Le roi Alfred le Grand

Le roi Alfred le Grand

 

X, 57

 

2219

 

Le sublevé ne cognoistra son sceptre,

Les enfans ieunes des plus grands honnira :

Oncques ne fut un plus ord cruel estre, 

Pour leurs espouses à mort noir bannira.

 

"sublevé" : sublevatus

 

Dans la Vie d‚ÄôAlfred attribu√©e √† Asser, l'expression suatim utens appartient clairement √† la r√©daction initiale du texte : l'expression sublevatus est - que certains commentateurs ont pu prendre comme une allusion √† une √©l√©vation ou √† une translation de saint Neot qui fut v√©n√©r√© dans la ville √©ponyme de St Neots (Huntingdonshire) √† partir du milieu du Xe si√®cle ‚Äď constitue de toute √©vidence une correction intempestive de l'√©dition Parker, reprise par les autres transcriptions et √©ditions. Comme l'a bien montr√© M. Godden, Parker et ses aides n'ont semble-t-il pas compris l'expression suatim utens, qu'ils ont √† trois reprises (aux ch. 56, 74 et 106) remplac√©e par une formule qui leur semblait plus appropri√©e. Voir M. GODDEN, ¬ęThe Old English¬Ľ, p. 222-223 Il s'agit bien pour Alfred de ne pas √™tre consid√©r√© comme un roi inapte √† ses fonctions (en latin rex inutilis, une notion importante dans la pens√©e politique carolingienne), comme a pu l'√™tre son contemporain Charles le Gros. Ses maladies sont donc toutes invisibles et ne s'opposent pas √† l'exercice de son minist√®re royal. Voir D. PRATT , ¬ęIllnesses...¬Ľ , p . 62 (William Henry Stevenson, Histoire du roi Alfred de John Asser, traduit par Alban Gautier, 2013 - books.google.fr).

 

Matthew Parker

 

Au XVIe si√®cle, les humanistes s'int√©ressent aux langues bibliques et classiques (h√©breux, grec, et latin) et d√©laissent les vieux trait√©s religieux, r√©dig√©s en un anglais plus ou moins d√©mod√©, et qui proposent des id√©es th√©ologiques jug√©es d√©pass√©es. Certains R√©formateurs cherchent pourtant √† les utiliser pour appuyer les th√®ses du protestantisme et, en particulier, pour montrer que les √Čglises des √éles Britanniques ont toujours √©t√© ind√©pendantes de celle de Rome. En ce qui concerne les collectionneurs, ce n'est donc pas l'effet du hasard si les dirigeants de l'√Čglise anglicane figurent en premi√®re place. Matthew Parker (1504-1575), archev√™que de Canterbury, pr√©para la premi√®re √©dition de plusieurs textes importants, en vieil-anglais ou en latin, tels que la vie du roi Alfred par le moine Asser, les oeuvres de l'abb√© Elfric, et les chroniques latines ; son nom est attach√© √† la plus ancienne version de la Chronique anglo-saxonne, dite la ¬ęParker Chronicle¬Ľ, qu'il offrit √† Corpus Christi College, Cambridge. Autre archev√™que de Canterbury, William Laud (1573-1645) fit don de 1300 manuscrits, en dix-huit langues, √† la Bodleian Library, principale biblioth√®que de l'Universit√© d'Oxford : son nom est √©galement associ√© √† une version de la Chronique anglo-saxonne, celle de Peterborough. Enfin James Ussher (1581-1656), th√©ologien et historien, archev√™que d'Armagh et primat anglican d'Irlande, offrit sa collection de livres et de manuscrits √† Trinity College, Dublin, fond√© sous la reine Elisabeth. Parmi les collectionneurs la√Įcs, Sir Robert Cotton (1571-1631) tient une place √† part : m√©c√®ne averti, il ouvrit sa biblioth√®que √† James Ussher, ainsi qu'√† d'autres savants. Plusieurs oeuvres majeures de la litt√©rature anglaise ont √©t√© conserv√©es gr√Ęce √† lui, comme l'√©pop√©e Beowulf, ou encore Sire Gauvain et le Chevalier Vert, dont on ignore tout de l'origine. Son petit-fils, Sir John Conon (1621-1701), fera plus tard don √† la nation de la c√©l√®bre collection qui porte son nom. Une partie des manuscrits a br√Ľl√© en 1731 lors d'un incendie d√©sastreux ; les autres ont √©t√© transf√©r√©s, en 1753, au British Museum, o√Ļ ils sont rest√©s jusqu'en 1973, quand la cr√©ation d'une nouvelle institution, la British Library, a pris la rel√®ve du mus√©e (Leo Carruthers, L'√©dition des textes m√©di√©vaux en Angleterre, Pratiques philologiques en Europe: actes de la journ√©e d'√©tude organis√©e √† l'√Čcole des chartes, le 23 septembre 2005, 2006 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain X, 18 - Hildebrand et Odéric - 2190-2191.

 

"honnira"

 

Pour l'Angleterre, on pense à la devise de l'ordre de la jarretière fondé en 1349 par le roi Edouard III : "honni soit qui mal y pense", bien adaptée au quatrain. Le plus ancien ordre de chevalerie anglais serait le Knights Bachelors fondé par Alfred et conféré par lui à son fils Athelstan (A New Universal Etymological, Technological, and Pronouncing Dictionary of the English Language, Embracing All the Terms Used in Science, Literature, and Art by John Craig, Tome 2, 1858 - books.google.fr).

 

Sceptre : le bijou d'Alfred

 

Apr√®s une d√©faite, l'arm√©e d'Alfred dispers√©e & son royaume en proie aux fureurs des Danois, il ne lui resta plus, pour d√©rober la t√™te √† la f√©rocit√© de ces usurpateurs, que la triste ressource de chercher dans ses √©tats envahis un asyle imp√©n√©trable √† la poursuite de ses ennemis. Il renvoya le peu de domestiques qui lui √©toient rest√©s fideles, se d√©pouilla des marques de la royaut√© ; se travestit afin de n'√™tre point connu, & passa, v√™tu en paysan, dans la province d'Athelney, chez un p√Ętre qui le re√ßut dans sa cabane, & o√Ļ il demeura six mois ( Dissertationes philosophicae Lipsienses, Tome 1 de Encyclop√©die ou dictionnaire raisonn√© des sciences, des arts et des m√©tiers. Suppl√©ment, 1776 - books.google.fr).

 

'The Park and Manor of Newenton, near Athelney, belonged to the King at the time of the general survey, and probably this is the Petherton where king John held his court. The House was on the north side of the Park, where there is now a tenement called Parker‚Äôs Field. At this place, a remarkable piece of antiquity was dug up in the year 1693, which is, by Dr. Hickes and other antiquaries, adjudged to have been of the age of King Alfred, the letters being such as were introduced by this King in imitation of the Roman Alphabet, and never used before or since. [...] Doctor Hickes [1642‚Äď1715] interprets this inscription to be ‚ÄúAlfred ordered me to be made‚ÄĚ; and supposes the enamelled figure to be the picture of St. Cuthbert, the tutelar saint of that King. The whole is of gold, over the enamel is a piece of rock crystal, half an inch thick: the gold rim is cut through to form the letters of the inscription. This is now among the antiquities of the University of Oxford.‚Äô(Manuscript of Mr. Thomas Palmer [mort en 1734], which is preserved in Fairfield House)

 

A subsequent interpretation by Llewellynn Jewitt, F.S.A., appeared in the Reliquary for October, 1879, vol. xx, p. 66: - ‚ÄėMany, and very curious as well as various, have been the conjectures as to the use or origin of this remarkable jewel, and of the figure intended to be represented upon it, but it is not worth while to here repeat them. The probability, to my mind, is that it simply formed the head of a sceptre, and that just possibly it might have been ultimately given by Alfred to the head of the monastery founded by himself, to be used43 as a pastoral staff or staff of office, as was the crosier in later days. The design and the workmanship are of exquisite beauty, and in all respects the jewel is unsurpassed by any other existing example of Anglo-Saxon art.‚Äô Again, this interpretation, like that of Hearne and others, appears to be excluded by the formation of the Jewel with a front and a back.

 

The legendary connexion of St. Cuthbert with Alfred dates from the twelfth century, and is apparently due to Simeon the historian, who was a monk of the monastery of Durham, and who, when about thirty-five years old, witnessed the impressive ceremonial of the translation of the great saint of the North Country, which took place in 1104 (John Earle, The Alfred Jewel, An Historical Essay, 1901 - www.gutenberg.org).

 

Cuthbert grew up in or around Lauderdale, near Old Melrose Abbey, a daughter-house of Lindisfarne, today in Scotland. He decided to become a monk after seeing a vision on the night in 651 that St. Aidan, the founder of Lindisfarne (en.wikipedia.org - Cuthbert).

 

Le flamand Paulus Borsele fut seigneur de Lauderdale, ancêtre de Marguerite de Baenst exécuté en 1548 à Vilevoorde. Cf. quatrain X, 54 - Jean Estor et Marguerite de Baenst - 2216-2217 ainsi que pour les Sévères.

 

Si ce bijou n'est pas la pomme d'un sceptre, au moins des b√Ętons fleurdelis√©s sont repr√©sent√©s dessus.

 

La derni√©re Pi√©ce de ce Recueil (Geta Britannique, avec un Abr√©g√© Cbronologique de la Famille de l'Empereur S√©v√©re, & une Dissertation sur une petite Image, qui a apartenu au Roi Alfred le Grand. De Mr. Guillaume Musgrave) est une Dissertation de Mr. Musgrave sur une petite Image en relief, qui a apartenu √† Alfred, Roi des Saxons occidentaux en Angleterre. Il y a trente ans qu'on trouva cette image sur les bords de la rivi√©re de Tone, pr√®s de l'endroit o√Ļ elle se d√©charge dans le Parret, dans un petit h√©ritage nomin√© Athelney. On y voit √† travers d'un crystal l'image d'un homme, qui a l'air grave & triste, penchant un peu la t√™te sur la droite assis dans une chaise sur les deux bords de laquelle il apuye les deux coudes, & tenant des deux mains des tiges de la Plante Iris, comme si c'√©toient deux Sceptres. Notre Auteur ne doute point que ce Portrait ne repr√©sente Jesus-Christ. Il y a une Inscription en vieux Saxon, qui signifie, Alfred m'a fait faire. Ce Prince en √©tant souvent venu aux mains contre les Danois, fut vaincu dans la Province de Somerset, & contraint de se fauver chez un Bouvier , & de se cacher pendant quelque tems dans des marais, o√Ļ il perdit aparemment ce Bijou. Quelque tems apr√®s, on dit qu'ayant mis en fuite les Danois, il acheta ce m√™sme endroit, & y fit b√Ętir un Monastere, dans le m√™me lieu o√Ļ on l'a trouv√©. Il n'est pas difficile de savoir quel ufage ce Prince en faisoit. Il avoit √©t√© baptiz√© on instruit par le Pape Leon. Il avoit beaucoup de piet√©, & √©toit souvent oblig√© de combattre contre les Payens; d'ailleurs dans ces tems-l√† le culte des Images √©toit fort √† la mode. Il est donc fort vraisemblable, que ce Prince avoit fait faire celle-l√†, pour la porter avec lui, afin de se consoler dans les diverses angoisses ou il se trouvoit, par la vu√ę de son Sauveur, pour se confirmer dans la confiance, qu'il avoit en lui, & pour s'animer par l√† √† combattre vaillamment contre les Ennemis (Nouvelles de la republique des lettres, Volume 2, 1716 - books.google.fr).

 

Mépris

 

D'apr√®s le testament d'Ethelwolf et la volont√© d'Ethelred lui-m√™me, Alfred devait lui succ√©der. Toutefois, avant de recevoir l'onction royale, Alfred voulut encore consulter l'assembl√©e g√©n√©rale de la nation, qui le proclama d'une voix unanime. Il avait alors vingt-deux ans. C'√©tait en 871. Il livra de nouveau aux Danois une bataille opini√Ętre, et, s'il ne remporta une victoire compl√®te, il obtint pour le royaume de Wessex une paix honorable qui dura cinq ans. Ces cinq ann√©es de paix devinrent funestes au jeune roi. Ayant √©tudi√© plus de choses que n'en savaient les hommes les plus instruits de sa nation, il finit par devenir vain et pr√©somptueux; il-affichait du m√©pris pour les intelligences moins cultiv√©es que la sienne; il faisait peu de cas de la prudence et de l'habilet√© du conseil national, dont l'avis, uni au sien, devait √™tre la loi du pays. Il condamnait les grands d'une mani√®re arbitraire, sans avoir plus de bienveillance pour les petits. Si l'on avait besoin de son aide, dit un historien contemporain, soit pour des n√©cessit√©s personnelles, soit contre l'oppression des puissants, il d√©daignait d'accueillir et d'√©couter la plainte; il ne pr√™tait aucun appui aux faibles et les estimait comme n√©ant. Ses moeurs priv√©es √©taient un scandale pour son peuple : il s'√©tudiait √† corrompre de gr√© ou de force les vierges et les personnes chastes (Fran√ßois Ren√© Rohrbacher, Histoire universelle de l'√Čglise catholique, Tome 12, 1844 - books.google.fr).

 

Après l'intervention de Néot, le roi s'amende.

 

Alfred himself superintended a school which he had established for the young Nobles of his Court. He resolved to throw open to his people in their own tongue the knowledge which had till then been limited to the Clergy. He took his books as he found them; they were the popular manuals of his age; the compilation of Orosius, then the one accessible book of universal history, the history of his own people by Bæda, the Consolation of Boethius, the Pastoral of Pope Gregory. He translated these works into English, but he was far more than a translator, he was an editor for the people. Here he omitted, there he expanded. He enriched Orosius by a sketch of the new geographical discoveries in the north. He gave a West-Saxon form to his selections from Bæda. In one place he stops to explain his theory of government, his wish for a thicker population, his conception of national welfare as consisting in a due balance of the priest, the soldier, and the churl (John Richard Green, A Short History of the English People, 1890 - books.google.fr).

 

On lui attribue la fondation de l'universit√© d'Oxford sous l'inspiration de N√©ot. Nicolas de Cantiloup, √©v√™que de Worcester (1236 - 1266) la fait remonter √† Adam ainsi que Cambridge pour ses deux fils Ca√Įn et Abel (Analecta ordinis carmelitarum discalceatorum, 1931 - books.google.fr, Jean Francois Godescard, Vies des p√®res, des martyrs et des autres principaux saints, Tome 16, 1832 - books.google.fr).

 

Cruauté du jeune Alfred

 

An ancient life of Saint Neot, a kinsman of Alfred, exists in Saxon" which alludes, though vaguely, to some impropriety in the king's conduct. It says, that Neot chided him with many words, and spoke to him prophetically: ‚ÄúO king, much shalt thou suffer in this life ; hereafter so much distress thou shalt abide, that no man's tongue may say it all. Now, loved child, hear me if thou will, and turn thy heart to my counsel. Depart entirely from thine unrighteousness, and thy sins with alms redeem, and with tears abolish.‚ÄĚ ANOTHER ancient MS. life of Saint Neot is somewhat stronger in its expressions of reproach. It states, ‚Äúthat Neot, reproving his bad actions, commanded him to amend ; that Alfred, not having wholly followed the rule of reigning justly, pursued the way of depravity: that one day when the king came, Neot sharply reproached him for the wickedness of his tyranny, and the proud austerity of his government.‚ÄĚ It declares that Neot foresaw and foretold his misfortunes. ‚ÄúWhy do you glory in your misconduct ? Why are you powerful but in iniquity ? you have been exalted, but you shall not continue; you shall be bruised like the ears of wheat. Where then will be your pride? If that is not yet excluded from you, it soon shall be. You shall be deprived of that very sovereignty, of whose vain splendour you are so extravagantly arrogant.‚ÄĚ It is in full conformity with these two lives of Neot that those others written by Ramsay in the twelfth century express also inculpations of Alfred. The life composed in prose states that Neot chided him severely for his iniquitous conduct. ‚ÄúYou shall be deprived of that kingdom in which you are swelling; in which you are so violently exercising an immoderate tyranny. But if you withdraw yourself from your cruel vices and inordinate passions, you shall find mercy.‚ÄĚ The same author's biography, in Latin verse, reproaches the king's conduct as ‚Äúdissolute, cruel, proud, and severe.‚ÄĚ It adds, that the king promised to correct himself, but did not; but only added to his misdeeds, and became worse. That Neot again reproyed him for ‚Äúwandering in depraved manners,‚ÄĚ and announced his impending calamities. The same ideas are repeated in the fourteenth century by Matthew of Westminster in his history, in phrases like those of Ramsay"; and John of Tinmouth, about the same period, reiterates the charge in the language of the Claudius MS. Another writer of a chronicle, Wallingford, asserts that Alfred, in the beginning of his reign, indulged in luxury and vice; and that the amendment of his conduct was a consequence of his adversity (Sharon Turner, The History of England from the Earliest Period to the Death of Elizabeth: The history of Anglo-Saxons from the earliest period to the Norman conquest, Tome 1, 1836 - books.google.fr).

 

Acrostiche : LLOP, le loup en catalan

 

In the reign of King Alfred, and until some time after the Conquest, no man could be outlawed but for felony, and then the outlawed person was said to have caput lupinum, because he might be put to death by any man, as a wolf might (Arthur English, A Dictionary of Words and Phrases Used in Ancient and Modern Law, Tome 1, 2000 - books.google.fr).

 

Dès le IXe siècle, et sans doute longtemps auparavant, la science de la chasse faisait partie essentielle de l'éducation des jeunes nobles. Asser, dans sa Vie d'Alfred le Grand, assure que ce monarque était, avant douze ans, un chasseur consommé. La chasse au loup, au sanglier, au renard et au daim était le passetemps favori de la noblesse de cette époque, et les chiens employés à ces différents genres de chasse étaient tenus en très haute estime (La famille: Journal pour tous, delassement, instruction, publié sous la direction de A. Vulliet, Volume 23, 1882 - books.google.fr).

 

√Čtroitement li√© √† la sph√®re des activit√©s guerri√®res, le loup, qui figurait sur les enseignes des l√©gions romaines jusqu'√† la r√©forme de Marius, √©tait l'animal attitr√© du dieu Mars, lupus Martius ou Martialis. [...] Le loup avait √©galement quelques accointances avec le monde de la mort. Cette dimension infernale du loup, attest√©e en Gr√®ce et en Italie du Sud, √©tait surtout perceptible dans le monde √©trusque, o√Ļ certains d√©mons √©taient gratifi√©s de traits lupins tandis qu'Aita, le dieu des Enfers, appara√ģt dans plusieurs tombes coiff√© d'une t√™te de loup. [...] Il est cependant notable que le loup soit le seul quadrup√®de sauvage dont l'apparition √† l'int√©rieur d'une ville ait rang de prodige (Fran√ßoise Morzadec, Le paysage sauvage existe-t-il dans la po√©sie latine ? L'exemple d'Ovide, Les espaces du sauvage dans le monde antique: approches et d√©finitions, 2004 - books.google.fr).

 

Dans le prodige de 269 av. J.-C. rapport√© par Orose, trois loups entrent dans Rome avant l'aube en apportant dans la ville un cadavre √† moiti√© d√©vor√© qu'ils abandonnent ensuite, effray√©s par les cris. Rien ne permet en effet d'affirmer que les loups sont √† l'origine de la mort de la personne dont la d√©pouille est ainsi d√©vor√©e ; cet incident peut tout aussi bien faire r√©f√©rence au comportement n√©crophage des loups (Le loup en Europe du Moyen √āge √† nos jours, 2009 - books.google.fr).

 

On pense aux berserkir, guerriers à la chemise en peau d'ours ou la pelisse de loup (cf. quatrain X, 53), scandinaves.

 

Dans les sagas islandaises, postérieures à l'arrivée du christianisme, le personnage du berserker évolue vers celui d'une brute, cherchant souvent à s'approprier par la force les biens, voire la femme de son adversaire (fr.wikipedia.org - Berserk).

 

Orose est n√© selon les auteurs √† Tarragone en Catalogne (d'o√Ļ llop) ou √† Braga au Portugal (Beno√ģt Lacroix, Orose et ses id√©es, 1965 - books.google.fr).

 

Parmi les traductions que fit Alfred, on compte les Histoires d'Orose. Il en modifie tellement le texte, par de nombreux ajouts et retraits, qu'il produit pratiquement une nouvelle Ňďuvre. Alfred le Grand fit √©galement traduire en y participant les Sept livres contre les pa√Įens d‚ÄôOrose, dont il compl√©ta, pour le Nord de l‚ÄôEurope, l‚Äôapproche g√©ographique gr√Ęce √† des r√©cits de voyage de navigateurs (fr.wikipedia.org - Alfred le Grand).

 

"noir bannira"

 

They were, for the most, tall, lithe, and sinewy men, but physically in no way superior to the Saxons, from whom they differed very widely in complexion, the Saxons being fair while the Danes were very dark, as much so as modern gypsies ; indeed, the Saxon historians speak of them as the black pagans (George Alfred Henty, The Dragon and the Raven: Or, The Days of King Alfred, 1886 - books.google.fr).

 

Le pirate Hastings, danois, envahit l'Angleterre en 893. Il est battu √† Bamfleet par Alfred qui ravit butin, femmes et enfants. Hastings ne reviendra pas ("bannira" m√™me si on bannit plut√īt un natif du pays).

 

The king immediately hurried to the relief of the West; but he had scarcely departed when Hasteng, who had so lately pledged his word to depart the kingdom, merely transferred his camp from Milton to Bamfleet in Essex, and commenced ravaging the country. He had gone forth on a second plundering expedition, when the viceroy Ethered, taking advantage of his absence, attacked and stormed the great camp at Bamfleet. All the ships, the plunder, with the wives and children of the Danes, fell into the hands of the victors. Alfred, with lofty generosity, sent back to the faithless sea-king his wife and sons; and from that time the name of Hasteng no more appears among the enemies of the Anglo-Saxon monarch (A Chronicle of England, B.C. 55-A.D. 1485, 1864 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2219 sur la date pivot 876 (la conversion d'Alfred) donne -467.

 

Epoque d'Esdras et du retour d'exil des juifs.

 

King Alfred was not only a statesman ; he was also a scholar ; and, among other works, he has left to us an English translation of Bede's commentary on the Book of Ezra (The London Quarterly Review, Volume 115, 1911 - books.google.fr).

 

Les chronologistes conviennent assez que les 70 semaines ne peuvent commencer que sous le règne d'Artaxerxes Longuemain ; mais les uns les prennent de la permission donnée à Esdras par ce prince dans la septième année de son règne, et les autres les prennent de la permission donnée à Néhémias par ce prince dans la vingtième année. Les uns comptent ces années depuis l'association de ce prince par son père Xerxés, vers l'an 474 avant l'ère chrétienne vulgaire, en sorte que la septième année tomberait en 467 qui est l'année de la mort de Xerxés; les autres les comptent depuis la mort de Xerxés, en sorte que la vingtième tomberait en 447; ce qui donne précisément un intervalle de vingt ans depuis 467 jusqu'à 447 (Prosper Faugère, Pensées, fragments et lettres de Blaise Pascal, Tome 2 , 1814 - books.google.fr).

 

L'√Čdit donn√© √† Esdras par Artaxerx√®s-Longuemain, en la septi√®me ann√©e de son r√®gne, accorde des pouvoirs tr√®s √©tendus pour r√©tablir Jes institations juives, pour les consolider, et pour reb√Ętir la ville sainte. Le d√©cret donn√© √† cet illustre pr√™tre de l'Eternel n'a pas √©t√© g√©n√©ralement assez s√©rieusement examin√©. L'analyse plus approfondie que nous allons en faire, nous am√®nera √† la conclusion que nous indiquons ici, laquelle, du reste, a √©t√© adopt√©e par de nombreux ex√©g√®tes. Parmi ceux qui ont pris ainsi, pour point de d√©part des soixante-dix semaines, ce d√©cret d'Artaxerx√©s √† la longue main, nous pouvons citer Orose (lib. VII, c. 3), Newton, Prideaux (Hist. des Juifs, tom. II, liv. V, √† l'ann√©e 458 av. J.-C.), Louis Capell (chronol. sacra), Geier, Cornelius a Lapide, Gaussen, Auberlen, le docteur Pusey (Lectures on Dan., p. 169 et suiv.), et le P. Delattre (de l'authent, de Dan., p. 62-64). Le P. Ayrolus, professeur d'h√©breu au coll√®ge romain, nous parait avoir √©crit ce qu'il y a de mieux sur cette question, et avoir tr√®s bien √©tabli cette th√®se : Hebraicam Rempublicam, atque adeo lerusalem, per Esdram, fuisse restitutam (Liber 70 hebdom. resignatus, pp. 85 et suiv.) (J. Favre d'Envieu, Le Livre du proph√®te Daniel, traduit d'apr√®s le texte h√©breu, aram√©en et grec, avec une introduction critique ou d√©fense nouvelle du livre et un commentaire litt√©ral, ex√©g√©tique et apolog√©tique, Tome 3, 1891 - books.google.fr).

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