Paul VI et Jean Baptiste Janssens
Paul VI et Jean-Baptiste Janssens

 

X, 91

 

2244

 

Clergé Romain l'an mil six cens et neuf,

Au chef de l'an feras election:

D'un gris et noir de la Compagne yssu,

Qui onc ne feut si maling.

 

La première édition comprenant les dix centuries date de 1568, à Lyon chez Benoît Rigaud ; elle est donc posthume.

 

1609 est la date à laquelle le quatrain X, 91 annonce l’élection d’un pape jésuite qui n’eut jamais lieu (Yvonne Bellenger, Nostradamus et la poésie-fiction, 2000 - babel.revues.org).

 

On a vu que les vers des quatrains peuvent avoir une certaine autonomie. Ainsi on peut séparer les deux premiers vers des deux derniers, si bien que celui de la "Companie" ne serait pas celui qui est élu en "1609".

 

Au quatrain VI, 54 (1965) l'année donnée en toutes lettres, 1607, est suivie de Liturgie, ce qui permet de rajouter la date de 354 où a été rédigé le chronographe où sont insérées les « Depositiones martyrum et episcoporum » contenant le premier calendrier liturgique chrétien.

 

La proximité des deux dates 1607 et 1609 conduit à l'hypothèse un peu fragile qu'un même calcul peut être fait. Ainsi l'année 1609 se transforme en 1963.

 

Jean-Baptiste Janssens, né le 22 décembre 1889 à Malines (Belgique) et décédé le 5 octobre 1964 à Rome, était un prêtre jésuite belge, théologien et canoniste, élu en 1946 le 27e Supérieur général de la Compagnie de Jésus (fr.wikipedia.org - Jean-Baptiste Janssens).

 

Remarquons un jeu de mots possible entre "Maling" et Malines.

 

Remarquons encore que Janssens (ou Jansen) est le nom belge de Jansénius, l'inventeur du jansénisme.

 

C'est une idée du XVIIe siècle que le gris est spiritualiste, une idée janséniste, protestante, disons le mot. Rembrandt comme Titien la narguent et la démentent (La Rénovation esthétique: revue de l'art le meilleur, Volumes 5 à 6, 1971 - books.google.fr).

 

On ira voir en habit-gris les convulsions des jansénistes (Gabriel Bonnot de Mably, Oeuvres Posthumes, Volume 1, 1798 - books.google.fr).

 

Si les prétendus Jansénistes ont quelquefois pris l'habit gris, c'est l'amour de la pénitence, ou d'autres raisons légitimes... (Charles Clémencet, La Vérité Et L'Innocence Victorieuses De L'Erreur Et De La Calomnie: Lettre A Un Ami Sur La Réalité Du Projet De Bourg-Fontaine, Volume 1, 1758 - books.google.fr).

 

Des sociétés ou confraternités ont été érigées en Italie & en France fous le nom de frères & de sœurs du Tiers Ordre de Saint François ; celle qui se trouvoit à Paris pendant le règne d'Henri III, que l'on appelloit les Pénitens gris, étoit du nombre (Candide Chalippe, La vie de Saint François, instituteur de l'Ordre des Frères Mineurs de celui de Sainte Claire et du Tiers-Ordre de la pénitence, 1728 - books.google.fr).

 

Il y avait aussi à Paris les pénitents blancs de l'Annonciation Notre Dame, les pénitents bleus de saint Jérôme et les pénitents noirs du Saint Crucifix, créés à la même époque (Nicolas Le Roux, Le Roi, la cour, l'Etat: De la renaissance à l'absolutisme, 2013 - books.google.fr).

 

Le père Jean-Baptiste Janssens, Général de la Compagnie de Jésus (1946-1964), est intervenu à plusieurs reprises pour appeler ses confrères à l'esprit de saint Ignace. En 1952, il leur envoya une lettre sur "la mortification constante", dans laquelle il s'opposait aux positions de la nouvelle théologie, qui tendaient à exclure la pénitence réparatrice et celle impétratoire et écrivait que les jeûnes, les fouets, les cilices et autres aspérités, doivent rester cachés des hommes selon la règle du Christ (Mt 6: 16-8), mais doivent être enseignés et inculqués aux jeunes jésuites jusqu'à la troisième année de probation (Dizionario degli Istituti di Perfezione, vol. VII, col. 472) (laportelatine.org).

 

Si le père Janssens était le "pape noir" des jésuites, il était favorable au gris de la pénitence :

 

Le problème majeur pour les jésuites est celui du salut et ils insistent sur la rédemption par la communion et la pénitence fortement encouragées aussi par la Contre-Réforme (Emmanuel André, Les Jésuites à Namur, 1610-1773: Mélanges d'histoire et d'art publiés à l'occasion des anniversaires ignatiens, 1991 - books.google.fr).

 

Giovanni Battista Montini, né le 26 septembre 1897 à Concesio, près de Brescia (Italie) et mort le 6 août 1978 à Castel Gandolfo (Italie). Le cardinal de Milan Montini est élu pape au sixième tour, le 21 juin 1963, avec quelque 60 voix : il a 65 ans. le nouveau pape se nomme donc Paul VI, en hommage à saint Paul et Paul V, pape qui avait mis en œuvre les décisions du concile de Trente et canonisa Charles Borromée. Le 30 juin 1963 a lieu le couronnement de Paul VI. Le 27 juin 1963, le secrétaire d'État Amleto Cicognani annonce que le concile reprendra le 29 septembre. Pour préparer cette reprise, Paul VI réunit à deux reprises la commission de coordination, les 3 juillet et le 31 août. Le dialogue avec les religions non catholiques, en particulier le judaïsme, se développa pendant le pontificat de Paul VI, sous l'impulsion de la déclaration Nostra Ætate (fr.wikipedia.org - Paul VI).

 

"Chef de l'an" est une expression rare sur internet (on peut penser que c'est quand même un bon échantillon) et correspond à Rosh ha-Shanah ou rosh désigne la "tête" : "tête de l'an".

 

Jean-Baptiste

 

Montini et Janssens se prénomment tous deux Jean-Baptiste, le précurseur décapité par Hérode Antipas, et Paul VI succède à Jean XXIII.

 

Il ne fallait que trente-cinq voix s'accordent sur un nom pour qu'un pape soit élu. Le cardinal Roncalli atteignit ce chiffre au bout du quatorzième scrutin, le troisième jour. Il allait avoir soixante-dix-sept ans. Les cardinaux avaient fait preuve d'une d'une certaine prudence, ils avaient élu un homme réputé sage et bon et s'étaient donné ainsi le temps de réfléchir jusqu'au prochain conclave. Le nouveau pontife étonna en choisissant le nom de Jean qui était certes le nom qui avait été le plus souvent porté par les papes mais dont la progression avait été stoppée par un antipape du nom de Jean XXIII, au moment du grand schisme d'Occident. Le concile de Constance l'avait déposé en 1415. Ainsi, le pape Jean avait-il choisi de ne pas s'inscrire dans la continuité d'un pontife récent. Était-ce un signe ? Jean s'en expliqua avec simplicité, se référant à Jean le Baptiste et à l'apôtre Jean, l'un accueillant Jésus dès le sein de sa mère, l'autre l'accompagnant jusqu'au pied de la Croix, et rappelant surtout que c'était le prénom de son père à qui il rendait ainsi hommage (Christine Pedotti, La bataille du Vatican, 2015 - books.google.fr).

 

Dès le début de son pontificat, Jean XXIII mit l'accent sur l'aspect pastoral de sa charge. C'est ainsi qu'il fut le premier, depuis Pie IX, à quitter le Vatican après son élection, ce qui lui permit d'assumer pleinement son titre d'évêque de Rome, souvent négligé par ses prédécesseurs. Il prit solennellement possession de la basilique Saint-Jean du Latran et visita les paroisses romaines (fr.wikipedia.org - Conclave de 1958).

 

L'institution de bénir les cloches des églises vient du pape Jean XIII, qui consacra à Rome la grosse cloche de l'église de Latran, et la nomma Jean, du nom de saint Jean-Baptiste, patron de cette basilique [selon Baronius] (Suite de l'Histoire universelle de Bossuet, Volume 4, 1836 - books.google.fr).

 

Nous pouvons remarquer ici qu'entre les crimes dont on chargeoit le pape Jean XXIII au concile de Constance pour servir à sa déposition, on comptoit celui d'avoir vendu à ceux de Florence la tête de S. Jean-Baptiste pour la somme de cinquanre mille ducats; mais que comme on étoit sur le point d'enlever cette relique de l'église de S. Silvestre pour la livrer, les Romains qui découvrirent cette honteuse négociation, s'y opposèrent & firent rompre le marché. On avoit crû que la relique avoit été dissipée avec profanation à la prise de Rome par l'année de Charles-Quint l'an 1517. A dire le vrai la chaise ou le reliquaire d'argent fut pillé par les soldats. Mais les religieuses du lieu avoient eu la précaution d'en tirer la relique, selon ce que le cardinal Baronius témoigne l'avoir appris de la bouche de quelques anciennes du couvent qui vivoient encore de son tems (Adrien Baillet, Les vies des saints composées sur ce qui nous est resté de plus authentique et de plus assuré dans leur histoire, Volume 6, 1739 - books.google.fr).

 

Comment se fait-il qu'après la fête de la nativité du saint au solstice d'été (24 juin), celle de la décollation de Jean Baptiste se célèbre le 29 août ? Parcourant les diverses premières traditions qui relatent les péripéties de la tête perdue et retrouvée du saint, l'enquête découvre que selon le calendrier alexandrin le 29 août se place à la césure entre deux années calendaires. La décapitation colle pour ainsi dire avec la célébration du nouvel an byzantin comme nouvelle tête à l'instar du Rosh ha-Shanah (« chef de l'an ») judaïque ou du Janvier-Janus romain. Mais la césure entre deux années comme entre deux mondes n'en est pas moins passage orienté dans une certaine direction. C'est ce que montre le dernier chapitre qui s'immisce dans les confréries de Saint-Jean décollé à la fin du Moyen Âge dont les membres accompagnent tout condamné à mort pour lui assurer le meilleur passage vers l'au-delà. Confrérie secrète et à recrutement strictement local et bourgeois, la Compagnie des Noirs de Florence s'est ainsi formée à Florence au xive siècle pour assister le condamné dans ses derniers jours, le conduire au repentir, recueillir son dernier souffle, lui donner une sépulture chrétienne. Un rituel de pénitence réglé sous l'égide des deux grands jumeaux figurés sur ces tablettes dévotionnelles à deux faces, l'une représentant à l'avers le Décollé, l'autre au revers le Crucifié, effigies que le pénitent noir encagoulé met en face du condamné jusqu'au dernier instant. Le lecteur peut s'étonner que dans l'analyse du rite rien ne transparaisse de l'étape finale où les pénitents recomposent soigneusement le corps du condamné éventuellement démembré en cas de décapitation, même si la plupart des exécutions de peine capitale semblent avoir été par pendaison. Mais la confrérie peut aussi conduire l'enquête jusqu'à l'obtention de la grâce du condamné. L'institution pénitente a essaimé dans les villes italiennes, notamment à Rome où la titulature johannique est associée à celle de la Vierge de Miséricorde, patronne des condamnés et des pestiférés. Association que l'on retrouve chez les pénitents noirs de Nice qui prononçaient encore au XIXe siècle la grâce éventuelle du condamné le 29 août. Passeur de la vie à la mort et à la vie éternelle, saint Jean semble avoir trouvé dans ces institutions pénitentes du nord de la Méditerranée le plateau social de sa tête psychopompe (Pierre Lassave, sur Claudine Gauthier, La décapitation de saint Jean en marge des évangiles. Essai d'anthropologie historique et sociale, 2012 - assr.revues.org).

 

Paul VI est béatifié le 19 octobre 2014. Il est fêté le 26 septembre, aussi fête de Rosh Hashana de l'année 2014-2015 (1 tishri 5775) (www.terredisrael.com).

 

1963 - 2244

 

Si on divise 1963 par 7 on trouve 280,4. Si on ajoute cette valeur à 1963 on obtient l'année 2243 à un an près de 2244.

 

Une période de 281 années a été déterminée par Pierre du Moulin peut être par rapport à l'année 2000 de laquelle on retranche les 33 ans de la vie de Jésus en supposant qu'il est né en 1, soit 1967 années divisées par 7 comme les 7 trompettes de l'Apocalypse de Saint Jean (Pierre Du Moulin, Accomplissement des Prophéties, où est montré que les prophéties de St Paul et de l'apocalypse et de Daniel touchant les combats de l'Eglise sont accomplies, 1624 - books.google.fr, Observations sur la prophétie de Pierre Du Moulin, qui prédit le rétablissement de la Religion P. R. en l'an 1689, 1686 - books.google.fr, Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France: formation et fortune, Volume 1, 1999 - books.google.fr).

 

Pierre Du Moulin (né en 1568 à Buhy et mort à Sedan en 1658) est un théologien protestant français de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle. Il était installé depuis quatre ans en Angleterre lorsqu'il se résolut de rejoindre Leyde où son ami François du Jon professait la théologie. Il prend pension chez Joseph Juste Scaliger, où il rencontre des personnages distingués et de grand mérite et s'y fait de puissants amis. En 1599, il revient dans la région parisienne. Il fut le premier pasteur du temple de Charenton-le-Pont. En 1620, Pierre Du Moulin quitte alors la France pour Sedan où il arrive le 16 janvier 1621, et y resta 37 ans, jusqu'à sa mort (fr.wikipedia.org - Pierre Du Moulin).

 

Joseph Juste Scaliger est le fils de Jules César Scaliger, lié d'amitié avec Nostradamus alors que celui-ci séjournait, depuis 1533, à Agen où il pratique la médecine de soins à domicile. Joseph Juste, né en 1540 à Agen et mort en 1609 à Leyde, est l'un des plus grands érudits français du XVIe siècle. Il surpassa son père comme philologue, et se fit en outre un nom comme chronologiste et historien. Il est considéré comme le créateur de la science chronologique et notamment de la période julienne (en hommage à son père), utilisée en astronomie, qui permet une datation indépendante du calendrier en vigueur. Il prétendit effectuer la duplication du cube et la trisection de l'angle, c'est-à-dire construire une racine cubique, à l'aide de la seule règle et du compas, ce dont Pierre-Laurent Wantzel, en 1837, montrera l'impossibilité (fr.wikipedia.org - Joseph Juste Scaliger).

 

Cette période de 280 ans se retrouve dans les Septantes et dans un texte samaritain médiéval.

 

De la naissance d'Abraham à l'arrivée de Jacob en Egypte, il n'y a qu'une légère différence à relever : les Septante donnent pour cette période 280 ans, et l'Hébreu, suivi par la Vulgate, 290 [comme Nostradamus, dans la Lettre à Henri, 290 : 100 + 60+ 130]. La captivité dura, suivant l'Hébreu, 430 ans (René François Rohrbacher, Histoire universelle de l'Église catholique, Volume 1, 1878 - books.google.fr).

 

Un texte samaritain du Xème siècle appelé par Moses Gaster, Asatir (mystère), chronique d'Adam à Moïse enrichie de légendes et de matériel midraschique, étend les Jours de la Faveur divine de Moïse, probablement depuis le Sinaï, jusqu'au temps d'Eli. Cette période est évaluée à 280 ans par les Hillukh, autre texte samaritain du VIIIème ou IXème siècle (A Companion to Samaritan Studies, 1993 - books.google.fr, A.D. Crown, Some traces of heterodox theology in the Samaritan Book of Joshua, Bulletin of the John Rylands Library, Volume 50, 1968 - books.google.fr).

 

L'Eli en question, dans la littérature samaritaine, est expulsé du temple du Garizim pour avoir voulu usurper le sacerdoce du grand-prêtre Uzzi. Il crée alors un sanctuaire concurrent à Silo. Il existe un personnage du nom de Eli dans l'Ancien Testament dépeint de manière ambiguë. Ses descendants furent évincés du culte officiel (1 Sam. 21-4; 1 Rois 2,26-27). La défaveur qui s'ouvre avec le schisme d'Eli est considérée comme particulièrement tragique puisqu'elle se poursuivra jusqu'à la venue du Taheb, un personnage messianique encore attendu aujourd'hui (Jean-Daniel Macchi, Les Samaritains: histoire d'une légende ; Israël et la province de Samarie, 1994 - books.google.fr).

 

Selon le Pitron, commentaire de l'Asatir du XVème siècle, la durée du monde, d'Adam à la fin, à Taheb, est de 6000 ans et les mille ans suivants constituent le Jubilé (Alan David Crown, The Samaritans, 1989 - books.google.fr).

 

Les travaux récents montre que Nostradamus s’est inspiré des idées qu’il trouvait dans les livres de ses contemporains. Bon nombre d’astrologues de son époque pensaient que la fin du monde approchait et toute une littérature était publiée sur ce sujet. Le Livre de l’Etat et de la mutation des temps écrit en 1550 par Roussat regroupe les idées les plus en vogue. Richard Roussat fait état d’un cycle de 7000 ans. Selon l’auteur, ce cycle de titubation du firmament indiquait une mutation des temps autour de 1792. Le cycle de 300 ans des dix révolutions saturniennes dont parle Albumazar qui arrive à échéance en 1789 (c’est à partir de ce cycle que le Cardinal d’Ailly a réalisé sa fameuse prédiction d’un grand changement pour 1789). Le cycle de 2480 ans des périodes planétaires avec changement de période tous les 354 ans 4 mois, [...] déjà utilisé par l’astrologue Abraham Ibn Ezra (1089-1167) dans son Liber rationum. L’histoire est découpée en périodes de 354 ans 4 mois, chacune de ces périodes étant gouvernée par l’ange d’une planète. [...] Il est tout à fait vraisemblable que 3797 [date de fin ses prophéties donnée dans la Lettre à César, son fils] corresponde à cette année 2242 qui signe la fin de la période solaire. Selon un procédé courant à son époque, Nostradamus aurait crypté 2242 en ajoutant tout simplement l’année de parution des premières Centuries (3797 = 2242 + 1555) (Yves Lenoble, Nostradamus and the Eclipse of August 11 1999, 1999 - ramkat.free.fr).

 

La doctrine astrologique des chronocratories enseigne la domination des astres sur le temps, périodes de 354 ans et un tiers, elle même issue des spéculations sur la grande année. Ainsi, selon Richard Roussat, la période de la Lune commence en 1533, celle du Soleil en 1887 et celle de Saturne en 2242 (Pierre Brind’Amour, « Nostradamus astrophile », Klincksieck, 1993, p. 187).

 

Le quatrain X,89 qui correspond à cette année 2242-2243 parle en effet d'un âge d'or, âge de Saturne selon la mythologie :

 

De brique en marbre seront les murs reduits, / Sept et cinquante annees pacifiques: / Joye aux humains, renoué Laqueduict, / Santé, grandz fruict, joye et temps melifique.

 

"Sept et cinquante annees" peut vouloir dire 7 fois 50 soit 350 années (presque 354).

 

Le quatrain X,100, terminant les 942 quatrains de l'édition de 1568, porte la date 2251.

 

Jean-Baptiste et les Samaritains

 

Puisque Jean se pose en réformateur religieux, instituant un nouveau rite de purification par le baptême qu'il administre, il doit avoir reçu de Dieu un mandat spécial. Les prêtres, sans s'embarrasser de questions secondaires vont donc directement à l'essentiel et demandent à Jean : «Es-tu le Prophète?» (Mc 8 28), mais s'il est le Prophète par excellence. Ils font allusion, sans aucun doute, à ce Prophète que Dieu avait promis d'envoyer à son peuple comme un nouveau Moïse : « Et Yahvé dit : Ils ont bien parlé. Je leur susciterai, du milieu de leurs frères, un prophète semblable à toi (Moïse), je mettrai mes paroles dans sa bouche et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai» (Dt 1817-18). Jean-Baptiste ne se considérerait-il pas comme ce Prophète ? Mais pourquoi les envoyés des Juifs font-ils allusion à cette attente d'un prophète semblable à Moïse ? Parce que Jean-Baptiste exerce son activité en Samarie, et que l'attente d'un tel Prophète revêtait une importance particulière chez les Samaritains. En effet, ils ne reconnaissaient comme Écriture inspirée que les cinq premiers livres de la Bible, attribués à Moïse : le Pentateuque. C'est donc dans un de ces livres qu'ils devaient chercher le fondement de leur espérance messianique, et ils l'avaient trouvé précisément dans la prophétie de Dt 18 18. Ce texte revêtait une telle importance pour eux qu'ils le lisaient deux fois dans leur Pentateuque ; ils avaient en effet ajouté le texte de Dt 18 17-22 après Ex 20 22, comme une sorte de prolongement du texte énonçant les dix commandements de Dieu (Ex 20 1-17). On peut donc dire que l'attente messianique des Samaritains était entièrement centrée sur le texte de Dt 18 18 ; ils vivaient dans l'espérance de la venue du Prophète semblable à Moïse, le Taheb comme ils l'appelaient (Pierre Benoît, M. E. Boismard, Arnaud Lamouille, Synopse des quatre Évangiles en français: L'Évangile de Jean, Volume 3, 1965 - books.google.fr,

 

Selon Eusèbe, un disciple de Simon le Mage, du nom de Ménandre, aurait été Samaritain et baptiste (Histoire ecclésiastique, 3,26,2). D'après les récits pseudoclémentins, Jean Baptiste lui-même aurait été un héméro-baptiste, rattaché à la Samarie (Reconnaissance, 2.23). Par ailleurs on peut aussi se demander jusqu'à quel point la polémique des Samaritains à l'endroit du Temple de Jérusalem ne rencontrait pas celle des baptistes. Ce n'est certainement pas un hasard si la première mission chrétienne en dehors de Jérusalem a débuté par la Samarie (Ac 8,1sq ) et si l'étrange discours d'Étienne, vitupérant contre le Temple et les sacrifices sanglants, désigne entre autres Sichem en Samarie comme le lieu funéraire des douzes Patriarches, et cela contre toute la tradition biblique (Ac 7,16) ! N'allons cependant pas trop vite postuler quelque influence du milieu samaritain, très replié sur lui-même, sur lui-même, sur Étienne et les judéo-chrétiens hellénistes. Mais la Samarie, aux populations mêlées, était une terre de passage et, sans doute, une terre d'accueil pour ceux qui avaient quelques difficultés avec l'autorité judéenne. Au demeurant, Luc rappelle l'attitude favorable de Jésus à l'endroit des Samaritains (Lc 10,33-37; 17,16-19; mais aussi 9,52-55). Par là il rejoint la tradition johannique dans cet extraordinaire épisode de Jésus auprès de la Samaritaine, avec son annonce du culte en esprit et en vérité (Jn 4,24). Tout le baptisme de Jean l'Évangéliste trouve ici sa parfaite expression : désormais, Jésus donne l'eau vive et dit la fin du culte sanglant (Charles Perrot, Jésus et l'histoire, 1993 - books.google.fr).

 

A l'extrémité orientale de la rue et près des murs de la ville de Naplouse (Neapolis, Sichem), il y a une mosquée carrée, où l'on voit une fontaine dont le bassin est de marbre blanc. Suivant une tradition rapportée par Jean Cotwyk (mort à Utrecht en 1629), écrivain du seizième siècle, ce bassin qui présente la forme d'un sarcophage aurait contenu anciennement les ossements de saint Jean-Baptiste, et un gouverneur de Naplouse l'aurait fait transporter de Samarie (Sébaste), où il était dans l'église consacrée au saint précurseur (Jean Joseph Léandre Bargès, Les Samaritains de Naplouse, 1855 - books.google.fr).

 

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