Change et rente

Change et rente

 

X, 64

 

2224

 

Pleure Milan, pleure Lucques, Florence,

Que ton grand Duc sur le char montera,

Changer le siege pres de Venise s'avance,

Lorsque Colonne à Rome changera.

 

"Florence"

 

En 1532, Charles Quint signa un décret par lequel il rétablissait les Florentins dans leurs anciens privilèges, à condition qu'ils reconnaîtraient pour duc Alexandre de Médicis, et après lui, ses enfants, par ordre de succession et à leur défaut, l'aîné es autres Médicis. Il était aussi arrêté qu'Alexandre, plus tard, épouserait Marguerite d'Autriche, fille naturelle de Charles-Quint. Ce décret d'alliance maintenait la forme républicaine, qui alors n'inspirait aucune crainte aux rois, et il n'attribuait à la maison de Médicis que les prérogatives dont elle jouissait avant 1527, et qu'il transformait en droits : ces droits reçurent ensuite une extension qui n'avait pas été prévue. Hippolyte de Médicis, devenu cardinal (on sait qu'il était fils naturel de Julien II, duc de Nemours), et se regardant comme né plus honorablement qu'Alexandre, d'ailleurs moins âgé que lui , ne pouvait se consoler de se voir préférer un bâtard, disait-il, dont le père était inconnu ; car il assurait qu'on ne pouvait pas prouver qu'Alexandre fût le fils de Laurent II, duc d'Urbin, et frère de Catherine de Médicis; mais Clément VII l'ordonnait ainsi : il avait déjà pensé à marier Catherine avec Henri, duc d'Orléans, second fils de François Ier. La même année le pape mourut. Alexandre, croyant mieux se soutenir, gouvernait en tyran. Il fit empoisonner Hippolyte, dont il craignait les amis prêts à se révolter. Malgré ces crimes, il obtint la main de Marguerite. Charles exigea bien que le nouveau duc rappelât les exilés, et leur restituât leurs biens, mais il ne punit pas Alexandre de toutes les scélératesses qui le rendaient odieux. A Clément VII succéda Paul III Farnèse ; il protégea les ennemis de Clément VII. Paul III se livra à la passion du népotisme. Il investit du duché de Castro Pierre Louis Farnèse, son neveu. Pierre Louis, comme un autre César Borgia, commit crimes sur crimes : l'insulte qu'il fit à Cosme de'Gheri, évêque de Fano, mérite une infamie éternelle. Depuis ayant reçu du pape Parme et Plaisance, Pierre Louis y excita des haines furieuses. Le 10 septembre 1547, le comte Anguissola l'assassina de plusieurs coups de poignard. La conjuration était fomentée et soutenue par don Ferrante Gonzaga, gouverneur de Milan pour Charles-Quint. François Sforza II, duc de Milan, était mort en 1535. Son frère naturel, Jean-Paul, espérait obtenir le duché, mais il mourut à Florence de la mort du cardinal Hippolyte. Tant de forfaits devaient avoir leur châtiment. En 1537 Alexandre fut assassiné par Lorenzino de Médicis, son cousin, l'aîné de la branche cadette de cette maison, et qui descendait de Laurent, frère du grand Cosme. Son père, Laurent II dans cette branche, était un de ceux qui, lors de l'expulsion de Pierre II, avaient pris le nom de Popolano. Ce Lorenzino, que, plusieurs auteurs ont prétendu appeler le Brutus toscan, venait d'être désigné par un décret de Charles, comme devant succéder à Alexandre, s'il mourait sans enfants. Les détails de ce meurtre excitent le dégoût et l'horreur. L'assassin s'enfuit à Venise. Le sénat de Florence qui était composé alors de 48 magistrats, proposa de reconnaître pour duc, Jules, fils naturel d'Alexandre; mais François Guicciardini et ses amis demandèrent que l'on choisît Cosme, fils de Jean de Médicis, l'illustre commandant des bandes noires, et le petit-fils d'un autre Jean qui avait pris, comme le père de Lorenzino, le nom de Popolano. Après beaucoup de débats,  de Cosme fut résolue dans le sénat par une grande majorité. L'empereur permit, le 28 février, que Cosme restât duc de Florence, et il révoqua le décret par lequel il avait  au trône Lorenzino et ses descendants. Celui-ci, de Venise, était passé en Turquie, de là en France ; mais revenu à Venise en 1547, malgré la surveillance des Dix, il y fut assassiné par ordre de Cosme son cousin. Dès que Cosme se vit le maître il adopta les anciennes vues de prévision et d'accroissement de la république; il fit fortifier Pise, et désira soumettre Lucques, mais il n'y put réussir. Il tourna ses vues vers la possession de Sienne. Après avoir obéi longtemps à ses  bourgeois qui y avaient établi une aristocratie redoutable, Sienne était réduite à languir sous le despotisme de Pandolfo Petrucci. Charles descendu en Italie, avait nommé chef de la république, Alphonse Piccolomini, arrière-petit-neveu de Pie II. Cosme alors crut découvrir un traité conclu entre les Salvi, conseillers de Piccolomini, et M. de Montluc, chargé des intérêts du roi de France. Le soupçon seul parut une preuve à Cosme. Il ne savait rien de bien précis, mais il était vrai que les Français cherchaient vaguement à renouer des négociations avec l'Italie. L'empereur, sur les rapports de Cosme, envoya à Sienne une garnison espagnole, dont la conduite mécontenta bientôt toute la ville. Aucun pays de l'Italie n'avait persisté autant que Sienne dans l'ancien parti gibelin; mais l'avarice des Espagnols, qui alors représentaient ce parti, aliéna les Siennois, et ils pensèrent sérieusement à aller au-devant d'un traité avec la France (Alexis François Artaud de Montor, Italie histoire et description de tous les peuples, de leurs religions, moeurs, coutumes, industries, etc., 1842 - books.google.fr).

 

Grand Duc

 

Un rescrit impérial du 30 septembre 1537 le reconnut duc légitime. L'opposition ainsi bâillonnée, le danger pour Côme ne pouvait venir que des fuorusciti (bannis). Mais leur petite armée fut défaite le 31 juillet 1537, ses chefs décapités. La consécration pour Côme ne tarda pas à venir. En 1539, Charles Quint lui donne pour épouse la jeune et belle Eleonora, fille du vice-roi de Naples, don Pedro de Tolède. Ainsi entré «dans le cour des Grands», Côme n'aura plus qu'une ambition : être Grand-Duc. Ce titre, qu'aucun prince italien ne porte encore, ne pouvait être concédé que par l'empereur qui le lui refusa en 1569, alors même que le pape Pie V venait de le lui accorder (Pierre Antonetti, Les Médicis, 1997 - books.google.fr).

 

Cosme fut déclaré grand-duc de Toscane, par une bulle du pape Pie V, en date du 27 septembre 1569. Il se rendit à Rome, et fut couronné le 5 mars 1570 : mais il s'écoula encore bien du temps avant que l'empereur et le roi d'Espagne consentissent à reconnaître ce nouveau titre. Cosme le transmit à son fils François. Ainsi cette dignité passa d'héritier en héritier, de siècle en siècle jusqu'à son extinction en 1737, par la mort de Jean-Gaston de Médicis, septième et dernier grand-duc de Toscane (Éphémérides universelles, 1834 - books.google.fr).

 

On remarque que le 27 septembre est la fête de Côme et Damien.

 

Milan et Lucques

 

Charles Quint accepte Cosme Ier pour chef de la république de Florence pour se ménager l'appui du pape dans ses négociations avec la France.

 

François II Sforza rejoignit la ligue de Cognac contre l'empereur avec la république de Venise, la république de Florence, le pape Clément VII et les Français. Il fut rapidement chassé par les forces impériales, mais parvint à se maintenir dans les autres villes du duché, et accéda à nouveau au pouvoir à Milan par la paix du traité de Cambrai en 1529. François, maintenu sur son trône mais devant se plier à l'autorité de Charles Quint, mourut sans héritier direct en 1535 et la question de la succession resurgit. L'empereur et le roi de France réclamèrent le duché, ce qui engendra la huitième guerre d'Italie. L'empereur garda le duché, où il installa son fils Philippe. La possession du duché par l'Espagne fut finalement reconnue par la France lors de la signature du traité du Cateau-Cambrésis en 1559 (fr.wikipedia.org - Duché de Milan).

 

L'empereur reconnut la succession de Cosme, et bannit à perpétuité Lorenzino et ses descendants : Florence et le château de Livourne reçurent des garnisons impériales. Les émigrés florentins ne renoncèrent point cependant à l’espoir de renverser le nouveau duc; ils entrèrent en armes en Toscane, et furent défaits avec une grande perte. Cosme racheta les captifs aux soldats, pour les faire périr (1537). Plusieurs années après, Burlamachi, gonfaIonnier de Lucques, forma le projet de rendre la liberté à toutes les républiques de Toscane : dénoncé au duc de Florence, livré à l’empereur, il fut mis à mort à Milan (1546)

 

"Colonne" : Lépante

 

La création de la marine florentine, par Cosme Ier, laquelle joue un rôle essentiel à la bataille de Lépante (fr.wikipedia.org - Cosme Ier de Toscane).

 

Marc-Antoine Colonna, écrit M. Conforti dans l'excellent ouvrage qu'il a consacré au rôle joué par la noblesse napolitaine en cette grande aventure dont les siècles les plus reculés garderont la mémoire, Marc-Antoine suggéra au Souverain Pontife l'idée d'emprunter au grand-duc Cosme de Florence, grand maître de l'Ordre militaire de Saint-Etienne, les douze galères qui devaient être armées aux frais de la chambre apostolique (Jean Pierre Edmond Jurien de la Gravière, La guerre de Chypre et la bataille de Lépante, Tome 2 : La Bataille de Lépante, 1888 - books.google.fr).

 

La magnifique victoire de Lépante (7 octobre 1571), remportée aux côtés des Espagnols sous la conduite de l'incomparable Don Juan d'Autriche, est due aux galéasses vénitiennes surchargées d'artillerie. C'est une victoire de la technique, de l'intelligence et du courage. Et seule, Venise eût été peut-être capable de remporter la victoire. Etrange borne milliaire, convenez-en que cette victoire avant la déchéance (Fernand Braudel, Venise, 1997 - books.google.fr).

 

Marc Antoine Colonna, fils d'Ascanio et de Jeanne d'Aragon qui eurent des démêlés avec le pape Paul IV, fut le gonfalonier de la flotte papale qui participa à la bataille de Lépante contre les Turcs le 7 octobre 1571.

 

Marc-Antoine grandit, comme son père et son aïeul, au milieu des armes, et servit principalement la cour d'Espagne. En 1555 Paul IV, poussé par son neveu, le cardinal Caraffa, se prononça contre Charles-Quint et les Sforce, ses alliés. De son côté Camille, père du cardinal Marc-Antoine, prit parti pour les Sforce, et attira par là toute la haine du Pape contre les Colonna, toujours dévoués aux empereurs. Camille fut arrêté et emprisonné, et ne recouvra sa liberté qu'en donnant caution et en promettant de ne pas quitter Rome. Ascagne et Marc-Antoine furent, en vertu du précédent jugement, cités à Rome; au lieu de comparaître, ils se mirent à fortifier Palliano, ce qui leur valut une sentence d'excommunication du Pape, en 1556, et la confiscation de leurs biens, partagés entre l'Église et le neveu du Pape, Jean Caraffa, comte de Montorio, qu'il créa en même temps duc de Palliano. Marc-Antoine se réfugia auprès du duc d'Albe, alors vice-roi de Naples, et, lorsque celui-ci entreprit une expédition contre le Pape, Marc-Antoine causa les plus grands dommages à la campagne romaine en assiégeant Palliano et en ravageant tous les environs. La paix ayant été conclue en 1557 entre le Pape et Philippe II, roi de Naples, Marc-Antoine Colonna fut exclu de toute amnistie, malgré l'intervention de l'Espagne, et la question de la restitution de Palliano remise à d'autres temps. Mais à la mort de Paul IV (18 août 1559) Marc-Antoine s'empara de Palliano pendant que les Romains s'élevaient unanimement contre les Caraffa, et déclara qu'il était prêt à répondre de ses actes devant le conclave ou devant le futur Pape. Pie IV, Pape élu, se plaignit à Philippe II, laissa néanmoins Marc-Antoine dans la paisible possession du duché, surtout après que Jean Caraffa eut faussement accusé Marc-Antoine d'avoir essayé de l'assassiner et se fut montré aussi perfide envers le Pape qu'envers le roi de Naples.

 

Peu à peu Marc-Antoine se remit si bien en grâce auprès du souverain Pontife que la nièce du Pape, belle-fille de S. Charles Borromée, fut donnée en mariage à Fabricius, fils de Marc-Antoine. Marc-Antoine, placé à la tête de l'armée du Pape, sous Pie V, fit expier aux Turcs tout le mal qu'il avait jadis fait aux États de l'Église, par l'éclatante part qu'il prit à la bataille de Lépante, le 7 octobre 1571. Le Pape lui avait solennellement confié l'étendard de l'Église dans S.-Pierre et avait reçu son serment. Le peuple romain, à son retour, l'accueillit en triomphe (14 décembre 1571) et lui adressa ses compliments par la bouche de Marc-Antoine Murétus. Nommé vice-roi de Sicile par Philippe II, et appelé plus tard en Espagne au commandement de l'Armada, Marc-Antoine mourut le 5 août 1585, léguant à son fils Fabricius les duchés de Palliano et de Marsi, et la charge de grand-connétable de Naples à son autre fils (Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique rédigé par les plus savants professeurs et docteurs en théologie de l'Allemagne catholique moderne, Tome 5, 1859 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain I, 19 - Lépante - 1571-1572.

 

Colonna alla à Venise pour obtenir son adhésion à la Ligue.

 

Pour Colonna, ce triomphe est l'affirmation publique de sa gloire et de celle de sa famille ; à son nom reste associé le souvenir de la victoire de Lépante. Si, au début, Marcantonio n'a pas souhaité ce «triomphe», il l'utilise et s'attache à préserver la mémoire de l'événement et celle de la reconnaissance publique de sa renommée, dans les lieux mêmes qui lui ont été restitués par le pape, Paliano. Deux pièces de l'appartement princier qui se suivent sont décorées de grotesques, de médaillons et de festons ; c'est dans la plus grande que se trouve le Triomphe. Sur la voûte entre les corniches, quatre scènes rectangulaires évoquent des épisodes se plaçant avant et après l'entrée triomphale : Marcantonio Colonna promeut la Ligue devant le Doge et le Sénat de Venise, les escadres chrétiennes et turques alignées pour l'affrontement, la bataille de Lépante, l'arrivée à Saint-Pierre du triomphateur (Martine Boiteux, Parcours rituels romains à l'époque moderne. In: Cérémonial et rituel à Rome (XVIe-XIXe siècle) Rome : École Française de Rome, 1997 - www.persee.fr).

 

Un pape Colonna

 

Le pape Martin V Colonna était mort le 20 février 1431, soit la veille même de la première séance du procès de Jeanne d'Arc à Rouen. Son népotisme, son affection excessive pour sa famille, ses préférences affichées pour le clan - la clientèle des Colonna - lui avaient causé bien des inimitiés, mais il avait mérité le titre de «pape de la paix» pour ses tentatives, d'ailleurs malheureuses, de rétablir la paix entre les princes chrétiens (Emmanuel Bourassin, L'évêque Cauchon: Coupable ou non coupable ?, 1988 - books.google.fr).

 

"char"

 

Il faut noter que tous les carrousels dont il est question, du XVIe au XVIIIe siècle, dans tous les pays, ne consistent pas seulement en évolutions savantes et variées de cavaliers, comme ceux de nos jours, mais ont un véritable sujet mythologique ou historique qui est développé par des déclamations, des chants et des évolutions de chars et de cavaliers, dans le genre de certaines pièces à grand spectacle de l'ancien hippodrome de la place de l'Alma,  mais avec un tout autre luxe. Les principales de ces fêtes eurent lieu : en 1539, pour le mariage de Cosme Ier de Médicis, duc de Toscane, avec Leonora de Tolède ; en 1565, pour celui de son fils François de Médicis avec la Reine Jeanne d'Autriche ; en 1567, pour le baptème de Léonore, fille de ces derniers ; en 1569, pour la visite de l'archiduc Charles d'Autriche et pour le couronnement à Rome de Cosme Ier comme Grand-Duc de Toscane... (Auguste Rondel, Fêtes de cour et cérémonies publiques, Bibliofilia: rivista di storia del libro e di bibliografia e delle arti grafische di bibliografia ed erudizione, Volume 28, 1926 - books.google.fr).

 

Cosme Ier crée la course de chars à l'antique sur la place de Santa Maria Novella, église des Dominicains, en 1563 (Eugène Müntz, A travers la Toscane, Le Tour du monde, Volume 67, 1894 - books.google.fr).

 

"advance"

 

Gradive. s. m. Gradivus. Terme de Mythologie. Nom que les Anciens donnoient à Mars. Festus dit que ce mot vient de gradiri, marcher, avancer, parce qu'on va à la guerre, au combat gradatim, à pas mesurés & en ordre de bataille. D'autres le tirent du Grec, qui veut dire lancer un dard.

 

Grado. Petite ville, mais bonne, bâtie sur une petite île de même nom, qui est au fond du golfe de Venise, près de l'embouchure du Lisonzo ; & au midi de la ville d'Aquilée. Gradus. Elle a été du Frioul ; mais Baudran assure qu'elle est aujourd'hui du Dogado. Les habitans d'Aquilée fondèrent Grado, après la ruine de leur ville par Attila, & le Patriarche d'Aquilée y fit longtemps sa résidence. Mais Aquilée ayant été rebâtie, & le Patriarche y étant retourné, ceux de Grado en élurent un autre, dont le siège fut transféré à Venise par le Pape Nicolas V, l'an 1451 (Dictionnaire universel françois et latin, Tome 4, 1771 - books.google.fr).

 

En 1451, le titre patriarcal de Grado vint à être supprimé et le diocèse de Castello fut incorporé aux territoires qui devinrent le nouveau patriarcat de Venise. En 1751 le Patriarcat d'Aquilée fut supprimé et Venise demeura l'unique titre patriarcal dans la région (fr.wikipedia.org - Patriarcat de Venise).

 

En 1451 il n'y a pas de Grand Duc à Florence, seulement en 1569.

 

Acrostiche : PQ CL

 

PQ : postquam et CL : classis (flotte) (Abréviations tirées du «Dictionnaire des Abréviations latines et italiennes» de A.Capelli - www.arretetonchar.fr).

 

Les richesses que Michel Cantacuzène avait amassées dans ses divers emplois étaient tellement considérables qu'il avait pu faire don au sultan de quinze galères, après la défaite de la flotte ottomane à Lépante, en 1571. [...] Hic (Michael Cantacuzenus) 15 triremes Sultano donaverat, postquam turcica classis (1571) ad Echinadas insulas profligata esset (Martin Crusius, professeur à l'Université de Tubingue , Turcogræcia, 1584, page 67) (Émile Louis J. Legrand, Recueil de poëmes historiques en grec vulgaire relatifs à la Turquie et aux principautés danubiennes, Tome 5, 1877 - books.google.fr).

 

Une épigramme, qui fut écrite pendant la guerre de Sicile, avait trait aux défaites qu'Auguste avait subies sur mer et à son penchant pour le jeu de dés :

 

Postquam bis classe victus naves perdidit

Aliquando ut vincat, ludit assidue aleam (Clovis Lamarre, Histoire de la littérature latine au temps d'Auguste, Tome 3, 1907 - books.google.fr).

 

Octave Auguste est le vainqueur de la bataille d'Actium sur Marc Antoine, en -31.

 

Change et rente

 

La répétition du verbe changer et l'intervention de trois papes, Pie V, Nicolas V et Martin V, conduisent à considérer les opérations financières auxquelles ces pontifes ont porté attention.

 

L'histoire du capital et de son emploi présente un aspect curieux au chapitre des rentes. La rente est une forme de revenu : ne dissimule-t-elle pas une usure prohibée ? Est-elle un emploi utile, productif et licite ? Sous quelle forme ? Autant de controverses souvent vives où s'exerce l'ingéniosité des docteurs, et qui furent tranchées très lentement et avec beaucoup de distinctions, même longtemps après notre période. Au sujet de cette question ardue, les Papes Martin V, Calixte III, Nicolas V, Pie V, ont promulgué des décrets qui constituent toute une législation économique (Le Mouvement social: Revue catholique internationale, Volume 40, 1895 - books.google.fr).

 

Dans l'Église catholique de la deuxième moitié du XVIe siècle, la doctrine universellement reçue concernant l'usure est de nouveau celle de la fin du Moyen âge, avec les mêmes sources bibliques, patristiques et philosophiques, les mêmes auteurs cent fois cités et répétés. Faut-il dire alors qu'il n'y a rien de nouveau ? Non pas, mais alors nous devons laisser la doctrine pour nous engager sur le terrain de la casuistique. Le problème traité par les docteurs est alors de savoir si, par rapport aux excuses traditionnellement admises (damnum emergens, lucrum cessans), tel ou tel type d'opération tombe ou non sous la condamnation de l'usure. Or, ils se trouvent en face de contrats de plus en plus complexes, dont ils ont parfois quelque peine à débrouiller les fils. Cependant ceux autour desquels tourne essentiellement la discussion peuvent se regrouper en quatre catégories : les contrats de rentes, le triple contrat, les changes et les emprunts publics. Sur les trois premières catégories, l'autorité pontificale essaiera de trancher le débat, mais sans y parvenir. [...]

 

Sur la façon dont la doctrine ecclésiastique de l'usure s'est peu à peu élaborée au Moyen âge, on trouve un excellent exposé dans le Dictionnaire de Théologie Catholique. Au cours des XIIe- XVe siècles, elle atteint son point de perfection. La condamnation de principe est fondée sur un ensemble d'axiomes aristotéliciens («pecunia pecuniam non parit») et de références bibliques (Dt 23, 20-21 ; Ps 15, 5 ; Le 6, 35). Aussi l'intérêt ne peut se justifier que par des titres extrinsèques, tels que le risque encouru («damnum emergens») ou le manque à gagner («lucrum cessans»). Cependant, note M. Le Bras, l'application de cette doctrine «fut adaptée aux nécessités nouvelles des particuliers et des États, puisque les controverses relatives à la société, aux rentes, au change, aux emprunts, se sont terminées par une solution libérale». En revanche l'analyse du péché s'est considérablement affinée, avec tendance à la rigueur. Au total, l'effet de l'enseignement ecclésiastique sur l'usure n'est «ni radical, ni médiocre» : il n'a pas empêché l'accroissement de l'activité bancaire et du volume des affaires, mais il maintient des restrictions collectives (législation et opinion hostiles), et individuelles (devoir de restituer). [...]

 

Les rentes au XVIe siècle ont été l'objet d'une excellente étude de Bernard Schnapper. L'auteur a suivi l'évolution divergente de deux contrats assez proches au départ, le bail à rente et la constitution de rente. Tandis que le premier reste assis sur un bien foncier, terre ou immeuble, dont il est admis qu'il porte fruit, ce qui justifie le paiement d'une rente annuelle, le second ne comporte qu'une clause d'assignation générale sur les biens du preneur (celui qui vend la rente en échange d'un capital). Les clauses de rachat qui s'introduisent progressivement, d'abord en faveur du débiteur, puis en faveur du créancier, achèvent de faire des rentes un moyen à peine déguisé du prêt à intérêt et même, grâce aux «transports» à des tiers, un véritable instrument de crédit. B. Schnapper en note l'apogée à Paris dans les années 1560-1580. En fait ce type de contrat est universellement répandu. Les biens des clercs, des veuves et des orphelins, les dots des épouses et des religieuses, etc. étaient le plus souvent placés sous cette forme. Les papes Martin V en 1425 et Calixte III en 1455 avaient reconnu la légitimité des rentes rachetables, qu'elles soient réelles ou personnelles, pour couper court aux manœuvres des débiteurs qui refusaient de payer.

 

Cependant le véritable caractère de ces contrats ne pouvait pas échapper aux rigoristes. Aussi le pape Pie V, par la constitution Cum onus du 19 janvier 1569, juge-t-il nécessaire «pour répondre aux requêtes des cœurs pieux» de condamner les contrats de rentes qui ne seraient pas assis «sur un bien immeuble, ou qui soit tenu pour immeuble, qui soit productif par nature et qui soit désigné nommément» ; la rente est toujours rachetable par le débiteur, mais le créancier, lui, ne peut pas exiger le rachat ; il ne peut non plus rien prétendre en cas de retard du paiement.

 

Là où on tenta de l'appliquer, la bulle de Pie V causa un gros émoi. Mais pratiquement elle était inapplicable. Elle allait demeurer seulement comme une menace pesant de façon incertaine sur les bénéficiaires de rentes. [...]

 

La nature des changes n'a plus de secret pour nous grâce à l'étude de R. de Roover. Mais il n'en était pas de même au XVIe siècle comme en témoignent ces mots d'un docteur, que cite R. de Roover lui-même : «Matière... embrouillée chaque jour davantage par les subterfuges des marchands et les opinions contradictoires des docteurs.» Parmi ces «subterfuges», il y a le pacte de ricorsa, soigneusement analysé par Giulio Mandich, système de change aller-retour qui justifie, sur une même place, Gênes par exemple, le délai de paiement et l'intérêt qui, dissimulé dans les taux de change, comme l'a montré R. de Roover, est le but réel de l'opération. Un docteur comme Azpicuelta (Navarre) n'est pas dupe, mais incline à admettre l'opération. En revanche les rigoristes ne veulent toujours voir dans le change qu'un transfert réel de monnaie et ils nient que l'intérêt soit inclus dans le calcul même du cours du change.

 

Ce sont les idées de ces derniers que retient Pie V dans sa bulle du 31 janvier 1572 sur les changes : le pape admet seulement les changes réels, conclus au cours du marché tel qu'il est fixé par l'offre et la demande (sans voir que le marché fixe le cours en tenant compte de l'intérêt). Cette bulle va jouir d'une grande autorité auprès des docteurs. Azpicuelta la cite et la commente dans les nouvelles éditions de son Manual en notant que, contrairement à l'opinion des docteurs antérieurs, on ne peut plus, après cette bulle, stipuler au début du contrat de change l'intérêt qu'on pourra réclamer au terme du paiement. Mais il ne retire pas pour autant les arguments favorables aux changes et rechanges qu'il a d'abord apportés. D'ailleurs les doutes subsistent. G. Mandich en donne pour exemple le cas soumis en 1574 au pape Grégoire XIII par l'archevêque de Palermo :: ce type de change, dit-il, «aujourd'hui se fait partout» : il s'agit d'un pacte de ricorsa. Le pape convoque une congrégation spéciale, qui juge que ce change ne doit pas être compris parmi ceux que Pie V a condamnés (Marc Venard, Catholicisme et usure au XVIe siècle. In: Revue d'histoire de l'Église de France, tome 52, n°149, 1966 - www.persee.fr).

 

Comment allait-on pourvoir à toutes ces dures nécessités qui poussaient à l'emprunt, en se passant de l'intérêt ? La chose n'étant pas possible pour des raisons économiques et autres, on essaya de dissimuler le prêt à intérêt sous la  forme de différents contrats, tels que : le mort-gage, c'est-à-dire le contrat de gage, avec une clause spéciale qui autorisait le créancier à s'approprier les fruits de la chose engagée sans les imputer sur le capital de la créance ; les ventes simulées avec faculté de rachat ; les ventes fictives à crédit d'une chose pour un prix excessif ; ou encore les fausses ventes à crédit, avec revente au comptant au même vendeur, à un prix moindre que celui pour lequel la chose avait été vendue, etc. Le plus important de ces contrats était l'achat de rentes, par lequel une personne, appelée acheteur, donnait une somme d'argent à un tiers, appelé vendeur, qui garantissait pour cette somme, sur ses propres biens, une rente. Celle-ci était constituée tantôt sur tous les biens du vendeur, tantôt sur une portion seulement de ces biens, laquelle répondait alors seule à l'acheteur de la rente annuelle. Le tout se passait comme si le bailleur de l'argent avait acheté réellement la propriété de l'immeuble, pour le bailler à cens à celui qui l'avait vendu. La terre étant productive, on ne rencontrait pas dans ce contrat la condition essentielle de l'usure, faire produire de l'argent à l'argent. Aussi les papes Martin V (1425) et Nicolas V (1452) en reconnurent la légitimité (Maurice Weber, Les origines des Monts-de-Piete, 1920 - books.google.fr).

 

Dans la Vénétie, il faut attendre les lendemains de la guerre de Lépante pour enregistrer les premières mesures d'interdiction des rentes en nature, et les années 1590 pour que cette interdiction soit étendue à Feltre ou Padoue, mais non à Venise même. La remarquable résistance des classes aisées des villes éclaire en profondeur l'un des blocages essentiels de l'économie rurale de cette Italie riche densément urbanisée. D'un côté l'égoïsme des cités qui, comme Udine, prétendent que tout allègement des charges pesant sur les paysans entraînera une double réduction, quantitative et qualitative, de la production agricole et des livraisons sur le marché. De l'autre, la réponse des assemblées de paysans qui soutiennent que moins ils devront livrer à leurs créanciers, «plus il leur restera de blé pour eux, donc plus ils sèmeront, donc plus ils récolteront, mais pour vendre plus aux villes ou pour consommer plus eux-mêmes ? (Maurice Aymard, Gigi Corazzol, Fitti e livelli a grano. Un aspetto del credito rurale nel Veneto del' 500. In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 38e année, N. 5, 1983 - www.persee.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2224 sur la date pivot 1570 donne 916.

 

Jean X Cenci, en latin : Ioannes X, est le 122e pape de l'Église catholique de mars 914 à sa mort en mai 928. Candidat des comtes de Tusculum, il tente d'unifier l'Italie, sous la direction de Bérenger Ier de Frioul, et joue un rôle dans la défaite des Sarrasins lors de la bataille du Garigliano. En raison de son influence, sa chute est provoquée par Marozie Ière et Guy de Toscane, qui, pour prendre le pouvoir à Rome, le capturent et le font enfermer au château Saint-Ange où il meurt empoisonné, étouffé ou à la suite de mauvais traitements liés à son enfermement. Son pontificat se déroule durant la période connue en tant que Saeculum obscurum.

 

Depuis que le roi Bérenger a battu et chassé l'empereur romain Louis III l'Aveugle d'Italie en 905, il se révèle pressé d'obtenir la couronne impériale. Jean X, utilise cela comme un levier pour pousser Bérenger en le soutenant et en lui fournissant les troupes de la grande campagne sarrasine. Ainsi, en décembre 915, Bérenger rejoint Rome, et après avoir été accueilli par la famille de Théophylacte, qui l'assurent de leur soutien, il rencontre le pape Jean X à la basilique de Saint-Pierre. Le dimanche 3 décembre, Jean couronne Bérenger en tant qu'empereur romain, tandis que Bérenger, à son tour, confirme les dons antérieurs au Saint-Siège, effectués par les empereurs précédents.

 

Bérenger Ier de Frioul (en latin : Berengarius, Perngarius ; en italien : Berengario ; Cividale del Friuli, 850 - Vérone, 7 avril 924), dit aussi Bérenger Ier d'Italie, est marquis de Frioul (874-924), roi d'Italie (888-915) et empereur d'Occident de 915 à sa mort, par assassinat, le 7 avril 924 (fr.wikipedia.org - Jean X).

 

Louis le Débonnaire confirma d'ailleurs, sous le pontificat de Pascal, les restitutions et donations faites par son père et son aïeul. Cette charte énumère les possessions du Saint-Siège et en constate l'origine. L'empereur reconnaît et confirme d'abord la propriété du duché de Rome, comme appartenant anciennement aux papes. «Pareillement, continue le décret impérial, l'exarchat de Ravenne dans son intégrité, avec les villes, bourgs et châteaux que le roi Pépin et notre père, l'empereur Charles, ont autrefois restitués, par acte de donation, au bienheureux apôtre Pierre et à vos prédécesseurs.» Les pays désignés en ces termes comprenaient : Ravenne et l'Emilie, Bobio, Césène, Forlimpopoli, Forli, Faënza, Imola, Bologne, Ferrare, Comacchio, Adria, Gabel, avec tous les territoires et les îles de terre et de mer appartenant à ces villes. La charte indique encore : la Pentapole, la Sabine, les îles de Corse, de Sardaigne et de Sicile, quelques villes et forteresses du côté de la Toscane, plusieurs villes et patrimoines du côté de la Campanie ; dans cette dernière classe, se trouvent compris : Ivra, Arces, Aquinum, Arpino, Theano et Capoue, les patrimoines de Bénévent et de Salerne, de la Calabre inférieure et supérieure, de Naples. Louis confirme ensuite les pensions et rentes assignées par ses prédécesseurs à l'Eglise de Saint-Pierre sur les duchés de Toscane et de Spolète, «sauf en tout, dit-il, notre domination sur ces mêmes duchés.» Bérenger, couronné empereur par le pape, en 916, après un long interrègne impérial, confirma ce diplôme (G. de La Tour, Du pouvoir temporel du Pape, Revue contemporaine, Tome XLV, 1859 - books.google.fr).

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