Electorat de Hanovre

Electorat de Hanovre

 

X, 46

 

2211

 

Vie sort mort de l'or vilain indigne

Sera de saxe non nouveau électeur

De Brunsvic mandra d'amour signe

Faux le rendant au peuple séducteur

 

"or"

 

Dans le Saint-Empire romain germanique, un prince-électeur (en allemand : Kurfürst) ou électeur était un des sept princes allemands ayant le privilège d'élire le roi des Romains, avant son couronnement comme Empereur par le pape. Leur statut fut défini par la Bulle d'or (1356). L'empereur était élu à la majorité de leurs voix, au minimum quatre, quel que soit le nombre d'électeurs participant à l'élection. Par la suite la composition de ce collège électoral a varié : création des électorats de Bavière et de Hanovre au XVIIe siècle (fr.wikipedia.org - Prince-Electeur).

 

Electorat de Brunswick

 

1692 les princes de l'Empire étaient partagés en deux camps, et la suite de la création du IXème Electorat en Brunswick; la plupart d'entre eux, ligués sous le nom de princes «correspondants» ou «opposants», combattaient, comme illégale et  funeste à l'ordre établi, la nouvelle dignité électorale. Ils avaient des assemblées plusieurs fois par an, et étaient résolus à empêcher le duc de Brunswick-Hanovre de s'introduire dans le collège électoral. Ces mêmes princes allaient sans doute assimiler la royauté de Prusse au IXe Electorat, la déclarer contraire aux statuts organiques de l'Empire, et la repousser de toutes leurs forces avec l'aide de la France. Dans sa capitulation impériale, Léopold avait promis de consulter les électeurs et même les princes pour toutes les affaires importantes intéressant l'Empire. On lui avait reproché de ne l'avoir pas fait pour la création du IXe Electorat; le même le même grief allait pouvoir être répété à propos de la royauté prussienne; c'était là une question de droit. Quand au motif religieux, intimement lié au précédent, c'était sur les catholiques seuls qu'il agissait. Ces derniers avaient fait une vive opposition à l'Electeur de Hanovre, à cause de sa religion, et avaient réclamé tout au moins la création d'un dixième Electorat catholique, pour contrebalancer l'élément protestant dans le collège électoral. La conversion d'Auguste de Saxe au catholicisme avait détruit toute inquiétude de ce côté ; mais l'érection d'un trône protestant devait renouveler ces scrupules et raviver ces craintes (Albert Waddington, L'acquisition de la couronne royale de Prusse par les Hohenzollern, 1888 - books.google.fr).

 

L'électorat de Brunswick-Lunebourg (en allemand : Kurfürstentum Braunschweig und Lüneburg, littéralement «Principauté électorale de Brunswick et Lunebourg»), également appelé électorat de Hanovre (en allemand : Kurfürstentum Hannover, «Principauté électorale de Hanovre»), est un ancien État allemand formé en 1692 (le rang d'électeur n'est officialisé qu'en 1708) et dissous en 1814. Il s'agissait d'une principauté au rang d'électorat du Saint-Empire romain germanique, en union personnelle avec la Grande-Bretagne à partir de 1714. Si l'électorat porte officiellement le nom d'électorat de Brunswick-Lunebourg, il est généralement appelé «électorat de Hanovre». Cette désignation est en partie liée aux travaux historiques de Gottfried Wilhelm Leibniz qu'il mena dans le but de légitimer les ambitions dynastiques de son employeur en réalisant une histoire généalogique de la maison de Brunswick (fr.wikipedia.org - Electorat de Brunswick-Lunebourg).

 

Leibniz fait des apparitions dans l'interprétation des quatrains IX, 44, VIII, 96, IX, 76, II, 13.

 

Depuis 1673, Ernest-Auguste avait suivi un système politique entièrement autrichien. Parvenu au duché de Hanovre, il persista dans la même voie, prit part à toutes les alliances contre la France, fournit des troupes dans toutes les guerres de l'Empereur sur le Rhin, sur le Danube et en Hongrie, contribua particulièrement par ses secours à la délivrance de Vienne, fit en personne plusieurs campagnes, et perdit trois fils dans les guerres contre les Turcs. Enfin, il songea à réclamer le prix de tant de services rendus par lui et par sa famille à l'Empire et à la maison de Habsbourg. Or, la seule récompense qu'il ambitionnât, c'était l'érection de ses Etats en électorat. Pour parvenir à ce but, il gagna, à force d'argent, les ministres de l'Empereur, et son habile ambassadeur Otton de Grote mit en œuvre tous ses moyens. Mais avant qu'une décision fût prise à Vienne, Ernest-Auguste voulut s'assurer, ainsi qu'à son fils aîné, la succession entière de la maison de Brunswick-Lunebourg, et prévenir de nouveaux partages, en concluant avec le duc de Zell un traité qui rétablissait le droit de primogéniture. Cette mesure ne rencontra aucune difficulté de la part de George-Guillaume, qui n'avait point de fils, et bientôt elle fut adoptée, malgré la résistance d'Antoine-Ulrich de Wolfenbuttel et du troisième fils du duc, le prince Maximilien, qui quitta sa patrie, se fit catholique et devint général au service de l'Empereur. Le principal instrument des intrigues qui alors agitèrent la cour ducale, l'homme qu'on accusait d'avoir suggéré au jeune prince des idées de conspiration, était le grand veneur Moltcken: il trouva la mort sur l'échafaud (1692). A la fin, les vœux d'Ernest-Auguste furent accomplis. Le 22 mai 1692, Léopold Ier lui conféra, pour lui et ses descendants mâles, par ordre de primogéniture, la dignité électorale, et la déclara attachée aux États possédés par le duc et par son frère. Les deux princes s'engagèrent à reconnaître cette faveur, en fournissant à leurs frais, pendant deux campagnes, 6,000 hommes contre les Turcs et 3,000 contre les Français, auxiliaires qu'on réduirait à 2,000, si au bout de ce temps la guerre n'était pas finie. Ernest-Auguste promit encore pour sa part le payement de 600,000 rixthalers. Le même jour, une alliance perpétuelle fut conclue entre les maisons d'Autriche et de Hanovre. La communication de cette nouvelle création fut faite aux électeurs le 27 mai 1692. Mayence, la Saxe et la Bavière firent des remontrances; Trèves, le Palatinat et Cologne protestèrent, alléguant qu'une pareille innovation était une violation manifeste de la bulle d'or. Mais ce fut surtout le Wurtemberg et Antoine - Ulrich de Wolfenbuttel qui opposèrent une vive résistance. A Ratisbonne (février 1693), les princes héréditaires non électeurs voulaient déclarer la nomination nulle et non avenue. Pour prévenir l'orage qui se formait, l'Empereur fut obligé de consentir à ajourner encore l'investiture.

 

Pour expliquer comment Léopold a pu se résoudre à introduire dans le collège des électeurs un quatrième prince protestant, on allègue la corruption. Ce moyen fut employé, on n'en doute pas, auprès des minisires d'Autriche et de Saxe; mais il ne devait pas suffire. Lecélèbre liusching, dans son Hist. mag. (vol. VIII, p. 461), a publié, en 1774, une pièce qui jette un grand jour sur cette intrigue. Otton de Grote proposa au feld-maréchal Schoening, qui gouvernait Jean-George IV, électeur de Saxe, la formation d'un tiers parti dans l'Empire, parti neutre entre la France et l'Autriche, et qui, renforcé par l'accession de plusieurs maisons protestantes, obligerait les deux puissances à faire la paix. Le vaniteux feld-maréchal goûta ce projet, et le fit adopter par son ministre. Des négociations furent entamées pour la formation d'une ligue. Elles n'étaient que simulées de la part de Grote, qui, muni de pièces suffisantes pour prouver l'existence du plan, se rendit à Vienne et le révéla à l'Empereur, en lui persuadant que le meilleur moyen de traverser ce projet c'était de conclure avec la maison de Brunswick une union étroite dont la dignité électorale serait le prix (Philippe Le Bas, États de la Confédération germanique, pour faire suite à L'histoire générale de l'Allemagne, Tome 28, 1842 - books.google.fr).

 

Les Électeurs de Mayence et de Bavière, ceux de Saxe et de Brandebourg, ont fini par consentir à cette érection (Bertrand Auerbach, Recueil des introductions données aux Ambassadeurs, Volume 18, 1912 - books.google.fr).

 

En avril 1700, les princes opposants remettent à l'empereur une protestation contre la création du nouvel électorat. Parmi les signataires on trouve, outre ceux cités dans le texte, le prince d'Anhalt, l'évêque de Munster, celui de Wurzbourg, les ducs de Saxe-Meiningen et de Saxe-Gotha, le landgrave de Hesse, les margraves de Baden-Durlach et de Baden-Baden (Louis XIV et la succession d'Espagne, Revue d'histoire diplomatique, Volume 117, Société d'Histoire Générale et d'Histoire Diplomatique, 2003 - books.google.fr).

 

Amour

 

Georges-Guillaume duc de Zell avait épousé une Française : «Elle étoit fille d'Alexandre Desmiers, seigneur d'Olbreuse, gentilhomme de Poitou, protestant, qui... passa en Allemagne et s'établit en Brandebourg, où sa fille, belle et sage, fut fille d'honneur de l'Electrice, veuve de Christian-Louis duc de Zell... Georges-Guillaume, frère du premier mari de cette électrice, duc de Zell par la mort de son frère aîné, devint amoureux de cette fille d'honneur de l'Électrice, et l'épousa. Dans la suite il obtint de l'Empereur de la faire princesse de l'Empire pour couvrir l'inégalité de ce mariage, et que leurs enfants... pussent succéder. Il mourut en août 1705, à quatre-vingt-un ans, elle en février 1722, ne laissant qu'une fille mariée (1682) à son cousin germain Georges-Louis... successeur de la reine Anne à la couronne d'Angleterre (Marie de Rabutin-Chantal de Sévigné, Lettres, de sa famille et de ses amis, Tome 4, 1862 - books.google.fr).

 

Philippe-Christophe von Kœnigsmark, favori de Charles XII et oncle de Maurice de Saxe, eut une liaison avec la princesse Sophie de Zell, duchesse de Lunebourg, épouse malheureuse de George de Hanovre, futur roi d'Angleterre, qui fit disparaître l'amant (René de La Croix de Castries, Les Rendez-vous de l'histoire, 1979 - books.google.fr).

 

Frédéric le Grand a pour arrière-grand-mère Éléonore Desniers d'Olbreuse (née en 1639 au château d'Olbreuse) (Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, Volume 140, 1994 - books.google.fr).

 

Par une aïeule nommée Marie-Rose de Barbezières, les Mitterrand descendent de la famille Desmier d'Olbreuse (Jean-Louis Beaucarnot, Frédéric Dumoulin, Dictionnaire étonnant des célébrités, 2015 - books.google.fr).

 

Eléonore d'Olbreuse étoit surnommée la "Signora" par sa belle-sœur Sophie-Dorothée femme d'Ernst-Auguste (signe/signora ?).

 

«Georges-Guillaume avec sa Signora, cela est fort violent», écrit le 16 décembre 1665 la duchesse Sophie à son frère. Très amoureux, comme on peut le voir par ces quelques mots, plein de bonté et de prévenances, le prince ne négligeait rien pour faire oublier à Eléonore ce qu'il n'avait pu lui accorder (Charles Prosper Maurice Horric de Beaucaire, Une mésalliance dans la maison de Brunswick, 1665-1725, Éléonore Desmier d'Olbreuze, duchesse de Zell, 1884 - books.google.fr).

 

Le dernier vers

 

Leibniz est vraisemblablement le bibliothécaire qui a le mieux connu les ouvrages qu'il avait à recenser et à conserver. Sa bibliothèque personnelle comportait dix mille ouvrages, la bibliothèque ducale d'Hanovre a été enrichie par ses soins et celle de Wolfenbüttel associait l'architecture à la nomenclature (André Robinet, G.W. Leibniz: Le meilleur des mondes par la balance de l'Europe, 1994 - books.google.fr).

 

Tous ceux qui accèdent au trône ne sont pas nécessairement ces héros, certains parmi ceux qui gouvernent peuvent être des intrigants, et le peuple lui-même peut se tromper ou être trompé. Pour réduire cet écart nuisible à la sécurité et à la félicité communes, c'est-à-dire pour garantir que le souverain soit en ce sens utile aux sujets, nul n'est besoin de changer de régime, ni même de bouleverser le régime lui-même. Il suffit d'en amender la pratique, en modérant les excès dont est susceptible le souverain. Plutôt que de s'en remettre aux aléas de la sagesse et de la vertu du souverain ou à ceux de ses capacités à écouter les meilleurs conseils des meilleurs conseillers, Leibniz préfère mettre l'accent sur un moyen plus sûr, par lequel le souverain serait lié au meilleur, sa volonté ne pouvant se porter que sur le meilleur pour tous. Cette modération, qui est donc une limitation, n'est cependant pas une limitation du pouvoir du souverain. Il reste le détenteur du pouvoir coercitif dans toute son ampleur. Seulement, il serait souhaitable que soit limitée sa propre interprétation des motifs qui le conduisent à utiliser ce pouvoir coercitif. Ici se profile la distinction entre la majesté, droit de commander, et la souveraineté, droit de contraindre (Jérémie Griard, Le meilleur régime selon Leibniz, Philosophiques, Volume 31, Numéro 2, Société de philosophie du Québec, 2004 - books.google.fr).

 

Georges-Guillaume était obligé de cacher son feu et «d'étouffer sa flamme, pour ne point donner d'ombrage à la maîtresse de son inclination ou de jalousie à la princesse». Toutes les fois qu'il allait s'entretenir avec Eléonore, «il le faisoit avec beaucoup de circonspection et il se laissoit volontiers conduire aux intrigues d'un amour caché, étant ravi quand il avoit lieu de dire à sa belle Clorinde un petit mot à l'oreille, pendant que les autres s'amusoient à jouer, ou à soutenir la conversation de l'assemblée» (Avanture historique, Paris, 1679 - books.google.fr).

 

Clorinde est une héroïne de la Jérusalem délivrée du Tasse. Dans l'Avanture historique, Georges-Guillaume est appelé Agésilas. Ce nom est peut-être inspiré de la pièce de Corneille datant de 1666 dont Boileau disait : J'ai vu Agésilas, Hélas !

 

En 1654 est représenté au théâtre du Marais la Comédie sans Comédie du jeune Philippe Quinault. C'est une pièce du même genre que l'Illusion Comique de Corneille. Au premier acte, pour détruire les préjugés anti-théâtraux de leurs futurs beaux-pères, de jeunes comédiens proposent de leur présenter une série de pièces, qui forment les actes suivants de l'œuvre. Ainsi le quatrième acte est une tragédie, Clorinde, où Quinault prend de grandes libertés d'avec le modèle italien du Tasse, et le cinquième une tragi-comédie à machines, Armide et Renaud (Joyce G. Simpson, Le Tasse et la littérature et l'art baroques en France, 1962 - books.google.fr).

 

L'«Avanture Historique», malgré la rubrique Paris, doit avoir été imprimé en Hollande ; le texte fourmille de fautes de français et même de solécismes. Ce rarissime livret n'est pas sans intérêt historique: sous les noms supposés à' Agésilas et. de Clorinde on y trouve l'histoire du mariage d'un prince de Zell avec une jeune française, demoiselle d'honneur de la princesse de La Trémouille. Le prince et la princesse de La Trémouille, qui faisaient profession de la religion réformée, ayant dû quitter la France, à la suite de la révocation de l'Edit de Nantes, se retirèrent en Hollande, où ce prince possédait de grands biens et où il prit du service. Clorinde suivit sa maîtresse, et grâce à sa beauté, à ses charmes, à ses talents et surtout à sa vertu, fut bientôt l'objet des vœux et des hommages des plus grands seigneurs. Un seul, le duc régnant de Zell (Agésilas), sut lui faire partager son amour et contracta avec elle un mariage morganatique. Il lui lit prendre le nom de comtesse de Harbourg, et, par la suite, l'épousa publiquement, avec l'agrément de l'empereur. Le duc eut de Clorinde une fille qui épousa un des princes de l'empire et succéda à son père. Cette histoire, assez péniblement racontée, n'offre plus grand intérêt aujourd'hui. L'auteur en est inconnu ; mais peut-être a-t-elle été dictée par la duchesse de Zell elle-même ; c'est du moins ce que pourrait faire croire ce sous-titre, imprimé à la première page seulement : « Ecrite par l'ordre de Madame ***. » En effet, dans le courant du livre. Madame *** désigne constamment Clorinde, comtesse de Harbourg, princesse de Zell. La page 57 contient une clef de 27 noms (et non 17, comme l'indique le catalogue Peignot). Cette clef est assez peu claire et fort mal orthographiée (Fernand Drujon, Les livres à clef; étude de bibliographie critique et analytique pour servir a l'histoire littéraire, 1888 - archive.org).

 

L'Avanture insiste sur l'ascendant qu'Eléonore avait sur son mari, ce qui est confirmé par les diplomates français qui étaient en contact avec elle pour le règlement de la Paix de Celle signée le 26 janvier 1679, année de la parution du roman à clés. Sophie de Hanovre, sa belle soeur, écrivit ses Mémoires qu'elle confia à Leibniz, historiographe de la cour, qui en fit une copie parvenu jusqu'à aujourd'hui, l'original ayant été perdu (Dorothea Nolde, Une histoire peut en cacher une autre, Les Femmes et l'écriture de l'histoire, 2008 - books.google.fr).

 

On retrouve en Agésilas II, roi de Sparte, les qualités de ruse ("faux") et de séduction ("séducteur") présentes dans le dernier vers.

 

Agis, dernier roi de Sparte, avait eu de fortes raisons pour soupçonner la fidélité de sa femme, séduite par Alcibiade ; il refusa donc d'admettre la légitimité de Léotychidas, son fils. Près de mourir, il finit néanmoins, par céder aux instances de sa famille, et le reconnut pour héritier du trône. Les Spartiates, ne se contentant point de cette tardive reconnaissance, donnèrent la couronne a Agésilas, frère du roi défunt. Lysandre fut pour beaucoup dans cette décision : ne pouvant lui-même aspirer au trône, en raison de la jalousie et du mécontentement qu’il avait généralement excités, il employa toute son influence à faire choisir Agésilas qu’il crut pouvoir gouverner facilement; il fut trompé dans son attente, car, si le nouveau roi avait une apparence grêle, s'il était presque contrefait, ces défauts étaient largement compensés par l'étendue et l'énergie de son esprit peu scrupuleux, du reste. sur les moyens d'arriver à son but, il pouvait rivaliser avec Lysandre en ruse et en perfidie (André Augustin Cassé de Saint-Prosper, Lostalot-Bachoué, Le Monde: histoire de tous les peuples depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Tome VIII, 1858 - books.google.fr).

 

Le lien noué entre Agésilas et ses hommes ressemble à celui qui unit les chastes amants qui, selon Socrate, «ne cessent jusqu'à la vieillesse d'être amoureux de leur mutuelle amitié». Dans cette configuration érotique, le roi Spartiate tient le rôle du jeune homme vertueux et courtisé, exerçant son son emprise sur de nombreux érastes. Ce glissement de la philia vers l'erôs n'est pas seulement le fruit d'une exagération occasionnelle. Dans la suite de l'œuvre, Xénophon persiste et signe : non seulement, explique-t-il, Agésilas sut inspirer la philia à ses amis et à ses soldats, mais il devint finalement «le plus aimé et le plus loué parmi tous les hommes». Boiteux et déjà âgé lorsqu'il monte sur le trône, Agésilas devient, dans l'ordre du discours, un éromène séduisant et adulé par tous. Le renversement est spectaculaire, évoquant en filigrane la figure d'un autre épouvantail irrésistiblement attirant, Socrate (Vincent Azoulay, Xénophon et les grâces du pouvoir: de la charis au charisme, 2004 - books.google.fr).

 

"or vilain"

 

A l'origine, le vilain est une personne attachée à une ferme (villa romaine). La vilaine est son féminin.

 

On peut se reporter au quatrain suivant X, 47 qui parle de ville (bourgeois). C'est un début pour définir un enchaînement des quatrains.

 

Le Tasse étoit si frappé de la beauté du caractère de Camille, qu'il en a emprunté les principaux traits pour peindre Clorinde. L'héroïne du poète italien est, comme celle de Virgile, élevée dans les forêts; l'une et l'autre ont négligé l'aiguille et le fuseau pour les armes de Bellone ; toutes deux trouvent la mort sur le champ de bataille (Oeuvres complètes de Jacques Delille, avec les notes, variantes et imitations, Tome 2, 1818 - books.google.fr).

 

A partir de matériaux proches de ceux utilisés par Homère, Virgile sut donc rebâtir à neuf l'édifice épique, en le réaménageant, mais aussi en ornementant ses parties les plus frustes. [...] Les perfectionnements apportés par Virgile tiennent de la ciselure, mais également d'une opération alchimique consistant à transformer en or les pesanteurs du plomb homérique.

 

Le poète latin se démarque à la fois de son prédécesseur grec et de ses successeurs italiens. De fait, les œuvres de l'Arioste et du Tasse apparaissent souvent comme des dégénérescences de l'épopée antique. Caractérisés par l'introduction du merveilleux chrétien et une irrésistible propension au romanesque, ces poèmes semblaient, sous couleur d'aristotélisme, mener un dangereux travail de sape du genre épique lui-même. Mais un troisième grief est formulé à leur encontre: à force de grandiloquence, les Italiens galvaudent la parole épique, réduite à un entrechoquement emphatique de mots creux. Et si les yeux et les oreilles des doctes semblent immunisés contre ces vers pernicieux, les milieux moins érudits, en revanche, sont gagnés par le mal, comme le déplore Boileau en 1668 : A Malherbe, à Racan, préférer Théophile, Et le clinquant du Tasse à tout l'or de Virgile (Satire IX). [...]

 

Dans la troisième partie de son Traité du poème épique, consacrée à la narration, Le Bossu dissèque l'épisode de l'Enéide mettant en scène le personnage de Camille. [...] le poète aurait pu insérer une digression de type romanesque, comme le feront plus tard Le Tasse et ses émules. L'allusion faite par Le Bossu à la Jérusalem délivrée souligne ici le net contraste existant entre l'exubérance italienne et la sobriété virgilienne (Ludivine Goupillaud, De l'or de Virgile aux ors de Versailles: métamorphoses de l'épopée dans la seconde moitié du XVIIe siècle en France, 2005 - books.google.fr).

 

Danchet (1671-1748) produit avec Campra deux œuvres Tancrède en 1702 et Camille reine des Volsques en 1717. Ce type de rôle est d'autant plus remarquable qu'il est rarement employé dans le genre de la tragédie en musique. Monteverdi avait créé à Venise en 1624 chez le chevalier Mocenigo (cf. quatrain III, 90) une œuvre qui illustre le mieux le «concitato», le Combat de Tancrède et Clorinde, créé, sur des paroles de la Jérusalem délivrée du Tasse.

 

Il écrit dans sa préface de Camille : « Il [Metabus] y nourrissoit sa fille par le secours d'une Jument sauvage, dont il faisoit couler le lait sur les levres de la jeune Camille. A peine pouvoit-elle se soutenir, que son pere lui mit un Javelot à la main, un Arc & un Carquois sur les épaules: l'or ne servoit point à la parure de ses cheveux : elle avoit pour toute mante une peau de Tigre; dès lors elle exerçoit son bras à lancer des traits proportionnez à ses forces.»

 

Camille et Clorinde sont toutes deux associées à Diane, la déesse chasseresse, dont elles imitent la bravoure et la force, revêtant ainsi l'image de femmes majestueuses, valeureuses et invulnérables (Astrid Deschamps-Dercheu, Clorinde et Camille, Itinéraires d'André Campra (1660-1744): d'Aix à Versailles, de l'Église à l'Opéra, 2012 - books.google.fr).

 

Un fantôme apparaît en rêve à Arsès, prisonnier de Tancrède, qui a élevé Clorinde. Il lui apprend que la mère de Clorinde fut chrétienne, et qu'il avoit été chargé par elle d'élever sa fille dans la crainte d'un Dieu qu'il ne connoît pas. Cet aveu enchante Tancrède. Après qu'il l'aura tuée cachée dans l'écorce d'un arbre; il la baptisera. 

 

Ecco, dicea, fellon l'ora s'appressa che dee cangiar Clorinda e vita e sorte : Voici, disait-il, scélérat, l'heure s'approche que doit changer Clorinde et vie et sort (Pierre-Joseph-François Luneau De Boisjermain, Jérusalem délivrée ou cours de langue italienne, Tome 2, 1795 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Si on reporte symétriquement la date de 2211 par rapport à 1692 on obtient 1173.

 

Ernest-Auguste s'illustre lors de la guerre austro-turque qui se déroula de 1683 à 1699, aux côtés de l'empereur Léopold Ier. Il envoya du secours en Candie contre les Turcs en 1668 de concert avec son frère Georges-Guillaume. En récompense de ses services, il reçoit la dignité électorale en 1692. Les deux frères sont des descendants du duc Henri le Lion (fr.wikipedia.org - Ernest-Auguste de Hanovre (1629-1698)).

 

Selon la légende rapportée par la Chronique des Saxons, Brunswick a été fondé en 861 par le comte saxon Bruno, sur un gué de la rivière Oker. Le premier document historique où la ville est mentionnée date de 1031. Dans la deuxième partie du XIIe siècle, le duc de Saxe Henri le Lion y a institué le centre de son État et y a édifié la cathédrale de la ville. Il a choisi le lion comme blason et a mis la statue d'un lion devant son château fort (fr.wikipedia.org - fr.wikipedia.org - Brunswick (Basse-Saxe)).

 

Henri le Lion (en allemand : Heinrich der Löwe), né 1129/1131, et mort le 6 août 1195 à Brunswick en Saxe, est prince de la dynastie des Welf qui fut duc de Saxe à partir de 1142 et duc de Bavière à partir de 1156. Il était le plus riche et le plus puissant des nobles germaniques, au moins jusqu'à l'enrichissement de la dynastie rivale des Hohenstaufen pendant le règne de son cousin l'empereur Frédéric Barberousse. Il fut renversé en 1180 et a passé ensuite quelques années en exil en Angleterre. (fr.wikipedia.org - Henri XII de Bavière).

 

Le lion d'airain qui surmonte son château de Brunswick est le symbole de sa puissance. Il l'exerce sans mesure, abusant de la force et tyrannisant ses vassaux et ses voisins. La mort d'Albert l'Ours délivre le duc de Saxe de son principal rival. Les princes slaves de Poméranie et de Mecklembourg s'entendent avec lui pour propager le christianisme et la colonisation allemande. La situation est si solide que Henri le Lion peut quitter ses Etats pour un pèlerinage à Jérusalem. Laissant la régence à sa femme Mathilde, il part, avec une véritable armée, escorté par les comtes de Schwerin et Blankenburg, par Pribislav, par l'évêque de Lübeck, etc. Il descend le Danube, reçoit à Constantinople, à Jérusalem, un accueil royal, et, après avoir visité les lieux saints, revient par Antioche et Iconium, chargé de présents et de reliques (1172-1173) (www.cosmovisions.com).

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