Electorat de Hanovre

Electorat de Hanovre

 

X, 46

 

2211

 

Vie sort mort de l'or vilain indigne

Sera de saxe non nouveau électeur

De Brunsvic mandra d'amour signe

Faux le rendant au peuple séducteur

 

"or"

 

Dans le Saint-Empire romain germanique, un prince-√©lecteur (en allemand : Kurf√ľrst) ou √©lecteur √©tait un des sept princes allemands ayant le privil√®ge d'√©lire le roi des Romains, avant son couronnement comme Empereur par le pape. Leur statut fut d√©fini par la Bulle d'or (1356). L'empereur √©tait √©lu √† la majorit√© de leurs voix, au minimum quatre, quel que soit le nombre d'√©lecteurs participant √† l'√©lection. Par la suite la composition de ce coll√®ge √©lectoral a vari√© : cr√©ation des √©lectorats de Bavi√®re et de Hanovre au XVIIe si√®cle (fr.wikipedia.org - Prince-Electeur).

 

Electorat de Brunswick

 

1692 les princes de l'Empire √©taient partag√©s en deux camps, et la suite de la cr√©ation du IX√®me Electorat en Brunswick; la plupart d'entre eux, ligu√©s sous le nom de princes ¬ęcorrespondants¬Ľ ou ¬ęopposants¬Ľ, combattaient, comme ill√©gale et¬† funeste √† l'ordre √©tabli, la nouvelle dignit√© √©lectorale. Ils avaient des assembl√©es plusieurs fois par an, et √©taient r√©solus √† emp√™cher le duc de Brunswick-Hanovre de s'introduire dans le coll√®ge √©lectoral. Ces m√™mes princes allaient sans doute assimiler la royaut√© de Prusse au IXe Electorat, la d√©clarer contraire aux statuts organiques de l'Empire, et la repousser de toutes leurs forces avec l'aide de la France. Dans sa capitulation imp√©riale, L√©opold avait promis de consulter les √©lecteurs et m√™me les princes pour toutes les affaires importantes int√©ressant l'Empire. On lui avait reproch√© de ne l'avoir pas fait pour la cr√©ation du IXe Electorat; le m√™me le m√™me grief allait pouvoir √™tre r√©p√©t√© √† propos de la royaut√© prussienne; c'√©tait l√† une question de droit. Quand au motif religieux, intimement li√© au pr√©c√©dent, c'√©tait sur les catholiques seuls qu'il agissait. Ces derniers avaient fait une vive opposition √† l'Electeur de Hanovre, √† cause de sa religion, et avaient r√©clam√© tout au moins la cr√©ation d'un dixi√®me Electorat catholique, pour contrebalancer l'√©l√©ment protestant dans le coll√®ge √©lectoral. La conversion d'Auguste de Saxe au catholicisme avait d√©truit toute inqui√©tude de ce c√īt√© ; mais l'√©rection d'un tr√īne protestant devait renouveler ces scrupules et raviver ces craintes (Albert Waddington, L'acquisition de la couronne royale de Prusse par les Hohenzollern, 1888 - books.google.fr).

 

L'√©lectorat de Brunswick-Lunebourg (en allemand : Kurf√ľrstentum Braunschweig und L√ľneburg, litt√©ralement ¬ęPrincipaut√© √©lectorale de Brunswick et Lunebourg¬Ľ), √©galement appel√© √©lectorat de Hanovre (en allemand : Kurf√ľrstentum Hannover, ¬ęPrincipaut√© √©lectorale de Hanovre¬Ľ), est un ancien √Čtat allemand form√© en 1692 (le rang d'√©lecteur n'est officialis√© qu'en 1708) et dissous en 1814. Il s'agissait d'une principaut√© au rang d'√©lectorat du Saint-Empire romain germanique, en union personnelle avec la Grande-Bretagne √† partir de 1714. Si l'√©lectorat porte officiellement le nom d'√©lectorat de Brunswick-Lunebourg, il est g√©n√©ralement appel√© ¬ę√©lectorat de Hanovre¬Ľ. Cette d√©signation est en partie li√©e aux travaux historiques de Gottfried Wilhelm Leibniz qu'il mena dans le but de l√©gitimer les ambitions dynastiques de son employeur en r√©alisant une histoire g√©n√©alogique de la maison de Brunswick (fr.wikipedia.org - Electorat de Brunswick-Lunebourg).

 

Leibniz fait des apparitions dans l'interprétation des quatrains IX, 44, VIII, 96, IX, 76, II, 13.

 

Depuis 1673, Ernest-Auguste avait suivi un syst√®me politique enti√®rement autrichien. Parvenu au duch√© de Hanovre, il persista dans la m√™me voie, prit part √† toutes les alliances contre la France, fournit des troupes dans toutes les guerres de l'Empereur sur le Rhin, sur le Danube et en Hongrie, contribua particuli√®rement par ses secours √† la d√©livrance de Vienne, fit en personne plusieurs campagnes, et perdit trois fils dans les guerres contre les Turcs. Enfin, il songea √† r√©clamer le prix de tant de services rendus par lui et par sa famille √† l'Empire et √† la maison de Habsbourg. Or, la seule r√©compense qu'il ambitionn√Ęt, c'√©tait l'√©rection de ses Etats en √©lectorat. Pour parvenir √† ce but, il gagna, √† force d'argent, les ministres de l'Empereur, et son habile ambassadeur Otton de Grote mit en Ňďuvre tous ses moyens. Mais avant qu'une d√©cision f√Ľt prise √† Vienne, Ernest-Auguste voulut s'assurer, ainsi qu'√† son fils a√ģn√©, la succession enti√®re de la maison de Brunswick-Lunebourg, et pr√©venir de nouveaux partages, en concluant avec le duc de Zell un trait√© qui r√©tablissait le droit de primog√©niture. Cette mesure ne rencontra aucune difficult√© de la part de George-Guillaume, qui n'avait point de fils, et bient√īt elle fut adopt√©e, malgr√© la r√©sistance d'Antoine-Ulrich de Wolfenbuttel et du troisi√®me fils du duc, le prince Maximilien, qui quitta sa patrie, se fit catholique et devint g√©n√©ral au service de l'Empereur. Le principal instrument des intrigues qui alors agit√®rent la cour ducale, l'homme qu'on accusait d'avoir sugg√©r√© au jeune prince des id√©es de conspiration, √©tait le grand veneur Moltcken: il trouva la mort sur l'√©chafaud (1692). A la fin, les vŇďux d'Ernest-Auguste furent accomplis. Le 22 mai 1692, L√©opold Ier lui conf√©ra, pour lui et ses descendants m√Ęles, par ordre de primog√©niture, la dignit√© √©lectorale, et la d√©clara attach√©e aux √Čtats poss√©d√©s par le duc et par son fr√®re. Les deux princes s'engag√®rent √† reconna√ģtre cette faveur, en fournissant √† leurs frais, pendant deux campagnes, 6,000 hommes contre les Turcs et 3,000 contre les Fran√ßais, auxiliaires qu'on r√©duirait √† 2,000, si au bout de ce temps la guerre n'√©tait pas finie. Ernest-Auguste promit encore pour sa part le payement de 600,000 rixthalers. Le m√™me jour, une alliance perp√©tuelle fut conclue entre les maisons d'Autriche et de Hanovre. La communication de cette nouvelle cr√©ation fut faite aux √©lecteurs le 27 mai 1692. Mayence, la Saxe et la Bavi√®re firent des remontrances; Tr√®ves, le Palatinat et Cologne protest√®rent, all√©guant qu'une pareille innovation √©tait une violation manifeste de la bulle d'or. Mais ce fut surtout le Wurtemberg et Antoine - Ulrich de Wolfenbuttel qui oppos√®rent une vive r√©sistance. A Ratisbonne (f√©vrier 1693), les princes h√©r√©ditaires non √©lecteurs voulaient d√©clarer la nomination nulle et non avenue. Pour pr√©venir l'orage qui se formait, l'Empereur fut oblig√© de consentir √† ajourner encore l'investiture.

 

Pour expliquer comment L√©opold a pu se r√©soudre √† introduire dans le coll√®ge des √©lecteurs un quatri√®me prince protestant, on all√®gue la corruption. Ce moyen fut employ√©, on n'en doute pas, aupr√®s des minisires d'Autriche et de Saxe; mais il ne devait pas suffire. Lec√©l√®bre liusching, dans son Hist. mag. (vol. VIII, p. 461), a publi√©, en 1774, une pi√®ce qui jette un grand jour sur cette intrigue. Otton de Grote proposa au feld-mar√©chal Schoening, qui gouvernait Jean-George IV, √©lecteur de Saxe, la formation d'un tiers parti dans l'Empire, parti neutre entre la France et l'Autriche, et qui, renforc√© par l'accession de plusieurs maisons protestantes, obligerait les deux puissances √† faire la paix. Le vaniteux feld-mar√©chal go√Ľta ce projet, et le fit adopter par son ministre. Des n√©gociations furent entam√©es pour la formation d'une ligue. Elles n'√©taient que simul√©es de la part de Grote, qui, muni de pi√®ces suffisantes pour prouver l'existence du plan, se rendit √† Vienne et le r√©v√©la √† l'Empereur, en lui persuadant que le meilleur moyen de traverser ce projet c'√©tait de conclure avec la maison de Brunswick une union √©troite dont la dignit√© √©lectorale serait le prix (Philippe Le Bas, √Čtats de la Conf√©d√©ration germanique, pour faire suite √† L'histoire g√©n√©rale de l'Allemagne, Tome 28, 1842 - books.google.fr).

 

Les √Člecteurs de Mayence et de Bavi√®re, ceux de Saxe et de Brandebourg, ont fini par consentir √† cette √©rection (Bertrand Auerbach, Recueil des introductions donn√©es aux Ambassadeurs, Volume 18, 1912 - books.google.fr).

 

En avril 1700, les princes opposants remettent à l'empereur une protestation contre la création du nouvel électorat. Parmi les signataires on trouve, outre ceux cités dans le texte, le prince d'Anhalt, l'évêque de Munster, celui de Wurzbourg, les ducs de Saxe-Meiningen et de Saxe-Gotha, le landgrave de Hesse, les margraves de Baden-Durlach et de Baden-Baden (Louis XIV et la succession d'Espagne, Revue d'histoire diplomatique, Volume 117, Société d'Histoire Générale et d'Histoire Diplomatique, 2003 - books.google.fr).

 

Amour

 

Georges-Guillaume duc de Zell avait √©pous√© une Fran√ßaise : ¬ęElle √©toit fille d'Alexandre Desmiers, seigneur d'Olbreuse, gentilhomme de Poitou, protestant, qui... passa en Allemagne et s'√©tablit en Brandebourg, o√Ļ sa fille, belle et sage, fut fille d'honneur de l'Electrice, veuve de Christian-Louis duc de Zell... Georges-Guillaume, fr√®re du premier mari de cette √©lectrice, duc de Zell par la mort de son fr√®re a√ģn√©, devint amoureux de cette fille d'honneur de l'√Člectrice, et l'√©pousa. Dans la suite il obtint de l'Empereur de la faire princesse de l'Empire pour couvrir l'in√©galit√© de ce mariage, et que leurs enfants... pussent succ√©der. Il mourut en ao√Ľt 1705, √† quatre-vingt-un ans, elle en f√©vrier 1722, ne laissant qu'une fille mari√©e (1682) √† son cousin germain Georges-Louis... successeur de la reine Anne √† la couronne d'Angleterre (Marie de Rabutin-Chantal de S√©vign√©, Lettres, de sa famille et de ses amis, Tome 4, 1862 - books.google.fr).

 

Philippe-Christophe von KŇďnigsmark, favori de Charles XII et oncle de Maurice de Saxe, eut une liaison avec la princesse Sophie de Zell, duchesse de Lunebourg, √©pouse malheureuse de George de Hanovre, futur roi d'Angleterre, qui fit dispara√ģtre l'amant (Ren√© de La Croix de Castries, Les Rendez-vous de l'histoire, 1979 - books.google.fr).

 

Fr√©d√©ric le Grand a pour arri√®re-grand-m√®re √Čl√©onore Desniers d'Olbreuse (n√©e en 1639 au ch√Ęteau d'Olbreuse) (Bulletin de la Soci√©t√© de l'histoire du protestantisme fran√ßais, Volume 140, 1994 - books.google.fr).

 

Par une a√Įeule nomm√©e Marie-Rose de Barbezi√®res, les Mitterrand descendent de la famille Desmier d'Olbreuse (Jean-Louis Beaucarnot, Fr√©d√©ric Dumoulin, Dictionnaire √©tonnant des c√©l√©brit√©s, 2015 - books.google.fr).

 

El√©onore d'Olbreuse √©toit surnomm√©e la "Signora" par sa belle-sŇďur Sophie-Doroth√©e femme d'Ernst-Auguste (signe/signora ?).

 

¬ęGeorges-Guillaume avec sa Signora, cela est fort violent¬Ľ, √©crit le 16 d√©cembre 1665 la duchesse Sophie √† son fr√®re. Tr√®s amoureux, comme on peut le voir par ces quelques mots, plein de bont√© et de pr√©venances, le prince ne n√©gligeait rien pour faire oublier √† El√©onore ce qu'il n'avait pu lui accorder (Charles Prosper Maurice Horric de Beaucaire, Une m√©salliance dans la maison de Brunswick, 1665-1725, √Čl√©onore Desmier d'Olbreuze, duchesse de Zell, 1884 - books.google.fr).

 

Le dernier vers

 

Leibniz est vraisemblablement le biblioth√©caire qui a le mieux connu les ouvrages qu'il avait √† recenser et √† conserver. Sa biblioth√®que personnelle comportait dix mille ouvrages, la biblioth√®que ducale d'Hanovre a √©t√© enrichie par ses soins et celle de Wolfenb√ľttel associait l'architecture √† la nomenclature (Andr√© Robinet, G.W. Leibniz: Le meilleur des mondes par la balance de l'Europe, 1994 - books.google.fr).

 

Tous ceux qui acc√®dent au tr√īne ne sont pas n√©cessairement ces h√©ros, certains parmi ceux qui gouvernent peuvent √™tre des intrigants, et le peuple lui-m√™me peut se tromper ou √™tre tromp√©. Pour r√©duire cet √©cart nuisible √† la s√©curit√© et √† la f√©licit√© communes, c'est-√†-dire pour garantir que le souverain soit en ce sens utile aux sujets, nul n'est besoin de changer de r√©gime, ni m√™me de bouleverser le r√©gime lui-m√™me. Il suffit d'en amender la pratique, en mod√©rant les exc√®s dont est susceptible le souverain. Plut√īt que de s'en remettre aux al√©as de la sagesse et de la vertu du souverain ou √† ceux de ses capacit√©s √† √©couter les meilleurs conseils des meilleurs conseillers, Leibniz pr√©f√®re mettre l'accent sur un moyen plus s√Ľr, par lequel le souverain serait li√© au meilleur, sa volont√© ne pouvant se porter que sur le meilleur pour tous. Cette mod√©ration, qui est donc une limitation, n'est cependant pas une limitation du pouvoir du souverain. Il reste le d√©tenteur du pouvoir coercitif dans toute son ampleur. Seulement, il serait souhaitable que soit limit√©e sa propre interpr√©tation des motifs qui le conduisent √† utiliser ce pouvoir coercitif. Ici se profile la distinction entre la majest√©, droit de commander, et la souverainet√©, droit de contraindre (J√©r√©mie Griard, Le meilleur r√©gime selon Leibniz, Philosophiques, Volume 31, Num√©ro 2, Soci√©t√© de philosophie du Qu√©bec, 2004 - books.google.fr).

 

Georges-Guillaume √©tait oblig√© de cacher son feu et ¬ęd'√©touffer sa flamme, pour ne point donner d'ombrage √† la ma√ģtresse de son inclination ou de jalousie √† la princesse¬Ľ. Toutes les fois qu'il allait s'entretenir avec El√©onore, ¬ęil le faisoit avec beaucoup de circonspection et il se laissoit volontiers conduire aux intrigues d'un amour cach√©, √©tant ravi quand il avoit lieu de dire √† sa belle Clorinde un petit mot √† l'oreille, pendant que les autres s'amusoient √† jouer, ou √† soutenir la conversation de l'assembl√©e¬Ľ (Avanture historique, Paris, 1679 - books.google.fr).

 

Clorinde est une h√©ro√Įne de la J√©rusalem d√©livr√©e du Tasse. Dans l'Avanture historique, Georges-Guillaume est appel√© Ag√©silas. Ce nom est peut-√™tre inspir√© de la pi√®ce de Corneille datant de 1666 dont Boileau disait : J'ai vu Ag√©silas, H√©las !

 

En 1654 est repr√©sent√© au th√©√Ętre du Marais la Com√©die sans Com√©die du jeune Philippe Quinault. C'est une pi√®ce du m√™me genre que l'Illusion Comique de Corneille. Au premier acte, pour d√©truire les pr√©jug√©s anti-th√©√Ętraux de leurs futurs beaux-p√®res, de jeunes com√©diens proposent de leur pr√©senter une s√©rie de pi√®ces, qui forment les actes suivants de l'Ňďuvre. Ainsi le quatri√®me acte est une trag√©die, Clorinde, o√Ļ Quinault prend de grandes libert√©s d'avec le mod√®le italien du Tasse, et le cinqui√®me une tragi-com√©die √† machines, Armide et Renaud (Joyce G. Simpson, Le Tasse et la litt√©rature et l'art baroques en France, 1962 - books.google.fr).

 

L'¬ęAvanture Historique¬Ľ, malgr√© la rubrique Paris, doit avoir √©t√© imprim√© en Hollande ; le texte fourmille de fautes de fran√ßais et m√™me de sol√©cismes. Ce rarissime livret n'est pas sans int√©r√™t historique: sous les noms suppos√©s √†' Ag√©silas et. de Clorinde on y trouve l'histoire du mariage d'un prince de Zell avec une jeune fran√ßaise, demoiselle d'honneur de la princesse de La Tr√©mouille. Le prince et la princesse de La Tr√©mouille, qui faisaient profession de la religion r√©form√©e, ayant d√Ľ quitter la France, √† la suite de la r√©vocation de l'Edit de Nantes, se retir√®rent en Hollande, o√Ļ ce prince poss√©dait de grands biens et o√Ļ il prit du service. Clorinde suivit sa ma√ģtresse, et gr√Ęce √† sa beaut√©, √† ses charmes, √† ses talents et surtout √† sa vertu, fut bient√īt l'objet des vŇďux et des hommages des plus grands seigneurs. Un seul, le duc r√©gnant de Zell (Ag√©silas), sut lui faire partager son amour et contracta avec elle un mariage morganatique. Il lui lit prendre le nom de comtesse de Harbourg, et, par la suite, l'√©pousa publiquement, avec l'agr√©ment de l'empereur. Le duc eut de Clorinde une fille qui √©pousa un des princes de l'empire et succ√©da √† son p√®re. Cette histoire, assez p√©niblement racont√©e, n'offre plus grand int√©r√™t aujourd'hui. L'auteur en est inconnu ; mais peut-√™tre a-t-elle √©t√© dict√©e par la duchesse de Zell elle-m√™me ; c'est du moins ce que pourrait faire croire ce sous-titre, imprim√© √† la premi√®re page seulement : ¬ę Ecrite par l'ordre de Madame ***. ¬Ľ En effet, dans le courant du livre. Madame *** d√©signe constamment Clorinde, comtesse de Harbourg, princesse de Zell. La page 57 contient une clef de 27 noms (et non 17, comme l'indique le catalogue Peignot). Cette clef est assez peu claire et fort mal orthographi√©e (Fernand Drujon, Les livres √† clef; √©tude de bibliographie critique et analytique pour servir a l'histoire litt√©raire, 1888 - archive.org).

 

L'Avanture insiste sur l'ascendant qu'Eléonore avait sur son mari, ce qui est confirmé par les diplomates français qui étaient en contact avec elle pour le règlement de la Paix de Celle signée le 26 janvier 1679, année de la parution du roman à clés. Sophie de Hanovre, sa belle soeur, écrivit ses Mémoires qu'elle confia à Leibniz, historiographe de la cour, qui en fit une copie parvenu jusqu'à aujourd'hui, l'original ayant été perdu (Dorothea Nolde, Une histoire peut en cacher une autre, Les Femmes et l'écriture de l'histoire, 2008 - books.google.fr).

 

On retrouve en Agésilas II, roi de Sparte, les qualités de ruse ("faux") et de séduction ("séducteur") présentes dans le dernier vers.

 

Agis, dernier roi de Sparte, avait eu de fortes raisons pour soup√ßonner la fid√©lit√© de sa femme, s√©duite par Alcibiade ; il refusa donc d'admettre la l√©gitimit√© de L√©otychidas, son fils. Pr√®s de mourir, il finit n√©anmoins, par c√©der aux instances de sa famille, et le reconnut pour h√©ritier du tr√īne. Les Spartiates, ne se contentant point de cette tardive reconnaissance, donn√®rent la couronne a Ag√©silas, fr√®re du roi d√©funt. Lysandre fut pour beaucoup dans cette d√©cision : ne pouvant lui-m√™me aspirer au tr√īne, en raison de la jalousie et du m√©contentement qu‚Äôil avait g√©n√©ralement excit√©s, il employa toute son influence √† faire choisir Ag√©silas qu‚Äôil crut pouvoir gouverner facilement; il fut tromp√© dans son attente, car, si le nouveau roi avait une apparence gr√™le, s'il √©tait presque contrefait, ces d√©fauts √©taient largement compens√©s par l'√©tendue et l'√©nergie de son esprit peu scrupuleux, du reste. sur les moyens d'arriver √† son but, il pouvait rivaliser avec Lysandre en ruse et en perfidie (Andr√© Augustin Cass√© de Saint-Prosper, Lostalot-Bachou√©, Le Monde: histoire de tous les peuples depuis les temps les plus recul√©s jusqu'√† nos jours, Tome VIII, 1858 - books.google.fr).

 

Le lien nou√© entre Ag√©silas et ses hommes ressemble √† celui qui unit les chastes amants qui, selon Socrate, ¬ęne cessent jusqu'√† la vieillesse d'√™tre amoureux de leur mutuelle amiti√©¬Ľ. Dans cette configuration √©rotique, le roi Spartiate tient le r√īle du jeune homme vertueux et courtis√©, exer√ßant son son emprise sur de nombreux √©rastes. Ce glissement de la philia vers l'er√īs n'est pas seulement le fruit d'une exag√©ration occasionnelle. Dans la suite de l'Ňďuvre, X√©nophon persiste et signe : non seulement, explique-t-il, Ag√©silas sut inspirer la philia √† ses amis et √† ses soldats, mais il devint finalement ¬ęle plus aim√© et le plus lou√© parmi tous les hommes¬Ľ. Boiteux et d√©j√† √Ęg√© lorsqu'il monte sur le tr√īne, Ag√©silas devient, dans l'ordre du discours, un √©rom√®ne s√©duisant et adul√© par tous. Le renversement est spectaculaire, √©voquant en filigrane la figure d'un autre √©pouvantail irr√©sistiblement attirant, Socrate (Vincent Azoulay, X√©nophon et les gr√Ęces du pouvoir: de la charis au charisme, 2004 - books.google.fr).

 

"or vilain"

 

A l'origine, le vilain est une personne attachée à une ferme (villa romaine). La vilaine est son féminin.

 

On peut se reporter au quatrain suivant X, 47 qui parle de ville (bourgeois). C'est un d√©but pour d√©finir un encha√ģnement des quatrains.

 

Le Tasse √©toit si frapp√© de la beaut√© du caract√®re de Camille, qu'il en a emprunt√© les principaux traits pour peindre Clorinde. L'h√©ro√Įne du po√®te italien est, comme celle de Virgile, √©lev√©e dans les for√™ts; l'une et l'autre ont n√©glig√© l'aiguille et le fuseau pour les armes de Bellone ; toutes deux trouvent la mort sur le champ de bataille (Oeuvres compl√®tes de Jacques Delille, avec les notes, variantes et imitations, Tome 2, 1818 - books.google.fr).

 

A partir de mat√©riaux proches de ceux utilis√©s par Hom√®re, Virgile sut donc reb√Ętir √† neuf l'√©difice √©pique, en le r√©am√©nageant, mais aussi en ornementant ses parties les plus frustes. [...] Les perfectionnements apport√©s par Virgile tiennent de la ciselure, mais √©galement d'une op√©ration alchimique consistant √† transformer en or les pesanteurs du plomb hom√©rique.

 

Le po√®te latin se d√©marque √† la fois de son pr√©d√©cesseur grec et de ses successeurs italiens. De fait, les Ňďuvres de l'Arioste et du Tasse apparaissent souvent comme des d√©g√©n√©rescences de l'√©pop√©e antique. Caract√©ris√©s par l'introduction du merveilleux chr√©tien et une irr√©sistible propension au romanesque, ces po√®mes semblaient, sous couleur d'aristot√©lisme, mener un dangereux travail de sape du genre √©pique lui-m√™me. Mais un troisi√®me grief est formul√© √† leur encontre: √† force de grandiloquence, les Italiens galvaudent la parole √©pique, r√©duite √† un entrechoquement emphatique de mots creux. Et si les yeux et les oreilles des doctes semblent immunis√©s contre ces vers pernicieux, les milieux moins √©rudits, en revanche, sont gagn√©s par le mal, comme le d√©plore Boileau en 1668 : A Malherbe, √† Racan, pr√©f√©rer Th√©ophile, Et le clinquant du Tasse √† tout l'or de Virgile (Satire IX). [...]

 

Dans la troisième partie de son Traité du poème épique, consacrée à la narration, Le Bossu dissèque l'épisode de l'Enéide mettant en scène le personnage de Camille. [...] le poète aurait pu insérer une digression de type romanesque, comme le feront plus tard Le Tasse et ses émules. L'allusion faite par Le Bossu à la Jérusalem délivrée souligne ici le net contraste existant entre l'exubérance italienne et la sobriété virgilienne (Ludivine Goupillaud, De l'or de Virgile aux ors de Versailles: métamorphoses de l'épopée dans la seconde moitié du XVIIe siècle en France, 2005 - books.google.fr).

 

Danchet (1671-1748) produit avec Campra deux Ňďuvres Tancr√®de en 1702 et Camille reine des Volsques en 1717. Ce type de r√īle est d'autant plus remarquable qu'il est rarement employ√© dans le genre de la trag√©die en musique. Monteverdi avait cr√©√© √† Venise en 1624 chez le chevalier Mocenigo (cf. quatrain III, 90) une Ňďuvre qui illustre le mieux le ¬ęconcitato¬Ľ, le Combat de Tancr√®de et Clorinde, cr√©√©, sur des paroles de la J√©rusalem d√©livr√©e du Tasse.

 

Il √©crit dans sa pr√©face de Camille : ¬ę Il [Metabus] y nourrissoit sa fille par le secours d'une Jument sauvage, dont il faisoit couler le lait sur les levres de la jeune Camille. A peine pouvoit-elle se soutenir, que son pere lui mit un Javelot √† la main, un Arc & un Carquois sur les √©paules: l'or ne servoit point √† la parure de ses cheveux : elle avoit pour toute mante une peau de Tigre; d√®s lors elle exer√ßoit son bras √† lancer des traits proportionnez √† ses forces.¬Ľ

 

Camille et Clorinde sont toutes deux associ√©es √† Diane, la d√©esse chasseresse, dont elles imitent la bravoure et la force, rev√™tant ainsi l'image de femmes majestueuses, valeureuses et invuln√©rables (Astrid Deschamps-Dercheu, Clorinde et Camille, Itin√©raires d'Andr√© Campra (1660-1744): d'Aix √† Versailles, de l'√Čglise √† l'Op√©ra, 2012 - books.google.fr).

 

Un fant√īme appara√ģt en r√™ve √† Ars√®s, prisonnier de Tancr√®de, qui a √©lev√© Clorinde. Il lui apprend que la m√®re de Clorinde fut chr√©tienne, et qu'il avoit √©t√© charg√© par elle d'√©lever sa fille dans la crainte d'un Dieu qu'il ne conno√ģt pas. Cet aveu enchante Tancr√®de. Apr√®s qu'il l'aura tu√©e cach√©e dans l'√©corce d'un arbre; il la baptisera.¬†

 

Ecco, dicea, fellon l'ora s'appressa che dee cangiar Clorinda e vita e sorte : Voici, disait-il, scélérat, l'heure s'approche que doit changer Clorinde et vie et sort (Pierre-Joseph-François Luneau De Boisjermain, Jérusalem délivrée ou cours de langue italienne, Tome 2, 1795 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Si on reporte symétriquement la date de 2211 par rapport à 1692 on obtient 1173.

 

Ernest-Auguste s'illustre lors de la guerre austro-turque qui se d√©roula de 1683 √† 1699, aux c√īt√©s de l'empereur L√©opold Ier. Il envoya du secours en Candie contre les Turcs en 1668 de concert avec son fr√®re Georges-Guillaume. En r√©compense de ses services, il re√ßoit la dignit√© √©lectorale en 1692. Les deux fr√®res sont des descendants du duc Henri le Lion (fr.wikipedia.org - Ernest-Auguste de Hanovre (1629-1698)).

 

Selon la l√©gende rapport√©e par la Chronique des Saxons, Brunswick a √©t√© fond√© en 861 par le comte saxon Bruno, sur un gu√© de la rivi√®re Oker. Le premier document historique o√Ļ la ville est mentionn√©e date de 1031. Dans la deuxi√®me partie du XIIe si√®cle, le duc de Saxe Henri le Lion y a institu√© le centre de son √Čtat et y a √©difi√© la cath√©drale de la ville. Il a choisi le lion comme blason et a mis la statue d'un lion devant son ch√Ęteau fort (fr.wikipedia.org - fr.wikipedia.org - Brunswick (Basse-Saxe)).

 

Henri le Lion (en allemand : Heinrich der L√∂we), n√© 1129/1131, et mort le 6 ao√Ľt 1195 √† Brunswick en Saxe, est prince de la dynastie des Welf qui fut duc de Saxe √† partir de 1142 et duc de Bavi√®re √† partir de 1156. Il √©tait le plus riche et le plus puissant des nobles germaniques, au moins jusqu'√† l'enrichissement de la dynastie rivale des Hohenstaufen pendant le r√®gne de son cousin l'empereur Fr√©d√©ric Barberousse. Il fut renvers√© en 1180 et a pass√© ensuite quelques ann√©es en exil en Angleterre. (fr.wikipedia.org - Henri XII de Bavi√®re).

 

Le lion d'airain qui surmonte son ch√Ęteau de Brunswick est le symbole de sa puissance. Il l'exerce sans mesure, abusant de la force et tyrannisant ses vassaux et ses voisins. La mort d'Albert l'Ours d√©livre le duc de Saxe de son principal rival. Les princes slaves de Pom√©ranie et de Mecklembourg s'entendent avec lui pour propager le christianisme et la colonisation allemande. La situation est si solide que Henri le Lion peut quitter ses Etats pour un p√®lerinage √† J√©rusalem. Laissant la r√©gence √† sa femme Mathilde, il part, avec une v√©ritable arm√©e, escort√© par les comtes de Schwerin et Blankenburg, par Pribislav, par l'√©v√™que de L√ľbeck, etc. Il descend le Danube, re√ßoit √† Constantinople, √† J√©rusalem, un accueil royal, et, apr√®s avoir visit√© les lieux saints, revient par Antioche et Iconium, charg√© de pr√©sents et de reliques (1172-1173) (www.cosmovisions.com).

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