouest de la Porte de Palmyre. Les Romains reviennent en 165 et assiègent Doura Europos tenue par les Parthes7 ; ils reviennent de nouveau en 170. Ils vont utiliser la ville comme point de départ de la conquête des territoires d'Osroène et comme poste avancé pour des expéditions contre l'empire des Parthes et leur capitale Séleucie du Tigre en 1998. La cité devient par la suite un poste frontière du royaume de Palmyre. L'importance militaire du site se confirme vers 209-216 : la partie nord du site est occupée par un camp romain (fr.wikipedia.org - Doura Europos).

 

La vie d'Odénat appartient à l'histoire des Arabes ; il ne sera donc pas hors de propos d'en donner ici un court aperçu. En l'an 248 de J. C., la dureté de l'administration de Priscus, gouverneur de la Syrie pour son frère l'empereur Philippe, fit éclater plusieurs révoltes. La colonie romaine de Palmyre se mit en insurrection ouverte, et se déclara indépendante. Odénat occupait alors le rang de sénateur dans cette colonie, où il avait eu auparavant le grade de décurion. Il était en même temps phylarque des Arabes répandus dans les plaines de la Palmyrène. Aïranès, son père, qui vivait encore, fut élu ou se constitua prince de Palmyre, et Odénat devint général ou chef militaire des Palmyréniens. Bientôt après, Airanès mourut, et Odénat prit le titre de prince de Palmyre vers l'an 252. Il paraît que, pour maintenir son indépendance, il rechercha d'abord l'appui de la Perse. Il était allié de Sapor Ier, fils d'Ardchîr, quand ce monarque fit en Syrie l'expédition dans laquelle il s'empara d'Antioche, en 257. Mais lorsque, sur la nouvelle de l'arrivée en Orient de l'empereur Valérien avec des forces considérables, Sapor battit en retraite et se disposa à rentrer dans ses États, Odénat changea de parti, inquiéta l'armée persane dans sa marche, et lui enleva une portion du butin qu'elle emportait (Armand Pierre Caussin de Perceval, Essai sur l'histoire des Arabes avant l'islamisme: pendant l'époque de Mahomet, et jusqu'à la réduction de toutes les tribus sous la loi musulmane, Tome 2, 1847 - books.google.fr).

 

Joséphine Amory de Langerack s’inscrit dans une perspective semblable, mais avec encore moins de souci de vérité historique. Ainsi, «Zénobie eut pour aïeul Hassan, roi arabe, dont le sceptre régissait le sud de la Mésopotamie» (p.72). La référence savante presque unique d’Amory est Crevier 1749-1755; mais il est possible qu’elle se contente d’un abrégé comme il en parut plusieurs (par Caillot en 1827; Rolland en 1829; Piton en 1836) (M.Sartre, Zénobie dans l’imaginaire occidental, SCI. DAN. H. 4 - 6 - THE WORLD OF PALMYRA - THE ROYAL DANISH ACADEMY OF SCIENCES AND LETTERS, 2016).

 

Suivant Ibn-Saïd, cité par Ibn-Khaldoun, les Romains, alors maitres de la Syrie et de la Mésopotamie, voulant former entre eux et les Parthes un Etat intermédiaire qui leur servit de barrière pour arrêter les incursions de ces ennemis constants de l'empire, donnèrent à Odheyna, fils de... Samaydà, le premier chef des Arabes de la Syrie dont le nom ait acquis quelque célébrité, la souveraineté de la Syrie orientale et d'une portion de la Mésopotamie, souveraineté, ou plus exactement phylarchie, qu'Odheyna et ses successeurs exercèrent comme alliés et sous le patronage des Romains. D'après le nombre des descendants et successeurs d'Odheyna, dont le dernier était contemporain de Djodhaima, roi des Arabes de l'Irak, il est présumable qu'Odheyna avait dû commencer à régner vers l'an 165 de notre ère, c'est-à-dire au temps de Marc Aurèle, et à l'époque où un traité de paix, conclu entre les Parthes vaincus et les Romains victorieux, pourrait avoir fait passer la Mésopotamie sous la domination de Rome. Odheyna n'existait plus et ses enfants avaient hérité de sa puissance, lorsqu'une peuplade arabe, de race différente, vint, vers l'an 190, s'installer dans les déserts voisins de la Palestine, auprès des Benou-Samaydà. Ces nouveaux arrivés étaient les Benou-Salih ou Salihites, issus de Codhâa, qui avaient émigré du Tihama, à la suite d'hostilités survenues entre les Codhaîtes et la postérité de Nizar.

 

Les auteurs arabes ne mentionnent qu'une ligne de descendants d'Odheyna, les Benou-Odheyná, formée par trois princes qui régnèrent successivement après lui et dont voici les noms : Hassan, fils d'Odheyna, fils de... Samaydà ; Zharib, fils de Hassan ; Amr, fils de Zharib. Amr fit aux Arabes, alliés des Persans et gouvernés par Djodhaima, une guerre dans laquelle il finit par être tué. La mort de cet Amr, correspondant aux dernières années du règne de Djodhaima qui se termina en 268, on peut supposer qu'Amr était né vers l'an 210 ou 215 de notre ère, et, dès lors, rien n'empêche de l'assimiler à l'Odenath qui fut l'époux de Zénobie. Son trisaïeul, Odheyna fils de... Samaydà, en comptant trente années par générations, pouvait donc être né vers l'an 120 ou 125, et avoir été investi du commandement général des Arabes de la Syrie et de la Mésopotamie en 165. Zebba, fille ou femme d'Amr, fils de Zharib, devint, suivant les traditions orientales, une reine puissante. Le personnage de Zebba, dégagé des circonstances fabuleuses rapportées par les légendes arabes, parait offrir une telle ressemblance avec Zénobie, que l'on peut, sans témérité, identifier les deux héroïnes comme le personnage d'Amr avec l'Odenath des historiens grecs et latins (Victor Langlois, Numismatique des Arabes avant l'islamisme, 1859 - books.google.fr).

 

Quand les musulmans arabes entrent, en 633, en Mésopotamie, en Irak qui était sous domination perse des Sassanides depuis plus de 4 siècles (Assani Fassassi, Sursaut de l'Afrique qu'on acheve, 1995 - books.google.fr).

 

Odeinat s'intitulait «rois des rois» qualification que prenaient les rois de Babylone, parce qu'ils commandaient à des rois vassaux. Les anciens rois de Perse de la race des Arsacides et des Sassanides ont le même titre sur les monuments et les monnaies (Khaled Assad, Obeid Taha, Bienvenue à Palmyre, 1966 - books.google.fr, La Bible, traduction nouvelle, Tome 11, 1841 - books.google.fr).

 

Roi des rois (akkadien : Sar sarrani ; Vieux persan : Xsayathiya Xsayathiyânâm ; Persan moyen : sahan sah ; Persan moderne : Sâhansâh ; Grec : "basileus basileôn" ; Arménien : ark'ayits ark'a ; Géorgien : Mepet mepe ; Ge'ez : Negusä Nägäst ) était un titre dominant utilisé principalement par les monarques basés au Moyen-Orient . Bien que le plus souvent associé à l'Iran (historiquement connu sous le nom de Perse en Occident ), en particulier aux empires achéménide et sassanide, le titre a été introduit à l'origine pendant l' empire assyrien moyen par le roi Tukulti-Ninurta I (règne de 1233 à 1197 avant JC) et a ensuite été utilisé dans un certain nombre de royaumes et d'empires différents, y compris la Perse susmentionnée, divers royaumes helléniques, l'Arménie, la Géorgie et l'Éthiopie. Roi des rois (fr.qaz.wiki - King of Kings).

 

"ceux de l'Aquilon"

 

L'Apocalypse d'Esdras, connue dans la littérature éthiopienne sous le nom de Premier livré d'Esdras et dans la littérature latine sous celui de Quatrième livre d'Esdras, fut composée en grec. La version grecque, aujourd'hui perdue, mais qui a servi de modèle à toutes les autres, est citée pour la première fois, d'une manière certaine, par Clément d'Alexandrie, de 150 à 190 ap. J. C. (Stromates, III, 16), qui nomme Esdras le Prophète.

 

A cette époque, le christianisme était persécuté en Egypte (XV, 6-10 : il s'agit de la persécution générale ordonnée par Valérien (257-260) : Babylone n'est autre que Rome et comme cette ville paraissait menacée d'une ruine prochaine, il est évident qu'il s'agit de Gallien et des trente tyrans, et plus particulièrement ceux qui s'élevèrent en Egypte : Macrianus et ses deux fils : Macrianus le jeune et Quiétus (261-262), puis Emilianus (262-263), Domitianus (268); et enfin de 270 à 272, de Zénobie, reine de Palmyre, pour le compte de son fils Ouaballathos (XV, V, 10 et suiv.). Les guerres que les peuples se livrent les uns aux autres sont celles des Romains contre les Goths (253, 255, 258, 259, 260, 266, 269, 270), contre les Perses (256, 260) et celles d'Odénat contre les Perses jusqu'en 266. Les rois de l'Orient sont les Sassanides de Perse ; ceux du Sud-Est, les rois de Palmyre ; ceux du Sud, les chefs des Blemmyes, enfin ceux du Sud-Ouest, les chefs Libyens de la Marmarique qui ne furent vaincus que par Probus. La clef de ce passage est dans la lufte des Arabes et des Carmoniens, elle est trop détaillée pour ne pas s'appliquer à des faits réels et récents (XV, 28-33). Les Arabes représentent Odénat, roi de Palmyre ; les Carmoniens ou Carmaniens sont les habitants du Kerman, province de Perse, conquise par Ardéchir sur Palâch (René Basset, Apocalypse d'Esdras, Les apocryphes éthiopiens, 1899 - remacle.org).

 

Odénat, à la tête de ses bandes de Syriens et d'Arabes, avait ravagé la Mésopotamie. Après la défaite de Sapor, il franchit les frontières de la Perse, prit Carrhes et Nisibe, conquit la Mésopotamie et assiégea Ctésiphon. Il revint faire la guerre à Macrien dont il tua le plus jeune fils, Quiétus (262) puis, maître d'Emèse, associé à l'empire en 264 par Gallien, il reprit l'offensive contre les Perses, s'empara de Ctésiphon, et après avoir marché contre les Goths qui ravageaient l'Asie Mineure, il fut assassiné à Emèse, le 23 novembre 266, avec son fils et associé Hérode. L'espion assyrien du verset 33 pourrait être Mœonios, le meurtrier d'Odénat et de son fils, qui du reste ne régna que peu de temps et fut remplacé par Zénobie. Peut-être aussi, et c'est l'opinion de Gutschmid, ce verset 33 fait-il allusion à un fait que nous ignorons. Par le nuage venu de l'Orient et du Nord (XV. 25-37 : "Voici un nuage, venant de l'Orient et du Nord, jusqu'au Midi; son esprit est affreux, plein de colère et de tempête. Voici un nuage, venant de l'Orient et du Nord, jusqu'au Midi; son esprit est affreux, plein de colère et de tempête."), on doit entendre l'invasion des Goths qui, depuis 255, pillaient la Thrace, la Macédoine et l'Achaïe et qui, vaincus par Macrien, général de Gallien, purent se retirer en 262 en emportant tout leur butin. Une autre bande, conduite par Vespra, Veduco et Turvaro, passa le Bosphore en 259, dévasta la Bithynie où elle brûla Nicomédie et Nicée ; l'Asie, où elle détruisit le temple de Diane, la Galatie, la Cappadoce et la Phrygie ; puis, après avoir ruiné Troie, repassa en Thrace par l'Hellespont et de là rentra dans son pays en 262. Les versets 40-45 s'adressent à Rome que le prophète espère voir succomber sous les coups des barbares coalisés ; puis il revient sur les ravages dont l'Asie, où les chrétiens avaient été le plus maltraités sous Valérien et Macrien, sera la victime (René Basset, Apocalypse d'Esdras, Les apocryphes éthiopiens, 1899 - remacle.org).

 

"blancs et rouges"

 

Une multitude de soldats de différents peuples accompagnait Xerxès dans sa campagne contre la Grèce (première guerre médique).

 

LXIX. Les habits des Arabes étaient amples et retroussés avec des ceintures. Ils portaient au côté droit de longs arcs qui se bandaient dans l'un et l'autre sens. Les Éthiopiens, vêtus de peaux de léopard et de lion, avaient des arcs de branches de palmier de quatre coudées de long au moins, et de longues flèches de canne à l'extrémité desquelles était, au lieu de fer, une pierre pointue dont ils se servent aussi pour graver leurs cachets. Outre cela, ils portaient des javelots armés de cornes de chevreuil pointues et travaillées comme un fer de lance, des massues pleines de nœuds. Quand ils vont au combat, ils se frottent la moitié du corps avec du plâtre, et l'autre moitié avec du vermillon. Les Éthiopiens qui habitent au-dessus de l'Égypte et les Arabes étaient sous les ordres d'Arsamès, fils de Darius et d'Artystone, fille de Cyrus, que Darius avait aimée plus que toutes ses autres femmes, et dont il avait fait faire la statue en or, et travaillée au marteau. Arsamès commandait donc aux Éthiopiens qui sont au-dessus de l'Égypte et aux Arabes (Hérodote, Histoire, Livre VII - Polymnie, traduit du grec par Larcher, 1850 - remacle.org).

 

Xerxès n'avait pas besoin de partir en guerre contre le roi de Babylone, qui a pu se révolter, puisqu'il l'était lui-même.

 

Quand le roi des Perses Cyrus II attaque Babylone en 539 av. J.-C. par une offensive surprise contre la porte d'Enlil au nord-ouest de la ville, la lutte tourne court et la cité et l'empire tout entier tombent entre ses mains. Dès lors, Babylone perd son indépendance48. Le nouveau maître proclame néanmoins son souhait de préserver la ville et s'attache les faveurs du clergé local en proclamant un décret très favorable envers eux, qui a été retrouvé inscrit sur un cylindre d'argile trouvé à Babylone. La chute du royaume babylonien et la fin de l'indépendance politique ne signifient pas le déclin de la métropole mésopotamienne. Certes à plusieurs reprises la ville se révolte : contre Darius Ier vers 521 av. J.-C., puis plus tard contre son fils Xerxès Ier, à qui les auteurs grecs postérieurs ont attribué la décision de détruire le sanctuaire de Marduk, répression dont l'ampleur réelle est débattue. Babylone reste une ville importante de l'empire même si elle n'en est pas la capitale, et la Babylonie entière est une région cruciale où la noblesse perse dispose de vastes domaines (fr.wikipedia.org - Babylone).

 

Une agitation générale s'emparait du monde barbare européen, comme au temps de Marc-Aurèle, avec cette complication de plus, que les barbares d'Orient ne restaient pas en paix. Le roi de Perse Sapor ou Schapour, successeur d’Artaxerce, s'était fait en Asie le centre d'une coalition qui ralliait tous les rois ses voisins, depuis celui d'Arménie jusqu'aux chefs des peuplades situées vers la mer Caspienne et le Caucase. Les Arabes du désert, à la solde d'Odenath, prince de Palmyre, lui avaient aussi promis leur secours. Il n'y avait pas jusqu'aux tribus noires de l'Éthiopie et aux Maures de la Libye qui, excités par ses agents, ne se préparassent à troubler l'Égypte et l'Afrique. On eût dit que cette ceinture de Barbares qui enveloppait le monde romain du côté de la terre ferme, se hérissant d'armes tout à coup, venait étreindre et forcer sur tous les points à la fois Rome et la civilisation (Treb. Poll., Valerian., Gallian. et Trig. tyran. - Vopisc., Aurelian. - Aur. Vict., Cæs. et Epit., 33. - Zosim., 1, 16 et seqq. - Zonar., XII, passim.) (Amédée Simon Dominique Thierry, Histoire de la Gaule sous la domination romaine jusqu'à la mort de Théodose, Volume 1, 1871 - books.google.fr).

 

Les émaux jaunes semés d'étoiles vertes, bleues et blanches, enfoncés dans les fondations de Suse, le pourpre foncé des uniformes des Perses, le jaune de leurs robes et de leurs vestes, et les marguerites bleues et vertes des faïences, l'éclat prodigieux de ces archers qui poursuivaient dans la nuit leur marche processionnelle, inconnue de toutes les générations d'architectes qui se sont succédé depuis les jours de Xerxès, viennent éclabousser notre architecture grise et froide de leur incomparable splendeur (Robert de La Sizeranne, L'art à l'exposition de 1900, La revue des deux mondes 159, 1900 - books.google.fr).

 

Acrostiche : CADE et rouge

 

"Cadi" : peuple de Phrygie (Gaffiot) ; Ville de Phrygie Capatienne.

 

Sévère-Alexandre aurait d'abord laissé vendre comme esclaves les Perses capturés dans sa campagne de 231; la première fois chez les Romains, note le biographe de la Vita. Mais «les rois des Perses ressentaient comme une indignité qu'aucun de leurs sujets fût esclave de quelqu'un»; des rançons furent donc offertes et l'empereur romain en accepta le principe, faisant, à ce qu'il semble, indemniser les acquéreurs, en principe ceux qui les avaient directement capturés. [...]

 

Un tel renseignement, perdu dans le fatras d'une des Vitae les plus «édifiantes», c'est-à-dire les moins sobres, les moins scrupuleuses d'exactitude de l'Histoire Auguste, ne s'impose pas immédiatement à nous comme authentique. A peu de distance, toutefois, nous lisons une phrase derrière laquelle il y a quelque fait positif : le prince, montant au Capitole à son retour victorieux à Rome, y aurait déposé «dans le temple», c'est-à-dire dans le sanctuaire du grand Jupiter, «des tuniques perses» : tunicis Persicis in templo locatis. Étaient-elles prises à des Perses faits prisonniers ? et à des chefs ? Ou trouvées dans un simple «vestiaire» ? - Peut-être une page d'Hérodien répond-elle à nos questions; ce bon historien raconte comment Artaxerxès (c'est normalement le nom qu'il donne dans son texte grec à Ardachir 1er), Sévère-Alexandre venant déjà d'arriver à Antioche pour la guerre, lui envoya quatre cents Perses de la plus haute stature, couverts d'or et de vêtements précieux, remarquables par la beauté de leurs chevaux et de leurs arcs. «Il croyait, dit Hérodien, intimider les Romains par l'aspect menaçant de ces hommes, par la pompe de leurs costumes...» Et ils se chargent, en effet, d'une audacieuse commination en transmettant à l'empereur romain la revendication de leur roi sur «toute la Syrie et les provinces d'Asie qui font face à l'Europe»... «Quand les quatre cents députés, conclut le narrateur, eurent fait cette sommation, Alexandre ordonna qu'on les saisît tous, et, après les avoir dépouillés de tout le luxe de leur costume, il les envoya en Phrygie, leur accordant des villages pour y habiter et des champs pour les cultiver. Le seul châtiment qu'il leur infligea fut l'exil. Il eût regardé comme un crime, comme une lâcheté, de priver de la vie des hommes qui ne combattaient pas et qui ne faisaient qu'annoncer les ordres de leur maître». Il est à craindre que, là où Sévère-Alexandre croyait, sincèrement peut-être, exercer la noble vertu de Clementia Augusti, traditionnel complément de sa Virtus impériale, le fils de Mammaea n'ait gravement offensé les Perses. Ces singuliers «envoyés», certes, avaient parlé trop fort; même à supposer leur détention légitime, ils n'avaient pas été faits prisonniers en combat; pour la même raison, et quelle que fût la valeur, peut-être hiérarchique, du costume qu'ils arboraient, leurs «tuniques» ne pouvaient être sans quelque abus traitées en dépouilles de guerre. [...]

 

Le principal témoignage à discuter, sur le sort que Sapor fit à son captif impérial, reste une page bien connue de Lactance; carie déchiffrement des res gestae du roi sassanide, en ses trois versions (parthe, pehlevi sassanide ou moyen-perse, et grecque), s'il a montré l'orgueil du vainqueur d'avoir pris lui-même son adversaire, n'a point fait avancer la critique quant au traitement qui suivit : capture de presque toute l'armée bariolée des Romains (70000 h.?), d'un nombreux état-major (officiers et synklêtikoi = membres de l'ordre sénatorial), du propre préfet du prétoire, soit! Et déportation massive en Perside ! [...]

 

Rappelons les termes précis dont se sert le pamphlétaire chrétien, lorsqu'il compose le De mortibus persecutorum dans les premières années de la « paix constantinienne » (vers 314) : «Fait prisonnier par les Perses, Valérien ne perdit pas seulement le pouvoir dont il avait abusé sans mesure, mais aussi la liberté qu'il avait ravie aux autres, et vécut dans l'esclavage, ignominieusement; car le roi des Perses Sapor, celui-là même qui l'avait capturé, obligeait le Romain à tendre l'échiné pour lui servir de marche-pied chaque fois qu'il lui prenait fantaisie de monter à cheval ou sur son char. Le pied sur le dos de son captif (sic), le roi lui disait avec un rire outrageant : «Voilà pourtant l'histoire vraie, bien différente assurément de celle que les Romains peignent sur les tableaux ou sur les murs ! Ayant ainsi dignement, comme on voit, orné le triomphe de son adversaire, Valérien vécut encore assez pour que le nom romain fût longuement le jouet et la risée des Barbares. Ce qui ajouta encore à la cruauté de son châtiment, ce fut d'avoir un fils empereur et personne pour venger une captivité qui l'avait réduit à l'esclavage le plus abject : jamais, en effet, on ne pensa à réclamer son retour. Mais lorsqu'il eut, au milieu de pareil déshonneur, atteint le terme d'une vie infamante, on lui ôta la peau et on la teignit en rouge (sic) après l'enlèvement des viscères, pour la placer dans un temple des dieux barbares, en commémoration d'une si écrasante victoire. Ce témoignage, en mettant devant les yeux de nos ambassadeurs (sic) la dépouille d'un empereur captif auprès des dieux de la Perse, devait avertir les Romains de ne pas se fier aveuglément à leurs forces» (trad. J. Moreau). [...]

 

Ces quatre cents beaux Perses, ainsi «dépouillés de tout le luxe de leur costume», auraient été envoyés comme colons... en Phrygie ! La Phrygie est traditionnellement, dans tout le monde antique, le pays de l'«onolatrie» : un ancien culte de l'âne (ou de l'onagre ?) y a laissé toutes sortes de traces, depuis le plan presque positif des rites jusqu'à la légende mythologique (les oreilles du roi Midas, par exemple) ou, déjà, au thème de «Peau d'âne», c'est-à-dire aux contes sur les propriétés magiques de la dépouille du rustique animal. A tout le moins, l'on sut à la cour d'Ardachir et de Sapor que des Perses ainsi capturés avaient été traités en «Phrygiens», sans doute à la mode phrygienne, tandis que leurs costumes de parade étaient affichés dans les temples romains comme des trophées de guerre; on sut, et l'on ne pardonna pas. Relisant maintenant la page de Lactance, nous ne croyons plus être dupe d'une illusion en identifiant la «peau teinte en pourpre» exhibée en un sanctuaire de Perse comme dépouille de Valérien : celui-ci, une fois prisonnier, dut livrer ses vêtements impériaux et se contenter désormais de quelque «peau d'âne» quasi-servile (Jean Gagé, Comment Sapor a-t-il "triomphé" de Valérien ?. In: Syria. Tome 42 fascicule 3-4, 1965 - www.persee.fr).

 

Pomme

 

On pense aussi à l'huile de cade, médicament contre l'eczéma ("rouge") et servant teinter les cheveux blanc, et de là au "syrop de pommes de Sapor". Ce médicament aurait été inventé pour ou par le roi Sapor Ier, vainqueur de Valérien. Il est composé de pommes odorantes, sucs de buglose, anis, safran etc. Ce sont des sirops cholaguogues, flegmagogues et mélanagogues, pour puger la bile, le flegme ou la mélancolie (Dictionnaire universel françois et latin, Tome 7, 1771 - books.google.fr).

 

Typlogie

 

Le report de 2241 sur la date pivot 256 donne -1729.

 

Epoque du règne Porus, roi de Babylone, peut-être modèle du dieu Bel Phégor, ou Péor, dans une vision évémériste (Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'hist. univers., sacrée et proph., ecclésiast. et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1762, 1763 - books.google.fr, Henri-François de Vence, La Sainte Bible en latin et en françois, Tome 7, 1749 - books.google.fr).

 

Antiochus-le-Grand, au IIIe siècle avant l'ère vulgaire, avait ordonner à Zeuxis de transporter en Phrygie et en Lydie, deux mille familles juives, établies à Babylone (A. Wagener, Inscription grecque inédite, Revue de l'Instruction Publique en Belgique, 1869 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain suivant X, 87.

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