Le siège de Gand

Le siège de Gand

 

X, 85

 

2239-2240

 

Le vieil tribun au point de la trehemide

Sera pressee, captif ne delivrer,

Le vueil non vueil, le mal parlant timide,

Par legitime à ses amis livrer.

 

Jean de Hembyze

 

Cf. quatrain X, 83 - La pacification de Gand - 2238-2239.

 

On sait que le centre de ce parti ultra-protestant était à Gand, où commandaient un théologien intraitable, Dathenus, et un vieux noble de plus de 70 ans, ambitieux et violent, Jean van Hembyse (Paul Fredericq, Le renouvellement en 1578 du traité d'alliance conclu à l'époque de Jacques Van Artevelde entre la Flandre et le Brabant, Revue de l'Instruction Publique en Belgique, 1879  - books.google.fr).

 

A l'avant-plan du triptyque de Viglius d'Aytta, on retrouve la physionomie caractérisée de Calvin, chef du protestantisme. On reconnaît aussi, se penchant vers lui et semblant prendre ses ordres, sous un déguisement semi-oriental, le fameux tribun gantois : Jean d'Hembyze, le chef des protestants. Jean d'Hembyze n'est pas un inconnu pour Pourbus. Sa première oeuvre datée et signée, connue actuellement, est précisément le portrait de d'Hembyze (Simone Bergmans, Le triptyque de Viglius d'Aytta de François Pourbus, Revue belge d'archéologie et d'histoire de l'art, Volumes 9 à 10, 1931 - books.google.fr).

 

Alors que Gand est assiégée par les Espagnols d'Alexandre Farnèse, Hembyze est arrêté par la nouvelle municipalité et exécuté le 4 août 1584.

 

Hembise (C. schrijft ten onrechte Hambise) bevat, blijkens zijn oudste vormen (1199 Hainbise, 1200 Hembise), niet ham doch hain «zegge», zoals Nederoverheembeek en Heenvliet. In namen beginnend met han kan dit niet een Romaanse evolutie zijn van hagan, daar han reeds zeer vroeg overgeleverd is (bv. 9e kop. IIe Hanatce, onbekend in Holland, waar ten andere Romaanse evolutie uitgesloten is) (Handelingen van de Koninklijke Commissie voor Toponymie en Dialectologie. XXX (1956). In: Revue belge de philologie et d'histoire, tome 35, fasc. 3-4, 1957 - www.persee.fr).

 

Hembyze se croyait comte de Flandre et qu'il battit monnaie à ses armes. La gravure de ces pièces d'or, d'argent et de cuivre frappées aux frais de la ville est reproduite par de Jonghe, Van Loon et Bizot. Elles portaient les armes de la Flandre soutenues par le lion que la pucelle de Gand caresse de la main gauche tandis que de la droite elle tient une bannière portant en bande les lettres S. P. Q. G. L'inscription était tirée du psaume CXLIV de David ; BEATUS POPULUS CUJUS JEHOVA DEUS EST. En exergue le millésime 1583. Sur le revers les armes d'Hembyze qui sont: « bandé d'or et d'azur de six pièces à l'ombre de lion brochant sur le tout, à la bordure engrêlée de gueules. L'écu surmonté d'un heaume et de son cimier assorti de ses lambrequins avec le cri d'armes : Silly. Silly, et cette devise SOBRIE. VIGILENTER. En exergue HEMBYZE (M. Kervyn de Volkaersbeke, Mémoire sur les troubles de Gand de François de Halewyn, Collection de mémoires relatifs à l'histoire de Beligique, Numéro 22, 1865 - books.google.fr).

 

Pierre Dathenus

 

Dathenus est auprès d'Hembyse, comme Marnix auprès de Guillaume d'Orange; et Houwart et Vandervoort, l'un resté catholique, l'autre luthérien, sont amis du Taciturne (Ch. Potvin, Revue des cours litteraires de la France et de l'etranger litterature, philosophie, theologie, eloquence, 1864 - books.google.fr).

 

Petrus, Pieter ou Peter Datheen, Daets, Daten, Daeten, Dathen, Dathenus, né à Casselbergh en 1531 aux anciens Pays-Bas et mort à Elbing le 17 mars 15882, est un prédicant qui a joué un rôle majeur dans la Réforme protestante des anciens Pays-Bas. Il passa son enfance dans le cloître des Carmes à Ypres pour y recevoir une formation de prêtre. Lorsqu'il vit brûler vif un garçon de dix-neuf ans en raison de sa foi, il rompit avec l'Église catholique romaine (fr.wikipedia.org - Petrus Dathenus).

 

"vieil non vieil" selon certaines éditions : "vieux" en grec se dit "presbyter" qui a donné prêtre et presbytérien, terme employé par les calvinistes pour désigner une organisation ecclésiale, en particulier en Ecosse.

 

Ou « Roman : vueil = volonté, vouloir » (Vlaicu Ionescu, Le message de Nostradamus sur l'ère prolétaire, 1976 - books.google.fr).

 

Il assista, comme serviteur de Jean-Casimir, à l'assemblée ecclésiastique de Francfort 1577, puis il fut envoyé en Flandre, pour empêcher la tolérance religieuse, l'Électeur l'y suivit de près avec une armée. Dathenus avait pour mission de faire adopter le calvinisme par les Flamands, il jouissait, à Gand, d'une grande influence, fut étroitement lié avec Ryhove et Hembise, et s'acquit, dans cette mission, tant de considération, que le synode de Dortrecht lui conféra la présidence de l'assemblée et le chargea avec Ph. Marnix de revoir la traduction flamande de la Bible. Dathenus fulmina contre la conduite de Guillaume de Nassau , lors de la pacification de Gand ; il quitta la ville pendant le séjour qu'y fit le Taciturne, mais à peine celui-ci fut-il parti, que l'ardent calviniste reparut et voulut, de concert avec Hembyse, renverser tout ce que Guillaume avait fait; mais il fut traversé dans ses projets par les mesures prises par le prince d'Orange et par la trahison de l'Angleterre qui abandonna Jean-Casimir. Dès lors, l'étoile de Dathenus commença à pâlir, il crut prudent de ne pas rester à Gand jusqu'au retour du prince d'Orange, et partit en renonçant à l'espoir de faire adopter le calvinisme par ses compatriotes, de réunir sa patrie aux domaines et de la mettre sous la protection de la puissante maison palatine. Dathenus se réfugia momentanément à Cologne, delà il vint, pour la troisième fois, remplir les fonctions de ministre à Frankental. Là, il ne cessa de travailler pour Jean-Casimir contre Guillaume de Nassau. Il dénonça même celui-ci à plusieurs synodes provinciaux, mais sans obtenir de résultat. Enfin il quitta de nouveau la colonie allemande et vint à Gand, avec Hembyse, pour venger les affronts que l'électeur avait essuyés; mais, lors du supplice de Hembyse, dont il était le complice, Dathenus quitta Gand, qui était devenu le théâtre de séditions et d'émeutes. Il était accompagné de vingt-huit ministres calvinistes, entouré de soldats et suivi de femmes et d'enfants. Il se retira en Hollande, y prêcha à Gouda contre l'alliance avec la France, fut fait prisonnier à Vreeswyk à cause de ce discours, et conduit à la prison d'Utrecht, où il resta quelque temps. Le moment des épreuves et des vicissitudes avait commencé pour Dathenus, il réussit néanmoins à se justifier, sortit de prison, mais mena assez longtemps une vie errante et malheureuse. Il se décida à se vouer à la pratique de la médecine, et, pour échapper à la persécution qui s'attachait à son nom, il prit celui de Pierre Montanus. Il pratiqua pendant quelque temps à Staden, mais il fut forcé de quitter cette ville. Il se dirigea alors vers Dantzich, où les magistrats ne lui permirent pas même de passer la nuit ; il dut se réfugier dans le faubourg et se détermina à se rendre à Elbing, où il obtint la permission d'exercer la médecine et s'acquit la confiance de ses nouveaux compatriotes. Le bruit courut un instant qu'il avait changé de réligion, mais Dathenus protesta contre cette assertion, en proclamant qu'il n'avait jamais renoncé aux principes qu'il avait enseignés. Les dernières années de la vie de cet homme remarquable s'écoulèrent dans la paix et dans le bonheur ; il mourut le 19 février 1590. Et telle fut la considération dont il jouissait, que le magistrat d'Elbing lui fit ériger un cénotaphe surmonté d'une statue de grandeur naturelle (Biographie des hommes remarquables de la Flandre Occidentale, Tome 1, 1843 - books.google.fr).

 

"mal parlant"

 

Les expressions "parler mal" et "mal parlant" se trouvent dans la correspondance de Guillaume de nassau, dit le Taciturne (non parlant), en particulier dans une lettre de mars 1584 à Jean de Nassau son frère, au sujet de ses relations avec la France. Il se plaint de théologiens dont peut faire partie Dathenus, un de ses opposants.

 

Les Polonois ont choisi un roy papiste, les Électeurs un Empereur, l'Empire, composé des uns et des aultres, a alliance en son corps; je ne voy point que les Théologiens escrivent contre ceuls là. Pourquoy est ce qu'ils s'addressent à moy et non aux aultres ? Si c'est par leur propre mouvement, je désire en eux équité ; s'ils sont poulsés par aultrui, je désire intégrité. Et encores vous m'escrivez qu'il y en a de si présumtueux que de toucher ma conscience et mon honneur, ce que je trouveroi fort estrange, si je ne cognoissoi de longue main l'ingratitude qui est aux hommes et le désir effrené de mal parler. Car qui est l'homme du monde si hardi, que d'oser Mars. toucher à la conscience d'aultrui ? Et quand à mon honneur, puisqu'il fault que je le défende, il me sera plus licite, parlant à mon frère, de parler plus hardiment, que si je parloi à un estranger de nostre maison. Y-a-il quelcun qui se puisse glorifier (la gloire toutesfois en soit à Dieu) d'avoir plus travaillé, plus souffert, plus perdu que moy, pour planter, advancer, maintenir les Églises, que je n'ay faict ? S'il y en a de perdues, que Dieu m'avoit faict la grâce de conserver un temps, ont-elles pas esté perdues pour avoir suivi ce conseil, qui est trouvé si bon par mes accusateurs, et au contraire me poeult on monstrer une seule ville perdue de celles qui m'ont obéis ? mais aussitost que l'ennemi a senti que mon conseil estoit creu, a-il pas cerché son proufit ailleurs ? Aiant par la grâce de Dieu advancé jusques là, je ne sçay pas qui peult avoir en ce monde ceste puissance de toucher à ma conscience, laquelle, s'il plaist à Dieu, se défendra bien. Et comme je vous ay tousjours trouvé pour bon frère, je vous prie de respondre pour moy et faire entendre à ceuls que vous trouverez convenir, que je les prie de faire mieux que moy, et tant s'en fauldra que je les aille accusants et mal parlant d'eux, qu'au contraire, et de forces et de moiens, je les servirai et maintiendrai leur honneur à mon possible. Et combien que telles affaires se pourroient mieux vuider entre vous et moy, par un colloque particulier et en présence, comme je vous ay faict aultrefois entendre, et encoires je désireroi le faire, si est ce que ce ne seroit pas maintenant la principalle raison pour laquelle je vous vouldroi prier de me venir veoir, mais principalement affin d'avoir de vous, tant que ceste guerre durera, assistence de conseil et de toutes Mars aultres choses que vous pourriez apporter, pour la défense d'une si bonne et si juste cause, en laquelle, Dieu m'en faisant la grâce, je suis délibéré de finir mes jours et de n'appoincter jamais avecq l'Espaignol, sachant que de tel appoinctement dépendroit la ruine des Églises de ce païs et de plusieurs autres, une tyrannie généralle sur touts les subjects de ce païs, et particulièrement la destruction de toute nostre maison, laquelle, comme elle nous a esté mise en main par nos ancestres, aussi je m'emploierai, tant qu'il sera en ma puissance, pour la conserver à nostre postérité. Surquoy, me recommandant très-affectionnement à vos bonnes grâces, je prie Dieu vous donner, Monsieur mon frère, en bonne santé, heureuse et longue vie. A Delft, ce 18 jour de mars 1584. Vostre très-affectionné frère à vous faire service (G. Groen van Prinstener, Archives ou correspondance inédite de la maison d'Orange-Nassau: recueil publié avec autorisation de S.M. Le Roi, Tome 8 : 1581-1584, 1847 - books.google.fr).

 

Dans une lettre de R. de Segure à Moriensart, secrétaire du conseil d'Etat des Pays Bas (Espagne), datée de Gand du 21 mai 1584, il est parlé de Dathenus "come je luy cognois l'home plus craintif du monde, et que quant il verra ceste ville pressé, et peu d'aparance de se sauver, induirat les aultres ministres et le peuple à se rendre pour garantir sa personne" (Correspondance du cardinal de Granvelle, 1584, Volume 11, 1894 - books.google.fr).

 

Timide : psaume 42(41)

 

Les légendes d'Eustache, Hubert, Julien, Gilles, ont toutes ensemble une parenté trop étroite, pour qu'elles ne tirent pas leur origine d'une idée commune. Il y a ici un fait identique et primordial qui a présidé à la naissance de chacune d'elles et qu'il importe de dégager en quelque sorte, comme l'inconnu des différents problèmes dans lesquels il entre comme racine : et d'abord ce qui doit nous frapper, c'est la présence de ce crucifix entre les bois de l'animal. Il me semble que l'explication de cette circonstance est donnée par une double observation : la première, c'est que la licorne été sans cesse confondue avec le cerf, au moyen-age et dans l'antiquité; la seconde, c'est que les premiers chrétiens s'imaginaient voir sur le front du premier animal, la marque du Thau, le signe de la croix. A ce titre, ce timide et paisible habitant des forêts fut regardé comme le symbole du Christ; et de la confusion de ces idées, naquirent les légendes qui nous représentent d'une part, des cerfs portant réellement sur leur tête l'instrument de la passion, de l'autre ces mêmes cerfs étant des métamorphoses sous lesquelles se cachait le Sauveur. Le cerf, confondu avec la licorne, non seulement exprimait emblématiquement Jésus-Christ, mais était encore l'image de l'âme altérée de la parole divine, d'après ces paroles du psaume (XLI, 1): «Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum, ita desiderat anima mea ad te, Deus.» Voilà pourquoi cet animal figure dans une peinture des catacombes représentant le baptême du Sauveur et où on le voit se désaltérer dans les eaux du Jourdain. On trouve aussi quelquefois le même animal sur les lampes des premiers chrétiens. On comprend aisément maintenant l'origine de ce crucifix placé entre les bois du cerf, dans les légendes que nous avons citées. C'est l'empreinte mystérieuse de l'instrument de la passion qui aura été transformée en un crucifix réel; ce sont les paroles mystérieuses de l'histoire de la conversion de Saint-Paul : «Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?» qui auront été reproduites au sujet d'un cerf qui, représenté peut-être lui même auprès du saint, avec le crucifix symbolique, rendait ainsi plus visible le stigmate qu'il portait sur le front (Louis Ferdinand Alfred Maury, Essai sur les légendes pieuses du moyen-âge, 1843 - books.google.fr).

 

"point de la trehemide"

 

Mixte de "tremo" (trembler), tremidus, tre-he-mi-dus (Jean de Kerlecq, Quand et comment finiront nos tourments ?, 1933 - books.google.fr).

 

Trehemide est une expression qui a été décrite par Vlaicu Ionescu équivalant à trois et demi (3,5) (Eric Platel d'Armoc, N.D. résurgences, 1994 - books.google.fr).

 

Métaplasme par la jonction de tres (trois) et hemi (demi), allusion aux trois mois et demi, la durée de l'emprisonnement de Louis XVI dans la prison du Temple (Vlaicu Ionescu, Le message de Nostradamus sur l'ère prolétaire, 1976 - books.google.fr).

 

TRIHEMITON. C'est le nom que donnoient les Grecs a l'intervalle que nous appelons tierce mineure ; ils s'appeloient aussi quelquefois hémiditon ? La tierce mineure est douce & mélancolique (Encyclopedie Methodique, Musique, Tome II, 1818 - books.google.fr).

 

Trihemitonion (Gaffiot).

 

D'ailleurs, on sent bien qu'à l'époque déjà, on éprouvait le besoin de la sensible, puisque Bourgeois ajoute à la fin de son exposé : «On use de demi-ton pour avoir plus doulce mélodie et afin que chacune voix ou note puisse avoir dessus et dessoubz soy son harmonie : ce'sta dire un accord mélodieux, composé de divers sons, comme de tierces, quintes, sextes, octaves, etc., ce qui ne se pourroit faire autrement». Quant au mode phrygien, il est déjà plus rare à l'époque, et Bourgeois d'indiquer qu'il est même utile de mettre le signe x devant le mi de peur que d'oreille, les chanteurs n'entonnent un mi b pour le mi bécarre, ce qu'il «désirerait estre aux dessus des pseaumes le fol maling, et Propos exquis de notre premier livre des vingt et quatre Pseau». Comme exemple à ma démonstration, je choisirai le Psaume V, harmonisé par Goudimel dans l'édition de Jaqui 1565, donc quinze ans plus tard que la publication du Droict chemin, qui est transcrit en notation moderne au commencement de notre Psautier romand.

La tonalité originale est dorienne transposée de sol à sol avec si b et la mélodie au ténor, mais je la transcrirai en dorien de ré à ré comme elle est dans le Psautier romand, sans toutefois intervertir les voix pour pouvoir comparer les harmonies. [...] Examinons d'abord les accidents : Nous voyons 4 x, 2 au superius et 2 au contra, qui indiquent, deux fois que la clause est majeure , et deux autres fois que l'accord initial après la pause générale est majeur également. Ceci, Goudimel n'était pas même obligé de l'indiquer, mais il le fait pour faciliter la lecture. Quant à croire que ce signe x remplace notre dièse, et aurait à cette époque déjà la même signification et surtout la même valeur absolue et individuelle, serait une grave erreur. Il indique d'une façon générale que la clause est majeure. Mais la question devient encore plus épineuse quand la tierce majeure n'est pas indiquée d'une croix par l'auteur. Riemann donne à ce sujet un tableau complet des harmonies des cadences sur tous les degrés, sauf sur le septième, ajoutant que les clauses portant un point d'orgue transforment toujours leurs tierces mineures en tierces majeures si la tierce ne manque pas, ce qui arrive le plus souvent. Que penser donc des clauses de nos psaumes huguenots qui sont presque toujours suivies du point d'arrêt traditionnel ? Goudimel, par exemple, est loin de mettre toujours le signe x devant la tierce, et souvent dans des cas qui nous semblent analogues. Ainsi à la 26e mesure du Psaume I, la tierce n'a aucun signe alors qu'à la 21e mesure 1 du Psaume III, la tierce est précédée du signe (Paul-André Gaillard, Loys Bourgeoys: sa vie, son oeuvre comme pédagogue et compositeur : essai biographique et critique, suivi d'une bibliographie et d'un appendice, 1948 - books.google.fr).

 

Claude Goudimel, l'un de plus excellens Musiciens du XVIe siecle, fut massacré à Lion l'an 1572, à cause qu'il étoit de la Religion (Dictionaire historique et critique par M.r Pierre Bayle. Tome G-L, 1734 - books.google.fr).

 

Ecoutons encore ce que dit l'histoire : «Le 24 aout, en 1572, jour de la fête de l'apôtre saint Barthélemy, un dimanche, commença à Paris, à l'instigation de Catherine de Médicis le massacre des protestants, que l'on appelait aussi les Huguenots. Effroyables scènes de barbarie et de fanatisme, auxquelles l'histoire a conservé le nom de Massacre de la Saint-Barthélemy. Le signal du massacre, dont Catherine devança l'heure bien avant le jour, fut donné par. la cloche de Saint-Germain l'Auxerrois. Le 28 août, un Te Deum solennel, où Catherine et ses enfants assistaient en grande pompe, fut chanté à Votre-Drame-de-Pourri, pour remercier Dieu de la victoire remportée sur les hérétiques. Le massacre se prolongea dans les provinces pendant tout le mois de septembre suivant. Mezeray, écrivain consciencieux et exact, évalue à quatre mille le nombre des victimes égorgées à Paris, pendant les trois premiers jours des massacres, dont cinq cents gentilshommes. Dans les provinces, il ne fut pas égorgé moins de vingt mille individus.» (Hippolyte Adéon Depierris, Physiologie sociale, 1876 - books.google.fr).

 

Le Psaume 42 («Quemadmodum desiderat cervus») : paroles françaises de Théodore de Bèze sur une mélodie de Loys Bourgeois et une harmonisation à quatre voix de Goudimel (Jean-Claude Margolin, Érasme: une abeille laborieuse, un témoin engagé, 1993 - books.google.fr).

 

Le Psautier huguenot est la traduction en vers français des Psaumes de David : deux grands poètes au seizième siècle s'y employèrent surtout, Clément Marot et Théodore de Bèze. Le nom de Marot est inséparable de l'histoire du Psautier réformé, et son rôle a été mis en pleine lumière par M. Douen dans les deux volumes qu'il a consacrés à ce sujet : œuvre prodigieusement fouillée, dont malheureusement un esprit trop sectaire vient fausser les conclusions. Des textes contemporains de la Réforme, du témoignage de Florimond de Rémond, l'historien de l'hérésie, il ressort que primitivement le poète n'avait pas cru, en transportant dans sa langue les psaumes hébreux, faire œuvre de polémique, si bien qu'à la cour, le roi et ses courtisans, tous gens très catholiques, se prirent de goût pour les strophes sacrées : « Chacun des princes et des courtisans, écrit Florimond de Rémond, en voulut un pour soy. Le roy Henry second aimait et prit pour sien le psaume XLII : Ainsy qu'on oyt le cerf bruire, lequel il chantoit à la chasse. Madame de Valentinois, qu'il aimoyt, prit pour elle le LXXX : Du fond de ma pensée, qu'elle chantoit en volte. La royne avait choisi le VI : Ne veuillez pas, ô sire, avec un air sur le chant des bouffons.

 

Puis insensiblement ces traductions pénétrèrent dans les rangs du peuple, qui les chanta et se prit à Tes considérer comme très sacrées : les protestants, remarquant que ces œuvres avaient la faveur de la foule, s'avisèrent d'en faire un instrument de propagande religieuse, bientôt tous les huguenots surent leur Psautier par cœur. «C'était un des signes auxquels on les reconnaissait et ils se reconnaissaient eux-mêmes de loin les uns les autres, sans se voir, lorsque seulement de certaines mélodies bien connues arrivaient à leurs oreilles.» (Bordier.)

 

C'est alors que Théodore de Bèze, en 1551, intervint et, en plusieurs éditions, augmenta et compléta l'œuvre de Marot, qui fut l'ouvrier de la première heure : son éloge n'est point à faire ici, les protestants n'y ont point manqué. La formation musicale du Psautier huguenot comprend deux étapes : l'invention des mélodies et leur harmonisation. Les mélodies du Psautier ont des origines très diverses, les chants protestants d'outre-Rhin, l'imagination des artistes, les thèmes populaires, mais nous savons que les musiciens Bourgeois et Franc reçurent, vers 1552, la mission de faire un choix et de donner une édition définitive des mélodies réformées. D'autre part, les harmonistes du Psautier transportèrent dans le domaine de l'art le chant populaire : ils se nomment Certon, Jannequin, Champion, Claudin le Jeune, et le plus célèbre de tous, Claude Goudimel; c'est une œuvre de lui que vous allez entendre, le psaume XII sur les paroles de Théodore de Bèze.

 

C'est le grand honneur de la religion réformée d'avoir inspiré à la naissance du contrepoint vocal d'aussi belles pages, d'aussi grandioses créations, à côté desquelles, nous ne faisons pas difficulté de l'avouer, les chants des catholiques avaient piètre figure : leur lyrique religieuse était bien loin d'atteindre à l'élévation des chants huguenots ; il suffit de lire les titres des recueils à la mode dans cette époque, où les mièvreries firent fureur, au début du dix-septième siècle, la Philomèle séraphique, la Pieuse Alouette avec son tire-lire, les Rossignols spirituels, et tant d'autres, pour être édifié : toute une volière ! disait spirituellement Michel Brenet l'an dernier.

 

Par bonheur, il y a mieux, et la lyrique française au grand siècle de notre histoire, à l'époque de Louis XIV, peut citer deux noms avec orgueil : Godeau et Racine, qui renouvelèrent l'inspiration religieuse dans la poésie musicale (Pierre Aubry, L'inspiration religieuse dans la poésie musicale en France du Moyen Âge à la révolution (1898), La Tribune de Saint-Gervais; revue musicologique de la Schola Cantorum, 1899 - archive.org).

 

"pressee" : pressus

 

Le quilisma (grec, kylisma, roulement) et le pressus, que nous ne rencontrons plus que rarement dans nos livres de chœur. C'étaient là, selon toute probabilité, les deux formules qui désespéraient les maîtres qui enseignaient autrefois le chant liturgique aux Francs, dont « les gosiers barbares » ne pouvaient parvenir à exécuter les trilles. Le quilisma est une sorte de tremblement, d'hésitation et de balancement de la voix, en un mot une espèce de trille, qui ne différait du pressus, visible encore dans une foule d'anciennes éditions, qu'en ce que les trilles du pressus étaient placés sur les mêmes lignes et étroitement serrés, tandis que ceux du quilisma se trouvaient sur différentes lignes ! (Le plain-chant et la liturgie, traduit par Maurus Wolter, 1867 - books.google.fr).

 

Grégorien et contrepoint

 

A côté du répertoire grégorien, dont les mélodies sont reprises et structurées pour les adapter au chant strophique d'une assemblée, les réformateurs puiseront dans la chanson populaire pour donner à tous accès à la louange de Dieu. Nombre de chants, aujourd'hui gravement chantés par le peuple protestant, ont pour origine de lestes chansons (Protestantisme: l'homme, le citoyen, la société : exposition nationale présentée à la Fête de l'humanité, les 9-11 septembre 1994, Espace midi, stand du Gard, 1995 - books.google.fr).

 

Certaines mélodies sont restées vivantes dans le peuple et semblent bien faites pour vivre encore longtemps. Quant à d'autres, dont certaines formules archaïsantes empêchent pour le fidèle moderne une compréhension directe, surtout avec l'harmonie de Goudimel, elles ressemblent fort souvent au latin du pape et au choral grégorien (Paul-André Gaillard, Loys Bourgeoys: sa vie, son oeuvre comme pédagogue et compositeur, 1948 - books.google.fr).

 

Le mot contrepoint vient du latin punctus contra punctum a morticulum, littéralement point contre point c’est-à-dire note contre note. L'approche harmonique est basée sur les enchaînements d'accords lesquels donnent lieu à des lignes mélodiques. L'approche contrapuntique, elle, considère la qualité des lignes mélodiques; les accords sont un phénomène secondaire perçu à des moments rythmiques précis. Les lignes mélodiques se doivent d'être les plus conjointes possible, et doivent respecter certaines règles de mouvement (fr.wikipedia.org - Contrepoint rigoureux).

 

L'école franco-flamande est un mouvement de renouveau musical du Moyen Âge tardif ou de la Pré-Renaissance qui se développe à partir du XVe siècle, en France et dans les Pays-Bas bourguignons avant de se répandre dans toute l'Europe, aidé par l'invention de l'imprimerie musicale. Il est caractérisé par le grand développement de la polyphonie, et pose ainsi les bases de l'harmonie moderne. Il est considéré comme le premier style musical en Europe de l'Ouest depuis l'uniformisation du chant grégorien au IXe siècle. Sur le plan strict, l'école franco-flamande s'étend d'environ 1420 à 1633. On distingue en général six générations de compositeurs. Chacune dure une quarantaine d'années et est caractérisée par l'influence de quelques compositeurs marquants. La deuxième génération (1450-1485), dont Johannes Ockeghem fut le compositeur le plus marquant, est marquée par le perfectionnement du motet, forme musicale née au XIIIe siècle, et qui devient un lieu privilégié de l'expérimentation du contrepoint. La troisième génération (1480-1520), représentée en premier lieu par Josquin des Prés, souvent considéré comme le plus grand compositeur de l'époque de l'école franco-flamande, mais également Alexandre Agricola, Jacob Obrecht, Loyset Compère, Pierre de La Rue, Heinrich Isaac et Antoine Brumel qui, bien que Français, se rattache à l'école franco-flamande par son style (fr.wikipedia.org - Ecole franco-flamande).

 

Obrecht et Agricola sont gantois.

 

Le contre-point organise la polyphonie. Elle se développe rapidement sous l'impulsion de l'Ecole Franco-Flamande. Et voici se succéder Josquin des Prés, Jannequin, Goudimel, Roland de Lassus, Vittoria, Palestrina. Voici encore Luther. L'unification des modes fait prévaloir une tonalité nouvelle (L'âge nouveau, Numéros 6 à 9, 1938 - books.google.fr).

 

Le plain-chant est un genre musical sacré. Dans la musique occidentale médiévale, le plain-chant est : un chant, donc une musique vocale ; a cappella c’est-à-dire sans accompagnement instrumental ; monodique, c’est-à-dire à une seule voix, non polyphonique ; modal, c’est-à-dire que chaque pièce est sans modulation harmonique et s'inscrit dans un cadre modal (ou mode) fixe ; et qui suit une rythmique verbale, c’est-à-dire sans division ni mesure. En tant que genre de la musique occidentale, le plain-chant classique apparaît au haut Moyen Âge (entre les Ve et IXe siècles, et principalement du VIe au VIIIe siècle), dans la musique sacrée. Ces pièces forment le fond « classique » du chant grégorien.

 

Il faut remarquer que le chant grégorien était un chant effectivement mélodique et rythmique, avant la Renaissance. Cette dernière et la réforme protestante firent modifier considérablement la caractéristique du chant grégorien. Notamment, les livres de chant de Luthériens et d'Anglicans étaient assez syllabiques. Enfin, le Vatican sortit entre 1614 et 1615 l'Édition médicéenne, plus simple et plus syllabique. Le style syllabique est un des styles de plain-chant, où chaque syllabe est portée par une seule note (fr.wikipedia.org - Plain-chant).

 

Psaumes

 

Les États généraux des Pays-Bas avaient promis une prime, non pour la meilleure, mais pour la première traduction parue, et ce fut donc Dathenus qui remporta le prix ; aussi, sa traduction fut-elle adoptée aux Pays-Bas pour le culte public. Cette mise en vers rimés des psaumes sur les mélodies de Genève est une traduction de celle produite à l'initiative de Jean Calvin. Dathenus avait traduit d'après la version française de Clément Marot. Les psaumes de Dathenus furent déjà chantés au sermon en plein air (le hagenpreek) du 23 juillet 1566, près de Gand, et acquirent rapidement une popularité croissante. De 1566 à 1773, la version rimée de Dathenus fut le principal recueil de l'Église réformée hollandaise. La version de Dathenus, selon Victor Louis Marie Gaillard une versification facile et d'une diction assez pure31,32, l'emporta, même dans l'esprit du peuple néerlandais, sur toutes les traductions qui lui succédèrent jusqu'en 1773, comme sur toutes les versifications rimées qui l'avaient précédée (celles de Van Zuylen van Nijevelt, d'Utenhove et de D'Heere), que celles-ci soient de tendance catholique ou protestante. En 1745, le libraire Petrus Dathenus, qui prétendait être un descendant du prédicateur, entra en conflit avec le ministre de Middelbourg, Andreas Andriessen, qui se moquait de la version rimée de Dathenus. Ce renouvellement de la discussion sur les psaumes de Dathenus fraya le chemin à un nouveau psautier rimé, celui de 1773, créé à une époque où le chant religieux protestant fut entièrement réorganisé dans la république des Provinces-Unies (fr.wikipedia.org - Petrus Dathenus).

 

Dans leur intolérance, Hembyze et Ryhove furent soutenus par Pierre Dathenus, le très populaire traducteur en rimes des Psaumes, d'où son surnom de Brailleur des psaumes (Kees Schulten, L'indépendance des Provinces Unies (1559-1659): cent ans de sièges et de guerres, 2009 - books.google.fr).

 

Les États-généraux ne peuvent rien faire de plus ; ils blâment hautement les désordres qui ont eu lieu à Bruxelles, mais sans avoir l'autorité nécessaire pour y porter quelque remède. A Gand la situation n'est pas moins mauvaise : c'est au milieu des bandes de Gueux, qui font retentir les rues du chant des psaumes, que les députés des États-généraux iront pourvoir aux meilleurs moyens d'assurer la conservation de la foi catholique et de l'obéissance au roi. Il semble que les États-généraux cherchent quelque motif de rompre les pourparlers engagés avec le prince d'Orange. En cet état de choses, le Taciturne s'adresse au duc d'Arschot dans les termes les plus insinuants. S'il le félicite sur sa ferme et magnanime résolution, il cherche aussi à l'effrayer en lui disant que les oppresseurs de la patrie «lui pourchassent sa ruine en son particulier.» Il est à regretter qu'en ce moment «on fasse divers jugements de ses actions, car l'heure est venue pour lui de s'assurer un nom immortel et une heureuse jouissance du fruit de ses travaulx. » En vain hésite-t on à envoyer des députés à Gand ; en vain redoute-t-on les troubles qui, selon le duc d'Arschot, auront pour résultat de faire renaître les espérances des Espagnols. Il peut être convaincu qu'entre le prince d'Orange et lui il y a un même dessein, un même but. Le Taciturne, comme lui, désire une ferme et bonne paix ; le Taciturne, comme lui aussi, «veut refréner et empescher toutes séditions populaires.» (Joseph Marie Bruno Constantin Kervyn de Lettenhove, Les Huguenots et les Gueux: Étude historique sur vingt-cinq années du XVIe siècle (1560-1585), Tome 4, 1884 - books.google.fr).

 

Les Cisterciens sont connus pour la sévérité de leur règle. Ils semblent avoir estimé que la musique d'église devait posséder la même rigueur. Prenant à la lettre le passage biblique qui dit «je chanterai tes louanges sur un psaltérion et un instrument décacorde» (Psaume 144, 9), ils ont décidé qu'aucune mélodie n'aurait une tessiture de plus de dix notes. Pour réduire les chants qui n'obéissaient pas à cette règle, les Cisterciens, d'une manière générale, ont transposé les passages litigieux. [...] Bien que les savants ne soient pas d'accord sur l'étendue et l'importance de la réforme cistercienne, il ne peut faire de doute qu'elle ait constitué un dernier effort, d'ailleurs presque totalement couronné de succès, d'adapter au système modal le répertoire de plain-chant préexistant. [...]

 

Le mode est une espèce d'octave caractérisée par l'arrangement des tons et des demi-tons autour de la finale et de la dominante. Les facteurs importants qui déterminent la la modalité d'une mélodie écrite sont, dans l'ordre, sa finale, sa dominante et sa tessiture. [...]

 

Tous les chants d'un mode donné se terminent normalement sur la même note, la finale du mode. Les modes peuvent dès lors être groupés en quatre paires sur la base de leurs finales, ré, mi, fa ou sol. [...] Les théoriciens du moyen âge appelaient ces paires maneriae (au singulier maneria) et les désignaient par les nombres ordinaux grecs protus, deuterus, tritus et tetrardus. [...]

 

La musique monodique doit sa variété et sa subtilité entre autres à l'utilisation d'un nombre plus important de modes que les deux seuls qui soient restés en usage pour la musique des périodes classique et romantique, le majeur et le mineur. [...]

 

Dans les chants profanes, monodiques ou polyphoniques, de la fin du moyen âge. Dans ces répertoires, les tonalités du protus et du tritus sont prédominantes alors que le deuterus brille par sa rareté. Ce n'est certainement pas par accident que l'organisation tonale s'est accompagnée d'une concentration sur les modes les plus semblables à notre majeur et notre mineur. On assiste ici, en fait, au début d'une évolution qui portera ses fruits dans l'harmonie fonctionnelle des XVIIIe et XIXe siècles (Richard H. Hoppin, La musique au Moyen Âge, Tome 1, traduit par Nicolas Meeùs, Malou Haine - books.google.fr).

 

A l'époque moderne, "si la gamme commence par une tierce majeure, le ton du Psaume s'appelle majeur; si elle commence par une tierce mineure, le ton du Psaume s'appelle mineur, et ces deux manières s'appellent Mode majeur et Mode mineur. La dernière note du Psaume s'appelle fondamentale, et c'est ordinairement celle qui indique le Mode ou le Ton du Psaume" (Charles Bourrit, Psaumes de David et Cantiques, 1821 - books.google.fr).

 

"legitime"

 

"par" : Latin pro, per, dans le sens de : pour, en faveur de (Vlaicu Ionescu, Le message de Nostradamus sur l'ère prolétaire, 1976 - books.google.fr).

 

Philippe II, roi d'Espagne, était reconnu comme le souverain légitime des Pays Bas. C'est à son profit que se fait la reconquête d'une partie de ces territoires par le duc d'Albe et du duc de Parme. Les provinces tenues par les protestants conduits par Guillaume de Nassau parviendront à maintenir leur indépendance vis-à-vis des Espagnols.

 

Typologie

 

Le report de 2239 sur la date pivot 1584 donne 929.

 

Alfred mourut en 900; il laissa deux fils, dont l'ainé Edouard lui succéda, el trois filles, dont la plus jeune, Allrithe, fut mariée à Baudouin le Chauve. D'après un manuscrit de la Bibliothèque de Gand, le nom de celle princesse serait Estrude. Elle se fit la bienfaitrice de l'abbaye de Saint-Pierre à Gand, et concéda aux moines de grands biens dans le comté de Kent, à Greenwich, Woolwich et Lievesham ; la charte qui fait mention de celle donation repose aux Archives de l'État à Gand, et est la plus ancienne de celles qui ont rapport aux relations de la Flandre avec l'Angleterre. La comtesse mourut en 929 et fut enterrée dans l'abbaye qu'elle avait dotée du territoire où se trouve aujourd'hui une grande partie de Londres et de ses faubourgs. Le comte Arnould Ier fit alliance avec Alhelstan qui succéda à Edouard, et en reçut plusieurs fois des secours contre les Normands (Emile Varenbergh, Histoire des relations diplomatiques entre le comté de Flandre et l'Angleterre au môyen âge, 1874 - books.google.fr).

 

Le Traité de Sans-Pareil (Nonsuch) fut signé au palais de Sans-Pareil dans le Surrey le 10 août 1585, lors du siège d'Anvers par les troupes espagnoles qui seront victorieuses conduites par Alexandre Farnèse, duc de Parme, par Élisabeth Ière d'Angleterre et la République des Provinces-Unies. Ce traité d’alliance était une riposte à la signature du Traité de Joinville passé en 1584 entre Philippe II d'Espagne et la Ligue catholique (France), et qui consistait en un financement espagnol de l'effort de guerre des Guise (fr.wikipedia.org - Traité de Sans-Pareil).

 

Mais avant ce traité, en 1577, le général John Norris (1547 - 1597) dirige des volontaires anglais vers les Pays-Bas, où il combat pour les États généraux des Pays Bas, se révoltant contre Philippe II d'Espagne au début de la guerre de Quatre-Vingts Ans. A l'époque Les Etats Généraux ménagent à la fois l'alliance française avec François d'Anjou, frère d'Henri III, qui veut se tailler un royaume, et l'anglaise. Les exigences françaises et la mort du duc d'Anjou en 1584 laisseront Elisabeth Ière seule en piste. Norris quitte les Pays Bas début 1584, pour y revenir après le traité de Nonsuch (www.gentlemenadventurers.org).

 

En février 1584, Parme avait réussi à faire tourner casaque à la garnison anglaise d'Alost. La promesse de payer les soldes avait sans aucun doute emporté la décision des mercenaires anglais. Cette méthode n'était pas inhabituelle comme le démontrera l'affaire de William Stanley et de Rowland Yorke en 1587. Par le cours des événements, Gand se trouvait isolée, Bruxelles avait peur et Parme avait les mains libres pour entreprendre le siège d'Anvers, ce qui constituait un grand risque, car, de fait, il n'avait pas de prise sur les villes de Gand, de Dendermonde, de Bruxelles, de Malines et de Vilvoorde (Kees Schulten, L'indépendance des Provinces Unies (1559-1659) : cent ans de sièges et de guerres, 2009 - books.google.fr).

 

Acrostiche : LS LP, en anglais "else help"

 

Ps 42,1. : Like as the hart desireth the water-brooks : so longeth my soul after thee, o god [...]

Ps 42,4-5 : Put thy trust in God: for I will yet give him thanks for the help of his countenance (Brian Cummings, The Book of Common Prayer: The Texts of 1549, 1559, and 1662, 2011 - books.google.fr).

 

Cela permet de relier au timide et aux cerfs du quatrain précédent X, 84.

 

Le Ps 42/43 nous intéresse particulièrement, car la næpæs y est la principale notion anthropologique et l'orant y est confronté à lui-même dans sa næpæs. La première strophe de cette lamentation commence par une comparaison avec les animaux, qui souligne le malheur existentiel de l'orant à l'aide des expressions «soif de vie» // désir de Dieu (v. 2s). [...] L'orant, YHWH et la næpæs de l'orant sont les trois principales figures de ce texte. Même la «biche» (v. 2a) est reliée, métaphoriquement, à la næpæs de l'orant et souligne ainsi la fonction inauguratrice de cette dernière dans le texte. Le malheur de l'orant, signalé par la recherche de Dieu (v. 4b-bêta), repose justement sur l'absence de YHWH. C'est de lui, du Dieu vivant, que la næpæs desséchée a soif. C'est sa face qu'elle désire à nouveau «voir» (Bernd Janowski, Dialogues conflictuels avec Dieu: une anthropologie des Psaumes, 2008 - books.google.fr).

 

Yahvé se présente, dans le psautier, comme l'antidote du mal, l'anti-mal même, pourrait-on dire. Lorsque l'angoisse envahit l'homme jusqu'à en étouffer les forces vives, on dira que Dieu est absent, qu'Il «cache sa face», qu'Il est loin ; il suffira pour que tout s'éclaire, qu'il daigne «s'approcher» (Ps 85, 10). Israël ne trouve son salut qu'en se jetant dans les bras de son Dieu. Son Sauveur est un Goel (dix fois), qui rachète, Padah (treize fois), en les réclamant pour siens, des gens que le monde condamne. Les psalmistes répéteront qu'il n'est personne d'autre pour leur venir en aide (Ps 22, 12; 94, 17; 107, 12; 124, 1-5). Libérés par Yahvé, ils deviendront ses «clients» - au sens romain du terme - des «clients» dont Lui seul aura la charge et qui désormais dépendront totalement de Lui (Études Franciscaines, 1968 - books.google.fr).

 

Le psaume 144 célèbre l'aide divine dans le combat : «Béni soit Yahweh, mon rocher qui a dressé mes mains au combat, et mes doigts à la guerre... Toi qui donnes aux rois la victoire, qui sauves du glaive meurtrier David, ton serviteur, délivre-moi, et sauve-moi de la main des fils de l'étranger» (Jean Fraine, L'aspect religieux de la royauté israélite : l'institution monarchique dans l'Ancien Testament et dans les textes mésopotamiens, 1954 - books.google.fr).

 

Le psaume 144 donne l’inscription des pièces d'or, d'argent et de cuivre frappées aux frais de la ville pour le compte de Jean de Hembyze, en 1583.

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