Les cousins de Mayence

Les cousins de Mayence

 

X, 17

 

2189-2190

 

La reyne Ergaste voyant sa fille blesme

Par un regret dans l'estomach enclos,

Cris lamentables seront lors d'Angolesme,

Et au germain mariage forclos.

 

Ergaste

 

Le prénom masculin Ergaste se rencontre dans deux pièces de Molière, L'Etourdi et L'Ecole des maris. Le nom avait été utilisé par Rotrou dans sa comédie de La Soeur (1647) pour dénommer un valet intrigant, en référence à l'étymologie grecque ("ergon"). L'usage moliéresque du nom ne renvoie donc pas à la tradition pastorale, dans laquelle Ergaste apparaît fréquemment : Ergasto dans l’Arcadia de Sannazaro, le Pastor fido de Guarini, l'Aminta du Tasse, le berger Ergaste dans L'Astrée, et, dans le prolongement de celle-ci, Ergaste, amoureux dans la comédie La Belle Plaideuse (1655) de Boisrobert (moliere.huma-num.fr).

 

"ärgste" : très cruel (superlatif de l’allemand "arg") (fr.pons.com).

 

Le franconien ou dialecte de l'Allemagne moyenne (Hesse, Franconie, Thuringe, etc.) est une langue teutonne (J. Du Fief, Géographie détaillée, Tome 2 : Europe, 1878 - books.google.fr).

 

Un mot germanique pour une reine venue de ce qui est devenue l'Allemagne moderne.

 

Fastrade, reine de France, fille de Rodolphe, duc de Franconie, est morte à Francfort-sur-le-Mein en 794. Elle épousa, en 783, à Worms, Charlemagne, qui venait de perdre sa femme Hildegarde. Cette princesse, d'une humeur impérieuse et altière d'un caractère cruel, se fit haïr des nobles austrasiens (Grand dictionnaire universel du XIXe siècle Larousse, Volume 8 : F - Gyz, 1872 - books.google.fr).

 

Fastrade est morte à Francfort, l'an 794. Éginhard nous a laissé de cette reine un portrait peu flatteur. Il attribue à son arrogance la révolte de Pépin le Bossu contre son père, et il ajoute : «Une autre conjuration s'était déjà formée en Germanie, dans le but d'assassiner le roi Charles. Les auteurs, qui croyaient cependant avoir pris les précautions les plus minutieuses, furent découverts. Les plus coupables eurent les yeux crevés, et tous furent envoyés en exil. Aucun d'eux ne subit la peine capitale, sauf pourtant ceux qui voulurent résister aux soldats envoyés pour les arrêter et qui périrent ainsi les armes à la main. La cruauté de la reine Fastrade (Fastradae crudelitas) fut, dit-on, l'unique cause de ces deux conjurations. Charlemagne cédant à ses conseils s'écarta quelquefois de sa bonté naturelle ; de là, les mécontentements et les complots. Dans tout le reste de sa vie, le roi se conduisit avec une telle modération et gouverna ses états et sa cour avec une telle sagesse que de toutes parts il recevait les hommages les plus enthousiastes, les félicitations les plus chaleureuses, au point que durant un si long règne, il ne fut articulé contre lui le plus léger reproche d'injustice ou de cruauté.» Fastrade n'avait eu que deux filles. Son corps, transporté à Mayence, fut enseveli dans le monastère de Saint-Alban. En dépit des récriminations posthumes d’Éginhard, Fastrade trouva dans l'évêque d'Orléans, Théodulfe, un poète qui voulut bien se charger de lui faire une épitaphe. Il faut croire que l'ouvre était difficile, car elle est courte et aussi peu élogieuse que possible. Le mot de la fin semble même une ironie plutôt qu'un éloge. Voici les trois distiques de l'évêque, poète : «Ici repose le corps de la reine Fastrade, tranchée dans sa fleur par la froide mort. Fille d'un noble père, elle fut l'épouse d'un puissant roi, aujourd'hui Dieu l'appelle aux noces plus glorieuses encore du royaume des cieux. La meilleure partie de son âme nous est restée, c'est le roi Charles. Que le Dieu clément lui accorde de longs jours.» La cour de France ne pouvait se passer de reine ; c'est ce qui résulte des plaintes d'Éginhard au sujet des femmes nommées «concubines», auxquels Charlemagne s'attacha dans les dernières années de sa vie. Ainsi que l'ont démontré les recherches les plus récentes de l'érudition moderne, ces « concubines » ne furent autres que des épouses morganatiques, telles que fut madame de Maintenon par rapport à Louis XIV, avec cette différence toutefois que l'influence des concubines de Charlemagne ne sortait point de l'intimité domestique. Autant est doux et utile l'ascendant d'une femme vertueuse, autant celui d'une reine acariâtre et hautaine comme Fastrade est nuisible et dangereux. Pour le moment, Charlemagne contracta une troisième union avec Luitgarde, fille d'un comte allemand dont le nom nous est inconnu. Luitgarde avait toutes les vertus qui manquaient à la précédente reine (Joseph-Épiphane Darras, Histoire générale de l'Eglise depuis la création jusqu'à nos jours, Tome 18, 1873 - books.google.fr).

 

Cousins germains

 

"forclos" : Emploi adj. en fonction d'attribut. Qui est exclu, rejeté, maintenu à l'extérieur (www.cnrtl.fr).

 

Pépin le Bossu, bâtard de Charlemagne, fomenta en 792 un complot pour prendre la couronne et tuer le roi. Il semble avoir agi en partie par haine de la reine Fastrade (qui n'eut pourtant que des filles !). Mais le complot échoua et Pépin fut enfermé dans un monastère pour le reste de ses jours. La polygamie bafouait le sacrement du mariage et menaçait le trône. C'est pourquoi, afin d'empêcher à la fois la polygamie et les unions entre proches parents, les pères du concile de Mayence, en 813, prirent des mesures sévères, notamment en élargissant la notion d'inceste. Ils ne voulaient plus tolérer la coutume germanique qui visait à renforcer le potentiel guerrier de chaque lignage, sans souci des querelles qui en découlaient. Il s'agissait en particulier d'empêcher que l'homme, pour maintenir des liens de  famille à famille, n'épouse la sœur de sa première femme, ou bien, pour éviter la dispersion de sa propre famille, n'épouse la veuve de son frère ou de son oncle, ou sa nièce, ou sa cousine. Bref, l'Église était d'abord hostile à la violence issue de la polygamie. Le concile de Mayence étend les interdictions jusqu'aux cousins issus de germains. Cette forme de prohibition de l'inceste vise en fait la polygamie endogame, simultanée chez les hommes ou successive chez les femmes qui passaient comme concubines d'une génération à l'autre. Dans le même lit pouvaient entrer des femmes qui étaient sœurs, cousines, nièces les unes des autres. Il faut désormais aller se marier en dehors du lignage, dont la cohésion se trouve réduite d'autant ; la femme, dont le consentement sera nécessaire, ne fait plus partie, à la mort de son époux, du cheptel de la tribu dans laquelle elle est entrée. Ceci, rappelons-le, se passait en 813, un an avant la mort du patriarche d'Aix-la-Chapelle, entouré de toutes ses femmes (Michel Rouche, Charlemagne polygame et incestueux, L'Histoire, Numéro 64, 1984 - books.google.fr).

 

À Rome, on autorisait les mariages entre cousins germains, mais les conciles prohibèrent ces mariages au deuxième degré (canonique) dès le IVe siècle. Au VIIe siècle, le tabou de l’inceste incluait donc certainement le deuxième degré : saint Léger tenta d'empêcher Childéric II d’épouser sa cousine germaine. Le troisième degré était également interdit, mais tout porte à croire que cette règle n’était pas respectée. On a vu que les mariages entre cousins issus de germains étaient courants en Germanie à l’époque de Boniface et les capitulaires du VIIIe siècle réprimant l’inceste durent réitérer l’interdiction et imposer la séparation des époux unis à ce degré. Il faut également noter que, chez les Anglo-Saxons comme chez les Francs, la terminologie classificatoire commençait, en règle générale, au troisième degré de consanguinité et au deuxième degré d'affinité. Il me semble donc que la terminologie classificatoire commençait avec la parenté épousable. […]

 

L’époque carolingienne marqua une rupture en matière normative. A Vermerie, en 758-768, la quatrième génération fut interdite sans pouvoir donner lieu à dispense, même si elle n’entraînait pas la séparation des époux. Le concile romain de 743 avait déjà interdit d’épouser la veuve de n’importe quel parent consanguin (quant cognatus habuit), ce qui allait à l’encontre de toutes les pratiques en vigueur. En 754-755, Pépin se contenta de rappeler les interdictions précédentes (défense d’épouser la mère et la fille, deux soeurs, la nièce, la consobrina vel sobrina, la tante) en les étendant aux parentes spirituelles (commuter, mère naturelle d’un filleul et matrina, marraine). En 813 cependant, au concile de Mayence, tous les interdits furent réitérés, en particulier le quatrième degré, les parents spirituels mais aussi les affins (Régine Le Jan, Chapitre IX. La stratégie matrimoniale In : Famille et pouvoir dans le monde franc (VIIe-Xe siècle) : Essai d’anthropologie sociale, 2003 - books.openedition.org).

 

Regret

 

Le premier rôle de toute reine est à l'évidence de donner un héritier mâle au souverain. La stérilité fut la cause probable de la répudiation de plusieurs d'entre elles, peut-être de la fille de Didier, roi des Lombards, dont Charlemagne se sépara au bout d'un an. Mais le fait que la reine mette au monde seulement des filles est presque aussi difficile à supporter pour le roi : Fastrade, femme de Charlemagne, a deux filles, dont Théodrade, future abbesse d'Argenteuil, puis de Schwarzach ; Richilde ne donne vie qu'à un fils mort-né et à une fille, Rothilde, et surtout Frérone, mère de 6 filles en moins de 10 ans, a du mourir prématurément, peut-être en accouchant (Comptes rendus des séances, Académie des inscriptions & belles-lettres, Numéros 3 à 4, 1998 - books.google.fr).

 

"blesme"

 

Blême adj. (blême - allem. bleich, mot qui, adopté par la basse latinité, a pris la terminaison imus, caractéristique des adjectifs, et est devenu blecimus, puis, par transformation, blecime, blesime et par contraction blesme et blême ; l'accent circonflexe nous prouve la présence antérieure du s. Très påle, d'un blanc mat, livide, en parlant du visage, du teint (Grand dictionnaire universel du XIXe siècle Larousse, Tome 2, 1867 - books.google.fr).

 

Das Bleichenviertel ist ein Quartier in Mainz, das am nördlichen Rande des Stadtteils Mainz-Altstadt liegt. Es besteht aus Blocks eines überwiegend quadratischen Grundrisses: Die Hauptachsen bestehen aus drei Straßen, Große Bleiche, Mittlere Bleiche und Hintere Bleiche, die alle parallel zur ehemaligen Stadtmauer und zur Kaiserstraße verlaufen. Diese werden von Querstraßen gekreuzt, zum Beispiel von der Zanggasse. Hierin unterscheidet es sich deutlich von allen anderen Vierteln der Altstadt, mit Ausnahme des Lauterenviertels, das erst zwei Jahrhunderte später durch Anlandung während der Rheinbegradigung neu geschaffen wurde. Vom Mittelalter bis ins 17. Jahrhundert bestanden hier die „Bleichwiesen“ – ein unbebautes Gelände innerhalb der aus römischer Zeit entstandenen Stadtmauer, das von zwei Bächen durchkreuzt wurde, Zeybach und Umbach. Wäsche, die in diesen Bächen gewaschen wurde, konnte auf den angrenzenden Wiesen gebleicht werden. Auch das Gerberhandwerk siedelte sich in der Nähe dieser Wasserläufe an (de.wikipedia.org -  Bleichenviertel).

 

Damit die Wiesen allerdings bebaut werden konnten, wurde der Zeybach um 1657 vor der Stadt in die Festungsgräben der Gartenfeldfront (Lage auf der heutigen Kaiserstraße) umgeleitet, um das sumpfige Gelände trocken zu legen. Im Jahr 1663 ließ Johann Philipp von Schönborn erst die "Große Bleiche" ausmessen, dann folgten die beiden kleineren, nördlicher gelegenen Straßen. Die drei neuen Straßen "Große Bleiche", "Mittlere Bleiche" und "Hintere Bleiche" verliefen schnurgerade in Ost-West-Richtung und wurden durch Querstraßen in kleinere Wohnblöcke unterteilt. Somit war das Bleichenviertel die erste nach barocken und neuzeitlichen Gesichtspunkten geschaffene Stadtanlage. Der schachbrettartige Grundriss der breit angelegten Straßen stand so im krassem Gegensatz zu den engen und verwinkelten Gassen der Mainzer Altstadt. Trotzdem wurde der Verlauf vieler Straßenzüge der Altstadt in den Querstraßen des Bleichenviertels aufgenommen (www.festung-mainz.de).

 

Angoulême : cri et décri

 

Les premiers princes Carolingiens prirent à tâche de remédier à ce désordre en restaurant à leur profit exclusif le principe romain. D'abord, sous Pépin le Bref et dans le commencement du règne de Charlemagne, les noms des monétaires disparaissent vite des espèces  en même temps que le nombre des ateliers devient très restreint. Puis, à partir de 781, sous Charlemagne, on ne lit plus sur les deniers carolingiens que le nom de l'empereur ou du roi et celui des rares localités où étaient installés les ateliers officiels ; la fabrication est placée sous le contrôle direct des agents du pouvoir central. Bref, la monnaie, de nouveau monopolisée, redevient, pour un siècle au moins, effectivement la chose de l'empereur franc ou du roi, comme elle avait été la chose de l'empereur romain [moneta publica; res juris regalis). Le nombre considérable des Capitulaires relatifs à la monnaie atteste que cet état de choses restauré ne se maintint pas sans une rigoureuse vigilance. Pépin le Bref, Charlemagne, Louis le Débonnaire, Charles le Chauve légifèrent fréquemment sur la monnaie; ils changent les types, le poids, le cours des deniers; ils démonétisent des pièces anciennes pour leur en substituer de nouvelles (moneta nova) dont ils édictent le cours forcé; ils modifient la constitution des ateliers, insistant sur l'étroite surveillance à exercer sur les entrepreneurs de la monnaie, sur l'aloi du métal qui doit toujours être excellent; ils pourchassent les faux monnayeurs, encore nombreux, avec une impitoyable sévérité (Ernest Babelon, La théorie féodale de la monnaie. In: Mémoires de l'Institut national de France, tome 38, 1e partie, 1909 - www.persee.fr).

 

Les contrats dans lesquels le prince s'engage à prévenir ses sujets assez longtemps avant de procéder à une mutation, et à changer les types de sa monnaie, sont plus nombreux encore : c'est le cri et le décri des monnaies, qui doivent avoir la plus large publicité préalable  (Ernest Babelon, La théorie féodale de la monnaie. In: Mémoires de l'Institut national de France, tome 38, 1e partie, 1909 - www.persee.fr).

 

Il est permis de croire que jusque vers 774 Charlemagne continua le système monétaire de son père, peut-être en modifiant quelque peu les types; les deniers de ce roi, de 768 à 774, doivent donc former une série pesant 27 grains 100 i1 gramme 22) : de 774 jusqu'à 814, le poids probable est de 32 grains (1 gramme 707). En 781 a lieu une démonétisation; en 794 le roi donna cours à de nouveaux deniers; en 800 on s'occupa à réprimer les fabrications clandestines; cinq ans plus tard, ainsi qu'en 808, on renouvelait ces mesures, et, pour faire cesser des abus alors très-multipliés, on ordonnait que la monnaie ne serait plus frappée que dans le palais, à moins qu'il n'ait été donné des ordres contraires. Toutefois on laissait courir les pièces émises en dehors de la fabrication officielle lorsqu'elles étaient de bon aloi. On voit que la grande préoccupation de l'administration de Charlemagne fut de centraliser le monnayage. En disant que les deniers devaient être fabriqués exclusivement dans le palais, je crois qu'il faut entendre qu'il s'agit d'une manière générale de la résidence du souverain. En feuilletant le Regesta chronologico-diplomatica karolorum de Böhmer et la liste des palais et maisons des rois de France de Ducange, on retrouve les noms de plusieurs localités qui figurent sur les deniers de Charlemagne. Citons Aix-la-Chapelle, Arles, Chalon-sur-Saône, Angoulême, Laon, Liége, Lyon, Mayence, Reims, Strasbourg, Trévise, Tournay, Troyes, Verdun (Alphonse Vétault, Léon Gautier, Charlemagne, 1877 - books.google.fr).

 

En 768, Pépin le Bref, s'étant emparé de l'Aquitaine sur le duc Waifre, la Saintonge rentra avec elle dans le domaine de la couronne, puis en fut détachée de nouveau, pour former, avec d'autres provinces, le second royaume d'Aquitaine, que Charlemagne donna, en 781, à son fils Louis le Débonnaire (Les pièces portant AQVIT ANIA ont dû être frappées à Angoulême, puisque celles de Bordeaux, de la même époque, portent BVRDI GALE, OU BVRDI GALA, etc.) (Eugène Désiré Letellier, Description historique des monnaies françaises, gauloises, royales et seigneuriales, Tome 4, 1890 - books.google.fr).

 

Acrostiche : LP CE

 

LP : Liber Pontificalis (Louis Duchesne, Le liber pontificalis, Tome 2, 1892 - books.google.fr).

 

La première édition connue de ce livre a été donnée par les soins de Pierre Crabbe, moine de l'ordre de St.-Augustin dans sa grande Collection des Conciles, 2 vol. in-folio imprimés à Cologne en 1538, et y est insérée sous ce titre : Liber pontificalis à Petro papa , usque ad Nicalaum papam Ium, in quo eorum gesta describuntur, primorum per Damasum papam reliquorum anteà per alios veteres ac fide dignos. Le cardinal Baronius l'a fait entrer partiellement dans ses Annales ecclésiastiques, en 12 vol. in-fo, Rome 1588. On a tout lieu d'être étonné qu'un si savant homme ait fait à Anastase un reproche sérieux d'être entré dans tous les détails qui concernent les objets d'art dont les papes et les princes chrétiens se sont plûs à orner les anciennes églises; ces détails cependant, qui nous intéressent tant, sans son livre, seraient restés ignorés ou l'objet de vagues conjectures pour une infinité de monumens détruits, ou tellement dénaturés, qu'on n'en reconnaît plus la destination. La mauvaise humeur de Baronius vient sans doute de ce qu'Anastase a négligé de donner quelques particularités sur le pontificat de Serge II, particularités que le savant cardinal regardait comme plus essentielles à connaître que l'histoire des arts. Mais à quel écrivain n'a-t-il donc jamais rien échappé, et Baronius, malgré toute sa science, est-il toujours infaillible ? Quoi qu'il en soit, Baronius a fondu dans ses Annales toute la partie du texte du Liber pontificalis qui concerne la vie des papes, c'est-à-dire depuis S. Pierre jusqu'au commencement du 9° siècle, époque où s'arrête le Liber pontificalis, et cette série des neuf premiers siècles n'était pas la plus facile à rédiger. La première édition qu'on puisse appeler complète, quoique dénuée de toute explication et remplie de fautes, est celle qui parut à Mayence en 1602, avec ce titre : Anastasii sancte romanæ ecclesiæ bibliothecarii historia de vitis romanorum pontif. á beat. Petro apost., usque ad Nicolaum, nunquam hactenus typis excussa, etc. Moguntiæ, in typogr. Joan. Albini. Ce fut l'Allemand Marc Velser qui la fit paraitre. En 1649, Charles Annibal Fabrotius en fit à Paris une édition, précédée de l'histoire ecclésiastique du même Anastase, et augmentée de variantes tirées de plusieurs manuscrits, d'un éloge d’Anastase, de deux catalogues des papes et d'une table des matières. Vers 1718, il en fut entrepris, à Rome, une troisième édition, qui devait être composée de 4 vol. in-f', et enrichie de nouvelles variantes tirées de différens manuscrits des bibliothèques du Vatican et de Florence; de plusieurs dissertations des savans Luc Holsténius et Emmanuel Schelstrate, qui l'un et l'autre avaient été gardes de la bibliothèque du Vatican (Annales de philosophie chretienne, 1835 - books.google.fr, Louis Duchesne, Le liber pontificalis, Tome 2, 1892 - books.google.fr).

 

L'ouvrage est intitulé Liber Pontificalis par Giovanni Vignoli, préfet de la Bibliothèque vaticane, en 1724. Le titre Liber pontificalis devient classique à partir de l'édition de Vignoli, intitulée Liber pontificalis seu de Gestis romanorum pontificum (fr.wikipedia.org - Liber Pontificalis).

 

L'"arcus stellae" mentionné à la rubrique de Saint Etienne Ier, pape de 254 à 257, serait l'arc de Nero Claudius Drusus (-38 - -9), fondateur de Mayence. C'est aujourd'hui la Porte Saint Sébastien : elle est à peu près à l'endroit où étoit autrefois la Porte Capenne, où commençoit la Via Appia (Joannes Vignoli, Liber Pontificalis seu De gestis Romanorum Pontificum: quem cum codd. mss. Vaticanis aliisque summo studio & labore conlatum emendavit, supplevit, 1724 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Arc de Drusus, M. de L. M., Description historique de l'Italie, en forme de dictionnaire, 1776 - books.google.fr).

 

CE : Centurion (Abréviations tirées du «Dictionnaire des Abréviations latines et italiennes» de A.Capelli - www.arretetonchar.fr).

 

La dernière stratégie déployée par les archevêques de Mayence dans ces relations ad limina pour obtenir une légitimité de Rome est le recours au discours historique. Conçu comme un élément de rhétorique, ce dernier vise avant tout à emporter la conviction de son destinataire. Toutefois, on n’en trouve la présence que dans la première relation de 1609, de telle sorte que le dossier des relations ad limina de Mayence s’ouvre sur une de ces « généalogies fabuleuses89 » propres à la période moderne. Ce discours historique est à mettre en parallèle avec la structure générale des relations : il se déploie autour de deux pôles, l’histoire religieuse et l’histoire politique - temporelle serait sans doute un terme plus exact. En ce qui concerne l’histoire religieuse, la relation parvient à rattacher Mayence à l’un des membres les plus éminents de l’Église chrétienne primitive puisque le document affirme que la ville a été convertie à la foi nouvelle «par les œuvres de saint Crescent, disciple de l’Apôtre Paul, qui a été le premier évêque pendant vingt-deux années». Avec l’action de Crescent démarre également le cycle des évêques martyrs qui prouve leur zèle religieux et celui de la cité : après Crescent donc, on trouve «saint Martin et saint Crescentius ses deux successeurs immédiats, parmi beaucoup d’autres, ont également obtenu la gloire de la sainteté par leur martyre». Enfin, ce cycle des évêques fondateurs se clôt par la mention de Boniface et Willigis, moins pour rappeler la date de l’érection de la cité en archevêché que pour illustrer la succession d’ordinaires hors pair qui sont parvenus à maintenir et ancrer la foi catholique dans la ville. Quant à l’aspect politique, s’il est plus succinct, il n’est pas moins significatif puisque trois grands moments de l’histoire germanique sont évoqués dans ce bref récit historique. En premier lieu, la fondation de la ville de Mayence «sous les auspices de Claudius Drusus Germanicus, pense-t-on, beau-fils d’Auguste, qui a fait victorieusement la guerre en Germanie» est rattachée à la naissance de l’Empire romain. Destiné à montrer l’antiquité digne d’éloge de la cité, ce passage, déjà cité, fonde tout autant le destin impérial de la ville et de son prince. Par une construction parallèle tacite, le deuxième moment historique associe Mayence aux premiers Carolingiens : «c’est à l’époque de Charlemagne et de Pépin que commence la succession des Archevêques». Une nouvelle fois, le sort de Mayence est lié à une dynastie impériale, source de légitimité. Enfin, le troisième moment de ce discours historique met en scène la nouvelle dignité acquise en 977 par les archevêques de Mayence qui deviennent alors, d’après la relation, électeurs. S’il n’est fait aucune mention de souverains à cette occasion, la date correspond néanmoins aux premières années de l’Empire des Ottoniens. Une fois de plus, donc, Mayence est associée à un moment important de la vie de l’idée impériale. Dans ces trois exemples, il est intéressant de constater que la légitimité politique de Mayence et de ses princes-archevêques est étroitement liée à l’idée d’Empire. Si ce dernier est traditionnellement perçu comme une des sources de la légitimité juridique dans la Chrétienté, son rapprochement avec Mayence tend à exacerber cette relation. La cité rhénane est ainsi étroitement associée à la permanence de l’idée d’Empire de même qu’à la défense du christianisme catholique. Tout ce discours historique aboutit au règne de Johann Schweikard von Cronberg qui constitue le dernier maillon de cette chaîne ; il en a hérité les qualités et les dignités. Enfin, ce développement inaugural sur les origines de Mayence semble contenir toute la ligne argumentative des relations à venir, qui s’efforcent d’étayer une légitimité à partir d’éléments spirituels et temporels. Ainsi, quel que soit le cadre envisagé, la relation entre la papauté et les archevêques de Mayence est essentielle à ces derniers pour leur permettre de construire et de renforcer leur légitimité à l’intérieur du Saint-Empire. Cela est d’autant plus important que la deuxième moitié du XVIe siècle et la première moitié du XVIIe siècle sont des périodes où la cohésion interne de l’Empire est mise à l’épreuve, notamment par la question confessionnelle, et où son rayonnement international, c’est-à-dire sa capacité à servir de modèle hors de ses frontières et son poids dans le règlement des questions entre les monarchies européennes, est relativement faible. Dans ce contexte, la relation avec Rome permet aux archevêques de Mayence de remédier partiellement à ce dernier inconvénient tout en confirmant leur importance institutionnelle dans le Saint-Empire (Étienne Bourdeu, Tropismes et entropies des relations espagnoles dans le Saint-Empire In : Les archevêques de Mayence et la présence espagnole dans le Saint-Empire : XVIe-XVIIe siècle, 2016 - books.openedition.org, Miscelánea conmemorativa del Concilio de Trento, 1563-1963: estudios y documentos, 1965 - books.google.fr).

 

Le nom de Crescens apparaît dans une inscription perdue, autrefois dans l'église Saint Laurent de Mayence : CIL XIII 6957 "Aulus Baebius C(ai) f(ilius) / Scap(tia tribu) Cleme(n)s Faes(ulis) / m(iles) l(egionis) XXII an(norum) XLI / stip(endiorum) XXIIII h(ic)s(itus) e(st) / Crescens L(uci) f(ilius) c(uravit) (Luciano Lazzaro, Esclaves et affranchis: en Belgique et Germanies romaines, d'après les sources épigraphiques, 1993 - books.google.fr).

 

Il ne semble pas qu'il y ait d'église Saint Laurent à Mayence, mais l'inscription avait été repérée dans sa région (celle du doyen Laurent Truchsess) par Johannes Huttich (Joseph Fuchs, Historia Maguntiacensis ab urbe condita, Tome 1, 1772 - books.google.fr).

 

Huttichius (Hüttich), archéologue et numismate mayençais, né vers 1480, mort en 1544, est auteur de deux volumes importants : Collectanea antiquitatum (Recueil d'antiquités trouvées dans la ville de Mayence et aux environs). Mayence, 1520, in-fol. très rare, avec 14 figures sur bois de divers monuments ; et Imperatorum vitæ, cum iconibus et numismatibus ad vivum expressis, livre souvent réimprimé dans le cours du XVIe siècle, mais dont l'édition originale, celle de Strasbourg, 1525, in-8, contenant les premières épreuves des figures, est très rare et recherchée. Ce n'est pourtant pas, comme on l'a prétendu, le premier livre où l'on trouve les médailles des empereurs. Elles avaient déjà été publiées en 1517, par André Fulvius, dont l'ouvrage était connu de Huttich, qui s'en servit pour le sien (Bulletin du bibliophile, 1888 - books.google.fr).

 

Ce qui a fait dire à certains, en particulier au XIXe siècle :

 

L'an 70, la 22e légion qui avait conquis la Judée et détruit Jérusalem, sous les ordres de Titus, était en garnison à Magontiacum, et, selon la tradition, saint Crescentius, qui prêcha un des premiers le christianisme sur les bords du Rhin, en faisait partie comme centurion (Adolphe Joanne, Itineraire descriptif et historique de l'Allemagne : L'Allemagne du Nord, 1854 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2190 sur la date pivot 794 donne -602.

 

Le président Bouhier (1673 - 1746) suppose que l'Assuérus, qui selon le livre de Tobie, marcha avec Nabuchodonofor contre Ninive, est Cyaxares ; que ce Prince ne monta sur le trône qu'en 634 ; & que les 28 années de la domination des Scythes ne peuvent ainsi expirer avant 606 : d'où il conclut que la ruine de Ninive est postérieure à l'an 606. Enfin il prétend que l'éclipse qui termina la guerre de Lydie, est de l'an 597 ; & qu'ainsi les six années de cette guerre commencerent en 602 ; d'où il conclut que la prise de Ninive doit être placée entre 606 & 602 (Henri-François de Vence, La Sainte Bible en latin et en françois, Tome 5, 1749 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Jean Bouhier de Savigny).

 

Il paroît que Darius apprit des Lydiens qu'il conquit, l'usage de la monnoïe & la manière de la battre, & qu'il fit refrapper leurs pieces d'or. Car avant la conquête de la Lydie, les Medes n'avoient point de monnoïe (Sir Isaac Newton, La chronologie des anciens royaumes corrigée, traduit par François Granet, 1728 - books.google.fr).

 

Le premier qui fit bättre en Perse de la Monnoie d'or & d'argent, fut Darius fils de Cyaxare, ou, comme il est apellé dans l'Ecriture, Darius Monnote, le Mède, Fondateur de la Monarchie Médo-Persienne. Ce fut sous son règne qu'on fit ces fameuses Pièces d'or connues sous le nom de Dariques, qu'on préféra durant plusieurs siècles, comme étant faites d'un or très pur, å toute autre Monnoie qui eut cours dans l'Orient. Sur un des côtés il y a voit un Archer vétu d'une longue robe, un couronne sur la tête, & tenant un arc de la main droite, & une flèche de la gauche de l'autre côté étoit l'effigie de Darius. C'est à ces Pièces qu’Agesilas faisoit allusion, quand, obligé à quiter l'Asie pour appaiser les troubles qu'Artaxerxes avoit excités en Grèce à foree d'or, il disoit que le Roi de Perse s'étoit servi de trente mille Archers pour le chasser de les Etats. Le Darique étoit de même poids & de même valeur que, la Statère Attique. Darius semble avoir appris des Lydiens l'art de faire de la Monnoie, & fon usage; car les Mèdes n'avoient point de monnoie avant que d'avoir conquis la Lydie ; au-lieu que Cræsus, Roi de Lydie avoit déjà fait battre un nombre infini de Pièces d'or, apellées Cræsei. Or comme il n'étoit pas dans l'ordre que la Monnoie des Lydiens eût cours après la destruction de leur Royaume, nous croyons pouvoir supposer que Darius fit renouveler ses Pièces, & fit mettre son effigie, sans en altérer le poids ni la valeur. Toutes ces Pièces d'or, de même valeur & de même poids, que les Rois de race Persane ou Macédonienne, firent battre dans la suite, furent apellées Dariques, d'après ce Darius, qui en introduisit le premier l'usage (George Psalmanaazaar, Histoire universelle depuis le commencement du Monde, jusqu'à présent ; Traduite de l'Anglois d'une Société de Gens de Lettres, Tome 3, 1742 - books.google.fr).

 

Darius le Mède est un personnage du livre de Daniel, où il est décrit comme roi, et comme ayant hérité du royaume de Babylone après la prise de sa capitale par l’armée de Cyrus II en 539 av. J.-C. La majorité des spécialistes actuels le considère comme une fiction littéraire, possiblement influencée par Darius Ier, roi de Perse, qui régna plus tardivement. Il y a eu diverses tentatives d’identification avec des personnages historiques, dont notamment un supposé Cyaxare II, fils d’Astyage, abondamment mentionné par Xénophon dans sa Cyropédie mais absent d’autres sources, et considéré comme fictif par la majorité des historiens d’aujourd’hui (fr.wikipedia.org - Darius le Mède).

 

Il s'en fallut même de peu que les Scythes n'imposassent leur hégémonie à l'Iran sédentaire. Vers 628, ils subjuguèrent un moment la Médie qui ne fut délivrée que par l'énergie du roi Cyaxare, le fondateur de l'empire mède historique. C'est le temps de l'épopée scythe à travers l'Asie et les vases grecs nous ont laissé l'image fidèle de cette tumultueuse cavalerie barbare, encore que visiblement indo-européenne, qui remplissait l'Orient du bruit de ses randonnées. Dès que les Perses eurent remplacé les Mèdes dans l'hégémonie du monde oriental, ils se préoccupèrent de mettre l'Iran sédentaire à l'abri de ces incursions de l'Iran extérieur. Cyrus conduisit sa dernière campagne contre les Scythes du Turkestan. Darius dirigea sa première grande expédition contre les Scythes d'Europe. Hérodote a considéré cette autre campagne de Russie comme une folie de despote. En réalité, il s'agissait, pour l'Achéménide, de réaliser une pensée politique profonde : la persisation de l'Iran extérieur, l'unification paniranienne. C'est ainsi que plus tard le franc Charlemagne, devenu maître de l'Occident romain, fit l'unité du monde germanique par la conquête de la Germanie ancestrale restée barbare au delà du Rhin. L'entreprise échoua et les Scythes ayant échappé à la persisation restèrent paisibles possesseurs de la Russie méridionale jusqu'au IIIe siècle avant notre ère, et s'ils en furent à cette époque dépossédés, ce fut par d'autres peuples de même race, par d'autres Iraniens nomades venus de la Caspienne, les Sarmates (René Grousset, L'Iran extérieur: son art, 1932 - books.google.fr).

 

Une reine cruelle germanique

 

La savante interprétation de ce quatrain très-remarquable est due à M. l'abbé Torné-Chavigny (L'Histoire prédite et jugée par Nostradamus, t. II, p. 28) :

 

Scholies : Marie-Antoinette (la Royne), prisonnière & réduite à travailler de ses mains comme une esclave (ergaste), verra Madame Royale (sa fille) pâlie (blesme) par le chagrin que lui causeront les malheurs de sa famille. Il y aura alors, dans la prison du Temple, des cris lamentables de la jeune princesse qui sera duchesse d'Angoulême (d’Angolesme), par un mariage purement extérieur (mariage forclos) avec Louis-Antoine de Bourbon, duc d'Angoulême, son cousin germain (au germain), à qui elle aura été fiancée dès 1787

 

Latin : ergaster, ouvrier; ergastulum, prison où l'on enferme les esclaves. Pierre Rigaud a : estrange; au lieu de : Ergaste, qui est dans Benoist Rigaud. Estrange est un mot roman qui signifie : étranger; or, Marie-Antoinette était Autrichienne (estrange).

 

Terme de jurisprudence: forclos, déclaré non recevable; d'où : mariage forclos, mariage qui n'a pas reçu sa pleine exécution (Anatole Le Pelletier, Les Oracles de Michel de Notredame, astrologue, médecin et conseiller ordinaire des rois Henri II, François II et Charles IX, 1867 - books.google.fr).

 

Strictement le mariage, même non consommé, n'a pas été empêché ou annulé.

 

Madame Royale, le 17 janvier, se décide conformément aux vœux de sa famille française. Les dispenses nécessaires sont accordées par le pape sur l'intervention de l'ambassadeur d'Espagne d'Azara. Arrivée de Madame Royale à Vienne ; égards, mais surveillance dont on l'entoure. Le 30 janvier, Madame Royale s'engage formellement avec le duc d'Angoulême ; la cour de Vienne se résigne au mariage (Revue d'histoire moderne et contemporaine, Volume 6, 1970 - books.google.fr).

 

Au Salon 1787, un portrait de Marie-Antoinette qu'un visiteur aperçut hors de son cadre reçut de lui le nom de Madame Déficit. Au Palais-Royal, une gravure vendue sous le manteau représentait la France agonisante. Auprès d'elle on voyait sur une table huit palettes de sang que M. de Calonne venait de lui tirer. La reine tenait l'assiette pour recueillir la neuvième palette. Monsieur s'avançait et l'écartait pour bander la plaie avec une compresse. Au théâtre de Paris on donnait Athalie, et le public applaudissait avec fureur la tirade du grand prêtre : «Confonds dans ses conseils cette reine cruelle...» (Charles Kunstler, Fersen et Marie-Antoinette, 1961 - books.google.fr).

 

Cruelle Marie-Antoinette,

Véritable auteur de tout mal

Approche-toi, viens et respecte

Ce redoutable tribunal.

Suivant la justice et la loi,

je suis ton juge,

Il faut déclarer désormais tous tes forfaits (Interrogatoire de l'infâme Marie-Antoinette par le chansonnier Poirier, dit le Boiteux) (Gérard Walter, Le Procès de Marie-Antoinette, 23-25 vendémiaire an II (14-16 octobre 1793): actes du Tribunal révolutionnaire, 1993 - books.google.fr).

 

Il s'agit d'établir contre la «mégère germanique», née du mal et le perpétuant, une autre force d'engendrement : la maternité républicaine, vertueuse, que chaque Française doit assumer. «Les époux qui n'ont point eu d'enfants pendant les sept premières années de leur union, et qui n'en ont point adopté, sont séparés par la loi et doivent se quitter.» Marie-Antoinette engendre la discorde, distille le poison. Son sexe est pestifère. De ses yeux jaillissent des éclairs. Elle est née de la nuit des temps, mais aussi, ce qui est plus grave, d'une autre femme. Au-delà de Marie-Antoinette se profile, effrayante, la lignée des «femmes dangereuses», des reines cruelles, jouisseuses et dévastatrices, mauvaises mères, suppôts de tous les vices. Marie-Thérèse appartient sans conteste à cette engeance (Chantal Thomas, La Reine scélérate. Marie-Antoinette dans les pamphlets, 2015 - books.google.fr).

 

Si Marie-Toinette avait été une femme moderne, elle serait devenue présidente de la République. Elle n'avait pas la tête de l'emploi.

 

Contact