La guirlande de Julie ou Alphonse IX de Léon

La guirlande de Julie ou Alphonse IX de Léon

 

X, 47

 

2211-2212

 

De Bourze ville à la dame Guyrlande,

L'on mettra sus par la trahison faicte,

Le grand prelat de Leon par Formande,

Faux pellerins & rauisseurs deffaicte.

 

Julie d’Angennes

 

Jacques Ier d'Angennes, (m. 1562), fils de Charles Ier, seigneur de Rambouillet, Villeneuve, Maintenon, Meslay, La Moutonnière, du Fargis, favori de François Ier, capitaine des gardes de ce prince et de ses trois successeurs, qui remplit d'importantes missions en Allemagne, marié en 1526 à Isabeau Cotereau (m. 1554), héritière de son père, Jean Cot(t)ereau, financier, intendant des Finances, chevalier, seigneur par acquisition de Maintenon, Nogent-le-Roi, Montlouet à Gallardon... Jacques d'Angennes mourut en 1562, laissant douze enfants: neuf fils et trois filles.

 

Nicolas d'Angennes, quatrième fils de Jacques Ier d'Angennes, seigneur de Rambouillet, de la Villeneuve, de la Moutonnière, capitaine des gardes de Charles IX et de Henri III, ambassadeur de Henri III puis d'Henri IV à Rome et en Allemagne, fut aussi gouverneur de Metz et du pays messin, et fut apprécié de Henri IV. Marié à Julienne dame d'Arquenay (m. 1609), unique fille et héritière de Claude seigneur d'Arquenay, vidame du Mans. Ils eurent deux enfants, Charles et Madeleine.

 

Julie d'Angennes, dite l’incomparable Julie (1607-1671), Marquise de Rambouillet et de Pisani, fille de Charles, et épouse du duc de Montausier. Enterrée à Paris au couvent des Carmélites. C'est à elle que fut dédiée la Guirlande de Julie. (fr.wikipedia.org - Famille d'Angennes).

 

Tallemant des Réaux (1619 - 1690) est l'auteur du Lys et parle dans ses Historiettes des extravagances d'une madame de Crapado (Tallemant Des Réaux, Les historiettes, 1862 - archive.org).

 

La Guirlande de Julie est un c√©l√®bre manuscrit po√©tique fran√ßais du XVIIe si√®cle conserv√© √† la Biblioth√®que nationale de France. D'environ 1620 √† 1645, c'est-√†-dire l'√©poque de son apog√©e, le salon de l‚Äôh√ītel de Rambouillet √©tait le lieu de rendez-vous de nombreux gens de lettres, po√®tes et √©crivains, aristocrates et gens c√©l√®bres. L‚Äôun d‚Äôentre eux, Charles de Sainte-Maure, baron de Salles √† l'√©poque, puis baron de Montausier en 1635, √† la mort de son fr√®re a√ģn√©, puis marquis de Montausier en 1644, lorsque la baronnie de Montausier fut √©rig√©e en marquisat, avant de devenir duch√©-pairie en 1664, tomba amoureux de Julie d'Angennes, lorsqu'il la vit la premi√®re fois en 1631. Julie d'Angennes, dite ¬ę l‚Äôincomparable Julie ¬Ľ et aussi ¬ę la divine Julie ¬Ľ ou ¬ę Princesse Julie ¬Ľ, √©tait la fille de Charles d'Angennes et de Catherine de Vivonne, marquis et marquise de Rambouillet. D√©cidant, pour charmer la jeune femme qui √©tait l‚Äôobjet de son admiration et de son culte, de lui offrir un ouvrage surpassant tout ce qui pouvait se voir alors de plus singulier et de plus d√©licat en galanterie, il eut l‚Äôid√©e de demander aux habitu√©s du salon de Catherine de Vivonne, parmi lesquels les gens de lettres et quelques beaux-esprits de ses amis Georges de Scud√©ry, Desmarets de Saint-Sorlin, Conrart, Chapelain, Racan, Tallemant des R√©aux, Robert Arnauld d'Andilly, p√®re et fils, Isaac Arnauld de Corbeville, Arnauld de Briottes, le capitaine Montmor et son cousin, l‚Äôabb√© Habert, Colletet, Claude Malleville, Philippe Habert, le chevalier de M√©r√©, Antoine Godeau, dit le nain de Julie, Pinchesne, peut-√™tre Pierre Corneille et le marquis de Rambouillet, d‚Äô√©crire des po√©sies o√Ļ chaque fleur chanterait les louanges de Julie. Il en r√©sulta un des manuscrits les plus extraordinaires du XVIIe si√®cle et un des points culminants de la soci√©t√© des Pr√©cieuses. Charles de Sainte-Maure commen√ßa, en 1638, √† composer les madrigaux dont l‚Äôensemble devait former tout un livre √† la louange de Julie. Lui-m√™me en composa seize, (fr.wikipedia.org - Guirlande de Julie).

 

Dombes

 

Jean d'Angennes de Poigny, chevalier des ordres du Roi, capitaine de cinquante hommes d'armes, ambassadeur du roi de Navarre en Savoie et en Allemagne, était le huitième fils de Jacques d'Angennes, mari d'Isabeau Cotereau (Revue historique et archéologique du Maine, Volume 14, 1883 - books.google.fr).

 

Le Prince de Dombes, Henri de Bourbon duc de Montpensier (1573 - 1608), avoit dans son arm√©e le Marquis de Co√ęsquen, Jean Bourneuf de Cuss√©, Jean d'Angennes de Poigny, Roch de Sorbiers des Pruneaux, Jean du Mas de Montmartin, Gouverneur de Vitr√©, & de la Courbe de Br√©e, qui s'√©tant jett√© enfuite dans les troupes du Duc de Mercoeur, en re√ßut pour recompenfe le grade de Mar√©chal de camp (Histoire universelle, Tome 8, 1742 - books.google.fr).

 

Environ ce temps, le prince de Dombes √©tant √† Auray d√©couvrit une entreprise sur sa personne par une lettre qui fut trouv√©e sur un religieux cordelier qui allait et venait souvent de Vannes √† Auray et de l'un √† l'autre, ce qui le fit suspect, et √©tant fouill√©, on lui trouve une lettre de quelqu'un du parti du duc de MercŇďur, par laquelle l'on d√©couvrait l'entreprise contre ledit prince. La lettre s'adressait au sieur de Rascol, de L√©on, qui √©tait aupr√®s du prince pour le tuer. Ledit sieur de Rascol (qui se nommait Keraldanet; cette famille , assez puisante dans l'√©v√™ch√© de L√©on, fut √©teinte par sa mort) est aussit√īt appr√©hend√©, et soit qu'il f√Ľt coupable ou non, il eut la t√™te tranch√©e et le moine fut pendu. Cette m√™me ann√©e, si bien me souviens, fut aussi d√©couverte une entreprise sur la ville de Rennes, de laquelle le seigneur de Crapado (qui se nommait Angier de Loh√©ac. Il √©tait d√©put√© de la noblesse des √©tats de Bretagne vers le roi lorsqu'il fut arr√™t√© et jug√© par un conseil de guerre. Il avait √©t√© charg√© de porter au roi les plaintes de la noblesse contre le prince de Dombes). √©tait le chef, qui √©tait de rendre la ville au seigneur de MercŇďur en saisissant la porte de Toussaint. Les troupes de l'union s'avan√ßaient vers Rennes par divers endroits et dans vingt-quatre heures se devait jouer la trag√©die, lorsque quelqu'un d√©couvrit le tout. Le sieur de Crapado est saisi, mis prisonnier, et la chose √©tant av√©r√©e, il fut trouv√© coupable et comme tel condamn√© √† √™tre tra√ģn√© sur une claie, √† la queue d'un cheval, jusques au Champ-Jacquet, et l√† y avoir la t√™te tranch√©e, ce qui fut ex√©cut√©. Et encore que l'offense f√Ľt grande, n√©anmoins plusieurs en eurent compassion de voir tra√ģner un vieillard de quatre-vingts ans, des meilleures familles de France, et qui m√™me touchait de parent√© au seigneur de Dombes, qui assista √† sa mort, auquel il reprocha qu'il le traitait en faquin, quoiqu'il f√Ľt son parent, et ne se plaignait pas tant de mourir que d'√™tre ainsi tra√ģn√© en chemise, pieds et t√™te nus; mais le prince ne s'en √©mut pas pour toute cette remontrance, aussi n'√©tait-il qu'un enfant de vingt ans. Ce qui plongea ce seigneur en ce malheur sur ses vieux jours, ce fut la n√©cessit√©, qui est un mal extr√™me en une personne de condition : voil√† cependant la fin de ce brave seigneur. La condamnation du baron de Crapado, prononc√©e par un conseil de guerre, souleva toute la Bretagne d'indignation; lorsque Henri IV l'apprit, il bl√Ęma hautement ce d√©ni de justice (Moreau, Histoire de ce qui s'est pass√© en Bretagne durant les Guerres de la Ligue, et particuli√®rement dans le dioc√®se de Cornouaille, 1857 - books.google.fr).

 

"Formande" : la Dombe ?

 

On peut voir "Formande" comme une d√©formation de "Formans", rivi√®re qui coule dans la Dombe et se jette dans la Sa√īne √† Tr√©voux, ancienne capitale de la principaut√© des Dombes. Elle passe √† Ars, c√©l√®bre pour son cur√© Vianney, centre religieux qui attirent des p√®lerins. mais ce ne sont pas ceux-ci dont il serait question.

 

Le Formans, affluent de la Sa√īne (Ain), figure sous la forme Folmoda, signal√©e par Quicherat sans indication de provenance, dans une charte du cartulaire d'Ainay d'environ 980 : unum mulnarium quod est super aqua Folmoda volventem (Cart. d'Ainay, publi√© par Aug. Bernard √† la suite du cartulaire de Savigny, n¬į 181). L's de la forme actuelle du nom du Formans n'a rien d'ancien : la carte de Cassini √©crit Froman (sic), et Guigue indique la forme Formoan comme employ√©e au moyen √Ęge (Topogr. hist, du d√™p. de l'Ain, Tr√©voux, 1873) (Antoine Thomas, Les noms de rivi√®res et la d√©clinaison f√©minine d'origine germanique. In: Romania, tome 22 n¬į88, 1893 - www.persee.fr).

 

Léon

 

Au temps de la guirlande de Julie, l'évêque de Saint Pol de Léon depuis 1613 était René de Rieux de la branche de Sourdéac, abbé de Daoulas en 1600, disgracié et démis par Richelieu pour son soutien à Marie de Médicis et mourut rétabli dans son diocèse le 8 mars 1651.

 

Son p√®re √©tait Ren√© de Rieux, seigneur de Sourd√©ac en Gl√©nac, fr√®re de Guy Ier, seigneur de Ch√Ęteauneuf, et petit-fils du mar√©chal de Bretagne, qui naquit en 1558. Il fut √©lev√© parmi les pages de Charles IX et commen√ßa √† porter les armes en 1572. Il √©pousa ensuite Susanne de Saint-Melaine, dame de Bourg-l'Ev√™que et en eut six enfants √©num√©r√©s plus loin. En 1586, il re√ßut de Henri III une compagnie de chevau-l√©gers, et acquit en 1589 l'√ģle d'Ouessant. Il refusa d‚Äôentrer dans la Ligue et se d√©clara pour Henri IV qui le nomma gouverneur de Brest, en survivance de son fr√®re Guy Ier de Ch√Ęteauneuf, et son Lieutenant g√©n√©ral en Bretagne. A partir de 1591, il fit de Brest le boulevard des royaux, repoussa les attaques des Ligueurs, d√©fit plusieurs fois les troupes de Mercoeur, dirigea maintes exp√©ditions, et r√©duisit plusieurs places sous l‚Äôob√©issance du Roi (Dom Morice, Preuves, Tome III, 1551, 1562, 1598, 1635, etc.). En 1592, il est lieutenant-g√©n√©ral dans l'arm√©e du prince de Dombes. Ce fut en reconnaissance de ces services que le Roi lui conf√©ra, le 3 janvier 1597, le collier de ses ordres et √©rigea en Marquisat l‚Äô√ģle d‚ÄôOuessant. Sourd√©ac suivit Henri IV en 1600 √† la conqu√™te de la Savoie, et √©crivit des M√©moires, qui depuis ont √©t√© √©gar√©s. Il perdit sa femme en 1616, et mourut lui-m√™me le 4 d√©cembre 1628, √† Ass√©, dans le Maine.

 

Jean de Rieux, de la branche d'Ass√©rac, fils de Jean et de Philippe de Saint-Amadour, marquis d'Ass√©rac, v√©cut sans alliance. En 1589, il resta fid√®le au Roi, et surprit la ville d'Auray ; en 1590, il fut bless√© au si√®ge d'Hennebont ; en 1591, il se laissa gagner par Mercoeur ; en 1592, il trempa dans un complot qui co√Ľta peu apr√®s la vie au baron de Crapado. Il revint au service du roi sur la fin de 1594, et mourut l‚Äôann√©e suivante (Dom Morice, Preuves Tome III, 1703, 1711, 1728, 1732). (www.infobretagne.com - Seigneurs de Rieux, glenac.blogspot.com).

 

L'évêque de Léon de 1563 à 1613, à l'époque de la Ligue, est Roland de Neufville (né vers 1530, mort à Rennes le 5 février 1613). (fr.wikipedia.org - Roland de Neufville).

 

Le 12 février 1591, à Nantes, ont donc lieu les premiers états ligueurs de Bretagne. Roland de Neufville et Charles du Liscoet y assistent, ce qui prouve qu'à cette date ils sont ligueurs. C'est d'ailleurs à cette occasion que Neufville prête le serment d'Union19. On peut noter que Du Liscoet était président de l'assemblée pour le clergé, et ce n'est pas la dernière fois qu'il l'est. Cela montre un investissement certain de cet évêque pour la cause de la Ligue. Cette thèse est étayée par une lettre en latin datée du 28 mai 1591 écrite au roi catholique (Philippe II d'Espagne) alors que Du Liscoet séjourne à Nantes pour les états. Il remercie le roi d'Espagne pour son secours destiné à la religion (Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Volume 135, 2006 - books.google.fr).

 

"Bourze ville" : Beuzeville ?

 

La succession de Fran√ßoise de Pommereuil, veuve de Jacques d'Angennes (branche de Maintenon), chevalier, seigneur de Marville, √©chut √† Guy-C√©sar de La Luzerne, marquis de Beuzeville, seigneur du Moulin-Chapel (mort en 1736), √† cause de Fran√ßoise-Madeleine de Pommereuil, sa femme, l√©gataire de ladite dame de Marville et cessionnaire des droits de Henri de Pommereuil, son p√®re (1696) (S√©rie E: archives de l'Ancien R√©gime : familles, seigneuries et communaut√©s la√Įques, notaires, Volume 1, 1997 - books.google.fr).

 

Moisant, ami de Montausier et de Julie d'Angennes, fr√©quente les salons de Caen o√Ļ il c√ītoie Mademoiselle de la Luzerne, surnomm√©e Sylvie (Le Calvados des √©crivains, 2013 - books.google.fr).

 

"Faux pèlerins"

 

Cependant une tr√™ve de trois mois avait √©t√© sign√©e en 1593 entre le roi et les chefs de la Ligue; mais le duc de MercŇďur, agissant en souverain, n'en avait pas moins poursuivi les hostilit√©s. Les Espagnols, qui commen√ßaient √† le g√™ner plus qu'ils ne l'aidaient, s'√©taient, de leur c√īt√©, install√©s en ma√ģtres dans leurs fortifications du Blavet et de Crozon. D'autre part, les Anglais r√©clamaient Brest du roi, pour prix de leurs secours. Enfin, comme aux plus mauvais jours de la guerre des Montfort, une foule de gentilshommes s'√©taient faits brigands sous le nom de Ligueurs, et ravageaient la basse Bretagne √† la t√™te de leurs bandes mercenaires; - tandis que les paysans, las de faire en vain, nuit et jour, des p√®lerinages pour la paix √† Notre-Dame de Bon-Secours et √† toutes les Notre-Dame des huit √©v√™ch√©s, - soulev√©s √† la fin pour la d√©fense de leurs chaumi√®res et de leurs moissons, se ruaient tout √† la fois sur les deux partis, √©gorgeant d'une main les ligueurs et de l'autre les royalistes. Tel √©tait l'√©tat de la Bretagne et surtout de la Cornouaille (Pitre-Chevalier, La Bretagne ancienne depuis ses origines jusqu√† son r√©union a la France, 1859 - books.google.fr).

 

Puisqu'il est question d'Espagnols en Bretagne, notons la vogue du roman picaresque en France au XVIIème siècle.

 

Chapelain (1595 - 1674), qui participe à la guirlande de Julie, traduisit, de l'espagnol en français, la Vie de Guzman d'Alfarache, roman de Mathéo Aleman, employé sous Philippe II à la cour des Comptes de Madrid (René Kerviler, Jean Chapelain, Revue de Bretagne et de Vendée, 1875 - books.google.fr).

 

Le chemin d'épreuves que suit le vil personnage livresque radicalement non sanctifié (et fondamentalement nomade) du picaro, dont le type s'affirme dans la littérature narrative espagnole au cap du XVIIe siècle, reste toujours pénible et inachevé, parcouru dans la pauvreté, donnant lieu à de nombreuses avanies et humiliations. Escroc du pèlerinage à l'occasion, le picaro souffre sur de mauvaises routes qui sont bien souvent celles-là mêmes qu'empruntent les pèlerins authentiques. Toutefois ses voies paraissent imprévisibles et aléatoires, étant choisies au gré de rencontres et autres bonnes ou mauvaises opportunités  (Jacques Berchtold, Les prisons du roman: XVIIe-XVIIIe siècle : lectures plurielles et intertextuelles de "Guzman d'Alfarache" à "Jacques le fataliste", 2000 - books.google.fr).

 

Avec le Lazarillo de Tormes, un autre roman picaresque c√©l√®bre - Guzman de Alfarache de Mateo Aleman - a √©galement connu en France un grand succ√®s. Les motifs du voyage, des rencontres de grand chemin, l'importance accord√©e aux conditions mat√©rielles de la vie sont les √©l√©ments principaux du genre picaresque qui seront repris dans les romans fran√ßais. Le Page disgraci√© de Tristan l'Hermite (1643) et surtout L'Histoire comique de Francion de Charles Sorel (1623-1633) s'inspirent du roman picaresque espagnol aussi bien dans le choix des motifs et des √©pisodes, que dans leur composition narration pseudo-autobiographique, pour employer la terminologie de Genette). La mode du picaresque dure au XVIIIe si√®cle, l'exemple le plus c√©l√®bre de l'influence espagnole est L'Histoire de Gil Blas de Santillane (1715-1735) de Lesage. Outre son inspiration picaresque, l'Ňďuvre est √©galement marqu√©e par la situation sociale : le cadre espagnol choisi par Lesage cache la r√©alit√© fran√ßaise contemporaine. Comme tant d'autres romans du si√®cle des Lumi√®res, L'Histoire de Gil Blas pr√©sente l'ascension sociale du h√©ros qui raconte sa vie depuis ses premiers contacts avec le monde jusqu'√† sa vieillesse (Alicja Rychlewska-Delimat, Figaro et ses semblables: essai sur quelques valets c√©l√®bres de la litt√©rature fran√ßaise du XVII√© et du XVIII√© si√®cle, 2005 - books.google.fr).

 

Jansénisme

 

Le jansénisme s'inspire de saint Augustin. Jansénius appellera son traité l'Augustinus qui sera publié en 1641 en France.

 

Mathilde de Garlande, parfois dite aussi Mahaut de Garlande, morte le 16 mars 1224, dame de Verneuil (Eure), est une femme de la grande noblesse, proche des familles royales française et anglaise. Elle fonde en 1204 un prieuré qui deviendra l'abbaye de Port-Royal des Champs futur haut lieu du jansénisme français (fr.wikipedia.org - Mathilde de Garlande).

 

La d√©marche de la confession intime, mode de discours personnel auquel recourt le picaro, appelle immanquablement la r√©f√©rence au mod√®le augustinien. Il est remarquable que saint Augustin, tout entier d√©cid√© √† encourager le cheminement p√©nible mais droit et r√©mun√©rateur des marcheurs en Christ, n'√©voque lapidairement l'autre itin√©raire torve (celui de l'insucc√®s, de la chute dans le pi√®ge victorieux) que pour le r√©cuser et le d√©noncer. C'est donc en adoptant un parti inverse que le roman picaresque alemanien, bien loin de l'√©luder, s'attarde tout au contraire √† exposer un tel itin√©raire d'erreurs et de d√©ch√©ance ! Tout se passe comme si cette d√©marche discursive explorant ¬ęde l'int√©rieur¬Ľ la voie emprunt√©e par le picaro correspondait √† une contre-exp√©rience morale et litt√©raire: partant des m√™mes pr√©misses et du m√™me souci du Salut, le choix alemanien ob√©irait au dessein d'illustrer, par contre-hypoth√®se, le contre-r√©sultat navrant auquel aurait conduit le sc√©nario d'√©chec (si rapidement envisag√© par saint Augustin), dans le pire des cas o√Ļ il y aurait effectivement parcours sur la mauvaise route, si les conditions rassurantes du salut chr√©tien n'√©taient (provisoirement !) pas remplies (Jacques Berchtold, Les prisons du roman: XVIIe-XVIIIe si√®cle : lectures plurielles et intertextuelles de "Guzman d'Alfarache" √† "Jacques le fataliste", 2000 - books.google.fr).

 

La s√©lection s'√©tend loin au-del√† du groupe restreint des Solitaires: on trouve dans le Recueil des auteurs aussi diff√©rents que Segrais, l'abb√© Jacques Testu de Belleval, Des Barreaux, l'abb√© Jacques Cassagne, l'abb√© Cotin, Malleville, et m√™me Pierre Patrix; les Messieurs ont jug√© n√©cessaire d'ajouter un avertissement aux po√®mes de ce dernier [...]. Bien qu'on en reste ici √† des supputations, ce choix composite trahit peut-√™tre la place prise in extremis par Arnauld d'Andilly dans la r√©alisation du Recueil. Beaucoup des auteurs repr√©sent√©s, n√©s aux alentours du d√©but du si√®cle, ont fait partie du cercle de Conrart et de la premi√®re Acad√©mie; ce sont souvent les m√™mes qui fr√©quent√®rent jadis l'h√ītel de Rambouillet et particip√®rent √† la Guirlande de Julie; on trouve ainsi des vers de Gombauld, Habert de Cerisy, Claude de l'Estoile et Conrart, po√®tes que d'Andilly avait d√Ľ croiser jadis √† de nombreuses reprises. Le charme Louis XIII qui se d√©gage de tant de pages de l'anthologie devait donner, d√®s l'√©poque de sa publication, un aspect un peu d√©suet √† certaines parties de l'ouvrage. Le lecteur du Recueil rencontre √©galement des noms beaucoup plus inattendus dans une Ňďuvre √©manant de Port-Royal, comme ces tirades enflamm√©es de Corneille et de Racine : quatre ans seulement apr√®s le Trait√© de la Com√©die, on s'√©tonne de trouver ici les grandes sc√®nes de Polyeucte et d'Andromaque. Racine aurait-il lui-m√™me particip√© au choix des pi√®ces ? C'est ce que laisse entendre Brienne dans ses M√©moires, et cela expliquerait la pr√©sence de ces morceaux choisis de son th√©√Ętre ; sa collaboration a longtemps paru improbable aux chercheurs parce qu'on le croyait brouill√© √† cette √©poque avec ses anciens ma√ģtres, mais une d√©couverte r√©cente de Jean Mesnard tend √† montrer que les liens n'ont jamais √©t√© compl√®tement rompus, malgr√© les ¬ęexcommunications sur excommunications ¬Ľ re√ßues par le jeune dramaturge. Le document exhum√© par le critique peut fort bien dater de l'√©poque du Recueil et rendre vraisemblable la contribution de Racine √† l'anthologie. Nous n'avons pas nomm√© tous les auteurs: il faudrait encore citer, entre autres, Charles Beys, Jean de Lingendes, ou le marquis de Beuzeville (Tony Gheeraert, Le chant de la gr√Ęce: Port-Royal et la po√©sie d'Arnauld d'Andilly √† Racine, 2003 - books.google.fr).

 

Autre Bourze

 

L‚Äôabb√© Amable de Bourzeis (plus loin ¬ęBourzes¬Ľ) (1606-1672), membre de l‚ÄôAcad√©mie fran√ßaise, jans√©niste, r√©digea plusieurs des Ňďuvres de Richelieu, selon Pellisson ; il √©tait l‚Äôun des √©diteurs, √† titre posthume, du trait√© antiprotestant du cardinal intitul√© La M√©thode la plus facile et assur√©e de convertir ceux qui sont s√©par√©s de l‚Äô√Čglise [1651] et en avait assur√© la mise en forme ; voir le Dictionnaire des journalistes (1600-1789) (Montesquieu, Pens√©es, volume III - www.unicaen.fr).

 

Amable de Bourzeis, n√© le 6 avril 1606 √† Volvic (Puy-de-D√īme) et mort le 2 ao√Ľt 1672 √† Paris, √† l'√Ęge de 66 ans, est un homme d'√Čglise, homme de lettres et th√©ologien fran√ßais, fils de Jean-Charles de Bourzeis, seigneur de la Ribbe. S'√©tant fait conna√ģtre par ses √©crits jans√©nistes, il se r√©tracte lors de la publication de la bulle d'Innocent X, Cum occasione, en 1653, et signe le formulaire d'Alexandre VII en 1661 (fr.wikipedia.org - Amable de Bourzeis).

 

Bourzeis √©tait un proche de Chapelain qui avait √©t√© au cŇďur de la ¬ęquerelle des Suppositi¬Ľ lors de laquelle il avait d√©fendu la pure com√©die de l'Arioste contre les m√©andres ambigus de la com√©die espagnole, pour laquelle Julie d'Angennes, la fille de la marquise de Rambouillet, avait exprim√© sa pr√©f√©rence (Moli√®re, Oeuvres compl√®tes, Tome 1, 2010 - books.google.fr).

 

Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet, mari de Catherine de Vivonne et père de la divine Julie, duchesse de Montausier, avait été ambassadeur de France en Espagne (Emile de Molènes, L'Espagne du quatrième centenaire de la découverte du Nouveau-Monde: exposition historique de Madrid, 1892-1893, 1894 - books.google.fr).

 

Le mot Burges (burzes, burgues) existe bien en ancien espagnol, mais le mot n'est plus attest√© dans la P√©ninsule d√®s la premi√®re moiti√© du XVe si√®cle. Toutes les attestations datant du XVIe et du XVIIe si√®cle proviennent d'auteurs¬† ¬ęflamencos¬Ľ et espagnols ayant r√©sid√© dans les Pays-Bas ou ayant des contacts avec ces r√©gions. Dans l'espagnol p√©ninsulaire le lex√©me ne r√©appara√ģt qu'au d√©but du XVIIIe si√®cle, comme emprunt direct au fran√ßais de France suite √† l'av√®nement des Bourbons. Nous renvoyons au t√©moignage du Diccionario de Autoridades : ¬ę Burges : El vecino o natural de alguna villa o ciudad. Es voz tomada y de poco tiempo aca introducida del franc√©s Bourgeois, que significa esto mismo (...)¬Ľ (T. 1. 1726) (Gilles Luquet, Actualit√©s de la recherche en linguistique hispanique: actes du IVe colloque de linguistique hispanique, Limoges, 30 et 31 mars 1990, 1992 - books.google.fr).

 

On trouve le mot "burzeis" dans une charte dans les Chroniques de Saint-Martial de Limoges, comme maison basse (?) : "unam domum qualem alius burzeis de illa villa" (Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1846 - archive.org).

 

"ville"

 

Le p√®re de Bourzeis ne portait pas de particule et √©tait bourgeois de Riom. Emmen√© √† Rome √† l'√Ęge de 17 ans par le P. Arnoulx, son parent, qui fut depuis confesseur de Louis XIII, il fit la traduction en vers grecs du po√®me de partu Virginis, du pape Urbain VIII, qui lui m√©rita un prieur√© en Bretagne (P. G. Aigueperse, Biographie des Grands Hommes de l'Auvergne, 1834 - books.google.fr).

 

Chapelain admire les Suppositi de l'Arioste, et Voiture leur reproche obsc√©nit√©s et fautes de go√Ľt. Aussit√īt, Conrart Arnauld, Chavaroche prennent le parti de Chapelain et, naturellement, Julie et Pisani d√©fendent l'opinion de Voiture. (Antoine Adam, L'√©poque d'Henri IV et de Louis XIII, Volume 1 de Histoire de la litt√©rature fran√ßaise au XVIIe si√®cle, 1962 - books.google.fr).

 

Voiture fut presque le premier bourgeois qui s'introduisit dans la haute société; on a des lettres de lui à Julie d'Angennes. Naturellement fat, il voulut baiser le bras de Julie, de laquelle il fut vivement repoussé (François-René vicomte de Chateaubriand,   Oeuvres complètes, 1856 - books.google.fr).

 

Tallemant des Réaux était aussi bourgeois, mauvaise langue, dans les pittoresques récits qu'il nous a laissés, ne s'est jamais départi de la reconnaissance qu'il devait à la famille de Rambouillet pour son accueil bienveillant (Le Correspondant, Volume 135, 1884 - books.google.fr).

 

"ravisseurs" : enlèvements

 

Le 14 mars 1589 Rennes est livr√©e √† MercŇďur, mais reprise par les royaux le 5 avril. Les hostilit√©s commencent ouvertement et bient√īt ce ne sont partout que ¬ę volleries, bruslements. violences, prises et enl√®vements d'hommes. ¬Ľ

 

Les habitations des royalistes sont particuli√®rement menac√©es. MercŇďur se venge. La maison de la Chesnardi√®re, pr√®s Foug√®res, au pr√©sident Harpin de Marign√©, l'un des auteurs de la reprise de Rennes, est pill√©e, et MercŇďur en donne la jouissance au capitaine Marin qui commande √† Foug√®res.

 

Henri III ne voit plus qu'un parti √† prendre : s'allier au roi de Navarre. Il r√©voque en m√™me temps son beau-fr√®re et le destitue de ses fonctions de gouverneur le 18 avril 1589. Cinq jours plus t√īt le Parlement de Rennes avait mis MercŇďur hors-la-loi. Devenu sujet rebelle il franchit le Rubicon et se jette dans la guerre. (Michel De Mauny, L'Ancien comt√© de Rennes ou pays de Rennes, 1974 - books.google.fr, Arthur de La Borderien, Histoire de Bretagne, Tome 5, 1975 - books.google.fr).

 

Mercoeur procède à des enlèvements : le comte de Soissons qui s'évade en juin ; le premier président au parlement de Bretagne Faucon de Ris en mars 1589 ; le marquis de la Roche.

 

Le duc de MercŇďur rentra en triomphe √† Nantes, amenant lui-m√™me Soissons prisonnier, et il le fit enfermer au ch√Ęteau, o√Ļ le prince alla rejoindre le marquis de la Roche et Faucon de Ris (Arthur de La Borderien, Histoire de Bretagne, Tome 5, 1975 - books.google.fr, Emmanuel Buron, Bruno M√©niel, Le duc de Mercoeur, 1558-1602: les armes et les lettres, 2009 - books.google.fr).

 

Acrostiche : DL LF

 

LF : laudibilis foemina (Abr√©viations tir√©es du ¬ęDictionnaire des Abr√©viations latines et italiennes¬Ľ de A.Capelli - www.arretetonchar.fr).

 

Haec femina laudabilis et honorata meritis, ut sanctis pollet moribus, triumphat sic cum angelis (Cette femme digne de louange et chargée de mérites, à cause de sa sainte vie, triomphe avec les anges) (Répertoire grégorien, Hymnus, Haec femina laudabilis - gregorien.info).

 

Hec femina laudabilis meritisque honorabilis Rictrudis egregia divina providentia pervenit in Galliam (Rictrude, cette femme digne de louanges et honorable par ses mérites, choisie par la divine providence, arriva en Gaule) (RICTRUDIS ms. Valenciennes, BM 516, XIIe siècle, Répons Hec femina, Verset Preclaris orta - www.opera-lille.fr).

 

Ie dy cecy d'autant que feu Monsieur de Poigny des les quatre & cinq ; ans (ie le puis ainsi asseurer) donna de grandes esperances de la vertu , qui depuis parut en luy : Ce que i'atrib√ľe premierement √† la noble & vertueuse famille , dont il estoit issu, attendu que laudabilis vena seruat originem, & fideliter posteris tradit, quae in se gloriosa transmissione promeruit. Or il n'y a celuy qui ne sache qu'elle est la maison d'Angennes qu'auiour-d'huy nous appellons de Rambo√ľillet, & combien elle a produict √† la France de vertueux Seigneurs & braues Capitaines, qui pour leur prouesse & fidelit√© se sont acquis aux armes & aux conseils des Rois, vne gloire qui sera pour iamais victoriese le sur la mort & le temps (Claude de Morenne, Oraisons funebres et tombeaux: dedi√© a Monsieur de Villeroy secretaire d'Estat, auecques les cantiques, quatrains, & autres po√ęmes, tant fran√ßois que latins du mesme autheur, 1605 - books.google.fr, Claude-Pierre Goujet, Biblioth√®que fran√ßoise ou Histoire de la litt√©rature fran√ßoise, Tome 14, 1752 - books.google.fr).

 

Jean d'Angennes, h√©rita de 500 arpents de bois au-dessus de l'√©tang de la Villeneuve, de Besni√®res, d'Orcemont, de 50 arpents √† la Droue, et, en 1592, de Grenonvilliers, Grange-Colombe et le P√Ętis; mais, par un √©change, il devint ch√Ętelain de Poigny et fut la tige des marquis de Poigny. [...] Jean d'Angennes, le huiti√®me fils de Jacques Ier d'Angennes, fondateur du marquisat de Poigny, mourut en 1593. Il avait eu un r√īle dans les affaires publiques comme ambassadeur aupr√®s du pape (1585); aupr√®s de Charles-Emmanuel, duc de Savoie (1588); puis en Allemagne. En revenant de Savoie vers Henri III, les Ligueurs l'arr√™t√®rent √† Lyon. Il avait √©pous√© Madeleine Thierry, dame de Boisoreau et de Pont-Royant (J. Maillard, Histoire de Rambouillet, de son ch√Ęteau et des lieux remarquables de sa for√™t, 1891 - books.google.fr).

 

GARLANDE. Or, √† deux fasces de gueules. La plupart des membres de cette famille portent un lion sur leur √©cu (Sceaux, n¬į 2259 √† 2269). Seul, Guillaume de Garlande porte sur son sceau en 1212 un parti sem√© de fleurs de lis et de deux fasces. En 1204, Philippe-Auguste c√©dant √† Amicie de Leicestre, comtesse de Montfort, la ch√Ętellenie de St-L√©ger en Iveline, se r√©serve l'hommage du fief de Guill. de Garlande, qui doit etre Poigny [ou Auffargis] dont l'hommage √©tait port√© directement au roi. ‚Äď 1230. Marie de Garlande poss√©dait un fief √† S√©nicourt (M√©moires, Volume 5, Soci√©t√© arch√©ologique de Rambouillet, 1881 - books.google.fr).

 

Poigny et Auffargis sont à proximité de Rambouillet.

 

DL : De Libello (Denis I Godefroy, Auctores latinae linguae in unum redacti corpus, 1585 - books.google.fr).

 

Un libellus est un cahier ou un carnet ou un petit livre (Jacques Chomarat, Mots et croyances: Présences du latin, II, 1995 - books.google.fr).

 

Cf. Gaffiot.

 

Rien ne repr√©sente mieux les go√Ľts de l'h√ītel de Rambouillet que la c√©l√®bre Guirlande de Julie pr√©sent√©e √† Mlle de Rambouillet le premier janvier 1641 par le duc de Montausier, qu'elle √©pousa plus tard. C'√©tait un cahier en v√©lin d'une centaine de feuillets, contenant, un par feuillet, vingt-neuf fleurs peintes et soixante et un madrigaux, adress√©s √† Julie par autant de fleurs qui c√©l√®brent ses vertus et ses charmes, les sentiments qu'elle inspire, le d√©sespoir que causent ses froideurs, tout ce que peut, en un mot, inspirer √† des po√®tes de salon, plus ou moins en veine, le d√©sir ou l'obligation de plaire √† une femme universellement admir√©e et aim√©e (Delphine Duval, Petite histoire de la litt√©rature fran√ßaise depuis les origines jusqu'√† nos jours, 1892 - books.google.fr, G. Bourassa, L'h√ītel de Rambouillet, Revue Canadienne, Volume 33, 1897 - books.google.fr).

 

La Ligue et le genre picaresque

 

Les mauvaises d√©fenses de la ville de Bar sur Seine comme du ch√Ęteau et la division en deux partis rivaux d'un grand nombre expliquent sans aucun doute les diff√©rentes prises et reprises que connut la ville au cours des guerres de la Ligue et dont se lamentait Jacques Carorguy . Passant alternativement du parti ligueur au parti royal, chaque gouverneur chercha, √† sa mani√®re, √† renforcer les d√©fenses de la ville et du ch√Ęteau, inadapt√©es √† ce type de guerre. Mais ces travaux √©taient co√Ľteux et pesaient terriblement sur les populations du comt√©. Le t√©moignage de Jacques Carorguy est important encore en ce sens. Il nous laisse entrevoir comment une petite ville pouvait r√©agir face aux entreprises ennemies, dans un style d'√©criture vari√©, pouvant se laisser aller √† de douloureuses complaintes, mais √©gaillant ailleurs le texte de passages ironiques sinon satiriques, ou de r√©cits v√©ritablement picaresques, tel celui de la prise du ch√Ęteau par le sieur de Praslin, le 30 avril 1591 (Jacky Provence, Recueil des choses les plus m√©morables advenues dans le royaume de France (1582-1595) par Jacques Carorguy : √Čdition du manuscrit 2426 de la M√©diath√®que de l'Agglom√©ration Troyenne, 2011 - books.google.fr).

 

Les Ňďuvres espagnoles, au XVIe si√®cle, se r√©pandaient dans toute l'Europe. Il est difficile de trouver un assemblage de plus grands noms et de plus grandes choses. C'√©tait le spectacle offert √† la France d'une civilisation dans son complet d√©veloppement : la grandeur litt√©raire se joignait √† la grandeur politique; les circonstances devaient d√©terminer peu √† peu l'introduction de l'influence espagnole sur la litt√©rature fran√ßaise. Il faut remarquer que, bien avant le commencement du XVIIe si√®cle, il y avait eu quelques ouvrages traduits. La captivit√© de Fran√ßois Ier avait produit ce mouvement; l'esprit chevaleresque de sa cour s'√©tait plu aux r√©cits romanesques d'Amadis de Gaule. Ce po√®me avait √©t√© d√©j√† traduit en 1540. Plus tard, en 1560, on put conna√ģtre en France Lazarille de Torm√®s, roman picaresque d'Hurtado de Mendoza. Ce fut la ligue surtout qui d√©veloppa la pr√©pond√©rance politique de l'Espagne en France, et pr√©para son influence litt√©raire ; par la ligue s'op√©ra ce m√©lange des deux peuples, o√Ļ le plus faible en apparence vainquit le plus fort. ¬ęC'est l'Espagne, dit justement M. de Puibusque (Histoire compar√©e des litt√©ratures espagnole et fran√ßaise), qui va pr√©sider les √©tats-g√©n√©raux dans la personne de ses ambassadeurs ; le duc de Feria, don Diego d'Ibarra et Mendoza prennent place sur les plus hauts si√®ges, et leurs gardes veillent aux portes. Mayenne, qui se flatte d'√™tre l'alli√© de Philippe, n'en est que le lieutenant; le conseil souverain des seize ne repr√©sente qu'une junte provinciale... De quelque c√īt√© que l'on tourne les yeux, sur les remparts et dans les rues de Paris, on n'aper√ßoit que des Fran√ßais espagnolis√©s. Le langage, le costume, les mŇďurs, tout a chang√© en m√™me temps.¬Ľ Des pr√™tres pr√™ch√®rent m√™me, en langue espagnole, pour la sainte union : la satire M√©nipp√©e a laiss√© le tableau railleur de tous ces envahissemens ; elle est elle-m√™me la preuve, cependant, de l'heureuse r√©sistance que devait opposer l'esprit fran√ßais au pouvoir √©tranger. L'av√®nement d'Henri IV, qui √©tait un si rude √©chec √† l'ambition de Philippe II, n'√©carta pas l'influence espagnole, mais il la repoussa, pour ainsi dire, du domaine politique. Ce r√īle de domination qu'avait usurp√© la P√©ninsule √©tait fini ; Henri IV pr√©parait Richelieu, qui devait abattre la maison d'Autriche (CH. de MA., Critique litt√©raire) (Revue de Paris, 1844 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2212 sur la date pivot 1641 donne 1070.

 

La maison d'Angennes eut pour berceau la terre de son nom, située en Normandie, dans la paroisse de Brezolles, au pays de Thimerais (Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, Tome 23, 1866 - books.google.fr).

 

L'existence d√®s le onzi√®me si√®cle d'un ch√Ęteau √† Angennes semble attest√©e par la pr√©sence comme t√©moin de plusieurs chartes d'un certain Gaultier d'Angennes (vers 1070) auquel semblent avoir succ√©d√© Rainier puis Gilebert d'Angennes au cours de la premi√®re moiti√© du si√®cle suivant (Rapha√ęl Pinault, Rambouillet : de la grande √† la petite histoire, 1990 - books.google.fr).

 

Le premier seigneur connu de Brezolles fut Ingulphe Ribaud qui fonda l'église primitive et mourut vers 1050. Son fils Albert lui succéda de 1050 à 1072 et donna l'église aux moines de l'abbaye de Saint-Père de Chartres. En 1070, les moines construisirent l'étang sur des terres qu'ils achetèrent au chevalier Gauthier d'Angennes (fr.wikipedia.org - Brezolles).

 

Autrement

 

Royaume de Léon

 

LEON (royaume de), une des quinze grandes divisions anciennes de l'Espagne, √©tait born√© au N. par les Asturies, √† l'E. et au S. E. par la Vieille-Castille, au S. par l'Estramadure, √† l'O. par la Galice et le Portugal. Ce pays √©t√°it jadis habit√© par les Vettones; apr√®s avoir ob√©i aux Romains, aux Visigoths, aux Mores, il fut enlev√© √† ces derniers par les rois d'Ovi√©do ou des Asturies, successeurs de P√©lage. En 913, Ordogno II forma, sous le nom de royaume de L√©on-et-Asturies, un royaume qui, outre ces deux provinces, comprenait la Galice, et √©tendait sa suzerainet√© sur les provinces basques et m√™me en partie sur le comt√© de Castille. Neuf princes se succ√©d√®rent sur le tr√īne apr√®s Ordogno II. Mais Bermude III ayant p√©ri en 1037, dans un combat contre Ferdinand Ier, roi de Castille, celui-ci r√©unit le royaume de L√©on √† la couronne de Castille. Apr√®s la mort de Ferdinand ler (1065), le royaume de L√©on fut d√©tach√© de la Castille en faveur d'Alphonse VI, troisi√®me fils de ce prince; mais en 1071, Sanche II, le Fort, fr√®re ain√© d'Alphonse VI, et qui r√©guait en Castille, d√©poss√©da son fr√®re; toutefois Alphonse VI reconquit le royaume de L√©on l'ann√©e suivante, et de plus enleva la Castille √† Sanche: les deux royaumes furent alors de nouveau r√©unis. Apr√®s la mort d'Alphonse VIII, roi de Castille-et-L√©on (1157), le royaume de L√©on fut une seconde fois d√©tach√© de la Castille. Ferdinand II et Alphonse IX y r√©gn√®rent successivement; mais Ferdinand III, fils d'Alphonse IX, qui du chef de sa m√®re √©tait d√©j√† devenu roi de Castille en 1217, devint aussi roi de L√©on apr√®s la mort de son p√®re, 1230. Le nom de royaume de L√©on disparut alors pour faire place √† celui de royaume de Castille, bien que ce f√Ľt la branche de L√©on qui r√©gnait en Castille (Dictionnaire universel et classique d'histoire et de g√©ographie, Tome 2, 1853 - books.google.fr).

 

"Bourze ville" et "Formande"

 

Il s'agirait de Boseville et Formande soit, selon la Nouvelle guide des chemins (1583), de Boadilla del Camino et de Fromista, deux villes proches entre Sahagun et Burgos (M. de Bonnault d'Hou√ęt, P√®lerinage d'un paysan picard [Guillaume Manier] √† St Jacques de Compostelle au commencement du XVIIIe si√®cle, 1890 - books.google.fr).

 

L'itinéraire de La Nouvelle Guide des chemins, Paris, Bonfons, 1583, et qui est plus complet que le Codex, nous donne l'itinéraire de Paris à Saint-Jacques en passant par Bayonne (Edouard Ducéré, Histoire topographique & anecdotique des rues de Bayonne, Tome 6, 1894 - books.google.fr).

 

Cf. les autres quatrains VIII, 48, VIII, 49, VIII, 50, X, 25.

 

Boadilla del Camino est un municipio (municipalité ou canton) situé dans le Nord de l’Espagne, dans la comarca (comté ou pays ou arrondissement) de Tierra de Campos dans la Communauté autonome de Castille-et-León, Palencia. Boadilla del Camino est une étape sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle (fr.wikipedia.org - Boadilla del Camino).

 

Frómista est une municipalité située dans le Nord de l’Espagne, dans la comarque de Tierra de Campos dans la Communauté autonome de Castille-et-León, Palencia. Frómista est une étape sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle (fr.wikipedia.org - Fromista).

 

La vogue de ce pèlerinage, déjà prospère au Xe siècle, s'accrut brusquement et singulièrement dans le premier tiers du XIIe siècle, par l'action d'un homme énergique et ambitieux, Diego Gelmirez, évêque, puis archevêque de Compostelle (Joseph Bédier, Les légendes épiques: recherches sur la formation des chansons de geste, Tome 1, 1926 - books.google.fr).

 

Le pape Calixte II, à qui on a attribué la rédaction du Codex Calixtinus, était son ami.

 

On d√©signe sous le nom de Liber Sancti Jacobi ou Livre de Saint Jacques, les textes r√©unis dans le manuscrit appel√© Codex Calixtinus. Pour donner plus de cr√©dit √† leur ouvrage, ses auteurs composent une lettre fictive, dite ¬ęapocryphe¬Ľ, soi-disant ¬ęsign√©e¬Ľ de Calixte II, alors qu'il est d√©j√† mort, (n√© vers 1060 - √©lu pape en 1119 ‚Äď mort en 1124) et la place en t√™te de ce recueil consacr√© √† la gloire de saint Jacques. C'est pourquoi celui-ci est parfois d√©sign√© sous le nom de Codex Calixtinus.

 

Le Codex Calixtinus comprend cinq Livres. Souvent confondu avec l'ensemble, le dernier Livre en est le plus petit en taille. Il s'√©tend du folio 192 au folio 213, il comporte onze chapitres. Il ne comporte pas de titre dans le manuscrit mais concerne √† premi√®re lecture le p√®lerinage √† Saint-Jacques. La d√©nomination Le Guide du P√®lerin de Saint-Jacques-de-Compostelle provient de la traduction par Jeanne Vielliard, en 1938. C'est celui qui a suscit√© le plus de fantasmes. La premi√®re et la plus fr√©quente a √©t√© de l'attribuer lui aussi sans aucune preuve √† Aimery Picaud. Presque aussi fr√©quent, et d√©velopp√© √† loisir, est l'anachronisme qui consiste √† faire croire que ce guide du p√®lerinage, connu seulement depuis 1884 et r√©pandu par sa traduction fran√ßaise parue pour la premi√®re fois en 1938, a √©t√© largement diffus√© au Moyen √āge, alors qu'il n'en est rien (fr.wikipedia.org - Codex Calixtinus).

 

Boadilla au XIIe siècle

 

Una de las primeras noticias curiosas de la localidad de que tenemos conocimiento es del siglo XIII, cuando G√≥mez Ruiz de Manzanedo vendi√≥ a G√≥mez D√≠az de Villigera todas las heredades que ten√≠a en Boadilla del Camino y en Vega de Do√Īa Olimpa (es.wikipedia.org - Boadilla del Camino, Ignacio √Ālvarez Borge, Ascenso social y crisis pol√≠tica en Castilla c. 1300: En torno a Juan Rodr√≠guez de Rojas y su grupo familiar, 2019 - books.google.fr).

 

Est√° documentada, en 1142, la visita que hizo a la localidad el rey Alfonso VII y su esposa, Berenguela de Barcelona. La carta por la cual lo sabemos dice as√≠: "Facta carta Vege de domna Limpa. Era M C LXXX anno VIII mei imperii". Pocos a√Īos despu√©s, en 1146, Alfonso VII permut√≥ con Mar√≠a G√≥mez y sus hijos, la villa de Siero a cambio de la heredad en Vega de do√Īa Olimpa (es.wikipedia.org - Vega de Dona Olimpa).

 

Vega de Dona Olimpa

 

"En cette ville est l'église de St Salvateur, il y a de la couronne d'espines, du laict Nostre Dame etc." Cette phrase concernant Oviedo pourrait être à l'origine de la formule "Dame Guyrlande", la guirlande étant ici la couronne et rime ainsi avec Formande, villes d'Espagne avec Leon et Burgos (Bourze, Burges) mentionnées dans les Voyages. Si notre hypothèse est juste, Nostradamus aurait utilisé un commentaire d'Estienne dépassant nettement le cadre élémentaire de la géographie (Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France: formation et fortune, Tome 3, 1999 - books.google.fr).

 

Sainte Olympe de Constantinople était veuve de Nébride.

 

Nébride et guirlande sont des attributs des Bacchantes, suivantes du dieu Bacchus (Charles Othon Frédéric Jean Baptiste de Clarac, Musée de sculpture antique et moderne, Tome 3, 1850 - books.google.fr).

 

Au temps o√Ļ l'ap√ītre fut mis √† mort √† J√©rusalem, la pers√©cution √©tait telle et l'irritation si grande contre les chr√©tiens que les Juifs ne voulurent pas laisser ensevelir son corps,et le jet√®rent ignominieusement hors des murs de la ville, pour qu'il y devint la p√Ęture des chiens et des oiseaux de proie. Des disciples du saint, qui avaient re√ßu ses instructions avant qu'il mourut, veillaient pour trouver le moment o√Ļ ils pourraient recueillir les restes mortels de leur ma√ģtre. Quand ils en furent en possession, ne pouvant avec leur pr√©cieux fardeau rentrer √† J√©rusalem, o√Ļ la haine veillait pareillement, ils se dirigerent vers la mer et parvinrent √† Joppe. Dieu permit qu'il s'y trouv√Ęt un navire pr√™t √† faire voile pour l'Espagne. Ils s'embarqu√®rent et, apr√®s une travers√©e dont les p√©rils furent heureusement surmont√©s, les navigateurs arriv√®rent sur la c√īte qui est au nord-ouest de l'Espagne, dans le port d'Iria. Ils ensevelirent l'ap√ītre √† quelque distance de l√†, au lieu appel√© Liberum Donum, plus tard Compostelle. Son s√©pulcre fut plac√© dans une grotte de marbre qui existait d√©j√† et probablement avait √©t√© autrefois consacr√©e √† Bacchus comme semble l'indiquer le nom qu'elle portait (F.R. Salmon, Les grands p√©lerinages et leurs sanctuaires, Tome 2, 1873 - books.google.fr).

 

Les guirlandes formées de lierre et de fleurs étaient les ornemens ordinaires de Bacchus, de ceux de sa suite, des animaux, des temples, et même des autels qui lui étaient consacrés. Dans un bas-relief du Musée Pie-Clementin, tome IV, pl. XXIV, page 194, on voit deux tigres avec des ornemens pareils, et on observa aussi que l'on voit des Centaures ceints d'une pareille guirlande, qui tirent les chars et Bacchus dans la pl. 10 du tome III de la Raccolta di statue, etc., restaurées par le chev. Cavaceppi (Filippo Aurelio Visconti, Monumens du Musée Chiaramonti, 1822 - books.google.fr).

 

Dans Les Bacchantes, Euripide ne cesse d'emprunter √† l'Olympe mac√©donien des traits pour en parer le mont Cyth√©ron, o√Ļ se joue le sort tragique de Pent√©e. Inspir√©es par Dionysos qu'il a insult√©, les M√©nades le poursuivent et le mettent en pi√®ces. Euripide place la sc√®ne en B√©otie, mais ce sont les neiges √©tincelantes, les bois, les torrents de l'Olympe qui lui servent de mod√®le (Anne Cauquelin, Aristote, 1994 - books.google.fr).

 

Le chŇďur des Bacchantes d'EURIPIDE, 553 sqq., semble en partie influenc√© par le chŇďur d'Antigone, mais, nettement, la mention, ou plut√īt les mentions de la Mac√©doine, de ses montagnes et de ses fleuves, y apparaissent comme intercal√©es, et l'interpr√©tation de Nysa semble √™tre diff√©rente.

 

Dionysos est invoqu√©, invit√© par les Bacchantes √† descendre du haut de l'Olympe (fin de l'antistrophe). L'√©pode reprend ce th√®me. Les femmes se demandent o√Ļ se trouve Dionysos : √† Nysa, ou sur les hauteurs coryciennes (du mont Parnasse) ? Mais elles pensent que c'est plut√īt dans l'Olympe que se tient Dionysos, l√† o√Ļ Orph√©e ¬ęmobilisait¬Ľ les arbres et les b√™tes. Puis, invocation de la Pi√©rie, au nord de l'Olympe, annonce de l'arriv√©e en Pi√©rie de Dionysos, amenant ses M√©nades, de Thrace ou d'Asie, par l'Axios et le Lydias (Henri Gr√©goire, Askl√®pios, Apollon Smintheus et Rudra : √©tudes sur le dieu √† la taupe et le dieu au rat dans la Gr√®ce et dans l'Inde, 1949 - books.google.fr).

 

Vega se trouve au Nord de Carrion de Los Condes.

 

Prélat de Léon

 

Saint Elme, San Telmo en Espagne, est celui du ph√©nom√®ne m√©t√©orologique appel√© feux de Saint-Elme. Il est v√©n√©r√© dans trois villes tr√®s jacquaires : Fromista et Astorga sur le Camino franc√©s et Tui sur le Caminho portug√™s. Il s'appelait Pedro Gonzalez. Il est n√© √† Astorga au Royaume de L√©on, selon Sampajo vers 1190, ou Fromista (Castille) vers 1180. Le nom d'Elme ou Telmo lui est attribu√© plusieurs si√®cles apr√®s sa mort en 1246 √† Tuy ou Tui en Galice. Il provient du saint martyr √Črasme ou Elme ou Herme d'Antioche, √©v√™que de Formia en Italie au 3e si√®cle et patron protecteur des marins (ultreia.pagesperso-orange.fr, Jean de Giffre de Rechac, La vie du glorieux patriarche S. Dominique, et de ses seize compagnons, Tome 3, 1650 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain IX, 36 et sa "foudre en la hune".

 

"ravisseurs" : raptores

 

Fromista - Carrion de los Condes : Etape de 20,8 km demandant une p√©r√©grination de 5h15. Apr√®s 3,10 km on arrive √† Poblacion de Campos puis 4,7 km apr√®s on d√©couvre Villovieco : on aura alors march√© 2h00, puis on d√©couvre Villarmentero de Campos sur la gauche 2,5 km apr√®s ! (reves-de-compostelle.fr).

 

En sus des difficult√©s politiques apparues peu apr√®s son arriv√©e sur le tr√īne, Alphonse IX dut faire face √† d‚Äôimportants troubles sociaux qui secou√®rent le Le√≥n pendant la premi√®re moiti√© de son r√®gne. Il s‚Äôagit des actions violentes men√©es par certains voleurs et malfaiteurs dans de nombreuses comarcas du territoire, et plus particuli√®rement en Galice. Le roi dut juger l‚Äôactivit√© des malefactores suffisamment pr√©occupante pour prendre des mesures d‚Äôurgence ‚Äď constitutiones ‚Äď d√®s le mois de juillet 1188. Or, les d√©sordres int√©rieurs n‚Äôayant toujours pas cess√© en 1194, Alphonse IX fut oblig√© de prendre de nouvelles dispositions contre ces ¬ęraptores [‚Ķ] uel latrones¬Ľ. Et c‚Äôest pour apaiser les esprits et ramener le calme dans son royaume que le roi consentit √† rencontrer personnellement les fauteurs de troubles, leur accordant m√™me un d√©lai de trois semaines pour s‚Äôamender, dans le but manifeste de parvenir √† un apaisement d√©finitif. Est-il encore possible de douter qu‚ÄôAlphonse IX ait souffert de multiples ennuis pendant les premiers mois de son r√®gne ? Si tel pouvait √™tre le cas, le monarque pourrait se charger lui-m√™me de les dissiper √† travers la d√©claration qu‚Äôil fit √† la curia de 1194 o√Ļ il reconnut formellement : ¬ęSicut de turbatione quam regnantium solent habere primorida regno quoque nostro multa mala succreuerunt.¬Ľ ¬ę[‚Ķ] et por tales consseieros como estos fue guerreado de su primo don Alffonso, rey de Castiella, et de don Sancho, rey de Portogal, √ßerca los comien√ßos de su regno.¬Ľ Aux soucis √† l‚Äôint√©rieur du royaume se conjugu√®rent ceux, et non des moindres, apparus d√®s le d√©but de son arriv√©e au pouvoir dans les relations avec les royaumes limitrophes. Bien qu‚Äôil soit actuellement admis qu‚Äôil n‚Äôy eut pas de guerre √† proprement parler entre le Le√≥n et la Castille en 1188, √† condition de consid√©rer √† part les op√©rations militaires ponctuelles, on ne saurait en dire autant pour la p√©riode imm√©diatement post√©rieure, comprise entre 1191 et 1197. Si dans un premier temps la reine Urraca L√≥pez de Haro n‚Äô√©tait pas parvenue √† convaincre son fr√®re, don Diego L√≥pez de Haro, porte-enseigne et chef de l‚Äôarm√©e ‚Äď alf√©rez ‚Äď √† la cour l√©onaise de Ferdinand II43, de l‚Äôaider √† jouer la carte dynastique de son fils Sancho depuis l‚Äôint√©rieur du royaume, elle pouvait en revanche compter sur de nombreux appuis le long de la fronti√®re orientale avec la Castille. Il semble bien qu‚ÄôAlphonse VIII de Castille ait √©t√© pouss√© par Urraca L√≥pez et ses partisans, gouverneurs d‚Äôun certain nombre de places fortes dans le royaume de Le√≥n, √† entreprendre une action militaire contre son cousin. Le roi castillan, pr√©textant l‚Äôinjuste d√©tention par son voisin d‚Äôun certain nombre de forteresses castillanes, s‚Äôempara du ch√Ęteau de Coyanza le 1er mai 1188, en plus d‚Äôautres citadelles relativement √©loign√©es de la fronti√®re commune. Le trait√© sign√© quelques ann√©es plus tard √† Tordehumos, le 20 avril 1194, vient renforcer le sentiment d‚Äôune ins√©curit√© persistante chez le souverain l√©onais, en m√™me temps qu‚Äôil d√©montre, de mani√®re √©vidente, une certaine forme d‚Äôalliance objective entre Alphonse VIII et Urraca L√≥pez de Haro contre le beau-fils de cette derni√®re. On ne saurait par cons√©quent dissocier l‚Äôinstabilit√© politique du royaume de Le√≥n, √† la fin du XIIe si√®cle, de la fragilit√© territoriale de la fronti√®re orientale, principalement dans la partie d√©pourvue de tout obstacle naturel : la Tierra de Campos. Or, une grande partie de cette longue fronti√®re, surtout dans son secteur nord, √©tait en 1188 sous le contr√īle de la reine veuve et de ses alli√©s; ses possessions √† cet endroit, parmi lesquelles la tenencia de Benavente, lui assuraient ici une forte mainmise qui compliquait un peu plus la t√Ęche du nouveau roi. C‚Äôest cet √©tat de fait qui aboutit √† la rencontre entre les deux cousins, au mois de mai 1188, √† Soto Hermoso. Le L√©onais se vit alors oblig√© de se soumettre aux exigences de son parent puisqu‚ÄôAlphonse VIII ne rendit aucune des places fortes auparavant occup√©es, qu‚Äôil obligea Alphonse IX √† assister √† la curia castillane qui devait se tenir √† Carri√≥n au moment le plus fort de la foire locale et qu‚Äôil fut d√©cid√© de marier l‚Äôune des filles du roi de Castille avec celui de Le√≥n. Le choix avait-il √©t√© vraiment laiss√© au jeune prince ? On ne peut que rapprocher la r√©union de cette c√©l√®bre curia de Carri√≥n, tenue au mois de juin, de la convocation un mois plus tard de celle de Le√≥n et du contenu id√©ologique de cette derni√®re. L‚Äôassembl√©e de Carri√≥n marqua profond√©ment les esprits des contemporains en raison des √©v√©nements qui s‚Äôy d√©roul√®rent. C‚Äôest l√†, en 1188, en pr√©sence de nombreux nobles castillans, l√©onais et galiciens, qu‚ÄôAlphonse IX, alors √Ęg√© de dix-sept ans, fut arm√© chevalier par son cousin le roi de Castille. Le rituel chevaleresque fut pleinement accompli, ce qui obligea le jeune roi √† baiser la main de son a√ģn√© en pr√©sence de toute l‚Äôassistance : ¬ęrex Legionis fieret miles a predicto rege Castelle, et tunc oscularetur manum eius, quod et factum est¬Ľ. Par cet acte symbolique qu‚Äô√©tait l‚Äôinvestiture, le L√©onais parvenait √† sauver son tr√īne, c‚Äôest-√†-dire l‚Äôessentiel, en √©cartant d√©finitivement le danger que repr√©sentait le parti d‚ÄôUrraca L√≥pez et de son fils. Ainsi, la sup√©riorit√© de la Castille √©tait de ce fait officiellement reconnue et l‚Äôadoubement d‚ÄôAlphonse IX par son cousin fut v√©cu par le L√©onais comme une humiliation personnelle qu‚Äôil essaya de gommer par la suite en s‚Äôauto-armant en 1197 √† Compostelle : ¬ęapud ipsum Apostolum¬Ľ, c‚Äôest-√†-dire en prenant lui-m√™me l‚Äô√©p√©e pos√©e sur le ma√ģtre-autel de la cath√©drale m√©tropolitaine. M√™me par cet exploit, et malgr√© les efforts consentis, Alphonse IX ne parvint jamais √† effacer l‚Äôacte inaugural, comme l‚Äôattestent les textes √©crits bien apr√®s les faits qu‚Äôils relatent51. Pourtant cette initiative d√©note une v√©ritable anticipation id√©ologique sur les autres royaumes de la P√©ninsule en jouant, pour la premi√®re fois, du symbolisme de l‚Äô√©p√©e pour r√©pondre aux pr√©tentions castillanes et pour s‚Äôaffranchir des liens, tout aussi symboliques, ant√©rieurement contract√©s. Quelques ann√©es apr√®s l‚Äôinvestiture, en 1196, et au cours de l‚Äôune des nombreuses exp√©ditions punitives men√©es de part et d‚Äôautre de la fronti√®re, Alphonse IX parvint jusqu‚Äô√† Carri√≥n, qu‚Äôil d√©vasta, pensant ainsi laver l‚Äôaffront subi au d√©but de son r√®gne. Il est fort probable que le rituel chevaleresque ostentatoire c√©l√©br√© √† Carri√≥n ait d√©j√† comport√©, √† travers la gestuelle d√©crite, un certain nombre des obligations reprises dans les Partidas quelques d√©cennies plus tard, que le nouveau chevalier avait contract√©es envers celui qui l‚Äôavait adoub√© : loyaut√©, humilit√© et ob√©issance. C‚Äôest sans doute le non-respect par Alphonse IX de cette d√©pendance, en quelque sorte filiale, conjugu√© √† la consanguinit√© de ses liens avec sa premi√®re √©pouse, l‚Äôinfante portugaise Teresa S√°nchez, et √† ses alliances contre nature avec les musulmans, qui amen√®rent C√©lestin III √† l‚Äôexcommunier √† plusieurs reprises, mesure que le pape aggrava en d√©gageant les sujets du roi de Le√≥n de tout lien de fid√©lit√© et d‚Äôob√©issance envers leur souverain et en les autorisant m√™me √† prendre les armes contre lui, d√©cisions qui ne pouvaient, bien entendu, que fragiliser un peu plus le titulaire de la couronne l√©onaise (Charles Garcia, Alphonse IX de Le√≥n et les cives du royaume (XIIe-XIIIe si√®cles). In: Cahiers de linguistique et de civilisation hispaniques m√©di√©vales. N¬į27, 2004 - www.persee.fr).

 

"trahison" : la bataille d'Alarcos

 

Les Almohades, victorieux √† Alarcos, avaient achet√© si cher leur victoire, que l'√Čmir fut forc√© de retourner en Afrique sans en avoir recueilli d'autre fruit que la prise de l'insignifiante forteresse d‚ÄôAlarcos. Mais le roi de L√©on, qui avait d√©j√† secr√®tement conclu alliance avec Yacoub, en qui il adorait le futur conqu√©rant de l'Espagne, n'h√©sita pas √† profiter de l'√©puisement de la Castille, apr√®s sa glorieuse d√©faite, pour s'enrichir des d√©pouilles de son roi. Le roi de L√©on, √† la premi√®re nouvelle de l'approche des Africains, s'√©tait mis en marche √† la t√™te d'une arm√©e, sous pr√©texte de secourir son cousin de Castille, expos√© au premier effort de l'invasion; mais, apr√®s s'√™tre tenu pendant l'engagement √† une distance prudente, la perte de la bataille une fois connue, il jeta le masque, proclama son alliance avec l'Emir, et re√ßut de lui un corps de troupes auxiliaires; puis, s'√©tant assur√© l'appui de Sancho VI le Fort, roi de Navarre, tous deux envahirent brusquement les √©tats du roi de Castille. Mais Alonzo, dans cette situation presque d√©sesp√©r√©e, trouva heureusement un soutien dans la loyale amiti√© de Pedro II, roi d'Aragon, qui venait de succ√©der √† son p√®re Alonzo II. Les arm√©es de Castille et d'Aragon r√©unies repouss√®rent bient√īt les attaques des rois de Navarre et de L√©on, et enlev√®rent √† ce dernier quelques villes de son territoire. Les auxiliaires musulmans, qu'avaient amen√©s au coeur m√™me de la chr√©tient√© des chr√©tiens indignes de ce nom, furent taill√©s en pi√®ces, et le roi de Castille, p√©n√©trant jusqu'√† Astorga, √† quelques lieues de la capitale du royaume de L√©on, s'en revint chez lui par Salamanque, en semant partout sur son passage l'incendie et la d√©vastation (1196).

 

Lucas de Tuy, jaloux de justifier à tout prix le roi de Léon, prétend qu'il accourait de bonne foi au secours du roi de Castille, et que celui-ci ne voulat pas l'attendre. Mais la conduite postérieure du roi de Léon rend cette assertion fort peu vraisemblable. Du reste, Luc de Tuy ne dit pas un mot de l'invasion de la Castille par le roi de Léon. J'ai suivi le récit de Rodrigue de Tolède, beaucoup plus digne de foi (M. Rosseeuw Saint-Hilaire, Histoire d'Espagne depuis l'invasion des Goths jusqu'au commencement du 19e siècle, Volume 5, 1841 - books.google.fr).

 

Acrostiche : DFFL, daffle

 

Daffle, v. a. and n. 1. To confuse, disturb one's mental powers, as by noise or disorder. 2. To become stupid or confused. 3. To grow weak in faculties, forgetful and childish, from old age. See Daff (coward, a dassard, fool). Daffly, adj. Half-imbecile, weakened in faculties, forgetful and childish; of old people, often. He's becoming quite daffly (John Christopher Atkinson, A Glossary of the Cleveland Dialect: Explanatory, Derivative, and Critical, 1868 - books.google.fr).

 

Alphonse IX de L√©on. El Baboso signifie le Baveux; mais au moyen √Ęge ce sobriquet, comme on l'a d√©j√† observ√© dans la nouvelle √©dition de Ducange (t. I, p. 629), avait un sens bien plus injurieux qu'aujourd'hui : il √©tait synonyme de fou, parce que les fous bavent souvent. David, quand il voulut contrefaire le fou aupr√®s du roi Akis, faisait couler sa salive sur sa barbe, comme dit l'√Čcriture. On trouve assez souvent le mot bavosus employ√© dans le sens de fou. Ainsi (et je cite cet exemple parce qu'on ne le trouve pas dans Ducange), lorsque les moines promenaient en triomphe le pape Alexandre II, le peuple de Rome, qui le d√©testait, criait : Vade leprose, exi bavose, discede perose. C'est l'√©v√™que Benzo qui nous apprend ce fait (Livre II, c. 2), et son √©diteur a remarqu√© avec raison que bavosus signifie stultus. Les Espagnols donnaient donc √† Alphonse IX l'√©pith√®te de fou; nous le savons seulement par les auteurs arabes, et en g√©n√©ral les sobriquets qu'on donnait aux rois chr√©tiens ne nous sont connus que par eux; les chroniqueurs latins ne les donnent pas, soit qu'ils eussent trop de m√©nagements √† garder, soit qu'ils se fissent scrupule de manquer √† la dignit√© de l'histoire. Alphonse m√©ritait-il d'√™tre appel√© ainsi ? Avait-il r√©ellement le cerveau d√©rang√© ? Le chroniqueur latin de cette √©poque, Lucas de Tuy, se garde bien de le dire : √©crivant sous le r√®gne du fils du Baveux, il lui √©tait impossible de s'expliquer franchement √† ce sujet. Mais ce qu'il ne dit pas, il le laisse entrevoir. Il peint Alphonse comme un homme dont les gestes, quand il √©tait √† cheval rev√™tu de son armure, exprimaient la f√©rocit√© plus encore que la bravoure. Prompt √† se mettre en col√®re et alors sa voix ressemblait au rugissement du lion, il s'apaisait l'instant d'apr√®s pour redevenir le plus doux des hommes. Voil√† tout ce que Lucas pouvait dire sans man. quer aux convenances; mais dans sa bouche, de telles paroles sont assez significatives (Reinhart Pieter Anne Dozy, Recherches sur l'histoire politique et la litt√©rature de l'Espagne pendant le Moyen √āge, 1860 - books.google.fr).

 

Alphonse VIII roi de Castille est mari√© en 1170 √† sa majorit√© √† l'√Ęge de 15 ans, avec Ali√©nor d'Angleterre √Ęg√©e de 8 ans, fille d'Henri II d'Angleterre et d'Ali√©nor d'Aquitaine, dont les possessions en font le plus grand souverain du moment. Ils ont douze enfants, dont quatre filles qui deviennent reines dont B√©reng√®re, reine de Castille (1180‚Äď1246) apr√®s son fr√®re Henri, mari√©e √† Conrad II de Souabe, duc de Souabe, puis √† Alphonse IX, roi de Le√≥n (fr.wikipedia.org - Alphonse VIII de Castille).

 

Typologie

 

Le report de 2212 sur la date pivot 1194 donne 176.

 

Les Mauri auraient fait une premi√®re irruption en p√©ninsule Ib√©rique √† une date ind√©termin√©e entre 169 et 174 apr. J.-C. et seraient rest√©s de quelques mois √† plusieurs ann√©es selon les auteurs, avant de revenir vers 177. Les forces employ√©es pour les repousser varient de quelques unit√©s √† plusieurs l√©gions et les r√©gions touch√©es repr√©senteraient soit deux cit√©s, soit des pans entiers de la p√©ninsule. En outre, quels termes employer pour d√©signer ces √©v√©nements ? Doit-on parler d‚Äô¬ęinvasions¬Ľ, d‚Äô¬ęincursions¬Ľ ou de ¬ęraids¬Ľ ? Le mot ¬ęinvasion¬Ľ est le plus couramment utilis√©, mais n‚Äôest pas forc√©ment le plus appropri√© pour d√©crire cette situation. On ne peut lire dans ces √©v√©nements des tentatives de migration, car selon les sources litt√©raires ou √©pigraphiques, les Maures ¬ęd√©vastent¬Ľ la B√©tique, mais ne s‚Äôy installent pas5. En outre, ces Mauri ne semblent pas constituer des troupes r√©guli√®res venues d‚Äôun Etat ind√©pendant de l‚ÄôEmpire romain afin d‚Äôoccuper militairement une province, puisque leur territoire est sans doute situ√© dans une zone sous contr√īle de Rome. Le terme d‚Äôinvasion, qui renvoie aux ¬ęgrandes invasions¬Ľ du Ve si√®cle ou √† l‚Äôinvasion arabo-berb√®re de la p√©ninsule Ib√©rique en 711, ne convient donc pas aux √©v√©nements des ann√©es 170 et doit √™tre abandonn√© au profit d‚Äôincursion, qui offre moins de prise √† l‚Äôexag√©ration d‚Äôun ph√©nom√®ne restreint dans le temps et dans l‚Äôespace.

 

Deux passages de l‚ÄôHistoire Auguste font r√©f√©rence √† ces incursions de Mauri en B√©tique sous le r√®gne de Marc Aur√®le, alors que le futur empereur Septime S√©v√®re est √† l‚Äôaube de sa carri√®re politique (Gwladys Bernard, Les pr√©tendues invasions maures en Hispanie sous le r√®gne de Marc Aur√®le : essai de synth√®se, Pallas N¬į 79, 2009 - journals.openedition.org, fr.wikipedia.org - Ann√©e 177).

 

Apr√®s une grave maladie qui avait failli l'emporter, le nouvel √©mir des Almohades, Yakoub, publiait √† Maroc la guerre sainte, franchissait le d√©troit et arrivait √† Alg√©siras, le 5 juin 1195, √† la t√™te d'une arm√©e qui ne montait pas √† moins de cent mille hommes. [...] D'Alg√©siras l'√©mir avait pris sa route √† travers la vall√©e de S√©ville, il avait pass√© le Guadalquivir et se dirigeait sur Tol√®de. Alphonse, de son c√īt√©, descendait sur Calatrava et il y touchait √† peine que l'arm√©e lui fut signal√©e; alors il fit encore une journ√©e, arriva au pied d'une forteresse nomm√©e Alarcos et s'arr√™ta. L'arm√©e musulmane en fit autant de son c√īt√© et chacun disposa son ordre de bataille (Le baron de Nervo, Histoire d'Espagne depuis ses origines, Tome 2, 1872 - books.google.fr).

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