J'ai vu l'√Ęne et la belette

J'ai vu l'√Ęne et la belette

 

X, 40

 

2206-2207

 

Lejeune nay au regne Britannique,

Qu'aura le pere mourant recommande :

Icelui mort LONOLE donnera topique,

Et a son fils le regne demande.

 

Lonole, anagramme de : Olleon, en grec, participe pr√©sent du verbe d√©truire d'o√Ļ Napol√©on-Appolyon (Anatole Le Pelletier, Les oracles de Michel de Nostredame, astrologue, m√©decin et conseiller ordinaire des rois Henri II, Fran√ßois II et Charles IX, Tome I, 1867 - books.google.fr).

 

Charles Ward y a vu Old Noll, le surnom d’Oliver Cromwell.

 

Lonole serait mis pour l'oncle qui serait Edouard Seymour fr√®re de Jeanne Seymour troisi√®me √©pouse d‚ÄôHenri VIII, m√®re d'Edouard VI (1537- 1547 - 1553)¬† mort t√īt de maladie. Edouard Seymour avait encore un fr√®re, Thomas, qui sera ex√©cut√© en 1549 (Libert√© E. LeVert, The Prophecies and Enigmas of Nostradamus, 1979 - books.google.fr, Philippe Guilhaume, Nostradamus: l'exploitation s√©culaire d'un fonds de commerce, 1987 - books.google.fr).

 

Des √Ęnes...

 

"Lonole" pour "l'onole" o√Ļ on lirait du grec "onos" "holos" √Ęne entier.

 

Sachant qu'un topique du grec ancien topikos (¬ęlocal¬Ľ), en m√©decine, qualifie un m√©dicament qu‚Äôon applique sur la partie malade, relions √Ęne et m√©decine dans un contexte anglais ("britannique").

 

Nigel Wireker, a monk of Christ Church, Canterbury, for example, wrote a satirical poem entitled Speculum Stultorum (A Mirror for Fools, c. 1180) which follows the adventures of Burnellus or Brunellus, an ass who wanted a longer tail (a metaphor for a person who wished to better himself). Burnellus considers becoming a monk, but rejects the existing monastic orders as inadequate and in the end decides to found a new order and call it after himself. Nigel Wireker' s views were echoed by a number of other contemporary writers. Although often in the form of satire, they nevertheless expressed serious concerns, and certainly amounted to more than merely 'an inexhaustible source of coarse pleasantry' as the monastic historian, David Knowles, rather loftily dismissed them. The quarters from which criticism originated are particularly interesting. Monasteries had been criticised in the past for their excessive wealth, secular entanglements and moral slackness, but the critics had usually been 'insiders' - monks like Nigel Wireker. From the late twelth century, however, many critics were not monks. On the contrary they tended to be masters in the cathedral schools, or members of episcopal or princely households. Highly educated and upwardly mobile, members of this group have been dubbed curiales (courtiers) by historians, and their power and influence was clearly in the ascendancy. They included many notable writers, such as John of Salisbury (d. 1180) and Peter of Blois (d.1204), who rose to prominent positions in the church or at court. The chief exponents of anti-monastic writing amongst the curiales, however, are generally acknowledged to have been Gerald of Wales (d.1223) and Walter Map (d.1208-10). What led them, and others like them, to criticise monks ? Gerald of Wales, or Giraldus Cambrensis (1146-1223), was a prodigious writer who has left a number of extant works. He is perhaps best known for his Topographic Hibernica (Topography of Ireland) which was written in 1186-87 after he had accompanied the future King John on an expedition to the island, and Descriptio Ka- mbriae {Description of Wales). Whilst there are references to monasteries in these and other writings of his,most of his comments on the subject are contained in two lesser known works on the church, Gemma Eccle- siastica, (Jewel of the Church) of c. 1197, and Speculum Ecclesiae {Mirror of the Chusrch) of c.1219, his last work. Walter Map, (c.H30-35-c. 1208-10), was much less prolific. His one surviving work (and as far as is known the only one he wrote) has the pleasing title, De Nugis Curialium, (Courtiers' Trifles), c.1181-83; this title is actually a later addition, borrowed from a work of John of Salisbury, but it aptly describes the contents of Map's book. De Nugis Curialium covers a wide variety of subjects from the tribulations of courtly life to arguments against marriages and contains, amongst other things, 'Incidentia de monachis' ('A digression on monkery'). Gerald and Map's criticism of the monastic life displays several common features. Unfavourable comment is directed mainly at the two largest orders, the Benedictines and Cistercians, whilst the smaller orders, such as the Carthusians, Gilbertines and Grandmontines, are praised, and the Augustine canons are considered particularly admirable. The style of these two critics is anecdotal, based on first-hand accounts, partly on hearsay. Unfortunately it is difficult to check their reliability, except against each other when they have the same story. However, they were probably drawing on a fund of oral stories then current in clerical circles. The themes of their anecdotes are the familiar ones of monastic wealth, luxurious living and sexual misdemeanours. The dilemma of monastic property was a perennial one (Robert Bartlett, Gerald of Wales c 1146 c 1223, Classical and Medieval Literature Criticism, 2003 - books.google.fr).

 

L'auteur √©toit un moine de Cantorb√©ry, nomm√© Nigel Wirecker; mais, par mesure de prudence, il s'est cach√© sous le pseudonyme de Vetus Vigellus. Cet ouvrage singulier, √©crit au XIIe si√®cle en vers √©l√©giaques, renferme une violente critique des mŇďurs du clerg√© et des ordres monastiques; et certes, les traits satiriques du moine Wirecker auraient pu lui susciter une f√Ęcheuse affaire. La versification de ce po√®me est facile et le rend agr√©able √† la lecture. Plusieurs passages pourroient √™tre cit√©s, et certains vers ne seraient pas d√©plac√©s dans un recueil d‚Äôapophtegmes. Le sujet du po√®me est assez bizarre. Il s‚Äôagit d'un √Ęne nomm√© Brunellus (Bruneau), qui, m√©content de la queue qu‚Äôil a re√ßue de la nature, d√©sire qu'elle soit plus longue et plus touffue. Il quitte son √©table et vient consulter le c√©l√®bre m√©decin Galien. Celui-ci, en homme sage, conseille √† Bruneau de conserver sa queue telle qu‚Äôelle est : Quod natura dedit non sit tibi vile. / Crede mihi. Vetus est tibi cauda salubrior ista / Natibus innata, quam foret illa nova. Mais, √† propos de cette queue d√ģme, voil√† ma√ģtre Galien qui s‚Äôempresse d'√©reinter les m√©decins : Cotidie fallunt ars et praxis medicine : / Si tres evadunt, septem dant colla ruine. / Pendet in ambiguo morbi medicina : dolorem / Impedit atque parit conditione pari. etc. Il faut lire la consultation, √† nulle autre pareille, que dicte Galien, pour faire cro√ģtre la queue de Bruneau ; la b√©n√©diction ironique √† laquelle l‚Äô√Ęne r√©pond amen; le chapitre des chiens qui mordent l‚Äô√Ęne et lui rognent la queue; la sc√®ne o√Ļ, apr√®s avoir pris la qualit√© de nonce du pape, Mons Bruneau jette le fr√®re Fromond dans le Rh√īne; la fable des deux vaches; l‚Äôhistoire d‚Äôun coq et d‚Äôun fils de cur√©. Enfin, Bruneau se rend √† Paris, pour √©tudier; mais, √† peine a-t-il quitt√© cette ville, qu‚Äôil en a oubli√© le nom. Cependant, il veut choisir une profession. Deviendra-t-il √©v√™que, pr√©vot d'une ville, ou moine ? C'est alors qu‚Äôil passe en revue ces divers √©tats, et que sous une forme fac√©tieuse, il en fait une critique acerbe. Moines noirs, moines blancs, moines de Grandmont, chartreux, pr√©montr√©s, chanoines, tous re√ßoivent le coup de pied de l'√Ęne. Et les religieuses! c‚Äôest bien pis. Plusieurs chapitres du m√™me genre sont consacr√©s aux rois, aux pr√©lats, aux la√Įques (Bulletin du bibliophile, Volume 1858 - books.google.fr).

 

Un médecin anglais : Jean de Gaddesden

 

Jean de Gaddesden, quelquefois d√©sign√© sous le nom de Jean l'Anglais, est sans doute le premier grand m√©decin √† avoir fait enti√®rement ses √©tudes en Angleterre. Il √©tait √† Oxford dans les premi√®res ann√©es du XIVe si√®cle, fellow d√®s 1305, et y √©tudia la th√©ologie, semble-t-il, vers 1320. Dans l'entourage du roi d'Angleterre √† partir de 1322 ; en 1344-5, il √©tait pay√© par l'abbaye d'Abingdon pour des soins donn√©s aux moines ; en 1341, il mit au monde la deuxi√®me fille d'Edouard III, Jeanne ; il obtint la permission de non-r√©sidence √† Chipping-Norton pour rester, en 1342, au service de la famille royale et, en 1348, √† celui du Prince Noir ; celui-ci lui fit don d'une rose d'or en 1346. 11 mourut sans doute en 1349. La Rosa anglica ou Rosa medicine fut √©crite entre 1305 et 1317, √©dit√©e √† Pavie en, 1492, Venise en 1506, 1516, Naples en 1508 (Danielle Jacquart, Dictionnaire biographique des m√©decins en France au Moyen √āge de Ernest Wickersheimer, Suppl√©ment, 1979 - books.google.fr).

 

D'après Fouquet de Montpellier, on revêtait les varioleux de drap écarlate, et John Gaddesdon traita le fils du roi Edouard, malade de la variole, en l'enveloppant d'un vêtement rouge et en le faisant coucher dans une chambre toute tapissée de rouge. Ambroise Paré conseillait un traitement identique. Le remède fut pratiqué en France longtemps après et, chose bizare, ce remède efficace peut se justifier scientifiquement.

Jean Gaddesden, professeur de médecine au collège Merton à Oxford, au XIVe siècle, dit que les excréments de porc sont le meilleur remède pour arrêter toutes les espèces d'hémorragies. L'idée se retrouve en France au XVIIe siècle. Montaigne dit que de son temps on administrait des crottes de rats pulvérisées contre les coliques, et Rabelais dit qu'avec les crottes de mouton, les médecins guérissaient soixante et dix-huit espèces de maladies (Paul Hermant, Denis Boomans, La médecine populaireBulletin du Service de Recherches Historiques et Folkloriques du Brabant, 1928 - gallica.bnf.fr).

 

Belette et au King's evil

 

Vers 1325, vivait √† Ypres un chirurgien, ma√ģtre Jean, qui nous a laiss√© un trait√© sur son art; il avait, semble-t-il, pris parti dans les luttes politiques qui d√©chiraient alors la Flandre, il se rangeait parmi les adversaires des fleurs de lis; d'o√Ļ sans doute le scepticisme manifest√© par lui vis-√†-vis du don thaumaturgique que l'opinion m√©dicale fran√ßaise pr√™tait aux Cap√©tiens. ¬ęOn vous dira maintenant¬Ľ, √©crit-il, ¬ęque beaucoup de gens croient que Dieu a donn√© au roi de France le pouvoir de gu√©rir les √©crouelles suppurantes par un simple attouchement de la main; Gui de Chauliac en France dans cette Grande Chirurgie, r√©dig√©e en 1363, qui devait jusqu'aux temps modernes rester un des manuels pr√©f√©r√©s des praticiens, en Angleterre Jean de Gaddesden sous Edouard III, Jean de Mirfield sous Richard II, ob√©irent, sans plus, √† l'impulsion donn√©e par le groupe fran√ßais aux environs de l'an 1300. Or il est extr√™mement frappant que le rite gu√©risseur ait ainsi obtenu une sorte de cons√©cration scientifique au moment m√™me et √† peu pr√®s dans le m√™me milieu o√Ļ, comme on le verra plus loin, cessa l'ostracisme dont la doctrine eccl√©siastique jusque-l√† l'avait presque unanimement frapp√©. En se taisant pendant tant d'ann√©es √† son sujet, les m√©decins n'avaient fait sans doute qu'imiter la prudente abstention dont [...] la th√©ologie leur montrait l'exemple. Tous du reste ne chang√®rent pas de conduite. Seuls les Fran√ßais et les Anglais, qui appartenaient √† des nations directement int√©ress√©es √† la gloire du miracle royal, lui donn√®rent, au moins quelquefois, une place dans leurs √©crits; ils ne furent pas suivis par leurs confr√®res √©trangers: non que ceux-ci d'ordinaire allassent jusqu'√† mettre en doute les vertus du toucher; parmi eux le cas d'un Jean d'Ypres anim√© contre les Cap√©tiens d'une de ces haines vigoureuses que d√©veloppaient, dans les Flandres, les luttes municipales, demeure tout exceptionnel ; ils se contentaient pour la plupart de ne rien dire. Par o√Ļ s'explique leur silence? par l'ignorance ou la routine pour certains; mais chez d'autres il semble bien avoir √©t√© une attitude voulue. Prenez par exemple Arnaud de Villeneuve, qui fut un des plus grands m√©decins du XIVe si√®cle. en France et √† Avignon; comment croire qu'il n'entendit jamais parler des cures accomplies par les Valois ? On en chercherait pourtant en vain la mention dans le chapitre ¬ęDe scrophula¬Ľ de son Trait√© de m√©decine pratique ; esprit ind√©pendant et capable de porter jusque dans la cr√©dulit√© m√™me une sorte d'originalit√©, il ne partageait sans doute pas la foi aveugle de ses contemporains. Autant que je puis voir, la notion du pouvoir de gu√©risseur des rois ne p√©n√©tra pas avant le XVIe si√®cle dans la litt√©rature m√©dicale internationale. Aussi bien ne faudrait-il pas s'imaginer que les m√©decins du moyen √Ęge, m√™me anglais ou fran√ßais, se soient r√©pandus, √† propos des rites gu√©risseurs, en phrases enthousiastes. Les miracles √©taient pour eux des choses famili√®res qui ne contredisaient en rien leur syst√®me du monde, ceux qu'accomplissaient les princes temporels comme ceux des saints. Ils y croyaient, mais d'un cŇďur paisible et sans fi√®vre. Ils distinguaient mal d'ailleurs les rem√®des naturels, dont l'action pour eux √©tait d'ordinaire pleinement myst√©rieuse, d'avec les surnaturels, et les √©num√©raient les uns √† c√īt√© des autres, sans malice. Le plus souvent ils renvoient aux rois les scrofuleux qui se sont trouv√©s rebelles √† tout autre traitement. ¬ę En dernier ressort ¬Ľ dit Bernard de Gourdon dans son Lis de la M√©decine, ¬ę il faut avoir recours au chirurgien; ou sinon, allons vers les rois¬Ľ. Jean de Gaddesden intervertit cet ordre : ¬ęSi les rem√®des, lit-on dans sa Pratique M√©dicale, sont inefficaces, que le malade aille vers le roi, et se fasse toucher et b√©nir par lui; ....en tout dernier lieu, si tout le reste s'est montr√© insuffisant, qu'il se livre au chirurgien ¬Ľ. Ne voyons l√† aucune ironie. Gaddesden ne pense point que le chirurgien fera forc√©ment mieux que le roi; il est au contraire d'avis que l'op√©ration, qui est dangereuse, doit √™tre √©vit√©e √† tout prix : on n'y aura recours qu'apr√®s avoir √©puis√© toutes les autres chances, y compris le miracle. Les rois ne gu√©rissent pas toujours, pas plus que les saints: on ne doute pourtant des vertus ni des uns ni des autres. Les apologistes de la royaut√© thaumaturgique, au xvie et au xvne si√®cles, parleront d'un autre ton; c'est qu'ils ne vivaient pas dans la m√™me atmosph√®re; ils √©levaient davantage la voix pour √™tre entendus d'un peuple moins confiant. Une foi simple s'exprime simplement et na√Įvement. Ainsi le toucher des √©crouelles √©tait devenu en France et en Angleterre un lieu commun m√©dical. Les manuels techniques servirent √† leur mani√®re la gloire de la monarchie (Marc L√©opold Benjamin Bloch, Les Rois thaumaturges, 1961 - books.google.fr).

 

Le seul concurrent de Philippe de Valois qui revendique publiquement le tr√īne de France est le roi d'Angleterre Edouard III. Il en porte le titre et les armes et cherche √† conqu√©rir son royaume √† la pointe de l'√©p√©e. Il utilise aussi d'autres moyens pour se procurer des amis sur le continent, faisant, par exemple, r√©diger un manifeste destin√© √† √™tre affich√© dans les √©glises et les lieux publics de France. Cette propagande n'est pas sans obtenir des r√©sultats, non seulement chez un certain nombre de barons qui passent √† son service, mais √©galement dans la bourgeoisie et le menu peuple : un bourgeois ais√© de Compi√®gne est, en effet, en juillet 1346, d√©coup√© comme viande de boucherie pour avoir dit que le royaume de France ¬ę apartenoit miex ¬Ľ √† Edouard III qu'√† Philippe VI et un certain Jean de Lyons passe six ans en prison, de 1347 √† 1353, aux Andelys, pour avoir affirm√© que le roi d'Angleterre devrait √™tre roi de France car il gu√©rissait mieux les √©crouelles (Raymond Cazelles, La soci√©t√© politique et la crise de la royaut√© sous Philippe de Valois: th√®se pour le Doctorat √®s Lettres, 1958 - books.google.fr).

 

John de Gaddesden préconisait le sang de belette pour soigner les écrouelles (cf. quatrain II, 70 daté de 1682, passage de la comète de Halley comme en 1066, année de la mort du roi Edouard le Confesseur à qui certains historiens anglais faisaient remonter la guérison des scrofuleux).

 

Bradwardine (De causa dei) says ‚ÄúIt is usual for all Christian kings of England and France to have this divine gift, ancient books and the common report of their kingdoms agree in testifying, whence also the disease has taken the name of Royal‚ÄĚ - Morbus Regius, King's Evil. The great representative of physic in this country, who took as much care of the body as Richard de Bury took of the mind of the young prince who became Edward III., sent all his scrofulous patients, who were not to be cured with weasel's blood or pigeon's dung, to ask the king for the royal touch. This foremost representative of the medical literature and learning of his time was John of Gaddesden, who studied at Merton College, Oxford, and was a Doctor of Physic in the year 1320. Under the name of ‚ÄėRosa Anglica‚Äô he wrote a famous compilation of the whole practice of ms. Rosa physic, chiefly as derived from the Arabians by himself and by Gilbert Anglicus and other of his predecessors, with additions from his own experience. His Rose of England may have been so named with reference to the Lily of France, ‚ÄúMedicin√¶ Lilium,‚ÄĚ by Bernard Gordon, who died in 1305, after having been for twenty years Professor of Medicine in Montpellier. John of Gaddesden's book was considered by Leland to entitle him to be called ‚Äúthe light of his age‚ÄĚ (Henry Morley, From Chaucer to Dunbar, Tomes 1 √† 2, 1867 - books.google.fr).

 

Belette et Galien

 

La belette, mustela en latin, serait appel√©e en grec "gal√®", nom qui est √† rapprocher de "galen" le m√©decin Galien. On trouve chez Hom√®re le combat de la belette qui sort son ennemi d'un trou. (Quels sont les animaux connus des anciens sous les noms d'"Ailouros, de "Gal√®" et de "Gale√īt√®s", Actes - Soci√©t√© linn√©enne de Bordeaux, Volumes 13 √† 14, 1844 - books.google.fr).

 

La belette gite aussi dans un trou, un terrier, et vit, hors saison de la reproduction, solitaire : "lone hole", trou solitaire en anglais.

 

En italien la belette est "donnola".

 

Le mot mustela, d'origine inconnue, qui d√©signe en latin la belette (mais aussi d'autres ¬ę marderartigen Tiere ¬Ľ), s'est conserv√© dans certaines langues romanes. Il a ainsi donn√© l'ancien fran√ßais mostoile, l'ancien proven√ßal mostela. ¬ę Il est encore vivace dans les patois de l'est, du nord-est et de nombreux patois m√©ridionaux ¬Ľ, indiquent O. Bloch et W. von Wartburg (Dictionnaire √©tymologique de la langue fran√ßaise). Il a √©t√© remplac√© dans un certain nombre de langues par les √©volutions phon√©tiques des d√©riv√©s hypocoristiques de domina. La belette est la ¬ę dame ¬Ľ ou la ¬ę petite dame ¬Ľ. L'italien moderne donnola l'atteste. Il y a beaucoup d'autres exemples de ce fait. Une autre s√©rie de d√©nominations est constitu√©e par des d√©riv√©s de l'adjectif latin bellus. C'est le cas du fran√ßais belette. C'est aussi le cas dans certains dialectes italiens. Parfois, on trouve un mot signifiant ¬ęjolie¬Ľ, bien que sans rapport √©tymologique avec le latin bellus. O. Bloch et W. von Wartburg citent l'ancien anglais fairy, le rouergat poulido etc. √Ä ce stade, on peut se demander si cette d√©signation n'est pas en rapport avec la gr√Ęce de l'animal. En effet, sa sveltesse et son agilit√© √©taient pass√©es en proverbe comme le prouve l'apologue de la belette et du renard ayant p√©n√©tr√© dans une jarre que raconte Horace. C'est en raison de ces caract√©ristiques, sans doute, qu'en latin, mustela, ou ses diminutifs, sont parfois employ√©s, dans l'Anthologie ou dans des inscriptions fun√©raires, pour d√©signer affectueusement une jeune femme ou un enfant (il ne faut pas oublier que la belette domestiqu√©e √©tait comme le chat dans nos maisons : or nous utilisons des expressions du type ¬ęmon petit chat¬Ľ). Cependant ¬ębelette¬Ľ peut √™tre un euph√©misme pour √©viter de m√©contenter une b√™te redoutable, voire la flatter, et en m√™me temps ne pas prononcer un mot dangereux comme par tabou (Lucienne Deschamps, Ma sorci√®re bien aim√©e, En un vergier... : m√©langes offerts √† Marie-Fran√ßoise Notz, 2009 - books.google.fr).

 

Galinthias (ou Galantis) ¬ę aux cheveux jaunes ¬Ľ, ancienne prostitu√©e, suivante d'Alcm√®ne, aida sa ma√ģtresse √† mettre au monde H√©rakl√®s contre la volont√© de H√©ra, jalouse de sa rivale. La d√©esse avait envoy√© des sorci√®res pour retarder l'accouchement (les sorci√®res de Thessalie, travesties en belettes, utilisaient des herbes pour faire avorter). Ces vieilles femmes murmuraient des paroles magiques pour emp√™cher la d√©livrance. Alors, Galinthias fit irruption dans la chambre, poussa un cri de joie et s'√©cria : ¬ę Enfin, la reine est d√©livr√©e ! ¬Ľ. Surprises, les sorci√®res interrompirent un instant leurs incantations. Le charme fut rompu et Alcm√®ne accoucha d'H√©rakl√®s. Pour la punir, H√©ra la m√©tamorphosa en belette et la condamna √† mettre au monde ses petits par la bouche, instrument de son mensonge. En revanche, pour la remercier de l'avoir fait na√ģtre, H√©rakl√®s confia √† la belette le secret de l'herbe d'immortalit√© (Michel Praneuf, Bestiaire ethno-linguistique des peuples d'Europe, 2001 - books.google.fr).

 

Galanthis résonne avec le galant Galen (Galien) de Rabelais.

 

C'est à l'époque héllénistique précisément que nous la retrouvons intégrée à la légende de Galinthias, une histoire de métamorphose traitée en un sens aitiologique et qui explique l'origine (aition) non seulement d'un monument et d'une fête religieuse de Thèbes, mais encore du paradoxon zoologique concernant, entre autres, la belette, mangeant de la Rue avant de livrer combat à un Serpent (Bulletin - Association des amis de Rabelais et de La Devinière, Volume 4,Numéros 6 à 10, 1987 - books.google.fr).

 

La teste perdue, ne perit que la persone: les couilles perdues, periroit toute humaine nature. C'est ce que meut le gualant Cl. Galen. lib. I. (46: lib. primo) de spermate, a brauement conclure que mieulx (c'est-à-dire moindre mal) seroit, poinct de coeur n'auoir, que poinct n'auoir de genitoires. Car la consiste comme en vn sacre repositoire le germe conseruatif de l'humain lignage (Tiers Livre, chapitre VIII).

 

Se r√©f√©rer plus haut avec l‚Äô√Ęne entier.

 

Guilbaud dit: Jeu de mots entre Galen (Galien) et galant. Et il indique: De semine, I, xv. Tous les anciens commentateurs corrigent De spermate en De semine. Mais Screech, s√©rieux comme un commentateur qui porterait des reliques, annote: C'est bien dans le De spermate, I, 15, que Galien soutient cette th√®se contre Aristote. Ce passage a toujours √©t√© cit√© dans les commentaires et autres ouvrages de l'√©poque traitant du cŇďur ou des testicules. Et il engage √† se reporter √† Avicenne (Marc Berlioz, Rabelais restitu√©: t. 1, Le tiers livre, Du prologue au chapitre XXVIII, 1994 - books.google.fr).

 

L'Omole en Thessalie, pays de la médecine

 

Les sorci√®res passaient √©galement pour se transformer en certains animaux. Plusieurs textes de l'Antiquit√© √©voquent la m√©tamorphose d'une magicienne en belette. Elien, De la nature des animaux 15,11 raconte qu'au d√©but il s'agissait d'un √™tre humain, une faiseuse d'incantations et de philtres, nomm√©e Gal√®, nymphomane, que dans sa col√®re H√©cate changea en belette. Dans Les M√©tamorphoses ou l'√Ęne d'or, au livre 2, Apul√©e narre une m√©saventure arriv√©e √† un jeune homme en Thessalie, pays de la sorcellerie. √Ä la demande d'une veuve apparemment √©plor√©e il garde toute la nuit le cadavre du mari de celle-ci pour qu'il ne soit victime d'aucun mal√©fice. On lui enjoint de ne pas quitter le d√©funt des yeux car les sorci√®res ont le pouvoir de se muer en b√™tes. La nuit s'avance et le gardien remplit son office, quand, raconte-t-il : soudain une belette, se glissant dans la pi√®ce, s'arr√™ta en face de moi et fixa sur moi un regard si aigu que l'extraordinaire assurance d'un si petit animal me causa un profond malaise. Enfin je lui dis : ¬ęVeux-tu t'en aller, vilaine b√™te, et te cacher aupr√®s des rats, tes semblables, ou je te fais sentirma force sur le champ ? Veux-tu t'en aller ? ¬Ľ Elle tourna le dos et s'en fut droit hors de la chambre. L'instant d'apr√®s, un lourd sommeil me plongeait soudain au fond d'un ab√ģme (Lucienne Deschamps, Ma sorci√®re bien aim√©e, En un vergier... : m√©langes offerts √† Marie-Fran√ßoise Notz, 2009 - books.google.fr).

 

On pourrait rapprocher LONOLE de l'Omole, montagne de Thessalie. La ville d'Homolium, ville de la Magn√©sie en Thessalie, au pied du mont Ossa, tire son nom de l'Omole, et se trouve pr√®s, au sud, de l'embouchure du P√©n√©e sortant des gorges du Tempe, au Nord-est de la Thessalie. Apollodore, d√©crivant les sept portes de Th√©bes, parle de celle qui √©toit nomm√©e Omolo√Įs. Pausanias dit Omol√©, & dit de cette montagne, que c'√©toit la plus fertile & la mieux arros√©e de la Thessalie. Il y avait les f√™tes Homo√©ides en l'honneur de Jupiter (Zeus).

 

Suivant Pausanias, qui nous a transmis plusieurs traditions populaires au sujet d'Esculape, Phlegyas, roi de Thessalie, avait une fille, nomm√©e Coronis, qu'Apollon rendit m√®re. Ce prince ayant fait une invasion dans le P√©lopon√®se, dont il ravagea et pilla une partie, emmena sa fille avec lui dans son exp√©dition. Coronis, qui avait su cacher sa grossesse, accoucha secr√®tement, et exposa son fils sur le mont Titth√©ion, appel√© alors Myrtion. L'enfant fut alait√© par une ch√®vre, et gard√© par le chien d'un berger. Aresthanas, c'√©tait le nom de ce berger, voyant qu'il lui manquait son chien et une ch√®vre, se mit √† les chercher, et les trouva aupr√®s du jeune Esculape, dont le corps √©tait entour√© d'une aur√©ole √©clatante. [...] Pindare le fait na√ģtre √† Lacereia, en Thessalie, sur les bords du lac Boibias, et non loin des sources de l'Amyrus. C'√©tait l√† la plaine de Dotium, o√Ļ l'hymne hom√©rique fait aussi na√ģtre Esculape. Porphyre et Strabon assurent qu'il √©tait de Tricca, ville peu √©loign√©e de cette plaine. La plupart des anciens √©crivains attribuent sa mort √† l'abus de ses talens pour rappeler des morts √† la vie. Diodore de Sicile, Sextus Empiricus, Pline, Pausanias, et plusieurs autres disent que Jupiter lan√ßa la foudre sur lui pour le punir de cette audace; mais tous varient quant aux circonstances qu'ils rapportent, et au nom des morts qu'Esculape ressuscita. Euripide pr√©tend qu'Apollon, furieux de la mort de son fils, s'en vengea en tuant les cyclopes qui forgeaient les foudres de Jupiter, et que le ma√ģtre de l'Olympe, pour le Punir, l'envoya en esclavage chez Adm√®te. H√©raclite a expliqu√© la mort d'Esculape d'une mani√®re au moins naturelle, en disant qu'il p√©rit d'une violente inflammation, laquelle, suivant Suidas, avait son si√©ge dans la poitrine. La femme d'Esculape s'appelait Epione, suivant les uns, et Lamp√©tie, suivant les autres. Il eut plusieurs filles, et deux fils, Machaon et Podalire, qui tous deux figurent honorablement dans l'histoire de la m√©decine. Esculape est compt√© parmi les disciples du centaure Chiron, qui s'appliqua surtout √† le rendre habile dans le traitement des maladies externes. Son talent dut, en effet, se borner √† savoir gu√©rir les plaies. Il employait des plantes pour arr√™ter es h√©morragies et apaiser les douleurs, encore m√™me le nombre en devait √™tre peu consid√©rable, et le plus souvent il avait recours √† des pri√®res, √† des invocations aux dieux, √† des paroles mystiques, en un mot √† des charmes. Hyginus lui fait l'honneur d'avoir invent√© la m√©decine clinique, c'est-√†-dire l'art d'observer au lit du malade. Apr√®s sa mort, Esculape, comme tous ceux qui s'√©taient distingu√©s, dans des temps recul√©s, par des talens √©minens ou des actions h√©ro√Įques, fut mis au rang des dieux (Dictionaire Des Sciences M√©dicales - Biographie M√©dicale: E - G., 1821 - books.google.fr).

 

Esculape mourant d'une maladie des poumons, pointe vers la tuberculose. Les écrouelles sont précisément affection due à la tuberculose.

 

En B√©otie, Zeus √©tait honor√© sous le surnom de Homoloios ; on lui faisait, √† Th√®bes et √† Orchom√®ne, les honneurs d'une f√™te nomm√©e Homoloia, o√Ļ des prix √©taient d√©cern√©s, et √† laquelle avaient part D√©m√©ter, Ath√®na et la d√©esse belliqueuse Enyo (Georg Friedrich Sch√∂mann, Antiquit√©s grecques, Tome 2, 1887 - books.google.fr).

 

La guerre et la belette

 

Belette du radical bellus, beau, diminutif de beau, belle est un mammifère de l'espèce du genre putois, commun en Europe, qui fait l'effroi des basses-cours par son audace et sa voracité (L. Gaudeau, Glossaire français polyglotte, dictionnaire historique, étymologique, raisonné et usuel de la langue française et de ses noms propres, Tome 1, 1846 - books.google.fr).

 

Bellone est la d√©esse de la guerre, sŇďur, √©pouse, ou fille de Mars, dont elle conduit le char accompagn√©e d'Eris (la Discorde), Phobos (l'Effroi) et Phyge (la Fuite); quelquefois elle est seule aupr√®s du dieu, et excite ses deux coursiers, Pavor et Formido (l'Efrroi et la Crainte), soit avec un fouet sanglant, soit avec la pointe de sa lance. On la voit encore tenant un fl√©au, une verge, une torche et sonnant de la trompette. A Th√®bes et √† Orchom√®ne on c√©l√©brait les homoloia en l'honneur de celte d√©esse, de C√©r√®s. de Minerve et de Jupiter; c'est d'Homolo√Įs, l'une des pr√©tresses d'Enyo, qui fut envoy√©e de Th√®bes a l'oracle de Delphes, que ce dernier a pris son nom d'Homolo√Įos (Eduard Jacobi, Dictionnaire mythologique universel, 1846 - books.google.fr).

 

En Thessalie - comme dans d'autres r√©gions - les dieux sont souvent v√©n√©r√©s sur des sommets de montagne. Des inscriptions sur des pierres votives mentionnant Zeus-Palamnaios ont √©t√© trouv√©es sur des sommets de la cha√ģne du Pindos pr√®s de Gomphoi ; en tant que Zeus-Akraios (vivant sur le sommet) sur le P√©lion; en tant que Zeus-Homoloios au sommet de l'Ossa [pr√®s du mont Omole], sans oublier un autel votif sur un sommet un peu plus bas de l'Olympe (Peter Gommers, La mythique Europe n'est ni ph√©nicienne ni princesse, Du mythe √† la g√©opolitique: Europe entre Orient et Occident, 2007 - books.google.fr).

 

Les peuples, qui habitoient la Th√©baide, adoroient la belette. On ignore la raison de ce culte, que les Thessaliens lui rendoient aussi, selon Plutarque. La belette transporte avec la gueule ses petits, lorsqu'elle veut les mettre en s√Ľret√© ; ce qui a fait croire √† Ovide qu'elle met bas par la gueule, & vanter l'amour qu'elle a pour eux. Le requin avait la m√™me r√©putation dont le nom est galeos en grec √† rapprocher du nom de la belette dans la m√™me langue, gal√®.

 

¬ęBelette¬Ľ et ¬ęBelon¬Ľ sont des diminutifs de ¬ębelle¬Ľ (Morlet Dict. 87). La graphie ¬ęBelete¬Ľ en h√©breu permettrait de consid√©rer aussi ce nom comme diminutif du nom biblique ¬ęBilha¬Ľ (Gen. XXIX,29), m√®re de Dan et Nephtali par Jacob, et servante de Rachel, qui, st√©rile, l'avait propos√©e √† son mari pour avoir descendance. Sur son lit de mort, le Patriarche Jacob voulant punir son premier-n√© Ruben pour avoir cohabit√© avec sa concubine Bilha (Gen√®se XXXV, 21, 22), le d√©chut de son droit d'a√ģnesse (Les noms juifs du Comtat du XVI√®me au XVIII7me si√®cle, Revue des √©tudes juives: Historia judaica, Volume 156, 1997 - books.google.fr, Elka√Įm Ha√Įm, Le Droit d'a√ģnesse: d'apr√®s la Bible et la l√©gislation rabbinique, son application au Maroc, 1952 - books.google.fr).

 

Chez Ph√®dre l'animal hostile aux souris est √©videmment la belette, et il est tout √† fait caract√©ristique de comparer au point de vue des auteurs la m√™me fable trait√©e par √Čsope, La Fontaine et Ph√®dre. Ainsi l'apologue d'√Čsope, ¬ę Le chat et les rats ¬Ľ est devenu chez La Fontaine la fable 3, 18 ¬ę Le chat, le rat et les souris ¬Ľ ; et le ¬ę bloc enfarin√© ¬Ľ du fabuliste fran√ßais est bien un chat ; chez Ph√®dre au contraire c'√©tait une vieille mustela, qui se roulait dans la farine pour tromper les mures (Ph√®dre 4, 2). On citerait encore chez Ph√®dre la fable 4, 6 : ¬ę Pugna murium et mustelarum ¬Ľ.

 

Les fables de Ph√®dre nous ont montr√© le r√īle de la mustela, pour la qu√™te et la destruction des souris et des rats dans le domaine de la fable, comme dans celui de la r√©alit√© quotidienne ; mais on peut relever d'autres t√©moignages, celui d'Aristote, par exemple, qui √©crit dans son Histoire des Animaux (IX, 6, 612b): ¬ęLa belette fait la guerre aux serpents, surtout √† ceux qui prennent des souris, parce qu'elle m√™me fait la chasse √† ces animaux ¬Ľ, celui de Plaute aussi (Stichus, 499) qui nous montre une belette venant de se saisir d'une souris (Latomus, Volume 20, 1972 - books.google.fr).

 

La belette luttait contre le basilic dans sa caverne par son odeur, et mourrait en même temps que lui, image du Christ sur la croix vainqueur des forces du mal (Abbé Louis Charbonneau-Lassay, Le Bestiaire du Christ, 2014 - books.google.fr).

 

Edouard Ier avait cr√©√© un embryon de service de sant√© des arm√©es en 1299 et il poursuivit son effort les ann√©es suivantes. Il ne semble pas que cette organisation ait √©t√© maintenue par ses successeurs imm√©diats, mais l'arm√©e d'Edouard III comptait 4 chirurgiens √† Cr√©cy. Deux de ces sp√©cialistes √©taient au service du roi : le premier, tr√®s connu √©tait Jean de Gaddesden, chirurgien lettr√© form√© √† Montpellier par Gordon, √©l√®ve de Henri de Mondeville √† Paris et dont Guy de Chauliac dit le plus grand mal pour avoir √©crit un trait√© en pillant int√©gralement celui de son ma√ģtre sans citer une seule fois son nom ; le second s'appelle Jordan de Canterbury (Alain Mounier-Kuhn, Chirurgie de guerre: le cas du Moyen √āge, 2006 - books.google.fr).

 

Chaucer

 

John of Gaddesden, the celebrated physician, is supposed to have lived at Little Gaddesden in the manorhouse of Lucies. He was born about 1280, and his disposition and peculiarities as gathered from his writings are so precisely those of the 'Doctour of Phisick ' in Chaucer's prologue, that it seems possible that Gaddesden is the contemporary from whom Chaucer drew the character. His name is mentioned in the 'Prologue.' He was in priest's orders, and was appointed to the stall of Wildland in St. Paul's Cathedral in 1342 (The Victoria History of the County of Hertford, Volume 2, 1908 - books.google.fr).

 

Among the authorities well known to his Doctor of Physic, Chaucer cites both John of Gaddesden and his obscurer predecessor, Gilbert, called Anglicus, who lived probably in the beginning of the reign of Edward I., and compiled his book of medicine from treatises of the Arabians, including entire chapters taken word for word from Rhases. That Doctor of Chaucer's : “Wel he knew the old Esculapius / Averrois, Damascene, and Constantin, Bernard, and Gatisden, and Gilbertin (Henry Morley, From Chaucer to Dunbar, Tomes 1 à 2, 1867 - books.google.fr).

 

Le nom du furet en latin classique, viverra, ¬ę survit dans les parlers italiens et franco-proven√ßaux, mais au sens de ¬ę belette ¬Ľ ou d'¬ę √©cureuil ¬Ľ (Lucienne Deschamps, Ma sorci√®re bien aim√©e, En un vergier... : m√©langes offerts √† Marie-Fran√ßoise Notz, 2009 - books.google.fr).

 

In The Tale of Melibee (1325) Chaucer quotes Ovid as saying that 'the litel wesele wol slee the grete bole and the wilde hert' [Que le plus grand taureau Peut être occis de façon très proprette Par l'infime Dame Belette]. Chaucer's source, Renaud de Louens' Le livre de Mellibee et Prudence has 'la petite vivre occist le grant thorel.' There are three possible explanations for the alteration from viper to weasel: that Chaucer took vivre to represent the the Latin viverra, a ferret, or that he was following a manuscript in which meure / mure (miniver) was written for uiure, or that he was influenced by the widely circulated belief that the weasel was a powerful little animal, capable of slaying the deadly basilisk. Weasel makes better sense here than viper because Prudence is using illustrations to support the contention that harm may come from seemingly innocuous sources. Chaucer's allusion to the hart, which is not in his source, makes one wonder whether there is some transference of ideas. In the bestiaries the weasel and the stag are the two animals credited with the ability to kill snakes (Beryl Rowland, Blind beasts: Chaucer's animal world, 1971 - books.google.fr).

 

According to the proverbs "When the weasel squeals the winter reels" and ‚Äúquand on voit courir les belettes le long des chemins ou des haies, elles annoncent la pluie ou l'orage‚ÄĚ, the appearance of a weasel portends storms or showers. Alison, in The Tale of Melibee, presages a deluge.

 

In the weasel, Chaucer selects an attractive little animal, playful even with its intended victim, a creature of ill omen, associated with lust, trickery, and witchcraft, and his indirect elaboration of the physical and psychological aspects of his original figure gives depth to the portrayal of his heroine. The weasel serves as an appropriate symbol for the desirable yet wanton young woman of the fabliau, whose animal nature brings discomfort to others but remains itself sportive (3740), tricky (3832-33), and untamed (3850-51) (Robert Green Ingersoll, Ingersoll's Lectures, Volumes 1 à 3, 1962 - books.google.fr).

 

Recomandation et demande

 

Edouard Ier recommanda à son fils la poursuite de la guerre en Ecosse. Edouard II, alors qu'il était en prison, remit sa couronne à son fils qui n'avait point eut part à ses malheurs.

 

On l'accusa de diverses tyrannies, et de s'√™tre livr√© √† d'indignes ministres et on r√©solut que, n'√©tant pas digne de gouverner. Edouard II est contraint de remettre la Couronne √† son fils, & confin√© dans une prison perp√©tuelle, o√Ļ il p√©rit d'une mort violente par un fer rouge qu'un apoticaire, sous pr√©texte de lui donner un rem√®de, lui enfon√ßa dans le fondement par un tuyau de corne, de peur que la br√Ľlure ne par√Ľt, le 29 janvier de l'an 1326. Edouard III vengea son p√®re, en envoyant Mortimer √† l'√©chafaud et en condamnant sa m√®re √† une prison perp√©tuelle. Edouard II est le premier h√©ritier du tr√īne d'Angleterre qui ait port√© le titre de prince de Galles.

 

Edouard III jura de n'accepter jamais la couronne du vivant de son père, sans son consentement : ce qui déconcerta les mesures du parlement, et rendit la résignation d'Edouard II nécessaire. Edouard II ne la donna que par la crainte de voir passer sa couronne sur la tête d'un étranger, au préjudice de son fils.

 

On fit dire au jeune √Čdouard III, dans sa proclamation, que son p√®re s'en est "oust√© des governement du roialme de SA BONE VOLUNT√Č" ; mais ces principes de souverainet√© absolue, de succession, de non-√©lection, √©toient encore si peu reconnus, quoi qu'on en ait dit, que nous allons voir √Čdouard III disputer la couronne de France √† Philippe de Valois, nonobstant la loi salique (Gabriel-Henri Gaillard, Histoire de la rivalit√© de la France et de l'Angleterre, Tome 2, 1818 - books.google.fr, Annalyse raisonn√©e de l'histoire de France, Oeuvres compl√®tes de vicomte Chateaubriand, 1840 - books.google.fr).

 

Charles le Bel avait épousé trois femmes. Il n'eut point d'enfans des deux premières. La troisième , Jeanne d’Evreux, était enceinte lorsque le roi mourut. Ainsi, la France fut encore en suspens , comme à la mort de Louis Hutin, et dans le douté si la reine lui donnerait un successeur. Philippe de Valois, petit-fils de Philippe le Hardi, premier prince du sang, cousin germain du feu roi, et héritier présomptif de la couronne, fut nommé régent jusqu'aux couches de la reine. Deux mois après, elle accoucha d'une fille, qui fut nommée Blanche ; ainsi la couronne appartenait à Philippe. Il y eut cependant des oppositions de la part d'Edouard III, roi d'Angleterre. Voici quel en fut le prétexte. Edouard II avait épousé Elisabeth de France, fille de Philippe le Bel. De ce mariage naquit Edouard III.

 

Edouard III crut que sa naissance lui donnait des droits √† la couronne de France. Philippe de Valois, auquel cette couronne √©tait d√©volue suivant nos lois , n'√©tait que cousin-germain du feu roi Charles le Bel. Edouard III √©tait son neveu. Ainsi, en ne consultant que la proximit√© du sang, la succession au tr√īne aurait appartenu au monarque anglais. Mais la loi salique, qui exclut les femmes de lu couronne, s'opposait √† ses vues. Edouard ne tenait √† la maison de France que par sa m√®re; Philippe, au contraire, tenait, par les m√Ęles, √† la branche r√©gnante. Aussit√īt apr√®s la mort de Charles le Bel, Edouard III envoya des ambassadeurs en France, pour demander la r√©gence. On n'eut point d'√©gard √† sa demande. (Pierre-Joseph-Alexis Roussel, Annales du crime et de l'innocence, ou Choix de causes c√©l√®bres anciennes et modernes, 1813 - books.google.fr).

 

Parmi les lettres d'Edouard III à Philippe de Valois, la suivante :

 

¬ę De par Edouart, roy de France et d'Angleterre, seigneur d'Yrlande; Sire Phelippe de Valois, par lonc-temps vous avons poursuivi par messages et en pluseurs autres mani√®res, afin que feissiez raison √† nous, et que vous nous rendissiez notre droit h√©ritage du royaume de France, lequel vous nous avez de lonc-temps occup√© √† grant tort; et pour ce que nous voyons bien que vous entendez de pers√©v√©rer en vostre injurieuse d√©tenue et sans nous faire raison de notre droituri√®re demande, sommes-nous entr√©s en la terre de Flandres comme seignear souverain d'icelle, et pass√©s parmi le pays. Et vous signefions que pris avons l'aide de Nostre-Seigneur Jh√©sus-Christ, et avec le povoir dudit pays et avec nos gens ali√©s, regardant le droit que nous avons √† l'h√©ritage que vous nous d√©tenez √† grant tort, nous nous traions vers vous pour mettre brief fin sur notre droituri√®re demande et chalenge. [...] Et la voie que sus ce vouldrez eslire des offres dessus dites escrivez-nous par le porteur de ces lettres, en luy faisant hastive d√©livrance. Donn√© sous nostre grant scel, √† Elchin-sus-l'Escaut, del√®s Tournay, en l'an de grace mil trois ¬Ľ cent quarante, le vint-septiesme jour de juillet. ¬Ľ (Bernard Chevalier, L'Occident de 1280 √† 1492, 1969 - books.google.fr).

 

"et a son fils" : pour "par son fils" (cf. "rongée aux vers").

 

La pr√©tendue homosexualit√© du roi Edouard II fait partie de sa r√©putation de faiblesse (manque de couilles, cf. Rabelais et l'√Ęne entier).

 

Typologie

 

Le report de 2207 sur la date pivot 1340 (droiturière demande) donne 473.

 

La recette contraceptive utilisant la belette est bien attestée dans la littérature gynécologique médiévale.

 

Entre tous les m√©decins, gyn√©cologues, encyclop√©distes et naturalistes antiques, o√Ļ les auteurs m√©di√©vaux ont puis√©, deux signalent bri√®vement cette pratique. Aetius d'Amida, au VIe si√®cle, se contente de donner une valeur contraceptive au foie de belette li√© au pied gauche, et √† ses testicules plac√©s autour de l'ombilic. Ennien le Sto√Įcien [en fait Claude Elien le Sophiste], qui a rassembl√© au Ve si√®cle [en fait au IIIe si√®cle] des anecdotes piquantes, mais rarement exploit√©es au moyen √Ęge, √† propos des animaux, se montre √† peine plus prolixe. En parlant de la belette, il se borne √† cette indication : Testiculos eius mulieri sive dolo sive sponte appensos omnes conceptus et foecunditates abolere dicunt. La mention est assez impr√©cise si on la compare aux traditions m√©di√©vales. Avanc√©e avec r√©serve (dicunt), la recette est aussit√īt attribu√©e aux ¬ęmagiciens¬Ľ et aux ¬ęempoisonneurs¬Ľ, √† ceux qui agissent par ruse (dolo) plut√īt qu'avec l'accord de la femme (sponte) : Verum haec magis et veneficis, quibus Martem suum inimicitiae principem colant, cedamus (Jean-Claude Bologne, La belette et la f√©condit√©, Sur une curieuse recette du m√©dicinaire li√©geois, La Vie wallonne, Volumes 61 √† 62, 1987 - books.google.fr).

 

Deux sources ont influenc√© les bestiaires m√©di√©vaux : le Physiologus et le livre XII des √Čtymologies d'Isidore de S√©ville. Du texte original grec du Physiologus, catalogue moralisateur de b√™tes, furent tir√©es entre 386 et 431 des traductions en latin , qui connurent une tr√®s large diffusion pendant plusieurs si√®cles et qui ont laiss√© un nombre impressionnant de t√©moins textuels (Shannon Hogan Cottin-Bizonne, Une nouvelle √©dition du Bestiaire de Philippe de Thaon, Positions des Theses, 2005 - books.google.fr).

 

Inversement à la tradition antique, le Physiologus fait concevoir la belette par la bouche et accoucher par l'oreille (Arnaud Zucker, Physiologos: le bestiaire des bestiaires, 2004 - books.google.fr).

 

Deux corps, deux natures

 

Timoth√©e Aelure, d'abord asc√®te, puis, malgr√© lui, pr√©sent√© √† Cyrille, ordonn√© pr√™tre par celui-ci, a servi Dioscore. Il √©tait pr√©sent, en compagnie de son fr√®re Anatole, au concile d'√Čph√®se (449). Refusant, √† l'inverse de Prot√©rius, de reconna√ģtre la d√©position de son archev√™que, il est devenu, sous l'impulsion de Longin, higoum√®ne de l'√Čnaton, son successeur le 16 mars 457 peu apr√®s la mort de l'empereur Marcien. Il a √©t√© consacr√© par Eus√©be de P√©luse et Pierre l'Ib√©rien. Les √©crivains monophysites insistent sur la pr√©sence effective, selon les canons, de trois dignitaires, tandis qu'√Čvagre, de fa√ßon fine, ne signale que les deux personnages d√©j√† √©voqu√©s. Il est bien difficile de d√©m√™ler les √©v√©nements qui ont suivi cette ordination jusqu'√† la consultation des √©v√™ques. Il semble que Timoth√©e ait b√©n√©fici√© d'un soutien populaire capable de mettre en p√©ril l'existence m√™me de Prot√©rius. Plus encore, les r√©cits s'accordent pour souligner que la d√©pouille de ce dernier subit un sort particuli√®rement infamant. √Čvagre, habilement, exploite une lettre des responsables chalc√©doniens d'√Čgypte destin√©e √† l'empereur L√©on qui d√©signe Timoth√©e comme ¬ęl'architecte m√™me des m√©faits¬Ľ ayant provoqu√© la mort de leur pr√©lat. On peut √©galement imaginer que l'Antiochien ne m√©connaissait pas en l'occurence le pr√©c√©dent attribu√© √† Cyrille, c'est-√†-dire l'√©limination, au moyen d'une √©meute populaire, de la philosophe Hypatie. Dans un souci de mod√©ration, L√©on Ier choisit de ne pas chasser imm√©diatement Timoth√©e. Celui-ci profite de ce laps de temps pour consacrer des √©v√™ques fid√®les √† sa cause. Conseill√© par Anatole, ancien apocrisiaire de Dioscore et archev√™que de Constantinople, l'empereur se montre soucieux de ne pas √™tre √† l'origine d'une situation trop explosive. Apr√®s avoir re√ßu des d√©l√©gations antagonistes, il s'adresse √† soixante-quatre m√©tropolites et trois moines. Il leur demande ¬ęde dire ce qui (leur) para√ģt bon touchant le susdit Timoth√©e et le concile de Chalc√©doine¬Ľ. S'il est instructif de dissocier les deux questions, il est aussi utile de remarquer qu'il existe une √©troite association entre elles. Timoth√©e est donc la personnalit√© majeure dont l'opposition si efficace √† la formule dogmatique oblige l'empereur √† une initiative originale. Il s'agit en effet d'un pr√©c√©dent ; pour la premi√®re fois depuis la r√©union du concile, l'√Čglise doit se prononcer quant √† la validit√© de celui-ci. √Ä la suite de cette mesure, malgr√© de nouvelles tentatives de conciliation, Timoth√©e est exil√© vers Gangres (459 ou 460). {...]

 

Son surnom de chat, li√© aux cons√©quences de son asc√®se, est modifi√© par les Prot√©riens en belette. R. EBIED et L. WICKHAM rel√®vent que le terme grec pr√©sente une certaine ambigu√Įt√© et optent eux aussi pour le second (Philippe Blaudeau, Timoth√©e Aelure et la direction eccl√©siale de l'Empire post-chalc√©donien. In: Revue des √©tudes byzantines, tome 54, 1996 - www.persee.fr).

 

En 457, par une f√Ęcheuse co√Įncidence, Denis, qui commandait les troupes de la province, n'√©tait pas √† Alexandrie lorsque ces graves √©v√©nements se produisirent. A son retour, il voulut employer la mani√®re forte pour dompter les rebelles : il fit arr√™ter le nouveau patriarche et l'envoya √† Taposiris. Cette mesure d√©cha√ģna l'√©meute, si bien qu'il fallut rappeler Timoth√©e. Bient√īt la multitude surexcit√©e demanda davantage. Le jeudi saint 28 mars, elle envahit le baptist√®re de l'√©glise de Quirinus o√Ļ officiait l'√©v√™que Proterius et elle le massacra. Les assassins s'acharn√®rent sur son corps : ils le pendirent au T√©trapyle, le train√®rent par les rues ; apr√®s lui avoir fait subir mille outrages, ils le br√Ľl√®rent et jet√®rent ses cendres au vent (Histoire de l'√Čglise: depuis les origines jusqu'a nos jours, Tome 4, 1946 - books.google.fr).

 

L'usurpation de Basiliscus, favorable aux monophysites, en janvier 475, permit √† Timoth√©e de revenir √† Alexandrie, d'o√Ļ ses partisans expuls√®rent son rempla√ßant Timoth√©e Salophaciole. Le chef des monophysites resta ensuite sur le si√®ge jusqu'√† sa mort le 31 juillet 477 (fr.wikipedia.org - Timoth√©e II d'Alexandrie).

 

La dignit√© sacrale du roi le fait √©chapper au pourrissement et assure un pouvoir qui ne conna√ģt pas l'interruption. Or, dans la distinction des deux corps du roi, l'Angleterre avait √©t√© tr√®s pr√©coce. Edouard II comme Richard II virent leur corps mortel destitu√© au nom de leur corps impersonnel et √©tatique (Jean Favier, Les XIVe et XVe si√®cles, crises et gen√®ses, 1996 - books.google.fr).

 

Dans la pi√®ce de Christopher Marlowe (1593), Edouard II, La trag√©die d'√Čdouard est non seulement celle de la passion, mais celle de la passion d'un roi pour un homme qui n'est pas digne de son rang. En donnant libre cours √† une telle passion, √Čdouard montre la faiblesse de son corps naturel qui prend le dessus sur son corps royal ou politique. La notion des deux corps du roi est au cŇďur de cette tragedie, comme elle est au cŇďur du Richard II de Shakespeare. √Čdouard II laissant parler son corps et sa passion, le politique et le sexuel se trouvent √©troitement li√©s, car par analogie les d√©sordres sexuels du roi se refl√®tent dans les d√©sordres d'un royaume livr√© aux factions et aux invasions √©trang√®res, notamment √©cossaise (Th√©√Ętre √©lisab√©thain, Tome 1, 2009 - books.google.fr).

 

D'une mani√®re g√©n√©rale, il est tr√®s int√©ressant de remarquer que, dans l'Angleterre du xvf si√®cle, gr√Ęce aux efforts des juristes pour d√©finir effectivement et exactement les Deux Corps du Roi, tous les probl√®mes christologiques de l'√Čglise primitive concernant les Deux Natures furent de nouveau actualis√©s et ressuscit√©s dam les d√©buts de la monarchie absolue. Il est r√©v√©lateur, √©galement, d'examiner s√©rieusement ce nouveau Credo royal quant √† son ¬ęorthodoxie¬Ľ. On peut exclure presque a priori toute tendance √† l'arianisme, puisque la co√©galit√© du corps naturel du roi avec le corps politique durant leur ¬ęAssociation et Conjonction¬Ľ ne peut √™tre mise en doute ; d'un autre c√īt√©, l'inf√©riorit√© du Corps naturel par rapport au Corps politique n'est pas ¬ę arienne ¬Ľ mais est parfaitement en accord avec le minor Patre secundum humanitatem [inf√©rieur au P√®re quant √† son humanit√©] du Credo orthodoxe et du dogme reconnu. Le danger d'un ¬ęnestorianisme¬Ľ royal fut sans doute grand √† toutes les √©poques. Cependant, on peut dire que les juges se donn√®rent beaucoup de mal pour √©viter une s√©paration des deux corps en insistant continuellement sur leur unicit√©, alors que l'autre √©cueil cach√© du ¬ęnestorianisme¬Ľ ‚ÄĒ le concept d'une progression fond√©e sur la valeur comme chez le h√©ros de l'humanitas √† la divinitas ‚ÄĒ ne posait pas du tout un probl√®me dans la monarchie h√©r√©ditaire o√Ļ la pr√©destination du sang royal √† gouverner n'√©tait nullement mise en doute. L'affirmation fr√©quente que seul le corps naturel du roi pouvait souffrir des ¬ęInfirmit√©s qui surviennent par Nature ou par Accident¬Ľ et que son corps politique n'est pas ¬ęsujet aux Passions et √† la Mort¬Ľ, comme l'est son autre corps, supprime toute possibilit√© d'un ¬ępatripassianisme¬Ľ ou ¬ęsabellianisme¬Ľ royal, comme cela fut prouv√© en 1649. L'attitude envers le ¬ędonatisme¬Ľ est aussi tout √† fait orthodoxe, puisque les actes du roi sont valables quelle que soit la dignit√© personnelle du corps naturel, qu'il soit trop jeune ou trop vieux, ces imperfections √©tant ¬ęeffac√©es par le Corps politique¬Ľ ; d'un autre c√īt√©, le probl√®me sacramental du character indelibilis [de la marque ind√©l√©bile] du roi allait rester un sujet ouvert √† la pol√©mique. On a d√©j√† indiqu√© une ind√©niable pointe de ¬ęmonophysisme¬Ľ ; elle venait d'une relative indiff√©rence √† l'√©gard de l'incarnation mortelle de l'individualisation du Corps politique. Le cri de guerre des Puritains ¬ęNous combattons le roi pour d√©fendre le Roi¬Ľ indique clairement la tendance monophysite, et le concept des juristes concernant la continuit√© de l'incarnation r√©p√©titive du corps politique dans des corps naturels interchangeables sugg√®re de toute fa√ßon une interpr√©tation ¬ęno√©tique¬Ľ de la royaut√©. Le danger d'un ¬ęmonoth√©lisme¬Ľ royal √©tait tout aussi consid√©rable, puisqu'il est difficile de distinguer clairement entre ¬ęla volont√© de la Couronne et ce que le roi veut¬Ľ ; on doit n√©anmoins admettre que les juristes de la Couronne surent parfois trouver l'occasion de faire la distinction entre les deux volont√©s, et que cette distinction devint la r√®gle du Parlement r√©volutionnaire au XVIIe si√®cle.

 

Tout cela n'implique pas que les juristes s'inspir√®rent consciemment des Actes des premiers conciles, mais que la fiction des Deux Corps du Roi donna naissance √† des interpr√©tations et √† des d√©finitions qui devaient fatalement rappeler celles formul√©es propos des Deux Natures du Dieu-homme. Les lecteurs qui connaissent bien les d√©bats christologiques des premiers si√®cles de l'√®re chr√©tienne seront frapp√©s par la similitude de discours et de pens√©e entre les Inns of Court, d'un c√īt√©, et les premiers conciles de l'√Čglise, de l'autre ; ainsi que la fid√©lit√© avec laquelle les juristes anglais appliquaient inconsciemment, plut√īt que consciemment, les d√©finitions th√©ologiques courantes √† leur √©poque √† la d√©finition de la nature de la royaut√©. Consid√©r√© en lui-m√©me, ce transfert de d√©finitions d'une sph√®re √† l'autre, de la th√©ologie au droit, n'est ni surprenant ni m√™me remarquable. La m√©thode du quid pro quo [de l'analogie] ‚ÄĒ l'emprunt de notions th√©ologiques pour d√©finir l'√Čtat ‚ÄĒ √©tait employ√©e depuis longtemps, tout comme, vice versa, dans les premiers si√®cles de l'√®re chr√©tienne, on avait adapt√© la terminologie politique imp√©riale et le c√©r√©monial imp√©rial aux besoins de l'√Čglise (Ernst Kantorowicz, Les Deux Corps du roi, traduit par Jean-Philippe et Nicole Genet, 1957 - books.google.fr).

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